PAO
Murs; la 6V Mainte-Croix de Jérusalem ; èl la 7% Saint-Sébastien, sur la Toie Appienne. Les quatre premières de ces sept basiliques maieures ont le titre de patriarcales » parce qu elles représentent les ({uatre grands patriarcats d^Occident et d'Orient , savoir : Saint-Jean de Latran, le patriarcat de Rome ^tde tout rOccident; Samt-Pierre du Vatican, Je patriarcat de Constantinople; Sainte- Marie Majeure* celui d'Alexandrie ; et Saint- Paul hors les murSf celui d'Antiocbe. Les chapitres de ces grandes basiliques patriarcales sont des plus insignes , surtout celui de Saint-Jean de Latran en présence duquel les autres, même celui de Saint^Pierre, se tiennent debout, lorsqu'ils le reçoivent dans leurs églises respectives. Les enanoinés ont le costume et le titre de prélat romain; plusieurs même parmi eux sont des évoques ou des archevêques. Ils ont, pour do^en, un cardinal, qui porte le titre a'archiprétreL Ils ont, comme prélats, le droit d'assister aux fonctions papales. Le chapitre de Saint-Pierre, qui est le plus nombreux, se compose de trente chanoines, de trentecinq bénéficiers, de vin^t-six clercs bénéficiers, de Quatre chapelains innocentins , de six chapelains de chœur» et de vingt-six chapelains, d'orchestre , ce qui porte le personnel de ce chapitre à 128 ecclésiasti- Zues, chajioines, bénéficiers et chapelains, es chanoines ont, chacun, un logement complet au premier étage de la superbe sacristie (véritable palaisfque Pie VI fit construire près de Saint-Pierre , et qui coûta plusieurs millions.
Ces quatre basiliques patriarcales sont les seules où le Pape officie pontificalement à certaines fêtes , marquées par les constitutions a))Ostoliques. Elles ont seules aussi le privilège de portes saintes. Réunies aux trois autres, elles forment le nombre des sept principales églises qu'il faut visiter pour gagner les indulgences, surtout pen<^ dant les jubilés. C'est ce qu'on appelle Im visite des sept églises.
Les basiliques mineures, qui ont la préséance sur les neuf collégiales et les cinquantequatre paroisses de Rome , sont au nombre de six : Sainte-Marie m Transtevere ; Saint- Laurent inUfamoêo; Sainte-Marie inCosmedin; Saint-Pierré aux Liens; Sainte-Marie de Regina eœli ou in Monte santo et l'église des youze-Apôtres. Chacune de ces basiliques mineures est un titre cardinalice et a un prélat pour vicaire. Chacune a aussi « dans les processions. sa, propre bannière, des massiers portant dès b&tons recouverts de velours» dorés k leur extrémités , et marchant en avant. Sans ces cérémonies , chaque chapitre est précédé de son pavillon f formé de deux oandes de toile à deux couleurs, jaune et rouge, disposées en cône et porté par des clercs , précédés de la cloche
(5â3) Comme spcaméii d*une des restaurailons archéologiques les j^us importantes et les plus intelligentes de Vëpbque, nous; l'eproduisons in ex* tenso la notice cbivplète de Uf l^ules Salles sur ce
en argent et suivi de la croix eapitolaire. Ce pavillon emprunté» comme. plusieurs des antiques rites de la liturgie, aux usages de rOrient, s'appelle canopée p du mot grec xwvflAfrfîov). Il est commua aux chapitres des treize basiliques, majeuires et mineures. Celui de Latran, à cause de sa suprématie et de sa double juridiction sur sa Basilique et sur celle de Saint-Laurent ad sancta sanciariitn, a le privHéga d'avoir deux cloches, deux pavillons et deux croix.
PAUL (Saint-) de Londres, foy. DAvs.
PAUL (Saint-) de Ntmes (52S). Il a été plusieurs fois question de démolir et de reconstruire l'ancienne église Saini-Paul. Ce; projet a occupé l'attention du conseil municipal pendant la session de 1824; mais les. finances de la ville, engagées dans les dépenses d'établissement de fontaines Jaillis-» santés, ne permirent pas d'y songer sérieusement à cette époque.
£n 1828 et 1832, ce projet fut repris et d& nouveau abandonné. On se contenta de fiiire quelques réparations à l'ancienne église,, pour consolider cet édifice qui menaçait de tomber en ruines.
. Il était réservé à la municipalité de 1835,. et à un maire protestant , que Ton a trop, souvent accusés d'avoir méconnu les besoins et les intérêts de la majorité nimoise, de rér soudre le problème et de doter notre ville d^uL riche monument érigé au culte catholique.
Notre intention n'est pas de rechercher jusqu'à quel point il était prudent et convenable d'engager pour de longues années les. ressources financières de la ville ; c'est une question d'économie politique que nous ne sommes point chargés de résoudre. Notr& mission est tout artistique, et, à ce point de vue, félicitons-nous des notables améliorations qu'une administration de quinze années a introduites dans notre cité, et des riches monuments qui sont venus décorer nos places publiques.
Ce fut en 1835 que le conseil municipaF reconnut unanimement l'insuffisance de Féglise Saint-Paul pour ce quartier de la ville,, qui avait vu augmenter considérablement sà population. Il signala le danger que faisait courir aux fidèles le peu de solidité dv bttimeut et la nécessité imminente d'en construire un nouveau.
La commission des travaux publics fbt immédiatement chargée de chercher un emplacement convenable et de rédiger un programme,
Plusieurs points ftirent signalés : 1* celui du lavoir (place d'Assas], qui eût été transporté vers l'extrémité du Cours-Neuf; 2* celui du Marché-aux- Boeufs ; 3* une île de la rue Neuve, occupée par des constructions peu importantes; 4* enfin , les terrains sur lesquels s'élève aujourd'hui la nouvelle église.
La proximité des boulevards, te voisinage
Ucaii monument ; néanmoins, sous toute réserve de celles de ses opinions sur Fart et sur Tarcbitecture cil particulier, qui pourraient dilTérer des iHHres.
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D ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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du vaste déboucbé de la Madeleine, le passage continuel des étrangers qui , de notre amphitbéfttret se rendent au temple romain et dans le sanctuaire de Diane, tels furent les principaux motifs qui influèrent sur le choix de cet emplacement ; bien que plus coûteux, il fut, après plusieurs séances du conseil, définitivement adopté , et ce fut surtout à Tadministration municipale que l'on dut cette importante décision.
Le prix du terrain acquis par la ville s*éiera à près de 250,000 francs; Tentrepreneur ne se chargea des matériaux provenant de la démolition des vieilles masures que pour la somme de 10,000 francs.
Dans sa délibération du 1" juillet 1835, le conseil municipal arrêta qu'un concours, appelant les architectes de la localité et du dehors serait ouvert pour Texécution de la nouyelle église de Saint-Paul. A cet effet, un programme fut rédigée et affiché dans les principales villes de France : on organisa un jury avec mission de classer les projets dans l'ordre de leur mérite et de leurs avantages.
Les plans envoyé», au nombre de trente furent exposés dans une salle de la mairie: les nombreux visiteurs qu'ils attirèrent furent une preuve d'un vif intérêt de la part du public et de l'opportunité de la mesure adoptée.
Dans sa première séance le jury com* mença par choisir les six projets qui lui parurent les plus dienes : enfin, dans la réunion|du 9 mars 1896, le projet de M. Questel, portant le numéro 11, fut couronné. C'était une église dans le style roman ou byzantin, digne en tous points d'embellir notre cité enjoignant aux monuments romains dont elle s'enorgueillit, un édifice de l'époque suivante, qui servit elle-même de transition aux cathédrales gothiques.
Le projet portant le numéro 26 fut classé au second rang, et l'auteur M. Bourdon, auquel notre département est redevable de nombreux et de remarquables travaux, reçut du conseil municipal un accessit de 1,000 fr.
Le programme avait fixé à 250 mille francs la somme à dépenser pour la construction de l'éçlise; tous les concurrents avaient réduits leurs plans et devis à cette limite ; mais dans cette circonstance comme dans beaucoup d'autres» les devis supplémentaires et extraordinaires sont venus plus que doubler le chiffre primitif.
Le projet adopté fut envoyé à Paris pour être soumis è l'examen du conseil des oAtiments civils et à l'approbation du ministre de l'intérieur. Sur leurs demandes quelques modifications furent apportés au projet, par suite desquelles la sacristie, repoussée à l'extrémité de réglise, permit d'étendre les transsepts, et d'augmenter l'importance du monument, en lui donnant 150 mètres de plus en surface : la forme du clocher fut aussi changée ; la tour, qui primitivement était carrée, devint octogone, et la pierre fut adoptée pour la flèche, qui, dans lie principe, avilit été simplement mdiauée en charpente.
Toutes ces formalités: aaministratives pri-
rent beaucoup de temps et ne permirent d'adjuger les travaux que le 8 février 1838. Plusieurs présentèrent des soumissions en augmentation des prix désignés ; un seul eut le couraee d'offrir un rabais, et quelques mois après il devenait victime de sa funeste confiance. Après avoir dirigé les travaux des fondations et des soubassements, et élevé les murs jusqu'à la hauteur d'environ 3 mètres, les sieurs Chambaud et €*• reconnurent leur erreur : les bas prix auxquels ils avaient soumissionné ne leur permirent pas de continuer cette entreprise, et au mois d'août 1839 les travaux restèrent suspendus. La résiliation du traité fut prononcée par l'autorité, les devis furent vérifiés, et ce même jury qui les avait d'abord approuvés fut obligé de reconnaître la trop grande infériorité des prix, soit des matériaux, soit de la main d'oeuvre. N'aurait-on pas dû indemniser de quelque manière ces entrepreneurs entièrement ruinés, et payer leurs travaux aux prix qui furent adjugés plus tard? Si ce n'était pas là une question de droit légal, c'en était au moins une d'équité.
La nouvelle adjudication fut en effet augmentée de près d un tiers sur les observations longuement motivées de M. Cadal, entrepreneur à Alais, et prononcée dans des circonstances bien plus favorables pour les soumissionnaires, en faveur de MM. Auphan et Arnavielle, d'Alais.
Ceci se passait au mois d'avril 18^1. Depuis cette époque, les travaux furent toulours continués, sinon avec une grande célérité (la limite des crédits annuels ne le permettait pas), du moins ne subirent-ils plus aucune interruption.
En 18Ui, la construction avait atteint un degré d'avancement indiquant que l'édifice allait être achevé quant à ses gros travaux ; alors le conseil municipal, dans sa séance du 22 avril et sur la proposition de M. Girard, adopta le projet d'ameublement et de décoration dressé par l'architecte.
D'après ce projet, le chœur ainsi que les deux chapelles adjacentes devaient être entièrement décorés de peintures murales; toutes les fenêtres fermées par des vitraux peints, les autels taillés dans le marbre, et la menuiserie de noyer recevoir dans son exécution toute la perfection de travail que cette matière comporte.
L'administration voulant obtenir les meilleurs résultats dans l'exécution des couvres d'art oui devaient décorer l'intérieur de l'église saint-Paul, les confia à des artistes dont le mérite incontesté était un gage de succès. M. Hippolyte Flandrin fut choisi pour exécuter les peintures murales destinées a décorer le cnœur et ses dépendances ; et M. Denuelle, pour les peintures d'ornement qui encadrent et accompagnent celles dé M. Flandrin.
La peinture à l'encaustique étant reconnue comme la plus favorable, fut préférée par l'administration et acceptée par ces artistes. Préalablement des enduits eu stuc avaient'
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M faHs sur l|9s t^ixps^ apr^ <ie ^Qwbvfd^t^ j^xpérjusruicsàuifie dijr^e^tpas ino/iis d-iing oni2^^^ sojta IKio^a;/ ^U a Par|s. Le bii| aiaVn se propps^it et qa'àff croît avoir ^tt^iVt, etaijL d/^ (rouy.er u4 eddûit gui ëOt assez jàp force ppuf ^d^érer parfài^eioent «u^ ûiM*$i pi fût cep^^d9I)t asse^ ppreu^ pour que' I<i cire y pin^Â^ etiit icQrpsaveislui. Les s(i|cs {ùreut (Ipiits «vec J/3 .conêjpurs d^ fi|l^. Bidret laap, jde Cl;â}OD-s\ir-S40ne. ' ^ - jpps VUr^ax firent cQfiûés ^ ^M. M^i'^cbal m Guguon. de Meiz, connus pour les travaux repaarquableç (ju- ils ont exéi'utés en ce genre ^,49^ les pf incipjiles villes de ^France.
L'opme ti\i pommàpclé Iji ^tM/ Çayaillé- Coll, de Paris, auxquels le gouvérpemeni % coqfi^ Vcxécutioa liest^elles prgM^^ d^Sa^Dt- Pf^qîs, de l£( Madeleine et d up gr^nd pôofbre d'église^ importQntes.
Nous parlerons plus t^rd ^9 l'autel principal, qui e3t un d^s plus biBaui: ornement^ du cbœur, de U t^b|e de coq:ia]\ii)io|^ ^\4^^ Q^orages de me^uisierie.
P(îndant le cours des travaux, quelques accidents sqi}| y^mii ^{tristejP doutqureysementnos concitoyens. Lé maçon Bertlie^^ne et le frè^e de V^ntr^pr^n^uf ont p^fdu la vie à \a, suite d^ pnute^ ope^aj^ioiinees soit par iqaprudencei soit pà;? que sjîp^rilé trop confianjte. L*entrepcen^ur Jui-môpg M. AW" ^ifille, Aprè^ m^ «bpte (je qujôze râefros, p a dft son salu.t qu'à up d^, ces q^sarqs npiraou- Jeux que marque le doig^ q^ ^9 {^^Qvidepce. S^ns qome ces fune^tg; fuocidents sgnt ï dépl9rer,R)aiçsMls n'oni p^^ è(é plus nombreux
Eead^nt di^: $|npés ^^ i(r4^aui^, il fouit ^^ttri- 4çr^ l<i IVLryeilliphGe ip cessante d^ ^bus les «WPloyfe, dftût le zèlQ s^sl sôutpnu, ei à la prudence des sieurs Arnayielle, n^b\les çon- ^(ructçuçs^qv^i ae doiv^h^ Iei|r position qu à eviXr{n6Qifis 9t n'^ont jam^^ craii)^ dexposcir leur jw?wenç ppMr préw^i^r k m dumoin- 41^ (le ^eur$ Quyri^irs.
Nofts tecwmerQHs cet ei^pQ^^ «ide p^r le t^suroô des dôp^^^es^ qq'à opcftsion^es ce monument : 4cb4ts d^s terrtipii et frai^
4e copient. . ^ . . .
?«¥U po.yr le$ grosf e% pi^-
çonnerifts, y compris T^us-
meniatioo de ptè» d'uu
tiers» recooDue iudispfiQsa-
ble par^la campftisj^iojik eipr^s
la première résilia^ipo c|u
tmté* .•«....
Bevia suppl^m^utaiçe Si9i637
Indemnité de 4ép(i|ceiueA^
accordée ï l-arcbit^çte. . . 3,0jDft Acces^i\ à l[. Buurdm. . . . \M> Beinturo^ exécutées par M-
FlaBdnn 3»,QO0i
Heioturea d -o^nemepts» con-
copfiées il M. penueile. 3a,QW ^, Vitraux» orgues, mçAuisf^T
rie, etc. / 1(3,98.4 M
966,712 fr.ei Sur cette somme le gouveruçmcnt k concouru pour 23,000 fr.
m^ m fr. ^
ArçhUecture ft sculpture. — Çnlre tous les projets présentés au concpurf, le n* 11 avilit ^t^ çoi^pnné. Citait un moauipent dajis 1^ ^yle de çéjax du xi* sièclp ^ qu'on peûf ^^^''Àciériser par la d^ijioiuiûatioa de rpi?taii bu £{^j;^f n.
Pour l^i^n comprendre le c^raciàr^ architectural de Qpiie époque^ il ne s^pâ pas inu- .iife de j^ter un coup d*œil rap|<fë surThistoire de rarct^iteçiujre dans \p$ |i^ps pn6oMents.
Cet ar( qui, epyisa^ $eu!^>^^9^ ^^^ ^^
t)oint qp yup d^ VxkiiUl^^ Véip'pôr^ $ur tous es autres, ziaqûit avec la premi^a lueur de civilisation et méril^ d^étre apf)^!^ FO'rt pat exeellençt, ainsi que Tinçiqu!? ^P 4typ^Mlo- Çie grecque
parmj les plus anciens peup)^^ connus ci)e9* lesquels il ^t^ej^pit pu certain degré ^p perfection, il faut citer surtout l^s Baby- Ippie^Sy le^ Phéniciens et les juifs. Les ^trus- ({ues s|3 ^ept remarquer par une solidité inébranlable, des proportions gigauteaque^ et une magpificence exagérée, qui donnent a leurs monuments un fispect plutôt étonnani qu'agréable.
|.e.s Gpeps qiodiûèrept leurs anciennes fori)E^es pgr une noble sin^plicité unie à I élévation du style, et |es beaux travaux de Phidias illustrèrent le siècle de Périclès. Si Tarc^itecture de cette époque possède une éyideple supériorité sur toutes \^s autres, c'est 44^ seule eileeutTavantage de trouver dans se; premiers essfiis un p)bd^{e à la fois §imp|é, riche et yfirié: c'est qu^Q ^Pi ^oU^n elle ni j^^rdies^e pi çâpriçe,qu| ^q^posent 4ux yéi)x; qu'elle tire toute s^ t>^auté dé s^s Pfopprt)ops, et quç^ç§ proportipqs ellermân)^s 3QPt si justes (luê rieri nj^ paraît gr^ud quoique toutle sqU.
Les Romains n avaient riep produit de comparable auxcpçfs-d'œuvrede 1^ Orèce:
CQ n est que sous le règpp d Auguste qqe TAft s'élev«\ jusqu'au d^Sr^ de perfection dont il é^ait susceptitfle âlor^. Cet ^napereur convoqua, le^ architectes grecs qui'i(v§ient quitté Içur patrie pour Roq^e, fi fu oqi\strûire un gr^nd pombre d Quvrag<^s dbn^ pops 9A^ miropi^ epçore les précieux (rQgmepts. Ces ouvrages peuvent dtre regardée, jusqu'à un cartàip po^nt, cb(n'mçdes|c^efMi.*o^uyre, avais il leur ipapque cependant là gr^uU^pr 91 le atyl^ coble dps Grecs.
Les successeurs d'Auguste embeUireni tpus». plus ou moins, \^ ville de Rppie» et le3 âr^s Qeurir^pt encore quelque tepips; m^is pn sort çpmpiup devait bientôt l^a en- ^~ey§Ur dans la même nuit. \a translation du si^ge de ('empîfip, ii Ry?apçe, en divisant leurs richesses et le^ u>rcçs de TËtat, porta le' coup mçrtçl api( upea et aux autre*. Vainement Cons^ftntip voulul repdre cette, métropole apss^ glpriepsç qu^ Home qu'il d,épopillait^ tousi ses elîpris, pour repibellir des plusso^uplueux mojoupftenls, prouvèrent que les arts na ^put^m^s. tp.pjour^ §oumi$ \ la puissance des rois.
■ L'Ualie, àbandoD.pée è la fucopr des Visigoth.s, se dépeupla de toi^ ce que Constan*
PAU
D*ËSTH£T1QU£ aiIlETlENNE.
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noiitPdx viw la pou^sij^rç les mpnujTJent^ 4o l'orgueil de RoEp«.. Tou3 l^s édifices furent copstruito dfptii^ 4tvec le^ débd^ f rjâçj^nx q«ff J*jl£fîpri(iiH)e ç)l j'airarjoe ra^s^mbîiii^n^ ^k lop^s Mri^. |Jq oubli JtK)nleu^ des propor- Mpn^, qe^ AM'o^t àes iconv^n^c^s el d^ )a de4inaljiP9 de c^s fragiiijçrUs, iOoçasipBiMl la cpofusîofî de im^ Ije$ a)ei»t)r6$ de J>rchJjtçeture et acbçva pi^r i^e miélaag^ 4*^9 dénaturer rpssençie.
On as^e^Dpbia les ço^om^s et l'on «n lit ihs piliers ^w le^sqp^I^ se trouvèrent ^Aei9^99 rpnfaa^ent ^e.s lent^bl^ipent^ r^pv^rs^ au hasard : ÔB j^|a dçs arcades $pr b$ cbapiteaw ppqr $tf ppM^r ^11 ûik^i d^P ptelftsbaotles el^ riipp^^s^^mpe 4^^ rpa se tnoiiv«it d'en UîUer.
LVçbit^e(yr9 perdit ain^i b$ divisions qui e9 r^n^iitiiai^nt la ooturet et, dabas en abus, elie Jibandooea jMsqu'à l'idée» ju.squ'au sourenir des Uppîi et finit par tumlwf dans un ¥4ritabJ# cfaâos.
Ici isommeui^^ une espèce dHntcrrègne d«D9 Tbifitoire de eei ari. Semblable k ces neuves qui disparaissent quelque iem^ja e.acbé$ sous lea sablée» et n^en ressorte at que fo^f reprendre un plus vaste cours. Part ar« chitectooiquo , enioui pendant les si^les d'iffnoraace, se remontre enfin pour donner la loi aux peuples naôme qui Tout anéanti : SQD empire va bientàt s'étendre $ur toute j'Eupqpe. •
Ob comprend que le christianisme, qui traesforma Ifi soeiélé, devait aussi exercer son influence sur un art qui avait pour mission de lui ))âtir des sanctuaires. 11 fallait que les églises chrétiennes différassent des temple^ païens z il ap^iartenait fc l'esprit de régénérer la forme.
Les temfiles grecs étaient ordinairement baS| inondés de lumière, presque toujours ouverts dans |eur sommet, et sans aucune espèce d'ornements intérieurs. La religion du Christ éleva des dames et des clochers, comme pour rapprocher des cieux le signe de la rédemption : elle décora les (nurailles de riches peintures, co^vrit les pavés do mosaïques, orna les façades de marbre pré* cieu^, et plfK^ aux entrées des portes d'airain si admirablement sculptées qu'etles $erotM^ dignes de fermer le Paradis (594).
Elle enveloppa ses mystères d'un demijour ménagé par des vitraux coloriés, et ob^ tint ear là un clair obscur fa vofahle au recoeiliemeat et à la prière.
Les ornements eux-mêmes ne sont pas une vaine parure dans les anciennes églises roiDanes : ils forment comnote un langage d'images religieuses. Chacun adpairç, dans ces monuments, uine profonde conformité du bulavee le plan, une grande impression des masses à l'extérieqr, enfin à l'intérieur, un ensemble çrand et jr^ligieux correspondant par sa maznîflcence è^ la sublimité des doctrines chrétiennes.
Ainsi rà^t, dont la décadence éta\t accélé-
ré^, commença $qus çetu influence nouvelle è |)0u;5$e.r pe»3 à peu de puissants rejetons. Les X' ^1 M' siècles virent renaître dans l'é-
I(lijSte de Sai/it-Mariî', è Ve«ise, les premières fueiirs du jour qui allait reparaître et donner y43 despjûs précieux monuments pour Thistoire de l'architecture; mais le plus rare, sans contredit, fut la cathédrale de Pise, bâ^ tie en |101$ par rarchilecle grec Busohetto de Dulipbiiim.
J^ien que rarabitectiu*e romane ne sojt qu upe transition entre l'architecture grecque et l'arcbitecture gothique, elle a cepeha4mt un cachet original qui lui est propre* Les églises de ce temps-la se reconnaissent à leurs tovrs droites et pointues» i Leurs colonnes groupées ensemble, dont les fûts et le.6 chapiteaux reçoivent des ornements iit détail 9 qui s'éloignent évidemment de là P4ireté et de la simplicité (^rimitive^; les arceaux forment le plein^cintre, l'ogive ne se montre presque nulle pari; Jos portes sont profondéfnent enfoncées dans l'épaisseur de^ murs de fSaçade, garnis de statues» de colonnes^ de niches et d*autres ornements. Tout annonce qu*on cherchait autre chose que ce qui existait déjè» sans avoir le courage d*abandonner lout h fait les anciennes traditions.
L'architecture byzantine» résultat des offerts que firent les artistes grecs de cette éooie, pour dissimuler» sous rapparence de la légèreté, les défauts des premiers essais, connus par le nom d'ancien genre gothique^ l'architecture byzantine, disons^nous» éveiUa l'imagination par ses voûtes richement ornées, ses belles ])erspectiYes et cette obscurité religieuse produite par la peinture des vitraux. £)le conserva de Fancien genre les voûtes hautes et hardies, les murs épais et solides qu'elle recouvrit de toutes sortes d'embellissements, tels que volutes, fleurs» niches» etc. Elle éleva dans les airs des petites tours et des flèches découpées comme de la dentelle.
Par la suite» allant plus loin eueore, elie perça à jour des tours monstrueuses qui laissaient voir les escaliers comme suspendus dans le vide; elle donna aux fenêtres une dimension extraordinaire, et plaça des statues jusque sur le faite du bAtiment.
Tels sont les principaux caractères du stylo roman, ou byzantin, qui jjrit naissance vers le IL* siècle*' et se maintint jusqu'au milieu du xur. Les morceaux les plus pré-cieux qui nous restent de cette époque sont : l'église Saint -Germain des Prés à Paris, Saint-Sernin à Toulouse, la petite église do Thor, dans le département de Vaucluse, Tadmirable cathédrale de 8aint*Gilles, oelle de Saint-Trophime à Arles, le portail de Sainte- Marthe ^ Tarascon et quelques autres morceaux disséminés dans le midi delà France.
Nous pouvons maintenant examiner» d^a
Eres ces données, l'œuvre de M. Queslel. ous érîterons autant qtie possible de fftidiguer les mots techniques pour nous udro
(8i4) Expression de Michel-Ange en parlant des portes du baptistère de Ptorence.
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bien comprendre de nos lecteurs^ tout en priant ceux d*entre eux qui sont plus versés que nous dans J'étude de Farchitecture, de nous pardonner, si parfois nos expressions ne sont pas parfaitement adaptées à l'art* dont nous nous occupons passagèrement en ce moment.
La forme de la nouvelle église Saint-Paul est une croix latine. Sa longueur est de 61 mètres, sa' largeur de 34 mètres. Le vaisseauV divisé en trois nefs, présente une surface totale de 1,472 mètres 66 cent.r la nef du milieu a 8 mètres 70 cent, de largeur. Elle est séparée des bas-côtés par de forts piliers qui supportent des arcs à plein-cintre,. surmontés par des fenêtres à vitraux coloriés.
Les trois nefs sont terminées par autant d^absides circulaires en forme de demi-cou«> pôles. Le plein-cintre règne sans partage dans tout le monument, a TexcepHon des deux nefs latérales, où l'on remarque une légère tendance vers l'ogive. Ce serait une critique à faire au plan, qui s'éloigne, par là,, du style pur de cette époque, si ces arceaux de forme ogivale n'eussent été rendus nécessaires par la construction même de l'édifice. L'ogive était ici commandée par la hauteur constante de la naissance des voûtes, et par la différence des espacements dans les travées. Au reste, l'arcnitecte peut justifier cet écart aux règles pures de l'art par un des
f^lus beaux types du style roman : nous vouons parier de l'église de Saint-Gilles qui, dans ses petites nefs, offre le même exemple de voûtes ogivales.
Au centre de la croix s'élève une coupole surmontée d'un clocher, dont la construction archi tectonique demande une explication particulière. La flèche proprement dite porte sur le vide ; sa base, carrée d'abord, puis de forme octogonale, n'a d'autre point d'appui que les quatre gros piliers établis à la naissance des transsepts. Dans les angles des grands arcs-doubleaux qui surmontent ces piliers, on a établi quatre trompes, pour répartir le poids et la butée du clocher.
Celte partie de l'église, qui a 54 mètres de hauteur, est remarquable par l'habileté de 9on exécution ; elle présentait les difficultés les plus sérieuses que l'on puisse rencontrer dans la généralité des constructions; aussi avaient-elles effrayé la plupart des entrepreneurs. M. Arnavielle en a triomphé victorieusement, et l'on peut dire que son travail est irréprochable.
Une galerie pratiquée autour de la coupole et dans l'épaisseur môme des parties en pénétration, permet de circuler, en donnant accès par la aux combles de la grande nef et des transsepts ; on y arrive par l'escalier du clocher.
Le chœur se compose du chœur principal ou sanctuaire, et de deux bas-côtés. Ces trois parties, reliées par de grands arcs qui permettent d'en embrasser tout l'ensemble, présentent un aspect grandiose et méritent à l'architecte les plus grands éloges. Au centre du sanctuaire se trouve le maître -autel, placé sous un ct6ortum, gui, à lui seul, est
un véritable petit' monument dont nous parlerons plus tard, quand nous nous occuperons de la décoration générale.
Nous aurions peut-être désiré avoir des tribunes pour aider aux cérémonies du culte, et pour rapprocher les visiteurs des remarquables travaux de peinture qui sont exécutés dans le chœur; il en existe daas
Plusieurs églises romanes, telles que Sainternin, à Toulouse, Saint-Germain des Prés, à Paris ; mais ce détail eût nui, sans doute, dans la pensée de l'architecte, à l'ensemble du monument' qui offre des lignes bien profilées, une coupe hardie, un tout large et harmonieux, un aspect sévère et imposant.
Nous aurions aussi voulu des cnapelles dans l'intérieur des petites nefs ; l'œil aime à plonger dans ces recoins obscurs qui rompent la monotonie d'une longue ligne droite; mais ici, comme pour les tribunes, la raison péremptoire qui s'y opposait, a été probaolementrimpossibilité d'augmenter un budget dépassant déjà de beaucoup les ressources financières d une ville de province.
La. seule critique sérieuse que nous an- . rons à faire dans l'intérieur du monument, portera sur le trop grand nombre de fenêtres; on perd ainsi cette demi-obscurité que le regard comme la pensée aime à retrouver dans un» sanctuaire et qui fait le charme des églises de Florence. M. Questel n'a pas tenu assez, compte de la grande réverbération dusoleil méridional, et, puisqu'il voulait déco^ rer tout le chœur de peintures, il aurait dû,, ce nous semble, éviter cette lutte^ de l'astre resplendissant avec Ift lumière factice de la> couleur, lutte inégale, dans laquelle cette^ dernière sera toujours vaincue.
Sept portes donnent accès dans l'égHse : trois sur la façade principale, deux sur les transsepts ou bas-c6tés de la croix, et deux sur le derrière du monument, à l'entrée des. sacristies.
Les trois portes, auxquelles on arrive après avoir ffravi un perron de quatre degrés, sont décorées de petites colonnettes* en granit, supportant des arcs à plein-cintre richement ornés dans leurs arcnivoltes, ek dont les tympans renferment des fiigures en. demi-relief, sculptées par M. Paul Colin.
Sur la porte principale est représenté le Christ entouré des quatre évangélistes :.audessous, et dans des dimensions inférieures,, sont les douze apôtres.
Sur la porte fauche, correspondant à la. chapelle de la \ ierge, Marie tenant l'enianL Jésus : à ses côtés, les anges Gabriel et Michel.
Dans le tympan de la porte droite, correspondant à la chapelle Saint-Paul, est sculpté l'apôtre lui-même, ayant près de liûc saint Castor et saint fiaudile, patrons de la. yille de Ntmes.
Toutes ces figures, avec les ornements qui les entourent, portent bien le caractère religieusement naïf des époques byzantines, caractère que Pon a rarement atteint depuis, jamais dépassé. M. Colin s'est heureusement inspiré, pour les douze a{)ôtresy des
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belles sculptures qui décorent le portail de Saint-Trophime , à Arles; nous sommes loin de 1 eu blâmer, puisqu'à cette imitatioo d*enseiQble il a su joindre l'originalité dans Texécution des tètes» des vêtements et I de tous les accessoires. On louera surtout arec nous le groupe de la Vierge, si Ion reoiarque rajustement de la tète ainsi que la richesse du trône et des draperies; on admirera aussi la délicatesse des archivoltes, les deux frises latérales et le détail des cha*
i liteaux. Tout d'ailleurs est habilement Juillet et ne demande qu*à être consacré par la belle couleur et la croûte de vétusté, que la suite des siècles donne aux monu* nents de notre ]^ys^ La pierre de Lens et de Beaucaire, qui a servi à la construction de Téglise, est la même que celle de la Maison-Carrée : on se figure quel autre as-
Sed aura oour les yeux Pensemble de Tédice» quanc le soleil du Midi aura déposé sur ce monument quelques brillants reflets de ses ravons dorés.
Outre les portes, principal ornement de la façade et dignes de tout éloge, nous signalerons trois belles rosaces, dont les rayons sont autant d'élégantes colonuettes oui servent à maintenir des vitraux de couleur. Le tout est surmonté d^une croix tout à fait dans le caractère du monument, et telle qu'on en trouve dans les églises de la même époque, citées par MM. de Caumont et Batissier.
Dans le projet primitif, le clocher .devait être en charpente; une délibération du conseil municipal, que nous ne saurions trop approuver, vota une augmentation de fonds pour quMl fût exécuté en pierre. 11 est fftcheux que la somme n'ait pas été suffisante pour donner à cette partie de l'église quelques mètres de plus; l'ensemble du monument y aurait beaucoup gagné ; car c'est là, il faut bien l'avouer, le cûté défectueux et celui où la critique trouvera le plus à s'exercer.
Daos la partie inférieure du clocher, M. Questel s'est évidemment inspiré de la jolie petite église des Aliscamps, que nous avons tous admirée dans nos promenades à Arle^, et dont probablement la partie supérieure est incomplète : mais en lui supposant une flèche, l'imagination aime à la reconstruire délicate et élancée, telle que l'artiste l*eût proportionnée aux autres parties de l'édiflco, et digne à tous égards de reposer sur une base si habilement travaillée.
On peut regretter que M. Questel ait pris, dans une ville aussi rapprochée de la noire, une imitation que quelques esprits trouveront par trop identiaue : mais comment résister à latentation de copier un modèle si gracieux dans ses formes, si élégant dans sea proportions?
La flèche de l'église Saint-Paul manque de léffèreté et de hardiesse : peut-être aurait-iimieux valu terminer le clocher par une galerie circulaire, éviter ainsi les formes pointues toujours désagréables è l'œil, et qui s'accordent peu avec la coupe largement arrondie du pîein-cintre. Mais si rarchi-
lecte voulait une flèche, il aurait pu lui donner 7 à 8 mètres de plus en hauteur, y ménager des jours plus nombreux et sculpter des crochets en saillie pour couper les lignes trop régulières des arêtes, tels qu'on en voit, par exemple, dans la flèche de Sainte-Marthe, à Tarascon.
Ce défaut d'élévation se remarque également dans l'aspect général de l'église : le monument parait un peu écrasé et aurait beaucoup gagné à être exhaussé sur un perron plus important.
Les hommes de l'art reprocheront-ils un peu de timidité à l'artiste? — Si ce reproche* ne peut plus être admis au degré de talent où M. Questel est parvenu, il faut se transporter au temps où le jury couronna l'un de ses premiers ouvrages : il faut, en outre, faire la part des difficultés que présente un concours dans une ville de province, où la hardiesse et les élans de l'imagination courent la chance, s'ils ne sont pas bien compris, de faire inexorablement repousser un projet. Il faut enfin se méfier des parallèles impossibles, se reporter au style de l'époque
2ue l'on a voulu imiter, et ne pas juger une glise byzantine en la comparant aux monuments romains que nous avons sous les yeux ou aux cathédrales gothiques du xvi^ siècle.
Disons-le sans arrière-pensée^ la nouvelle église Saint-Paul est un monument remarquable, qni classera honorablement M. Questel parmi les architectes de notre époque. Quand nous y avons signalé quelques imperfections, c'est qu'il n est pas permis d'être trop indulgent pour un talent sérieux, et qu'on doit toute la vérité à un artiste, lorsque ses œuvres peuvent supporter lanalyse et qu'elles révèlent un bel avenir à son auteur.
Si nous ne craignions pas de fatiguer nos lecteurs par une oescription trop détaillée, nous nous arrêterions a considérer les élégants chapiteaux sculptés par M. Colin, avec tant de délicatesse, au sommet des grands piliers intérieurs qui séi)arent les trois nefs; nous aurions à citer bien d'autres parties intéressantes sous le rapport de l'art architectonique : telle est la façade postérieure du monument qui offre une coupe savante* et des profils tres-beureux : nous nous étendrions aussi sur le principal mérite de ce travail, qui consiste à présenter constamment l'unité dans la variété, caractère que nul autre édifice ne possède au même degré, la plupart étant composés d'ornements et d attributs de toutes les époques ; tandis qu'ici les décorations intérieures, les sculptures» les boiseries et jusqu'à l'ameublement, sont d'un accord parfait avec l'ensemble de l'édifice.
Au reste, M. Questel, bien que jeune en- . core, avait fait des études toutes spéciales dans l'architecture romane, et persoune n'eût réussi mieux que lui è donner à notre ville un monument complet des siècles byzantins. , , . .
Disons aussi qu'il a été parfaitement
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^coivié <iàus $es lonfues absences par M. Hêof i Duraiidt qui» p^ntlant tout le temps des travaux^ a fait preuve d'une connaissance parfaite de son art; par M. fiedos» qui en a surveillé 4'exécutian avec intelligence, et par Tentrepreneur, M. Arnavielle , qui a déployé une activité et une aptitude remar* quables.
Nous permettra-t-on de présenter, avant de terminer, une dernière observation sur l*avenir qui pourrait être réservé à l'architecture religieuse ?
Après avoir vu le génie de Thomme s'élever |iar des améliorations successives , de- [Miis les essais informes des liigyptiens jusqu'à la pureté des Grées , au grandiose des Komains, h l'élégance et à la iégèreté des Arâl)ea, te raison et Texpériem^e des siècles nous conseillent de chercher à réunir, dans le plus heureux accord, la solidité immuable de la construction à la simplicité et à la pureté des formes ; la retenue et le choix des ornements à cette convenance qu'un esprit juste, formé par l'étude autant que par la méditation, sait garder pour donner à chaque édifice le caractère précis que sa destination exige,
Me pourrait-on arriver à ce but, en em- ' pruntaut aux divers genres ce que chacun renferme de raisonnable ou d'exquis, pour en composer un style moderne, qui deviendrait le résultat heureux des connaissances applicables à Tart de bAtir, et s'approprierait aii climat, aux usages, aux matériaux et aux convenances de chaque pays.
£t pour les temples modernes en particulier, quel style adopter ? — Sera-ce exclus!-* vement le grec, le roman, le gothique, ou quelque chose de nouveau, encore à trouver?
C'est là une des plus graves difficultés qui se puisse présenter dans Fétude des beauxarts. Nous ne nous croyons pas compétents pour la résoudre ; mais il nous semble que l'Eglise moderne ne devrait être bâtie ni sur le modèle des temples grecs, ni dans le goût roman, ni dans le style gothique. Si l'architecture est la forme suprême que reçoive dans l'art la pensée dos peuples, elle doit se modifier alorsque cette-pensée se transforme. Nous ne voulons donc ni du Parthénon, ni do Notre-Dame :àdes idées nouvelles, il faut un art nouveau en rappcMt avec elles.
Notre cadre est trop restreint pour approfondir cette question, nous nous contentons de l'indiquer, en la recommandant aux hommes de talent, et en appelant leurs recherchas vers une voie qui illustrerait à tout jamais ceux gui seraient assez heureux pour tirer i*architecture religieuse de la voie stationnaire où elle se traîne péniblement depuis des siècles.
Peintures de M. Hippolyte Flandrin. — Lorsqu'on a voulu décorer l'intérieur de l'église Saint-Paul, on avait à choisir entre iCs divers genres d« peintures qui ont été employés dans la décoration des monuments, c'est-à^ire, 1« mosaïque, la fresque, la peinture à l'huile et l'encaustique.
La mosaïque deiiMude beaucoup de tra-
vail, de temips et d'argent, elle est difficilement exacte.
La fresque ne peut être retouchée, et si le premier trai t n^est po^nt d'une parbile justesse, si le premier coup de pinceau ne donne pas la nuance voulue, il faut gratter l'enduit et recommencer, jusqu^à ce qu'on ait achevé l'œuvre sans avoir commis la* moindre erreur.
Les ouvrages è l'huile se conservent moins que la fresque et n'ont qu'un seul point de vue ; rhuile nous fiait perdre Tavantage de la durée, en altérant les couleurs, qui jaunissent par la seule impression de l'air : les teintes poussent avec inégalité, les ombres noircissent, enfin les couleurs et les vernis s'écaillent.
Telles sont les principales considérations qui firent adopter pour Téglise Saint-Paul la peinture à l'encaustique, surtout lorsqu'on eut fait choix pour artiste de M. Hippolyte Flandrin, qui venait tout récemment de taire en ce genre un travail extrêmement remarquable dans l'église Saint-Germain des !Ms, à Paris.
Il serait difficile de fixer l'époque qui vit naître la peinture encauêtique ou peinture è la cire. Pline, l'auteur qui s'est le plus étendu sur ce sujet, écrit qu'on ne savait pas même de son temps celui qui, le premier, avait imaginé de peindre avec des cires colorées et d'opérer au moyen du feu. Queloues-uns , dit<il , croyaient qu'Aristide en était l'inventeur, et que Praxitèle l'avait perfectionnée ; d'autres assuraient que l'on connaissait longtemps avant eut les tableaux (>eints à l'encaustique , tels qut ceux de Polignotte, de Nicanor et d'Arcesilaùs, artistes de Paros. Mais ces artistes vivaient vers la fin de la 89* olympiade, environ 420 ans avant notre ère, c^ il est souvent parlé dans les poésies d'Anacréon de la peinture à la cire, ce qui en reculerait la connaissance de plus d'un siècle. Ainsi il dit, ode 28 : Ta;(oe, x4/>«, xot2 >0e>i&<rftc : CtV<, bientôt ta vas parler.
Quelque peu certaine que soit l'origine précise de 1 encaustique, il parait cependant qu'elle prit naissance dans la Grèce, et que 1 art de peindre avec de la cire, des couleurs et du feu devint familier aux artistes de ce peuple, qui l'avaient imaginé pour suppléer aux inconvénients de la détrempe. Il avait sur celle-ci l'avantage d'une vlgueuret d'une solidité à l'épreuve de l'air, du soleil et des insectes, comme il en possède un autre fort considérable sur notre peinture à l'huile, celui d'un mat uniforme, d où résulte une harmonie flatteuse et indépendante des jours.
Voici, d'après Vitruve, la manière d'opépèrer des anciens : Ils se servaient de cires colorées, conservées dans des boites à compartiments, et les employaient au moven du pinceau. Une fois appliquées, il les fixaient par l'inustion {pieturam inurere) avec un réchaud plein de charl>on qû*ilsj>fOmenaicnt à la surface. Les instruments destinés à cet usage portaient le nom de CùHteriûf et leur
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forme varinil selon ]es différents Irty^ux auxquels il^ étaient destiftés. Enfin^ pour terniineri ils frétaient et polissaient quelquefois le tout avec des Knges nets» opération mi donnait Téciat du vernis sans en avoir les défauts.
Si Torif^ne de la peinture à l'encaustique est équivoque, l'époque de sa décadence est aussi fort incertaine ; il est néanmoins constant qu'elle se pratiquait encore dans le temps du bas^m(*tre ^ puisque le Digeste , cet assemblage des lois avant le vl'^ siècle, énumère en ces termes les instruments qui servaient è la peinture : « L*atelier d*un peintre étant léçue» comprend, les cires,, les- couleurs», les pinceaux, les cautères, les vases,, et tout ce qui en dépend. »
Depuis lors, on n en trouve plus> aucune) mention jusqu'au milieu du siàele dernier;; vers cette époque^ M. le comte de Gaylus publiai un mémoire contenant des vues remarquables sur le renouvellement de cet.
art,, et, par les nouveaux procédés qu*ii mit. en lumière,, mérita le surnom de Restaura^ Uur dfi Cenaa^Uquê.
M. Paillot de Montaberti qui s'est aussi; beaucoup préoccupé de Tétat des arts- chez; les anciens, a fait dans cette science* de nouvelles découvertes. Il résulte de ces recharrbes qu'aucun doute ne peut subsister quant: aux matières colorantes ; 11 s'agit exclusivement de connaître la nature du giuien qui, servait à fixer et à préserver les couleurs. Les peintures d'HercuIanum, simerveilleu- &einent conservées, ont été, d*après tous les. indices, exécutées à l'encaustique, au moyen (le colles» de gommes ou de résines déjà très-solides en elles'-mèmes., recouvcrtus ensuite |)ar une pellicule impor('e|»tible de cire punique. On comprend sauJement, par cette explication, cooynent les teintes ont pu braver, dans cette espèce de prison. Finuuence de l'atmosphère et les ravages des siècles.
Si le secret de ces surprenants travaux n*a pas été complètement arraché au passé, les études du XVIII* siècle ont fait du moins marcher l'art de l'encaustique, si longtemps perdu, dans une voie de progrès rapides, et nous devons à M. de Montabert la découverte de nouveaux dissolvants qui en sim- Clifient infiniment la partie matérielle. Ainsi,. i longue c^ration du feu devient inutile,. et Fendait, une fois fixé, on peint avec des couleurs préparées à ravancè,que Ton étend et mélange sur la palette, non plus au mojfen de la térébenthine, reconnue trop volatile, mais avec de Tçssence de lavande.
Cest ainsi qu'ont été restaurées les peintures à fresaues du chAteau.de Fontainebleau, et exécutés presque tous les grands travaux de nos monuments religieux aepuis le commencement du xix.' siècle.
Laissons maintenant de côté les procédés matériels pour nous occuper de l'œuvre remarquable qui porte pour signature le nom de M. Hippoljte Flandrin.
Et d'abordf quel a été lé but de Tartiste :onjointement avec Tarchitecte dans la pen-
sée qui a présidée la décoration générale de Féçlise Saint-Paul? — Us ont voulu que 1»
teinture concourût à donner au monumeat i cachet caractéristique de ces époques de* foi imprimé aux monuments des x et si si^ clés. 11 fallait que la manière dont sOctt trai^- ^tés les sujets concordât parihiteixuent avec l'architecture de l'église : c'estt-à-diro qu'on devait, éviter ces vastes compositions, exécutées plus tard par Le Tintoret et MicheU Ange dans des chapelles d'un ordre tout différent , pages immenses qui étonnent pa^ la hardiesse de teur conception, mais qui parlent [)eu à Tâme, encore moins au corut du chrétien. U fallait trouver une composi-^ tjon, sobre de personnages, riche d'ornemaKN talion, naïve comme l'époque de sanaissaace, ot qui, par l'expression des phrpsionomies, par Talliance de la beauté des formes avec bi. grandeur morale de la pensée» produisit ano* impression biea plus profonde, cpie toutes les attitudes remarquables et le prestig0 de groupes savamment dis{>osés*.
Les modèles de ce5.peintui>es se trounent dans les mosaïques- qui décorent les premières églises romanes, et qui marquèrent la renaiss^mce des arts, après les irruptions des barbareaet les* fureurs des* Iconoclastes.
L'art subit une rénovation sous l'influence chrétienne : la nudité dans les formesy lu type grec de la beauté antique rappelantune idolâtrie détestée, furent abandonnés pour faire place à. des figures pudiq^uement dr«- |)ées, à des traits chastes et purs, où les sentiments de rAma étaient, divinisés par le christianisme,, comme la forme physique l'avait été par la religion païenne*
Or. le type normal (Tune représentation de lésus, de sa: mère et des ap^rea ne pouvait se développer q^e' lentement ci progressivement. On se rapprocha d'abord du type national juif: puis comme on se souciait peu de la vérité naturelle,et qu'il n'était pas permis aux artistes grecs de se livrer è leur imagination, ni de s'éloigner en rien du système de composition reçu pour les tableaux sacrés^on admit comme règle générale certaines formes consacrées par Tautorité de quelqpe artiste de mérite et approuvées par le goûtdu temps. C'est à l'observation scrupuleuse de ces principes aue nous devons, la transmission traditionnelle des saints apôtres, li est aisé de remarquer l'identité de leurs traits, que Ton retrouve partout, les mêmes, uiali^ré la différence de aates et de pays, dans les pein-^ tures des écoles grecques ou dans relies qui en dérivent.
Ainsi, dans les premiers siècles de Tan . chrétien, on avait représenté les personnagesr dépourvus généralement de formes élégantes : certaines parties exagérées, prin(;ipaiement les veur et le nez ; le visage étroit dans le haut, large au contraire vers les (parties inférieures; les vêtements disgracieu!^ et surchargés de plis; un coloris terne bien que foncé ; tout cela entouré d'ornements magnifiques et se détachant le plus souvent sur un fond d'or. Le nom des saints se lisait tantM sur une ligne pcrpendtculaire, lai.-*
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I6t sur une ligne horizontale : cet «sage, souyenir des iconoclastes, avait été introduit parce qu'il était défendu de vénérer les imaees inconnues, et il constitue encore une différence entre les Grecs et les Latins,, ceuxci ne désignant leurs saints que par les attributs particuliers à chacun.
Tels sont les principaux caractères qui distinguent la manière de Cimnbuë, de Giotto et de leurs nombreux imitateurs. On se demande pourquoi leur naïve couleur et leur grftce l'emportent sur les sublimes calculs et la fougue des Vénitiens. — • C*esl Sru'avec des incorrections de dessin et des autes de goût, il faut reconnaître que chez eux se retrouve ce caractère profondément religieux qui s'accorde si bien avec la simplicité de l'Evangile ; c'est quon y sent le cachet du génie, non-seulement dans le sens absolu, mais aussi dans le sens relatif; c*est enfin que l'école néo-grecque ou byzantine fut le foyer, où se conserva l'étincelle dont la peinture devait renaître, alors que Van- Dyck lui ouvrit une nouvelle voie, en cherchant à la rapprocher davantage de l'individualité vivante.
M. Flandrin est allé demander ses inspirations à l'étude de ces maîtres consacrés par de nombreuses générations : mais avant d'analyser ses travaux, nous aimons à constater que s'il a emprunté au xn* siècle la pensée intime de ses compositions, il a su éviter l'archaïsme, joindre la grâce du moyen Age à la science de la renaissance, et reliant le tout par de sévères études dans l'art du dessinateur, imprimera son œuvre le cachet d'un talent solide et original.
Le morceau capital, celui qui frappe les veux aussitôt que Ton a fpancJii la porte de l'église, est un Christ de proportions colossales, qui se détache sur un fond d'or dans la coupole de la grande abside. Le Christ est assis; sa tète est entourée du nimbe céleste ; de chaque côté, Valpha et Pomégay le commencement et la fin. Il tend la main à un esclave et à un roi, tous deux prosternés à ses pieds et représentant, dans ces deux extrémités de l'échelle sociale, le symbole de l'égalité des hommes devant Dieu. A la droite et à la gauche du Christ, saint Pierre et saint Paul se tiennent debout à un éloi- ):nement respectueux ; ils sont là comme les deux piliers de l'Eglise, et témoignent, par l'attitude et le regard, de la vénération et de la distance qui les séparent de leur divin mattre.
Cette composition est simple et grande : simple par le petit nombre des personnages et des détails; grande par la manière dont elle est traitée, grande surtout par le profond sentiment qu'exprime chaque figure.
La tète du Cnrist est remarquablement belle; elle joint le contraste admirable d'une tendresse infinie et de toute la puissance céleste ; on lit dans ses traits une adorable mansuétude, une commisération divine pour toutes les misères humaines qu'il est venu soulager ; c'est bien le Fils de Dieu, apportant aux hommes le pardon et leur montrant
qoe dfti»ilt soirtirdne la tète couronnée reuevienjlra l'égale de l'humble esclave.
Nous ne savons si l'idée de faire du Christ le principal personnage appartient à l'harchitecte ou au peintre; en tous cas nous ne saurions trop les louer de n'avoir point adopté l'usage reçu dans presque toutes nos églises modernes, qui consiste à réserver la
Ï)Tace la plus importante au saint, patron de a paroisse. Il nous semble que dans un temple chrétien, Tidée du Seigneur doit dominer tout le reste, le saint ne saurait venir qu'en seconde ligne; ainsi les siècles antérieurs où brillèrent le talent et la foi des mattres mosaïstes, rendent hommage à ce principe, en exaltant l'image du Sauveur, et relégant dans une partie écartée, et dans des prouortions souvent très-petites, le saint auquel le monument est consacré. Nous ne blAmerons pas non plus M. Flandrin d'avoir rois autant de disproportion entre la taille du Christ, et celle des quatre personnages qui l'entourent, d'avoir ainsi traduit par des moyens matériels une pensée aussi profondément philosophique, puisque dans sa composition rien ne*cnoque les yeux, et que tout s'y harmonise au contraire d'une manière SI heureuse.
Le Christ de l'église saint Paul nous a rappelé ces belles figures de Cimabuë, de Giotto et d'Orcagna, qui nous ont fait longtemps rêver dans le Campo-Santo de Pise, et dans le chœur de Santa-Croee à Florence. M. Flandrin a su traduire ce qu'il y avait d'élevé dans les œuvres de ces maîtres, en y joignant cette pureté de destin et cette suavité de contours, qu'il a puisées dans de fortes études et dans les conseils de M. Ingres, son mattre vénéré.
Sur les murs latéraux du chœur et dans la zone supérieure, sont représentés, d'un côté les quatre Pères de l'Eglise d'Orient, et de lautre les quatre Pères de l'Eglise d'Occident. Us portent tous à la main le manuscrit, fruit de leur profonde science et dépositaire fidèle de leurs inspirations. — Athanase se distin|£ue entre tous par un teint bruni au soleil du désert, oii il dut si souvent chercher un refuge, ainsi que par sa chevelure blanchie dans les fatigues de l'eiLil et de ses luttes contre l'hérésie arienne. — La physionomie expressive de saint Augustin rend inutile toute désignation : à ce noble visage où l'austérité et ia foi n'ont point entièrement effacé la trace des passions, chacun reconnaîtra l'illustre évèuue d'Hippone, jdont l'Ame ardente s'est révélée dans ses admirables Confessions.
M. Flandrin a-t-il fait des recherches historiques sur les portraits qui auraient pu échapper aux ravages du temps ? ou bien, a-t-il puisé dans les ressources de son imagination les belles tètes de ces Pères, sévères comme leurs écrits, graves comme leurs pensées ? — ^ Quoi qu'il en soit, on conviendra qu'il a su imprimer à chacune un cachet de grandeur et d originalité, et si la hauteur où sont ces personnages permettait d'en saisir tous les détails, on trouverait» dans
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la mamère dont ils sont trakéSi une étude savante et conscienciedse.
Au-dessous des Pères de l'Eglise, des archanges tenant des couronnes et des oliphaas £roc]ament la gloire du Trèâ*Haut, et semleot lancés dans l'espace pour continuer le chant de rApocalvpse rappelé par ce mot trois fois répété : Sanctus^ Sanctus^ Sanctus. Ces flgures drapées de blanc et de formes aériennes font encore mieux ressortir la gra- Tité des vieillards.
Les quatre évaDgélistes sont peints dans antant de niches sur fond d'azur : debout et séyèrement drapés, ils portent à la main le livre qui devait régénérer le monde : leurs s/mboles remplissent des médaillons audiessoas d'eux.
Nous voyons d'abord saint Matthieu , lliomnie du peuple, aux traits hardis, à la chevelure inculte, soudainement arraché par la voix du Maître auxtra vaux grossiers de son humble condition.— Saint Luc, dont les traits révèlent la culture d'une haute intelligence et les préoccupations du penseur. Puis saint Marc, que l'on aime à se représenter comme le bouillant jeune homme, élève et compagnon d œuvre de Pierre. — Enfin, saint Jean, le plus jeune et le plus beau, dont l'admi* rable physionomie nous montre encore l'inspiré de Pathmos, qui, détournant les yeux de tous les objets extérieurs, s'absorbe en lui-même et semble écouter dans le silence de l'âme les révélations prophétiques des derniers temps.
Dans la coupole de l'abside gauche en regardant le chœur, est représenté le couronnement de la Vierge. Assise sur un siège lente de draperies, Marie i^'incline modestement devant son fils qui lui pose une couronne sur la tête.
C'est la seule des trois compositions importantes de M. FJandrin quin ait point été puisée dans les livres saints : aussi, ^croyonsnous que l'inspiration n'a pas été à la hau^ teur du sujet. A cette couronne royale, toute garnie de pierreries, à ce siège presque moderne, à ce coussin de couleur éclatante, h ces personnages jeunes tous les deux, on 41 de la i)eine a se transporter dans le ciel ; on ne Toit pas la mère acceptant, malgré son Jbomilité, la gloire dont un fils Dieu veut Hionorer.
Nous dira-t-on qu'après la résurrection du Bédempteur, et l'assomption de la Vierge, tous les corps ont été régénérés ; que Marie est redevenue jeune, et que Jésus e^t le lianeé de toute Ame qui croit en lui ?.... Une jKirtie de notre critique tomberait par cette ecplicalion, mais elle s'attacherait alors è la liadie matérielle de l'œuvre.
L'artiste avait ici à vaincre une grande difficulté : celle que présentent deux personnes assises sur le même siège, et se faisant presque face l'une à l'autre. 11 faut bien le reconnaître, malgré toute l'estime que nQus avons pour le talent de M. Flandrin, cette difficulté n'a pas été entièrement surmontée, et il en est résulté un mouvement qui se rapproche de la roideur, un parallé-
lisme disgracieux dans les jambes de la Vierge, nous biftmerons aussi le manque d'harmonie entre le ton du coussin, celui de la draperie rouge et le fond bleu de Tabside; enfin, une trop grande profusion de plis dans le manteau blanc du Christ, profusion qui rappelle la partie faible des draperies byzantines, à laquelle ne nous ont pas habitué les étoffes largement drapées des autres 42ompositions du même auteur.
Et cependant, l'impitoyable critique ne devrait-elle pas se sentir désarmée, devant l'expression des deux têtes que nous offre ce tableau? — Quelle suavité dans la physionomie de la Vierge ! quel profond sentiment de dignité dans le profil du Christ 1 Kt
soit miroir
toute la pensée dé l'artiste, le reste, vêtu ou non, n^'étant qu'affaire de métier, combien pardonnera-t on facilement quelques fautes de détail, quand la véritable composition est renfermée tout entière dans ces deux admirables têtes. Pour trouver de telles expressions, il faut être plus qu'artiste, il faut renfermer dans son cœur Félévation qu^inspire seul le christianisme.
A droite et à gauche de la croisée, sont des anges tenant les attributs qui expriment les vertus de la Vierge : ce sont des couronnes, des lis et des flambeaux, symboles expliqués par les mots tracés au-dessous : jructus^ spirituSf cAanViw, casliKu
Au-dessous de ces anges, dans une grande frise, se trouve un chœur de vierges qui, par la variété des attitudes, la noble tournure, Texquise siihouetie des contours, le savant ajustement des voiles, font penser à cette procession de veslaJes que Phidias sculpta sur la frise duParthénon.
A leur pieds se lit cette inscription : Aaducentur régi virgines post eam^ ajferrntur in temptum reais.
Ces jeunes filles^ modestement vêtues de longues draperies, offrent en sacrifice une fleur, emblème de leur pureté. L'une baisse modestement les 3'eux, plongée dans un recueillement intime; l'autre s'avance avec calme et nous présente dans ses traits et dans sa démarche, une image de ces matrones romaines, cachant dans Tenceinte domestique leur trésor de vertu, de grftces et de dignité; celle-ci, à peine échappée aux orages du monde, en entend encore les échos, et penche la tête comme une fleur qu*un veut brûlant a touchée ; celle-là, le regard élevé vers le ciel, la tête renversée en arrière dans un extase d'amour divin, et lesniains soulevées par un élan d'exaltation, semble prédcnter en offrande le symbole de sa candeur : enfin viennent deux sœurs; elles marchent d'un pas égal, paraissent se soutenir dans le chemin de la vie, et s^encouragcr Tune l'autre dans la voie au sacrifice et du dévoûment. On croit entendre tout le chœur virginal dont les voit suaves chantent les louanges du Seigneur, s'en vont errer le long des voûtes, et revienneia
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ensuite inonJ'er les ïmes ae lear relt|;iétt^e harmonie.
Cette partie de' Tœuvre d^ M. Clandfriri est rend\ie AYéC totute la délicatesse et la simplicité que le^ ^ujet eingeait; chaque physionomie est' marquée d'un cachet particulier, et toutes expriment cependant l'a même pensée» du sacrifice sanctifié par la: religion.
Le choix des draperies est aussi des plus harmonieux:; l'es tons clairs ont été préférés, soit pour faire contra'std avec les vives cou*leurs qui frappent I*œil dansla fiise de face» soit pour mieux, symboliser l'a candide pureté des vierges sages.
Dans la cou])Ole dé Tabside droite est peint le ravissement de saint Paul.
« .... Je connais un homme en Jésus- Christ, qui, il y a quatorze ans pafssés (si ce fut en corps, ie ne sais, si ce fut en esprit, je ne sais), a été ravi jusqu'au troisième ciel et qui entendit des paroles ineffables qu'il n*est pas permis à un homme de rapporter, ir
Tel est le récit simple et. sublime de saint' Paul dans sa deuxième Bpîtreaux Corinthiens. Il fzrflait toute la forcée de' la composition, toute rénergie du pinceau pour être à la hauteur d*une semblable tftche ; voyons comment Ta comprise M. Flandrin«
Saint Paul, vêtu de blanc et les bras levés vers le ciel, abandonne la terre sur laquelle ses pieds ne reposent déjà plus; deux anges agenouillés et tenant en main de puis^ sants attributs, considèrent' TasceUsion' de Tapôtre dans une respectueuse admiration.
C'est avec ces trois seule:s figures que Tartiste a s^ rendre de la manière la plus expressive ce drame saisissamt et surnatu** rel; et c'est \k, suivant nous, la partie la plus forte de toute son œuvre. — Laissant à d'autres les légions de figures, dont cba'cune est chargée de révéler au spectateur' une des impressions que veut faire éprouver le peintre, évitant les mouvements violents que beaucoup ont cru inséparables de l'extase, dédaignant même cette nuée qui accompagne toujours le saint béatifié, MlFlan-* drin n'a em})loyé d'autres moyens pour* émouvoir que la simplicité dans la composition, une compréhension intime du sujet et la science de son pinceau.
L'attitude du saint exprime un ravissement indicible; mais comment décrirons^nous toutes les expressions diver^e^ que' son admirable tête réunit? Les* sentiments en apparence Ie$ plus contraires s'y rencontrent : humilité et triomphe, adoralio^' ei grandeur, douceur'et puissance. Sa boucheest prête à s ouvrir pour louer le Seigneur; ses yeux contemplent ses mystères adorables, dont il décrivait' plus tard à ses disciples une faible partie dans ces pafroles triomphantes : « 0 profondeur de 1 amour divin l Les anges, se voilant de leurs ailes, cherchent à sonder tes abîmes ; mais ils ne voient que les bords de tes miséricordes. »
Les deux auges qui sont près de lui regardent avec admiration cet homme en qui ia puissance de Dieu éclate d'une manière si
évidente, ^if sans courber leur from îw^'à l'adoration d'un simple mortel, ils véllè^e^t en (ui c^lui que le doigt de TEtemel a loaché et qui va être admis à côntemplep les merveilles célestes^
Comme expression ei commet d^es^Mr ces anges rappellent tout à fait la béllie mailièrei de Aapbaôl, et, bien cfùe tenant un ran;; secondaire, ils seront cités im jour para» le^ œuvres les plus remârj^uableë créées piir le* pinceau de M. Fl'andrin.
Dans la frise de la nef Taférate, et pour faire pendant au chœur des- Vierges, ott a représenté uile procession dé martyrs*; aisr dessous d'eux se Usent ces émouVanies paprôles, emprnntées au récit de TApocalypse, se rapportant aux élus t Ht suHt 4ui vem* tunt de tributaiiùfu ningna ef tâveruntsiaku suas^ in sanguine AgHi. k Ce sont ceux qui sont venus ici' après^ avoir passé la grande tribulation, et qui ont lavé leur rube dans le sanç de l'Agneau. »
Userait trop long de détaitiër cfaaicfoe figure en particulier : n^us signalerods ce- ))endant a Tatlention dei visiteurs vne bdle tigure grecque, drapée de pourpre; dont la tète ceinte de la* bandelette, rappelle par son grand caractère les plus beaux profils antiques ; — puis une tète k l'expression mélancolique» qui se pen<5be sfous l'iitfLueiice d^ recueillement et de la prière; -^ la personnage vêtu d'un manteau blanc, qui lève les yeux au ciel et unit aux plus belles» lignes des statues athéniennes la profondeur mystique des premiers âges chrétiens; — enfin un jieune homme à la figure pâle et mélancolique, h la chevelure blonde, à l'œil bleu et limpide : ses traits portent eneore ]'emj)reinte de ces douloureuse^ luttes^ où l'ariistoi seul aux prises avec son Réaie, semble avancer (téninlement dans It^réneet douter de l'avenir: son regard s'élève oommo pour demander à la religion de fortifie^ ea lui cette alliance intime de la scienoe onieà la'foi. Près de lui, son ami, peut-être même son frère, a l'air de s'abriter sous son ailo et de lui demander une part de sel» pénibles labeurs. Ils tiennent tous à la main une palme, symbole du triomphe qu ils ont* rem- }iiorté sur le cbal, tandis que chaque visage rappelle, par son type (>articulier, le grec» le romain, tous les peuples enfin que saint Paul a évangéiisés et qui sont réunis non loin dé sa chapelle comme les* prémices* de son apoistolat.
Il nous^ reste, pour terminer cette analyse, à' parler de>s deux» anges qui dominent la procession des martyrs. L'un d*eux, doot la physionomie juvénile indique la* force de Tâge, tient, d'une main, le joug destiné à soumettre les passions ; de l'antre, la palme réservée à qui saura les asservir. Sa' pose exprime la* nécessité impérieuse du devoir et la calmai satisfaction qu'on éprouve ks*y soumettre : Ûirupisti vtiteuto meoi L'autre baisse vers la terre la pointe du ^ak^re qui lui a servi à> combattre, et • sa main', étev^ par un geste sublime, tientlacourOBoerdestinée au vainqueur, éei tnaiits^nobles et fiers
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D^ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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brillent de cet éclat que donné la joie du triomphe, et toute son attitude est bien le symbole d'une victoire morale ennoblie par le sentiment religieux : exiit vincens.
Ces anges, modèles de Thumanité tout entière, personnifient plus particulièrement TapAtre Paul. Quel caractère en effet eut jamais h lutter contre des passions plus ardentes et les soumit si humblement au joug de la foi ; quel homme aussi combattit plus vaillamment les grossières erreurs du paganisme et amena un plus grand nombre d flmes vers la couronne du salut ?
Dans la chapeJIe de la Vierge nous avons parlé de figures analogues ; mais autant la eomposition de saint Paul est supérieure à celle du couronnement, autant les an^es symboliques de Tun surpassent TexécnHon des autres. On regrette ici que le crayon n*ait pas cédé la place au ciseau et que ces deux paissantes ngures ne soient pas taillées dans le marbre éternel.
Tels sont les principaux morceaux de peinture dont se compose l'œuvre de M. Flandrin; nous avons pensé aue la meilleure critique consisle dans lexnlication détaillée de chaque sujet, et dans 1 expression de toutes les sensations que nous avons éprouvées devant cette immense page. Nous laissons au public intelligent à compléter ce travail ou à le rectifier suivant les impressions diverses qu'il peut faire naître.
M. Flandrin a été puissamment aidé dans sa tAcbe par son frère Paul, qui, abandonnant pour quelques temps le paysage auquel il doit sa réputation, a repris ses premières études de peintre d'histoire ; par M. Balze, qui vient de passer six années à Rome à copier les Slanze de Raphaël, et qui a porté dans sa collaboration la science de Tartiiste unie au dévoûment de Tamiiié ; enfin par un de ses meilleurs élèves, M. Louis Lamothe, de Lyon. Disons à la louange de ces artistes qu'Us n*ont négligé aucune partie, qu'ils ont écouté toutes les observations bienveillantes, qu*ilsont travaillé sans relAche jusqu'à ce qu'ils aient vu leur pensée réalisée vi« vante et complète sous les efforts de leur pinceau. Disons encore que AI. Flandrin a donné à notre ville bien plus qu*il n'avait été «stipulé dans le contrat (525), et rendons justice à cette généreuse conscience d'artiste qui se laisse entraîner par l'élan de l'imagination et qui, dédaignant tout calcul de temps et d'argent, s'élève à la hauteur de la mission que son génie lui impose.
Cependant il n'est point de travail, si remarquable au'ilsoit, où Ton ne trouve quelques ioiperiections : ainsi une critique sé« vère pourrait reprocher à la tète de saint Marc son aspect trop moderne; un manque de modelé oans les mains du Christ de la
gande abside ; au saint Paul en extase, des as trop féminins ; quelque chose d'indécis dans l'indication aes bras de la Vierge; mais on retrouve aussi des incorrections de dessin dans Raphaël ; est-ce à dire que ce
maître par excellence ne mérite pas l'inimense réputation que des centaines d'années ont consolidée à tout jamais ?
Ne craignons donc pas de rendre hommage aux brillantes qualités d'un artiste érainent qui, dans cette dernière œuvre, s'est élevé encore au-dessus de lui-même, et a signé dans la ville de Nîmes la plus belle page de peinture que sa palette ait produite jusqu'à ce jour. Réf)ondons à ceux qui, jugeant avec prévention, accuseraient M.
Flandrin de n'avoir pu se soustraire à l'influence de la couleur grise trop souvent reprochée à M. Ingres, que, sorti de sa grande école, le disciple a eu assez de force en luimême pour se dégager de tout esprit de système et devenir original ; à Ceux qui recherchent les effets de clair-obscur et ce» trompe-rœil qui, séduisant la vue, font le charme des tableaux à Thuile, nous dirons: avant de vous prononcer, étudiez la décoration des églises byzantines, vous reconnaîtrez bientôt que si la peinture murale a un si grand caractère, c'est qu'en adhérant au monument elle semble en faire partie ; qu'elle cherche autant que possible à se rapprocher de la fresque; et que les personnages doivent faire corps avec l'édifice ainsi que des mosaïques incrustées dans les murs.
Regrettons seulement que la manière dont les fenêtres sont placées soit extrêmement nuisible à Teffet de ces peintures : elles gagneraient beaucoup à être isolées de la grande lumière qui, brillant dans les vitraux^ attire forcément le regard, éblouit les yeux, et donne aux compositions des teintes sombres iqu*elles n*ont pas en réalité. Mais il faut espérer qu'on trouvera un remède à ce manque d'harmonie et que de sages modifications apportées dans les verrières permettront d'apprécier dans tous ses détails unti œuvre aussi consciencieusement mûrie, ei qui place son auteur à la tête de Técole spiritualiste.
Dans un siècle d'industrie, où le génie lui-même se prosterne devant le veau d'or, et où les arts semblent sortis du temple avec la foi, il est beau de voir quelques rares exceptions, quelques Chrétiens isolés, conserver dans leur cœur les traditions religieuses, et s'adonner exclusivement à la décoration de nos églises. Une œuvre d'art est toujours une richesse sociale, mais quand elle est unie à la religion, elle partage avec elle le nrivilége de moraliser U société : l'Ame s'élève par cette contemplation à des espérances pleines d'enthousiasme et de vertu, qui produisent toujours une émotion religieuse dans le cœur de l'homme. Les tableaux pieux font à l'Ame an bien que rien ne peut remplacer et deviennent véritablement le domaine de tous, quand ils sont tracés sur les murailles d'une basilique; ! ils supposent chez Tartiste un saint enthousiasme qui se confond avec le génie, le renouvelle, le ranime et le soutient ; et Tar-
(523) On avait demandé 54 Ogures, M. Flandrin en a donné 55. DlCTIO?(!*l. d'ësthetiqce
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tiste lui-même procure, au prix de ces travaux d'imagination qui usent si promptement les ressorts de la vie, au prix de ces longues et pénibles études préparatoires, les plus vraies et les plus pures de toutes les jouissances terrestres. Ainsi, par leur puissance d*agir sur la partie morale de rhomme, les arts deviennent un véritable :»acerdoce.
Peinture de décor et d'ornement. — La décoration était une des parties les plus importantes dans les anciennes églises romanes, et Tun des caractères distmctifs des monuments de celte époque. C'est seulement du X* au xur siècle que Ton trouve les parois des chœurs ornés de peintures et de mosaïques, depuis le sol du sanctuaire jusquau sommet de Tabside, les nefs surchargées de figures symboliques, les voûtes d*azur parsemées d étoiles d'or, etjusques au ton mat de la pierre de taille eflbcé, dans les fûts et les chapiteaux, sous les plus brillantes couleurs de la palette.
L'ornementation, qui avait d*abord été regardée comme l'accessoire de la peinture, s'éleva peu è peu jusqu'au sommet de l'échelle artistique, et devint un art sérieux alors que les frères Zuccati et les autres maîtres dans la gypsoplastique, exécutèrent leurs étonnants travaux dans l'église Saint- Marc, à Venise.
A la vue de ces vastes murailles où l'histoire de la chrétienté est écrite en termes si sublimes, où chaque pan de mur est comme une instruction vivante pour le fidèle, l'Ame se recueille plus profondément en ellemême, et la prière s élance involontairement vers celui dont la vie miraculeuse a inspiré de si touchants tableaux.
Nous n'admettons gue deux genres de décoration pour la maison du Seigneur; ou bien, qu'elle soit simple et modeste comme ta vie ei la doctrine du Maître, qu'elle ne •oit grande aux yeux du Chrétien, que de la pensée de Dieu qui la remplit et des mystérieuses vérités qui y sont annoncées : ou bien, qu'appelant dans son enceinte tous les arta, toutes les pompes, toutes les magnificences, elle les présente comme un nommage éclatant, une offrande choisie, au roi de runivers.
Dans la décoration générale de l'église Saint-Paul, on a cherche un système d'ornements qui eoncordftt avec l'ordonnance de l'architecture et qui encadrAt harmonieusement les travaux de M. Flandrin, sans dépasser les limites d'un budget modeste.
A ce point de vue, les grands travaux à l'encaustique devaient être condensés dans ie chœur en l'église, afin de concentrer l'intérêt sur un ensemble aussi complet que {)Ossible, tandis qu'on se contenterait, pour es ne&, de peintures de moindre importance.
Le choix qu'on avait fait de M. Denuelle,
Kur composer et diriger cette partie de juvre, était un sûr garant de réussite, et no}xs reconnaissons qu'il a rempli sa t&che
avec bonheur et talent. ^ Cet artiste a bien compris que la décoration d'un monument devait avoir deux fonctions principales : la première d'accuser franchement toutes les parties architecloniaues, la seconde de classer et disposer tous les sujets religieux dans l'ordre de leur hiérarchie, et de telle sorte qu'ils conservent leur importance, sans nuire cependant à l'effet général dont ils ne sont qu'un élément.
Dans le premier travail, M. Denuelle s'est appliqué à^traduire, par la couleur, les deux éléments qui concourent à la construction de l'édifice, savoir: la pierre et les enduits; puis, à bien accuser les parties qui remplissent une fonction plus importante, en donnant à chacune plus ou moins de richesse suivant la place qu'elle occupe dans le monument.
Après avoir, pour ainsi dire, habillé les parois des murailles de leur premier vêtement , le décorateur s'est occupé des détails de l'ornementation qui comprennent aussi la symbolique, les inscriptions et les légendes.
En commençant par le fond de la grande abside, nous trouvons un soubassement rouge qui s'élève au-dessus des stalles A la hauteur de 6 mètres environ. Il est surmonté par cette inscription :
Quam dilecta tabemacula tua^ Dominé virtuium^ concupiscU et déficit anima . mM in atria Domini, (P$aL lxixui, 3.)
Paroles empruntées au chantre d'Israël, résumé complet des sentiments qui doivent remplir le cœur du fidèle dans les parvis du Seigneur.
Au-dessus, prennent naissance dix colonnes qui supportent les arcs des croisées, et offrent des ornements d'une richesse en rapport avec l'importance des sujets qui les avoisinent. Une vigne, symbole de TÊglise, enroule ses feuilles et ses sarments, où vient se reposer la colombe mystique : elle se détache sur un fond jaune et sert à relier xetle partie de Tabside avec la grande coupole dorée qui s'arrondit au sommet.
De riches détails accentuent les nervures et les arcs de la voûte ; ils présentent, dans la partie la plus élevée du cul de four, une sorte de vetarium^ destiné, sans doute, A rappeler la tente, image de la vie mortelle du Christ.
Près de là, sont dessinées, dans un médaillon, les deux lettres grecques monogramme de son nom divin.
Nous recommandons A Taltention des visiteurs les niches renfermant les portraits des évangélistes et les colonnes qui précè- , dent les trumeaux; le peu d'or qui scintille ' dans leurs chapiteaux et dans leurs bases produit un fort bon effet et accompagne convenablement la teinte bleue qui sert de fond aux personnag[es.Cette teinte exprime le ride et continue ainsi la série des vitraux qui éclairent l'abside.
Mous ne dirons pas autant de bien des quatre colonnes surlesquelles s'appuient tes grands arcs-doubleaux; le ton vert qui les
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D*ESTnETIQUl CHRETIENNE.
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eouYré en entier, et sartout les teintes cha* * toyantes de leurs bases, ne sont point en I)arûtite harmonie avec te reste. Plus de simplicité) peut-être même une teinte qui se fût raporochée de celle de la pierre aurait servi a reposer la vue dans cette partie du sanctuaire. On aurait mieux distingué les quatre évèques^ saint Castor^ saint Féréol, saint Firmin et saint Léonce, que H. Colin a sculptés sur les chapitaux, et qui sont perdus dans la profusion des couleurs qui les recouvrent et les entourent. — La peinture vit de contrastes, et la richesse même faligue quelquefois lorsqu'elle est poussée trop loin. Il faut savoir faire des sacrifices, mettre des ombres à son tableau et donner à certaines parties la mission de foire valoir les autoes.
Des médaillons réservés sous les arcsdoubleaux expriment la loi ancienne et la loi noHveJle, représentées d*un cAté par les tables de Moïse en regard de l'Evangile, de fautre par VArche d'alliance, opposée au calice. Le fond d'or qui entoure ces emblèmes est le symbole de la lumière qu'ils ont apportée au monde chrétien.
Dans toute cette ornementation, il est à remarquer que la richesse est d'autant plus grande que la partie décorée occupe une place plus importante dans lensemble^ eUe est disposée en général de manière à donner A l'édifice un aspect grandiose, et à fiiire valoir en même temps tous les sujets historiques. Ainsi les voûtes sont couvertes d'étoiles sur un fond bleu d'azur, emblème de la voûte céleste. Le dessous des arcsdoubleaux qui les supportent est rehaussé «fornements et accuse une richesse qui va ioujears en augmentant à mesure qu on se rapproche de Tabside où resplendit le Ghnsi orné du nimbe crucifère. La richesse dioiafte au contraire au-dessus des arcs et les* détails d'ornements disparaissent tout ï fait pour faire place à de larges surfiBces d'un jaune mat, sur lesquelles se détachent les archanges et les Pères de l'Ëglise.
Le fond Bleu de la voûte a para trop intense de ton è quelques critiques ^ cette observation pourrait s adresser également à respect général du chœur, si l'on ne tenait eompte des dégradations rapides qu imprime la dent cruelle du temps. De même que dans les tableaux à l'huile les couleurs s'éteignent «n Tieillissant, ainsi pour les peintures murales, l'action combinée de l'humidité, de la poussière, des vapeurs de l'encens et des flambeaux, produit à la longue cette harmonie douce qui charme rœil dans les anciennes peintures byzantines, peintures qui De seraient jamais parvenues jusqu'à nous, si elles n'eussent été exécutées avec , des couleurs très-prononcées.
' Les bas côtés de la croix, où sont représen* tés d'un côté le couronnement de la vierge , de Fautre , le ravissement de saint Paul, ont reçu des ornements analogues à ceux du sanctuaire. Seulement , sous la demi-C/Oupole de
Saint-Paul, la vigne et le chardon enroulent leurs gracieux rameaux, tandis que sous celle de la Vierge, c'est un lis qui exprime, ptrr son blanc calice, les vertus et la pureté de la Mère de Dieu. Les deux voûtes présentent les mômes teintes et les mêmes ornements que celle de la grande abside.
A leur entrée se lisent, du côté gauche, ces paroles :
Monstra te -essê matrtm; Uer para tùtum.
Du côté droit :
Paulus sertus Christi , vocatus apo$tohtft.
Le budget ne permettant pas de décorer avec la môme richesse tout rintérieur de l'église, il devenait très-difficile de passer, sans transition brusque, du chœur dans les nefs; il fallait imaginer un ton qui ne heurtAt ni la richesse ou sanctuaire ni la nudité du reste du vaisseau. Nous croyons que l'artiste a trouvé la solution du problème dans les piliers qui servent à relier ces deux parties. Leur nuance tendre et de bon goût, repose l'œil ^ en môme temps qu'elle adoucit un contraste justement redouté.
A l'entrée du chœur se lit cette magnifiq[ue inscription , hosanna éternel des esprits célestes •:
Gloria in eœceUis Deo et in terra pax ho-^ minibus bonœ voluntatis.
La nécessité de se renfermer dans les limites du devis n'a pas permis de donner à la décoration de la nef la richesse nécessaire.
(lour harmonier cette partie de l'église avec e chœur. On s'est borné à passer une lé-, gère teinte vert-pâle sur toutes les surfaces en stuc, tandis que les parties en pierre de Barutel sont restées à nu. Cette nuance verdfttre est bordée dans les angles par un filet» foncé qm la détache mieux du ton de la pierre de taille et accentue les arêtes d'une manière plus ferme.
Les peintures sont ici tout simplement à la colle , mais exécutées avec tant de soin et au moven de couches si multipliées., qu'elles réunissent toutes les garanties désirables de solidité et de longue dorée (596).
Pour mieux résister au frottement inévitable dans les parties des nefs qui avoisinent le sol , un soubassement rouge , peint è l'huile, règne tout à l'entour jusqu'à la hauteur de 2 mètres 30 cent. , et va relier le dessus des slaJIes du chœur» qui est du môme toiK Toutefois cette peinture n'est que provisoire , elle tient lieu de lambris en noyer, qni seront placés aussitôt que de nouveaux londs permettront de terminer dignement l'intérieur de ce riche édifice.
Les voûtes présentent aussi une teinte claire > parsemée de petites rosaces brunrouge clair; les nervures ne sont ornées que jusqu'à peu de distance des clefs; elles offrent deux bracelets différents, l'un à compartiments, l'autre à chevrons, qui alter* nent ensemble , tous deux exécutés !à peu de frais et d'accord avec la simplicité de la voûte.
(S2&/ Ce sont MM. Chenillon et Carras qui ont été chargés de cette partie.
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Notre intention n*est pas de nous élendre plus longuement dans la description de détails certainement très-soignés» mais dont l'exécution minutieuse doit disparaître devant l'aspect général de l'ensemble.
Le but nous parait avoir été atteint, surtout dans le chœur, où, avons-nous dit, s'étaient concentrés tous les efforts de l'artiste , le reste n'étant qu'un accessoire obligé dans lequel on avait dû apporter la plus stricte économie, et se borner à donner l'indication de ce qu'on pourrait faire plus tard.
Nous regrettons que la pensée de la décoration générale n'ait pas été rendue d'une manière complète, et que les transsepts , par exemple , soient dépourvus de toute espèce de peintures: il y a m encore deuxdemi-coupoles ogivales et deux immenses frises oui appellent le pinceau de l'artiste. Faisons des vœux pour qu'on ne se bâte pas trop d'y placer des ornements disparates, ou des tableaux qui contrasteraient avec le style roman, auquel jusau'à ce jour, on est resté fidèle ; qu'on sacne attendre avec patience le moment où Ton pourra demander à MM. Flandrin et Denuelle de venir terminer une œi:^vre commencée avec tant de talent et de succès.
Vitraux, — 11 ne fallait rien moins que le nouvel élan imprimé aux études archéologiques pour réhabiliter en France l'art de la peinture sur verre » art presc[ue' oublié et
Sui se rattache à notre histoire nationale, é , pour ainsi dire , sous l'influence de la pensée chrétienne, c'est aux rayons du génie français qu'il vient éclore et qu'il grandit bient6t au point d*envelopper sous un prisme brillant le sanctuaire de presque toutes nos cathédrales.
C'est à tort que beaucoup de personnes pensent que le secret des anciens est perdu. Nous connaissons aujourd'hui non-seulement toutes les recettes, mais encore toutes Les traditions que les artistes se transmettaient de père en fils, et cet art n'a pas un seul instant cessé d'exister en Europe, de* puis la date incertaine de sa découverte jusqu'à nos jours.
Disons même que les procédés des an^ tiens étaient bien incomplets, et que les progrès de la chimie ont procuré des ressources nouvelles, inconnues aux premiers architectes en ce genre , et ont imprimé à nos produits une supériorité sur ceux des époques antérieures.
Les plus anciens monuments que nous connaissions de cet art si fragile, remontent vers le commencement du xir siècle : ce sont quelques verrières de la cathédrale d'Angers, érigée de 1125 è lUO, par Hugues de Semblançay. Le xiii* siècle vit terminer Saint-Denis et Noire-Dame de Paris ; mais, sous le rapport de l'harmonie et de l'effet mystique , rien n'a pu dépasser la cathédrale de Chartres, dont les vitraux encore si complets semblent un voile irisé jeté sur le sanctuaire.
■ Après Chartres, la Sainte-Chapelle de Paris
et la cathédrale de Reims sont les monu« ments les plus complets de cette époque^ Bernard de Palissy, dans le xv* siècle, poussa très-loin la peinture sur émaux ; puis parurent Jean Cousin, le Michel-Ange français, etPinaigrier, le plus grand coloriste dont le pinceau ait jamais décoré un vitrail.
Mais, ainsi que tous les arts arrivés à un certain développement, il y eut pour ce genre de peinture une épôj^e de décadence telle, qu'il fut longtemps impossible de trou* ver des ouvriers capables de restaurer les beaux vitraux de nos églises, qui tombaient en ruine.
11 appartenait è MM. Brongniart et Aimé Chenavard de préparer au xix* siècle une renaissance à la peinture sur verre, de remettre en pratique les véritables procédés dont les anciens avaient fait usage pour la fabrication des vitraux, d'appliquer les secrets de la peinture en émail et les découvertes de la chimie à des vitres de décors, que les artistes du moyen Age n'eussent pu produire. Enfin, de nos jours, MM. Maréchal et Gugnon de Metz ont acquis dans ce genre une réputation méritée par de nombreux et remarquables travaux. Ce sont eux qui ont été chargés de l'exécution des vitraux de l'église Saint-Paul, que nous allons expliquer avec quelques détails, pour en bien saisir les sujets et guider le visiteur dans ses recherches analytiques.
En commençant parla coupole de la grande abside et sous la principale composition de M. Flandrin, nous trouvons, dans la fenétro du milieu, le précurseur saint Jean-Baptiste, qui semble annoncer la venue prochaine du Rédempteur. Dans les autres croisées, les quatre grands évéques, prédicateurs du christianisme dans les Gaules : saint Trophime, qui en fut le primat; saint Denis, le glorieux martyr dont Lutèce vit la mort sanglante ; saint Martin, le fondateur du célèbre monastère de Marmoutier, regardé comme la plus ancienne abbaye de France ; saint Saturnin, qui, refusant d'adorer les faux dieux, fut traîné par un taureau indompté» et fierdit la vie dans la capitale du Languedoc.
Au-dessus de l'autel de la Vierge, nous voyons trois fenêtres, dont une représente sainte Anne; l'autre, Marie tenant 1 Enfant- Jésus ; la troisième, saint Joseph, qui complète ainsi la Sainte-Famille et l'ensemble de celte chapelle. Le vitrail latéral, placé audessus de la procession des vierges» et qui est encore inachevé, sera divisé en trois médaillons, représentant les trois principaux faits de la vie de la Vierge, savoir : rAnnonciation, la Mère de douleur et l'Assomption.
Dans la chapelle de Saint-Paul» sont également trois sujets, qui montrent, au milieu, le grand Apôtre de la foi : il tient un parchemin sur lequel se lisent ces paroles, qu'il écrivait dans une de ses Épltres, comme le résumé de la religion pratique : Finis autem prœcepti est charitas.inLaj^nde tous les cornmandements, c'est la chanté. » ( I Jim. i^ 5.)
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DESTHETIUUE CHRETIENNE.
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A tes cbiésj Tite et Timothée, qu'il appelait ses fils, et qui ont ie plus concouru a ses travaux apostoliques.
La Ternère latérale, qui surmonte la procession des martyrs, renfermera également trois médaillons, dans lesquels seront re-
f présentées la conversion, la prédication et a décollation du grand Apôtre des gentils. Dans la partie la plus élevée, entre les Pères de l'Eglise, sont deux croisées donnant les portraits de saint Jacçiues, qui fut choisi pour remplacer saint Etienne dans les fonctions de l'épiscopat, et de saint Philippe
3ui suivit Jésus, devint en même temps le isciple et le prédicateur de la vérité, et porta l'Evangile jusque dans la Phrygie.
Le transsept sud, attenant à la chapelle de la Vierge, lui est dédié. Ce transsept est éclairé par une rosace, au centre de laquelle est placée Marie. Les douze médaillons qui lui servent d'auréole représentent sa généalogie, et forment en quelque sorte l'arbre de Jessé. Dans de plus petits médaillons, des anges montrent les qualifications de la Vierge selon les litanies.
Au-dessous de la rosace, on voit sainte Catherine, tenant à la main la roue, instrument de son supplice, et sainte Cécile, quî, 60 chantant les louanges du Seigneur, joignait la musique instrumentale aux mélodieux accents de sa voix.
L'autel placé dans cette portion de l'église sera, consacré à saint Joseph ; celui de face au Sacré-Cœur de Jésus.
Le transsept nord est aussi orné d'une belle rosace, dont le milieu est occupé par le Christ; il est entouré de douze grands médaillons qui représentent les principaux martyrs, et de douze plus petits dans lesquels sont peints des anges tenant les instruments de la Passion. Ces médaillons sont noyés dans un ciel éclatant d'azur, tout parsemé d'étoiles d'or, et dont la voûte de l'é< glise semble le reflet. Sous cette rosace, on a placé saint Etienne, le premier martyr, dont la mort suivit de près celle de son maître; et saint Laurent, le premier des seut diacres, à qui sa noble réponse au préfet de Rome valut une si douloureuse torture, lis portent d'une main les instruments de leur martyre, de l'autre la palme du triomphe.
Les vitraux des huit autres croisées du transsept contiennent des saints et des saintes en grande vénération dans toutes les églises de France. Ce sont : les deux saints Jean, saint François et saint Vincent de Paul, sainte Marthe et sainte Claire.
Dans les bas côtés des nefs, on verra des vitraux divisés chacun en trois médaillons de formes variées, représentant les légendes de saint Jean-Baptiste, saint Trophime, saint Gilles, sainte Madeleine, saint Lazare, saint Baudile, saint Castor et sainte Marthe, qui ont vécu pour la plupart en Provence, et y ont établi la doctrine chrétienne.
Au-dessus dei< fonts baptismaux se trouve placé le vitrail légendaire de saint Jean- Bapiibie.
Enfin, la grande et belle rosace, qui s'ar-
rondit sur la porte principale, est consacrée k l'Ancien Testament ; Moïse, le grand légis^ lateur des Hébreux, occupe le centre ; dans les grands et les petits lobes , sont les patriarches et les prophètes qui lui ont succédé dans sa mission divine.
Les deux autres petites rosaces de la fa* çade ne présentent aucune figure et ne renferment que des ornements.
La description seule de ces vitraux nous montre combien leur disposition a été bien entendue, et combien chaque sujet est en rapport avec la partie de l'église qu'il este chargé de décorer. A ce premier mérite, qui appartient surtout à l'architecte, il doit s en joindre deux autres : !• l'exécution des su-^ jets en elle-même; 2"* ta quantité de lumière qu'ils laissent pénétrer dans Tintérieur du monument.
Les sujets sont traités en général d'une manière satisfaisante : M. Maréchal, comme M. Flandrin, a concentré le principal intérêt dans la grande abside , et les cinq figures qui en décorent les fenêtres sont incontestablement les plus belles de son travail. Les évéques ont des expressions sévères et religieuses ; la monotonie de leur costume disparait sous les riches ornements et la variété des nuances qui brillent dans les draperies. Dans la fenêtre du milieu, saint Jean-^Baptiste, revêtu de son costume austère et sauvage, semble encore prêcher au désert, tant son visage est énergique et son geste véhément ; il forme un heureux contraste avec les saints prélats, dont les vêtements sont si riches et les traits empreints d'une si douce mansuétude.
La chapelle de la Vierge nous a semblé moins heureuse : plus de naïveté et mbins d'affectation eussent été désirables dans la jeune femme de Nazareth, dont la pose est trop maniérée. La figure de sainte Anne n'est pas non plus irréprochable sous le rapport du dessin ; mais le saint Joseph rachète bien d^s défauts par le beau caractère de sa physionomie.
La verrièi'o de Saint-Paul, sans présenter des qualités éclatantes, contient cependant des parties bien traitées; elle n'offre à la critique ni mérite éminent, ni défauts à signaler.
Le cadre de cette notice ne nous permet pas d'entrer dans le détail de tous les autres vitraux, qui d'ailleurs ne sont point encore terminés au moment où nous écrivons. Mais il ne faut pas cependant passer sous silence les portraits de sainte Catnerine et de sainte Claire, charmantes figures qui respirent, dans une attitude pleine de modestie, la plus gracieuse suavité, et seront certainement une des meilleures de l'œuvre entière.
Si, par la manière dont ils sont traités, les vitraux de l'église Saint-Paul offrent de gran-* des qualités sous le rapport du dessin et de la composition, nous les croyons défectueux à l'égard de la couleur et de l'intensité de lumière qu'ils projettent dans l'intérieur de l'église.
Wous avons déjà reproché à Tarchitette
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DICTI(»<îNAIftlC
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d*avoir percé trpp d'ouvertures; on aurait pu remédier à ce défaut en leur adaptant des verrières assez foncées pour qirelles ne laissent pénétrer que cette demi-oDscurité si favorable aux mystères du culte et aux pompes de la religion, ainsi qu'on* en trouve de si beaux modèles dans les anciennes églises gothiques.
Non-seulement l'auteur des vitraux n'a pas apprécié toute la différence qui existe entre l'éclatant soleil du midi et l'atmosphère brumeuse du nord » mais il s'est encore trompé dans ses calculs» en employant des teintes très-harmonieuses à la vérité» mais beaucoup trop claires en sénéral. Il est certaines heures de la journée où leur éclat est si éblouissant, que le sanctuaire est inondé de 1 umière» et qu'on ne peut apprécier les autres travaux d'ornementation qu'en les isolant par des moyens factices.
Dans une œuvre aussi importante que celle de cette immense décoration, il est du devoir de chaque partie de se prêter un mutuel secours et de se faire vaioir l'une l'autre. Or, ici les vitraux se nuisent à euimômes, tout en nuisant à l'ensemble de tous les autres travaux. Est-c» la faute de l'ar^ chitecte ou celle de H. Maréchal? Nous ne savons ; mais nous insistons sur ces observations, dans la pensée qu'il est temps encore d'y porter remède : il doit être possible d'assombrir quelques teintes, d'éteindre quelques blancs trop brillants. Nous espérons au'à sa prochaine arrivée dans notre ville 1 artiste sera le premier à reconnaître la justesse de notre critique, et qu'en perfectionnant ses verrières il laissera dans la ville de Nîmes une œuvre qui augmentera encore une réputation justement acquise.
Menuiserie. — 11 n'est pas de travaux plus importants en menuiserie que ceux qui s'exécutent dans les édifices religieux. Susceptibles, pour la plupart, du plus grand style et du plus noble caractère, développés ordinairement sur une vaste échelle et avec cette absence de parcimonie qui laisse toute latitude au génie, ils permettent à l'artiste de créer des monuments durables et de léguer aux générations futures un témoignage de son nabileté et du degré de perfection auquel l'art était arrivé dans le siècle où il a vécu.
L'importance que l'architecte de l'église Saint-Paul a donnée à la menuiserie dans la décoration intérieure, jointe au talent avec lequel ont été exécutés tous les travaux, demandent, dans cette notice, un article spécial, et il est du devoir de la critique d'entrer dans quelques détails à ce sujet.
C'est M. Hoën Bernard, de Nimes, qui a été choisi pour assembler toutes ces immenses pièces de noyer. M. Colin, en les sculptant, nous a prouvé que son ciseau n'était pas moins habile à fouiller le bois que la pierre et le marbre.
Leur œuvre simultanée comprend six par* ties principales, savoir : les confessionnaux, la chaire, le banc-d'œuvre, les stalles du chœur, les tambours; enfini le buffet d'or-
gue et la voûte sur laquelle il repose. Nous consacrerons quelques lignes à chacun de ces ouvrages, car nous voyons là de véritables œuvres d'art, dignes en tous points d'ar» rèter les regards du visiteur.
£n commençant par les stalles, la parti» certainement la plus importante, on verra qu'elles garnissent le fond de l'abside circulaire sur un arc de 8 mètres ^ et qu*ellet s'élèvent jusqu'à une hauteur de 3 m. 50 c Les dix-sept places qu'elles renferment sont divisées par des museatuf ou appuis^ de formes élégantes, qui se relient aux cloisons par une côlonnette romane. Au devant est sculptée une petite tète qui alterne avec une feuille d'ornement. La partie supérieure du dossier est surmontée par un fronton triangulaire en rapport avec celui des confessionnaux, et sur lequel se lisent des inscriptions tracées en caractères byzantins ainsi que ceux des autres légenoes qui se trouvent dans l'église : Cantate Do^ tnino; Exeultate Deo; Laudamua te; Grattas agimus tibi; Tu salue sanctut, etc., etc. Le tout est surmonté d'un lambris circulaire parfaitement adapté à la courbe de l'abside.
Les stalles sont élevées sur deux mai^ ches de 15 centimètres chacune, devant lesquelles se rangent, en contre-bas, les prie- Dieu, dont les tablettes cintrées dans leurs deux sens, exigeaient une certaine habileté, ainsi que les petits sièges des miséricordes qui s'élèvent et s'abaissent à volonté. Dans les deux cas, l'ouvrier a fait preuve de grandes connaissances dans la coupe et l'assemblage de toutes ces pièces.
Les parties les plus élégantes de ce travail sont évidemment les deux cloisons latérales, formées par des consoles de formes très-
Sracieuses, où sont sculptées des rosaces et es grappes de raisin.
^ Le banc-d'œuvre, où se tiennent pendant l'office les marguillers, notables, etc., doit toujours présenter un degré d'ornementation proportionné à l'importance du monument. Celui de l'église Saint-Paul est simple, les bancs sont bien disposés et peuvent contenir jusqu'à dix-huit places. Les ornements sont rares, trop rares peut-être pour se trouver en rapport avec le reste de la menuiserie qui est extrêmement travaillée; mais leur simplicité modeste sert à faire mieux valoir la richesse que l'architecte a réservée pour la chaire et les stalles.
Les confessionnaux, outre leur destination spéciale, servent aussi à la décoration des chapelles et des bas-c6tés de l'église. Nous en trouvons quatre dans Saint-Paul : deux sont placés dans les transsepts, deux autres dans les bas-côtés du chœur au-dessous de la procession des vierges et des martyrs. Us portent dans leur ensemble le cachet de l'architecture byzantine, et n'ont d'autres détails de sculpture qu'une feuille découpée pour donner jour à l'intérieur, et la croix grecque qui se dessine sur le fronton triangulaire.
De tout temps, la construction des chaires
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D'ESTHETIQUE CHRETlEiNNE.
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à pr6di6r a prdsienté les plus grandes difficiuiés à la menuiserie» soit dans les parties qoi composent le corps de Toduvre, soit dans la coupe de Tescalier et la manière de profiler les rampes, soit enfin dans les ornements nombreux, souvent bizarres, dont elles sont ordinairement surchargées.
M. Bernard en a déjà exécuté plusieurs dans notre pays aussi bien que dans le nord de la France : mais il n*avait jamais apporté, dans aucune de ses œuvres précédentes, une plus grande intelliKence de son art.
La chaire de Téglise Saint-Paul repose sur une solide charpente de chêne, où chaque partie est assemblée arec une telle adresse qu'il est souvent impossible de découvrir les joints et les boulons qui lient les pièces importantes : tout cela est si bien dissimulé qu'il serait extrêmement difficile de démonter cette chaire sans le secours de celui qui Ta exécutée. La partie postérieure présente quelques pièces de support remar-
Snables par leur solidité et leur dimension. iOus inaiquerons aussi les quatre Inontants de lace sur lesquels sont sculptées les colonnettes : an lieu d'éviter un travail considérable en les appliquant tout simplement sur le bois, elles y ont été fouillées et sculptées, et présentent, de cette manière, toutes les garanties désirables de durée et de bonne conservation.
Si nous examinons le dessin général de la chaire, nous reconnaîtrons que toutes ses parties sont dans un juste rapi)ort les unes avec les autres, et qu'elles joignent Télégtnce à la simplicité. Les ornements distribués avec discrétion et sagesse sont du meilleur goût; l'abat-voix qui la recouvre, laen qu'un peu mesquin dans ses dimensions, présente cependant un profil sévère supporté par des courbes gracieuses et surmonté par un couronnement découpé avec art. Le corps de la chaire est formé extérieurement par des caissons qui se marient & quatre colonnes ouvragées du haut en bas. La rampe est aussi garnie de jolies colonnettes ornées de bases, chapiteaux et bracelets dans le caractère de l'ensemble du monument.
Si la critique avait un reproche à faire à cette chaire, elle pourrait blâmer le trop orand nombre d'angles et de parties recti- Bgnes : elle demanderait aussi que la partie imérieure fût terminée par une espèce de col-de-lampe , pour éviter un angle droit dont les arêtes sont trop dures. Cependant, tel qu*il est, ce petit monument, fait le plus grand honneur a l'architecte qui en a donné le dessin, au menuisier qui en a assemblé les parties, et au sculpteur dont le ciseau n'a jamais taillé déplus jolis détails d'ornement.
Nous avons cru devoir insister sur la description de cette œuvre, parce qu'elle attirera certainement, dans l'église, Tattention de tous les connaisseurs.
n nous reste à parler de l'orgue, non point encore sous le rapport de l'insirument de musique, mais dans ce qui touche à la menuiserie; c'est de l'œuvre entière sinon la
partie la plus travaillée, du moins celle qui présentait le plus de difficultés, comme il est facile de s en convaincre en examinant la place qu'il occupe dans la nef. On peut dire qu'il n'a d'autre support que lui-même, puisqu'il est seulement établi sur une charpente cachée par des arcs en noyer d'un jet très-hardi. Placé au-dessus des trois i)ortes d'entrée, dont l'une forme le plein-cintre, tandis que les deux autres présentent une légère courbe oeivale, il devenait d'autant
1>lus difficile de l'ajuster à la muraille que es arcs de voûte, les nervures et les voussoirs réunissaient trois inclinaisons différentes, qu'il a fallu combiner et raccorder ensemble: Nous recommandons cette partie aux hommes de l'art; ils comprendront mieux que nous ne saurions Texpliquer»
les difficultés inouïes qui se sont rencon-. trées dans l'exécution de cette pièce, difficultés qui demandaient, pour être surmontées, des connaissances toutes spéciales dans la géométrie pratique et dont l'exécution a dépassé toutes les espérances de Tarchitecte.
Sur les tourelles à huit pans qui forment le buffet d'orgues , et qui sont soutenues par des encoignures en trompes , s'élèvent trois petits monuments à colonnes» couronnés eux-mêmes par une coupole élégamment arrondie.
Aux deux côtés sont adaptés des panneaux découpés è jours , d'un travail extrêmement délicat, mais qui se trouvent malheureusement presque perdus pour les visiteurs, à cause de la place cachée qu'ils occupent sur les parties latérales de l'instrument.
Nous mentionnerons aussi ^ pour com-
fléter cette énumération, les deux tambours crénaux qui doublent lés portes de façade quelques travaux dans les sacristies non encore terminés» enfin le tabernacle posé sur l'autel et dont la forme rappelle en petit celle du ciborium. Tous ces ouvrages remarquables à plus d'un titre, sont cependant de moindre importance que ceux dont nous avons parlé d'abord , et c'est principalement sur l'orgue, la chaire et les stalles du chœur que MM. Bernard et Colin doivent être fiers de graver leurs signatures.
Orgue f Ciboriumy Mosaïque ^ etc . — Après avoir parlé de l'orgue sous le rapport de sou enveloppe, c'est-à-dire, de ce revêtement sculpte dont nous avons apprécié les détails, il convient de nous occuper de l'instrument en lui-même, d'étudier le mécanisme de cette grande voix qui, dans les jours défîtes, inonde les voûtes des flots de sa religieuse harmonie , et semble inviter les fidèles à s'unir au chœur des anges et dos ^séraphins dans l'adoration du Seigneur.
L'orgue est incontestablement le plus beau et le plus complet des instruments de musique ; c'est aussi peut-être le moins connu de tous particulièrement en Fran- (te. L'usa^^e tout profane auquel il fut employé jusqu'au vu' siècle, le fit bannir des temples chrétiens , et les Pères de TË^lise se prononcèrent sévère-
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ment contre son emploi. Mais aussitôt que les fêtés et les spectacles du paganisme eurent disparu avec les fausses divinités pour lesquelles ils avaient été institués, l'orgue fut transporté dans les basiliques chrétiennes et vint prêter un nouveau secours au culte, en donnant unattrait déplus aux exercices religieux. « Son mécanisme, disait Choron, a quelque chose de mystérieux , analogue aux mystères chrétiens. » Aussi sa place véritable est-elle dans une église, où la gravité et la majesté qui caractérisent ses sons peuvent seuls accompagner dignement la mélodie calme et sublime des chants sacrés.
Les plus grandes orgues connues sont celles de Saint-Sulpice, à Paris; de Saint-Paul à Londres ; du temple protestant, à Strasbourg; de l'église de Fnoourg, en Suisse; enfin, Torgue admirable de la cathédrale de Beauvais, construit depuis peu d'années avec de nouveaux perfectionnements.
Sans avoir la prétention exorbitante d'entrer en concurrence avec aucun de ces instruments devenus célèbres, l'orgue de Saint- Paul, approprié à la dimension du vaisseau de l'église, ofi're des qualités, et nous a pavn convenir en tous points h sa destination. Son auteur, M. Cavaillé-Coll, de Paris, était déjà avantageusement connu par les travaux analogues qui lui avaient été confiés par le gouvernement dans les églises de Saint-Denis et de la Madeleine.
Relativement à sa construction , le mécanisme et les divers jeux sont bien disposés, faciles à démonter pour être réparés au besoin ; les tirages et les autres mouvements agissent avec netteté et précision ; la force du vent est distribuée convenablement, de manière à alimenter tous les jeux; enfin les sommiers d'une hauteur convenable sont bien étanchés et solidement construits.
La partie sonore de l'instrument n'est pas moins digne d'éloges, autant que nous avons pu en juger après une première audition; les notes basses, surtout, nous ont paru
}>leines, fortes et vibrantes; on pourra par eur moyen, obtenir de grands efi'ets dans tous les morceaux brillants. Pour les mélodies, qui exigent surtout de la souplesse et de la douceur, certains jeux laissent quelque chose à désirer, mais ce défaut disparaîtra sans aucun doute, à mesure que l'instrument sera plus joné.
Les diverses pédales dont il est pourvu, mettent à la disposition de l'organiste des ressources nomnreuses et lui permettent d'ajouter encore au parti que Ton peut tirer de l'instrument. Toutefois, il ne présentera un ensemble complet que lorsqu'on y aura ajouté de nouveaux jeux de pédales sépa^ réset appropriés à la sonorité de l'orgue.
L'église Saint-Paul renfermera ci nq.autels lie marbre : le principal, ou maitre-autel, est placé au centre du chœur entre les deux grands arcs latéraux, et exhaussé de trois uiarcbes au-dessus du sol du sanctuaire.
Il se compose de trois parties : Tau^e/ proprement dit, le réiablc et le reliquaire.
ir VauUl esten marbre blanc,décoré de |>etilescolonnettes romanes extrêmement variées dans les dessins qui ornent les fAts et les ehapiteaux.Ges colonnes supportent de petits frontons triangulaires, alternant avec des arcades à plein cintre et garnis, dans leurs intervalles, par des grappes de raisin et des épis de blé.
Le rétable contient le tabernacle ; c*est, par conséquent la partie la plus précieuse de tout Tédifice; aussi l'architecte Ta-t-il conçu en or , enrichi de pierreries et d'émaux. Mais pour le moment, il faudra se contenter d'un provisoire et d'une richesse sima^ lée.
11 en est de même de la partie supérieure ou reliqtAairCj qui sera susceptible de toute la richesse que les ressources de la fabrique ou les dons des fidèles pourront lui accorder.
Au devant de l'autel , et comme marchepied, se trouve un degré qui, au milieu de belles incrustations en mosaïque , renferme trois médaillons dont les cartons ontété dessinés par M. Flandrin. Au milieu, le péché originel; de chaque côté, les quatres fleuves du paradis : le Tigre, l'Euphrate, le Gehon et le Phison. Ces médaillons gravés au burin et rehaussés d'un stuc de couleur rouge sont reliés par des bandes circulaires qui vont se rattacher elles-mêmes à l'encadre* ment général de la dalle.
Tout cela est renfermé dans un ciborium de la forme la plus élégante, qui, à lui seul, est un véritable monument, et que nous de* vons décrire avec soin à cause de l'importance qu'il occupe dans l'ensemble de la décoration du chœur.
On entend par ciborium une espèce de dais, élevé sur des colonnes au-dessus du maitre-autel, et qui a donné naissance aux baldofiuins, adoptés plus tard dans certaines basiliques de Rome et de Paris. Son usage remonte aux temps les plus reculés de l'art religieux, et il est de toute probabilité au'il fut pour les premiers Chrétiens ce qu'était l'Arche sainte pour les Hébreux. On donnait à cette partie de l'édifice la plus grande splendeur, car elle contient la table desmj^s» tères, la re1i(iue précieuse, la sainte hostie, et résume ainsi à elle seule tout le prin* cipe religieux. La voûte et l'élévation qui en forment en quelque sorte le dôme, sont, comme la châsse. Destinées à la préserver et à l'abriter, j L'espace qu'il occupait dans le sanctuaire s'appelait le Saint des êainiê (Sancta sanctorum).
Le ciborium de l'église Saint-Paul repose sur trois degrés de marbre blanc : quatre colonnes en griotte d'Italie , surmontées d'élégants chapiteaux, servent de pointsd'appui à la partie supérieure de l'édifice. Sur chaque face, s'élève un tympan triangulaire ayant une archivolte pour base, et percé an centre par quatre lobes à jour, qui ajoutent h la légèreté d'ensemble, et contribuent h lui donner plus spécialement le caractère d'une châsse. Le fond des tympans est garni d'un quadrille sculpté avec rosaces en
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D*ESTHETIQUE CflR£TI£NN'E.
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blanc, se détachant sur nn fond légèrement coloré. La crête dorée (527) qui couronne le monument se compose d'un ornement seul pté» terminé par une palmettCt diadème brillant qui offre un aspect de grande splendeur. Le dessous du ciborium forme une TOûte d'arêtes, peinte en bleu et semées d'étoiles d*or, image du ciel. Enfln, des anges tenant des encensoirs, des calices et des oliphansy reposent sur les chapiteaux, à chaque angle extérieur et complètent cette décoration remarouable, qui fait le plus grand honneur à M. Questel , et ajoute beaucoup à l'importance et à l'effet intérieur de son église.
Nous citerons aussi , pour leur accorder une grande part d*éloges, H. Colin, l'auteur de ces quatre figures d'anges, rappelant si bien la simplicité naïve du xn* siècle et de ces élégants chapiteaux que nous ne saurions trop recommander à l'examen des connaisseurs; enfin, M. Denuelle qui, dans Tomementation a fait preuve du meilleur goût en harmoniant cette partie avec l'ensemble de la décoration générale.
Pour compléter Ténumération de tous les traraux de l'église Saint-Paul , il nous reste à mentionner quelques autres parties qui ne sont point encore terminées ou qui n'occupent point leur place définitive. Telle est la table de communion exécutée en marbre blanc, ornée d'une série de colonnettes romanes, et présentant dans le milieu une partie accorante à deux venteaux en bronze; elle sort des ateliers de M. Grimes de Montpellier . ainsi que tous les autres ouvrages de marbrerie.'
Les deux côtés du chœur sont fermés par des grilles mobiles et dormantes , en fonte de fer , dont l'ornementation est aussi en rapport avec le style général de l'architecture.
Les portes extérieures et intérieures sont ornées de pentures en fer forgé et ciselé, venant des ateliers de M. Boulanger de Paris.
Les autres serrureries , entre autres les grilles des fenêtres des sacristies, qui présentent un travail de forge et d'ajustement as6ez remarquable, ont été exécutées à Nîmes par M. Marins Nicolas.
Tout le cbœur sera pavé en mosaïque, et bien que les travaux de ce genre soient encore peu avancés , nous avons déjà pu apprécier Je talent des frères Mora, mosaïstes stucateurs, qui se sont formés à Venise par l'étude du riche pavé de sa magnifique basilique. L*avant-cnœur et le sanctuaire de Saint Paul présentent deux dessins différents : ce sont des croix de Malte et des croix grecques formées les unes par des lignes brisées, les autres par des lignes courbes. Les motifs qui sont fort bien en détail, nous ont paru un peu petits pour la dimension du chœur : nous aurions préféré MU grand caisson dans le milieu, ou quel-
ques figures et ornements sjmbolicpies. Cependant, tel qu'il est, ce travail, dan^ son exécution et oans son effet, rappelle bien la mosaïque romaine et offre le même caractère d élégance, de fini et de durée. Les [procédés employés par les frères Mora sont es mêmes que ceux de leurs ancêtres.
Comme eux, ils incrustent leurs petits cubes de diverses couleurs dans une couche de béton à demi-solide ; puis ils égalisent la surface en passant un pesant rouleau qui, par son poids, incruste encore mieux le marbre dans le (?iment, et force celui-ci à combler tous les interstices ; ils complètent avec la dame ce travail de solidité, le polissent au moyen d'une pierre de grès, et obtiennent ce brillant et cet uni qui font rivaliser leurs ouvrages avec les plus belles mosaïques que nous ait transmises l'antiquité.
Telle est la série de travaux qu'a nécessités la construction de l'église Saint-Paul ; tels sont les éléments qui en font un des monuments modernes les plus intéressants et les plus complets du midi de la France.
Il nous reste, en terminant cette notice , à émettre le vœu que les derniers travaux marchent rapidement vers leur fin. pour satisfaire au désir de cette partie de la population impatiente d'inaugurer sa nouvelle paroisse. Nous voudrions aussi, dans l'intérêt de l'art religieux , que par la suite , on ne plaçAt dans ce monument byzantin , aucun ornement , de quelque nature qu'il puisse être, qui ne fût en rapport avec le style de l'architecture. Puisque M. Questel a constamment cherché runité dans toutes les parties de son église, et en a traité tous les détails avec le soin le plus minutieux, il serait à désirer que son œuvre fût continuée sous le même point de vue, et que des ornements bizarres et disparates ne vinssent pas contraster péniblement avec l'ensemble des autres travaux. En consultant l'architecte ou en nommant une commission spéciale qui correspondra avec lui , toutes les fois qu'il s'agira d'ajouter une partie nouvelle à l'ameublement de l'église, le conseil de fabrique, ne pourra qu'y gagner, et aura ainsi sa part de mérite a Taccomplissement d'une œuvre dont s*enorgueillira à juste titre notre cité, et que nous envient déjà toutes les villes voisines. '
Ne désespérons donc point de l'avenir des arts dans notre pays, puisque, dans un temps où les plus grandes préoccupations assombrissaient l'avenir, loin de suspendre des travaux coûteux , on s'est imposé , au contraire, de nouveaux sacrifices pour terminer dignement une œuvre capitale , que les prévisions d'une prudence craintive auraient conseillé d'abandonner ou d'ajourner indéfiniment. Félicitons les membres éclairés du conseil municipal qui, pour la construction, la décoration et fameublement de 1 ôglise Saint-Paul, ont fait appel à des hommes
(Sn) La dorure du ciborium ainsi que toutes les autres parties dorées du chœur ont été exéculics par M. Vieillard.
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mcnoNNAuuc
«péclaax» parrenus par leur mdrite à une haate réputation^ et n'ont pas reculé deyaot quelques sacrifices pécuniaires pour doter notre ville d*un monument digne de figurer à côté de nos antiques ruines.
G*est ainsi que les arts , comme tout ce qui est grand et élevé, méritent d'être traités : des demi-mesuresy des moyens-termes ne produisirent jamais rien de complet ni d'original. En élevant l'église Saint-Paul, Nîmes aura mérité une place importante dans l'histoire de l'art chrétien au xix* siècle. Puissent les autres cités marcher dans cette voie de progrès, et enrichir notre pays de monuments , où se lirait en nobles caractères le passage d'une génération , qui serviraient de jalons à Thistoire des beauxarts en France, et légueraient un souvenir durable aux siècles futurs*
PEINTURE. Nous repoussons autant pour la peinture que pour les autres branches de Fart, l'origine terrestre et même casuelle qxxe les théories rationalistes du dernier siècle et du nôtre voudraient lui assigner. Nous nions absolument que, généralement parlant, les premiers artistes aient été comme des enfants qui savent à peine bégayer, et (}ui, avec l'âge et l'instruction qu'ils reçoivent, finissent par devenir des hommes faits. Vartisu plante est aussi absurde , aussi inconcevable que Vhâmtne plante^ et il faut que nos théoriciens modernes soient bien hostiles à l'idée de Dieu et de la révélation primitive qu'il a faite à l'homme, pour oser persévérer avec tant d'opinifttreté dans un système que réprouvent h la fois les témoima^es historiques aussi clairs que le jour et Te simple bon sens. En effet, les premiers éléments de l'histoire,
Sie nous apprennent-ils? Que chez les peu- . es les plus anciens, les plus reculés, tels que les Assyriens, la pratique des arts était passée à une perfection qui , sous certains rapports, n'a jamais été surpassée, ni même égalée depuis.
Us nous apprennent aussi qu'il n'y a jamais eu une marche uniforme quant aux Srogrès de l'art, parmi les diverses nations u globe , puisque les unes avançaient tandis que les autres reculaient. Bien plus, ils nous révèlent cette particularité remarquable, qu'on a vu plus d'une fois le même peuple, passer successivement du progrès à la décadence, et de la décadence au progrès. Or, un tel ordre de faits n'est-il pas diamétralement opposé au système rationaliste qui voudrait que l'humanité, dans les arts, comme dans la philosophie , eût débuté par l'état sauvage pour arriver graduellement à l'état de civilisation? Et puis, est -on bien d'accord sur le véritable sens de ces deux mots décadence — progris f Tout dépend ici du point de vue auquel on se place. 'Aux yeux de celui qui prise, avant tout , dans la sculpture , par exemple , la force, la noblesse, la vigueur de l'expression, les statues martiales découvertes dans les ruines de Ninive l'emportent sur les plus correctes, les plus élégantes, dues au ciseau
grec ; et même ces dernières le cèdent encore à leurs aînées, dans l'ordre du temps , à celles d'Egine, rivale d'Athènes. De même, en fait de peinture , l'amateur des tableaux appartenant à YEcole myêlique de TOmbrie, qu il regardera et avec raison, selon nous , comme la première de toutes , déplorera, dans la dernière manière de Rapnaél, les symptômes réels d'une prochaine et rapide décadence , tandis que l'amateur du genre
Imrement naturaliste, y verra avec bonheur e signe non équivoque de l'envahissement du sensualisme dans Fart. Ainsi, pendant qu'aux yeux de celui-ci le peintre d*Drbin progresse, aux yeux de celui-là, il tend visiblement à son déclin. Ce n'est pas que nous prétendions qu'il ne faille compter pour rien les influences de religion, de gouvernement, de mœurs public^ues, de climats , et beaucoup d'autres , oui ont pu souvent déterminer îes diverses pnases dont nous venons de parler. Nous leur accordons, au contraire, une large part. U y a plus t c'est que des événements fortuits, tels que la conquête et les dévastations qu'elle entraîne» ont pu anéantir les livres, les monuments et les objets d'art d'un peuple, et le mettre dans la nécessité de reprendre, en des temps meilleurs, l'art et la science à nouveau. Cette particularité n'est point rare dans les Annales des nations, dont nous ne connaissons d'ailleurs que très-imparfaitement l'histoire , à cause de la perte de leurs titres et même de leurs noms. Hais tout ceci milite plutôt contre que pour le système dont il s'agit.
On nous répète sans cesse que la cabane de bois fut le point de départ, le thème , en
Quelque sorte, de la plus belle architecture u monde, de celle des Grecs. D'abord, nous nous permettrons de contester cette supériorité absolue de l'architecture grecque, et, même en l'admettant , à qui espérera-t-on faire croire qu'un type aussi plat, aussi vulgaire que la cabane ait pu aénéreTf (qu'on me passe le néologisme), les plus oeaux monuments. On ne voit pas trop bien en quoi cette forme est plus distinguée que telle ou telle autre, en fait do lignes, d'ensemble et de caractère. C'est massif, lourd et surtout écrasé. Nous ne saurions donc admettre que la ressemblance parfaite, quant au plan et à l'ordonnance, des temples les plus célèbres avec ce type primitil, soit le plus bel éloge qu'on en puisse faire. Nous sommes persuadés, au contraire, qu'une telle ressemblance est très-f&cheuse , et
Qu'elle diminue beaucoup le mérite des difices qui la retracent avec tant de fidélité» On répondra à cela, que la gloire des architectes qui les ont conçus sur un tel modèle, c'est de l'avoir embelli au moyen de la sculpture, de la peinture, et par l'emploi des plus riches matériaux. Mais, qui ne voit q[ue ce n'est pas là répondre à la difficulté , puisque cet art et cette richesse ne sont que des accessoires brillants qu'on eût fait valoir avec tout autant d'avantages, pour ne pas dire plus, sur d'autres types plus nobles ou
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D ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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sia
plus gracieux que celui aoht il s'agit.
Pour en revenir à la peinture, objet de cet article, nous ne croyons pas non plus qu*on doiye en attribuer l'origine, comme on le dit communément, au désir de reproduire sur la toile ou sur tout autre surface lisse les traits d'une personne chérie. On n*en donne aucune espèce de preuve. Au lieu de cette hypothèse purement gratuite, nous aimons mieux croire que l'homme a trouvé dans la tradition primitive les premiers éléments de la peinture comme ceux du langage et de tous les arts. L'état de perfection où nous les voyons dans les temps les plus reculés, serait une preuve sufiQsante de notre assertion, quand bien même elle n'aurait pas pour elle les oracles des Livres saints. Toutefois, il résulte du peu de documents qui nous sont restés touchant la pratique de cet art chez les anciens qu'il ne fut ni aussi général, ni aussi populaire parmi eux que chez nous.
« La peinture, qui, chez les peuples modernes, s'est lait une plus grande place que la sculpture, était plus modeste autrefois ; non que l'homme lût moins sensible à la pureté du dessin et aux séductions de la eouleur : on trouvait Tune et l'autre dans !es temples et dans les statues. Tout architecte et tout sculpteur, non-seulement recherchait la beauté des lignes, mais apprenait encore à faire un sobre et discret emploi de la couleur. Ce qui manquait à la peinture, c'est cette existence indépendante qu'elle a conquise depuis. Il serait long d'énumérer toutes les causes qui retardèrent les progrès de la peinture, quand la sculpture remplissait le monde de ses chefsd'œuvre. Je pense gue la sculpture en ronde bosse fàt le premier effort de l'art, parce
Ïae la forme est moins abstraite que la ligne. y a déj& de l'abstrait et du contenu dans le plus haut relief. 11 faut moins de science pour modeler un corps semblable à un autre, que pour en rendre fidèlement les contours et les couleurs sur une surface plane. Ajoutez les difficultés de la perspective, les raccourcis et surtout l'étude des tons si importante en peinture : je ne parie pas de la rareté des couleurs, dans un temps où la peinture n'avait point la chimie à son service. Peut-être aussi les artistes grecs préféraient-ils employer leur géuie a des œuvres durables, et cédaient-ils à cet infaillible instinct qui .les poussait vers tout ce qui est immortel (528). »
Les considérations qui précèdent, justes, à plusieurs égards, OBt néanmoins l'inconvénient trop commun dans les écrits de ce genre de renfermer la question dans les étroites limites de la Grèce. H y avait eu cependant longtemps avant ce peuple (529) et
(528) Mémoire pur Pilé d'Egine, par M. About, membre (leTécole française d'Athènes. Paris, 1854.
(5^) Yoff. le mot Viteaoz pbints.
(530) Cet emploi de la peinture dans riniérieur des «^lises eut lieu sur une très-large échelle dès L'S premiers siècles du christianisme. Ce fait est ai-
il existait encore à cette époque de grandes et belles peintures de couleurs ou à la mosaïque, ou à Tencaustique (le procédé ne fait rien à la chose). Mais, si restreignant la proposition à la Grèce et aux [peuples ani furent, en fait d*art, ses tributaires, on de* mande pourquoi chez eux la peinture fut moins généralisée, moins populaire que chez nous, je répondrai que ce rut principalement pour deux raisons, l'une tirée de la différence d'architecture, l'autre, de la différence plus srande encore du principe religieux, entre les anciens et les modernes, entre les païens et les Chrétiens.
Les temples du paganisme étant moins grands, moins élevés que les nôtres, ne se prêtaient pas aussi bien aux développements de la peinture. L'obscurité qui régnait dans l'intérieur réservé exclusivement aux prêtres et à quelques initiés, était un obstacle à ce genre de décoration. C'était donc à l'extérieur, gui était, du reste, pour la multitude la partie la plus intéressante de l'édifice, que les peintres et les sculpteurs avaient porté toute leur attention. Mais ici la peinture ne jouait qu'un rôle secondaire, tandis que la sculpture étalait toutes se^ magnificences sur les frises et sur les frontons. Dans nos temples catholiques, au contraire, tout a été a l'inverse des temples païens, aussi bien pour l'art que pour le culte lui-même. Nos basiliques, beaucoup plus vastes, beaucoup plus hautes, ont présenté naturellement un champ beaucoup plus vaste aussi à la peinture, qui elle-même a eu à s'exercer sur des sujets autrement grandioses et compliqués que ceux de Tart antique. En outre, le peuple fidèle étant appelé désormais è remplir les immenses nefs du temple saint, la peinture a dû déployer toutes ses ressources et toute la ma^ie de ses effets dans l'intérieur de nos basiliques, de même que dans les cloîtres y attenant et dans leurs autres dépendances (530} • La sculpture n'a rien perdu, de son cêté, à cette métamorphose, puisque, indépendamment de la part assez belle qui lui a été faite dans l'intérieur, elle est toujours restée en possession de l'extérieur du temple, et particulièrement du frontispice, quia offert au ciseau inventif et fécond de Vhymaigierf des surfaces trois fois plus vastes que les plus grandes des frontons de l'antiquité. Mais il n'en est pas moios vrai que la peinture a tout gagné à cette métamorphose du temple païen.
Elle V a gagné non-seulement au point de vue de l'architecture, mais encore et plus encore au point de vue de l'esthétique pro-
E rement dite. En effet, un art abstrait, quant la disposition des lignes, et en même temps expressif, quant au caractère et au procédé
testé par de graves témoignages , entre autr^ par celui de saint Paulin de Noie, de saint Ambroise et de Grégoire de Tours. Nous l'avons d'aiUeurs ^bli dans plusieurs articles d< cet ouvrage. v<;|. Yr
TIUUX PEUfTS.
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