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^Wes et si profondes émotions, qui rappellent des soavenirs si touchants, qui mèlent la pompe de leur fcrauiie voix à toutes les fêtes de la famHle, de la patrie et de la religion, et quidoivent être plus particulièrement chères au savant, k lartiste et à Tarchéologue (17&). » — « Sans la clochef qui doit les dominer, pour parler de plus haut etde plus loin aux peuples émus, «s^é*^ crie un de nos plus éloquents prélats de France, « nos temples auraient-ils pris un essor si élevé? Les verrions-nous porter jus-
au'aux nues leurs voûtes hardies ? Sans le ocher, aurions-nous ces gracieux campaailes, ces flèdies aériennes, ces tours majestueuses, imposantes par leur masse ou découpées en élégantes dentelures, et qui font le plus bel ornement du village, comme la gloire et Torgueil des grandes cités (175)? » C'est donc à l'introduction de la cloche chrétienne que doivent leur origine ces innombrables clochers qui s*offrent à nos regards tantôt sous la forme d'une tour carrée ou octogone, tantôt sous la forme d'une flèche
Elus oa ipoins hardie, tantôt sous ces deux >rmes réunies et superposées. Mais à quelle é{K>que cette introduction a-t-elle eu lieu ? On s'accorde à dire que ç*a été au y* siècle, et Ton en fait honneur à saint Paulin, évéque de Noie, de 409 à 431. Bède (flt«t^. €€cLf lib iv), qui vivait à la fin du tu* siècle, «t saint Ouen archevêque de Rouen, en 6M (Vita sancii Eligii)^ parlent de Tusage des cloches comme existant déjà avant eux, et Alcuin, disciple de Bède et précepteur de Charlemagne, le fait remonter antérieurement k l'an 770. Néanmoins, ce ne fut qu'au Tui' siècle que leur volume devint assez considérable pour rendre les tours indispensables. C'est ce oui résulte d'un curieux passage d'Anastase Te bibliothécaire, tiré de m Fte d'Etienne IIJ^ dans lequel il est dit que, l'an 770, ce Pape fit bAtir une tour sur la basilique de Saint-Pierre, dans laquelle il plaça trois cloches pour appeler le clergé et le peuple aux offices (176.) Mais tout porte à croire que ce ne fut qu'au x' siècle que Tusagedes cloches devint assez général pour nécessiter la construction de tours qui fussent en harmonie avec leur nombre et leur importance. Ces tours furent ulacées au centre de l'édifice, ou au point ae jonction des deux croisillons du transsept, tantôt, mais plus rarement, au-dessus du portail de l'ouest, comme on le voit encore è fa cathédrale d'Avignon, à celle de Die, à celle de Valence etàTéglise Saint-Jean delà même ville; tantôt, et plus rarement encore, aux deux extrémités du transsept. En Italie, où l'on a, mieux que chez nous, le bon esprit d'isoler les édifices publics, elles furent souvent établies à côté des églises, comme à la cathé-
(174) On sait combien Napoléon aimait à prêter fwâlle à ta douce et in^pemite faarmome des
(i75l Yeîr encore, pour la signification poétique d VfwàMqme des docbes, le beau chapiue 23 que ienr a consacré Durand, évéque de Meude, au iiii* fiécle^ dâos sou BtitionaU àivimfrum of/ieiorum.
drale de Pise et à celles de Florence et de Venise. « Quelle que fût d'ailleurs la place qu'elles occupaient,» dit M«de Caumont (177), « les tours étaientcarrées, terminées par une toiture pyramidale obtuse, à quatre pans, percées sur leur face d'un certain nombre de fenêtres, demi-circulaires, comme celles de Saint-Martin d'Angers ; mai>,dans le cours du XI* siècle, on les exhaussa de plusieurs étages, on orna leurs murs d*arcades bouchées et de fenêtres, on fit des {)jramides très-élevées, et il paraît que l'origine des tours élancées, qu'on a nommées /ZèrAes, date du X* siècle. Ce n'est, toutefois, qu'aux xn* et xni* siècles surtout, que le génie des architectectes parvint à élever jusqu'à une hauteur prodigieuse ces pyramides élancées qui donnent tant de charme etj de mouve* ment à l'architecture ogivale. » Ajoutons qu'un bon nombre ne furent terminées et même commencées que dans les xiv% xv* et XVI' siècles.
Plusieurs de ces tours romanes étaient terminées par une plate-forme, et pouvaient, en cas de besoin, servir à la défense. C'est surtout en Angleterre que ce système de tours à double fin avait prévalu, comme on peut le voir dans la plupart d^s grandes constructions religieuses de ce pays, dont l'extérieur, tel que celui des cathédrales d'York, de Durham et de l'église abbatiale de Westminster, offre l'aspect des remparts ôrénelés du moyen flge.
« Les tours, p dit M. de Caumont dans l'ouvrage déjà cité, « avaient été construites dans l'origine pour recevoir des cloches ; mais, au xi* siècle, on les multiplia sans nécessité et uniquement pour le coup d^œil. Ce fut alors qu'on adopta, i)our les grandes églises, l'usage, qui a subsisté depuis, de
f lacer une tour de chaque côté du portail, l'ouest. t.a troisième s'élevait, comme au[)aravant, sur le transsept. Ordinairement moins haute que les deux autres, cette tour centrale était quelquefois ornée à l'intérieur de manière à rester ouverte jusqu'au toit» et à présenter un grand vide ou dôme sur l'intersection de la croix. » La cathédrale de Coutances offre, entre autres églises, un exemple de cette dernière disjiosition. On ne saurait s'imaginer l'effet pittoresque et imposant à la fois que produit cette multiplicité de tours ou de flèches sur le même édifice. Un des plus remarquables en ce genre est sans contredit, la magnifique cathédrale de Tournay en Belgique, surmontée de cinq flèches, d*un effet on ne peut plus hardi et majestueux.
On ne regrettera jamais assez la démolition des flèches de nos églises cathédrales et collégiales que le niveau égalUaire a fait disparaître en si grand nombre dans notre
^ (176) Stephanns 111, A. D. 700, fecit super barîlicain Saiicti Fetri turrim in qua très posiiH companas, quae cleram et populum ad efliciiiHi Uei convocarent.
(177) Cimr$ d^Àntif^iH numumeniûles^ iv* partie.— il importe de rappeler que M. .de Caunioui ne parle ici que des ligU^ de France,
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pa js. Par le jen aassi mobile qae Tarie de leur perspective aérienne, elles donnaient à nos contrées le mouvement et la vie en même temps qu*elles imprimaient à nos cités une physionomie onginale et distinguée dont elles sont presque complètement dé()OurTues aujourd'hui. Il est facile de s*en faire une idée par l'inspection des plans et portraits de plusieurs villes de France dans la Cosmographie universelle de Munster et Belleforest (3 volumes in folio), publiée en 1575. Ces plans où Ton voit ngurer un grand nombre d'édifices tant sacrés que profanes, et dont il ne reste plus trace de souvenir, offrent, mal^é les ravages déjà exercés par les calvinistes sur la plupart des monuments, nos villes principales sous un aspect des plus distingués, des plus variés, avec leurs flèches, leurs tours, leurs dochetons et leurs remparts crénelés.
CLOITRE d'arles. Vcy. Sculpture.
CLUNY (Eglise abbatlale vE).Yoy. DiuensiONs; France.
COLOGNE (Cathédrale de). Voy. Dibien- 810NS. Rapports entre cette cathédrale et celle d'Amiens. Voy. Amiens.
COLOMR.\N. Sculpteur français* Voy.
France.
COLORIS. Voy. Couleurs; Peinture.
CONSONNANCE. Ce mot,, exclusivement réservé à la technologie musicale, signifie raccord de deux sons agréables à l'oreille, çiui fait que l'auditeur saisit les rapports des intervalles consonnants avec plus de facilité que ceux des intervalles dissonants. Ceuxci, è cause de leur aspérité et de leur caractère indécis gui ne permet pas de les employer à la suite les uns des autres dans une môme période musicale, sont très-propres à exprimer ces passions si vives, si incertaines et si contradictoires de l'homme ; ceuxlà, au contraire, présentant un caractère de douceur et de repos, conviennent mieux à l'expression du sentiment religieux. Aussi Tharmonie consonnante fut-elle la seule adoptée pour les chants de l'office divin, durant tout le moyen Ase. Ce fut là une des grandes créations de l'art chrétien. C'est quelque chose de bien beau, en effet, que cette expression calme, sereine et divine du contre-point ecclésiastique. Aujourd'hui même, et malgré les savantes et ingénieuses complications harmoniques du stvie dramatique ou passionné, rien ne va à 1 àme, dans nos églises, rien ne la pénètre plus doucement et plus profondément du sentiment de la divinité, que l'harmonie consonnante de l'orgue et des voix. Cela vient de la mystérieuse sympathie qui existe entre la nature calme, austère, pure et sereine du sentiment chrétien, et celle de la musique qui en est le fidèle écho. 11 ne faut pas croire, comme le prétendent certains partisans exagérés du style mubical dramatique, que Tharmonie consonnante, dont il est ici question, soit trop fatigante par sa monotonie. D'abord, ce ne sont pas les émotions fîiaices de la scène.
qu'on va chercher dans nos temples saints, mais bien les aspirations douces, mvstérieuses et consolantes des mystères chrétiens. Et quelle musique est plus propre à nous les communiquer et à les entretenir en nous, que celle qui fut créée dans nos sanctuaires mêmes, et sous l'inspiration directe de la religion. Ensuite, n'est-ce pas maintenant une vérité reconnue que dans la variété pour ainsi dire infinie, qui résulte de la côntexture des modes ou tons d'église, l'harmonie consonnante puise largement ce qui pourrait lui manquer, d'ailleurs, sous c« rapport ? Les œuvres de la grande école romaine sont là pour l'attester, et Ton n'a pas encore oublié l'effet saisissant produit à Paris par l'audition de ce genre de musique alla Palestrina, dans les concerts du prince de la Moskowa. (Foy. les mots Contrepoint, Harmonie, Orgue. )
CONSTANTINOPLK Eglises principales de cette cité. Foy. Coupoles.
CONSTITUTION TONALE DU PLAIN^ CHANT. Foy. Tonauté.
CONTRASTE. Un des genres de beauté les plus saisissants, c*est celui ^ui naît des contrastes ou des oppositions. On peut même dire que tout est contraste dans l'art eo général , et dans la peinture et la musiaue en particulier. Personne n'ignore 1 importance du clair-obscur, dans la première, et dans la seconde, celle du mélange des accords consonnants avec les accords dissonants. Mais, c'est principalement à la poétique chrétienne, que l'art emprunte les contrastes les plus variés, les plus saisissants. Depuis que Dieu, se révélant directement à l'nomme dans l'ijicarnation, a réuni dans une même personne les deux points extrêmes de toutes choses, c'est-à-dire la nature humaine avec toutes ses défaillances, avec toutes ses inénarrables misères, et la nature divine avec sa force et ses splendeurs infinies, un champ inépuisable de sujets les plus divers, les plus originaux, a été ouvert à l'inspiration du poëte, du peintre, du sculpteur, de l'architecte et dumu'sicien. Pour ne parler ici que de Jésus-Christ, prototype divin de Tart chrétien, que remarquons-nous dans tout le cours de sa vie mortelle, si ce n'est une suite continuelle de contrastes et d'oppositions 7
Il naît, dit saint Bernard ( 178 ), d'une femme obscure, mais singulièrement élevée au-dessus de son sexe par la virginité qu'elle conserve dans l'enfantement. II est enveloppé de langes, mais des milliers d'esprits célestes célèbrent sa naissance par leurs harmonieux concerts: il est caché dans une étable, mais une étoile miraculeuse attire des rois à son berceau, et cet enfant est assez fort pour réduire au silence les oracles du mensonge répandus dans tout l'univers. Si, poumons apprendre robéissance».il veut bien se laisser circoncire selon la loi de Mdlse, il reçoit dans cette ciroonslance, un nom au-dessus de tous les Doms.'S*il permet
(178) Serm. in Cireume.f b. t.
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D'ESTHETIQUR CHRETIENNE.
21*011 le conduise an lein(>le ponr y satis-* ire à la loi de k préseDUkiion du premierné, un vieillard inspiré le proclame la lumière des nations et la gloire d'Israël, devant une assistance qui n'eût pas reconnu ces titressublimes, a l'extérieur simple et vul-
S aire dont il était enrirouné. Dès Tflge de Ottze ans, il excite par la sagesse de ses discours l'admiration des docteurs assemblés dans le temple. Il commence Teiercice de soB ministère apostolique par le changement miracuieax de l'eau en vin, opéré en présence d*un grand nombre de témoins aux noces de Cana. Bientôt la Judée retentit du bmit de ses prodiges. En vain ses ennemis cherchent à le couvrir de mépris, en rappelant la pauvreté de ses parents, l'obscurué de son origine et du lieu d'où il est sorti. 11 commande, et les aveugles voient, les sourds entendent, les morts ressuscitent. Tantôt il multiplie les pains dans le désert, pour nous apprendre qu'il ne s'est fait pauvre que pour nous enrichir de sa grAce. Tantôt il marche sur les flots, pour faire voir qu'il est le môme Dieu qui divisa les eaux de la mer Rouge, afin de frayer au milieu d'elles un passage aux enfants d'Israël. Il commande à la mer agitée j3ar une violente tempête, et Ja mer reconnaît la voix de celui qui lui dit jadis, en lui montrant son rivage : (Test ici que lu viendras briser la fureur de les flols, « Bic confringes tumenles fluctua tuos. » {Job xxxviu, 11.)
Suivons-le sur le principal théâtre de ses douleurs et de ses humiliations. Quel est cet homme de douleur, attaché à une croix ignominieuse, en butte è la colère, à la dérision d*une soldatesque effrénée et d'un e populace en furie? Depuis la plante des pieds jusqu'à la tête, son corps n'est qu'une plaie. L'insulte, le mépris, les plus sanglants outrages lui sont prodigués comme au dernier des mortels. Il s'était comparé luimême à un ver de terre, et non à un homme (179). Mais là où l'abaissement du Sauveur apparaît dans toute son étendue, sa divinité brille aussi dans tout son éclat. Et n'avait-ii pas déclaré lui-même qu'il était libre de quitter ou de reprendre son âme à son gré ? de détruire le temple de son corps et de le réédiâer ftn trois jours ? Mais il n attend pas même le court intervalle de ces trois jours pour prouver qu'il n'a point cessé un instant <rêtre Dieu. Il ne peut parler, mais la nature répond pour lui. Entendez la terre trembler, les rochers se fendre, les voiles du temple se déchirer. Voyez le soleil s'écUpser, les morts sortir du tombeau. Jésus, en rendant son dernier soupir, ébranle la nature tout entière. Aussi, ceux qui l'insultaient .sont les premiers à reconnaître sa divinité, et ils s'écrient avec le centurion : Celui-tâ était vérilablement U Fils de Dieu (180).
(179) E§o emm venms et non homo^ êpprçbrium
àsmimum et abjeaio plsbù, (PmL xxi, 7.)
(ISO) fere fiUus iki erat iste. (Matth. xxvii, 54.)
(ISI; Eum qui modico quam angelis minoralui est,
tiiiemus Jesum propi^r passicnemmorthf gloria et
Isaie^ après avoir raconté les souffrances et Tabjection de cet homme-Dieu, oppose au tableau de ses humiliations celui de la gloire de sa résurrection, llverra^ dit-il, le fruit de ce que son âme aura souffert. Le Seigneur lut donnera pour héritage une grande multitude^ et il distribuera Us dé' pouilles des forts^ parce qu'il s'est livrée la mortj et qu*il s'est mis au nombre des seéU' rats. (Isa. uu^passim,)
Il s est humilté^ dit l'Apôtre, en se rendant obéissant jusqu'à la mort etjusquà la mort infâme de la croix. Cest pourquoi Dieu^ après f avoir ressuscité^ l'a élevé par-dessus toutes choses, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tous les nomsj afin qu^au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le eielj sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est aan$ la gloire de son Père. (Phiiipp., u,S-il.)
C'est afnsi que celui qui s' était abaissé un peu au-dessous des anges par l'humilité de son Incarnation, nous le voyons aujourd'hui couronné d'honneur et de gloire, a cause de ses souffrances et de ses humiliations (181).
Cest ainsi que le Fils de Dieu, assis à la droite du Père, au plus haut des cjeux, règne maintenant dans celte gloire dont ses souffrances lui ont ouvert l'entrée, gloire si éclatante, que toutes les beautés de la terre ne sauraient nous en donner une juste idée* N'a-i-elle pas, en effet, ébloui les apôtres sur le Tbabor, et renversé les soldats gardiens du sépulcre? Le soleil même s'éclipsait devant l'auguste face de l'Uomme-Dieu, jadis couverte de crachats, et les cicatrices de ses plaies, nobles marques de ses combats, feraient pâlir les astres les |jIus radieux. C'est donc en cet état de gloire que Jésus règne dans les cieux, en attendant que son Père, à la droite duquel il est assis, ait successiyement réduit tous ses ennemis à lui servir de marchepied (182).
Qu'elles sont froides et puériles, les données de la mythologie même la plus relevée, auprès de cette série de contrastes saisissants que nous révèlent dans le mystère de l'Incarnation, la naissance, la.vie, la mort» la résurrection et Téternelle gloire d'un Dieu 1 Quelle mine féconde d'images et de sentiments, ces sublimes contrastes offrent an génie du peintre, du poète et du musicien 1 Mais aussi, combien elle est immense et multiple la place que Jésus- Christ, ce prototype divin, occupe dans les innombraoles compositions de Tart et de la peinture, en particulier, depuis bientôt dix-neuf siècles écoulés III faudrait des volumes pour en donner seulement l'indication sommaire et rapide; ce serait une chose plus facile encore de lesénumérer, que d'en apprécier dignement la profonde, Tinénarrable beauté» Néanmoins, nous essayons d'émettre quelques considérations à ce sujet, dans les ar-
honore eeranatum. (Hebr, ii, 7'-9.)
(ISS) Dtsîi y>oiiitittt< Domino meo : Sede a iexsHsf meiti—donec ponam ininûcos tuos, tcabellum pedux^ tuorum,(P»aL cix,l.)
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tieles Pbiutubb KTSTiQUBf Jisus^CàRisT, Tt-
FUS, etc. Au mot Marie, nous verrons égale'' Bient les admirables contrasles que présentent aussi la vie« la mort, la gloire elles ineffables prérogatives de cette auguste Vierge-Mère de Dieu. Nous ue parlons pas de ceux que nous pouvons observer dans DOtpe propre nature, parce qu'il en a déjà été question dans notre deuxième Dissertation
6 réliminaire, touchant le beau surnaturel, ous aurons d'ailleurs l'occasion d'y revenir en plusieurs endroits de ce Dictionnaire. Il est d'autres contrastes que nous fournit la poétique chrétienne, dans les œuvres qu'elle a inspirées. Prenons p<)ur exemple celui qui existe entre la condition humble de la plupart des saints, et l'expression surhumaine que révèle la physionomie de ces Mdèles serviteurs de Dieu. On dit qu'un grand nombre d'entre eux étaient beaux. Je u'ai pas de peine è le croire ; mais , ce qui est incontestable, c'est que tous ont participé, plus ou moins, de celle beauté surnaturelle, qui est tout à fait indépendante de latieauté physique, et dont l'expression ne se trouve que dans les compositions des artistes véritablement inspirés par le génie chrétien. Or, eette beauté, dont nous avons déjà fait ressortir la supériorité sur toutes les autres, est d'autant plus saillante qu'elle contraste avec la position infime que la plupart des saints ont occupée dans le monde. Sainte Catherine de Sienne n'était, on le sait, que la fille d'un teinturier. Ce n'est pas ici le lieu de raconter le rôle étonnant que cette humble fille a joué dans les plus grandes affaires de l'Eglise. Je me bornerai , pou^ rester dans mon sujet, à faire remarquer la beauté singulière, dans son expression douce, suave et céleste , que nous révèle aon portrait, œuvre de l'école mystique de peinture de TOmbrie, beauté qui nous parait plus admirable encore lorsque nous songeons que cette humble fille de la ville de Sienne , sans lettres , sans culture , dut tout, comme saint Paul, à la grflce divine, qui, seule, l'avait éclairée, sanctifiée et inspirée , dans les grandes œuvres de son es- Srit et de son cœur. Aussi Catherine de ienne est restée et ne cessera d'être un des plus beaux types de femme, dont la religion et les arts q^u'elle inspire puissent s'enorgueillir. Mais il est un contraste plus saisissant encore, c'est celui de la laideur physique de quelques saints, opposée à la beauté mystique de leur'visage. On raconte que le célèbre philosophe Sucrate était laid de figure, et que cependant les sentiments de ▼ertu dont il était animé imprimaient sur ses traits un cachet de beauté morale qui faisait bientôt oublier sa laideur. Combien plus la beauté surnaturelle, évidemment supérieure à la beauté morale, doit-elle contraster avec la laideur physique, dans la physionomie -des saints dont nous parlons, et les rendre véritablement beaux, au^ouble point de vue de l'esthétique et de la foi 1 Ici donc, comme partout, ce qui est réellement bon est nécessairement beau, de mAme que si on veut aller
jusqu'au fond des choses , ce cpil eftt yéri* tablement beau doit être nécessairement bon. {Voir notre deuxième Dissertation préliminaire sur le Beau, et les articles Ecolb MYSTIQUE, PsiNTURB, Ttpbs, etc.) Daus Ics
Eays où règne le catholicisme, il est ericort? ien d'autres contrastes qui naissent de la religion, au profit de l'art, ^ui puise en elle les motifs de ses compositions. Ainsi, par exemple, l'intérieur (l'une église gothique nous paraîtra d'autant plus sévère, d'autant plus favorable à la méditation et au recueil* lement, que cette église se trouvera, comme Notre-Dame de Pans, dans une mondaine et bruyante cité. Et même les ornements extérieurs de l'auguste édifice, tels que ses flèches, ses pinacles et ses clochetons, se montreront d'aotant plus hardis, sveltes et étancés,qu'ils contrasteront plus sensiblement avec les constructions civiles et trop souvent vulgaires qui en cerneront les flancs de toutes parts. Le dessinateur intelligent ne manquera pas de saisir ce contraste, pour mettre plus en relief l'architecture si originale, si grandiose et si fortement accusée du temple chrétien.
Dans le sens des c4)nsidérations qui pré-j cèdent, on a fait observer , et non sans jus-j tesse, qu'une église monumentale, lors* qu'elle est complètement dégagée des mai* sons ou établissements juxta-posés autour d'elle, perd beaucoup de son effet. 11 est vrai, cependant, que tant de belles moulures et de reliefs habilement traités ont été exécutés, sans doute, pour être vus et non pour être masqués par des bâtisses disparates entre elles, et sans rapport de style avec le monument principj^l. Quoi qu'il en suit, il est certain qu'un grand édifice, to«t à fait isolé, semble mpins hardi, moins imposant, parce qu'il n*y a plus autour de sa masse de constructions accessoires qui puissent lui servir de terme de comparaison. Le Mont- Blanc, ce géant des Alpes , paraîtrait moins gigantesque, si Tœil pouvait le mesurer sans interruption , de la base au sommet, qu'il ne le parait, tu du pied des montagnes (iéjà si hautes qui lui servent de contreforts.
S'il est vrai que les monuments religieux situés au centre de nos profanes et bruyantes cités tirent de ce contraste une plus grande beauté , ils n'en offrent pas une moindre, quoique dans un ordre d'idées différent, lorsqu'ils s'élèvent dans une vaste solitude, ou sur une montagne déserte et inhabitée. Mais alors ce n'est plus au contraste, mais bien è Tharnoonie de leur site, en rapport avec leur caractère et leur destination, qu'ils empruntent ce nouTeau genre de beauté. [Voy. Hàruonibs de la Nature et de la Religion.)
CONTHASÏiiS EN MUSIQUE. Foy.OrÉRA.
CONTREFORTS. Voy. Romah.
CONTREPOINT. Musique à plusieurs parties. Ce mot dérive de l'usage où Ton était autrefois d'ajouter aux points qui servaient de notation à la mélodie, d'autres points l'un sur l'autre on Tun contre l'autre, con^
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D*ESTHETIUUE CHRETIENNE.
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trafunctuffit pour marquer les accords, lorsqu'on voulait harmoniser un morceau. Cette «pression a été conservée pour désigner tout ce qui Appartient à l'harmonie» et à celle des voix principalement. Elle est presque synonyme du mot harmonie ; je dis prèsquei attendu qu*il y a une difiérence entre ces deux mots, quant au sens respectif qu'on leurdonne, le premier étant mleut employé
rmr exprimer un genre d'harmonie soumis des règles sévères, et propre au style ecclésiastique ; le second se prenant dans utie acception plus étendue, pour désigner la science et la pratique des accords en général. Néanmoins, comme Tharmonie doit son origine à la liturgie catholique « c'est pour l'article qui lui est consacré dans ce Dictionnaire que nous réservons les quelques développements d'esthétique qu'il exige.
Il y a plusieurs sortes de contre-point : il y a le contre-^point êimple h deux ou à plusieurs voix, qui consiste dans les notes aune égale valeur, qu'on place les unes contre les autres; c^est pourquoi on Tap^ pelle aus^i contre -point égal. C'est b ce genre de contre-point, le plus usuel, le dIus ecclésiastique , qu'appartient te fauxoourdun. 11 y a le contre - point tnégal ou figuréf qui consiste, h mettre deux, trois ou quatre notes contre une note de la mélodie. Si l'on ajoute à ce chant des mélodies composées de diverses valeurs de temps» on aura le contre-point mixte ou fleuri qui réunit toutes les autres espèces do cotitre*point. Il y a encore le contre-point double susceptible d'être renversé, de manière à ce qu'on puisse transporter, par exemple, k la basse la partie supérieure, et réciproquement, sans çiue l'harmonie cesse d être bonne et régulière. Il y a aussi le contrepoint fugué qui admet la variété de sujets, la variété d'intonations et plusieurs autres ressources propres à rendre une composition noble et savante (183).
C'est dans le genre du contre-point fugu^^ que sont chantées à Rome les principales parties de la messe solennelle par les cha* pelains chantres pontificaux. En entendant cette musique si calme, si douce et si variée, on peut encore se faire une idée de ce qu'elle devait être à l'époque de sa splendeur. Les parties de la messe dont le texte varie fréquemment, telle que l'Introït, le Graduel , l'Offertoire , la Communion, sont exécutées en contre-point simple, note con^ tre note; tandis que les parties immuables, comme le Kyrie^ le Gloria^ le Credo ^ sont chantées en contre-point fugué, et traitées avec tous les ornements et les artifices harmoniques dont ce genre de composition est susceptible. C'est, du reste, un usage fort
(183) Au moyen de ce eontre-point, on peut va« Twr ia ttodnlaiiott j^r des combinaisons surpre^ ManUs, arrêter agréaMameiii ratteation de Taudileur UN^ours sur le même sujet, et eBriclûr cousi* dérableuent l'harmonie. Dans les compositious grandioses, les traits de conlre-^poioi fugue proilui^ sent é^ effets merveilleux et des beautéb d*uu genre lovt à lait particulier. (DtcifomuuVe de mu&iquej de
DfCTlOlfSV. d'ësthétiqie.
ancien à la chapelle pontificale (iSb) de chanter presque tout l'office 9 quatre voix, sans accompagnement. L'unisson y est si raremedt employé j qu'on peut dire que Tharmonîe des voix y règne en souveraine depuis des siècles.
Les accehts du contre-point ecclésiastique Ont quelque chose de grave, de solennel et de mystérieux qui vous saisit jusqu'au fond de l'âme et vous pénètre de joie et de res-
rïect, surtout lorsque raccompaghemtni de 'orgue vient mêler sa religieuse harmonie, à celle des divins concerts. C'est ce que l'on éprouve, par exemple tous les dimanches, en assistant à la messe capitulaire de la pri" matîale de Saint-Jean de Lyon, dotée par son illustre pontife, Mgr le cardinal de Bonald, de l'un des plus beaux chœurs de chant qui existent dans la catholicité. Quelle inexpri^ mable harmonie résulte de cet heureux mé^ lange d'uù si grand nombre de voix d'enfants, de ténors et de basses qui, unies è t'orgue sacré, font retentir la noble basilique d'accents inconnus jusque-là I Cn tel effet s'explique par la tonalité du plain-chanf * (]ui préside à cette harmonie et la préserver infailliblement des atteintes du système musical moderne^ cn lui servant de base inébranlal)le. loy. les art. Consonnànce ,• Harmonie, MtsiQUB, Opéra ^ Orgue, Idéal^ danslesQuels nous traitons les questions qui se ratlacnent au contre-point.
CONTRE-SENS. Ainsi que ce mot l'indique, l'artiste qui rend une pensée, une affection, une imaçe, autre que celle que lui impose son sujet, commet un véritable contre-sens. Il y en a de plusieurs espèces* Il y en a dans le caractère^ lorsque, dans ui> tableau, par exemple, un personnage d'un rang élevé nous présente les traits vulgaire» d'un homme de bas^e condition. Il y en a dans le /teu, lorsqu'on fait entendre, par exemple y dans une éj^Iise une musique bruyante etguerrièrc/qui conviendrait mieux sur un champ de bataille que dans le tem^ pie consacre à la prière et au recueillement. Il y en a plusieurs autres qu'il serait trop long d'énumérer. Mais le [)lus cho-*
?uant de tous est celui qui se produit dan^ expression* On peut ajouter que c'est aujourd'hui le plus fréquent ; on ne le rencontre que trop souvent, cn effet, dans les œuvres modernes de la peinture^ de la sculpture, de l'architecture et de la musique. Toutefois^ il est juste de reconnaître la tendance contraire qui se manifeste depuis quelque temps, grAce è l'étude d«) plus eu plus populaire des principes de Vesthétique.
Ce qui rend le contre-sens si choquant^ en fait d'art^ c'est qu'il est la violation ila-
Lichtenlal. Pari»,fg39, toni/ II.)
(184) Il ne faut pas confondre le coHége des musiciens chantres du Pape avec celui des niusicieos altacbésauebapiirede la liasilique de Saint-Fierre^ Ceux-ci seul plus nombreux, et leurs cbant$, accompagnés de Torgue, appaiiiennent plulôi au style li" bre ou idéal de la musique moderne qu'à celui df Tanlique et luàle conirc-point.
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grante de l*utie dès principales règles éternelles du beau, la convenance. Cette violation est particulièrement choquante dans les ceuvres de Tart chrétien^ à cause de la gravjfé et de la sainteté des sujets sur lesquels iis*exerce, dans la peinture notamment.
Une œuvre d'arty fût-elle parfaite d'ailleurs, si elle renferme un contre-sens , elle cesse par Ih d*ètre beHe, et n'inspire plus qu'un sentiment pénible à l'homme de goût qui la considère ou qui l'entend ; ses plus hautes qualités de style et de composition ne sauraient Tacheter en faveur d*uii artiste le défaul de convenance et d'harmonie d'où résulte le contre-sens. Nous en donnons un «xemf^le frappant dans Tarticle suivant, en ce qui concerne la musique sacrée. Pour éditer les répétitions, nous y renvoyons le lecteur, ainsi qu'aux mots. Caractère, expression, Harmonie, etc.
CONVENANCE. Ainsi que nous venons d'en faire la remarque dans l'article précédent, la convenance est une d^s principales et éternelles règles du beau. Elle ne souffre aucune exception, et rien ne saurait la suppléer. On chercherait vainement la beauté àh où. elle n'existe pas. Au contraire, les sujets les plus ordinaires, les monuments les plus simples tirent d'elle seule, un certain genre de beauté qui pialt à l'esprit et le satisfit. Une statue d'une exécution com^ xpune, mais dont la pose, les draperies et surtout l'expression se trouveront en rapport avec la nature du personnage qu'elle •représente, offrira ce genre de beauté qui vient de la convenance, et qui produit toujours son effet. Il en sera de inéme d'un édifice, d'ailleurs ordinaire^ mais dont la disposition et les lignes principales seront en harmonie avec la destination à laquelle il a été affecté. Cet édiiice sera réellement plus beau, à cause de ce caractère général de convenance que l'architecte lui aura donné, (ju'un autre qui serait plus riche plus original^ qui serait même orné de chefsd'œuvre dans ses détails accessoires, mais dont l'aspectgénéral jurerait avec la fin principale pour laquelle il aurait été construit. C'est ce qui fait qu'une reproduction fidèle; <!lu Parihénon d'Athènes pourra être en soi quelque chose de fort remarquable , ce qui ne I empêchera pas d'être aussi quelque chose de fort détestable, du moment où l'on voudra affecter à un temple chrétien ce type célèbre du temple païen. On dira peut-être
(185) DêCQrmn enim quod bonum^ avait déjà dit 0aint Ambroise, dans son ouvrage De îsaae ei ontma, c. 8. Ce principe fondamental : c Rien n*esl beaii que ce qui est bon ; » on le trouve dans presque lous les ouvrages des saints Pères. Ils en font Tap^ plication aux parties diverses du corps buniain. < Aucun corps, disent-ils, n^esl beau, s'il n^est conformé de la manière la plus convenable à sa destination. > (Clément d'Alexandrie, Pœdagog,, lib. n, €. 12.) Ce principe était aussi celui de saint Augustin (De ordine^ lib. ii, c. 2), et de la plupart des écrivains de cette époque, presque tous béritiers des maximes de Platon. Ils le rapportaient à Dieu qui, dans leur pensée, était souverainement beau, parce
que c'est là une vérité qui saute aux yeux. D*où vient donc qu'elle est généralement si peu comprise des hommes du métier?
Terminons par un dernier exemple, que nous prendrons dans le domaine de la musique.
Je suppose que les meilleurs chanteurs et cantatrices des théâtres lyriques de Paris exécutent dans une église, pendant l'office divin et en présence d un grand nombre de fidèles, quelques cavatines, duos, trios et chœurs de l'opéra du Barbier de Séville de Rossini , le tout accompagné d'un orchestre à la hauteur de cette musique si brillante, si originale, du grand maftre italien. Sans doute, cette musique ainsi parfaitement rendue, sera, itUrinsiquement ^ quelque chose de délicieux, de ravissant, et comme mélodie fraîche, gracieuse, toute d'inspiration, et comme harmonie riche, variée, inépuisable dans ses heureuses combinaisons. Ce sera en un mot, en «ot, de la belle, de Tadmirable musique, tout comme au thé&tre Italien- Pourquoi donc l'audition d'une telle musique, en un tel lieu, et dans une telle circonstance, ne produira qu'un sentiment de répulsion et cle dégoût sur toutes les personnes de cet auditoire qui conserveront encore une lueur d'intelligence fet de. bon sens? Pourquoi se récrierontelles et diront-elles avec toute raison que c'est là une musique détestable, du dernier mauvais goût? Pourquoi? parce que la convenance, cette règle suprême du beau en toute chose, est ici ouvertement violée, et quant aux paroles sacrées auxquelles on a osé adapter une musique si mondaine, et quant au lieu saint qui en retentit, et quant au personnel chargé de la rendre. Oui, cette musique si vive, si légère, si étincelante et si belle au théâtre, parce qu elle y est à sa place, sera ici mauvaise, détestable, dans toute l'acception du mot, parce qu'elle y sera dé(}lacée de toutes manières. On aura beau objecter cet axiome trop facilement accepté : « L'art pour Part. » Nous répondrons que la loi suprême de l'art, c'est la convenance et Tharmonie des choses entre elles, et que du jour oit cette grande loi aura été foulée aux pieds, tout dans l'art, comme dans les institutions, se précipitera dans une profonde anarchie. Ceci est une preuve de plus des rapports intimes, néces* saires, qui existent entre le beau et le bien (185). Nous ne pousserons pas plus loin cet
qu'il était souverainement bon. Mais ils rappliquaient également aux objets terrestres, dont ta beauté n'était à leurs yeux que Témanation de celle de Dieu, c Un des caractères de la beauté du corps» disait saint Clément d'Alexandrie (loc. ctl.), esc d'offrir des signes de la beauté de fâme. i — t Tu es belle, mon amie, disait saint Grégoire de Nysse (loc. cit., fiom. 45), tu es belle comme la vertu. »
Mais, dans les choses qni tombent sous les sens* la convenance, qui n'est que le synonyme djs l'ordre et de Pharmonie, était pour eux la prremière condition du beau. < La beauté, disait saint Grégoire de Nysse(Ora(.,^), ne saurait exister sans la symétrie et Tordre ; elle est plus admirable dans un tout que
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D ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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article t puisqu'il trouve son complément dans ceui que nous avons indiqués plus haut.
CORMONT (Rbnault de), un des architectes delà cathédrale d'Amiens. Yoy. Amiens.
CORNELIUS, peintre allemand. Yoy. Ca-
RICT&RE.
CURSINI (Chapelle). C'est la première qu'on trouve à gauche, en entrant dans la basilique de âiint-Jean de Latran. Cette chapelle, en forme de croix grecque, fut éie* vée par Clément XII, à son ancêtre saint André Corsiûi, evéque de Fiésole. Bâtie en 173^ sur les dessins d'Alexandre Galiléi, elle offre un des plus parfaits modèles du genre, tant à cause de la simplicité et de runité de sou plan qii'à cause du choit intelligent et de l'application heureuse des motifs de son ornementation, complètement en rapport avec l'ensemble et le caractère
Î;énérai du monument. On peut dire que a beauté du travail y égale ta richesse des matériaux.
La chapelle Corsini, avec sa splendide décoration architecturale, avec les marbres {»récieux et variés, les statues, les bas-reiefs, les peintures, les mosaïques, les stucs dorés qui y sont partout prodigués, est sans contredit une des plus oelles chapelles de l'univers. Seulement , il est à regretter qu'elle ne soit point liée architecturalement au corps de la basilique Constantinienne, dont elle forme nn accessoire tout h fait indépendant, qui n'a pas sa raison d'être là plutôt qu'ailleurs i ce défaut est, du reste, plus ou moins sensible dans la plupart des chapelles les plus renommées des basiliques de Rome : ce sont de véritables horsd'cBUvre par rapport aut monuments auxquels elles tiennent comme dépendance accessoire, ce qui toutefois ne diminue en rien leur beauté intrinsèque. Nous faisons spécialement cette remarque au sujet de la basilique de Saint-Pierre, dans la dissertalion critique que nous avons consacrée à cet édiQee. Voir Saint-Pierre de Rome.
CODLEURS.II ne saurait être question dans cet article de notions tecliniques et physiques sur les couleurs. La nature de notre livre suffit pour nous indiquer les as[)ects sous lesquels nous pouvons traiter ici un sujet aussi vaste et aussi compliqué.
C'est dans la peinture que la couleur joue son principal rôle. Personne n'ignore que le prisme ne l'arc-en-ciel en donne les sept nuances qui, el^es-mêmes, par mille gradations imperceptibles se subdivisent, pour
ainsi dire, à l'infini. Les sept notes de la musique ont ce rapport avec les sept rou-*. leurs génératrices de la peinture, qu'au moyen des nombreuses modifications dont elles sont susceptibles, elles suffisent aux développements de la mélodie la plus brillante et de l^harmonie la plus compliquée, de même que les sept couleurs du prisme^ grâce aux combinaisons si étonnantes auxquelles elles se prêtent, suffisent également au peintre habile dans. son art, pour exprt-* mer les teintes les plus riches et les plua variées.
» L'emploi des couleurs a toujours occupé une place plus ou moins importante dans la peinture chrétienne, et même il n'a pas été étranger à la décoration de l'architeclura de nos églises. Pour ne parler ici que de la peinture , et de la plus noble dans l'art chrétien (celle des mosaïques), nous lisons dans les historiens du règne de Constantin que cet empereur fit orner les quatorze grandes églises qui venaient d'être érigées a Constantinople d'incrustations de mar« bre de diverses couleurs, et qu'il les enrichit de peintures, de sculptures, de dorures et de mosaïques, aveu une incroyable magnificence (186). An moi Bcufili^ues (de Rome) nous donnons quelques extraits d Anastase le Bibliothécaire, dont la lecture nous apprend que ce grand empereur décora avec une égale magnificence les basiliques de l'ancienne capitale de son empire de ces splendides mosaïques dont quelques-unes, conservées ou haDiIcment restaurées, sont encore aujourd'hui les plus beaux ornementi^ de ces temples augustes.
L'histoire de l'emploi des couleurs et de son influence sur la peinture et sur l'art chrétien en général, depuis Constantin jusqu'à nos jours, ne saurait être comprise dana un article comme celui-ci, puisqu'elle embrasse nécessairement la peinture à l'encaustique, la fresque, la peinture è l'huile, les vitraux de couleurs, sans parler de la mosaïque, la plus ancienne des peintures dont nous venons de dire un mot. Nous ne pouvons donc que renvoyer le lecteur k chacun de ces articles, pour les détails que comporte un sujet aussi important et aussi varié.
Pour les peintres qui ont cherché particulièrement a obtenir de 1 effet au moyen du coloris , vay. Vbnisb.
Les sons ont également^ dans la musique, et principalement dans la musique instrumentale, leurs couleurs. Voy. Orgqestre, Timbre.
dans seft parties, i — c Le beau accompli cofi$isl« diipis roui té, disait saiM Augustin [Ue ver a relifime, c. 30, 5I,>^, 59). Hoiuine, qui es-tu pour te llauer de le connaitre? Dieu seul* voit Tunité :ib^ vàWj sèoi il éhi Tuhité : faible créature, qu*il te suffliBe d'apprécier le eonv$nàbte; là est le beau pour toi, le seul beau doBl puisse jouir la nature Mior-
Idk. 9
(iîsid) Indépendamment des cliets-d'œuvre des arts transportés à grands frais à Constantinople,
de Rome, de la Grèce et de TAsie, pour orner les édifices publics, il lit exécuter un nombre infini de tableaux, de statues, de bas-reliefs, représentant iésus-Cbrist, la Vierge, les prophètes, le^ npôtrcs. — On bâtissait en même temps des églises à Rome, à Naplcs, à Capoue, à Antioche, à Tyr, à Jérusalem, à Bethléem et dans toutes les villes de Tem*
nre. (Hittoire de la peinture au moyen àgê^ par
Cmeric David, p. 2 et 3.)
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Enfin, il y a re que Ton a appelé, dans ces Uerniera temps, la couleur localtj qui eonsisie à donner à un tableau quelque ehose de la phjsiononaie du site, au lieu, où se passe la scène qu'il reproduit, et à la musique le caractère du pays, des mœurs et de l*époque des personnages dont elle exprime les sentiments divers (187). Nous ne pouvons qu'indiquer rapidement des notions de ce genre, attendu qu*elles ne se rattachent, surtout en ce qui œncerne la musique, que fort indirectement & Testhétique de Tart chrétien.
Il n'en est pas de même du svmbolisme des couleurs rei)résenlé dans les pierres précieuses, qui fleurit surtout durant l'époque hiératique, avant le xiii* siècle, et qui exerça la science et l'imagination des auteurs mystiques de cette époque si extraordinaire et SI peu connue. Nous nous bornerons seulement ici à la symbolique des douze pierreries énumérées dans rApocalypse comme fondements de la Jérusalem nouvelle, et nous suivrons pas à pas l'ex- ])lication aussi intéressante que solide qu'en donne Mme Félicie d'Ayzac, dans sa Tropologie des Gemmes (188), avec les savantes notes qui l'accompagnent et que nous reproduisons également.
« Par un (autre) rapprochement avec les saintes Ëcrrtures, les verrières non historiques rappelaient spécifiquement la plupart des vertus chrétiennes, et cette allusion consistait dans la nature diaphane et lescou-* leurs de leurs Vitraux. On trouvait effectivement en eux l'apparence des pierreries, et chaque pierre précieuse était l'emblème de quetqu un d'enlre ces trésors (189).
« 11 serait malaisé sans doute de rallier eomplétement en un corps d'ouvrage les innombrables allusions rattachées au nom de chacune des pierreries, sous ce règne de Thermétisme, et môme à celles seulement qui sont mentionnées dans la Bible ; il Test moins de trouver dans les commentateurs des livres sacrés la signification précise de quelqu'une de leurs séries, par exemple, les douze pierres qui forment les fondements de la sainte Jérusalem, au chapitre
(187) Voy.OvfA\.
088) Aniiates Archéologîqwes, tom. Y, 1846.
Ù89) iVon enim untits eoloris EccIcMae filii ttciil, sêd pro divertiiate vinuium, quasi quœdûm gemmœ diversi coivrU in ei$ refulgent, (S. BruDOR. Asteus., ExpoiUio nuper Pentaieueh,^ c. 30.)
(190) Oo appelait raiiunul une pièce de broderie de forme carrée et d*uii tissu fort précieux, que le grand prêtre portait sur sa poitrine, et qui était cliurgée de i^ualre rangs de pierres précieuses (trois par rang), sur cacune des(|uelles était gravé le Àoiu de fune des douze tribus d'Israël. (Exoa. xxvin, % 4, 15, 17, il.)
(191) Allusion presque toujours attribuée implicitement k ce nombre pendant les temps lûéraii^ ques, c*est-à-dîre, antérieurs au xiu* siècle, et qui leur sunrécut longtemps. C'est ainsi qu'bmocenl lll interprétait quatre anneaux qu'il envoyait au roi d'Angleterre.
(19i) Innocent lit. De sacro attaris my$ierio, llv. i, c. 16 et 27. — S. *Bruno. Astens.» Expoiitio super
21 de r Apocalypse, et des douze pierres qaf ornaient chez les Juifs le rational du grand pontife (190). Disposées sur quatre rangées, chacune formée de trois gemmes, elles abondaient en allusioAs; le nombre quatre pour les rangs signifiait les quatre vertus cardinales (191), et le nombre trois, pour les gemmes, les trois vertus théologales (192).
sDe plus, chacune de ces pierres, par sa nature s{>éciale, ses propriétés, sa couleur, répondait à plusieurs vertus, surtout à une dominante; et, par des rapports implicites dont Thistoire donne la clef, cette vertu symbolisait dans le rational du grand prêtre, Tun des douze fils de Jacob, chefs et rerésentants des douze tribus (193), et dans a série des fondements de Jérusalem, un a|>ôtre. Quelques-unes font à la fois allusion aux deux personnages, parce qu'elles sont mentionnées dans Tune ou dans l'autre série (19i^).
« Les douze pierreries énumérées dans TApocalypse comme fondements de la nouvelle Jérusalem, sont le jaspe/ le saphir, la chalcédoine, l'émeraude, la sardonix, la sarde, la cbrjsolitbe , le béryl, la topaze, la cbrysôpase, l'hyacinthe , l'améthyste ; et les douze du rationnai sont : la sarde, la topaze, l'émeraude, rescarboucle,le saphir, le jaspe, le ligurius, l'agate, l'améthyste, la chrysoliehe, l'onyx, le béryl. Nous allons donner Tinterpréiation du sens mystique de ces gemmes et de deux autres pierres, le grenat et le diamant, souvent mentionnées dans les livres saints, p<»ur signifier des mérites, des qualités ou des vertus.
« Voici donc la symbolique des pierres précieuses ;
ft Le jaspe f pierre opaque , dure, souvenl d'une nuance verte, était, par ces trois caractères ,. propre à représenter la foi (195). L'impénétrabilité des mystères auxquels la
la couleur verte en rappelait la persistance, ainsi que l'éternité des choses divines (196) qui en sont le domaine et l'objet. Le jas|)e représenta Gad, dont le nom signifie armé,
Peniat. — Exod. xxviu. — Et dans les commeolateurs et les gloses, passim.
(Ï9Z) Quelquefois aussi, dan» le raiienal , les apùtreg simultanément avec les palriafcbes. (S. Brunon^ Astens., Expos, sup. Exod.}
(194) Ce sont le jaspe, le sapbir, i*émeraude, 1» sarde, la clirysoliihe, le bérif, la topaze, ramétliyste, ensuite le ligurius et Tonyx ; Tun dent l|^ nature est contestée et que le» commentateurs cvoient identique à Ttayacinthe, Fautre analegue à la sardeaix«
• (195) Johpit.,^ que. fides siguifisaturf sine ^a impossibile e$t placere Deo. (S. Bruno». Ait., Ptmfé, in lit. âup^ Afocalyps^ xxt.)
(196^ Jaspiê tiridem hakst solonm.,, TaU «rf» eolore Dominus no$ter uppargre voluUf m usbis iur tinuant quid appelers debeamu^. Bubst ênim Domt" nus cêlovem jaspidi$, quia lempet viridit^ umper Mr MM, ssmper umnortaliê e»t et nunquam ad sicâtaUm veniins. (S. Brun. Astens., PrœfaL sup. Ub. Apacwlifps. IV. — £t vid. in 07ott. in Apocalyps.f tv.)
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P ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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heureux, prêt à Tattaque , et dont la tribu précédait les autres pendant la marche et au combat. Le jaspe flgura aussi le prince et le chef des apôtres , Pierre, fondement de l'Eglise, Pierre è qui Jésus-Christ lui-même a promis la stabilité (197).
« Le saphir, dont la couleur tendre rappelle réclalde l'azur, et qui souvent ponctué d*or resplendit aux feux du soleil, était Tespérance chrétienne, et la sainte contemplation (198). Il re))résentait Nepbtali, ancêtre de plusieurs apôtres dont les paroles admirables» comme rarait prédit Jacob (ff en. xlix, SI) étaient dignement exprimées par Tor et la couleur du ciel. Le saphir désigne, selon Arétas, saint Paul, adjoint au chœur des douze apôtres, mais en même temps et spécialement saint André, dont le nom exprime une âme yirile, et qui, ravi en Jésus-Christ, pendant les deux jours de retraite quMl passa en sa compagnie , aus^siiôt après sou Appel, s'enflamma de sa charité et quitta pour toujours le siècle (199).
«La rAa/c/dotne,sorte d'agate^d'une nuance trouble et comme voilée de nuages, pâlit à la clarté du jour, mais resplendit dans les ténèbres ; c'est la douce miséricorde (200] , objet de mépris pour le monde, mais Dénie du maître du ciel; c'est encore. l'humilité modeste et qui se platt dans l'ombre (201) ^ mais précieuse et rayonnante pour celui qui voit dans la nuit (202). L'éclat flamboyant qu'elle jette l'assimilant è Tescarboucle, lui
(197) Jaspiê gemma firmUiima et virent^ ideoqne^ êmaragdo subsimitis. (Isid., 1. xvi, c. 7.) Jasph ccngruit Givi •* iribus enim Cad lortistima prenvil eUîat tribus ad terram promwam forti$$imetiue pro Uiiê dimicavit. {Num. xxxn, 25 ; /os. iv, 12.) — Cnde et Gad tiebraiee idem e$t quod instructus^ acmetus, armaïus^ felix, (Gen, xLvni, 19.) — TropO' iogiee iaspis tianificat fortitudinem jidei, Unde et in Apocalyps. tribuitur sancto Petro^ qui est petra et fmmdamentum EçdesifB pftit Christum; ideoqne Jeli" âter kœe petra in êuit snecesêoribui perdnrat, (Cor* Qcl. a Lap., tJi Exod. çommenlar,,, xxvni.)
(198) Smphiri serenitas spem... significai.,. Ilabes i^iliir tu eaphiro quod spereê,,. (Lettre du Pape Jnuv pnu m à Richard, roi d'Analeterre.)
(199) Sàphirus^ qui cœruleus est, id est cœlestis colorie et amreis punctis coUuc^in quique rudiis sotis pereusêuêf ardentem emittit futgorem. Hie congruit Nepktuiij aemo pierique apoitolorum prognaii, aurea et cœiêêtiê Évangeiii terba, et %t Jacob valicinatus ett (Gem, xliv, 21). eloquia pulchritudinis orbi dederuMt, — Tropol. saphuus eignificat^ eos qui corpère m terris^ ment^ et vita in eœlts veisanlur, unde t» Apœ. tribuitur sancto Pauto, ut vult Aretas, vel Mâtf, S. Andreœ^ qui amore oœli et radiis Christi, oiduo apud eum manens, in ejus amorem exarsit, et terreuû amnia, vrospera œque et adversa ealcavit, VirUu ergo Andréa» juxia nomen suum fuit ôhnop, id est ftr. (Cornel. a Lap., in Esùod. commentar., c.vni.)
(200) Innocent lit, [Desncr. a/l, myst,, 1. 1, c. 27) appelle cette pierre aehfttes (agate) ei rassigue à la vertu de miséricorde.
(201) Bêoti miséricordes, quon*am misericordiam consequentur (Matth. v, 7).
(202) Chatcedoniui, qui ignis efigiem subpatlidam quodemmodo kaben», in nubilo et abscondito fulgoris famams anûtist patam autem et subdio parum quid tgnei iumini» date videtur. Hoc autem lapide apo^ itofi ei doctore*"" etsiapud Deum magni sint meriti.
fit partager avec cette gemme «.'aUusion. à la charité, et par là elle désignait. saint lac<< ques » Qls de Zébédée , surnommé aussi lu- Majeur, et le premier des douze apôtres quit ait versé son sang pour la foi (203).
« Vémeraude, rappelant par sa. couleur la. pompe des champs ,, la jeunesse de la nature, et dont rien ne ternit Téclai (204), symbolisait comme le jaspe , les choses d'essence éternelle, I inaltérable et vive foi (205), l'incorruptibilité de TAme des justes (206), arbres plantés, dit i*Fxviture> su rie bord du courant des eaux^ et qui ne s'effeuillent ja^ mais (207). La mystagog^ie hermétique vit encore dans l'émeraude Juda, caractérisé par la force et par l'éternité du sceptre qui ne devait point sortir (206) de ses mains. (Gen. XL», 10.) Elle y vitaussi la virginité,, fleur du ciel tombée sur la terre, et 1 évan-^ géliste saint Jean, seul vierge parmi les apAr très (209).
^Vescarboucle brillait sur le rational où la chalcédoine n'avait point place. Son nom grec (charbon enflammé) désignait la tribu de Dan, à cause de deux circonstances ; Tune était l'incendie de la cité de Lais par les Danitidcs; Tautre, celui des moissons des Philistins, parSamson, Danilide aussi. Dans la langue tropologique, l'escarboucle est la charité.
« Par une sorte d'antithèse, ou plutôt en vue du prix delà modestie (210), l'oscar-
multumque refulgeant inter homines, tamen ignobiles, viles humiles et despectabHos sese osteudunt. (S. Brun. Ast., prœf. in tib» sup. Apocat, ^xii).
(205) Chalcedonius, qui earbunculo colore est similis, tvibuitur Jacobo, fratri sancii Joannis^ quia ardens charitate Christi , vrimus npostolorum pro Christo martgr occubuit, ((iorncl. a lap. in Exod. Comm.^ c. xivni.)
(204) Smaragdus, qua^i lifirbo tirid'u est; per quam tmmorlalitatem inlelliyimus, quœ hcmper tirens^ nunquam ad siccitatempervenii^ (Su Brun. Ast., praiat^ in iib, sup, ApocaL, ivO
(205) Innocent 111, De sac, ait. mgsl., 1. i. c. 27.
(206) Smaragdus, qui jasffide virtdior, herbarum quoque viridiialem sua viridiiale snperare videtur; significai autem sauctorum vitam, qutc quidem post carnis resurrectionem semper viridis erit, quod hihit in eis erit, quod siccari vel mori possit. (S. Brun. Asl.,pra;Am iib. sup. Aptcalyp., xxiO
(207) Justus, tanquam lignum quod plantalum est secus decureus aquarum.., ut folium ejus non defluet. {Psal. 1.3 et 4.)
(208) Smanagdus maxime tiret... hebraice vocalMr Bareket, id est (ulgurans.., Smatagdus congruit Levi, ait Ab%l., sed falliiur, Levi non computalur inter duodecim tribus. . Smaragdus est Juda, qui si Levi exctudas, fuit lertius Jacobi filtuai smaragdus enim significat Judœ fortitudinem et sceptrum pcrenne^ semperque virens usque ad Cbristum (Gen. XLix.lO.) Tropoligice smaragdus significai virginitatem ; hinc inApocalypsi (c. x\i) tribuitur S. Joanm^ qui umpet virgo mire virtiit in sua virgitii^ate. (Corn, a l^p., in Exod. Comment •* xxviii.)
(209) Innoccui Ui, De sacr. ait. myslerio, t. XXVIl, liv. 1.
(210) Carbuncutus, grue Mpo^, id est carbo igni^ lus, hujus enim speciem referl ; unde et ignem non sentit^ quade causa apyrotus dicitur a Plinio (l.xxvii). Hic congruit Dan et Danitis, quia tua fortitudine.
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ACTIONNAIRE
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)K)ttGle figurait aussi cette humble yertia (911).
K Vonvx {(1^ grec Sw;, onah) est une sorte xl*agate une, rupannéede bmnc, let à laquelle tes anciens trouvaient avecl'onj^le une ressemblance dont il est assez difficile de déiermioer le motif. L'onix figurait l'iono* cence, la candeur (212), la sincérité et la vérité inviolable (213). Cette pierre était assignée au patriarche Manasse et à l'apAtre saint Philippe (214).
« La saraonix , tusion de Tonyx et de la Mrde, était d*une teinte brillante, pourpre, nuancée de plusieurs couleurs, et rappelant ie plus souvent celle des grains de la grenade. Elle figurait la charité vive (215), que désignait aussi ce fruit. Sa variété de nuances rappelait la fécondité de cette vertu, ses rix^hesses spirituelles, et son trait caractéristique qui est de se faire tout à tous (216), se- Jon I expression de l'ApAtre (217).
« Legrenaty pour les mêmes causes, avait une analogie complète avec Tallusion de la /sardoiiyx : il figurait la charité (218).
<^ La sqrdcj par sa transparence et sa teinte /i))prQchante de celle du feu, qui passait jiour 0pouvanfer les b^tes féroces, rappelait la foi qi^i s*01ève, qui aspire à monter sans pi^sure et s'attache aux choses d'en haut (218), et eq paênie temps le martyre (219j. Kile symbolisa Ruben, à cause de la publiai t0 de ses scandales représentée par la lupiière, et aussi de son grand amour poi^r json jeune frère Joseph, qu'il défendit seiil poutre tous ses frères.
« Saint Bar^héleipy , dont le corps fut tout ensanglanté par le plus cruel des martyres, ai qui était t^^rible au démon, fut assimilé à la sarde (^0).
fixcuiêerunt Lais {Jud, xviii) et Samsom Danitidœ
Îtit..., tuceendit tegetes Philisthiim (Judic. i^v, 5), Wopologicet earbunculus $igni/icat ardentem charipatent,
(211) Tropologiee onyxsiçnificat candçrem 0t înfwcenîtam^ (Cornel. aLap., tiiÈxod' comm.y xxviii).
(212) Pef duos Onyektnos^ signijicamur veriias et ^ineeritas. Veritas per clarUatem^ sincerilas. per fioiiditatem, (!|inqcent 111, De sacr, ait. mysL^ 1. 1, 15.20).
(215) OtiyXp ita dictus ab unguis humant simili-^ fuime. Hic si^nificat Manassen , ob morum candofem et kumamtalem: unde et in Apocalypsi datur Pkilfjmo. (Corn, a Lap., ibid,)
(214) Sapdonix, çujus color igiieuê et rubeus est^ 0t quasi gran%m matorum granatorum^ clarissime> rutilatn pêr qtiem çliaritas intelligitur, (S« Brun. Asl., Pf^- in fib, sub Apocalyp., i.)
(215) Jfa/a punica clarissimis et dulàbus granis regulariter ordinaiis plefia sunt, per quem (sic) sanfitorum eeclesias et congregationes ubique ver totum mundum intelligere possumus, in quibus Christi fide' tes coneordia pace^ et dileciione cunjuncti continenlur. (S. Bruno Aslens., Exposit, sup, Exoti, xxvi).
(216) Omnibus otnnia factus sum ut omnes facerem salvoi (i Cor. ix, 19-22).
(lil) Granati rubicunditas charitalem signifipat.,, flabe igitur in granato quod dHiaas. (Lettre du pape Innocent III à Richard /*% roi d^Ângleierfé).
(218) Innocent III, De sacr. ait. myst. 1. i, c. 27.
(219) Sardius, qui^ qnod sanguinis colorent habet^ fti^erlissime martyrium significat, (S. Brunon. Asl., f^rmf. in lib,sup. Apoc, xxi.) Sardiut vero clarum et hueum colorem habet. Dominas habet autem et co-
' « Lac^ry5oft7Ae(pierred*or),d'unjauned*or mêlé de vert, représentait la vigilance (221) et \h sagesse (222). La nuance dorée de la chrysoliihe la lit assignera Ephraïm, par allusion à la couronne dont Jéroboam, Ephraïmite, s'empara après Salomon, et qu'il transmit à sa descendance. Dans le langage hiératique, la chrysolithe était attribuée à la
!)énitence, et symbolisait saint Matthieu 223).
« Le héf^X , ou algue marine , couleur de l'eau frappée des rayons du soleil, rappelait la sainte Ecriture élucidée par le Sauveur , et aussi la saine doctrine et la science ; c'était encore la longanimité, la force et le saint héroïsme, vertus tellement surhumaines, qu'irsemble que l'âme qui en est ornée réfléchisse l'être de Dieu. A cause de l'éclat Eassager qu'il tire des feux du soleil', le éryl représenta Benjamin, tribu tantôt resplendissante dans la personne de Saiil et celle de saint Paiui, apôtre, tantôt débile et décimée , comme on voit au temjjs de Mîchol (/ud. II, 47), où elle fut réduite à six cents hommes. Le langage tropologique assigna ie béryl à l'apôtre saint Thomas , parce que sa foi subit des vicissitudes , et pour 1 héroïsme chrétien qui , selon la tr«idition, le poussa à Tapostolat et au martyre dans les Indes.
« La ^opaze,d'un jaune brillant, approchant de celui de Tor, figurait simultanément les vertus les plus précieuses, la sagesse, la chasteté, le mérite des bonnes œuvres; et cette espérance chrétienne, la seconde entre les vertus , siBur de la charité ti^urée par For. L'invincibilité du bras fut désignée par la topaze ; elle désigna Siméon , extermina-
iorem sar4inis, siquidem Deus noster est ignis ardens... Ardeamus et nos ferv^re charilatis accensi^ ^tc. (Id., ibid., super Apoc.f iv).
(22^)) Sardius, qui ianis specie translucet significat Ruben primogenitum Jacob, cujus tibido se prodidit tum patri, tunt aliis... Sed qtiia tardius suffuto hi^more iiebelab.atur, hinç cunvenii constantiœ et antofft hujùs Ruben, quotam impense conatus est Josephum e manibus [ratrunt tiberare,.. Sarditis fervidam significat doctrinam, et pro ea martyrium: es( enim colore sanguines i^t igneo, quo feris terrorem inculit {Apoçalyp. xxi); tribuiiur Bariholemeo quipto Christo eincoriatus, totus sanguinens ideoque dœmimibus terribilis fuit... etc. (Cornel. a Lapide, in Exo4, Comm., xxvin.)
(221) Innocent III, De sacr. ait. myst.,\. i, c. 21.
(222) Chrysolithus... quia aureum habet colorem^ ab auro suscepit et nomen... Ideo per hune lapidem sapientiam inleliigimus» (S. B(run. Asl., Proff» '*^R« Apocalyps., xLi)*.
(223) Chrysolithus partim aurai, partim marini est coloris. Onde liebraice vocatur Harsis, id est marinut inquit S. Hieronymus. Hic congruit tribui Ephraim^ qui regiam potestatem in Jéroboam adepta, eamdimtissimetenuit. Tropologiee, chrifsolithps significat pœnileniiam, unde in Àpoc. iribwtur Matthœo, q*{i pm" niten^ fuit et fervens amçre Christi. (Corn, a Lap. m Exod» Comm., xxvni.)
Les notes relatives à la symbolique des pierres précieuses qui suivent, étant basées sur la plupart des mêmes autorités que les précédentes, nous en suspendons ici la ritatiun, pour abréger. On aurii toujours la facilite d*y recourir, dans Torigioal,
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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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teur des Sichimites, et'«flt allusion à saint Jacques (nommé le Juste et le Mineur), à cause de sa fermeté contre les pharisiens et les scribes.
« La chrysopascy topaze nuancée de vertdttir, figurait, en vue de ces teintes, la réunion des bonnes œuvres. Cette pierre, symbole de l'acrimonie, et qui avait souvent la couleur d'or, figurait l'apôtre Thadée, doué de la haute sagesse que l*or représenta toujours, et d'une parole incisive et redoutable aux béréMques.
« Vagau. On attribuai! à Tagate, ponctuée et veinée de plusieurs couleurs, beaucoup de vertus salutaires : celles de neutraliser les poisons et la morsure des reptiles, de guérir et chasser les fièvres, de dissiper les contagions. Elle répondit par analogie au patriarche Issachar et à sa tribu, dont la sainteté est louée, et qui la conserva intacte au milieu de populations prévaricatrices.
« Vhyacinthe^ d'une teinte approchant de celle d'un ciel serein et dont la nuance est changeante, était prise pour la prudence qui tem[)ère le zèle ardent et pour la douce condescendance que le Christ commande aux parfaits. En vue de ces analogiod, saint Brunon Tassigne à saint Paul.
« Le ligurvis^ que saint Jérôme croit ôtre le même que l'hyacinthe-, et dont les anciens vantent la nuance d^un violet tendre et brillant, était le symbole d'Aser (bienheureux), dont le pain, délices des rois et figure du sacrement de rEucha.ristie, est exalté dans la Genèse (cap. xli, v. 20). Le Ligurius correspondait à l'apôtre Simon le Chanaoéen, dont les mœurs étaient angéliques, et. le détachement céleste.
« Vaméthyste. L'améthyste {$an9 ivresse) réunissapt les nuances les plus aimables, le violet, le rose et le pourpre, répondait par cette fusion à l'humilité des enfants, à^ la modestie craintive des vierges, et à la làrgesse c|irétienne (/ar^t7a«), qui, dans l'inteniîon de son nom latin, est une abnégation de soi poussée jusqu'à l'acquiescement au martyre. L'améthyste représente Zabulon, ancêtre de plusieurs apôtres et l'apôtre saint Matthias » d'une humilité sans exemple.
« Le diamant. La tropologie hiératique , considérant que le diamant résiste à la persécution et aux flammes, le compare, dans son langage, à la force surnaturelle cachée au fond des cœurs chrétiens.
« Telles étaient les allusions prêtées à ces gemmes brillantes, interprètes mystérieux du langage des Ecritures. Ces gemmes se combinant avec les vases sacrés et avec les diflérentes parties du temple, mariaient aux fonds sur lesquels on les appliquait leurs significations mystiques. On les vit dans beaucoup d'églises étlnceler sur leurs colonnes, et particulièrement sur les encensoirs, qui, dans le sens tropologique, figuraient étalements les apôtres. Il n'y eut presque ni basilique, ni abbatiale opulente gui n'eût ses colonnes» surtout ses encensoirs gemmés, brûlantes accumulations de tropes devenus
matière et multipliant sous les yeux du CORDS la répétition de la môme idée par l.t couleur, parla nature et par la forme de l'objet. Comme nous 1 avons rema^rqué, ces métaphores consacrées avaient une analogie plus ou moins rationnelle et des afiinités morales avec les qualités des pierre^s ;ces principales harmonies étaient Téclat et la couleur, car les couleurs par elles-mêmes et en dehors des pierreries, avaient leurs significations. Le vert brillant, le bleu, le rouge, étaient employés pour la foi, l'espérance et la charité, et les vertus cardinales étaient rappelées, à Tentour, par la pourpre, Técarlate, le byssus et l'hyacinthe.
« Le vert brillant et printannier rappelait les tendres feuillages et le manteau naut des prés, dont la renaissance annuelle est comme une image imparfaite de la résurrection des corps. Le vert symbolisa la foi, l'immortalité consolante assurée à Tâme des îustes, et aussi la contemplation.
« L'azur, qui rappelait le ciol, désignait
Ear là l'espérance et l'amour des choses d'en aut.
« Le roti^e, semblable à la flamme, symbolisait la charité ; il rappelait aussi le sang et représentait la martyre.
<c Le pourpre, in;s)gne des monarques, signifiait laroyautév et s'étendait à la justice dont les souverains sur ta terre so.at les premiers dispensateurs.
«. Véearlaie^ couleur^du saug et mémorial des martyrs, répondait aussi à la force quia éclaté dans les martyrs, et par sa double analogie avec la tendance ascendante et la couleur du feu, symbolisait la charité. Elle était aussi la figure de la. science des saints pontifes, qui doit brûler par la ferveur et resplendir par le niérite.
«Par la blancheur de son tissu, le byssus^' emblème de joie, spécifiait la temfierance qui produit la paix» la concorde, éléments propres de bonheur. Le bj/s<u4 figurait aussi les générations de la tempérance ; l'innocence, la chasteté, et le témoignage authentique rendu à la foi et à ]>ieu.
« L'Aya«in<A«,couleuc de l'air, était la prudence chrétienne, le désir des choses du ciel, la sérénité de la conscience, la paix.
« Le vert pâte etcouleur des flots, désignait par là le baptême.
« Le rose indiquait le martyre, qui était aussi le sens mystique attaché aux fleurs du rosier.
« Le safrotn, à cause de son analogie avec l'or et la couleur roiige, symbolisait Tes confesseurs.
« La blancheur et la fleur du lis, quidési-
fnaient la chasteté et l'innoctsace de la vie, talent attribuées aux vierges ; le ym, à la tribulation ; le violet, à la pénitence ; le noir, à la pénitence et au deuil.
« Il est aisé de reconnaître dans cette ex-
f)lication mystique de quinze d'entre lescoueurs combien les sens attribués à la plupart des pierreries ont d'analogies avec elles. Nous comptons produire en leur temps, à l'ap|[)ui de nos assertions, les témoignaHcs .
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