DICTI0N?{Â1RE
RES
gauche, et par en haut contre leur cœur; leurs manches sont assez larges.
Le deuiième médaillon représente deux personnages assis et faisant Qice au spectateur qui regarde la frise, tenant chacun un bAton de commandement de la main droite, ayant la gauche appuyée sur le çenou gauche comme un évéque assis en cérémonie, s'il avait une crosse a la main. Leurs habits semblent poussés par le vent du midi vers le côté du septentrion et dégarnir leurs genoui, s'abaissanten pointe sur lecôté où le vent les pousse, comme des tuuiques et des surplis. Le premier bAton forme à sa cime plutôt une croix qu'un trèfle ; le deuxième , un anneau allongé; le troisième, une pomme.
Le troisième médaillon a trois personnages ; les deux premiers regardent le principal, et sont assis sur des sellettes a trois pieds. Le première Tair d*un suppliant; le deuxième a un bAton surmonté d*un trèfle ; Je troisième est droit et porte un trèfle double au bout de son bAtoc ; il aune robe plus longue ; il est debout. Au quatrième médaillon, il 7 a cinq personnages portant bAton de commandement, les uns assisi les autres debout.
Façade nord. — Elle présente quatorze médaillons. Dans le premier on voit un personnage, qui a les bras étendus en croix. Dans le deuxième, un cheval bridé avec son cavalier armé d'un bouclier. Le troisième présente un bœuf; le quatrième, un gros sanglier; le cinquième, un Ane; Je sixième, un cheval bridé monté par son cavalier, avec le bouclier; le septième, un animal qui dévore ou qui rejette quelaue chose comme des flammes; le huitième, un cheval bridé avec son cavalier et le bouclier; le neuvième, un animal aux pieds fendus ; le dixième, un animal qui mange, un homme lui donne un coup de hache sous la queue relevée sur la croupe ; le onzième, un animal ailé ayant une large queue ; le douzième, un agneau ou mouton ayant le pied droit de devant relevé; une croix est sur son dos. On voit cette figure dans certains tableaux de saint Jean-Baptiste; le treizième, un bœuf avec ses cornes et ses oreilles. Enfin, le quatorzième et dernier, touchant le mur qui est le commencement de régtise, otfre un personnage ayant ses deux mains sur la poitrine, sous une voûte d'un édifice à trois nefs.
Façade du midi. — Elle a dix médaillons, I>e premier, au coin sud-ouest, représente deux forgerons qui frappent Tenclume de leurs marteaux; les autres à la suite figurent les douze signes du zodiaque.
^ La façade du levant dans l'intérieur de Téglise offre divers animaux, ainsi que des arbres, des plantes' et des fleurs qui pourraient bien représenter les occupations de la vie des champs et les productions de cha-
(607] M. l'abbé Mazelier, chanoine de la catliéflrale de Valence, ancien curé de Saint-Paul-Trois- Chàteaux. G^est dans un mémoire inédit, rédigé (t .iprès de nombreuses notes prises sur place, et
que saison, comme on le voit plus distinctement dans les sculptures exécutées postérieurement sur les portails des cathedra* les de Reims, de Chartres et d'Amiens. Quoi qu'il en soit,rensemblede celles de la chapel« le monumentale de Saint-Restitut accuse évidemment la traduction sur la pierre des principales scènes de VÀpocalypie et de certains passages de r£vangile,dans leur rapport avec le drame du jugement dernier. C'est use chose merveilleuse, que ces grandes scèn'is apocalyptiques et évangéliques qui devaient plus tard si largement défrayer ta sculpture des portails de nos cathédrales, aient été dès le VIII* ou dès le ix* siècle conçues et réalisées sur une frise contournant un monument carlovingien, d'une date certaine»
et ofl'rant elle-même dans son galbe, dans son état fruste, et jusque dans l'exécution grossière des nombreux sujets qu'elle re-
E résente, le caractère non douteux de sa aute antiquité.
Bien que j'aie visité à plusieurs reprises la chapelle monumentale de Saint-Restitut » j'ai voulu pour la décrire avec la plus scru* puleuse exactitude, appeler à mon aide un honorable collègue (607) qui l'a étudiée pendant dix ans, et qui le premier a su trouver la véritable explication du sujet principal de ses sculptures, jusqu'alors véritable énigme pour cette classe jadis si nombreuse d'antiquaires grecs et romains qui avaient vu une panathéhée ou une théorie, là où, V Apocalypse à la main, on ne peut voir autre chose que la représentation du juyement dernier.
Maintenant, pour compléter cette noticet je vais consacrer quelques lignes à la jolie église romane, aujourd'nui paroissiale,coDS-^ truite vers le xir siècle et reliée au monument que nous venons de décrire.
Cette église, qui présente dans œuvre une longueur totale de z2 mètres kO cent., une lari^eur de 9 mètres 10 centim., dans les enfoncements, et du sol au sommet de la voûte une hauteur de 12 mètres 50 cent., est divisée en trois travées et en un hémieycle formant l'abside. Sa seule entrée est au midi do la première travée: elle est précédée d'un porche dané le massif duquel se trouve un petit escalier servant à arriver sur la toiture, puis au tîlocher.
Dans l'intéf iéur, plein de grâce et de dis- t tinction, on remarque au-dessus des pilastres qui soutiennent l'édiGce des groupes de petites colonnes dont les fûts et les chapiteaux sculptés avec un goût exquis sont du plus heureux effet. On remarque surtout ie^ restes d'une belle frise dans le genre de celles qu*on admire encore sur les parois extérieures de plusieurs églises romanes de cette contrée, telles que celles de Vaisonet de Cavaillon, avec lesquelles celle de Saint- Restitut offre beaucoup de rapports, surtout
qu'il a bien voulu m^offrir, que j*ai puise en grande partie les détails qui précèdeut touchant la curieuse Irise de Sa.nl-Re:ftitut.
fin:
RF.f;
n-RSTHETIQUE CHRETIENNE.
RES
daiis sa charmante abside. Celle-ci est pourtournée, ainsi que le chœur qu'elle termine on hémicycle, unne corniche établie à 5 mètres fâ cent, au-dessus du sol et formant naissance de la yoûte. Cette corniche est sappoftée par des arceaux sur six colonnes dont il ne reste plus que les chapiteaux sculptés dans le même stvie que ceux des colonnes de la nef. La voûte de ce chœur, en cul de four, est légèrement surbaissée.
De chaque côté de la nef il existe trois portiques formant des enfoncements, et dont les cintres prennent naissance sur des im-> postes ornés de feuillages et de figures. La nef est couverte par une voûte en pierre prenant naissance sur une corniche en doueine ornée de feuillages, et qui se retourne sortons les pilastres dont elle forme le couronnement. La voûte en berceau et légèrement surhaussée telle qu'on le voit dans la plupart des églises romanes de cette région, est recouverte* comme elles, de dalles superposées qui forment la toiture de l*édifice. Le porche lormant rentrée unique de redise était orné intérieurement de colonnes dont il ne reste que les chapiteaux. Tout, dans l'intérieur du monument, révèle l'ornementation la plus riche, la mieux entendue, unie aux lignes et aux profils les plus pars, les plus gracieux.
^extérieur, moins soigné, offre cependant des sculptures du premier mérite et dignes de la plus belle époque de l'architecture ro* mane, dans le porche du midi. Son entrée est encadrée par deux demi-colonnes cannelées supportant un fronton dont les corniches k modillons sont sculptées avec un Soflt parfait et une rare élégance. Au-dessus u fronton on remarque une sorte de niche terminée par un arceau établi sur deux impostes formant consoles et décoré d'un archivolte. Tout ce système de décoration architecturale , quelque admirable qu'il soit en lui-même, n'offre pas néanmoins de liaison avec celui de l'ensemble de l'édifice sur lequel il tranche comme une juxtaposition. Je serais assez porté à croire que les colonnes, chapiteaux, frise et mouillons dont il se compose et qui offrent un cachet purement romain, auront été tirés des débris de quelque superbe édifice élevé dans les environs par le peuple-roi, et employés comme placage à la décoration extérieure du porche dont il s'agit. Ce n'est pas que les principales éstises romanes du xu* ou même du xi* siècle, ne présentent des moulures aussi finement traitées, dans ces contrées encore tobt empreintes de sou- ▼enirs de Tart romain. Mais l'œuvrequinous occupe offre, de plus, une autre ressemblance avec cette architecture, dans sa disposition générale, dans son fronton triangulaire, dans son galbe et ses profils. Quoi
u'il en soit, cette œuvre magistrale, digne
e figurer è côté de Tarc-de-trioraphe aOrange ou de celui de Saint-Remi, vaudrait, à elle seule, la peine qu'on se dérangeât pour aller l'admirer.
Quant à l'extérieur de l'abside, il présente cinq faces encadrées par des pilastres et percées de fenêtres, un socle et une corniche à modillons.
Cette charmante église romane a été, depuis peu, ainsi que la chapelle carlovingienne qui lui sert d'appenclice, complètement restaurée aux frais de l'Etat, dans le sens des conclusions du rapport fait par M. Chevillet (608), architecte du département, et sous l'habile direction de M. Questel. Puisse l'article que je viens de consacrer à ces deux monuments de deux époques si diverses et si caractéristiques, en faire apprécier la beauté, et fixer sur eux l'attention des amis sérieux et dévoués de l'art chrétien 1
RÉSURRECTION DE LA CHAIR. Ce dogme, comme celui de la résurrection de Jésus-Christ, qui lui sert de base, n'a cessé d'être, depuis les Catacombes, un des thèmes favoris des sculpteurs et des peintres chrétiens. Pour en comprendre toute la richesse et la fécondité, au point de vue de l'art hiératique et symbolique, nous n'avons qu'à nous rappeler quelaues-unes des nombreuses figures et prophéties qui s'j rapportent.
C'est d'abord la figure de TAgneau pascal, dont la manducation avant le passage nfiiraculeux de la mer Rouge, a été appelée par l'ordre de Dieu lui-même. Pâques, c*est-i<dire passage, délivrance. Ce nom transporté ensuite par l'Eglise de la figure h l'objet figuré, nous avertit que la Pâque des Chrétiens est aussi le |)assage de la mort à la résurrection, de la servitude à la délivrance et à la liberté.
C'est ensuite la célèbre vision d'Ezéchiel. Ce prophète, conduit par l'esprit de Diea au milieu d'une vaste campagne toute couverte d'ossements, reçoit Tordre de prophé-» tiser sur ces os desséchés. Il prophétise ; et ces os font entendre un craquement, se rap-
[ brochent de leurs jointures, se revêtent de eurs chairs, deviennent vivants, se tiennent debout, et forment une grande armée (609).
C*est aussi la figure de Jonas, englouti dans le sein d'un énorme poisson, pendant trois jours et trois nuits, et rejeté sur le rivage parce monstre marin, docile à la voix de Dieu (610).
Si des figures, qu'il nous serait facile de multiplier, nous passons aux prophéties, nous avons d'abord celle de Job, qui, au milieu de ses épreuves aussi cruelles aue variées, ne laisse échapper de sa boucne que des paroles de résignation et d*espérance :
(008) C*esl ce rapport, dont Tauteiir avait bien minus ) : et ingressus est in ea tpiritust et vixerunt :
voulu me remettre un ijouble, qui ro*a servi de* steteruntque super pedes suos exercitus grandis nimis
guide pour la description complète de ce monu- valde, {Exech, xxivii, 10.)
ment. (610) Fa dixit Dominus pisci : et evomuil Jonam tlb
(609) Et prophetizati siciit prœceperat miln (Do- aridam, (Jon. ii, 11.)
Wl
RËS
REV