‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 124 sur 282 · CHELLES · texte numérisé non relu

CHELLES

- CHELM

La maison fut supprimée en 1790. — Dans l'église on conservait les corps de Ste Bertille et de S. Genès, évêque de Lyon. Détruits par les flammes à plusieurs reprises (1220, 1399, 1599), les bâtiments monastiques furent chaque fois restaurés. En 1793, ils furent rasés.

Liste des abbesses : Bertille, f 5 nov. 702-04. — Sigisla, 708. — Vilcoma, f 724. — Ermengarde. — Clémence. — Asceline I". — Sibilla. — • Marsilia. — (Sonichilde, femme de Charles Martel, fut enfermée à Chelles, mais ne semble pas avoir été abbesse comme on l'a cru.] — Gisèle, sœur de Charlemagne, 800, 810.

— Helvide, mère de l'impératrice Judith, 825, 835. — Ermentrude, femme de Charles le Chauve, 855, t oct. 869. — Rothilde, fille de Charles le Chauve, 922. — Mathilde I«, 1097, t 1112. — Ameline I«, 1127, 1137.

— Mathilde U, 1156. — Helvide II, 1156, t 1177. — Asceline II, t 1178. — Marie I" de Duny, 1178, tll90.

— Ameline II, 1192, t 1205. — - Marie II de Néry, 1206, t 1208. — Mathilde III de Berchère, 1208, t 1220. — Mathilde IV de Corbeil, 1220, f 1222. — Florence, 1222, 1228. — Marguerite I« de Néry, 1230, t 1231. — Pétronille I« de Mareuil, 1231, tl250.

— Mathilde V de Nanteuil, 1250, t 1274. — Il y eut ensuite une longue vacance. — Adeline, 1280, f 1311.

— Alice I« de Clignet d'Otis, t 1317. — Marguerite II de Pacy, 1317, t 1348. — Pétronille II de Paroy, 1348, t 1354. — Adeline II de Pacy, 1354, t 1363. — Jeanne I" de Soissy, t 1363. — Agnès de la Queue, 1363, t 1" mai 1368. — Jeanne II de la Forest, 1368, t 7 oct. 1379. — Jeanne III de Roye, 24 nov. 1379, tl399. — Agnès II de Neufville, 1399, 1414. — Alice II de Théozote (de Thorote), 1414, 1419. — Marie II de Cléry, 1420, t 1429. — Élisabeth de Pollye, 1429, tl475. — Catherine de Lignières, 1475, flO nov. 1504.

Abbesses triennales : Jeanne de la Rivière, f 1507. — Marie I« de Reilhac, 1507-10, f 16 août 1547. — Marie II Cornu, 1510. — Catherine de Champrond, élue et morte en 1518. — Barbe de Tallensac, 1518, t 1537. — Madeleine de Chelles, 1528, 1542. — Jacqueline d'Amignon, 1542.

Abbesses nommées par le roi : Renée de Bourbon, 1543, -f 1583. — Marie de Lorraine, 1579, f 27 janv. 1627. — Marie-Henriette de Bourbon, 1627, t 10 févr. 1629. — Madeleine de la Porte de la Meilleraye, 30 août 1629, f 4 sept. 1671. — Guidona Marguerite de Cossé, 1671, démissionna en 1680. — Catherine de Scorailles de Roussile, 6 août 1680, t 6 avr. 1688. — Guidona Marguerite de Cossé (pour la 2« fois), tl3 juill. 1707. — Agnès de Villars, 15 août 1707, démissionna en 1719, t 17 sept. 1723. — Adélaïde d'Orléans, 10 mai 1719, démissionna le 3 oct. 1734. — Anne de Clermont Gessan, moniale de Chelles, nommée en 1726 abbesse de Beaurepaire (ordre cistercien), transférée à Chelles, 1735.

A. S; nov., m, 83-94. — Beaunier-Besse, Abbayes et prieurés..., i, 67. — BerthauU, L'abbaye de Chelles, O. S. B., dioc. de Paris (657-1790), Paris, 1889-94, 3 vol. — Chevalier, T. B., 679. — Cottineau, 753-54. — Dom T. Duplessis, Hist. de Meaux, ii, Paris, 1731, n. 90, 403. — Dom M. Félibien, Hist. de Paris, Paris, 1725, iv, 615; v, 676. — Gall. christ., VII, 558. — • Mabillon, Annales O. S. B., i, vi. — C. Torchet, Hist. de l'abbaye royale de N.-D. de Chelles, Paris, 1889, 2 volumes.

R. Van Doren.

CHELM, ville de Pologne, dans le palatinat de Lublin, à 63 km. à l'est de cette ville; sur le croisement des lignes de chemin de fer Varsovie-Lublin-Rôwne et Léopol-Brzeéé. Chef-lieu du district du même nom; 29 100 hab. en 1931. Ancien siège d'un diocèse latin et d'un diocèse gréco-ruthène.

I. Histoire politique. — 1» La province. — Les terres sur le Bug sont habitées par les Slaves depuis les temps préhistoriques. Elles sont mentionnées pour

la première fois dans la chronique de Nestor, à l'année 981, où Vladimir, prince ruthéno-varègue de Kiev, 0 alla contre les Polonais et prit leurs villes de Przemysl, Czerwien, et autres ». Ces terres furent reprises en 1018 par Boleslas I". Elles furent l'objet de fréquentes contestations de la part des princes ruthénovarègues de Kiev, jusqu'à l'invasion tatare de 1241, qui mit fin à l'existence de cet État. Depuis cette date les duchés orientaux de la Pologne, fiefs des princes de la dynastie de Rurik, oscillèrent entre les Tatares et les Lithuaniens, encore païens (qui avec Olgierd étaient à l'apogée de leur puissance), entre la Hongrie et la Pologne, à laquelle ils furent définitivement réunis, passant par héritage du dernier descendant des Rurikides de Halicz, Georges de Masovie, à Casimir le Grand. La terre de Chelm ne fut plus contestée à la Pologne, même à l'époque des partages. Au cours du xix» s., après une brève période d'occupation autrichienne (1795-1809), elle faisait partie, d'abord du duché de Varsovie (1809-1815), puis du « royaume de Pologne », donné à l'empereur de Russie en 1815 au Congrès de Vienne, et occupé depuis 1831 par les troupes russes, qui l'abandonnèrent en 1915.

Après vingt ans de vie au sein de la Pologne indépendante, ces terres furent envahies en 1939 par les troupes de la coalition russo-allemande; elles restent actuellement à l'ouest de la ligne Curzon-Ribbentrop- Molotov, sous l'administration du « gouvernement provisoire », établi en 1945 à Varsovie.

2° La ville. — Le nom de « Chelm » (en polonais « monceau, cime, cimier, heaume »; racine commune indo-européenne, culmen) provient de la situation de la ville sur un monticule dans la plaine. La ville n'est pas mentionnée chez Nestor parmi celles qui furent conquises en 981 par Vladimir de Kiev : elle n'était alors qu'un bourg sans importance. On peut se demander si certaines informations relatives au diocèse gréco-ruthène de Chelm (infra) du xi« s. ne doivent pas se rapporter plutôt à Kholm, en Novogrodie. La ville devint importante au xixi« s. seulement, après l'occupation de la « Kiovie » parles Tatares, quand Daniel de Halicz en fit une place forte en 1233, et y vint habiter, sa capitale de Halicz ayant été dévastée et incendiée parles Mongols. Un incendie dévasta la ville en 1246; le roi Daniel ne l'abandonna pourtant pas, y mourut et y fut enterré en 1266. Chelm souffrit beaucoup au cours des guerres du siècle suivant, jusqu'à ce que Casimir le Grand vint en héritier pour y établir la paix. La ville obtint les droits de « cité libre » sous Ladislas Jagellon, avant 1430; elle devint en 1470, sous Casimir Jagellon, siège d'une castellanie. Les castellans de Chelm prenaient place dans le Sénat de la couronne parmi les castellans mineurs. Un nouvel incendie est signalé en 1473. Pourtant, au cours des trois siècles suivants, la ville florissait comme cheflieu de la castellanie et siège d'un évêché latin, donc résidence ofïicielle de deux sénateurs du royaume, avec son important évêché gréco-ruthène, ses nombreux couvents et écoles, et un commerce suffisamment développé.

Avec les partages de la Pologne, Chelm cessa d'être chef-lieu de la castellanie. La citadelle royale datant du roi Daniel ainsi que les murs de la ville, inspectés encore en 1780, furent détruits au xix« s.; il en restait dernièrement deux tours de garde, situées en dehors des anciens remparts. La translation de l'évêché latin à Lublin, la catastrophe de l'évêché ruthène contribuèrent à la décadence de la ville.

Chelm commença à se dépeupler au xix" s., n'ayant vers 1861 que 3 605 hab., dont 1 116 Polonais, 10 Russes, et 2 481 Israélites (Bartoszewicz). A partir de 1900 la ville reprit ; elle eut un grand essor après la libération

CHELM

de la Pologne en 1918, dépassant en peu d'années le nombre de 29 100 hab. (recensement de 1931).

Liste des castellans de Chelm: Mikolaj Chrzastowski, 1470. — Jan Drohojowski, 1540. — Jan Siennicki. — Jedrzej Bzicki, 1557. — Stanislaw Zamoyski, f 1572.

— Mikolaj Lysakowski, 1576. — Jan Zamoyski, 1613, t 1619. — Samuel Koniecpolski, 1621. — Zbigniew Gorayski, 1649. — • Michal Broniewski Firley, 1650. — Jan Piaseczynski, 1670. — Stanislaw Druzkiewicz, 1690. — Wojciech Oledzki, f 1717. — Karol Krasicki.

— Piotr Miaczynski, 1734-36. — Jan Krasicki, 1737, t 1751. — I. Komorowski, 1757. — Stefan Kunicki, 1760-65. — Wojciech Weglinski, t 1785. — Wojciech Poletyllo, 1786-95 (?).

II. Histoire religieuse. — 1° Le diocèse latin. — On rattache ordinairement les origines du diocèse latin de Chelm à un évêché latin qui avait existé, au xiw s., à Lukow (environ 100 km. au N.-O. de Chelm) pour des missions dans la tribu lithuanienne des Jadvingues. Nous y connaissons l'évêque Henri, O. P., nommé par le légat Albert en 1248. Boleslas le Pudique (1221-79) installa les templiers à Lukow. Une lettre d'Innocent IV, datée d'Avignon le 13 juill. 1254, autorise l'abbé de Mazzano à détacher Lukow du diocèse de Cracovie, et à y créer un évêché. Il semble que l'évêque Bartlomiej, O. F. M., provenant de Bohême, fut désigné pour cet évêché par Alexandre IV, le 1" févr. 1257 (Eubel, i, 314, confond Lukow avec Luck, Lucéorie).

Il y a une lacune de cent ans entre la date de la nomination de Bartlomiej à l'évêché de Lukow et l'apparition du premier évêque latin de Chelm. En outre, les historiens se trouvent souvent devant la difTiculté d'établir si tel évêque ou telle institution ecclésiastique de cette époque se rapportent au rite latin ou au rite gréco-ruthène. Peut-être cette difTiculté n'est-elle que le résultat d'une certaine confusion qui aurait régné au Moyen Age entre les divers rites catholiques.

Le premier évêque latin de Chelm serait Tomasz, fils de Ninogniew, de Sienno, O. F. M., auxiliaire de Cracovie, nommé par Innocent VI en 1358, sacré en 1359, mort en 1383. C'est donc de cette époque que date l'existence parallèle des deux évêchés catholiques, latin et gréco-ruthène, à Chelm; l'évêché latin n'est pourtant solidement établi que depuis le 19 juill. 1417, par l'acte de Ladislas Jagellon, qui dota l'évêché en lui attribuant les terres de Kumow, Porokowice, Dobrnow, Plitniki, Zagaczyce, Lyszcze, Siedliska et autres, et en y érigeant un chapitre de dix chanoines. Jan Zaborowski de Opatowice, des Frères Prêcheurs, en devint l'évêque, et dès lors la liste des successeurs est certaine. C'est aussi Zaborowski qui fut le premier des évêques de Chelm qui entra au Sénat de la couronne de Pologne; les évêques de Chelm y occupaient le dixième, c.-à-d. l'avant-dernier des sièges épiscopaux, cédant le pas à l'évêque de Chelmno et précédant l'évêque de Kamieniec. Jan Zaborowski revendiqua, d'ailleurs sans succès, la région de Lublin, proche de Chelm mais faisant partie du diocèse de Cracovie; il se heurta à l'opposition du cardinal Olesnicki.

Au xve s., les évêques de Chelm semblent ne pas avoir encore fixé leur résidence : nous les voyons siéger à Hrubieszow (1473) et à Krasnystaw (1490). Au XVI* s., vingt évêques latins se succédèrent à Chelm; cette série de pontificats brefs est due au fait que le diocèse était un des plus pauvres de Pologne, et que les évêques polonais des « sièges inférieurs » passaient volontiers aux « sièges supérieurs », comme les sénateurs séculiers; on compte ainsi quatre évêques de Chelm qui arrivèrent plus tard au siège primatial de Gniezno (Dzierzgowski, Uchanski, Przerebski, Mac.

Lubienski), et cinq autres qui furent évêques de Cra- ^ covie (Maciejowski, Zebrzydowski, Dabski, Kaz. fl Lubienski, Turski). Le diocèse latin de Chelm comptait, vers le milieu du xyii^ s., 83 églises paroissiales. Fréquemment le S. -Siège, en raison de leur pauvreté, autorisait les évêques de Chelm à cumuler les bénéfices. Ce fait contribuait aussi aux multiples changements d'évêques, qui continuèrent, quoiqu'un peu ralentis, au cours des xvii« et xviii* s. (26 évêques en deux cents ans).

! En 1600, le grand chancelier Jan Zamoyski fonda I une académie à Zamosc, dans le diocèse de Chelm; i cette école n'atteignit jamais au lustre de l'université ; de Cracovie, mais elle n'était pas privée de mérites dans le domaine de l'instruction, surtout de celle du clergé. Un collège pour les ecclésiastiques fut fondé à I Zamosc par Catherine Zamoyska.

i On connaît les synodes diocésains de Chelm : en 1606, sous l'évêque Zamoyski; en 1624, sous Maciej Lubienski; en 1694, sous Swiecicki; en 1717, sous Kazimierz Szembek, avec la participation de Jozef . Lewicki, évêque gréco-ruthène de Chelm et du clergé des deux rites. C'est à ce synode que se rattache aussi la fondation du séminaire diocésain à Krasnystaw, j qui supplanta bientôt le collège de Zamosc pour l'instruction du clergé; ce séminaire, transféré d'abord à Chelm, puis à Lublin, existe toujours.

Le partage de la Pologne en 1772 divisa aussi le diocèse de Chelm. La Grande Diète s'occupa d'une réorganisation du diocèse, et son projet fut confirmé par la bulle du 20 juill. 1790. C'est ainsi que la terre de Lublin se trouva faire partie du diocèse de Chelm, qui prenait le nom de « Chelm et Lublin », pour devenir, depuis le 23 sept. 1805, « diocèse de Lublin ». C'est cette date qui-marque la fin du diocèse latin à Chelm. '

Les évêques de rite gréco-ruthène restaient seuls à Chelm, en face de la persécution que la Russie poursuivait au cours du xix« siècle.

Liste des évêques latins : Tomasz, flls de Ninogniew, de Sienno, élu en 1358, confirmé par Innocent VI en 1359, t avant 1383 (coadjuteur de Cracovie). — Stefan, t 1417 (coadjuteur de Poznan). — Jan Zaborowski ■ de Opatowice, O. P., 1417-40. — Jan Taranowski, I 1452-62. — Pawel Grabowski, 1463-79. — Jan Kazimierski, 1484. — Jan de Targowisko, 1488. — Maciej de Stara Lomza, t 1505. — Mikolaj Koscie- ! lecki, 1506-18. — Jakub (Jan?) Buczacki, 1538. — i Sébastian Branicki (Korczak?), 1540. — Samuel : Maciejowski, 1542. — Mikolaj Dzierzgowski, 1543-45.

— Andrzej Zebrzydowski, 1545. — Jan Dziaduski, 1546. — Jan Drohojowski, 1550. — Jakub Uchanski, 1552-57. — • Jan Przerebski, 1559. — Adam Konarski,

j élu en 1562. — Mikolaj Wolski, 1565. — Wojciech Starozrebski, 1567. — Jan Mlodziejowski, élu et tl575.

— Jan Zaborowski, élu et f 1577. — Adam Pilchowski, t 1585. — Stanislaw Ossowski, t 1586. — Wawrzyniec Goslicki, 1591. — Stanislaw Gomolinski,

j 1600. — Jerzy Zamoyski, 1600, f 1620. — Maciej Lubienski, 1626. — Remigiusz Koniecpolski, f 1640.

— Tomasz Oborski, élu en 1640. — Pawel Piasecki, 1644. — Szymon Koludzki, élu et f 1644. — Stanislaw Pstrokonski, f 1657. — Tomasz Lezenski, 1667. — Thomasz Ujejski, nommé en 1667. — Jan Rozycki, t 1669. — Krzysztof Zegocki, f 1673. — Stanislaw Dabski, 1676. — Stanislaw Swiecicki, t 1696. — Mikolaj Wyzycki, t 1704. — Kazimierz Lubienski, 1711. — Teodor Wolf, élu et f 1712. — Jan-Krzysztof Szembek, 1718. — Aleksander Fredro, 1719-24. Stanislaw- Jozef Hozjusz, élu en 1732. — Jan-Feliks Szaniawski, t 1733. — Jozef-Eustachy Szembek, 1752.

— Walenty Wezyk, 1753-64. — Feliks-Pawel Turski. 1770. — Antoni-Onufry Okecki, 1781. — Jan-Alojzy Aleksandrowicz, f 1781. — Maciej Garnysz, 1781-90

(depuis le 20 juill. 1790, év. « de Chelm et de Lublin »). — Wojciech (Adalbertus) Skarszewski, év. de Chelm et de Lublin depuis 1790, « de Lublin » depuis le 23 sept. 1805 (suppression du dioc. de Chelm).

2" Le diocèse de rite gréco-ruthène. — Les origines de ce diocèse gréco-ruthène remonteraient d'après une tradition plutôt incertaine à Vladimir de Kiev qui, après avoir conquis « les villes de Czcrwien » sur la Pologne, aurait fondé une église à Chelm en 1001. La présence de Jean, évêque de Chelm, à la translation des corps des princes Boris et Hleb est notée dans les chroniques ruthènes, en 1072 (il s'agit peut-être d'un évêque de Kholm, près de Pskow en Novogrodie). D'après la chronique Hypatienne, Daniel de Halicz a fondé un évêché en 1223 à Uhrovesk (Uhrusk, près de Parczow), dont on ne connaît qu'un seul évêque, loasaf. Il est fort probable que le siège du diocèse de Uhrovesk a été transféré à Chelm, résidence du roi Daniel, donnant ainsi naissance au diocèse du même nom. Ce diocèse se rattache peut-être aux missions dominicaines des « frères pèlerins »; avec les autres missions en Ruthénie, elles étaient sous le patronat des évêques de Lubusz, et c'est probablement de cet évêché qu'il s'agit dans les documents de Grégoire XI de 1375 (publiés dans Theiner, Mon. Pol. hist., i, 675, n. 13-14) où le pape, après s'être assuré de l'existence des évêchés à Halicz, Chelm, Vladimirie et Przemysl, les détache du patronat de l'évêque de Lubusz, en constituant l'archevêché de Halicz.

Il semble, vu la fondation du roi Daniel de Galicie, dont les relations avec Rome sont bien connues, et qui obtint la couronne royale du pape, que le diocèse ait été, dès ses débuts, en union avec Rome. Il n'en est pas moins possible que certains évêques gréco-ruthènes, surtout pendant le premier siècle après la fondation du diocèse, aient cherché à établir des liens avec les métropolites schismatiques qui de Kiev passèrent en Moscovie, après la débâcle produite par l'invasion tatare; mais il est peu probable que le schisme ait pu s'établir après que les rois de Pologne eurent le diocèse sous leur protection. Grégoire XI, en 1372 et 1375, ne semble avoir aucun doute sur son caractère catholique. Du reste, la liste des évêques des xiv"=-xv« s. montre leur appartenance aux familles notoirement catholiques des ducs de Holszany (dont un des membres devint évêque latin de Wilno), de Kobryn, de Zbaraz, dont la fidélité envers Rome n'est point douteuse. Nous savons que Georges, évêque ruthène de Chelm, qui avait obtenu des privilèges de Ladislas III, était fidèle à Rome. Les tendances vers le schisme, dont on ne saurait ignorer le lien idéal avec les courants antiromains de la Réforme, apparaissent clairement au xvi« s. (in/ra); c'est aussi vers la fin du même siècle que la victoire de la Contre-Réforme, dont les grands jésuites polonais furent les artisans, coïncide avec l'acte de l'union de Brzeàé, en 1596, par lequel les évêques de rite gréco-ruthène en Pologne, et parmi eux aussi l'évêque gréco-ruthène de Chelm, Dionizy Zbirujski, appartenant par sa famille au clan des Kosciesza, juraient leur soumission à l'Église de Rome. La réaction à cet acte se fit à peine sentir parmi un groupe de moines basiliens du monastère de Jabloczno; le peuple du diocèse resta fidèlement attaché à l'union, ainsi que le clergé et les évêques.

Nous notons parmi les évêques (v. la liste) Athanase Pakosta (1613-25), qui s'occupa de la discipline du clergé et tint plusieurs synodes; Metody Terlecki (1626-49), qui obtint en 1641 une décision dans l'affaire des dîmes entre le clergé gréco-ruthène et le clergé latin; Jakub Susza (1658-87), auteur distingué d'œuvres polonaises et latines (Finkiel, n. 8 034, 3 603, 13 960, 14 204, 14 224, 14 465, 26 336; Cursus uitae et certamen martyrii B. Josaphat Kunceuicii archiep.

DicT. d'hist. et de gèoor. ecclés.

Poloc., éd. récente, Paris, 1865; Relatio de ciuilate Chelmensi, Zamosc, s. d.); Maksymilian Ryllo (1759- 85), fondateur du séminaire.

Ce n'est qu'au xix« s., après les partages de la Pologne, que les efforts de la Russie pour détacher de Rome les diocèses polonais de rite gréco-ruthène aboutirent à un certain résultat. Il y fallut pourtant un demi-siècle de lutte acharnée, et de désorganisation systématique de la hiérarchie et du clergé uniates.

L'apostasie des évêques gréco-ruthènes, accomplie sous l'influence du métropolite Siemaszko, le 12 févr.

1839, qui mit fin à l'existence de l'Église catholique gréco-ruthène dans les terres annexées par la Russie au cours des partages de la Pologne, laissait encore intact le diocèse de Chelm. Cette situation s'explique par le fait que ce diocèse, bien qu'il fût sous la domination des tsars, n'appartenait pas à l'Empire russe, mais au « royaume de Pologne » créé par le Congrès de Vienne. Les tsars voulurent au début y régner « en monarques constitutionnels ».

L'évêché gréco-ruthène de Chelm comptait, à l'époque de la création du « royaume », 317 paroisses, avec environ 400 prêtres, 227 673 fidèles, 5 couvents de l'ordre de S. -Basile, un couvent de nonnes, un séminaire. L'évêque, Mgr Ferdynand Ciechanowski, qui de 1813 à 1815 connut l'exil et fut ensuite sénateur du royaume, mourut le 15 juin 1828.

Ses successeurs, Filip-Feliks Szumborski (1830-51), Jan Teraszkiewicz (1851-63), Jan Kalinski (1863-66), eurent à supporter une lutte acharnée contre le gouvernement russe, qui s'efforçait de détacher les fidèles de l'Église universelle, et de soumettre le diocèse à la juridiction du S. -Synode de l'Église russe schismatique. Pour arriver à cette fin, le gouvernement suivait la voie déjà battue : affaiblir les liens entre l'Église gréco-ruthène et l'Église latine; faire disparaître les différences entre le rite gréco-ruthène et le rite de Moscou; après quoi, obtenir la soumission de l'évêque et du clergé au S.-Synode, et faire en sorte que le peuple, suivant ses évêques et ses prêtres, devienne schismatique sans s'en apercevoir. La première partie de ce plan était présentée sous la forme de « dépolonisation et délatinisation ». L'évêque Szumborski, après la victoire russe sur l'insurrection polonaise de 1830-31, subissait des pressions de la part du gouvernement russe. Il essaya de s'opposer à l'introduction des livres et des usages moscovites dans la liturgie ruthène; Nicolas I", à son passage par Varsovie en

1840, invita l'évêque à Pétersbourg, où il renouvela personnellement les pressions gouvernementales, comme il l'avait déjà fait, avec succès, pour le métropolite Siemaszko. Mgr Szumborski ne sut pas résister et publia, à son retour à Chelm, une lettre ordonnant certaines modifications de la liturgie dans le sens moscovite (14-26 sept. 1841). Grégoire XVI, dans un bref du 23 févr. 1842, l'en blâma, et l'évêque révoqua, bien qu'avec retard, ses dispositions. Il dut subir des instances continues, et il y eut entre lui et le gouverneur russe de la province, Albertov, des scènes violentes. Le gouvernement, s'il ne put obtenir de l'évêque l'unification rituelle, réussit pourtant à introduire dans l'administration du diocèse des prêtres qui lui étaient dévoués.

Mgr Teraszkiewicz, coadjuteur de Mgr Szumborski, lui succéda de droit en janv. 1851. Il céda aux volontés du gouvernement, qui exigeait de lui l'envoi de certains de ses séminaristes à l'académie de théologie schismatique, à Moscou; il n'admit pourtant pas de prêtre schismatique au séminaire, et repoussa avec constance les pressions dans le sens de la « délatinisation ». Il mourut le l^' mars 1863.

Mgr Kalinski, son coadjuteur, nommé avec droit de succession, ne fut pourtant pas admis au sacre

CHELM

par Tcherkassky, prince russe d'origine mongole, athée, directeur des affaires ecclésiastiques pour le royaume de Pologne (dans Brockhaus-Efron (en russe), Lxxvi, 572-76). Ce prélat refusa de bannir la langue polonaise des sermons et des chants dans son diocèse. Tcherkassky fit fermer les couvents de l'ordre de S.- Basile; il essaya de créer les apparences d'une révolte du clergé paroissial et obtint un ukase (18-30 juin 1866), qui mettait ce dernier à la merci de l'administration; enfin, ayant échoué dans la tentative d'introduire le schisme dans le séminaire, il fit arrêter Mgr Kalinski, la nuit du 11 (23) sept. 1866 et l'envoya à Wiatka (Vyatka), aux pieds de l'Oural (où se trouvait déjà Mgr Krasinski, évêque de Wilno). Mgr Kalinski y fut frappé d'une mort subite, le 19 oct. 1866. Dix jours après sa mort, Pie IX fit son éloge dans l'allocution du 29 oct. 1866.

La violence dont Tcherkassky usa contre l'inflexible Kalinski avait pour but l'installation d'un intrus. Un prêtre révolté, Jozef Woycicki, fut introduit par la police à l'évêché de Chelm la nuit même de la déportation de Mgr Kalinski. On emprisonna les prêtres qui protestèrent contre l'intrusion. Pie IX, dans l'encyclique du 17 oct. 1867, déclara l'intrus soumis à des censures. Il resta néanmoins et réussit à introduire des professeurs schismatiques au séminaire. Il fit tout le possible pour séparer le clergé grécoruthène du clergé latin et dénonça les prêtres des deux rites qui prenaient part à des offices communs. Il « épura » l'église cathédrale de tous les objets « latins » (bancs, confessionnaux, ostensoirs, clochettes), et interdit l'usage de la langue polonaise dans les églises, ainsi que les cantiques, les scapulaires, le rosaire. Une circulaire de Woycicki (8 oct. 1867) permettait aux autorités laïques de faire appliquer ces dispositions.

Cette circulaire marquait le déclenchement d'une lutte entre la police, bientôt soutenue par les troupes, et les fidèles, qui voyaient dans les objets interdits le symbole de leur union à l'Église universelle. Le gouverneur russe Gromyko ordonna aux cosaques de se livrer à des « dragonnades » dans les villages résistants, et le sang coula abondamment au cours de toute une année (sept. 1867-sept. 1868). Un grand nombre de prêtres furent arrêtés.

Un relâchement de la persécution (peredichka) eut lieu à l'automne de 1868. Le gouvernement russe consentait à éloigner l'intrus, et admettait un évêque nommé par le S. -Siège, Mgr Kuziemski. Ce dernier obtint la libération de certains prêtres, mais fit maintenir les « réformes puristes » de Woycicki (circulaire du 23 oct. 1868). Confirmant ainsi, par un ordre provenant de lui, évêque légitime, les ordonnances de l'intrus, il affaiblissait la résistance. Le gouvernement russe, considérant que son rôle était ainsi fini, le priva de son diocèse le jeudi saint 1871 et le renvoya en Autriche. On l'obligea encore, au moment de son départ, à remettre l'administration du diocèse au prêtre Popiel, dont le caractère d'intrus fut ainsi voilé. Le relâchement, qui avait duré plus de deux ans, prenait fin.

Le nouvel intrus, Marceli Popiel, après une visite à Pétersbourg, s'était décidé pour le schisme. Il augmenta le nombre des prêtres prêts à lui obéir en faisant ordonner n'importe qui par un évêque schismatique bulgare, Sokolski. Il obtint bientôt la constitution d'un groupe organisé de « prêtres obéissants ». Le gouverneur Gromyko recommença en 1871 les arrestations très nombreuses des autres, qu'on appelait « résistants ». Le peuple était tout entier avec eux. Après une nouvelle visite de Popiel à Pétersbourg, en 1873, l'empereur confirma, le 10 (22) juin 1873, un ukase (pour la date : Likowski, Dzieje Kosciola Unickiego, ii, 207, note) qui chargeait les autorités admi-

nistratives de soutenir les obéissants et d'envoyer en exil les résistants. Le 19 oct. 1873, Popiel adressa à tous les prêtres une circulaire (datée du 2 oct.) exigeant une acceptation par écrit du rite « épuré des erreurs polonaises et latines ». La police fut chargée de recueillir les signatures, et d'envoyer les résistants à Chelm, où ils furent arrêtés et emprisonnés. Plusieurs (plus de cent) s'enfuirent en Autriche. La résistance du clergé fut ainsi brisée. Le peuple la continua, en refusant d'admettre dans les églises les prêtres obéissants et de fréquenter les églises où ces prêtres officiaient. Gromyko revint aux dragonnades, qui furent particulièrement sanglantes, en 1874, à Rozanka, Dolgobrody, Hama, Kalembrod, Rudno, Przegaliny, Ossowa, Koden, Lomazy, Rozsosz, Wlodawa. La population, pour fuir les cosaques, se réfugiait, malgré l'hiver, dans les forêts. Le 13 mai 1874, Pie IX publiait l'encyclique Omnem sotlicitudinem {Acta PU IX, VI, Rome, 1874, p. 316-23), dans laquelle il protestait contre les persécutions des catholiques dans le diocèse de Chelm, et interdisait l'usage de la « liturgie schismatique », introduite par le « pseudoadministrateur ». Alexandre II, en passant peu après par Varsovie, rejeta nettement une pétition qui demandait la liberté religieuse et la cessation des dragonnades (11 juin. -26 juin 1874), ce qui ne fit qu'augmenter le zèle des persécuteurs et le nombre croissant des victimes pour la foi. L'hiver rendait particulièrement difficile la situation de la population, réfugiée dans les forêts. La résistance ne fut pourtant pas brisée. Le gouvernement russe ne réussit qu'à créer une fausse apparence de soumission. Certains curés obéissants (au début ceux de Koden et de Wereszczyn) commencèrent à adresser au gouvernement des pétitions, au nom de leurs paroisses, pour être reçus, avec leurs ouailles, dans le giron de l'Église schismatique. Les paroissiens, terrorisés et désorientés, n'osèrent pas protester.

Dès le commencement de 1875, les dragonnades eurent un nouveau but : il ne s'agissait plus de connaître quels étaient les curés obéissants, mais d'imposer le passage explicite au schisme (voir Documents officiels publiés par le gouvernement anglais. Correspondance relative au traitement des membres de l'Église grecque-unie en Russie, présentée par ordre de S. M. à la Chambre des Communes, le 5 mars 1877, Zurich, 1877). On envoya plusieurs centaines de laïcs résistants en Sibérie, en les choisissant parmi ceux qui constituaient le noyau principal de l'opposition.

Le 18 févr. 1875, le « pseudo-administrateur » Popiel rassembla le clergé de la cathédrale et du consistoire de Chelm, et fit rédiger un acte où il était dit « que cent vingt paroisses désiraient s'unir à l'Église orthodoxe [schismatique], et que le diocèse demandait à l'empereur la permission de faire dorénavant partie de cette Église » (texte de l'acte, dans Likowski, op. cit., II, 240 sq.). Cet acte, absolument analogue à l'acte de Polock du 12 févr. 1839, le complétait, et mettait fin à l'existence du dernier diocèse catholique de rite gréco-ruthène dans les terres sur lesquelles s'étendait la puissance des tsars.

Popiel se rendit à Pétersbourg, accompagné d'une <i délégation » choisie par lui. Une cérémonie officielle eut lieu au palais d'Hiver, le 25 mars (6 avr.) 1875, où Alexandre II déclara la réunion du diocèse de Chelm à l'Église orthodoxe et fit publier un ukase . du Synode à ce sujet (11 mai 1875) (texte dans Likowski, op. cit., ii, 255). Dans cet acte le Synode incorporait le diocèse de Chelm au diocèse orthodoxe de "Varsovie, et le soumettait à l'évêque orthodoxe de cette ville, qui prendrait le titre d' « évêque de Chelm et de Varsovie », tandis que son auxiliaire résiderait à Chelm, avec le titre d' « évêque de Lublin ». Marceli

CHELM

— CHELMICKI

Popiel obtint ce titre et fut sacré dans le schisme à Pétersbourg. Le diocèse gréco-ruthène de Chelm cessa d'exister.

Pourtant des 250 000 catholiques de rite grécoruthène du diocèse de Chelm, 150 000 au moins restaient fidèles à Rome. Ces résistants devaient soufTrir pendant plus de trente ans la persécution. Leur participation aux services catholiques latins fut déclarée passible de peines, dans une ordonnance du 18 févr. 1875, et ces peines furent sévèrement appliquées, tant aux uniates qu'aux prêtres latins qui leur administraient les sacrements. Les églises latines de Koden, Lipsk, Nieciecz, Orchowek, Rozsosz, Pratulin, furent fermées pour cette rai.son, et beaucoup de prêtres latins furent emprisonnés et envoyés en Sibérie « pour avoir administré les sacrements aux uniates ».

Considérés comme des orthodoxes schismatiques qui refusaient les sacrements, les catholiques grécoruthènes étaient exposés à des difTicultés sans nombre : entre autres d'abord l'illégitimité présumée de leurs mariages, s'ils n'étaient pas célébrés dans les églises orthodoxes, ainsi que la bâtardise de leurs enfants par-devant les autorités administratives. Ils étaient sous la menace constante d'être condamnés pour cause d'apostasie de la foi orthodoxe, s'ils recevaient les sacrements des prêtres latins.

L'ukase de tolérance de Nicolas II, du 17 avr. 1905, mit fin à cet état de choses : tous les anciens catholiques de rite gréco-ruthène, tous les « uniates » dans les terres du tsar, restés fidèles à l'Église romaine, bien qu'ils fussent considérés comme orthodoxes par le gouvernement russe depuis 1875 (et pour les autres diocèses, depuis 1839), profitèrent de la liberté qui leur fut donnée de devenir catholiques de rite latin (le rite gréco-ruthène restant toujours interdit). Ils abandonnèrent le rite pour conserver la foi. Le nombre de ceux qui se sont joints à l'Église catholique latine, dans les années qui suivirent l'ukase, serait, selon les statistiques ofTicielles russes, de 300 000 environ. La majeure partie étaient du diocèse de Chelm, car dans les autres diocèses, abolis en 1839, la persécution avait sévi au cours de deux générations, faisant plus de ravages. Ainsi dans la région de Chelm il n'y eut plus de catholiques gréco-ruthènes et, quand en 1918 la liberté du rite gréco-ruthène fut rétablie avec le retour des autorités polonaises, il n'y avait plus de fidèles de ce rite pour qui l'ancien diocèse eût pu être rétabli : ni le concordat du 10 févr. 1925 (A. A. Sedis, 1925, p. 273), ni la bulle Vixdum Poloniae unitas du 28 oct. 1925 (ibid., 519) n'en font plus mention, en confiant à des évêques latins la juridiction sur les fidèles du rite oriental qui s'y trouveraient (concordat, art. 18).

Notons encore ici que le diocèse orthodoxe de Chelm n'a jamais existé : il y eut des tendances, dans le diocèse gréco-ruthène de Chelm, de rupture avec Rome, et d'union avec l'Église de Moscou, mais elles n'eurent jamais de suite, ni de consistance. Elles furent les plus puissantes à l'époque des mouvements protestants, vers le milieu du xvi« s. Certains éléments antiromains, parmi le clergé gréco-ruthène, qui cherchaient l'appui de Moscou, se concentrèrent après l'acte de BrzeSé en 1596 dans le monastère de l'ordre de S. -Basile, à Jabloczno. Les rares « dissidents » qui restaient hostiles à l'Église romaine, et par conséquent au diocèse gréco-ruthène de Chelm, relevaient, depuis 1650, de l'évêché dissident (schismatique) de Kiev. Comme il fut dit plus haut, l'ukase qui abolissait le diocèse gréco-ruthène de Chelm, le 11 mai 1875, ne créa point de diocèse orthodoxe de ce nom, mais se borna à soumettre l'administrateur intrus et apostat, ainsi que le clergé et les fidèles qui le suivaient, à l'évêché schismatique de Varsovie.

Certains évêques schismatiques, qui apparaissent avec le titre d' « évêque de Chelm » (tel Isaia Czerkaski, 1620; Sylwester Kossow; Dyonizy Balaban, 1650), n'ont jamais exercé leur juridiction sur ce diocèse.

Liste des évêques gréco-ruthènes : Joan (?), 1072. — Cyryl, 1243. — Iwan, 1246-61. — Jan, 1331. — Nestor Algimuntowicz-Hoiszanski. — Sylwester Kobrynski.

— Charyton, 1415-16. — Jerzy (Grzegorz?), 1444-56.

— Aleksander Zbaraski, 1504. — Filaret Oblaznicki, 1507-09. — Jonasz Nalecz-Sosnowski, 1533-40. — Michal Sosnowski, 1543. — Bazyli Baka, 1546-52. — Teodozy Lazowski, 1552-66. — Zachariasz, 1566? — Leoncjusz Pienkowski, 1585. — Dionizy Zbirujski, 1586-1604. — Arseniusz Andrzejowski. — ■ Atanazy Pakosta, 1613-25. — Teodor Mileszkiewicz, 1626. — Metody Terlecki, 1626-49. — Jakub Susza, 1658-87.

— Aleksander Lodziata, 1691. — Gedeon Woyna- Oranski, 1693. — Jozef Lewicki, 1720. — Felicjan Wolodkowicz, 1730-56. — Maksymilian Ryllo, 1759- 85. — Porfiry Skarbek-Wazynski, 1788-1804. —

: Ferdynand Ciechanowski, 1810-28. — Filip-Feliks , Szumborski, 1830-51. — Jan Teraszkiewicz, 1851-63.

— Jan Kalinski, 1863-66 (non consacré, f en exil).

— Jozef Woycicki, 1866-68 (administrateur intrus).

— Michal Kuziemski, 1868-71. — Marceli Popiel (« pseudo-administrateur »), 1871-75.

Finkiel, Bibliografia historyi polskiej, i-iii, Lwow, 1891- 1904, au mot Chelm, ainsi qu'aux noms des évêques des deux rites et des castellans de Chelm cités plus haut. — Abraham, Organizacja Kosciola lacinskiego na Rusi, i, Lwow, 1905. — • .J. Bartoszewicz, Biskupstwo Chelmskie lacinskie, dans Orgelbrandt, Encgklopedia Powszechna, m, Varsovie, 1860, p. 605; Biskupslwo Chelmskie ruskie, ibid., 609. — Harasiewicz, Annales Ecclesiae Ruthenicae, Lwow, 1863. — S. Ketrzynski, Chelmskie biskupstwo lacinskie, dans Podreczna encgklopedia koscielna, vi, Varsovie, 1905, p. 14 sq.; Chelmskie biskupstwo obrzadku greckiego, ibid., 12. — E. Likowski, Dzieje Kosciola Unickiego..., ii, Varsovie, 1906. — M. Loret, art. Chelm, dans Treccani, Enciclopedia, ix, Rome, 1931, p. 962. — M. Piechowski, Cornucupiae infulae Chelmensis, Zamosc, 1717. — B. E. RoudakofF, Kholmskaia eparchia (dioc. de Chelm), dans Brockhaus Efron, Lxxiv, S. -Pétersbourg, 1903, p. 520. — L. Dymsza, Kholmskg wopros (question de Chelm), S.- Pétersbourg, 1910. — Archives vaticanes, Arch. Nunz. Vars.. vol. 137, 146, 148, 149, 149 AA, 68-71, 89-92, etc.; Nunz. Pal., vol. 8, 70, 129, 344-iv, 391; Add. 7, 12, etc.

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