‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ouChapitre 45 sur 168 · GR · texte numérisé non relu

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DICTieOBIAlilE

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meoient mèioet ii lai aoçmenta ses appointements et lui assigna quinze écus par oiois, comme on peut s*en édiQer par rinspection des coiviptes des archires sur lesquels Piei> luigi est porté pour ladite somme, depuis 1576 jusqu'à sa mort. Pour réussir dans ce difficile travail, Giovanni s'adjoignit Jean Guidetti, dont nous avons parlé plus haut, qui connaissait parfaitement les manuscrits, autant de la bibliothèque VaUcane que les archives de ]a basilique, et oui avait été, pour cela , nommé par Pie V membre de la commission chargée de la correction du bréviaire et du missel romains , confiée à Jean Bernard Scott , cardinal de Trani , et à Thomas Goduel, évéque de Saint-Asaph, dans la principauté de Galles, hommes fort doctes et versés de toute Oianière dans les antiquités ecclésiastiques. »

Ici labbé Baini consacre à rexameo du chant grégorien des premiers temps et à Tétât où ii se trouvait réduit à Vépoque de Pierluigi, des pages du plus grand intérêt, mais évidemment trop longues pour que nous puissions les reproduire intégralement. Je me bornerai, comme je viens de le faire pour ce qui précède , à quelques extraits des passages les plus saillants et qui se rap* portent le plus directement à mon sujet.

Aurès avoir fait ressortir le goût exquis et rinépuisable variété d'expression que ré« vêlent les antiques mélodies chrétiennes, notre savant et poétique historien en con* dut que le chant grégorien a un je ne sais quoi d'admirable et d'inimitable, une finesse u*expression indicible, un pathétique qui touche; quelque chose de limpide, de toujours frais, de toujours vert, de toujours neuf, de toujours beau, auprès de quoi paraissent tout à coup stupides, insignifiantes, fastidieuses, absurdes, surannées, les mélodies modernes par lesquelles on Ta altéré, ou qu'on y a simjplement ajoutées h partir de la dernière moitié environ du xiii* siècle jusqu'à nos jours.

Ensuite, arrivant à la manière dont on exécutait ce chant admirable, ii s'exprime en ces termes : a L'exécution du chant ecclésiastique ou grégorien, principalement dans les morceaux à une seule voix (et cela regarde la plupart de ces compositions, parce qu'il s'en chantait fort peu en chœur, excepté la psalmodie et quelques traits), était d'une recherche , d'une délicatesse indicible et indiquée' avec une grande précision par diverses figures. J'ai lu dans les divers auteurs que j'ai consultés, qu'on y pratiquait communément les piano et les forte ^ les crescendo et les diminuendo , les irilh , les gruppeti , les mordante ; tantôt on accélérait

(309) Les graves et nombreux témoignages qui attestent que ie chant grégorien fut, dans le principe, d*une grande siniphetté, paraiiraieiit contredii-e ce que falibé Baiui nous raconte des mille nuances d'expression qu*on j avr.it introduites dès ce temps reculé; mais celte contradiction apparente cesse, quand on considère qu'il ne s'agit ici que de rexécuiion du cliaiit proprement dite, et encore d'une cxëniituu i^vrvéc à quelques chantres, et

le chant, tantôt on le ralentissait, la mx passant, en mourant, duptano au pianis" êimo , et se développant ensuite insensiblement jusqu'au fortissimo: on oonnaisfait l'art de porter la «oûr, etc. (809). De là riratnense délectation qu'en éprouvaient Jes auditeurs , comme l'attestent une infinité do témoignages des saints Pères. De le les re« •{iroches des mêmes saints Pères contre les chanteurs qui , fiers de la manière distin* guée dont ils remplissaient leur tâche, chantaient à leur propre gloire et non à celle de Dieu. De là les instances de Pépin pour ot>tenir du saint Pontife Paul fie chanteur Siméon , déjà notre prédécesseur dans la chapelle apostolique, qui apprit aux chantres de Reims l'art du chant romain. De là la nécessité que reconnut Charlemàgne d'obtenir d'Adrien I", Théodore et Benoit, également nos prédécesseurs, pour les églises de Metz et cfe Soissons, et la faculté qu'il obtint aussi de Léon III d'envoyer à Rome dent chanteurs français , afin que , unis aux n6très , ils pussent s'accoutumer à la méIo« dieuse exécution de leur chant. De là l'ex* pédient adopté par les chanteurs, nos prédécesseurs, non-seulement à Metz, à Reims et à Soissons, mais encore à Rome, de noter les livres de chant que saint Paul 1^,, Adrien I*' et Léon III avaient envoyés à Pé* pin et à Charlemàgne, et qui avaient quelques petites lettres au-dessus des notes» comme t. m. c. s. p. d. e. a. r. , etc. , pour rappeler à ces chanteurs les tremulas , les collisibteSf les secabiles^ les podatum, \^s diatinon^ les exon^ etc.; tous ornement^ que les Français non poterant perfeete ex^ ^rimere naturali voce àarbariea , frangentes in gutture voces potiusquam exprimentes.

(Apud Gerbert, de cantu et Mustca sacra ^ tom. r% p. 272.) D'où vint que, si les chanteurs ultramontains n'exécutaient pas aussi bien que les Romains, ce n'était point par défaut d'une instruction suffisante, comme se l'étaient trop persuadé Pépin et Charlemàgne, mais par l'insuffisance des exécutants.

«Ces lettres minuscules, qu'on avait introduites au-dessus et au-dessous des notes, sont encore très-visibles dans deux manuscrits de la bibliothèque Angélique, et l'on reconnaît aux caractères, à la taille de là plume et à l'encre, qu'ils ont été écrits par d'autres mains que celles qui ont travaillé aux manuscrits.

« De ce premier exposé du chant antique, continue Fabbé Baini , passons brièvement « à un second tableau qui nous montre l'état de ce même chant au temps de Pierluigi (310}.

tellement compliquée qu'elle ne pouvait convenir qu'à un petit nembre de cbantears d'élile. Auasi, les signes au moyen desquels ils avaient voulu fixer ces miUe nu^nees d*ex pression, ne tardèrent pas à perdre leur signilication, et à devenir de véritaMe# iiiéroglypbes , même dans ritalie, où rexécmion du chant grégorien était jadis plus recherchée «|ue pailoul ailleurs.

(510) îom. I, chap. 3, p. 84.

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c La netore- d«i etaiTie ecclésiastique, ferme ou grég^orien f n'avait pas été changée. Il suffit, en effet , pour s'en' assigner , ae oom- ) parer réuhelle diatoniqtte des Grecs ei de t fioêce aTec ceMe de Guido, inviolablepaent conservée jusqu'à nos jours. Les modes ou tons étaient les mAmes; seulement, Tintro^ durtioftperpétnelle du5t bémol dans les mélodies du cinquième ton sur i échelle de /a, altëmitla nature de ee ton, en rendant son échelle semblable à celle de C, tandis qu'il doit en différer, comme il en diffère par le fait,lor^ qu'on supprimeàla clef lo si bémoI,etqu'on se contente de le poser accidenteUement pour éviter le triton direct. C'est contre cet éeueil que vinrent heurter même les correc^ te»rs du chant ecclésiastique choisis par saint Bernard, qui.pnéiendirent que le neumt, ou une manière du cinquième ton sans lejt bémol à la clef^ ne pouvait se tolérer dans aucun mode (ce qui est absurde). Ainsi, piosieurs imaginèrent par la suite un expédient que voici, po'ur sortir d'embarras. Affirmer qu'on dût placer absolument le si bémol à la clef, était trop, opposé à la nature duton; c*est pourquoi ils se ravisèrent en disant que^ le neume, ou conclusion de ce ODode, par laquelle devait être déterminée sa nature, ou n'avait pas ét^ heureusement imaginée, par les anciens maîtres de Tart, ou avait été postérieurement altérée, «e/ maie inventa, vel poet inventionem corrupia^ et qu*ainsi, en dernière analyse, la finale^de ce oaede devait sans- doute être- formée au KDoyen'du)»bémoI,.mais'aocidentellementt:

uu/ètf^niii aceidentaHter- terminari nonpOh ie«l, «fide non est suffkiens. Cette dernière erreur n'était. paes; comme l'autre, très-com* mune, et un'grand nombre de li vrestle chant, du temps de Palestrina, conservaient encore Je cinquième mode ou ton, sans bémol à la clet

« Les mélodies aussi n'avaient pas peu souffert, soit à cause de la négligence des copistes modernes , soit à cause des changements introduits^ par l'ignorance, soit par suite de l'audace des compositeurs ; je ne veux pas dire , pour cela, que le graduel et rantiphonier fussent entièrement défigurés; non certes. Les an tiennes,, presque toutes, avaient été conservées dans^ leur iorme prinative,. et* par conséquent avaient- peu de notes, comme les hymnes. Les introïts n'avaient en général que peu de notes défectueuses ou changées. Les offertoires et les oommunions avaient été quelquefois mal conduits. Quant aux graduels, aux traits et versets y correspondant, ils n'étaient presque nlusreconnaissables. Toutefois, les graduels, les traits, les> offertoires et les communions, étaient restés intacts dans beaucoup de litres^ parce qu«,. laissés aux exécutants avec lalaeulté pow eux'de supprimer lesiieume^ el giMtotité de notes superflues >. ceux-ci, Sêûs nuire 9»% livres dont il s'agit, avaient commencé à introduire cet abus très-répré- AeAsibyle qui profane* encore, de nos jours, htbàoi des basilk|ues' de Rome, par lequel lesêiKttûsteJ cbaotent les paroles sacrées stu*

la basse et la domfaiante, à lahAleetaveu furie, comme se comportent sur la scène les chanteurs qui jouent le rôle de furieux et de désespérés. Quant aux nouveaux inlroïls, graduels et offertoires ajoutés ou substitués auxanciens, avant été supprimés par la bulle de saint Pie V, ils n'avaient pas tMPsoin de correction. La suppression des répons cl des autres parties de Toffice dans le bréviaire deQuignonez n'avait point altéré les anciens -livres de chant, parce que, quelles que fus* sent les parties qu'il eût dû omettre, elles n'avaient pas été pour cela retranchées des livres dont il s agit. M faut y joinde d'autres chants en usa^e au temps de' Pierluigi , en partie introduits depuis peu dans rBglise, en partie tout à fait changés des anciennes mélodies, en partie non suffisamment déterminés et laissés à Tàrfoitraire des exécutants. Ainsi, par exemple, la passion de la semaine sainte se déclamait; mais les ' paroles prononcées par Jésus-Christ sur la croix selon le texte des évangélistes saint Matthieu et saint' Marc : £/i, Eii^ lamma sabacthani I hoc esij, l^eui meus , Deus meus , ut quid dereli'^ quisti me? sous prétexte que les évangélistes ci-dessus nommés avaient, dit que le Rédempteur s'était écrié à pleine voix, voce magnoij étaient exprimées par les mélodies les plus capricieuses et les plus aiguës. Les différents manuscrits duixiv' siècle déposés au Vatican^ offrent- ce chant en note, mais avec une mélodie vraiment insigniâante, et parmi eux on en trouve un où le seul premier mot Eli contient vingt notes et dix degrés d'intervalle ou d'étendue.

« Les évangiles des messes chantées avaient été accommodés à un chant qui rebute; il en existe un, entre autres, dans la bibliothèque du chftteau Saint- Ange, signé Q. i« 20, tout noté, et qui provoque, je ne saurais dire le rire ou l'indignation, a cause de l'impossibilité des mélodies.

a Les lamentations de l'office de la semaine sainte se chantaient dans un style figuré, ou se lisaient, et quelquefois même se modulaient è une seule voix et au hasard ; j*en ai vu quelques-unes dans les manuscrits de Vanicella en plaint-chant, mais* elles n'é' taient point généralement adoptées.

« Il n'y avait rien de fixe pour l'épltre de la messe et pour les leçons de loffiee; souvent,, dans les cadences, au lieu^d'un seul accent, pronun/tanrî stmi/tVi comme l'avaient ordonné les saints Pères et les anciens écrivains, on entendait une mélodie traînante et capricieuse, etc.

ff Les quarante taures ou notes anciennes avaient cessé tout à fait d*étre en usage...., parconséauent, Pexécution si fort prisée de 1 ancien chant grégorien, était perdue tout à fait, et même «n'a pu être encore retrouvée. Je ne dirai pas seulement que les anciens ornements déjli indiqués, mais encore le nombre rhythmique, c'est-à'^dire i'Amedu ciiaut, tomba dans un oubli compîel/J'ai 4it avec intention nombre , et non^ mètre^ ou rhythmey parce que le chant grégorien étant établi le plus ordinairement sur des i^aioU*

DiCnONNAtRE

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purement prosaïques, n'était point on chant a baiiulaf fixé inaltérablement et à retours égaux comme dans les vers, mais d'un vé» rilabld nombre ^ correspondant au nombre oratoire, c'est-à-dire plus libre, plus varié, plus multiple et en même temps très-fmi et toujours reconnaissable. On aurait pu le conserver au moins dans le chant des hymnes et des tropes, les mètres ou hymnes y correspondant. Mais il périt irréparablement dans ces pièces de chant, et s'il ressus-» cita, dans la renaissance de l'harmonie, il ne fut pas adopté, pour cela, dans TEglise; il demeura et il demeure encore, toujours, soit quant à la prose, soit quant aux vers, sans rhythme, sans nombre, sans mesure, 4enxa rythmo^ $enxa numéro^ $enxa misura.»

Baini, après avoir raconté les vains efforts de Palestrina pour corriger le Graduel romain, continue :

« Pour compléter cette matière, je veui: ajouter que le missel et le bréviaire romains «yant été de nouveau revus et corrigés par les saints Pères Clément VU! , en 1602 et 160i^, et par Urbain VIII, en 1631 et 1674^, et <}ue ces deux volumes ayant été comme ex-

iiurgés de nouvelles erreurs introduites par a négligence des imprimeurs , on mit encore au jour les nouveaux graduels et antiphoniers corrigés et amendés. »

Mais ceux qui avaient été chargés de les corriger l'avaient fait selon^leur caprice, soit par ignorance, soit par incurie.

« Ce qu'if y eut d'heureux, dit Baini, €*est qu'ils ne portèrent pas la main sur les antiennes, sur le chant de la psalmodie, sur les hymnes, les répons brefs, les versets, les invitatoires, les vtnite^ les séquences, et la plupart des introits, lesquels tous,i cause de leur brièveté originaire, furent conservés et se consc rvent encoreaùjourd'hui tels qu'ils étaient d^ns les temps les plus reculés. Quant aux répons, aux graduels, aux traits avec leurs versets respectifs, les offertoires et les communions, ils sont tous falsifiés. Dans

uelques éditions, la correction parait avoir

té faite d'après les livres originaux, et alors le mal a été moindre , ^uirce que là on a conservé la saveur et l'essence de l'antiquité. Parmi toutes les éditions de cette dernière catégorie, je prise celle qui fut exécutée en 161i par l'ordre de Paul Y, dans l'imprimerie des Médicis à Rome , en deux volumes, composés de feuilles très-grandes. Dans les autres diverses éditions de Venise, de Rome , de France , d'Espagne , etc. , les corrections me paraissent avoir été faites toutes arbitrairement; c'est à peine si l'on y aperçoit quelque reste de 1 antiquité, ou plutôt il n y en a point. Là c'est un squelette décharné, ici c'est un avorton monstrueux ; là c'est un habit composé de lambeaux différents, là c'est un chant sans chant, >c etc., etc.*

La critique sévère que fait ici notre historien des éditions de chant contemporaines de celle de Paul V, qui a toutes ses préfé-, renées, donne lieu à quelques importantes ol>servations : la première, c'est que toutes ces éditions furent Tœuvre du goût parti-

culier de gens livrés à eux-mêmes et travaillant sans mîssion.aucune do Tautorité. Il ne faut donc pas être étonné si celle de Paul Y, exécutée dans des conditions bien différentes , prima et prime encore toutes celles qui 'parurent alors en Italie et ailleurs. Ce qu'il y a de malheureux, et cela pour des causes dont l'exposé nous entraînerait trop loin, c'est que ces mauvaises éditions, objet de la sévère critique de l'abbé Baini, aient été préférées, dès le début, et le soient même encore aujourd'hui en ulusieurs lieux, et principalement en Italie, a celle de Paul V, devenue d'ailleurs si rare et si difficile è trouver. Quoi qu'il en soit, 11 importe de constater avec l'abbé Baini que cette dernière réunit toutes les conditions qu'il était permis de désirer dans les circonstances où elle fut donnée, et que depuis, elle n a point été signalée par d'autres, au moins en Italie. En second lieu, l'inconvénient des mauvaises éditions de chant qui pullulèrent dans cette contrée et ailleurs, a l'époque dont il s'agit, fut bien moindre, ou plutftt n'exista pas pour la France, grftce au zèle, à l'intelli-

f;ence et à l'unanimité de ses évèques dans a grande réforme du chant liturgique , telle que nous Talions raconter.

Dans le procès-verbal de rassemblée du clergé de France qui eut lieu en 1635 et 1636, nous lisons le rapport qui fut présenté à l'auguste assemblée le 27 juin 1636, par le sieur de la Meschinière, qui avait été commis par celle de 1625 pour avoir Tœil sur les impressions qui se lâisaient par l'aide et le secours du clergé. Il est dît, dans eo rapport, € qu'en Tan 1585, le clergé avait nrété, à la société des libraires de Paris, à,000 livres pour leur aider à imprimer les livres de chant d'église ; et ))lus loin, il est dit que le cardinal, duc de Richelieu, ayant été autorisé, par le roi, le 8 octobre 16âl, à faire choix de tels libraires et imprimeurs qu'il jugerait capables de l'impression des bréviaires réformés par notre saint Père le Pape, ledit cardinal, par acte du 26 septembre suivant, avait désigné à Sa Majesté les libraires et imprimeurs formant une société pour imprimer, privativement à tous autres, tous bréviaires, missels, diurnaux, et généralement tous usages servant pour le service divin, réformés et| corrigés de nouveau. : « En conséquence, et par lettres patentes du 9 décembre de ladite année, le roi accorde à ladite société le privilège d'imprimer ou de faire imprimer, durant trente ans, lesdits bréviaires, missels, et tous autres usages réformés, avec défense à tous autres libraires et imprimeurs d'en imprimer ou faire imprimer dans le royaume, ni d'en faire venir des pays étrangers d'autres impressions, à

Kine d'une confiscation d'iceux, et de 6,000 res d'amende Sur quoi il fut.remarqué

que ce privilège rendait les bréviaires et autres livres d'éçUse plus chers, et que c'était la cause qu'ils étaient plus mal imprimés qu'ils ne le seraient, si la liberté de les imprimer était laissée à chacun : et en effet* il y avait plusieurs imprimeurs et libraires

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qoi offraient d^en imprimer de plus beaux etk meilleur marcbé, si ce privilège était réroqaé.

ff ijfL compagnie ouït ensuite sur ces inconvénients allégués le sieur Vitray, Tun des nommés audit privilège, et huissier de rassemblée, lequel déclara que ses associés étaient prêts à se départir de TefTet dudit

iirivilége, moyennant le remboursement des rais par eux faits (311). 11 fut ordonné que ledit Vitray rapporterait ses offres par écrit, signées de Jui et de ses associés, pour être après délibéré. (Tout cela fut exécuté.) Ensuite Mgr Tarcbevèque de Toulouse et If^ révoque de Soissons furent priés de traiter avec quelques imprimeurs, et de faire entrer à ce traité, de préférence, le sieur Fitray, imprimeur du clergé, et le sieur Aabert.

c Les 5 et 22 février, ces deux prélats rendirenl compte à rassemblée du traité quMIs avaient passé, dans un rapport qui donnait Ja nomenclature détaillée, avec les prix res*

CMifs d*un grand nombre d'éditions, parmi squelies on remarque, pour ne parler ici que des livres de chant, lAnliphonnle mag^ «iim, in-folio, 2 vol. à 43 livres; le Graduait Romamum^ în-folio, à 22 livres 10 sous ; lUniiphanate parvum^ in-folio, à 8 livres 10 sous; Je Missale Romanum magnum^ in-folio, dans Jeqnei il y a, disent les rapporteurs, douze figures extraordinaires, à 12 livres; le Jlfts- MoU Maman%tm parvum, in-folio, avec les méoies figures, a 8 livres; le P$aUerium Ao- «MMium, in-folio, à 10 livres; le Rituale Ao- ■MMium, in-8% à 1 livre 8 sous; le Procession malt Romanum^ in-8*, à 2 livres. Vitray et Cramoisy devaient être les éditeurs de ces diverses publications. »

« Le 14 mars, Mgr rarchevéque de Toulouse remit le contrat passé par lui et les autres députés y nommés, avec les sieurs Cramoisy et Vitray, du prêt de 8,000 livres, moyennant lequel ils sont obligés d*imprimer les livres y désignés. Rassemblée, ayant oui la lecture d'irpiui, l'a agréé et ratifié, et «ojoîDt aux agents de tenir la main k son exécution (312). i*

Oq nous pardonnera la longueur de cet extrait, eu égard aux détails si importants el si peueoonus qu'il renferme. Ce curieux

document est un témoignage authentique de Tensemble et du soin extrême avec lesquels répiscopat français mena, à une époque aussi décisive, pour le chant liturgique, la question de Timpression des livres d'église remaniés dans le sens de la réforme du concile de Trente et des Papes subséquents. On voit avec quelle persévérante solhcltude il surveilla, perdes prélats choisis dans son propre sein, l'exécution de cette grande mesure jusque dans ses détails les plus minutieux. Les mêmes réflexions naissent de la lecture d'un autre document de ce genre que nous fournit l'ancienne calhèdrale de Saini-Paul-Trois-Chftteaux, aujourd'hui dans le diocèse do Valence.

Cette vénérable basilique possède encore

f plusieurs des livres de lutrin qni servaient à *usage de son antique Cha))itre, et parmi lesquels il en est un qui mérite de fixer Vattention : c'est un Psautier romain édité à Lyon en 1697 par une société de libraires réunis (313).

La partie intéressante de ce Psautier e$t une longue préface adressée par les éditeurs à tout I Ordre du clergé, universo ecclesias^ Hcorum Ordtnt, dans laquelle sont énumérés> successivement, et avec beaucoup de clarté^ 1* le VŒU du clergé de France pour lunitd liturgique; 2* les diflicultès que ce vœu a d*abord rencontrées; 3* la nomination qui ù été faite d'une commission pour les aplanir; 4* l'exécution de l'œuvre; 5" enfin, quelques^ modifications qui ont été apportées à 1 ancien chant romain, quant aux notes et syllabes et le maintien die quelques airs d'hymnes françaises. Ne pouvant donner in extenso ce document a cause de sa longueur^ je me contenterai d'en détacher les traits les plus saillants.

Les éditeurs commencent par signaler ayec quel zèle et quelle entente les prélats français, réunis l'année précédente a Paris avec les ecclésiastiaues les plus distingués du second ordre, s étaient occupés de l'unité liturgique pour tout le royaume, quant aux paroles et au chant dans l'office divin; et comment, en attendant que certaines difficultés, qui étaient survenues, fussent levées, ils avaient décrété (314) que tous les livres, qui sont d'un usage journalier et

(SU) Vitray disait qu'il n'y avait que trois villes s Fraoceoù Ton imprimait : Paris, Lyon el Rouen, dqiie rimprimerie était si tombée, qiril y avait dix ■aiires à Paris qui ne savaient pas lire. (Note ds

(5li) Collection des procès-verbaux des Assem-

' » générales du cierge de France, de 15^ à 1788, I. U. (Aimées 1635-36, pag. 830-34.)

DsM la longue citation que nous venons d>n exliaîre, nous avons reproduit presque lîuéralement la texte.

ÇSI3) PsûiUrium Amnoimm, saerosaneti eond/it, TriAniltivi dêcreio resiHutwn ex Breviario nuper te" siUmio a Cimente Vili et Vrbano VllI.Pontificibus Masêmis; in quo Htfmni^ Psalmu Invitatoria^ An^ i^imm; 0/kmm 4efunet4>rum^ et muUa a/ta pro ^etms festhis ne feriaUh^s neeessaria ditposita et neêmn intfenimnittr qmm kneUnns o mnltis desidera-

bantur. Accessit nomsime aecurata mendorum expurgatio quœ in prœcedentibus editionibus irrepse*^ tant. Quœ omnia recens ordinata sunt jussu SS» iV. P. Clementis J. Lugduni, sumptibus Sodetatis Bibiiopolarum. MbCXCVlI.

(3U) interea deeretum ut libri qui sunt in fnolfdiano usu apud clericos et in Ecctesiis ex ofiao de^ 6tio, recenseantur^ emendentur^ eoncinnentur, detdque qunm fieri maxime possit ad formam romani ma» ris aceedentes^ prœsertim vero libri chorales ad ymblicœ taudis sympkoniam compositi juxta Tridentini sunodi^ recentisque revisionis regulam restituti^ note chetaetere^ novtf notarum signis recudantur denue^ quo iis medHs fdeilior proniorque sit Ecclesiarum transitus {qutt proprios usus suos relinent) ad «osdem reeitandi^ tegendi et cantandi dinnum ofeium teges ; unde tandem uniformis eum uniterso orbis catkelicQ populo fi^f Gallorum omnium comen.us.

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DICTlOItl^AlRE

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obUçàtoire pour les clercs et dans les églrses, seraient revus, corrij^s, et disposés, autant que faire se pourrait, sAloh la forme de Rome, surtout en ce qxx\ concerne les livres choraux destinés au chant des louange^ divines, conformément au concile de Trente'; en sorte que de nouveaux caractères et de nouveaux signes de notation soient fondus et fabriqués incessamment pour restituer ^ Icsdits hvres de chants en conformité de la dernière règle de révision posée pat* TEgUse romaine, atm de rendre plus facile et plus rapide la transition des églises qui conservent leurs propres usages, à cette rèsle qu-i dirigera désormais la récitation, la lecture et le chant de Toffice divin, et qu'H y ait enfin, dans le royaume, un chant uniforme, et d*accord avec celui qui est pratiqué dans toute la catholicité.

Ce travail fut confié, par les prélats réunis en assemblée générale dans le palais du roi, à des syndics, qui, après s*ètre entourés des hommes les plus habiles en musique et en littérature, devaient, avec leur aide, rendre plus correcte, et enfin tout à fait complète, ToBuvre dont ils auraient été chargés (315). « Maintenant, continuent les éditeurs, il est facile de voir ce qui a été exécuté et oe qui reste encore à faire. Cette première partie est un spécimen non minime de ce qui viendra après. Le Psautier que nous publions actuellement, est le prélude du Graduel et de TAntiphonaire, qui suivront bientôt, et vous y trouverez, non en petit nombre, des choses excellentes, s'il vous platt de le lire et de le relire. » Viennenc ensuite, sur remploi de divers temps, de diverses notes et syllabes, et sur certains airs des hymnes françaises conservées, des détails qui terminent cette remarquable préfacé, et dont 1 énumération nous mènerait trop loin.

C*est ainsi qu'en 1696 comme en i63i6, et pendant tout le xvi* siècle, Tépiscopat français se préoccupait de ces deux grandes questions : « defunité du chant liturgique » et « de 51^ conformité aussi étroite que possible avec le chant romain réformé par Grégoire XIII et Paul V. » Qui ne voit qu'aujourd'hui comme à cette époque, et même plus encore (ju'à cette époque, ces deux grandes questions dominent la situation tout entière, en présence de ce mouvement admirable qui en^* traîne la France vers le rite de Rome, qui^ pendant des siècles, avait été le sien ? Qu'il sefAît beau de les voir résolument abordées par l'épiscopat du xix* siècle comme elles le. furent par celui du'xvii' 1.

(315) Neaotium generalibut rei eecle$ia$ttcœ et e/ericalii apua chriêtiàniisimum Begem in aulaquevroemrandœ tymiicis demandalum^ qui adhibiiis ad id nrnnus tneiiui eÉpUndum viri$ in arte mu9ica $imul et poHtiore Utteratura peritiêêimis opui^ ipêorum tiiduslria^ emendaliuê redderent^ dein maturarent.

Xtme iam auid prœstilum^ qmdque prmUmidum reUêti pàiêl. Par» nrima erit reHquorum êpecimen non ténue futur», VuxUetium t$t iibrig Aniiphona'^ rHêÇradualique max eonMCuturh prœwmm, lAi esfh tnii non pauca volve^ si ptacet, ei revolve^ rftfria.

Si le xTii* siècle nous offre dans son ensemble f316) un spectacle bien consolant auant à la question liturgique, c'est à cause e l'entente qui ne ces^a d exister pendant cette longue période entre les membres de l'épiscopat français, et en même temps, à cause du soin religieux qu'ils apportèrent à suivre dans leurs réformes les principes qui vivaient présidé à celle qui venait de s opérer dans le centre de la catholicité. Si, au contraire, le siècle qui est venu apfès nous présente, surtout pendant sa dernièt^e moitié, un spectacle bien différent, c'eist à cause de Tesprit individuel, appelé depuis partieukt'' risme, i^ui suggéra la composition de tant de bréviaireç et de missels locaux jusqu'au moment de la' révolution, et dont l'influence toujours croissante persévéra même après le concordat, à un tel point que, dans celte multitude de bréviaires diocésains qu'elle fit éclore durant le premier quart de ce siècle,* on finit par voir disparaître presque entièrement l'élément romain.

C'est à la fin du xth* qu'il faut remonter pour trouver le premier indice d^une telle déviation liturgique, dont les excès devaient à la longue provoquer une réaction en sens contraire, et c'est un archevêque de Vienne, monseigneur Henri de Villars, que nous voyons en donner le signal. Ecoutons ici dom Guéranger :

« Le bréviaire de cette époque, quiourrit la voie la plus large aux novateurs, fut celui que publia on 1676 Henri de Villars, archevêque c(e Vienne, peur l'usage de cette illustre Eglise. On né s*y borna plus à sub^stituer des homélies plus authentiques aux anciennes, à épurer quelques légendes locales ou autres : on commença à donner de nouvelles antiennes et denouveaux répons, que l'on substituait aux antiennes et aux répons de saint Grégoire, et l'on mit en avant, pour la rédaction de ces parties nouvelles, un principe em[H*unté de Técole janséniste, et dont 1 application a produitpresque à elle seule le bouleversement liturgique au milieu duquel nous vivons. Ce principe; dont nous avons préparé déjà l'histoire et dont nous discuterons ailleurs la valeur, e^ de n'employer que des passages de l'Ecriture sainte comme matériaux des pièces de la liturgie. Les corrections introduites dans le bréviaire de Vienne, au méfnis des anciens livres grégoriens, furent faites en vertu de ce principe, et ce bréviaire eut du moins la gloire d'ouvrir une* route qui fut grandement fréquentée depuis (317). »

Le bréviaire ue Henri de Villars n était en

(516) Je dis, dam son ensemble^ car Phistoire n« perioeiiraii pas de jeter un voile compuiisant sur Taflaire du PonlîÛcal, sur celle du Rituel d'Alelk el sur certaines autres particularités qui font ombre au tableau. ( Voir, pour tes détails historiques qui les concernent, le Hecueil de$ pro€è$'Verbaux des Aêumblàes générale$ du elérffé de France^ el le chapitre 17, tome II, des iiuiiiicttoiM liturgiquei^ d« bum Guéranger.) . (317) Initiîutioui litnrgkfUft. (Ckap. 11, pnf. IS,

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DXSTHETIQUE CRRETIRNI^

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effet qu'une timide ébauche auprès des licences de toute espèce que devaient prendre peu à peu les faiseurs de liturgies modernes. Il importe de ne |>oint confondre ce pr«)mier essai de réforme tenté par de Viliars avec celle beaucoup plus significative qui fut, cent ans plus tard, introduite par son dernier successeur» Jean Lefranc de Pompignan, dans la même province de Vienne (318).

C'est cette dernière gui va nous occuper, au moins pour !a question du chant (319).

Elle est exposée et exaltée en termes pompeux par le métropolitain lui-même, qui s'adresse à tout le clergé de la province, dans un préambule imprimé en tête du nouveau missel, et qui porte la date de 1782. On touchait à une révolution d'un autre genre, qui allait, en le dépopularisant, emporter le prélat et son siège, et fournir un nouveau sujet de triomphe à celui de Rome, dont Je nom n'est pas une fois prononcé dans le préambule oe monseigneur Lefranc de Pompignan. Mais par contre, on s'y applaudit, comme d'une espèce de miracle, d'avoir ptx introduire dans une province ecclésiastique cette unité liturgique si désirable pour runiven catholique , et qu'on ose à peine espérer (320). Mous nous dispensons de tout commentaire sur ces étranges assertions et sur tout l'ensemble de ce document, qui prête à de bien tristes réflexions! Puisque le chant seul doit nous occuper ici, je ferai remarquer d'abord aue celui de, Vienne diffère totalement de celui de Paris, bien qu'il y ait une parfaite similitude, quant au texte, entre les deux bréviaires, a part les additions qui furent faites anrès coup à celui de Paris, et dans le diocèse de Valence à celui de Vienne. La raison de cette différence, c*est que, au lieu d'adopter purement et simplement le chant parisien de Lebœuf, comme l'avaient déjà lait plusieurs métropoles, en se mettant, pour le texte, à l'unisson de Paris, la commission de Vienne (321) préféra donner du sien, ou pour mieux dire, composer un amaU

(31S) Elle formait cinq diocèses, non compris celui de Vienne, savoir : Grenoble, Valence, Die, Viviers et Genève.

(519) Si nous donnons ici une disçjsrtation sur le chant Viennois, c'est pour montrer par ce spécimeii de ce qui eut lieu en d'autres provinces, à la méiiie époque, Pim puissance et la stérilité de tout ce qui se fait à {'encontre de Rome, aussi bien dans la liturgie que dans la discipline et dans la foi. Ah mo d\$ce Qmne$,

(320) QtLod optandum quidem,^ i^ix tamen eperan^ dum, êcUicet ut apud omnes Ecclf^iq$ quœ caiholicm mmtatiê mncuU> copulantur, divina Uiurgia nt<(/am, neui in fide ac regulii morum^ ila in rerum deleciu B€ série, verborumque tenor$^ discrepantiam adn^iftuUt id 9obist dileetisùmi fratnt, inîra provineiœ Vimufomê ftnn, quousque eot (CmUin eompteelitur «nnuilMiiitcf, imo et exhib0mm.

Ne dirait-on pas, en entendant ces paroles, qu*il a*y avait ^aoa r£giîse uniiemellê ni bréviaire, ni nisaeL ni ritqel commune^ lorsque par unprivitêae moat, oo a vu runité liturgique s'établir dans la pnmaceét Vienne? Et c'était au moment niéme où )*OB désertaîl fanité liturgique unitenette de VEf*

DlCTIAWïl, n'ESTHÀTIQVE.

((ame de plain-chant romain et d'^itrea mé* odies puisées à diverses sources, d*où il ré^sulta une sorte d'imbrogiio qu'on ne saurait appeler un corps de chant propremenl dit. Au moins le plain-chant de Pans, quelque défectueux qu*il soit, formant un lou; homogène et ayant nom d*auteur, présente un incontestable caractère d'originalité. On ne peut pas même dire cela du plain-eham viennois, composé de pièces et de morceaux recueillis çà et là, et trop souvent empruntés à des sources étranges. Deux éléments principaux et singulièrement disparates y dominent : rélément romain et l'élément pri* vé, qui comporte plusieurs subdivisions, Nous allons voir dans quelle proportion ce^ deux éléments ont été employés dans le rite qui nous occupe.

C'est dans les messes De temporel dan.a leurs introïte^ graduels^ offertoires et com^ munionSf qu'apparaît le plus souvent l'élé^ ment romain, note pour note, lorsque les deux rites offrent une identité de paroles dans ces diverses pièces. Mais il p'en est

{)as tout à fait de môme dans les cas assez réquents où le texte viennois est plus long que le texte romain, si même il n'en diffère entièrement (322). On comprend que l'éditeur a dû alors, selon l'occurrence, ou pri^* longer lui-même la mélodie, ou en trouve? une nouvelle; et en observant de pfèa to marche qu'il a suivie, on voit que pouf ces espèces de soudures il a priiS £à et 1^ des lambeaux de mélodies romaines daps lei an* ciens livres de chant qu'il avait $ç\is les yeux, comme il leur a emprunté jije^canfcilènes entières, pour les adapter, par .exemple, à des offertoires dont le ieji& n'avait rien do commun avec leurs a^^Jogues dans le romain. C'est ce qui résulte ^ mes yeux de Texamen comparatif que j'ai fait minutieusement du graduel romain et du graduel viennois. On sait combien une telle opération est longue, aride et fatigaijte |)ar sa monotonie. Elle est néanmoins indispensable pour quiconque veut se reudre et rendra

glise Romaine, qu'on tenait un tel langage

(321) On a découvert postérieurement que le corps de cbant Viennois d^nt il s'agit dans celte dissertation avait été emprijnié à Toulouse. Ceci ne Tait absolument rien à l'affaire. Nous jugeons celte œuvre telle qu'elle existe. Peu importe qu'elle vienne de Toulouse ou de Narbonne ; c'est toujours une de ces malheureuses tentatives de la nn du XVI 11* siècle, qu'on peut juger à leurs fruîts, n'im- |K>rte Leur provenance locale, qui ne saurait îiifir« mer le jugement vrai ou laux qu'on porta sur elle.

(522) C'est une chose remarquable que <^ie len-*. gueur en plus ivL texte Viennois comparé au. teixte romain y corref&pondaat, .dao^ les principaux morceaux dont se composent les messes De tfippore^ Ce surplus de longueur provient, en grande jp^rUe, de fa diflërenee des versions qu'ont emplo^fees fi^s deux riias, le Aoniaiii ayant suivi eii*beavcoup de cas f/ca* lique^ et le Viennois la Vuigaîà. Ceci, du re^te, n>sl pas le seul c6té par où le rite ^viennois est plus kwa

Sue celui de Rome. 11 en est idiisleors cotres, â 'une. majeure importance, par où l'on volt clairement «ve l'ensemble du riie romain est plus court que celui du rite Yicnnoia.

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compte atit autres <1^ rétàt de la question.

L*éditeur du chant Tiennois a de plus, retenu du romain le fond de tout le cbant des impropères du vendredi saint, qu'il a modidifié, ou par caprice, ou parce que l'excédant en longueur du texte l'y a obligé. Mais cette moditication et phisiéurs autres du même genre qu'on remarque dans son travail ont-elles toujours été heureuse^? 11 est permis d'en douter. On peut faire la même observation pour le chant de Voffice des morts, tant de la messe que des vêpres, matines et laudès^ dont le fond est tout romain (323). L'invîtatoire des matines est le même. Le Libéra ik'e Domine est imité du répons du troisième nocturne romain gu'on a tronqué. Pourquoi avoir omis l'admirable Subvenile^ Sancli Dei, occurrile^ angeli Dominiy aussi remarquable par le chant que par les paroles, de même que, pour les obsèques, 1 antienne In paradisum deducant /e, et plusieurs antres pièces qui certes valent bien ^'.elles qu'on leur a substituées on ne sait pour quel motif.

Telle est la part qui a été faite h l'élément •romain dans le graduel viennois, et même cette part est-elle tronquée, défectueuse et incomplète. Elle resi bien plus encore dans He vespéral, dont nous allons donner une .rapide analyse. Ici l'élément privé a obtenu ^ia part la plus large. On en jugera.

D*abord, en ce qui concerne les antiennes, «xcepté celles des vêpres du dimanche^ il en est très-peu des vêpres de Tavent, du carême, des fêtes, ainsi que des Magnificat^ des matines et des laudes, qui ressembleni à celles du vespéral romain. Il en est de même des répons des matines et de certains offices particuliers. Toutefois, il reste encore au Viennois un certain nombre d'h vmnes, d'antiennes propres et d'autres pièces ^u'Il a conservées intactes du Romain. Mais il en est aussi, dans une égale proportion^ gu'il a plus ou moins, en les conservant, gravement altérées. Nous allons donner des unes^et des -autres une nomenclature abrégée, qui suffira néanmoins pour faire ressortir leurs diSérences comme leurs ra^vports.

Commençons par l'avent, gui ouvre le cjcle de l'année liturgique. Les belles antiennes 0, de ce temps, reproduisent exactement le chant romain, sauf quelques modifications nécessitées par l'excédant en longueur du texte viennois, surtout à celle 0 rex gentium. Il y en a neuf dans le viennois, et sept seulement dans le romain. Même chant pour l'hymne Statutn décréta Dei^ que pour celle Conditor aime eiderum. Le chant de rhjrmne des matines de Noël et deThymoe qui vient après, est le même dans les deux rites. Celui des trois antiennes du deuxième nocturne n'est que la parodie du

*i[3S5) La YiennoU a encore reteott du Momain les quaire plus belles proses de Tannée : celles de P&<

Sues, de la Pentecôie, de la Fête-Dieu, et celle des loris. Quant à ses Kyrie^ Gioria, Crtdo^ Sanctn* et Àgnut Dei, des divers temps de^oleoniiéde raniiée liturgique, on les retrouve, note pour note dans les

romain. Celte particularité revient dans plusieurs autres pièces du vespéral et du graduel Viennois. Aux secondes vêpres de la fête, le texte des antiennes est le.même, et le chant tout différent. L'hymne Jesu Jtedemptor omnium offre une mélodie sembla* ble a celle : Christe Redemptor omnium, de Rome. Même remarque pour le chant de Tbymne de la fête de Saint Etienne, Miris probat sese modis , pour celui de 5a/vête flores murtyrum^ des SS. Innocents, et du Ftc^t^ sibi cognomina, de la Circoncision. Tous ces chants sont les mêmes que ceux des hymnes correspondantes de Rome, mais sur des paroles qui n'ont rien de commun avec celles du rite romain.

Aux premières vêpres de l'Epiphanie , YhymneQuœ Stella soie pulchrior ^ est la reproduction exacte de la mélodie romaine Hostis Herodes impie. 11 en est de mémo pour l'hymne Clamantis ecce ^ox scnans^ des premières vêpres du iour de l'oclave de l'Epipbanie, et de celle kmergit undis^ des secondes vêpres du jour.

Quant au temps du Carême, les mélodies Atidi bénigne Conditor et Vexilla régis pro^ deunt sont identiques. 11 n'en est point ainsi pour l'office des ténèbres, où presque tout a été remanié, chant et naroles. Le magnifia

?ue invitatoiro (5* mode) des matines de âques, est tiré de l'un des huit correspondant aux huit modes, du rite romain. Pour les dimanches après PAques, tout a été égale* ment changé, on à peu près. Seulement nous demanderons si le chant romain de l'hymne Ad cœnam Agni providi^ ou Ad regias Agni dapesy de ce temps, ne vaut pas un peu mieux, au simple point de vue des convenances liturgiques, que celui du Forti /egente frrorAio, emprunté, hélas! comme plusieurs autres du rite viennois, à la partition de quelque opéra comique du xviii* siè* de. (32^-25)

A la fête de l'Ascension, léchant de l'hymne Opus peregisH tuum^ a été pris, note pour note, dans l'hymne romaine correspondante* Jesunostra redemptio. A celle de la Pentecôte, le Vend supeme Spiritus des premières vêpres, offre la même mélodie que celle, romaine, del'Ascension ; et l'hymne de laudes, Audimur aime Spiritus^ offre également la même que sa correspondante romaine, JBeala nobii gaudia. Dans le romain, les secondes vêpres de ce jouri)nt pour hymne le Yeni créa» tor Spiritui, un des chefs-d'œuvre du chani iiturgique.il aété retranché dans le ViennoiSt et remplacé par l'hymne ronflante, Quo vos magistrt^ons demanderons encore pourquoi ce retranchement, et si la mélodie aussi no* ble que pieuse du Veni Creator n'eût pas été ici mieux à sa place que celle, tempo di marciay qu'on lui a substituée. La brusque apostrophe par laquelle débute ce Quo

éditions usuelles du plain-cbant roniain avigiKH nais.

(524-25) Cette particularité en ce qui concerne le Eorti tegente^ ufa éié racontée par un ecclésiatti* ({ue de Paris, qui m'assurait avoir vu lulnnéine sur une partition d'opéra comique, l'air dont il s^agii.

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