‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ouChapitre 35 sur 168 · POM · texte numérisé non relu

POM

DOM

Mctria dei Fiori) fut élevé en U20 par Brunelleschi sur les massifs qui avaient été disposés è cette tin par Arnoifo dl Lapo, architecte de la basilique, près de deux cents ans auparavant. Ce nouveau genre de base de coupole permit à Brunelleschi de donner à celle-ci des dimensions beaucoup plus vastes que n'en avaient eu lès constructions de ce genre exécutées jusque là dans le pui style byzantin. Ce dôme gigantesque est, en etfet, aussi spacieux et beaucoup plus haut que le Panthéon de Rome. Son point de dé part est établi sur les voûtes des quatre nefs de Téglise formant la croix latine, qui servent de soubasseipent à la tour octogone ou tambour jusqu'à la coîrniche dont elle est couronnée. Du sol même de l'édiûce jusqu'à cette corniche, on compte plus de 165 pieds. La coupole intérieure a 130 \fleds ae diamètre. Elle à, depuis la corniche qui termine le tambour et d'où elle part elle-même jusqu'à l'œil de la lanterne, 125 pieds de hauteur, ce qui donne, à partir du sol, une élévation totale de plus deS90 pieds. Le tambour ou tour octogone qui supporte immédiatement la coupole proprt^ment dite est percé <1e huit fenêtres circulaires ou œiis de bœuf. La voâte de ]a boupole présente huit faces qui vont en se rétrécissant dans le sens de leur élévation fusqu à l'œil de bœuf de la lanterne. Le antre de la coupole est extrêmefqënt surhaussé, ce qui dut en rendre l'exécutjon plus facile, dit M. Quatremère de Qumcy ; aussi, Brunelleschi avait proposé de ]e construire sans l'échafaudage d'un cintre de charpente (256).

Lé mj^me auteiir ajoute que cet architecte eut Fhonneur d'avoir le premier introduit dans la construction des coupoles modernes élevées sur lès nefs des églises , Tusage de la double voûte , dont chacune reçoit une courbe différente à raison de l'effet extérieur ou intérieur qu'elle doit produire.

C'est ainsi que la coupole de 5anf a Jfartfi àei fiori ouvre une nouvelle période de constructions du même genre qui, sans cesser d^appartenir, quanta l'essence, au type ile Sainte-Sophie, en diffèrent néanmoins tellement quant aux deux points importants, du support et de la demi-sphérioté de la A'Oûté, qu'on ne peut plus continuer d'appeler byzantines des coupoles si profondément modifiées. Aiissi^ c'est le nom de dôme qui leur reste, comme nom générique ; et même

lorsqu'on les désigne sous le pom de cou» pôle, jamais on ajQute à ce mot l'épithète de byzantine^ comme on peut l'observer par rapport à la coupole de Saint-Pierre de Roœp et aux dômes des Invalides et de Sainte-Ge* neviève de Paris.

Quoiqu'il en soit , le dôme si hardi et si grandiose de la cathédrale Florentine, n*a pas encore obtenu, ce semble, le de^ré d'admiration qu'il mérite à tant d'égards. C'est l'opinion de la plupart des connaisseurs ; c'est également celle de M. Pouioulat dans son livre intitulé : Toscane et Rome. (Lettre 10).

D'abord il fait observer que l'extérieur de la cathédrale de Florence (259) présente coipme une montagne de marbres de diverses couleurs, taillée en forme de croix latine de l'orient au couchant ; ensuite il ajoute que la cathédrale florentine n'a pas l'éléjgante légèreté de la cathédrale des Pisans, et que ce qui frappe, c'est le caractère de sol,idite donné au monument, l'architecte semblant avoir voulu aGTranchir son œuvre de la condition des œuvres périssables.

Enfin il s'exprime ainsi sur le dôme s « Quel merveilleux travail que la coupole, de Sainte-Marie dei Fiori 1 comme on admire la hardiesse, la puissance du génie qui a lancé vers le ciel cette voûte qu'où croirais suspendue au milieu de Tespace par des mains invisibles I

« Quand. on contemple la coupole de Florence, on se dit que son illustre auteur Brunelleschi n'a pas toute la renommée qu*il devrait avoir; les genscjui admirent ont trouvé les langues humaines trop pauvres pour l'expression de leur enthousiasme à la vue de la coupole de Saint-Pierre de Rome, et je ne sais pourquoi il paraît convenu de s'ettasier un peu moins devant l'ouvrage de Brunelleschi, dont celui de Michel-Ange n'est ({u'une imitation. Michel-Ange plein d'admiration pour l'œuvre de son devancier avait dit : « J'en ferai une semblable mais non pas une pareille. «La coupole deBuonarotti produit plus d'effet, parce que la cathé* drale de Rome (260) est plus haute que celle de Florence, mais la coupole de Brunelleschi surpasse en hauteur ia coupole de HicheU Ange. La première, avec sa voûte, sa lanterne, sa boule et sa croix, donne une mesure de 166 pieds k pouces ; la seconde a 7 pieds

aussi tour de Dôme. Les coupoles byzaniines, au conlraire, reposant d'aplomb sur quatre grands piliers qui parant du sol. 9**. la calotle , ou concavité de la voûte sphéroîdale, qui est la coupole proprement dite. 5* la lanterne ou tourell§, dont le toit est quelquefois pyramidail , mais fréquemment spbériqiie, et qui, placée au sommet ou dôme, sert sou- Tont à donner du jour dans Pintérieur. La lanterne, cette partie culminante du dôme, est ordinairement surmontée d*une croix en métal. t

(âo8) Dictionnaire historique d'architecture. Voy. Coupole.

(i59) Ce fut Arnoire di Lapo. Tarchitecle du Palait Vieux; i)ul, en ii95, jeta les preroien 4o))(J(mcmi de ce temple,. Tun des plus vastes et

des plu» célèbres de la chrétienté. 11 fut bàli sur remplacement d'une église dédiée à sainte Reparata/en vertu d'un décret de la IJépublique Floren* tiiie, où il est dit que ce monument devra surpasser en grandeur et en beauté tout ce que les hommes peuvent exécuter en ce génie. Cette église , divisée en trois nefs formées par de vastes arcades cintrées, est toute revêtue, à Textérièur, de marbre noir et blanc poli. On Ta prodigué dans Tintérieur, et le pavé en est entièreihent. Nous donnons, à i*article Dimensions , celles de ce vaste édifice.

(^0) Ceci est .nexact. C'est ttaInt-Jean deLatran qui a toujours été la cathedra^; de Rome et de Unt\ l'univers chrétien. {ISftte de ("auteur.)

us DOM D*£STHëTIQUE

et S ponces de moins. Quant à la solidité des deux ouvrages, celui def^runellescbi, quoique plus ancien, a jusqu'à ce jour beaucoup mieux résisté au temps (261). Depuis quatre siècles, la coupole de Florence, sauf quelques légers détails, n'a pas plus chancelé que la Yoûte du firmament dont elle offre une image. Et pourtant, le peuple florentin, ebreaya d*amertune les derniers jours du grand Brunelleschi 1 Savez-yous pourquoi ? parce qu'une entreprise ayant pour objet d'inonder la ville deLucques, entreprise è laquelle Brunelleschi avait mis la main, n*était point parvenue à un plein succès. La multitude railla et chansonna le grand homme ; la coupole de Florence qui rendait témoignage de son génie et portait dans les cieux sa gloire, ne put protéger Brunelleschi contre les injures des Florentins 1 Mais du moins, après sa mort, un monument lui fut élevé dans l'intérieur de la cathédrale, à l'ombre de son propre ouvrage (262). »

Le ddme de Saint-Pierre de Rome, élevé sur Jes dessins de Michel-Ange, vers le milieu du XVI* siècle, est l'imitation la plus ^nsidérable et la plus hardie qui ait été faite de celui de Florence. Comme ce dernier, il affecte une forme surhaussée, mais plus arrondie. La division des principales parties qui le composent est d ailleurs la même. Seulement, au lieu de reposer sur des massifs, c'est sur quatre piliers qu'il est porté, mais ces piliers ne sont en réalité que de simpies massifs, puis qu'ils mesurent 200 pieds de circonférence dans l'église, et WM), dit-on, dans les fondations. Dans l'intérieur sont des escaliers tournants pour monter aux balustrades des tribunes ou des^ cendre dans les souterrains. Les quatre grands arcs destinés à soutenir la coupole partent de ces quatre énormes piliers, à 100 pieds au dessus du sol , et dans leurs pendentifs on voit quatre grands médaillons représentant , en mosaïques les évangélistes dans l'attitude d'écrivains. Entre le haut des quatre grandes arcades et la corniche qui est au-dessous du tambour, règne une frise ayant 393 pieds de circonférence, sous laquelle on lit en très-gros caractères d'or : Tu e$ Petrus e$ super hanc petram œdificabo Eccletiam meam ei tibi dabo claves r4gni coslorum. {Ma$th. xvi , 18.) du sol h la. corniche on compte 166 pieds de hauteur jusqu'au tambour où commence le d6me.

« Le tambour (partie droite de la coupole) est éclairé par seize fenêtres rectangulaires et orné de mosaïques posées par Jacques délia Porta, d'après les ordres de Clément VIIL Ces mosaïques représentant le Sauveur la sainte Vierge, saint Jean-Baptiste, les apôtres 9 des chérubins et des séraphins, sont d'autant plus riches, que tous les orne-

(261) En effet, à plusieurs reprises, on a été obligé de cercler le dôme de Saiut-Pierre , à cause des lézardes qui s^y élaieiil nianifeslécs en plusieurs endroits, et qui devenaient menaçantes pour la so- Mlle du monument (^ote de l''auteur.) (ii}i) Toscane et Rome, Lettre iO*.

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