‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ouChapitre 17 sur 168 · AU · texte numérisé non relu

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le souverain maître lui ordonne de se rendre, il semble s'armer de cet instrument de locomotion;

« Ainsi, figure humaine, complétée parles ailes de Toiseau et resplendissante de lumière, telle est comme forme et comme couleur, la plus ordinaire représentation sous laquelle la poésie et Tart nous montrent Tance .

«Quanta la poésie, Dante est une mine à descriptions. Au chant xxxi du Paradis^ il dit : Je levai les yeux^ et^ comme le matin la partie orientale de l'horizon est plus éclatante que celle oà le soleil se couche^ ainsi^ lorsque mes yeux montèrent comme d'une vallée sur une colline, je vis^ au sommet, une place qui surpassait en éclat toutes les autres, Comme la partie du ciel où l'on atiendce char que Phaéton ne sut pas guider s'embrase davantage^ tandis que des deux côtés lalumière s'amoindrit, ainsi cette oriflamme de paix {la sainte Vierge) flam^ bloyait au milieu , en faisant pâlir également les splendeurs autour d'elle. Dans cemilieu^je vis plus de mille anges avec les ailes ouvertes et tous différents d'éclat et d'attitude. -^Voi* là le foyer lumineux où brillent et bouillonnent les flots de ces natures célestes; voici maintenant quelques rayons qui s*échappent de cette source. —Dante, au chant viir du Purgatoire^ dit : Je vis sortir du ciel et descendre deux anges, ..,<, Leurs robes, vertes comme les petites feuilles qui viennent d'éclore, frappées et agitées par lèvent de leurs aileSf vertes aussi, flottaient en arrière Je distingiMiis bien leurs têtes

blondes , mais l'œil était ébloui par leur /ace, comme une faculté qui succombe à de trop grands efforts, — Au chant vi* du Purgatoire, Dante décrit ainsi le premier ange qu*il voit : Une lueur m*apparut, qui venait sur la mer, et d'un mouvement si rapide, que le vol d'aucun oiseau ne pourrait P égaler. Ayant un peu détourné les yeux, afin d'interroger mon guide, je la revis plus lumineuse, et déjà plus grande. Puis, de chaque côté, m'apparaissait je ne sais quoi de blanc, d'où sortait peu à peu quelque autre objet , blanc comme le premier,,... Voici l'ange de Dieu,,.. Vois comme il dédaigne les moyens humains. Il ne veut point de rames ni d'autres vfiles que

ses ailes Vois comme il les tient dressées

vers le ciel. Il bat Vair de ses plumes éternelles, qui ne muent point comme la chevelure des mortels, — Plus s'approchait de nous l'oiseau divin , plus brillant il apparaissait, de sorte que de près les yeux ne

en exemples de ces messages que Dieu se plall à conticr à se^ anges. Nous citerons entre autres ceux

Îue nous fournissent les histoires d*Abraham , de otb, de Jacob, de Moïse, de David, de Daniel, de Tobte, sans parler de ceux que nous révèlent les annales du Nouveau Testament» et parmi lesquelles TAnnoncialion tient le premier rang. D*ailleurs saint Paul ne nous déclare- 1 il pas expressément, dans son Epitre aux Hébreux, que les anges sont les nanistres, les envoyés de Dieu auprès des hommes pour tout ce qui concerne leur salut. Nonne omnes »unt adminisiratofii gpirilus, in minisUrium missi propter eoi qui hœredhatem captent talutis? {Hœbr,,

pouvaient soutenir sa splendeur La béatitude était peinte sur son front. — Au chant XII' du Purgatoire^ Dante ajoute quelaues traits à son tableau : Vois un ange qui

s apprête à venir vers nous La belh

créature venait vêtue de blanc, et son visage scintillait comme on voit trembler rétoile au matin. Elle étendait les bras , et puis elle ou^ vrit les ailes.

« Quiconque a regardé les peintures murales de l'Italie , les mosaïgues de la Grèce, et les émaux byzantins disséminés eu Eu- . rope, reconnaîtra que les anges de Giotto et^ d*Orcagna , de Fra Angelio et du Pérugin ; que les'anges de Saint-Luc en Livadie et de Sainte-Sophie de Salonique; que les anges de l'inappréciable reliquaire byzantin de Limbourg (129) ne sont qu'une autre expression, une expression parle dessin, des anges tels que Dante les décrit. Mêmes formes, mêmes ailes, mêmes lumières ; Ift

f>oésie et la peinture ont traduit en deux angues , l'une par des . paroles , ^Fautrepar des lignes et des couleurs , une pensée absolument identique (130). >

Quanta la classification et aux attributions respectives des neuf chœurs des anges, voici comment s'exprime saint Denis l'Aréopagite, dans son Traité de la Hiérarchi^^ céleste :

. « Le chœur innombrable des anges se partage en trois hiérarchies différentes. La première se compose de ceux qui sont toujours, devant la f)ice de Dieu, et qui lui sont unis d'une manière plus intime et plus immédiate. Ce sont les brûlants séraphins, ainsi nommés è cause des feux du divin amour qui les consument sans cesse; les lumineux chérubins, ainsi nommés à cause des lumières pures et sublimes dont leur intelligence est éclairée, et les trônes, qui, comme leur nom le fait assez entendre, sont ce qu'il v a de plus élevé parmi les intelligences célestes. Tous ces esprits, portés sur les ailes du plus ardent amour, sont entraînés par d'invincibles transports vers le souverain bien, et s'efforcent sans cesse de s'approcher de plus en plus vers la source qui les enivre. L'excellence de leur nature parait assez par le rang sublime qui leur a été donné. Placés sur le seuil même du sanctuaire auguste qu'habite la Divinité, ils ne voient que Dieu au-dessus d'eux , et laissent au-dessous, k une distance iuGnie, toute créature visible et invisible. Leurs

1, 14.) 11 ne faut donc point s'étonner du rêle si important et si poétique que la légende eUe-méme leur a attribué.

(429) C'est un reliquaire de la vraie croix , d'une valeur considérable et d'une beauté sans pareille, d'origine byzantine, datant du x* siècle probablement; il est couvert d*émaux translucides sur fond d'or. H provient du trésor de la catbédrale de Trêves, et rut livré par le dernier archevêque électeur de Trêves au duc de Nassau, qui Ta donné récem * ment à la cathédrale, de Limboui|[.

(130) Iconographie des aMes^ par M. Didroii. (Annales archéologiques, \om. a1, p. S53-M.) .

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