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apprirent anx Français i*art d'accompagoer, d organiser le plain-chant : SimilUer erudierufU ronumi cantores supradictoM eanto^ re$ From^orum m parts oaoAirAiiDi (361) -^ A partir de cette initiation, on TOit surgir une foule de monuments qui prouvent Tein-p ploi du plain-chant harmonisé dans les cérémonies liturgiques.

« EA tète de ces monuments, il faut citer Yorganisirum , instrument singulier qui •était monté de trois cordes, et qui, pour la forme, ressemblait à notre vieJie , dont il «st Torigine. Gerbert en a donné le dessin dans le deuxième volume de son livre De eântu ei miisiea sacra (362), d'après un manuscrit fort ancien contenant Topuscule d*un Rdmmé Odon sur la manière de construire Vorganiêirum (363). Uue manivelle faisait tourner une roue sur laquelle reijosaient les trois cordes de l'instrument et les mettait en vibration. Le manche était armé de clefs correspondant è autant de petits chevalets qui se relevaient par la pres«sion des clefs, portaient les cordes en manière de sillets et s'abaissaient aussitôt que la pression n'existait plus. Le manche à vide était signé C; chacune des clefs avait sa lettre particulière, selon son rang D, £,F, G, b, 6, a, c.

« M. d'Ortigue n*a rien dit do Vorganis'tram dans son Dictionnaire de plain-chant; il s'est contenié de nous apprendre, d'après l'autorité de Ducange, qu au moyen Âge le mot organistrum signiGait aussi le Heu de l'église où sont placées les orgues (364-). Gerbert n'a point tiré de conclusion scientili(}ue de ces précieux rensei^Kiements sur l'instrument que je viens de décrire; mais M. de Coussemaker, dans son Essai sur les imlruments de musique au moyen dge (365) , et plus tard dans sojfi Histoire de l'harmonie h la même époque, a fort bien démontré que la forme de Vorganistrum et la disposition de ses cordes impliquaient l'emploi des sons aimultanéSi — « et comme il n est pas admissible, selon lui, que les cordes (de cet instrument) aient été accordées à l'unisson , il faut en conclure que l'accord était combiné de manière à faciliter les assemblages de sons alors usités.... Son nom, composé û'organum et de wtrumentumy en est luimême une preuve manifeste; car Vorg/n-num était précisément W nom des accord3 formés de réunions d'octaves , de quiute/^ ou de quartes, ce qui indique parfaitement sa destination (366). »

c On dira |)eut-être que Vorganistrum n*a pas été généralement employé, au moyeu

(361) Cbronique du moine d'Angonléme.

mi) Planche xxtn, iig. 16.

(5ti5) Idem, y p. 155.

(365i Annales ardiéi^hgimtes de Bidroii, v»l. lil. Vil, VIII. ^"^

(566) Histoire de ^harmonie au moifen ége^ p. 6 7. Voy. aussi )t HUmoke sur iiucMd.tUi laèin* autour, ^ \0 iiflii9ç/]iie M. Bottée de T. uiui4)ji a publiée sur les insiruincnis «le niusi(|ue <*n usage au uioyen ù^e^ dans VAnnuaire Hi$tcrii;uê de la Svâéié

Age, pour raooompagnement des mélodies liturgiques ; mais cette objection n'en est pas une : la forme de Tinstrument, son volume portatif, sa fabrication peu coûteuse, la facilité avec laquelle on pouvait en obte* nir les accords nécessaires et adoptés alors» tout semble, au contraire, prouver que Vor^

{janistrumei été fort en voçue pendant toute a période de Yorganisalton du chant par symphonies de quartes ou quintes et d'octaves» c est-à*dire depuis les temps les plus anciens jusqu'au x* siècle environ. D'ailleurs, l'histoire nous fournit un nombre si considérable de monuments en faveur de l'harmonie appliquée aux chants de l'Eglise, qu'il est inutile d'insister sur le rôle plus ou moins important de l'or^anù/rum. Hucbald nous a laissé un long traité de musique, dont les deux

[crémières parties ont uniquement pour but *art de la diaphonie^ c'est-à-dire de l'harmonisation du plain-chant par symphonies entremêlées de diaphonies ou dissonnances (367). Gui d'Arezzo a consacré deux chapitres de son précieux Micrologue (le 18* et le 19*) à l'exposition des règles du même art (368). Le 23* chapitre du traité de plaiocbant de Jean Cotton, écrivain du xi* siècle, a pour titre iDelHaphonia^ id est organo (369). Si Jean Cotloc aborde ce sujet, c est, dit-il,

f)Our satisfaire h l'avidité de ses lecteurs lectoris avidati). Gui, atbédeChâlis en Bourgogne, au xiu* siècle, est l'auteur d'ua traité de plain-chant eid'organum^ qui existe eu manuscrit à la bibliothèque de Sainte** Geneviève de Paris (370); k. de Coussemaker a publié le traité d'organum de ce relig[ieux, avec plusieurs autres non moins importants, dans son Histoire de r harmonie au moyen dge (371). Le XXX* chapitre de Touvrage d'Ëlie de Salomon parle de la manière de chanter à quatre parties : Rubrica de notitia cantandi in quataor-voces^ etc. (372). £lie de Salomon t écrit sou livre de plain-chant en 1274, et l'a dédié au Pape Grégoire X. Le Lucidarium musicœ planœ de Marchetto de Padoue, recueil de traités terminés aussi en 1274), contient des passages harmoniques en usage alors depuis longtemps, mais si curieux qu'ils ont fait dire à M. Fétis, à une époque oit les antiquités de la musique européenne étaient encore fort obscures : — « Quelques exemples cités par Marchetto sont nonseulement en avant de son siècle, mais ne semblent pas être analogues à la tonalité qui a été en usage juqu'au commencement du xvii* $iècle (373), <t Mais à quoi bon prolonger davantage des

de illusoire de Frmce^ 1839.

(507) flttcbfitdi musica enchiriadis, apud Gerbeni Scriptores, loin. I, p. 152 et 8uivanl($s.

(^iio) Apud Gerbeni Script., toiu. II, p. ^-Si.

(51>U) Idem, p. 265.

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