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mais Aussi plus d*onctiot1 et de douceur. Cette différence provient également dés dominantes respectives de ces deux modes, dont Tune, celle du cinquième, est d une quinte pleine, et par conséquent, plus sonore que celle du sixième, qui n est que d'une tierce au-dessus de sa finale.
D*après ces diverses considérations, Tépithète devotuê me parait assez bien convenir h ce sixième mode, ainsi qu'on peut le Voir par Texamen de nombre de pièces de chant qui lui appartiennent. Je citerait entre autres, VAve Regina rcefofum, dont le débuts soit dit en passant, a été défiguré dans plusieurs éditions par un mi bémolisé on ne sait pourquoi ni comment ; puis les lamen* tationsy de Nivers, simple récitatif dans le genre de la Préface, pariaitement adapté aux paroles, et bien supérieur à toutes ces misé^ râbles fioritures^ d un ^oût détestable» dont maints auteurs de plain-chant musical ont orné les accents pathétiques du prophète lérémie ; enfin le chant si noble et si dévotieux à la fois d'un Tantum ergo propre à certains diocèses du Midi, oui suivent le rite romain, dont Teffet est prodigieux lorsqu'on Ventend exécuté par des masses vocales accompagnées de la grande, de Tineffable har-» monie de l'orgue.
Le septième mode» solj la^ «t. Ht. ré^ mi^ fa^ soif le plus haut de tous ceux qui ont été maintenus, est appelé angéliaue. Est-ce en considération de cette épithète, d'ailleurs un peu vague, que la liturgie romaine le met dans la bouche des deux envoyés célestes, à l'introït Viri Galilœij du jour de l'Ascension? Quoi qu'il en soit, ce mode est vraiment angélique dans le LaudaSion^ dont le texte fut composé par le grand saint que f Eglise elle-^mème appelle docteur angélique (447). Voilà encore un rapprochement Îui n'est peut-être pas tout à fait imaginaire, «os pièces de chant du septième mode se distinguent généralement^ comme le chant du Lauda Sion^ lui-^même, par une mélodie, vive, éclatante, sonore et très-variée dans ses mouvements. Ce mode s'adapte également bien aux paroles liturgiquei qui demandent une expression naïve, tendre ou mjstique. Nous citerons, dans ce dernier
!]enre, les belles antiennes romaines de la été de sainte Agnès, presque toutes du septième mode ; les trois premières des vêpres de sainte Lucie, ainsi que l'antienne du Ma-^ gnificat des secondes vêpres ; mais surtout les trois suivantes des vêpres de saint Martin : IHxerunt discipuli^ etc. N'oublions pas non plus la belle antienne pour les obsèques : In paradisum deducantte^ qui résume en quelques lignes les caractères si variés du septième mode. Toutes ces antiennes romaines sont délicieuses de mélodie et d'expression.
Le huitième mode, ainsi disposé, r^, fnt,
fà, iot^ lùj $U utj r/, semble de prime abord identique au premier. Il y a cependant eatre ces deux modes une sensible différence, à cause de leurs dominantes et de leurs finales respectives. En effet, dans le premier, la dominante est la, et la finale r^, tandis que dans le huitième, la dominante est nt, et la finale soL 11 est facile de voircomment cette différence de finales et de dominantes, dans les deux tons, influe sur le caractère respectif des mélodies qui en dérivent. Aussi, tout' chanteur exercé devinera, à l'inspection des premières et surtout des dernières notes d'ui: morceau, s'il est du premier ou du huitième mode. Cette remarque s'applique du reste à tous les modes.
Celui qui nous occupe a reçu l'épithèle de « parfait » perfectuê. Quelques auteurs, ne voyant pas trop quel ra^iport il pouvait y avoir entre cette qualification et le mode qui eu a été l'objet, ont pensé qu elle signifiait que ce huitième mode avait été formé comme plagal du septième, afin de compléter, de parfaire le système des huit modes grégoriens. J'avoue que cette explication me parait plus ingénieuse que solide. Le huitième mode est u'un usage très -fréquent. Ce qui le distingue, c'est l'ampleur et la douce gravité de ses mélodies. Ce carac-tère peut se modifier diversement, selon que le chant affecte particulièrement la région supérieure ou la région inférieure du mode« comme nous en avons déjà fait la remarque pour les autres tons.
Parmi les nombreuses pièces appartenant au huitième, je citerai l'hymne du Saint- Sacrement : Yerbum supemum prodienSf et la commémoraison de tous les martyrs, Isii iunt sancti. Ces deux citations serviront à rendre plus claire la remarque qui précède, touchant le goût judicieux qui a présidé à la composition du chant romain, non-seulement quant au choix des modes, mais encore quant à l'emploi des notes supérieures ou inférieures de chacun d'eux, selon les exigences du texte sacré. Ainsi, Thymne : Verbum supernum prodîeiM, destinée à célébrer le mystère noble et touchant de Tins* titation de la Cène, roule presque tout entière dans la région movenne et inférieure du mode, tandis que 1 antienne J$U $uni sancli quoi elegii Dominas^ consacrée au triomphe et à la gloire de tous les martyrs, affecte préférablement les cordes hautes et vibrantes du même huitième ton. Quiconque voudra se livrer à l'analyse comparative de ces deux morceaux, reconnaîtra la justesse de mon observation. Nous avons parlé tout à l'heure de l'ampleur et de la douce gravité qui distinguent ce huitième ton. Ces deux caractères sont très-sensibles dans un des plus beaux chants de la liturgie catholique, celui du Yeni Creator, qui appartient au même huitième mode.
(447) J'ai acqiiis,U y a plusieurs années, la preave saint Thomas. Voy. Parli «le 3! anuscrits. certaine ipic le chant de cuite pros est antérieur à