II
u57l) P.!ic4 258. .
\^ii) Apnd GeriKsrti Scn'pL, tom. 111, p 57-61»
(373) mémoire «ur ceiisiiuesliaH : t QmU ont été Us mérites des Pléeri.ndais dans la musi^me^ princh ffglemeHt aiux ii\*, x\" et lyi* sièelis^ » «.t» AuikUr:
VSk
HAR
DESTHETIQUE CHRETIENNE.
HAR
ciUlions qui deviennent ne plus ert plus nombreuses , à inesure que Tbisloire approche des temps actuels? II doit être maintenant avéré pour tout le monde ^ qxx'histori* quement le contrepoint ou l'harmonie est compatible avec le chant liturgique. Depuis saint Grégoire jusqu'à nos jours , les artistes ont toujours harmonisé ce chant; pourquoi donc ne le ferait-on plus? pourquoi raviraiton au plain-chant cette guirlande de fleurs que le contrepoint lui donne , suivant une poétique expression de Réginon de Prum , ^ qui répand sur ses mélodies un parfum si suflTe et si doux (374) ?
c Ce qui a trompé les musiciens philosophes, c est que» pour eux, le plain-chant est un reste précieux , quoique défiguré de la musique des anciens Grecs. Du moins , J.-J. Rousseau Faffirme-t-il (375), et, avec loi, tous ceux qui ont écrit sur le même sujet. Or, Yoici le raisonnement que l'on bAtit sur cette donnée. — La musique des anciens Grées n'était pas harmonique ; or le plainchani viesU de cette musique; donc il est incompatible a»ec le contrepoint ou l'harmonie.
«Oui, sans doute, le plain-chant est un produit de Tartgrec, mais à une seule condi* tioo : c'est que Tart grec a été son point de départ, et pas autre chose. £n passant par la civilisation romaine, cet art s'est d'abord singulièrement modifié; et lorsque l'Église d'Occident Ta recueilli comme un héritage, lorsqu'elle s'en est servi en le simplifiant , pour dire l'expression musicale de son culte, on a YU surgir aussitôt des tendances artistiques nouvelles en rapport avec les propres tendances de l'Église. Tous les musicistes du moyen fige invoquent les traditions grecques; cependant ces traditions se transforment peu à peu et créent un art nouveau qui, en apparence^ s'appuie toujours sur l'art antique et semble en être l'expression la plus fidèle. Ainsi, les modes ne sont plus, ae part et d'autre, identiquement et rigou* reusement les mêmes ; les genres conservent leurs noms primitifs et Jusqu'à leur définition grecque, mais ils forment des genres distincts dans leur application; la classification des intervalles harmoniques subit ellemême des changements profonds ; tout , en un mot, reste grec dans la forme, tandis que tout devient occidental et chrétien dans
dam, J. MuUer, 18^, in 4% p. 8. — Dans sa Biogr^iue universelle des musiciens (art. Marchetlo, t. Vf, p. 26^), M. Fétis répète la môme opinion, mais en des termes plus inadmissibles encore, car Marchelto n*a pas eu de hardiesses prodigieuses en fait d^harmonie : il n'a fait qu'exposer la doctrine reçoe et suivie depuis longtemps. €'est cette doctrine qu'il faut consulter, si Ton veut bien traduire les compositions musicales du moyeu âge à piu« iîeors parties. On sait qii» les anciens étaient fort sobres iTaeddents musicaux : ils supposaient ces ac* cideDls ; quant à les écrire, c'est à quoi ils ne songeaient guère, parce que les règles leur suffittient.
(374) [Toni vel modi\ putchra varietate hûrmonicœ sdedalioms ex gravitu* aeutisque sonis mixti^ quasi fàhtsdam /toritus respersi blandam atque conpenien*
DtCTlOSS. n'ËSTQ&TlQUS.
le fond : le moyen âge ne respecte , en fiiit de musique, que ce qui est essentiellement immuable. Ajoutons tout de suite que, sous le rapport de Tharmonisation du cnant, les médiévistes eurent des modèles, dans la Grèce antique, modèles qu'ils connaissaient beaucoup mieux que nous. On a longtemps nié remploi de l'harmonie proprement dite . chez les anciens Hellènes; aujourd'hui, les archéologues sont forcés de reconnaître que cet emploi est un fait réel, irréfragable. Les textes originaux qui l'attestent sont obscurs, il est vrai, et c'est précisément cette circonstance qui a fait naître et qui a prolongé la discussion. On en serait même encore à discourir sur ce point, si M. Vincent, de. l'institut, n'avait traduit dernièrement, avec le plus çrand bonheur (376) , la musique de la première Pythique de Pindare, découverte par le P. Kircher dans un couvent de la Sicile (377). La science a vu avec le plus grand étonnement que cette Pylbique onrait un magnifique chœur à deux roii réelles , entremêlé de quelques consonnances d'oc* taves qui devaient produire un effet prodigieux. Quelques éruditsont voulu nier l'authenticité du monument trouvé par Kircher. Un archéologue éminent a même dit , à ce sujet, dans une séance solennelle de l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, le 3 mars 1848 : — « M. Boëckh a fort bien démontré que le chant de l'ode de Pindare n'appartient pas à l'époque oii vivait ce poète, mais è des.temps plus rapprochés de nous (378). » Étrange méprise I L'autorité du nom le plus illustre de l'Allemagne actuelle est une ressource qui manque complètement aux partisans die la non-existence de l'emploi de l'harmonie chez les Grecs. Burettus^ dit M. Boëckh en parlant de la musique de l'ode de Pindare, Burettus ostendit non fictam rem vider i (379). — JlftAt certum est^ dit-il encore, ipsius Pifidari hanc esse melodiam (380). — Omnium Grœcarum (melodiarum) optima est (381). — Enfin, il aifirme que cette mélodie offre à ses yeux un caractère si incontestable d'antiquité, qu'elle ne peut être que de Pindare : Adeo vetustUt ut Pindarica non esse non possit (383). D'ailleurs, H. Boëckh eût-il dit l'opposé de ce qu'il dit» il suffirait d'ouvrir le premier volume de la Biographie universelle des musiciens par
tem reddunl melodiœ suaritatem, {De harmonica tristituUonCy apud Gerbcrti Scriplores^ tom. 1, p. 252, 2« col.)
(575) Dictionnaire de musique^ article Plain-chaiit.
(576) Notices et extraits de la Bibliothèque du toi^ etc., tom. XVI, pan. u\ in-4% MDCCCXLVU, pp. 155-159. ^ €f. Analyu du traiU de métrique et de rhythmique de saint Augustin^ du même auieyCf tirage à pari, pp. 25-24.
(577) Musurgia^ lih. vu, tom. 1, p. 541.
(578) Bulletin de t" Académie rouale des Sciences^ des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique^ tom. IV,' part. r% 1848, p. 250.
(579) De metris Pindari^ lib. ui, p. 266.
(580) Ibidem, lib. lU, p. 267.
(581) Ibidem, p. 268.
(592) Ibidem, p. 269.