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Eti 1708 et le 13 avril, H. de la Berchère» archerâque de cette métropole, posa fa première pierre de la nef; mais Targent ayant manqué, le travail fut suspendu. En 1772, \ Mgr de Hauveau essaya de le continuer, et ne fut pas plus heureux.
. Le siège archiépiscopal de Tantique cité de Narbonne, de cette illustre capitale de la première province que les Romains aient occupée et organisée dans les Gaules, supprimé avec tous les autres sièges de France, a Tépoque du concordat de 1801, avait été rétabli par celui de 1817, qui n'a pas été abrogé. Mais, grâce au libéralisme étroit du temps et à Tindifférence sceptique de Louis XVIIf, ce concordat réparateur de 1817, twijours valide en droit, n'a pas, en fait, été exécuté ; en sorte que Tantique cité de Narbonne n'a aujourahui, comme celle de Vienne, pour toute illustration, qu'une modeste sous - préfecture. Le rétablissement effectif du siège archiépiscopal serait pour cette ville, comme pour l'ancienne capitale Viennoise, aussi avantageux au point de vue matériel, que consolant, au point de vue de l'art et de la religion. Sans doute, une telle restitution ne s'opérerait pas, sans i^xciter les clameurs de ces hommes h courte vue qui se débattent encore *dans les langes du voltairiani^me, mais elle aurait toutes les sympathies des hommes éclairés et amis des traditions historiques et religieuses de leur pays. Ce rétablissement du siège de Narbonne, pour lequel les patriotiques et intelligents habitants de cette cité firent en 1817, tant de sacrifices, jusqu'à réparer à leurs frais le magnifique archevêché attenante la métropole (510), aurait, sans doute, pour résultat l'achèvement, dans un temps donné, de leur bien-airâèe cathédrale de Saint-Just, c'est-à-dire d'un nouveau chefd'œuvre de l'art chrétien. Ici une réflexion •e présente à mon esprit. Quand il m'est arrivé de visiter et d*admirer quelques-unes de ces anciennes et belles cathédrales, comme celles de Narbonne, d'Arles, de Vienne^ de Laori, d'Auxerre, etc., qui se montrent à nos regards dans un état parfait de conservation, bien que veuves, depuis un demisiècle de leurs èvêques et de leurs chapitres, je me suis dit que Dieu conservait ces magnifiques monuments de la piété et de la foi de nos pères, pour des temps meilleurs. La France, dévovée de l'idée catholique dont elle avait vécu pendant quatorze siècles, non sans gloire et sans bien-être, se débat maintenant dans les convulsions d'une lente agonie. Ce n*est pas que les médecins et les remèdes manquent à cette pauvre malade; elle en a, au contraire, et de toutes les espèces. La plupart de ces docteurs sont de trés-habiles gens, inventeurs ou partisans de maints systèmes curatifs qui se disputent la préférence. Malheureusement, ils n'entendent rien à la maladie de cette agoni-
(olO) Au lieu de démolir leur archevêché, comme les habilaiits de Vienne, ceux de Narbenne Tont restauré à grands frais, et ce n*a été (|ue lorsque
santé. lis ne voient pas gue ce qui la mine» x'est Tanarcbie dans les intelligences causée par cette foule de systèmes contradictoires appelés le déisme, le panthéisme, le rationalisme, le voltairianisme, le matérialisme, qui,»après s'être ligués pour déchirer gette tunique sans couture gu'on appelle l'uoité catholique, et qui abritait depuis si longtemps les lois, les mœurs, tous les intérêts du, pays, s'en partaient maintenant avec rage les lambeaux. iTs ne voient pas que cette anarchie , autorisée et pateqtée par l'indifférentisme légal et philosophique en matière de religion, qui est le dernier degré de Taberration et de la corruption d'un peuple, ne peut être vaincue que par le principe catholique franchement reeomra et mis en pratique depuis les plus hauts de-
f;rés de la société jusqu'aux plus infimes. Is ne voient pas, ces aveugles obstinés, que depuis cinquante ans que la nation française a répudié ce principe catholique, elle n'a cesse d'être livrée, et toujours pour son malheur, à toutes sortes d'expérimentations monarchiques, libérales, constitutionnelles, démooratic|ues, voltairiennes, rationalistes» philosophiques, etc.t etc. ; tournant dans un cercle latal de révolutions, d'émeutes, de chutes dynastiques, de déceptions, de misères et de palinodies, sans pouvoir jamais trouver une assiette stable, une base solide qui la mit à Tabri de ces perpétuelles et désastreuses oscillations. Ils ne voient pas encore cela, ces prétendus habiles médecins, et ils continueront encore leurs expériences sur cette pauvre malade, jusqu'à ce qu'un violent coup de tonnerre, en éorantant cette nation fascinée et dévoyée, lui ait arraché son dernier soupir. Alors, peut-être, sur les débris de ce monde tombé en pourriture et en dissolution, ceux qui auront survécu au naufrage diront en se irappant la poitrine : « Nous avions tous erré : Èrgo omnes erravimus (Sap. V, 6); nous nous étions donc laissé séduire par de vains, de. déplorables systèmes : Tanitate seducti sumusXli E^àr. I, 7.) Laissons là ces vains systèmes ; assez d'expérience comme cela, assez du règne des sophistes, des rhéteurs et des orgueilleux. Revenons au Dieu de nos pères, revenons à celui qui peut seul nous enseigner la voie, la vérité et nous rendre la vie. » Alors les Français, ne formant plus qu'un peuple de frères, se donneront la main et viendront abjurer un demi-siècle d'erreurs et de dissensions, dans ces temples magnifiques érigés à la divinité par leurs ancêtres et désormais rendus à leur ancienne splendeur.
NICfiT (Saint). Evêque de Trêves en 527 ; auteur d'un traité sur le chant des hymnes et des psaumes. Yoy, Cbant lituboiqub.
^NICOLAS, DB PisE, peintre. Voy. Peinture.
NOËL (Analyse du chant des trois messes de). Voy. Modes ecclésiastiques.
tout espoir a ëlé perdu de voir le rétablissemenldii siège métropolitain, quHls se sont décidés à Iraniformcr ce beau palais en bétel de ville et en musée.
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D ESTHETIQIE CHRETIENNE.
NOIR. Couleur symbolique. Voy. Coc- LBms.
NOTKER. Compositeur de proses et d'hymues d'églises» auteur d'un traité de musique, mort en 912. Voy. Tonalité. .
NU. Ce qu'il faut penser des théories des
artistes sur l'emploi du nu au double point de tue du Beau humain et du beau sumatU'reL Yoy. Tart. Beau, où dous traitons de l'emploi du nu au point de vue de Fart en général, et de Testhétique chrétienne en particulier.
ODON. Abbé dé Clunjr, mort en 9k% cé«lèbre théoricien en matière de chant eccléiia&tique. Voy. Tonalpté.
' OGIVAL (Style). Celui qui a pour principe
! générateur rare pointu ou surélevé, qui est orme de deux arcs de cercle, d'un ra.von égal qui se croisent. C*est le Doint d'intersection de ces deux arcs, qui ib'rme Togive (5IIJ.
Bien que l'ogive soit le principe générateur du style appelé d'abord gothique^ ensuite ogivalf elle ne le constitue pas, à elle seule, néanmoins. Ce tvpe d'arcade a été pratiqué en Chine, en Kgypte, en Perse et éans d'autres régions bien avant la formation en Europe du type ogival proprement dit. Indépendamment de la différence qui existe entre ces grossières arcades primitives à ogÎTes et celles que le xin* siècle éleva avec tant de grâce, d'élégance et de lé{;èreté, il est beaucoup d'autres éléments architectoniques dont il embellit et rehaussa tellement ce ty}ie brillant et original, qu'on peut dire qu'il le Qt sien et qu'il le créa plutôt qu'Hue l'imila. Sans doute il était contenu en germe dans le roman de la troisième et dernière période, auquel il a emprunté d*assez nombreux motifs qui n*ont pas échappé à l'attention des archéoloques exercés. Mais vouloir établir une comparaison sérieuse entre les édifices orientaux qui offrent l'ogive comme accessoire ou simplement à l'état rudimentaire, et les monuments véritablement ogivaux du xin* siècle et du suivant, ce serait vouloir comparer deux choses qui peuvent bien avoir entre elles quelques rapports éloignés, mais qui, pour la forme, différent essentiellement. Cette considération, que les données de la science tendent è justifier de plus en plus, rend, pour ainsi dire, oiseuse maintenant, la question naguère si fortement débattue de l'origine du style ogival. Cette question ne peut offrir un véritable intérêt, qu'autant qu elle est circonscrite dans les limites de I Europe occidentale en général, et de la France en particulier. Longtemps, les Allemands ont cru avoir inventé ce style brillant, dont, les Anglais ont plus tardre-
(511) Ce mot o^jfîve désignait, il n*y a pas encore loiigteirips, seulement les nervures diagonales d*une voûte d'arête qu*on appelait ordinairement erùiêéet des ogivest quelle que fût la courbure de la voftlë ilonl «lies faisaient parlie. Selon M. Lassus, ce mot avait pour but unique de distinguer la voûte croisée simple, à pénétrations anguleuses, c'est-à-dire la voûte romaine et romane, de la voûte croisée à nervures Sâijlautes, qui appartient exclusivement à rarchitecture gothique. Ainsi le mot ogive, ou mieux ffu^ire, du lalin augere, augmenter, appliiuc à une
vendiqué la découverte. Mais aujourd'hui, l'opinion la plus commune, et ne craignons pas d'ajouter la plus probable, en fixe l'origine dans cette partie de la France, qui com« prenait autrefois le comté de Paris, la Champagne, la Normandie et la Picardie. « Quoi attil en soit, plus on avance dans l'étude es monuments du moyen âge, dit M. de Caumont, plus on demeure convaincu que rarchitecture ogivale s'est développée sous la triple influence des conceptions de nos artistes indigènes, des souvenirs romains et du goût oriental qui avait pénétré en Occident. Toujours* est-il que ce style a subi dans le Nord de l'Europe une sorte de métamorphose, une rénovation presque complète.
« C'est là, selon toute apparence, qu'il a pris les formes, excessivement maieres et élancées, qui le caractérisent dès Te xiu' .aiècle^et qu'il a déployé ces moyens d'exé* cution. vraiment merveilleux qui excitent . notre admiration.
« Au temps où les peuples de rEuro[)e occidentale pris d'enthousiasme pour les lieux saints, s'élancèrent, pour ainsi dire, vers les régions orientales, une fermentation extraordinaire, qui cherchait un aliment partout, agitait toutes les classes de la société. Pendant que les masses rêvaient au recouvrement de leur liberté, il y avait chez les artistes, surtout chez les architectes, b^ soin de perfectionner, besoin irrésistible d'innover.
« Il faut d'ailleurs tenir compte de plusieurs circonstances qui favorisèrent, au XII* siècle, les nouvelles conceptions des architectes. A cette époque, beaucoup d'églises tombaient de vétusté (512) ; d'autres étaient trop petites et insuffisantes pour la .population : en même temps, l'enthousiasme religieux qui avait produit les croisades inspirait un zèle incroyable pour réédifier et multiplier les monuments destinés au culte. Les architectes qui présidaient à ce renouvellement des églises durent naturellement chercher à éviter les défauts qui avaient hâté le dépérissement des anciens édifices
voûte, indique que les arêtes sont augmentées, renforcées, doublées, ou plutôt remplacées par des corps saillants, véritables soutiens de la voûte. (An- .nnles archéologiques^ t. Il, p. 43.)
(512) C'est ce dont on demeure convaincu en li- . sant les chroniqueurs. 11 paraît d'ailleurs qu'avant le XI* siècle, il y avait en France beaucoup d'églises construites en bois ou avec des matériaux peu durables, car on voit que ces édifices ont été ptirpoiuellement ruinés pur des incendies.
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|513), et » 00 peat supposer que, s'ils vou- * laieut, en emplovant farc eo tiers point, satisfaire le penchant qu'on éprouve ordinairement pour les idées et les inventions nouvelles, lis étaient aussi persuadés que
^î"®i<x^''^® *'®'*" «'onner à leurs édifibes plus a élégance et de solidité (514). Ils trouvèrent d ailleurs de l'économie à suivre la nouvelle méthode ; on accorde à reconnaî- ;[®.*Ç. »®''*J**™PO««»Wede produire autant d effet dans un autre système, avec aussi peu de matériaux que les artistes du moyen âge ont su le faire dans leurs constructions à Ogives.
i'.!5 **?• ""^^If • '** ^"'«* <ï"» ont déterminé 1 adoption du style ogival, sont peut-être
plus complexes qu'on ne l'a supposé jusqu ICI. Tous ceux qui ont fait des recherches
fP/ k/'Ç'"® **®. •"*"« architecture, se sont attachés à certains caractères isolés, sans examiner avec assez d'attention l'ensemble des éléments qui la composent, et sans tenir compte des innovations successives qui •u avaient fort anciennement préparé la naissance (515^. » ^ *^
««LÎ^*""! * ,("»' errer les antiquaires sur la question de l'ogive, dit M. Loîiis Batissicr, «est que les uns se sont imaginé que l'architecture gothique a été importée d'un pays étranger ; les autres, qu'elle a été in- S i *««?» ^i'une pièce, qu'elle est sortie in2 ^S," J*' '*'* î*"**" <*e quelque artiste,
siècle. Mais il ne faut i.asK)uBlier que l'ogive n'a été admise d'aéord que comme un élément nouveau et exceptionnel dans l'architecture; que c'est une forme d'arcade qui a remplacé une autre forme d'arcade, et qui a suivi tous les larogrès que l'on a successivement faiu dans Fart ofe bâtir Quand
oS'tr^frt?^ * '* ?*"'^ *^* ''«8"« «n France, quelle fût une importation étrangère oiî
non, les monuments restèrent ce qu'ils
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„ -r."""- " ""Y.""", rwvoiuiion, a aucune invention dans l'architecture ; il coïncide seuleuient avec plusieurs innovations impor-
«Kj. i"^* S' qui honorent le génie de nosai^ çhKçctes français. Nous le répétons, quand
î'^'k?. ^'f ""' ®" honneur dans notre pays, 1 architecture marchait rapidement dansùné voie de progrès : on apprenait à construire les voûtes avec plus d'art, on multipliait les
^^ w i"^!' ** *ï"* **<""'«>» •« murs plus de légèreté ; on trouvait le système des nervures et des arcs-boutants. Sans ces derniers étéments, les édifices à ogives seraient res-
In !?f^'-.^5.*'''.'*' P»' ""« P'"8 grande inclinaison du io,t l'écoulement des eaux pluviales, qui ne
?!!ni- 5'" 1"® '««>»c"îent avec les toits lé(rèrrâneit> «."f? î" "" *•*'» jusqu'au xi« siècle. ™
«i. lî^r? '?"f * "'"'[^ *""' «"Je"*» * fl^hir I!S '«. «en're de la courbure, inronvénient que ne
P'^'»ie>« pas les voûtes en ogive. •
(515) Court d'anliqnitit monumentale», par M de
tauiiioni, IV partie, ch. Ç, p. 214-216.
iis à peu près tels que nous les voyons an xn* siècle. Mais, peu à peu les lourds piliers '"omains font place aux colonnettes minces et eflllées ; peu à peu les artistes s'éloignent des traditions antiques, et, au lieu de puiser leurs motife de décoration dans les oumws romains et byzantins, ils les empruntent aux productions du sol qu'ils habitent. Les langes moulures horizontales, qui donnai.nt f]'!!?'°l'®*""'^ grecque son caractère de solidité, disoaraissent ; on efface le plus possible les fortes saillies sur les murs , ^ d éviter les pressions inutiles ; tout^ les voûtes furent désormais d'arêtes ; les nombreuses nervures qui s'entrecoupaient è la surface de ces voûtes étaient construites avec soin, et supportaient les panneaux légers dont se composent les voûtes d'arôtesf En résumé, on peut dire que dans le style ©rival tomes les formes essentielles, fondanaentales, étaient sveltes, ténues, effilées : c est le règne des piliers longs et élancés, des ouvertures hautes et étroites, des arcs pointus, multipliés latéralement, ou superposés en chaînes infinies, et se cooxMmt i un 1 autre dans toutes les réductions nout cela fut imité et répété dans les plus petites suDdivisions des moindres ornements, jusqu à ce qu'enfin les édifices religieux, avec leurs pinacles, leurs flèches, leurs aiguilles. JrlînM'**'"^^. présentassent l'ap^ence u un réseau ou d'une dentelle, et étalassent cetre richesse de décoration qui est le dernier effort du gothique expirant au xvi* siècle. L architecture ogivale a produit des merveilles, surtout quand on l'a appliquée * ia construction des édifices chiîtiens. il .Çf^P que lous les hommes qui n'ont pas été préoccupés par des questions d'écclè et par un engouement exclusif pour les monuments admirables d'ailleurs, de l'art grec, ne sont jamais entrés dans une de nos net les cathédrales gothiques, sans éprouver <5ette émotion que produit toujours en nous la vue des grands spectacles de la nature... yue d écrivains nous pourrions citer qui ont exprimé avec éloquence leur vive admiration pour les magnifiques basiliques du moyen âge. Il y a longtemps que Montaigne écrivait ces lignes, qui devaient wire rougir les esprits forts de nos acadé-
«> « Ii.n est âme si revôche, dit-il, qui ne se « sente touchée de quelque révérence è con- « sidérer la vastité de nos églises, la diver- « sité d ornements, à ouïr les sons dévotieux « de nos orgues, et l'harmoniesi poséeet re- « ligieuse oe nos voix (616). »
Tout a été dit sur la beauté de cette mer-
(516) Hjtlotre de l an monumenta*, par L. Baiissler, p. 497 et suiv. Voir, pour de plus amples détails toudiant l'imporUnle question de l'oriinfie et du «iractére dn style ogival , l'excellent ouvrage de m. Batissier dont nous venons de donner quelques passages; le ch. 8 déjà cité de la iv« partie du Court a anttmtuét montmentales, deM.de Caumont; r/fiitotre de CareUiecture, par Thomas Uope, ch. 25:1e H volume de l'ouvrage ayant le même titre, de M. V. Ramée ; les Elémentt d'archéotogie nationale, p.
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DESTHËTIQUE CHRETIENNE
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feilleuse arcbitectore, sur son caractère à la fois gracieux et sévère, élégant et maies*tueax. Dans plusieurs articles de ce Dictionnaire» et notamment dans celui qui est con* sacré à la cathédrale de Strasbourg, j*ai dû moi-même essayer de faire ressortir tout ce qa-ii y a dans un style aussi profondément catholique, d*harmonie, de noblesse et de ^ndeur. Qu'il me soit permis seulement ici de répéter après M. de Caumont, ce révé^
444 et SUIT., de M. Charles Lenormant; Lettres au néiiie à M. Caumont (Revue normande^ IS41 ) ; les Àtmëlei arekiologiquezy paseim.; le Roftpart de 11. LudoTic Vitel au ministre de Tintérieur ( année 1831 ) mr les moDuments, les bibliothèques, les archites et les musées des départements de POise, de TAisne, etc. Dans ce rapport, H. L. Titet fait remarquer que le style à oghe (Improprement dii gothique) B*est rien moins ^iforiental, et qu*au contraire il est essentiellement mdîfène, et n*a eu d*autre patrie qne les contrées d'occident qui Font vu fleurir, c Son origine, diiril, sa formation, ses progrès, c*est TorippuM, la formation, les progrès de presque toute rEwcme . moderne du xii« au xvi* siècle, depuis Louis Tn jusqu^à Louis XII. Elle est née dans les nèmes circonstances, elle s'est développée d'après les mêmes lois que tout ce qui est né, que tout ce qui s'est développé alors en Occident, langues, peuples. Etats, institutions ; elle préside au réveil du moyen ftge, comme Tarchiteeture à plein cintre assîate à son sommeil ; son principe est dans Téman- €i|»alion, dans la liberté, dans resprit d'association et de commune^ dans des sentiments tout indigènes et tout nationaux ; elle est bourgeoise, et de phis elle est française, anglaise, teutonique, etc. L'autre, a« contraire, est exotique et sacerdotale; elle naît dudoffme et non du sol, de la foi et non des mœurs; elle r^e par droit de conquête ecclésiastique; elle 9t*u d'autre principe, d'autres racines que relise et les canons. Aussi les architectes, qui sont-Ils? Ici des moines, rien que des moines ou des gens d'éfUse; là des laïques ou des franes-maçong, >
Dans les réflexions qui précèdent 11 y a du vrai, mais le fond en est plus ingénieux que solide. Geue thèse de la sécularisation et par suite de TémancipatîoD de l'art au xiii* siècle est, je le sais, soutenue depuis quelque temps par la plupart de nos écrivains laïques des plus distingués.Elle a été accréditée surtout par les travaux historiques de M. Augustin Tbierty. Le réfuter ne me semble cas une chose tsèspdimcîle; mais les bornes d'une simple note ne me permettent ici que quelques observations.
D abord, ce que l'on appelle le réveil du moyen ^e, d'après cette fausse supposition (]ue ce long intôrvalle n'a été qu'un étal de sommeil ou de léthargie, a eu lieu environ deux cents ans plus têt qu'on ne vent bien le supposer, c'est-à-^ire lors de la publication de la première croisade, alors que les grandes institutions monastiques de l'Europe venaient d'imprimer à Fart chrétien, et à Tarchitectnre en particulier, un mouvement extraordinaire dont nos plus belles églises romanes, et principalement la célèbre abbatiale de Glunv, construites à cette époque, furent le magnifique resuliai.Ge mou- Tevent ne fit que s'accroUre en prenant le caractère d'une rénovation véritable dans l'art chrétien dmnt le xn* siècle, celui de saint Bernard, celui to siècles catholiques qui nous offre peut-être le ph» de verve, le plus d'inspiration et de vie, et qui partait le xni* dans ses flancs. En eflîet, ce dernier A'a été qve la conséquence, ou même si l'on veut
Eie développement de celui qui l'avait précédé, l'année IzOO, ia France (pour ne parler que de celle r^on) était toute couverte de spiendides inojuttieots dont un assez grand nombre encore debout.
lateurdes beautés de rarcbitectare chrétienne :
• « Il faudrait être tout h fait dépourvu de sensibilité et d'enthousiasme, pour contemr
Kler sans émotion leffet magique de nos elles églises du xiii* siècle. Les heureuses proi)ortions observées par les architectes dans la forme des arcades et des fenêtres, la vaste étendue des nets, ces murs aériens sur lesquels on a semé les découpures et les élé-
peuvent, sous bien des rapports, soutenir sans désavantage la comparaison avec nos ^lises gothiques les plus renommées. Sans rappeler ici celle mer* veilleuse basilique romane de Cluny qui était restée, jusqu'à sa démolition si récente, !a plus vaste des églises de France, et, après Saint-Pierre de Rome, de toutes celles de l'univers chrétien, y a-t- 11 maintenant beaucoup d'églises ogivales plus grandes et plus remarquables que les cathédrales et abbatiales de Spire dans le Palatinat, de Mayence, de Vézelay, de Saint- Semin de Toulouse, de Saint-' Etienne de Caen, de Motre-Dame-la Grande de Poitiers ? etc. Et même, en fait de portails, peut*on en citer à peine trois ou quatre qui l'emportent sur ceux d'Arles et de Saint-Gilles dans le Languedoc? Je ne parle pas d'une foule d'autres églises romanes qui, pour être moins grandes que ce.Mes que je viens de citer, n'en 8ont pas moins véritablement belles, dignes d'admiration , et la preuve évidente qu'il existait à cette époque reculée un art trèsavancé et complet dans toutes ses parties. Il n'ea pas exact de dire, même archéologiquement parlant, qu'il y ait eu rénovation dans l'architecture du xiu* siècle, puisque, de l'aveu de tous les hommes les plus compétents, les principaux éléments de ce style étaient contenus au moins en germe dans celui qui l'avait précédé. Il est paiement inexact d'avancer qu'à celte époque l'art passa des moines, des prêtres aux laïques et se fit ainsi national.Gette assertion, trop absolue, est détruite par des docuuieuii lormels qui attestent l'initiative qye le clergé exerça à cette époque relativement aux construaions d'églises et la direction qu'il continua d'avoir des ouvriers laïques qui« en vérité, furent dès lors en plus grand nombre qu'ils ne l'avaient été jusque-là. Qui ignore, en effet, que les confréries de bâtisseurê^ de logeurs du bon ÎHeù , qui se formeront à cette époque, et qu*il importe de ne point confondre avec les associations diverses qui en 145S se réunirent à Ratisbfinne en loges maçonniques^ étaient des corpo> rations relijsieuses soumises aux évèques, et dont les statuts étaient expressément revêtus de l'approbation de l'autorité ecclésiastique. D'ailleurs» il eût été impossible de se soustraire à celte haute direction du clergé, tant séculier que régulier» puisque c'était lui qui continuait toujours d'entreprendre et de payer les constructions des églises et des monastères. 11 est vrai que dès la fin du xiii* siècle il y eut un commencement de déviation des principes de l'architecture chrétienne ; mais celle déviation, qui prouve plutôt contre l'opinion que nous combattons qu'elle ne lui est favorable, fut moins l'eflit d'un esprit politique d'émancipation et de liberté que de l'inconstance naturelle a Tesprit humain < t de cet amour du nouveau dont il est possédé. Sans doute, l'an fut moins hiératique durant le xni* siècle qu'il ne l'avait été précédemment, mais ce fut plutôt pour sa perte que pour son prof^. Le premier symptôme réel, quoique presque invisible, de sa décadence, fut précisément Fessai qu'il voulut faire de ses propres forces et de sa liberté, en allé* rant, d'abord timidement, la forme symbolique du temple chrétien. One fois entré dans cette voie funeste, fart cessa peu h peu, en effet, d'être biéra- ' tique pour se séculariser de plus en plus ; il se m
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gantes broderies ; toutes ces menreilles de sculpture et de hardiesse, rehaussées par la clarté mystérieuse d*uD jour crue les vitraux peints ont terni, impriment àVftmeunsentiment éminemment religieux.
« Et lorsaue, placé sous le portique d'une cathédrale, rœil saisit tout l'espace du temple, parcourt la nef centrale, glisse avec étonnement snus ces voûtes à la fois légères et gigantesques pour venir se perdre dans le lointain où apparaît le rond-point, on ne peut se défendre d*une vive exaltation, d*une sorte de tressaillement. L*aspect d'une basilique frappe les sens comme le ferait une poésie sublime, ou une belle mélodie.
« Si de Tintérieur on passe à l'extérieur, on n'est pas moins charmé des proportions è la fois vastes et gracieuses du vaisseau, de l'élégance des tours, de la profusion des clochetons, des arcs-boutants et des contreforts.
« L'examen le plus superficiel suffit pour convaincre qu'une pensée prédomine dans les monuments du xiii* siècle, savoir: lélancement^ la direction ven le ciel. Cette forme pyramidale qui se reproduit dans toutes les parties dominantes des édifices, nou-seulement dans les frontons, les tours, les clochetons, mais encore dans les fenêtre, en lancettes, contribue beaucoup à donnei aux basiliques une apparence de hauteur qu'elles n'ont pas toujours en réalité. C'est aussi de cet accord dans les formes que naisent l'harmonie et l'unité qui distinguent si heureusement les monuments de la première époque ogivale. •
« Quoi qu il en soit, l'architecture du xui* siècle, cet art admirable qui se brise sous les pesantes mains de nos artistes modernes, est souvent dépréciée par eux et dédaignée comme barbare; la fausseté d'un pareil jugement vient de ce qu'on s'est acharné à comparer l'architecture ogivale avec l'architecture arctique, sans réfléchir qu'elles n'ont entre elles aucun rapport et que leurs éléments sont incompatibles.
« Pour comprendre l'architecture du moyen Age, il faut d'abord reconnaître que dans tous les siècles les croyances religieuses ont puissamment influi^ sur le caractère de l'architecture. Ainsi, chez les Grecs et les Romains, la religion toute matérielle, je
pourrais dire toute naturelle, a produit et devait produire une architecture basée sur des proportions qui ne dépassaient pas ce au'on est convenu d'appeler le bon goût ; 1 ensemble des parties aevait montrer cette grâce, cette éléjçante simplicité, et en même temps cette richesse gue nous admirons dans les édifices des anciens, parce que l'imagination était fixée sur des choses naturelles, et que le type du vrai beau, par rapport à eux ne sortait pas de la nature physique. La pensée, mue par une religion dont tous les dogmes étaient à portée de l'intelligenoe humaine, n'avait rien d'inspiré; ainsi, dans l'architecture antique, tout était méthodique, simple et raisonné.
« Il n'en est pas de même dans l'arcfailee^ ture ogivale ({ue l'on pourrait appeler architecture chrétienne ; les modernes ont puisé dans le repentir, chrétien l'habitude de se replier continuellement sur eux-mêmes, et dans leurs pieuses méditations une tendance à s'écarter de la nature phvsique et à tout exalter, principalement à Tepoune où J'enthousiasme religieux a tout emorasé durant le xiu* siècle. J)e ce moment tout fut hors de proportion avec les idées terrestres ; l'esprit de spiritualité parut dans l'architecture, au point que les édifices furent à jour, cou- , verts de ciselures et de broderies qui sem* blaient rivaliser avec les subtilités de la pensée.
« La forme est tout dans l'architecture antique, dans l'architecture ogivale il y a là forme et la pensée, car dans cet élancement des parties vers le ciel et dans la plupart des combinaisons usitées au xiu* siècle (SlTj, on napeut méconnaître l'expression d'une idée mystique. Qui sait même si la forme triangulaire de l'ogive n'était point un symbole
de ce grand monarque qui imprima un mouvement si eitraordinaire i l'architecture offivale, à Texception d'un petit nombre d architectes de profession, ce furent des évêques, des abbés, de simples clercs, d'obscurs moines, qui entreprirent ces gigan* tesques constructions. On le reconnaît sans peine % ce caractère d'inspiration céleste empreint sur la plupart des églises du moyen âge... Tout en léguant des chefis-
comme on dit naiional^ et Gnit par se perdre ( toujours avec la nation) dans le paganisme de la Régence, digne fille de la Renaissance et de la Réforme, ces deux mères de V émancipation et de \9i liberté en Europe. On sait où abouiissenl finalement les peuples catholiques qui ont la prétention d^avoir une religion »a(toiuile. Il en sera toujours de même pour ceux qui voudront perfectionner, émanciper Tart catholique en dehors et même à Topposé des traditions du catholicisme hiératique ; les mêmes causes amèneront constamment les mêmes effets.
Nous reviendrons sur cette question.
Ceux de nos lecteurs qui voudraient plus amplement se convaincre que les xi* et xn* siècles, loin «ravoir été un temps d'arrêt et dé sommeil, furent une époque de mouvement, de vie et de progrès
dans toutes les branches de Part, n'auront qi*à lira le chapitre de la Vie de saint Bernard^ par M. de Monlalemberl, intitulé Vart et les moines^ dans lequel cette vérité est prouvée jusqu'à Ja plus rigoureuse démonstration.
(517) Il est évident que les architectes voulaient rendre un hommage à la Trinité, en disposant les fe* nétres trois à trois ou deux à deux avec une ro&aoe en dessus. D'autres conibinaisons exprimaient d'autres idét^s symboliques; le nombre 7, que l'on -ramarque assez souvent dans la distribution des chapelles et des rosaces, rappelle les sept jours de la création. Le nombre iS est commémoratif des4cNize ap6tres, etc.
(3i8) Cours d*antiquités monumentales, par M. de Caumont, iv* part., ch. U
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DESTHETIQUE CHRETIENNE.
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d'œuTre aax généi^ationsy les maUrti des pterres vives^ comme on les nommait alors, eachaient leurs noms et savaient qu'ils ne seraient jamais prononcés. Il en fut de même de ces jeunes vierges artistes» qui furent Yoes comme des apparitions aériennes, sculptant les figures des portiques et des tours consacrées à la reine des anges.
c Hommes sublimes d'humilité, si l'orgueil de notre siècle s'incline devant le merveilleux talent qui rayonne dans vos œuvres, à son tour, la religion doit également signaler vos triomphes. On ne craint pas de le dire : tel édifice du moyen Age a
K raviver la foi éteinte, et y conduire par dmiration.
< Absorbé dans ce grandiose poétique»
par cette imposante couleur religieuse qui respleDditau seuil du temple» on s'émerveille a la vue de ses flèches battues par les vents depuis des siècles» traversées comme la religion par des orages» et demeurées debout comme elle» toujours protégées par la croix, cette grande image de civilisation» de vie et de paix! On est comme anéanti en face de ces nefs colossales» éclairées d'un jour mystérieux, mélangé de couleurs éclatantes,*^où se pressèrent tant de générations disparues ; do ces chapelles latérales» pavées des tombes des aïeux endormis» sur lesquelles se projette une traînée lumineuse détachée des vitraux. On se sent attendri devant ces baptistères de travail exquis» renfermant l'eau purifiante» source des célestes bénédictions ; devant ces chaires dentelées à jour» d'où découle la parole de vie. Oo médite sur ces milliers d'emblèmes qui déroulent la chaîne des âges chrétiens» sur ces immenses roses des vents» grave symbole des passions humaines» de ces tempêtes orageuses du cœur qui viennent se briser ou se réfugier dans un centre universel, la vériié révélée ! L'émotion» le recueillement entraînent alors aux plus hautes pensées d'avenir ; l'incrédule doute» l'indifférent est subjugué, et l'homme de foi se sent comme élancé dans les régions éternelles I
« Honneur donc mille ibis à ceux qui élevèrent ces forêts de pierres parlantes j et qui» ayant compris combien étaient fugitives les impressions produites par les édifices du paganisme, les ont rendues durables» infinies» dans nos cathédrales chrétiennes» où pour ainsi dire une vision de TAme a été réalisée par eux (519). »
OKEGHEM. Compositeur belge» élève de Binchois (xiv siècle). Voy^ Musique.
OLYMPE PAIËN» comparé à TOlympe chrétien. Yov. Peintube ; Types.
OMfiRlE (Ecole de peinture de l*}. Toy. Mystique.
ONYX. Pierre, et couleur symbolique.
Foif. CoULBUftS.
OP£Râ. Une des plus grandes , des plus belles créations de rart moderne » c'est To- ^)éra. Sans entrer» à ce sujet» dans des détails
historiaues et philosopniques » qui sortiraient évidemment du cadre que nous nous sommes proposé, nous considérerons» exclusivement au point de vue musical» ^opé^atel qu'il existe aujourd'hui. A ce point de vue , nous observerons en quoi il se rapproche et en quoi il s'éloigne de la musique d'église
f)roprement dite » de celle qui est basée sur a tonalité du plain-chant. Cette étude comparative est indispensable pour traiter convenablement les diverses questions d'esthétique que soulève la thèse de Vexpression dans la musique j^acrée.
L'ordonnance musicale d'un opéra se divise en deux grandes parties » l'orchestre et le chant. L'orchestre présente l'admirable réunion d'une multitude d'instruments à cordes, à vent et à percussion» depuis les plus graves jusqu'aux plus aigus. Il en résulte une variété» pour ainsi dire inépuisable» de sonorité» soit dans les harmonies ^ soit dans les contrastes ^ selon que les instruments sont groupés dans 1 ordre de la famille respective à laquelle ils appartiennent» ou sont traités dans le sens de l'opposition des timbres entre eux.
Cette prodigieuse variété de timbres brille surtout dans les ouvertures où Torchestre , livré à ses propres forces» est plus libre dans ses allures et dans ses mouvements. On dirait que toutes les voix de la création sont évoquées par lui» tantôt successivement, tantôt collectivement pour en exprimer les accents si divers» si opposés» en môme temps que sa puissante » que sa mystérieuse harmonie fait vibrer tous les sentiments de l'humanité » dont la nature physique n'est que le symbole et le reflet.
Quand vous écoutez , durant ses phases si rapides» la magnifique ouverture de Guil^ laume Tell^ vous vous croyez transporté sur les monts de l'Helvétie» mêlés à ses pasteurs guerriers» au milieu de ses vertes prairies, sur les bords de ses lacs argentés. Il vous semble entendre tantôt le son du hautbois qui répète les naïves chansons des bergers; tantôt les chants passionnés du fils de Mechtal, que viennent interrompre les mâles acc-ents inspirés à Valther par l'amour de la patrie ; tantôt l'appel aux armes, qui succède aux cœurs harmonieux que les jeunes Suissesses ont lait monter jusqu'au ciel. 11 V a là » sans parler du fond harmonique sur lequel est brodé ce merveilleux tissu » une série émouvante et rapide d'accords et d'oppositions qui réveillent tour à tour les émotions les plus intimes» les plus diverses du cœur humain» combinées avec les scènes de la nature» les plus riches» les plus animées. C'est une introduction qui résume admirablement» en y préparant l'auditeur» tous les genres de beautés » dont étincelle le chefd'œuvre qui va bientôt se dérouler devant lui.
Si nous comparons ses effets multiples»
habilement gradués et nuancés» de l'orches-
(^t^) Biêioire d4 saint Louh , roi de France^ par H. le marquis de Villeneuve -Trans; Paris» 1859, 01- %el , ch. 15.
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tre, à ceui de l'orgue, il nous sera facile de saisir la différence qui, malgré certaines analogies, existe I au fond, entre ces deux genres d'effets. •En même temps , nous découvrirons aisément la raison ae cette différence, dans la composition respective de Torgue et de Torchestre. Sans doute , il 7 a entre l'un et l'autre une analogie qui consiste dans la réunion qu'ils offrent , à un égal degré, de tous les sons que l'oreille peut apprécier. Mais Tanalogie cesse, ou elle devient imparfaite, lorsqu'il s'agit delà variété et de l'opposition des timbres entre eux. Dans l'orgue, cette variété de timbres se réduit à quelques nuances qui peuvent se rapporter à celles de jeux de trompette, autrement dits à ancbes, et h celle des jeux de flûte ou à siiHet. Encore, ces derniers jeux forment-ils, à proprement parier, la composition normale de l'orgue, de telle sorte qu'il pourrait se passer à la rigueur, 4es jeux de trompette, sans cesser pour cela d'être lui-même. Or, il n'en est pas ainsi de l'orchestre, dont la composition ne se borne point, comme celle de l'orgue, à la famille des instruments à vent ; mais il dispose, en outre, de ceux à percussion, tels que la ilmballe et ses analogues. Et même, par rap-
f^ort aux sons émis par le souffle, il a sur 'orgue l'avantage incontestable de posséder tous les instruments réels de cette famille, chacun avec son caractère propre, c'est-àdire la vraie flûte, la vraie trompette» le véritable hautbois : tandis que l'orgue ne donne que l'imitation relative et plus ou moins imparfaite de ces divers instruments. Aussi, grâce à ce vaste système d'instrumentation dont il dispose, Torchcstre possède des ressources en quelque sorte inépuisables, pour rendre tous les sentiments de rbumanilé, tels que l'amour et la haine, la joie et la tristesse, la douleur et la .colère, dont Fexpression lui est tour à tour imposée par le développement successif des scènes si fortement contrastées du drame lyrique. 'Mais, ce qui est un avantage inappréciable pour lorchestre, dans l'ordre des sentiments si mobiles, si passionnés du cœur humain dont il est l'interprète fidèle, devient un vice radical pour un instrument comme Torique, exclusivement consacré & l'accent calme, religieux et mystique de la louange, de la prière et de l'adoration. D'où il suit que cette infériorité de l'orgue, par rapport à l'orchestre, est relative seulement, et, qu'au demeurant, ce bel instrument , tel qu'il existe, est parfait dans son genre, et se trouve aussi bien à sa place dans l'église, qu'il serait déplacé partout ailleurs. En effet, le prolongement des sons, inhérent à sa nature, s'adapte merveilleusement au caractère grave et calme de la musique sacrée ; il est, ue plus, très-favorable, dans la vaste enceinte de nos basiliques* à l'accompagnement des grandes masses de voix qui retentissent sous leurs voûtes élancées. Si, maintenu dans sa condition normale, l'orgue est impuissant è rendre les mille nuances d'exi>i'ession de h musique mondaine ou d'opé-
ra, cette impuissance même devient un avantage réel, une qualité précieuse pour l'instrument régulateur du chant çlane, soutenu de la lilur^e catholique. Ainsi, l'orffue se trouve aussi bien dans son mUieu, à "église, que l'orchestre dans le sien, & l'opéra.
Ce serait donc une idée fausse, malheureuse» de vouloir assimiler, ou seulement trop rapprocher, les deux échos de deux genres aussi distincts, et, sous bien des rapports, aussi opposés. C'est une grave er» reur, par conséquent, de regarder commo un perfectionnement de rorjgue, l'introduction de plus en plus envahissante, dans ce noble instrument, des jeux exfrtuifê et d'tmitolion. C'en est une non moins grande, de regarder comme un perfectionnement de 1 orchestre, l'abus qui paratt devoir s'y im-
Flanter, des orgues d'accompagnement.Aans un et l'autre cas, c'est une espèce d'adultère, de profanation, que réprouvent les convenances et le goût.
Ici se présente naturellement la question de savoir leauel des deux effets est le plus beau, de celui de l'orgue ou de celui de rorcbestre. Cette question étant complexe peut se prendre dans un sens relatif ou dans un sens absolu. Dans le premier sens, chacun de ces deux effets est également beau, parce qu'il offre toutes les conditions d'expression que le genre comporte; dans le dernier sens, Tenet de l'orgue sera plus beau encore que celui de l'orchestre, à cause de la prééminence du style religieux sur le style profane. Les raisons de celte prééminence ayant été exposées dans les articles Chaut, CoifTRE-PoraT, Harmorib, etc., nous n'y reviendrons pas dans celui-ci.
Les points dç contact, et ceux plus nombreux et beaucoup plus sensibles de dissidence, que nous venons de signaler entre l'orgue et l'orchestre, nous pouvons les remarquer, sur une plus vaste échelle encore, entre les chants d église et les chants d'opéra. Et, pour parler d'abord des points de contact, la marche, lacontexture du poéiue lyrique, introduisent plus d'une fois sur la scène, des chœurs d'hommes et de femmes qui, tantôt sur les rives d'un lac azuré, ou dans une sombre forêt, tantôt sous les voûtes d'un temple, comme dans le Mosiou la Sémiramide^ chantent les louanges du Créateur, ou lui adressent d'humbles supplications. Alors, le compositeur dominé et en même temps inspiré par les exigences de la scène, s'applique à donner à ses chants, aussi bien qu'à son harmonie, un caractère vraiment religieux, et à prouver par là, que la musique lyric|ue sait bien aussi, quand il le faut, rendre 1 accent de la prière qui s'élève jusqu'à Dieu. Celle que les Bétkreux chantent en chœur, dans 1 opéra de Motu^ avant le passage de la mer kouge, est une preuve frappante de ce que j'avance, car il serait difficile d'imaginer des accents plus not)le$, plus touchants, plus religieux. Ici, les deux genres se rapprochent, sans cependant s*as$imiler, à cause de la différence ra-
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D'EStHETlOUf: CHRETIENNE.
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dicale qui demeure toujoui's entre leurs tonalités respectives. Mais, lorsque l'auteur du poème lyrique, au lieu d^indiquer la scène en plein air ou dans un temple païen^ anra osti {iSSGf Ja mettre dén^ rînlériéur même d'uive caChëdrdle, le compositeur sera emmené^ pour satrsAiire, pleinement àut exigences dé ta' situatîtxn, à traiter les chcBurS en vérifîabJe style de coiitre-point grégorien, et h établir ainsi) peut-être k son insu, la prééminence de la tonalité ecclésiastique sur celle de l'opéra.
Toutefois^' ce ne sera jamais^ qu'exception* ncllemenl, que le style religieux sera employé sur la scène, à moins qu'on ne veuille lui enlever sa raison d'être, et importer l'Église à l^opéra, comme on a, «hélas! déjà que trop importé }'o|iéra à l'église. Quoiqu'il en soit, tant que l'opéra restera cequ'il a été jusqti'à ce jour, il ser^ dans la plupart dés scènes et des chants qu'elles réclament , le tbéftre de la' musique mondaine» passionnée, et il tranchera/ ainsi , par le caractère général de ses chants, sur le caractère tout opposé lie ceux de la liturgie.
Ceë principes incontestables, une' fois posés et acceptés , il n'y aurait jilus de confusion, plus dé lilaléntendu , dans les discus^ siens qui se rattachent à l'esthétique' de l'art musical. Il est vécitablemeut regrettable (fu'ils ne se pi^éséhteilt' pas à l^é^prit de la plupart des écrirains oui traitent dé la philosophiiî de l'art. Coniondant sans cesse les deux genre;: si opposés , de la musique lyrique et de la' musique ecclésiastique, ils Icui' appliquent absolument les mêmes ré^ flexions, ou bleYl ris jugedt Tun d'après les j'rincîpes de l'autre et réciproquement. De là, une logomachie qui netoutne ni au pro-» fit de la* critique ni au profit de la musique elle-mèfne. lifaut bieii le dire; il se trouve encore' quelques-uns de ces' lillérafteurs^ jadis si nombreux» qui ^imagineùt pouvoir, grft^e à leur facilité d'éctiré , traiter pertincnutdent la philoisophie d'un art auquel ils n'entendent rien. Qu'il s'agisse j par exemple, de compat'er; sous le rappoi^ du caractère religieux, le StnVat théâtral et beauconp trop théfttràl de'Rossinii à un autre Stabat qii on donnerai' comme modèle du genre saci'é ; aiilîeu de chercher ce' dedscième terme de la comparaison; dans les OBbv^s de Palestrina ou dé if importe quel gfànâ' mattre d'ans le style' classique dû chant d'église^ ils prendront le premier Stetbat musi^ qui letir tôniktéta sous la' main^ et ils Topposeront bravement à celui de Rossini. Us auront etitèddii^ uti Stabat quelconque dans plusieurs égtis)es^,^n voilà assez pour leur laire crcrtre avec la nleilleuire foi d\i monde, que c^est' là dû plain^chànti tandis que'cé'ne seta'c(ue'de la' musique, et delà pire e£»p'ëce, de lan^oderhe habillée en plaîn-chàïit. Kien de plus commun que ces
(S2ft^ Nôuis dîsbiis avec intention, aufa oêé^ cskt nous nè'sàïiHonsr approuver^ iiiMriè' indireeienicfit, une ical^incbfitenance qiiè' rien ne peut justifier.
sortes de bévues. Celé en impose aux simples qui, sans y regarder de si prèSj confondent, volontiers l'habit avec la chose qu'il recouvre. C'est là une étrange méprise , qui se Renouvelle encore trop souvent , et contre laquelle il est bon dé tenir en carde ces honêtes écrivains qui, sans connaître une note de la gamine ou le nom d'un seul des huit modes ecclésiastiques) se mettent à disserter à perte de vue poui^ ou contre là musique et le plain-chant;
Ce n'est pas à dire qu'un rfûteur qui écrit sur les choses d'art, soit tenu de (ïonnattré à fond les divers procédés de la peinture, de la sculpture^ de la musique et de l'architecture. A de telles conditions, la critiaue deviendrait impossible. Mais' ce ({ue l'on est en droit d'exiçër de tout écrivain qui veut faire de la philosophie de l'ai^t , c'est qu'il soit au courant au moins des éléments principaux qui en compoiént' les diverses branches. Or oïl peut très-biefu^ par etémple^ sans (^té pélnti^e, connaître' dssezy pottr en parler convenablement, lés grandes écoles de peinture et les trlris principales manières de peindre, qui sont : la fresfquè^ l'ehcaus^ tique et le- procédé ài-huile ; comoie on peut très -bien égademetit ,• san^ êfré èroMtecte, posséder âssez-lefs' première^ dotions de l'art monumental chez' W Gtefes , pôui* discourir pertinemment sur* leurs ordres, dorique, ionique' et cor'infUieh\ l^ourquoi dtytic serait-on plus indulgent envei^s éélui qui prétendrait disserter sur les châi'ts' d'église^ sans connaître les modes par elle coàsàfcfés,< qu'envers celui' qui s'aventui*eraît' à- faire' de l'esthétique architecturale, sans saiVoir en quoi le style ogival diffère da style roman? Cette Ignorance gros^ièfe' des; premiers éléments de l'an sur' lequel on disset^ te^ est doublement Iftcbefu^e , quand elle se rencontre sotiS là ptumè d*étepivalns eta renom* Il arrive' alors , qu'elle* se propagé plus rapidemeW encore sowst" le^* ailes de leur popularité, et- qu'elle firiiit péY faire passer à la lonj^e les idée^ les plus fausses ou les plus incertaines, à l'étaï de'VéWté incontestables et* inboiitestées.
OUfCAONA (AwwiÉ). Peintre; élèv^de Giolto, florissait de 1357 à 1389. Voyi PeïnTcke.
ORCHESTRE. Yoy. OpÉiiA.
ORGDE. l>aris' plusieurs ehtfroit's de ce Dictionnaire nbus parlons de ce* noble, de' ce dlTin- iustrùniéht; niaià c'est à l*article OrÉRk que' nous éil releVbris Texcellence, en comparant ses effets' à ceux de* Torchestre,
OHLANDODl LASSO. Gélèbi^e compositeur belge / né à'Mbnfs en iSSM): Yoff. Mtsioce'. ,
ORPHÉE. Typé fki^tï d&f pr^elnîers artistes chrélieris^ pour symboliser le Fils de Dieu fait homme, enseignant. Vo^i Ca^acbHiiES^ Jésts-K^BKist'.
DiGTio!«?(. d'Esthétiqvk.
im
VXR
PAR
PAGE deFabnza. Deux peintres dn mém« nom, élèves de Giotto. Voy, Peinture.
PALESÏKINA (Jean-Pieimib-Louis). Célèbre compositeur et chef de Fécole romaine. Voy, GRéGORiEN (Chant).
PAMBON (Saint). Abbé de Nitrie, en 380, auteur d*un traité important sur la psala^odio. Voy, Chant liturgique, Tonautb.
. PANGE LINGUA. Caractère de cette hymne, sa beauté. Voy. Modes ecclésiastiques.
PANTHEON d'Agrippa, à Rome. Voy. Coupole.
PANTHEON de Rome. Voy. Coupole.
PANTHEON de Paris. Voy. Dôme.
PARABUÉ. Peintre siennois, en 1260. Voy. Peinture
PARADIS (Beautés et Bonheur du). Parmi les rares et courts passages qui, dans les livres saints, nous aépeignent les beautés et le bonheur du paradis, le plus connu et aussi le plus remarquable est celui que nous lisons dans la P* Epttre aux Corinthiens, à cet endroit où Tapâtre, après avoir raconté comment il fut ravi au troisième ciel» s'écrie : Vœil de rhomme n'a point vu, son oreille n'a point entendu^ $on cœur n'a point expérimenté les biens que Dieu prépare à ceux qui V aiment (520^). Ces trois propositions négatives : Pasil de Vhomme n'a point vy^ -son oreiUt n'a point e%tendu^ son cœur iCa point expérimenté^ comprennent substantiellement tout ce qu'il est possible de dire sur le3 beautés et fa félicité du paradis. En effet, Vodl de ï homme n'a point eu. Et cependant, que n'a-il pas vu? 11 a vu, je ne dirai pas les merveilles de la nature, to fertilité des champs, les phénomènes d'une végétation aussi resplendissante que variée, et l'ordre admirable des saisons; mais encore, il a porté ses regards scrutateurs jusqu'aux entrailles de la terre, pour lui ravir ses secrets les plus cachés ; il a pénétré jusque dans les abîmes de l'Océan, pour y observer les étonnants phénomènes qu'il recèle sous ses ondes profondes; il a âxé ces astres innombrables, étincelants, qui brillent au*dessus de nos têtes, pour en mesurer le volume, la .distance respective, et en étudier, sous tous les aspects, le mécanisme divin. 11 a contemplé la beauté des créatures, chefs-d'œuvre et images de Dieu. Il a vu successivement ces merveilles de l'art écloses comme par enchantement du génie de l'homme, émanation de la divinité ; ces merveilles de l'architecture, de la peinture, de la sculpture, reflets de la beauté étemelle, qui, dans nos temples saints, comme dans les monuments somptueux de nos cités , nous racontent avec autant d'harmonie que le firmament, la gloire de Dieu et l'éclat de ses œuvres.
Et roreillede l'homme, que n'a-t-elle pas entendu? Elle a entendu le roulement so-
lennel du tonnerre, le sourd mugisjsement des vagues de la mer, en môme temps que la douce mélodie des oiseaux printaniers et la bise rafraîchissante du soir« Elle a entendu les paroles entraînantes que Téloquence fait partir du cœur, et qui émeuvent et dominent tour à tour la multitude. Elle a entendu les sons argentins et majestueux de l'airain sacré agité dans les airs, et les accents harmonieux des voix et des instruments qui, dans nos temples, élèvent l'Âme à Dieu dont elles publient la grandeur et les bienfaits.
Et son cœur, que n'a-t-il pas éprouvé? Il a éprouvé les émotions douces et profondes de la tendresse, qui est la plus délicieuse des voluptés ; tantôt excité par les transports enivrants de l'amour proiane, tantdt sous rimpression d'un sentiment qui surpasse toutes les autres affections humaines, je veux dire l'amour maternel.
Et cependant, à toutes ces merveilles qvi captivent les yeux, les oreilles et le cœur de l'homme, i^outez tout ce que Timagination et la sensibilité peuvent nous suggérer de plus séduisant, et vous n'aurez qu'une faible idée des jouissances que Dieu a réservées à ceux qui l'aiment ; mais, hâtonsnous de le déclarer, vous aurez la seule idée que vous puissiez en avoir ici-bas, celle de la combaraison. Que serait-il arrivé en effet, si, au lieu d'énoncer simplement cette proposition.: Vœil de Vhomme n'a point vu; son oreille n^a point entendu ; son cesur rCa point éprouvé f il était entré dans de {grands déveleppements? Toujours, il aurait fallu ajouter : et cependant, ces choses d'ici-bas ne sont rien auprès de celles aue Dieu a prî^
Î}arées à ceux qui Vaiment. C est pourquoi, à a vue de notre impuissance à apprécier un tel bonheur et de telles beautés, il a mieux aimé nous indlauer brièvement les princi-
Î)aux termes de la comparaison que de nous a développer en tableaux plus ou moins séduisants. C'est ce qu'on appelle une démonslration négative^ au moyen de laquelle on fait voir ce qu'une chose est par ce qu'elle n'est pas. Ne nous étonnons donc point de roDSCurité du langage qu'on remarque dans les livres saints, relativement au sujet qui nous occupe.
Dans notre condition présente, un langage plus détaillé, en dépassant la portée de notre e$prit, n'eût servi qu'à exciter davantage notre curiosité, au lieu de la satisfaire. Hai5, cette brièveté de langage, ne nous arrive-t-il pas d'en user nous-mêmes plus d'une fois, lorsque nous voulons exprimer quelque sensation extraordinaire et imprévue? Ne mettons-nous pas alors de côté les descriptions impuissantes, pour dire, comme l'Apôtre : Ce sont de ces choses qu'il e^t plus aisé de ressentir que de définir, et que Ton rend
(520*) Itecoculut vidUt nec auris audivît, née in cor hominis aêcendit qum frdffaravtt Detts his qui dilignni êUum. {l Cor. jj, U.)
PAR
DESTHET2QUE GHRETIENNK.
PAR
mtêiis fMiP Id silence et par quelques courtes exclamations que |)ar rabondance des discours : Areana verba quœ non Keet homini torni. [Il Cor. xih i. ) Or si, dans Thumble spnère de nos idées et de nos sentiments, nous ne trouvons rien de plus propre à les exprimer que la sobri&é du langage, nous étonnerons-nous que i'Esprit-Saint l'adopte de préférence pour nous indiquer un ordre de sensations infiniment plus vives, plus profondes et plus élevées?
Mais Téternité du bonheur qu*elles nous procureront n'est-elle pas propre èen diminuer le prix? et n'avons-nous pas quelque sujet de craindre que, sous le joug monotone de cette éternelle uniformité, les élus de Dieu cherchent en vain cette éternelle félicité oui leur avait été promise ? Une telle appréciation n'est fondée ni en justice ni en raison, pan^e qu'elle est opposée à la nature de l'homme destiné à jouir, et à la nature de Dieu, objet de cette jouissance. C'est dire que Téternité du bonheur. que nous procure fa t>eauté est dans la nature de l'homme et dans la nature de Dieu. Ces deux propositions entrent tout à fait dans le domaine de l'esthétiaue ; c'est ce qui m'engage à leur donner quelques développements.
Si nous consultons l'expérience journalière, elle nous apprend que l'homme dès ici-bas ne comprend pas de bonheur possible sans ridée de l'éternité, soit qu'il cherche ce bonheur dans la beauté qui captive ses sens et son esprit, soit qu'il Je cherche dans celle qui captive son cœur. Notre vie s'écoule tout entière dans l'exercice de nos diverses facultés et dans les jouissances que cet exercice nous procure ou que nous I ui demandons. £t tel est l'attrait gue nous y trouvons, malgré leur imperfection et leur infériorité auprès de celles du ciel, dont elles ne sont qu'un avant -goûi, que l'œil de l'homme ne se rassasie point de voir, .non satura'iur oculus Dtâu, ni Toreille d'entendre, née auris auditu impietur (Eccle. i, 8), les choses qui nous plaisent et dans lesquelles nous aimons à trouver notre félicité. C'est ce que TEsprit-Saint nous dit lui-même, et c'est ce que nous confirme d'ailleurs Texpérience de tous les siècles. Et cela n'a rien d'étonnant, si nous nous considérons, ainsi que nous l'exposons dans un autre endroit, que par suite de la révélation divine, laquelle embrasse les arts, les sciences et la poésie, nous touchons par (juelque c6té à iinfini, qui est Dieu; or, l'inhni est étemel. Voilà pourquoi les païens eux-mêmes se représentaient les justes après leur mort , oc-' cupés dans les champs Élysées des plaisirs, des jeux, des exercices qui les avaient rendus heureux sur la terre.
Oui, malgré la vanité et l'insuffisance radicale des choses d'ici-bas, il est encore de ses'cboses que i'œil de Thommene se lasse pas de voir,' non saiuraiur oeultM visuy que son oreille ne se lasse pas d'entendre, nec mrif auditu impletur: 11 est de ces jouissances vives et persévérantes que le temps a leur fréquence rendent encore plus vives
au lieu de les affadir. Et voyez, en effet : les hommes appliqués à l'étude des lois de la nature trouvent la vie beaucoup trop courte
Kur s'y livrer comme ils voudraient le faire, consentiraient volontiers à vivre éternellement, occupés sar.s relAche de ces recherches et de ces découvertes qui leur offrent tant d'attraits. Ceux qui aiment les spectacles, les jeux publics, les beaux édifices, ne se lassent point de les considérer. Ceux que séduisirent de bonne heure les charmes de la mélodie et des harmonieux accords, ne se lassent pas non plus de prêter Foreille aux accents enchanteurs de la musique, et parvenus à un Age avancé, ils voudraient recommencer leur carrière, pour entendre encore les chants harmonieux qui les ravissaient autrefois.
Ainsi, dans cette vallée de larmes, l'homme ne se rassasie pas de voir ni d'entendre ce qui peut charmer ses yeux ou ses oreilles, et l'on croirait qu'une fois dégagé des liens qui l'attachent à cette terre d'cxiî, il finirait par se blaser sur les jouissances célestes desquelles Dieu a dit, par la bouche de son Apôtre, que l'homme n'a jamais rien éprouvé de comparable ici-bas ?
Mais, si des jouissances des sens et de l'esprit, nous passons à celles du cœur, la remarque devient encore plus sensible. Ce cœur éprouve en effet un besoin insatiable d'amour et de tendresse. Quel que soit l'aliment de sou amour. Dieu ou la créature, il faut qu'il s'attache à quel«}ue chose. Ce besoin d'aimer est si impérieux que peu de personnes y résistent, et qu*aux yeux du plus grand nombre, aimer et être aimé, c'est le bonheur suprême de la vie. Maisridée de l'éternité se lie tellement dans notre esprit à celle du bonheur, que, même dans les attachements humains les plus [irivoles, les plus fugitifs, ou ne parle que de s'aimer toujours. Nous passons comme une ombre sur la terre ; nous le savons, nous en faisons Taveu, et cependant Tidée d*un bonheur éternel est si fort enracinée dans notre Ame, que nous ne pouvons nous accoutumer à la
Eensée que des liens si doux soient sitôt risés. Que de fois, malgré leur insuffisance et leur fragilité , n'avons-nous pas désiré qu'ils fussent éternels, ne voulant, ne recherchant d'autre bonheur gue la prolongation infinie d'une telle félicité? Oui, chacun de nous en a fait plus ou moins l'expérience et a compris par cette épreuve du sentiment la plus sûre de toutes, que, sans l'idée de l'éternité, le t>onheur le plus parfait ne saurait être digne de ce nom.
Or, si nos affections humaines pour des beautés périssables ne peuvent se départir de cette idée de l'éternité, que sera-ce de celles que nous éprouverons un jour dans le sein même de Dieu, dans ce foyer inépuisable de beau et de bien, de vie et d'amour! C'est alors que nous coçiprendrons parfai • tement comment réternité est la condition du beau et du bien, non-sëulement du cOt<^ de l'homme (ce que nous venons de voir),
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PAU
BQ^ksBifopreidii'Qftti de Dieu ( ce qu'il noua
Sa effets^ si Texpér ieace nous apprend que les désirs, de Iwmme sont insatiables, de telle; sorte qih'il voudrait jouir sans fin et sans relâche, la foi nous apprend à son tour que celtcQ éternité d.e bonheur qui, en tant que besoin est dans 1^ nature de rhomme, est, en tant que puissance de satisfaire à ce besoin^, dan.s la nature de Dieu. En effet, ce n'est que dans sa lumière divine qu'il nou^ sera, donné un, jour de voir clairement la lumière, l'éclat de sa beauté < If^. lumine tuo tidçbimus lumen, (JPio/, xxxv, 10.) Ce n'est que; dan^ le sein de Dieu, souirce d'amour et de vie,. que nous pourrons satisfaire pleinement ce- bescmi d'aimer dont notre ftme fut poursuivie diirant tout son pèlerinage. Or, cette beauté, cette vie dj6 Dieu« étant éternelles comme lui, ce n'est que là que notre esprit et notre co^ur trouveront un aliment éternel.
Avez- vous jamais remarqué comment, depuis des millierâ. d'années, le soleil, cet immense foyer de lumière et de v^e, darde SQ& rayons bienfaisant3 sur toutes les parties de l'univers, sans jaoïais s'épuiser? Ainsi, et à plus forte raison, Dieu, principe souverain de lumière et de vie, illuminera, vivifiera les élus , sans jamais s'épuiser. En pourrait-il être autrement, lorsqu'il nous dit lui-même : Je suis oelui qui suis (Exodi, m, 1^) ; a moi seul appartient l'existence que les autres créatures ne* tiennent que de moi; à moi s&ul donc l'éternité ; moi seul, je puis !a communiquer aux créatures formées do ma main ?C est donc au centre de ce foyer lumineux que nous» verrons clairs comme le jour les secrets de la nature les plus cachés,, les motifs qui ont dirigé la Providencc^ dans la conduite des affaires de ce monde, les causes de la prédestination, Tunité de Dieu avec la Trinité des personnes, et dans les perfections divines le type ineffable de la beauté infinie, la source unique et inépuisable de toutes les beautés de la nature et de l'art qui ne sont que le rayonnement de la divine beauté; C'est ainsi que les élus, transformés dans leurs corps et dans leurs Ames en la splendeur de Jésus-Christ luimême (52i) verront Dieu. Ils se verront, ils se reconnaîtront entre eux distinctement de même d*un amour si ardent et si doux qu'ils ne pourront se lasser de le goûter et de l'exprimer. Oui, nous nous retrouverons nous nous aimerons, nous nous contemplerons distinctement, chacun dans son individualité. Non-seulement ^Eglise nous l'enseigne, mais la raison et la justice l'exigent ; autrement l'absartion en Dieu^ telle que l'entendent certains mystiques exagérés, serait le panthéisme tout pur. Sass doute, Dieu a4m.é, contcMOEiplé par-dessus tout, sera notre findernière^ comme il doit Têtre ici*, bas. Mais, Dieu aimé par-dessus tout n'ex^
(521) Configuratum {corpus nçslrum) corpçri c/afilaiis «ttor. ( Philip^ ni.)
(5il^ Dans la rurit du 15 juillet, h loîttiré, cons- (riiiie ca partie en bots de cèdre, prit feu, par la né-
dura pas ua amour personnel et distinct
Sue nous nous porteron;;, même à. divers egrés, car il y en aura dans l'amour resr pectif des élus, comme il y en a dws leur gloire et dans leux bonheur. Or cet amour, cette gloire, ce bonheur auront en définitive leur terme et leur cd^ironnement dans cette beauté toujourê. ancierme et toujours nour velle qu'on appelle Dieu.
PARALLËLE entre le style roman et le style ogival. Yoy. Roman.
PARIS ( Manuscrits de chant de la bi-
BUOTHÈQUE IlfPÉRIALE DE). Yoy^ MANUSCRITS^
PARIS (ËGusfis de). Voy. Invalides (^lise des). GENEviàvB (Sainte-), Caractères, Contrastes, Dimensions, Frange.
PARTHËNjON, ou temple de Minerve, à Athènes. Voy. Architecture, Caractères, Sculpture»
PAUL (Saint-), hors les Murs, à Rome. A Tarticle Bi^siMQUB, nous racontons la fondation de c^lle qui fait Tobjet de cet aKicle, et nous donnons l'énumeraijon abrégée- des dons précieuXi et. des magnifiques largesses dont elle fut comblée par l'empereur Constantin, son auguste fondateur. Construite ^ur une propriété de Lucine, noble dame romaine, et dans le lieu même où saint Paul avait reçu la sépulture de Timolhée, son disciple, elle fut agrandie par Théodore en 388, et terminée par Honorius, telle qu'on la voyait encore en 1823, année où elle fut
Eresque entièrement consumée en moins de uit heures, par un violent incendie (521*) qui n'en laissa subsister que le portail, les murs extérieurs en partie et la grande abside.
Ce temple auguste était, et il est encore (maintenant que, grâce à la munificence des Papes, des souverains et des fidèles de Vu* Divers catholique, il va être complètement et dignement réidifié sur l'ancien plan), une des plus vastes, des plus belles églises de Rome et du monde entier, et celle qui, avec Sainte-Marie-Majeure, reproduira le type le plus pur, le plus fidèle de la basilique, telle que nous Tavons décrite à ce mot. Par con^ aéquent, la description que nous allons faire de l'ancienne basilique, sera à peu de chose près, applicable à celle qui est destinée à la remplacer^ C'est pourquoi nous nous ser?i« ronsdu temps présent au lieu du pasBé^ et de l'avenir^ et nous, ferons d'abord reraar^ quer.que cette église, qui possède une partie des corps de. saint Pierre et. de saial Paul, estunedesquaitregrandes basiliques pa? triareales de Rome,, parnoi lesquelles elle oc^ cupe le quatrième rang. Elle a ui)e longueur totale de cent quarante-trois mètres«vingt*-einq centira. hors d'ceuwe, le povebe compris, et une largeur, à lacrnix^ de soiiantei^ieBl mètres. Elle est à cittq nefs, dot)t.Ia.pnDcipalcy recouverte^d'uniamhtis^a trenjte.mètfes de hauteur.
« La forme démette église, dit M. Quatre^ mère de Quincy), est donc celle d'osa
gligedce (Pun plombier, q^i laissa dans un réchaod des charbons dont la fhunme dévora les herbes dcs' séehées qui coiivraienl le toit, et embrasa ensuite lout rédillec.
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D^ESTHEVIQUE GAETIENNE.
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bà$iKqut^ «t flaèrno des plus grandes, telle. ii«r eietbple, que fa basiKque Emilienvie, à laquelle ^lle ressemble beaticoup par le plan. La nef est ornée de qnatt^e-viof;! colonnes de tnarbf e, presque louleis d'un seul bloc. Plusieurs cependant ^nt <le deux pièces ; mais te joint est si bien fait et si adroitement placé à Vendroît où se termine iarudenture, qn'on les croirait d*un seul morceau. Ces cotonnes forinent cinq allées. Celle du milieu en a vingt de chaque) cMë, les latérales en ont arutant. Des quarante oui bordent la gnmde nef^ yingt^quatre ont été tirées, à ce qQ\>n prétend, du mausolée d*Adrien. Elles ont environ trois pieds de diamètre ; sont corinthiennes, cannelées dans toute leur longueur, et rudentées jusqu'au tiers. Le marbre est blanc et violet, quelquefois bleu céleste {pa!vonaz€tto)y et l'antiquité ne présente rien en ce genre de plus précieux pour la matière et pour le travail, pour la beauté des proportions, le galbe des fûts et la sculpture des chapiteaux. Ceux-ci sont de marbre blanc qu'on dit de Paros ; l'exécution en est belle, ainsi aue le profil des bases. Les seize autres sont d un marbre blanc grisAtre, d'une espèce de civolino; elles sont grossièrement salbées, Tes chapiteaux et les bases en sont mal travaillés. Il n'y en a pas deux qui se ressemblent dans toutes leurs proportions. Les quarante colonnes des bas-côtés sont de marbre assez ordinait'e ; elles étaient autrefois presque brutes. Le poli qu'on leur a donne depuis quelques années,, n'a cependant point encore remédié à l'irrégularité de leur galbe. Elles sont moins {[rosses que celles de la nef et sans canneures. Dans les deux branches de la croisée on voit aussi beaucoup de colonnes de dilTérents marbres, mais placées sans rapport à la grosseur et à la couleur. Le mur qui fait la séparation de la branche latérale est porté par des colonnes degraoit. L'arcde ce mur est supporté par deux colonnes, d'un beau granit oriental: Te fond de Féglise, ou, ce que les Italiens appellent la iribuna^ est formé [)ar un vaste bémycicle revêtu de mosaïque (522). »
Auprès de la basilique, desservie par des religieux Bénédictins, ayant à leur tête un prieur (522^), est le beau cloître du monastère, construit vers l'année 1215, et qui offre une grande analogie avec celui de Saint-Jean de Latran, ï peu près de la même époque. Ce cloître oifre quatre gale-^ ries voûtées, avec des arcades soutenues par de petites colonnes, la plupart incrustées de mosaïque, ainsi que Tentablcment.
Selon la remarque que nous avons déjà bile, cette superbe basilique est sur le point d'être totalement reconstruite dans les mêmes dimensions et sur le même plan qui existaient avant l'incendie qui en dévora M plus grande partie. II n'y aura, entre l'une et Vautre, d'autre différence que celle des aatériaux, qui seront généralement moins ri-
ches, bien que tous de raarbfe, tant dans la noarel'te qise dans Tancienne église. Mais 1 ok^donnanee générale, la distribution des détails et les motifs de la décoration architecturale, seront absolument les mêmes. On peut dès è présent juger de l'effet de cet ensemble ai grmdiose, <en le comparant À celui du nouveau Saint-Pierre, qui n'a retenu de la bmliquB que le nom ; on peut Clément se convaincre que, soit au point de vue de Testhétique pure, soit au poânft de vue hiératique, le temple du Vatican^ est,, malgré les sommes fabuleuses qu'on a enfouies dans sa construction et Analgré les. efforts des nombreux et habiles architectes qui y ont présidé, resté inférieur au type vraiment basiiical dont Saint-Paul hors les Mûrs va redevenir^ comme autrefois, Tun des plus purs, l'un desplus splendides modèles. C'est la réflexion que j ai entendu faire à Rome même, dont les archéologues^ quel que soit leur enthousiasme, d^illeurs en baisse^ pour l'église Saint-Pierre, sont forcés de convenir que celle de Saint-Paul sera la plus belle de toutes celles de la. capitale du monde chrétien.
On trouvera encore d'autres détails estbé«tiques, sur ce magnifique édifice à la fin de l'art ici e Saihtb - Marie - M^Bimt. Nous croyons utile de terminer ceiui^ par une note abrégée, mais exacte, au point de vue hiérarchique , sur les basiliques existantes actuellement à Rome.
Illustrées par les relique^ des apfttrès et des martyrs, désignées dès la plus hante antiauité pour les stations jet les offices pohtificaut des Papes, qui avaient coutume d'y prononcer leuirs homélies, en présence du clergé et du peuple réunis, érigées la plupart sous le règne et aux dépens de l'empereur Constantin, qui déploya dans leurs constructions la plus grande magnificence : enrichies d'objets d'art les plus remarquables, les plus précieux, ainsi que de nombreusesfaveurs spirituelles, ces basiliaues sont les premières en dignité de tout 1 univers^ Oa. les divise en màjtMrts et en minewrtÈ. Les basiliques majeures sont au nombre de sept^, savoir: Saint-Jean de Latran, la première de celles érigées par Constantin, dans les dépendances du palais du sénateur Lattmr 7iz(9, donnée à cet empereur avec le palais au pape Sylvestre, cl devenTie- l'église épiscopale, la cathédrale de Rome ; tiire glorieux qu'elle possède encore aujourd'hui, et qui lui donne la prééminence sur toutes les églises de la catholicité, dont elle est la mère et la maltresse, étant le siège de l'évêquede Rome, chef de tous les évoques. C'est pourquoi on lit en gros caractères sur soii portail : Ecglesia Latbiia?ib!«sis urbis et Orbis ttATBR BT CAPUT. La 2* A^s basilîques majeures est Saint-Pierre du Vatican; la 3% Sainte-Marie-Majeure ; la k% Saint-Paul hors les Murs ; la 5% Saint-Laurcnl hors le*
(522) Dkfiomiatre d'arckHitcluré, au met Bast'/i- basilique» patriarcales, qui ne soilp.is dc»t»cr\lÊ pair fuel. un chapitre.
lS2i*) Celle é($1iseest la seule des quatre grandes