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autour de laquelle se déroule une banderole avec ces mots : Ecce Agnus.

Enfin, le dernier tableau de Bizzamano, l'oncle, est une Vierge tenant son flls dans ses bras. L'enfant supporte de la main gauche le globe du monde, et semble lui-même tenu assis comme par miracle, caries mains de la Vierge ne le soutiennent presque pas. Son costume annonce que Bizzamano voulut peindre le Rédempteur, lorsqu'il commençait à sortir des langes du premier âge; ses cheveux sont symétriquement arrangés ; la petite toge pourpre dont il est révolu ressemble a celle que portaient les citoyens du Bas-Empire. Le costume de la Vierge est très-simple ; il se compose d'une tunique et d'une draperie en forme de manteau, qui recouvre sa télé. Les plis des draperies sont exactement les mêmes dans toutes les Vierges de Bizzamano, l'oncle ; l'exécution seule en est différente. La tête de l'enfant est fort expressive ; on doit remarquer le développement prodigieux du front, plus sensible qu'il ne Test ordinairement chez les enfants de cet ftge.

Bizzamano, neveu, florissait en 1190. Son tableau le plus important est la Présentation au Temple.

L'architecture en est à peu près nulle ; les peintres, sur ce point, sont encore pour long* temps dans la première enfance des arts .

Siméon tient l'enfant entre ses bras, et le regarde avec un extrême attendrissement.

Derrière la sainte Vierge , paraissent saint Joseph et sainte Anne. Le premier donne en otTrande deux colombes blanches ; l'autre a dans la main gauche un rouleau sur lequel on lit, en caractères grecs : Eic in- ^ans cœlum fundavit et terram. C'est une imitation du passage d'isaïe (xlviii, 13) où on lit : Manus quoque mea fundavit ter^ ram et dextera mea mensa est cœlos. Ce tableau est remarquable, et l'inscription qu'il porte lui donne encore une nouvelle valeur.

Nous arrivons mainienant à Giunta , de Pise, Je - premier, par ordre de dates, des chefs des trois plus anciennes écoles de peinture chrétienne. On a de lui les fresques exécutées en 1210 dans l'église d'As-

(352) Les Mu$ées d'Italie^ par Louis Viardot, in-

Le même auteur s'exprime en ces termes ( dans k même ouvrage, p. 26, i7) sur Técole pisane en général et sur Giunta en particulier : « Quand Ciuiabué vint au monde, ies Pisaas avaient déjà une école formée par les artistes grecs qu'ils avaient emmenés d'Orient avec Tarcbitecte Buscheito, lors* qiiliS élevèrent leur cathédrale (duomo) en 4063. il j a dans cette catliédrale plusieurs vieilles peintures du XII* siècle. Outre cela, en 1210, Giunta de Pise faisait de grands travaux dans Téglise d'Assise, où le P. Angeli, historien de cette basilique, écrivait rinscripiion suivante : Juncta Pisanuêy rudiier a Grœcis insiructus , primus et llalis artem apprehenéU eirea amtum 1210. > Les ouvrages de Giunta, encore durs et secs, montrent néanmoins, au dire de Lanzi, dans Teiude du nu, dans l'expression de la douleur, dans rajustement des draperies, une grande supériorité sur les Grecs ses comemporains. M. Rio, moins iudulgeiit envers Giunta, rappelle

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sise. La plus importante est le Crucifiement. « C est une composition grande e% tioble, d'une helle ordonnance, mais où les personnages sont symétriquement rangés, graves et immobiles, comme dans les compositions grecques. Le coloris, bien inférieur à celui des modèles , ne se compose guère que de tons jaunâtres et rouge&tres, se détachant sur un fond obscur, pour indiquer les chairs et les draperies. D'ailleurs, mille circonstances de détail décèlent l'origine grecque de cette peinture. Ainsi le Christ est attaché à la croix par quatre clous, et ses pieds sont posés sur une large tablette servant d'appui, suivant l'usage des Grecs; ainsi les anges sont vêtus de dalmatiques, et leurs corps se terminent par des vêtements vides, sous lesquels rien n'indique les jambes et les pieds ; ils finissent in aria, comme dit Vasari, autre caractère entièrement byzantin (532). »

Guido, de Sienne, qui florissait en cette ville en 1221, inaugure le xiii' siècle. Comme ses prédécesseurs, il ne sort pas, pour ainsi dire, des Saintes-Familles, et même varie peu les compositions de ses tableaux. Mais quelle grâce , quelle naïveté charmante » quelle expression tendre et céleste dans ses délicieuses peintures l Les deux plus remarquables sont , d'abord un tableau composé de six personnages, la Vierge , l'Ënfanl-Jésus, saint Jean, deux saints, dont l'un évê« çiue, l'autre Père de l'Ëglise , et enfin une jeune sainte couronnée, portant un étendard qui parait être celui de Sienne.

Rien de plus imposant que ce tableau, où tout est également d'un fini précieux, en* semble et détails , têtes et costumes. Avec quelle graee la Vierge porte l'Ënfant-Jésus» mordu légèrement par un chardonneret l Nous appellerions volontiers cette composition la vierge aux oiseaux ^ car le fond ea est parsemé (F. planch. 7). La tête de la Vierge, vue de face, est d'une précision ad* mirable. Le corps de l'enfant est couvert d'un voile d'une telle transparence qu'il ne parait pas que l'on puisse en tisser un pareil aujourd'hui (533).

Le second de ces tableaux représeute une

Yimitateur le plus sertile de la manière byxantinêf quoique presque aussi célèbire que Gimabué au commencement du xui* siècle; il le représente comme impuissant à rien fonder qui ressemblât à une école, c Assurément, dit-il, ce ne fut pas la vogue qui lui manqua ; car outre les nombreux ouvrages qu*il exécuta pour sa patrie, il en lit quelques-uns pour les deux églises d^ Assise, où il précéda immédiate* ment tous les peintres célèbres qui assistèrent ou coniribuèrent à la renaissance de la peinture, sans que ceUe priorité lui fit exercer la moindre influença sur ceux qui vinrent après lui. > {De la Poésie chré; tienne f forme de i*<ir/, p. M. A«Rio,i v.'in-8*, i837, p. U et 45.

(553) Les Peintres primitifs, collection ois tableaux' rapportés dltalie et publiée par M. le chevalier Artaud de Monter, membre de rinstitut, reproduite par nos premiers artistes» sous la direction de M. Challamel, in-4o. Paris» 1845, p. 28.

Ce grand tableau de Guido de Sienne se trouv* dans la chapelle Malevoltl de Téglise de Saiut-Uomif

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Vierge assise, avec son fils dans ses bras » entourée de deux saints et de deux saintes. Les accessoires sont délicieux et remportent certainement sur le principal de la composition, dont les formes sont roides et beaucoup trop arrêtées. Ce tableau parait, du reste, inspiré par la même pensée qui a dicté celui dont nous venons de parler; mais les figures sont moins finies, moins expressives , et les poses surtout moins dignes, moins évangéhques.

L'œuvre de Guido de Sienne est des plus remarquables, et to Vierge aux oiseaux en particulier, est un chef-d'œuvre qui ne redouterait pîas la comparaison avec les plus belles toiles du xvi* siècle (534-).

Après Giunta de Pise et Guido de Sienne, Tient Cimabué^ de Florence (535). « C'est encore un imitateur des Grecs, plusintelligent, plus habile que ses devanciers, sans aucun doute, mais qui ne s'affranchit pas des leçons de ses maîtres, et n'a encore nulle indépendance, nulle originalité. Que l'on examine sa fameuse Maaonaf rellKieusement conservée à Santa-Msria-Novella, de Florence, ce tableau que Charles 1" d'Anjou alla visiter dans l'atelier du peintre, faveur insigne à cette époque; ce tableau, enfin, en Ihonneur duquel se fit une fête publique, comme si l'on eût salué en lui la renaissance de l'art ; que Ton examine aussi les fresques de Cimabué dans l'église de Saint- François à Assise, fresqiies où le progrès est encore plus sensible ; et l'on sera convaincu que, supérieur à Guido de Sienne, (S36) et plus encore à Giunta de Pise, Cimabué, toutefois, n'est pas le premier des peintres italiens , comme l'a voulu Yasari, trop exclusivement prôneur de l'école florentine, et qu'il doit être encore rangé, conformément à l'opinion de d'Agincourt et de Lanzl, parmi les imitateurs des Grecs (537). »

Cimabué naquit à Florence en 12U), et il 7 mourut en 1300. Indépendamment de sa célèbre Madona dont il a été parlé ci-dessus, on lui doit plusieurs tableaux, entre autres une Vie de Jésus-Christ en six compartiments, et un Christ sur la croix, avec deux volets représentant des personnages accessoires. Le tableau du milieu offre le cruciiement. Au pied de la croix sont Marie et trois saints, plus bas, saint Frangois à genoux, et une sainte tenant une palme à la main. Sur le volet eauche, on voit la Vierge, l'Enfant-Jésus et deux saints. Sur le volet croit, dans la partie supérieure, est saint Christophe portant Jésus enfant ; plus bas, deux saints.

nique de celte yille. Au dire des connaisseurs, même parmi Ceux de Florence, les Guido de Sienne sont préférables aux tableaux de Cimabué, bien que la répuuilon de celui-ci ait eu beaucoup plus d*édtt.

(534) Les Peintres primitifs^ p. 28.

(555) Entre Guido et (Cimabué il convient de mentionner indépendamment de plusieurs tableaux sans nom d*auteur de Técole vénitienne, reproduits et décrits dans Us Peintres primitifs^ p. 29 , André Tafl, Florentin, né en li!3, mort en 1294, élève

On remarque aussi parmi les œuvres de ce peintre,|une Vierge tenant TEofant-Jésus. Saint Jean, saint Pierre, saint Paul, un évè'» que, deux anges. L'enfant joue avec un oiseau. Au-dessus, dans un petit cercle rond» Notre-Seigneur tenant un livre, donne la bénédiction.

« Jusqu'à cette époque, dit M. Artaud de Montor, on observe gue les peintres n'avaient jamais montré les pieds de leurs personnages, excepté dans l'ancienne école vénitienne du XII* siècle, et dans quelques toiles de Guido de Sienne. Cimabué, dans ce tableau, a peint saint Jean de manière que sa draperie relevée laisse voir son pied droit. On remarque aussi que le pied ne pose à terre que sur la pointe ; ce détSaïut est en général, celui des peintres grecs ; ils ne pouvaient

f)as bien dessiner le pied, et ils évitaieni de e montrer, parce qu'ils ne savaient pas le faire poser juste et d'aplomb. Après Cimabué, qui a osé faire voir les pieds, quoique souvent avec peu de succès, on a mieux réussi dans cette partie essentielle, et qu*il est étonnant qu'on ait si longtemps negli* gée(538). »

« De tous les détails qui précèdent, il ré-* suite évidemment que Cimabué n'a point été, comme on le croit généralement, le res« taurateur de la peinture du moyen flge, et qu'il n'a pas même exercé une inlluence bien marquée sur les progrès de cet art. D'ailleurs, les traditions et la pratique de la peinture chrétienne n'ont jamais été inter^ rompues, et les prohibitions sévères qui ont voulu tant de fois, mais en vain, la nros* crire, seraient à elles seules une preuve démonstrative de ce fait. Cimabué a eu de» prédécesseurs qu'il n'a pas toujours égalés à certains égards ; nous en avons fait la remarque à propos de Guido de Sienne. Mais il a pris son essor plus tard, à cause des (;randes fresques d'un beau style que l'on doit a son pinceau, et l'on peut dire que, sous ear rapport, il a plus mérité de son art.

ff Après Cimabué, que Lanzi appelle le Michel-Ange de cet âge, à cause de ses fres-* ques grandioses, Giotto* né en 1276, et mort en 1336, peut être appelé le Rapha»! de ce temps. » Sous Giotto, la peinture avait déjk tant de grâce qu'aucun de ses élèves, jus* qu'à Maaccio, ne put le surpasser ; il fut architecte et sculpteur. On a conservé plusieurs de ses modèles en terre, jusqu'au temps de Laurent Gbiberti, mort en ikS&. Tout en lui annonce l'étude de la sculpture; il a des plis larges et majestueux, quelque* fois même ses personnages ressemblent trop

d*Apollonio, peintre grec, qui excellait dans la mosaïque, et Abargherilone d'Arezzo, mort après 1289. Leurs principaux tableaux ont été également reproduits et décrits dans les Peintres primitifs, p. 2\h31. Ces tableaux sont porUtifs. Tafi a introduit le premier des anges qui jouent du violon.

^536) Voy., au siget de céue prétendue supério-> rite, la note ci-dessus, p. 513.

(537) Les Musées d Italie, par Louis Viardot, p. 5&

(53S) Les Peintres primitifs^ p. Si.

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