SOC
Biesttréinenl. El puis, des lambeaux épars de plain-cbant, qui se'résumenten auelques proses, en quelques répons, pris ae droite et de gauche, en des hymnes musicalisées, en desantiennes substituées on ne sait pourquoi aux antiennes grégoriennes qui les ▼aient bien, le tout, confondu avec des introîts, des graduels, des offertoires romains plus ou moins tronc^ués ; un tel assemblage Ibrmé de tant de pièces disparates réunies sans harmonie, sans liaison naturelle, peulîi être, sinon par un abus de mots, appelé un corps de chant? Evidemment non. Quiconque aura fait sur les graduel et vespéral ▼iennois un travail sérieux de dissection et d'analyse comparée, tel que nous n'avons pu en donner ici, faute aespace suffisant, qu*une analyse sommaire, aboutira forcément à cette conclusion, qu*il n'existe pas de diant Viennois proprement dit.
Je ne saurais résister au désir que j'éprouve de terminer ce deuxième article 5ur le chant liturqiqne par quelques nouvelles citations tirées de la savante et judicieuse introduction au Traité théorique et frutique du plain-ehant. Nos lecteurs y apprendront des détails fort intéressants et très*peu connus sur le chant des liturgies modernes, et ils y trouveront la confirmation de la plupart de mes idées, touchant les défouts qui le déparent, ainsi que sur les causes oui les ont produits, et sur les moyens qu il faudrait prendre pour les éviter désornaais, ensuivant la même marche qu'adoptèrent tesTéritablesréforma'teurs du xvu' siècle, comme le reconnaît formelle* ment l'auteur de l'introduction et du traité qui vient après.
c De toutes les Eglises qui ont donné des bréviaires nouveaux^, les unes, à la vérité, se sont pressées davantage d'en faire composer les chants, et les autres moins ; mais chacune d'elles aspirait à voir flnir cet ou- Trage, à quelque prix que ce fût, et cherchait de toutes parts les moyens de satisfaire l'empressement qu'elle avait de faire usage des nouveaux bréviaires. De là cette foule de
Sans qui se sont offerts pour la composition a chant. Tout le monae a entrepris d'en composer et s'en est cru capable. On a vu jos(|u'à des maîtres d*école qui n'ont pas craint d'entrer en lice. Parce que leur profession les entretient dans les exercices du chant, et qu'en effet ils savent ordinairement mieux chanter que les autres, ils se sont mêlés aussi de composer.
c On a donc choisi, pour composer les dumts nouveaux, ceux que l'on a crus les plus habiles, et l'on s'est reposé entièrement sut eux de l'exécution de ce grand ou- Trage. Une entreprise de si longue haleine demandait un temps qui lui fût proportioné, et on les pressait. Pour répondre à Tem- ^ pressement de c^ux qui les avaient choisis, * ils ont hâté leurs travaux. Leur pièces, à peine sorties de leurs mains, ont été presqoe aussitôt chantées que composées. Tout a été reçu sans examen, ou après un examen très -superficiel ,. et ce n'a été qu'après
Timpression, sans en avoir fait Fessai, et qu'après les avoir autorisées par un usage public, qu'on s'est aperçu de leurs défauts, mais trop tard, et lorsqu'il n'était plus temps d'y remédier.
V On vit alors avec regret, ou qu'on s'était trompé dans le choix des compositeurs de chant, ou qu'on les avait trop pressés. On ne put se dissimuler les défauts sans nombre, et souvent grossiers , d'ouvrages qui naturellement devaient plaire par Tagrément de leur nouveauté, et qui n'avaient pas même ce médiocre avantage.
(( Qui pourrait tenir en effet contre des fautes aussi lourdes et aussi révoltantes que celles dont ils sont remplis pour la plupart? Je veux dire des fautes de ouantité surtout dans le chant des hymnes ;aes phrases con« fondues par la teneur et la liaison du chant, qui auraient dû être distinguées, et qui le sont par le chant naturel du texte ; d'autres mal à propos coupées ; d'autres aussi mal & propos suspendues; des chants absolument contraires à l'esprit des paroles : graves oil les (laroles demandaient une mélodie légère; élevés où il aurait fallu descendre ; et tant d'autres irréguirrités presque toutes causées par le défaut d'attention au texte.
« Que dire encore des expressions outrées ou négligées, des tons forcés, du peu de discernement dans le choix des modes, sans égard h la lettre; de l'affectation puérile de les arranger par nombres suivis, en mettant du premier mode la première antienne et le premier répons d'un office, la seconde antienne et le second répons du second mode, comme si tout mode était propre à toutes paroles et à tout sentiment? Quand cela se trouve sans nuire à l'exigence du texte, à la bonne heure 1 Affectation encore aussi déplacée dans ceux qui se sont aheurtés h conserver les mêmes chants dans les mêmes places sans avoir pris garde si les anciens convenaient aux nouveaux textes, si les mêmes liaisons, la même ponctuation, ie& mêmes repos, la même énergie et la même^ tournure de Tancienne pièce pouvaient s'ajuster sur la nouvelle.
« Tout cela nous fait voir que de tant de compositeurs de chant qui y ont travaillé» les uns n'en savaient pas même les premières règles, et que les autres ne les possédaient pas encore assez, bien loin d'en connaître la perfection. Je ne parle pas de ceux que leur Ignorance de la langue latine rendait absolument incapables de composer: ils auraient dû ne Jamais y penser; ni de ces misérables plagiaires qui n ont eu d'autre talent que de piller indifféremment de toutes parts pour agencer à leurs pièces et pour y coudre à tort et à travers tout ce qui leur est tombé sous la main : de tels auteurs n'en méritent pas le nom. p
Plus loin, après avoir rappelé la pensée de saint Augustin, que le chant doit être comme l'âme du texte sacré, et que ce n'est qu'à cette condition qu'il en approuve l'usage, «afin, dit-il, d'inspirer parles oreiller des mouyements de piété aux flmes plus»
GRE
MCTION^URE