AUSTIER. — 1520 ET 29 DE MAIT
(670) Manuscrit de M. de Saint-Vincent.
(Hl) Cette lettre esi rapportceen eittier parBouche, Bht. de f rot*., t IL..
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« La sacristie est vaste, roaiestueuse, vrai* nient* digne de Téglise; de belles boiseries formant armoires en décorent les murs, et des arabesques entrelacés sont peints à fres^
aue sur la voûte ; elle possédait autrefois 'immenses richesses, des vases et des calices d*or, des châsses d^argent, des orne<ments éblouissants de pierreries. Son trésor était des plus opulents, les rois et les souverains pontifes avaient prodigué leurs dons. Hais tout disparut en 1793 ; ce fut Barras
3ui, dans le club de Saint-Maximin, vint en éoréter la spoliation, sous le prétexte des besoins de l'armée. Un simple paysan, mem*< bre du club, seul se leva pour protester contre cet acte de vandalisme ; il eut dans la bouche des paroles honorables qui furent sans succès, tout fut pillé. 11 ne reste plus aujourd'hui de tant de merveilles qu'un seul objet, bien précieux comme monument historique, c'est une chappe en soie brodée d'or. S'il faut en croire la tradition, cet ornement aurait appartenu à Tévéque saint Louis mort en 1399, ce qui loferait remonter an xiu* siècle; les dessins qu'on y voit, divisés en compartiments, représentent des sujets de TAncien Testament et divers mystères de la Passion.
« Malgré les dévastations du vandalisme révolutionnaire, Tart eut pourtant le bonheur d'échapper à ses atteintes : la conversion qu'où ut de l'édifice en magasin à fourrages le préserva de toute dégradation.
« Le dernier objet qui attire les regards dans l'église de Saint- Maximin, c'est la cha-
Selle souterraine où l'on conserve le chef e la Madeleine ; autrefois la châsse qui le renfermait était d'un prix inestimable, ornée de la couronne de Charles d'Anjou, d'un masque d'or massif et de la statuette âge** nouillée d'Anne de Bretagne, aussi dor massif émaillé; aujourd'hui cette châsse est tout simplement de bois doré, un verre placé devant la table de la sainte permet de l'exa-t miner librement ; le sacristain ne manque pas de {aire observer ce qu'on appelle le JfoK tne tangerey c'est-à-dire l'endroit du front où« selon la légende, Jésus-Chrit toucha la pécheresse. Cette tète, un o$ du bras et des cheveux, c'est là tout ce qu'on trouve à Saint*<Maximin des dépouilles mortelles, de l'illustre pénitente; le reste, à diverses époques en a été dispersé dans la chrétienté ; c est aussi ce qu'en 1793 des personnes pieu-t ses sauvèrent du naufrage. On montre un ancien reliquaire en cuivre doré, tout fleur-, delisé, portant une date qui parait être celle de 1135. Il renferme la sainte Ampoule^ pen. lite fiole de verre contenant de la terre et des pierres teintes dit-on, du sanç de Jésus-t Christ. « Le jour de la Passion, Oit Bellefo-
« rets, cette fiole montrée aux fidèles se « remplissait de sang, et il n'y a guère boa « catholique en Provence qui n'ait vu chose . • si rare et si merveilleuse (672). »
« Cette crypte renferme encore quatre tombeaux, intéressants monuments de l'art comme de l'histoire du christianisme. Trois de ces sarcophages sont de marbre et un
^ d'albâtre, c'est ce dernier qu'on dit avoir renfermé le corps do sainte Madeleine; il est mutilé au point de ne pouvoir reconnaît tre aucun des sujets qui y sont figurés. Les trois autres sont, d'après la tradition populaire, ceux de saint Maximin, de saint Cidoine et de sainte Marcelle. Divers sujetsde l'Ancien et du Nouveau Testament y sont sculptés en relief; sur celui de saint Maximin on distingue une crèche, le massacre des innocents, le reniement de saint Pierre; sur celui de saint Cidoine, le plus grand de
. tous, on voit l'aveugle-né, l'hémorrholsse, la multiplication des pains, le lépreux, la résurrection du fils de la veuve de Naim, la résurrection de Lazare, le sacrifice d'Abraham, le hibou égyptien :1a tablette est soutenue par des anges ; sur celui de sainte Marcelle, ce sont des monstres marins, des rudentures en spirale et deux figures de saints. Ces tombeaux font l'admiration des antiquaires. Il y a aussi quelques pierres
, incrustées dans les murs ou l'on remarque des dessins d'une haute antiquité ; elles présentent des figures de face, droites et raides ; Daniel dans la fosse aux lions, le sacri* fice d'Abraham, et une image de la Madeleine avec cette inscription indéchiffrable, que nous transcrivons seulement pour la S9r tisfaction des archéologues }
Maria vibgo, Min esterob,
X]BMPVI oc EBOSAIE.
« Ce lieu était autrefois en grande véné^ ration : les femmes non plus que les hommes armés n'y pouvaient entrer; les tètes couronnées elles-mêmes se conformaient à cet usage. Les comtes de Provence manquaient rarement de le visiter ; les rois de Franr^ aussi accomplissaient ce pèlerinage : le roi Jean y vint en 1362, Charles VI en 1389, Louis XI en 1M7 (673), Louis XII, encore duc d'Orléans, en 1494, et Anne de Bretagne en 1503. François I*' y vint avec sa femme, sa mère et sa sœur en 151G ; il laissa de glorieuses marques de son passage, comme l'atteste ce distique, extrait d*une inscription aujour4*hui détruite ;
Crnium fiai ffrœtau m vmOœ Êia§ilaU$ œéef
i679) Cotmomtphk univenetle (t578), p. 5241 675) Lottis aI convoiiait la Provence. Ce pèlerin nage lui servit de prétexte pour visiter ce pays. A son retour, il voulait exiger du roi René Tabandon iie ses Utats en ccbange d'une p^sion viagère de $0
mille francs de rente. Cette injurieuse proMMÎtioa fut rejetée. ( Marquis de Villeneuve-Trani, Hi$L ée Bené d* Anjou,) (674) Bouche, HUt. de Prov., t. Il ; P. GuesBfJi
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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE^
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€ Henri II, Catherine de Médicis, Charles IX, Henri III, Henri IV, Lôvtis XIIl et IjOuîs XIV vinrent aussi faire leurs dévotions dans ce lieu de prières où s*agcnouiljèrent plusieurs souverains pontifes. Ceux dont 1 histoire a conservé les noms sont : Jean XXII, Benott XII, Clément X4, Innocent IV, Drbain V, Grégoire XI et Clément VII.
« Cette chapelle fut aussi, en 1610, le théâtre des exorcismes d'une jeune personne, Madeleine de h Patud, qu'on prétendit avoir été ensorcelée par Gaufredy, prêtre bénéficier en l'église des Accouies de Marseille. Madeleine fut amenée : « Pour prendre ad- € vis du P. F. Sébastien Michaëlis, prieur
« elle quelques cas réservés, et après lui « faire laire une neufvaine à la sainte cha- « peNe oii gist la sainte Magdeleine, et it 1 exorciser soir et matin, pendant lequel « temps les diables feirent des mouvements c fort étranges, se tourmentant beaucoup, « mais ne voulant jamais parler (675).» Alors H conseilla de mener Maaeleine à ta Sainte- Bnumeoùles exorcismes durèrent plusieurs mois * là les démons firent de longs discours, Yerrine et Behébut furent très-éloquents... Sébastien Michaëlis, jugeant que Madeleine était bien possédée, communiqua le tout au président du parlement d*Aix ; Madeleine obtint çrAce et Gaufredy fut brûlé vif, comme coupable du crime de rapty séduction^ impiété^ mcLgie^ sorcellerie et autres abominations, ( Arrêt du parlement d*Aix.)
« Disons maintenant quelques mots sur Textérieur de l'église. On n'v voit point cette sombre couleur des siècles dont Tatr mosQhère du Nord recouvre ses monuments; les pierres sont ici d'une teinte chaude et dorée comme sous le ciel de l'Italie. Les oontre-forts et arcs-boutants qui soutiennent les murs sont un mélange de force et de souplesse, de hardiesse et de solidité; ils ont un double rang de gargouilles pour rejeter l'eau, à l'exceptioQ.de ceux^ récemment réparés où, par économie^ Ton a jugé à propos de supprimer ces monstres de pierre.
€ Ces nouvelles constructions, faites sans intelligence et sans soin, sont lourdes et disproportionnées; elles se lézardent déjà de toute part et bientôt menaceront ruine ; c'est ainsi que les hommes de notre époque bfttissent pour la postérité, l^ est vraiment déplorable de voir gaspiller de cette manière les fonds publics et profaner nos anciens monuments.
« H manque h notre église une belle flè« che pour domine.r l'édifice. Le clocher, si toutefois nous pouvons donner ce uom à une simple tour attachée aux murs de l'abside qu'elle dépasse de peu» possédait avant 93 une brillante sonnerie ; mais le creuset
(675) Extrait da livre intilulé : HUtoirs admirable de la posiestioH et conversion d^une pénitente f/dMÎte par un magicien^ par R, P. F. Michaelist prieur
de la république en revenJiqua toutes les cloches pour les transformer en* pièces de canon ou en gros sous.
« En 1826, le conseil municipal en a fait replacer une à ses frais : elle pèse ki quintaux et a coûté 5,000 fr.
« Cette notice, longue et fastidieuse |)oiir la plupart de nos lecteurs, paraîtra sans doute courte et superficielle aux hommes
S raves qui font de nos monuments une tude sérieuse. Il y aurait certainement encore beaucoup de choses h dire sur l'église de Saint-Maximin; néanmoins dans cet édifice, les détails ne sont rien, ils disparaissent et s'effacent devant la majestueuse beauté de l'ensemble. Les investigations de l'antiquaire tombent ici devant l'admiration de l'artiste : l'enthousiasme ne comporte point l'analyse.
« Si l'on Yeut maintenant avoir une idée complète du monument, en restaurer par la pensée tout le magiç[ue aspect, il faut le rétablir dans son originalité primitive, lui restituep par l'imagination ses beaux vitraux coloriés, ses anciens ornements, ses somptueuses décorations ; ce n'est pas tout, il faut encore en repeupler la solitude; il faut au pied de ses autels mettre en prière chaque corporation avec ses insignes, ses usages, ses habits si variés, si pittoresques; il faut replacer dans leurs stalles les quatrevingt religieux qui les remplissaient jadis, et dans le sanctuaire, ces prêtres vêtus d'or dont les chants s'élevaient accompagnés par la grande voix de l'orgue. Alors l'église reprend de la vie, son glorieux passé semble sortir de la tombe, on peut juger de l'effet entier de l'édifice; on a devant soi un ma^* gni figue spectacle où tout s'harmonise admirablement ; tandis qu'aujourd'hui , en contemplant cette vaste et belle ^lise, avec ses ornements mesquins, ses nefs désertes, ses stalles vides, sans chapitre^, sans cérémonies, desservie seulement par deux pauvres prêtres, on éprouve malçra soi une impression pénible, un profonu sentiment de tristesse.
c Certes, nous ne nous nepaissons pas de chimères, et nous ne prétendons poiut ressusciter un passé mort prot)ablement pour toujours ; mais si la révolution a tué la splendeur du culte, il est une chose qu'heureusement pour nous elle a épargné, c'est, le monument. Tâchons de transmettre à l'avenir de notre pays cet héritage de son passé L'Etat , depuis bientôt quinze ans , s'est chargé de pourvoir à ses besoins; mais l'allocation annuelle qui lui est destinée est loin d'être suflisante. L'église de Saint- Maximin mérite au phis haut degré l'intérêt de la nation; que la nation ne lésine point ayecielle, qu'elle ne lui marchande pas quel-
?ues éous pour son entretien. Réparons les âifices élevés par njDs pèces, mais réparousr
dit co'uveHt de Saint-Maximin. (Paris, 1614). fo if-. cueil est assez rare.