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que le Pape célèbre en grande pompe dans cette somptueuse basilique. Elle fut d'abord construite sur les substructions d'un temple de Junon et consacrée en 353, par le Pape Libère, d'où elle reçut le nom de Libérienne. Ce pontife érigea cette église par suite d'une vision où la Mère de Dieu était apparue au patrice Jean, auquel elle avait désigné le lieu où il fallait la bâtir, Dieu permettant que ce lieu se trouvât miraculeusement couvert de neige le 5 août. De là le nom de Sainte-Marie des Neiqes {Sancta-Maria ad Nives)^ gui est resté à la basilique, et qui est aussi celui de la fête instituée en commémoration du miracle qui donna lieu à sa fondation.
En 353, cette basilique fut remplacée par une autre plus belle qu'érigea Sixte III, et à laquelle Eugène III ajouta postérieurement, c'est-à-dire vers le milieu du xii* siècle, un portique soutenu par huit colonnes, qui fut restauré en 1572 par Grégoire XIII, et remplacé en nkS par le portique actuel, également à huit colonnes, que Benoit XIV fit exécuter sur les dessins de l'architecte Ferdinand Fuga, restaurateur habile de tout le monument. Ce portic^ue se compose de deux ordres, l'un inférieur, ionique, avec des architraves formant saillie ; l'autre, supérieur, qui est corinthien. Dans Tintérieur du portique inférieur, orné de huit belles colonnes de granit, on voit la statue de Philippe IVf roi d'Espagne. Dans le portique supérieur on a conservé le mur et la mosaïque de l'ancienne façade, œuvre de Philippe Rosetti et de Gaddo Gaddi. '
L'intérieur du temple, un des plus beaux qui se puissent voir, offre un remarquable mélange d'élégance et de gr?<ndeur. On y admire 1 harmonie des proportions, l'unité de l'ensemble et surtout la parfaite convenance de la riche ornementation qui le décore avec le caractère général de l'édifice. Il est distribué en trois nefs, séparées par trente-six superbes colonnes ioniques de marbre blanc, qu'on croit avoir été tirées du temple de Junon, outre les quatre de granit qui soutiennent les deux grandes arcades de la nef. On voit à droite, en entrant, le tombeau de Clément lY, sculpté par Guidi, Fraceili et Hercule Ferrata , et celui de Nicolas IV, exécuté par Léonard de Sarzanne. On admire la magnificence de la chapelle du Saint-Sacrement, érigée par Sixte V, dont on voit, à droite en rentrant, le tombeau orné de quatre belles colonnes de vert antique et de deux statues, l'une de saint François, sculptée par Flamine Vacca, et l'autre de saint Antoine de Padoue, par Pierre Paul Olivier! ; celle du pontife est de Jean-Antoine Vasoldo. En face est le tombeau de saint Pie V, qui consiste en une belle urne de vert antique, ornée de bronze doré, et en colonnes, bas-reliefs et statues de marbre ; celle du pontife est également de .Léonard de Sarzanne.
(635) Voici les dimensions de FédiGce dans œu« vre : longueur totale, 91 mètres 40 c. ; kirgeur, 3! Diétres 65 c.
La chapelle de la Vierge, appelée Pauline Borahèsej du nom de Paul V Borghèse, son fondateur, est, avec la chapelle Corsini^ de Saint-Jean de Latran, la plus riche de Funivers. Dans cette somptueuse chapelle, revêtue de beaux marbres et de belles peintures, on voit des tombeaux ornés de colonnes de vert antique, de statues et de basreliefs. Quatre superbes colonnes de jaspe oriental, cannelées, forment le magnifique autel de la Vierge ; leurs bases et leurs piédestaux sont en bronze doré, ainsi que les chapiteaux qui soutiennent lafrise, toute d'a-
(;athe. Sur un fond de lapis-lazuli apparaît 'image de la Vierge, que Ton dit avoir été peinte par Saint-Luc; elle est entourée de pierres précieuses et soutenue par quatre anges en bronze doré. Au-dessus de 1 autel on voit un bas-relief du même métal, représentant le miracle de la Neige, qui a donné lieu à la fondation de la basilique. De plus, cette magnifiaue chapelle et sa coupole sont ornées de belles fresques du chevalier d'Ar.pin, de Louis Cigoli, et de peintures non moins remarquables de Guido Reni.
Le maître-autel, recouvert d'un riche baldaquin, fait par Ordre de Benoit XIV, sur les dessins de Fuga, chargé de la restauration de la basilique, est soutenu par c[ualre colonnes de porphyre, d'ordre corinthien, et surmontées de six anges de marbre sculptés par Pierre Bracci. Il se compose d*ane urne de porphyre, couverte d'une table de marbre soutenue aux quatre angles par autant de petits anges de bronze doré. On trouve un peu de lourdeur au baldaquin, dont il est surmonté (635).
« La basilique de Sainte-Marie-Majeure, dit M. Quatremère de Quincy, présente, an moyen des embellissements modernes qui y ont été distribués avec choix, le plus riehe, le plus grand et le plus bel ensemble, le plus beau modèle enfin que l'architecture puisse proposer è nos intérieurs d'églises. Une suite de belles colonnes ioniques en marbre blanc, rangées sur deux lignes de dix-huit chacune, v forme trois nefé dont celle du milieu est la plus large comme la plus haute. L^ eo* lonnes y portent un entablement continu, au-dessus duquel s'élève un ordre de pilastres corinthiens. Les entrepilastres sont occupés par des fenêtres ou des tabieaux alternativement placés, tous de fbrme cintrée et de hauteur égale. L'espace compris entre les croisées et l'entablement du premier ordre est rempli par des tableaux de mosaïque et rappelle cette partie des basiliques antiques qu'on nommait pluteus. Le second ordre de pilastres supporte le plafond, un des plus beaux et des pi us riches qu'on connaisse ; il est divisé en cinq rangées égaies de grands caissons dorés (636); leurs formes et leurs ornements sont dans le goût antFque. Le fond de Téglise se termine par la partie ordinaire de rhémicycle, autour duquel sont
(636) Du premier or qui fut apporté en Europe après la découverte de TAuiérique. (iVofe de Cûut.)