Clocher de Thann (Alsace), 90. Pyramide de Mycérinus
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La tour de Strasbourg devant' avoir, d Câpres le plan d'Erwin de Steinbach, 59fc pieds de hauteur, aurait surpassé de beaucoup les édifices les plus élevés de Tunivers. En Fêtât, elle ne le cède qu'à la pyramide de Chéopsf et seulement de 9 pieds (707). Elle en a 15 de plus que le fameux clocher de la cathédrale de Vienne, et Bk de plus que le Dôme de Saint*Pierre de Rome.
, SYMBOLISME. Nous traitons du symbolisme de l'art chrétien en plusieurs articles. Voy. entre autres, Allégorib, Catacokbbs, Peinture, Restitut (Satni-j, SculptueBi Statuaire, Types.
. TABLEAUX. Inconvénient qui résulte de la multiplicité et de la disposition vicieuse des tableaux dans ]es églises. Foy. Valence {Cathédrale de), -
TAFI (AndeéJ. Peintre florentin, né en 1313, mort en lâ9{^. Voy. Peinture.
. TALUS (Thoïias). Célèbre compositeur 4'ézlise, anglais, né en 15â0. Tov. Mcsique. ., TAPISSIER. Compositeur d*éffli3e, à Paris, durant le xiv* siècle. F(<y. Musique. . TE fiEUM. Caractère 4e ce chant. Voy.
IIODBS ECCLÉSIASTIQUES.
TETRaMORPHE. L'un des principaux motifs de Ticonographie chrétienne, Voy.
Sculpture.
TëXIËR (Jean). Sculpteur français. Voy.
France*
TIMBRE. Tout instrument, de musique a quelque chose de particulier dans le son qu'il rend ; cette qualité de son dépend de. la matière et de la forme du corps sonore. Le violon, la flûte, la trompette, chacun de ees instruments a dims le son un* caractère distinctif et indépendant sous le rapport de^ l'intonation et de la forcée La cause de cette. (Uversité dérive peut-être de l'inégalité plus ou moins parfaite dans la vibration; ce qui semble explique^ la, différence qui existe dans la qualité du son qui est aigre ou doux^ sourd ou éclatant, sec ou moelleux, c'est ce qu'on appelle êimhre. Les sons soqt beaur coup plus doux, quand ils sont formés par des vibrations plus égales des parties du corps sonore, et beaucoup plus aigres, quand les vibrations sont plus inégales. Dans ce dernier cas, Tinstrumeni, au lieude doui^^ ner un seut son, en produit plusieurs à la ibis difl'érents les uùs des autres, ce qui les rend encore plus discords.
Les sons doux ont ordinairement peu d'é^ clat, comme ceux de la flûte et de la euitare; les sons éclatants sont sujets k T'air" greur, comme ceux du haut-bois. Le beau timbre est celui qui réunit la douceur à recelât, comme le timbre de la voix de soprano» de violon, etc.
Il est des instruments dont le timbre est
(707) On prëlend que par suite de la grande quantité de sable que le vent du désert aurait jet^ dans la plaine du taire, le sol sur lequel reposent les py-
susceptible de plusieurs nuances, au moyen de quelques petits changements que Texé* cutant y pratique, ou d'après le mode de s'en servir. Le timbre du violon, par exemple, varie selon qu'on le fait résonner ou avec un archet ou en le pinçant, en y plaçant la sourdine j en y appliquant d'une certaine fhçou les doigts et 1 archet, on en tire les sons harmoniques. Le même trait d'un violoncelle. Joué sur les cordes ré et /a, ou exécuté sur les cordes do et «o/, prend tout de suite un autre caractère. Quant k la voix humaine, non-seulement elle se distingue de tout instrument, mais elle possède aussi tine individualité particulière qui rend dissemblable et susceptible d'être distinguée la voix d'une personne de celle de l'autre. En outre, toiite voix humaine a, pour ainsi dire, plusieurs registres qu'on peut employer pour la varier de beaucoup de façons,* ce
aui est un objet très-important dans la dé* amation et dans le chant, pour rendre des expressions d'amour, de colère, etc. [Dietionnaire de mti^totie, de Leichteutal, verbo Colore di suoni). Voy. Opéra, Orghbstbb.
TONALITE DU PLAIN-CHANT. Dans plusieurs articles de ce Dictionnaire, il est traité des conditions de la tonalité ecclésiastique et du caractère éminemment religieux qui lui est propre. Une chose bien digne de remarque, mais qui n'a pas été assez remarquée, c'est la hdélité avec, laguelle cette constitution tonale a été conservée dans TEglise, et comment elles'est perpétuée, sans altération notable, depuis les premiers siècles jusqu'à nous. Il y a là sans douté une action providentielle qu'il est permis de reconnaître en présence des eraves autorités (lui établissent,' siècle par siècle, un fait si important au point de vue de l'esthétique chrétienne, objet de ce travail. Nous allons mettre ces intéressants témoignages sous les yeux de nos lecteurs.
Dès le IV* siècle, nous voyons, au moins en germe/ les principes de la tonalité ecclésiastique, dans le curieux Traité de saint Pambon, abbé de Nitrie, déjà citéi et que jai
ramides aurait été exhaussé de plus de dix pleds^A ce compte, la Hcctie de Strasbourg serait aitjoaiw d'hui le monument le plus élevé du gioiie.
919 rm DESTHETIQOE
transcrit intégralement. Ce Traité, composé vers fan 380, est intitulé InslUuta Patrum de modo psalUndù seu canlandi. 11 contient des règles détaillées sur la conduite de la Toix, sur Texpression et la prosodie du chant. Nous allons en extraire quelques passages relatifs à la question qui nous occupe.
« Au milieu du verset, dit-il, faisons une pause bonne, convenable, et après Tavc^ir faite, terminons le verset par une autre, en maintenant toujours le ton, salvo tono. » Un peu plus loin, il traite la question de savoir comment on doit observer les tons (ou modes) dans les finales, quomodo loni depommiur in finaiibus^ selon les divers accents, propter diversos aceentiu. Il établit en principe que toute finale doit être faite, non selon Taccent de la parole, non secundum a<ytentumverbû mais selon la mélodie musicale du ton êed setundum musicalem îmIodiam toni^ d'après cette sentence de Priscien : « La musique n*est pas plus assujettie aux règles de Donat que les divines Ecritu-» res. B Si au contraire la prosodie s*accorde avec Taccent : ù vero eonve$ierU in unum accentus et proêodia^ on doit suivre laQnale eommune, communiter deponaniur; s'il en est autrement, le chant ou les psaumes doivent finir selon la mélodie du ion^juxtamelodiean toni. Car, & la fin de presque tous les tons, nam indepositione fere omnium to^ norumy (ceci n*indique-t-)l pas suffisamment une classification de tons divers?) la musi* que retranche par la mélodie les syllabes et altère les accents, et accentus sophisticat^ ce qui s'observe surtout dans les psaumes. C'est pourquoi, si Ton veut finir les versets tonalèment, lonaliter^ il faudra souvent briser les accents, comme, par exemple, dans les six syllabes, sœculorum amen. Ainsi, dans ce cas, ces six syllabes seront soumises, pour leurs terminaisons» aux finales du ton respectif, ita sex conformentur notis ioniy in depositione verborum syllabarum. r Voilà donc un saint et docte abbé du iv* siècle, (lui parle, à chaque ligne, de ton et de tonalité h propos de psaumes et de chant d'église, et qui expose sur ce sujet des règles dont la plupart s'observent encore de nos jours dans les écoles restées fidèles aux bonnes traditions (708). Et ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il les expose non comme un système qu'il ait imaginé (ce qui, du reste, serait bien admissible, quand il s'agit d'une époque aussi reculée que celle où il écrivait), mais comme les tenant des Pères, ainsi que l'indique le titre même de l'ouvrage, Instituta Patrum de modo psallen-
(709) Il est facile de voir par \k combien se sont trmirpes les Sanieuil, les CoÎDn et autfes compositeurs d*lijmnes inodernes, en voulant assiij«;ttir i*aceeni toDique à Taccent poéiiqne ou luéirique, ou même en oe se préoccupant pas le moins du monde du cbant dans l^urs couiposiiions poétiques. Aussi, le texte des anciennes, nymnes, écrit en vue du diant qui devait y être adapté, selon les règles de Tantiquité ecclésiastique, est-il bien préférable sous ce rapport ( pour ne rien dire de la beauté poétique qui hii est propre ) au texte de nos modernes bréviaires. SI les compositeurs de ces nouvelles l^ym-
DlCTIOXN. li'ESTHETIQUfi.
CflRSIIENNE. TON 7U
di $eu cantandif et par consé^ent, des premiers Chrétiens* il s'en explique lui-même formellement à la fin de son traité, lorsqu'il dit : « Tels sont les principes que nous avons puisés à la source des Pères. » Hœc de gremio sanctorum Patrum collegimus.
Du V* aa{vi* siècle, Cassiodore, historien latiuy ministre de Théodoric, roi des Goths, et plus tard fondateur du monastère de Viviers en Calabre, où il mourut à un Age trèsavancé, a composé un traité spécial sur la musique de son temps. Dans ce traité, divisé en cinq^ chapitres» il reconnaît parfailemei:: la classification tonale. Il y a Quinze tons, ditil : Toni êunt quindecim (709). L'exposition qu'il en donne semblerait indiquer que dès cette époque on divisait les tons en authen* tiques et en plagaux. Nous verrons bientôt la classificiitiou des huit tons prévaloir dans les églises. En effet, dès le vin* siècle, elle est i)Ositivement reconnue par le célèbre Alcuin, aumônier de Charlemagne. Dans son traité De musica^ il s'exprime en ces termes : « Tout musicien doit savoir que dans la musique il y a huit tons, octo tonos in mu^ êica consister e musicus seire debet^parmi lesquels quatre sontappelés plagaux, obliques ou latéraux. »
Au IX' siècle, Aurélien, dit de Rdomée, ou Moutier-Saint-Jean, dans le diocèse de Langres, afïïrme dans son Traité de musi" quey divisé en vingt chapitres, que toute musique consiste en huit tons : Diximus etiam octo tonis consistere musicam, (c. 8.) Ces huit tons, dit-il, régissent.avec toutes leurs variétés^ la suavité du chant : Si ergo octo tonif cum omnibus suis tarietatibus , omnem harmoniœ regunt suavitatem. Us em* bellissent les mélodies de tout l'antipho* naire , comme des arbustes chargés de fleurs : Et quasi florigenœ gestantes virgulta campum illustrent totius antiphonarii. (c. 8.) Il les appelle le faîte de la musique: Culmen musicœ. Dans le cours de son traité, il traite d'une foule de morceaux de chant, dont il indique les tons respectifs. Vers la même époque, c'est-à-dire dans la moitié du IX* siècle, Réginon , abbé de Prum, homme distingué par ses vastes connaissances, composa sur les huit tons et leurs différences un Traité spécial qui est parvenu jusqu'à nous. Il est intitulé : Tonarius^ sive octo toni cum suis difftrenîiis. 4»
Notker, mort en 912, canonisé en 1514, un des plus savants hommes de son temps, compositeur de proses et d'hymnes d'église, comme l'étaient, j»our la plupart, les tnéo- ' riciens du moyen âge » a écrit, entre autres
nés se sont ainsi fourvoyés, c*est surtout pour avoir ignoré ce principe fondamental que le rhythme musical n'est pas le rhyibme poétique, et que oelui-ei doit céder à celui-là dans les morceaux destinés à être chantés. Nous recommandons vivement la lecture des articles pleins de science et de raison qui viennent d'être publiés durant les premier^ mots do 1855 par les Annales philosophiques de M. Bonnetiy sur rimportante question que nous pouvons à petite indiquer ici. -
(7U9) Magni Aureiii CassiodoH InstiMines muitor, cap. 5.