‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ouChapitre 69 sur 168 · PEU · texte numérisé non relu

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des coaleurs, ne (k>u?ait que sympathiser à une religion à la fois spiritualiste dans son essence et expressive dans les divers sentiments qu'elle ins|>ire. Ici Télétnent physique s'efhce ou s'amoindrit singulièrement sons Tinfluence du dessin et surtout de l'expres-

couronne d'or. L'enfSint tient un livre de la main çauehe^ et de la main droite donne la bénédiction. On lit sur le fond en caractères {[rees abrégés : Mère de Dieu, C'est de la manière tout à fait byzantine. Cette curieuse

rinfluence du dessin et surtout de l'exprès- peinture sur bois a été reproduite de même sion mystique, qui est Tftme de la peinture grandeur que l'original dans les Peintres catholique. D'ailleurs, l'allégorie à laquelle prtmt7i/li, par H. Artaud de Monter, è qui

elle accorda jadis une si large part qui est restée encore assez grande aujourd'hui, l'allégorie, avec ses mille nuances délicates, trouve une interprète plus heureuse et plus facile dans la peinture que dans la sculpture.

Tels sont, pour ne parler que de ceux-là, les motifs qui ont rendu la peinture plus populaire chez les catholiques qu'elle ne le fut chez les peuples de l'antiquité. Voilà pourquoi cet art est, dans ces conditions essentielles, plus chrétien que la sculpture, art éminemment plastique, aux formes bien accusées, au relief très-prononcé. Sans doute le génie chrétien a su façonner la sculpture comme le reste, à son image, et lui donner une expression tendrement et naïvement mystique, dont on ne l'aurait jamais crue susceptible. Mais il n'en est pas moins vrai que la peinture, dans son élément constitutif, est plus chrétienne que la sculpture, dans le sien. Quelle fut l'origine de la peinture chrétienne? Quels furent les sujets sur lesquels elle s'exerça durant les premiers siècles ? Quelles furent ses destinées dans les siècles suivants ? Ce sont là autant de questions que nous traitons dans plusieurs articles de ce Dictionnaire, notammeptaux mots AixiooRiE, Catacombes, Couleurs, Expression, Jftsus-C«RisT, Vierge Marie, etc. Afin de suivre Tordre des temps, nous allons maintenant nous occuper de la Peinture chrétienne en Italie, depuis le xu* siècle jusqu'au xvi*. Si nous nous restreignons ici a l'Italie, ce n'est point certes pour exclure les autres nations (531), mais c'est uniquement parce que dans celle-ci la peinture proprement dite a eu une marche plus suivie et mieux caractérisée que chez lesautres peuples de l'Europe.

> Les trois chefs bien connus des trois plus anciennes écoles de la peinture chrétienne en Italie, furent, en suivant l'ordre chronologique , Giunta , de Pise ; Guido, de Sienne ; et Cimabué , de Florence. Tous trois, imitateurs des Grecs, ils se rattachent directement à eux, par André Rico, grec lui-même, qui mourut à Candie, vers l'an 1105. Il envoyait en Italie des ouvrages bits et des éoh'antillons de tableaux. Lorsqu'on lui commandait un tableau sur un échantillon, il s'empressait de le composer et de le remettre à sa destination.

Nous ne possédons d'André Rico qu'un échantillon peint sur bois et bien conservé. C'est une vierge ayant son tils dans ses bras. Elle est presque noire : Nigra eum eed formoêa{Cant,f ii, ^), et sa tète est ceinte d'une

primilifê, par M. Artaud de Montor, è qui nous empruntons ces détails et ceux qui suivent immédiatement.

Le plus ancien peintre connu depuis André Rico est Barnaba, sur lequel on n'a d'autres renseignements que l'épociue de sa mort (1150), et le lieu de sa naissance, la Toscane. On a de lui, entre autres peintures, une Vierge et son fils, toile collée sur bois, avec l'inscription en grec, sur la tète de l'enfant (Jésus-Christ).

Après André Rico et Barnaba, vient par ordre de date, Bizzamano, l'oncle, né en Toscane, selon toute apparence, et qui y florissait vers l'année llSih. 11 nous est permis déjuger de la fécondité de ce peintre, dit M. Artaud de Montor, par le nombre de tableaux qui sont parvenus jusqu à nous.

Le premier que nous reproduisons (planche &) représente la Sainte-Famitle . Une tristesse douce domine ce tableau. Le Fils de Dieu supporte de la main gauche, ou plutôt assujettit le globe du monde sur ses genoux. De la main droite il bénit. Toute la destinée du Rédempteur est expliquée là. Ajoutez à cet ensemble saint Joseph en adoration devant le Fils de Dieu.

Ainsi qu'André Rico et Barnaba et presque tous les peintres du xii' siècle, Bizzamano donne une explication de son œuvre, Sar ces mots peints sur fond d'or (m p. eov) lire de JMeu, placés au-dessus de la tète de la Vierge. Il est à remarquer que l'art a fait des progrès, de "Barnaba à Bizzamano. A

i)eine trente années se sont écoulées, et le aire est plus soigné, l'idée du peintre est rendue d'une manière plus compréhensible. Les tableaux de Bizzamano, peints sur bois, fond or, aux contours bordes d'un large trait noir, sont déjà moins loin de ressembler à la nature que les peintures byzantines.

Bizzamano qui, comme ses devanciers ou ses successeurs, reproduisait presque toujours le même sujet, semble n'avoir peint que des vierges. Le tableau ({ue nous avons en regard, d'une g^race infinie, de forme et d'agencement gracieux, est, comme le précédent, d'un aspect mélancolique et affectueux. La vierge et l'enfant semblent confondus dans la même tendresse.

Le !!• 6 offre peut-être le premier essai d'un tableau avec paysage et qui ne rentre plus tant dans Vimagerie, Quelques arbres se détachent sur le fond lumineux du ciel. Ici l'Enfant-Jésus porte le sein de sa mère à ses lèvres. Saint Jean , revêtu d'une peau d'agneau , est près d'eux ; il tient une croix

(531) Nous leur rendons la justice qui Icjr revient en des articles scpirés. Voy., entre autres» les inolt pRàNCE» ViTiiAUx rfiiMs.

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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.

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