CHÉRON
— CHERSONNÈSE
distes n'ont pas cru qu'il ait vécu avant le v«s.; Baillet a placé son martyre vers la fin de ce même siècle. Il n'y a même pas à discuter l'opinion de ceux qui ont voulu faire de S. Chéron un évêque de Chartres.
En somme, le cas de S. Chéron est un cas assez banal en hagiographie. On a honoré le tombeau d'un saint personnage dont l'histoire ne tarda pas à s'oublier; plus tard, on a comblé cette lacune au moyen d'une œuvre d'imagination utilisant peut-être, mais dans une mesure impossible à déterminer, quelques données traditionnelles. Une basilique fut élevée, dès le vi'' s., sur son tombeau; elle fut desservie par des moines, ensuite par des clercs, puis, depuis le xii« s. jusqu'à la Révolution, par des chanoines réguliers. Probablement dès l'époque mérovingienne, mais sûrement dès le ix'' s., le tombeau de S. Chéron était un lieu de pèlerinage. La principale fête du saint était et est encore célébrée dans le diocèse de Chartres le 28 mai; outre cette fête on solennisait dans l'abbaye une translation, à la date du 18 oct. S. Chéron est mentionné dans le martyrologe d'Usuard. Son culte est passé du diocèse de Chartres dans d'autres diocèses, notamment dans celui de Paris.
A. S., mai, vi, 749-754. — Clerval, Les écoles de Char- Ires, 1895, p. 28. — Souchet, Hist. du dioc. et de la ville de Chartres, ouvrage du xvii« s. publié de 1866 à 1873, i, 320-34.
Y. Delaporte.
1. CHERSONNÈSE (Xepaôvriaoç ou mieux Xeppôvrjaoç), évêché de CRÈTE, dépendant de Gortyne. Il existait trois villes de ce nom dans l'île. Celle qui fut dotée d'un évêché se trouvait sur la côte nord, à 25 km. de Cnossos. Ses ruines sont encore visibles près des villages de Chersonésos et d'Episcopiano. L'évêché existait de façon certaine depuis le v« s. On voit en effet plusieurs de ses titulaires prendre part aux conciles de cette époque. Il disparut pendant que les Vénitiens furent maîtres de l'île (1204-1669), ou plutôt il fut remplacé par un évêché latin du nom de Chironensis, Kironensis, Kyronensis. La succession orthodoxe reprit après la conquête turque. L'évêché fut uni à la métropole en 1838, rétabli en 1842 et définitivement supprimé en 1900.
Voici quels sont les titulaires grecs sur lesquels on possède des renseignements certains. Andérius assista au concile d'Éphèse (431; Mansi, iv, 1216 B, 1365 B; VI, 872 C). — Longin était au Brigandage d'Éphèse (449; ibid., vi, 612 A) et au synode réuni à Constantinople un peu plus tard {ibid., vi, 749 B, 756 B). — Euphratas signa la lettre des évêques de la province à l'empereur Léon à propos du meurtre de Protérius d'Alexandrie (458; ibid., vu, 622 D). — Sisinnius I" prit part au concile in Trullo (692; ibid., xi, 996 A). — Sisinnius II était au second concile de Nicée (787; ibid., XIII, 145 B, 392 A). — La période moderne n'est guère plus fournie en titulaires. Vers la fin du xvii« s., Raphaël, ancien évêque de Chersonnèse de Crète, était proédros ou administrateur du patriarcat d'Ochrida, dont il devint titulaire le 8 juin 1699 (H. Gelzer, Der Patriarchat von Ochrida, Leipzig, 1902, p. 77-80).
— Nicéphore occupait le siège en 1701 (A. Papadopoulos-Kérameus, "l£pocroÂu|jiTiTiKTi piêXio6r)Kri, iv, 301). — Nectaire, en 1725 (Revue de l'Orient Latin, 1893, p. 314). — Gérasime Calognomon, 1788 (M. Gédéon, norrpiapxiKai ècpTmepîSEÇ, Athènes, 1937, p. 348).
— Mélétios, ?-t avant janv. 1870 ('EKKXriaïaaTiKfi 'AAfiÔEia, II, 634). — Timothée Castrinoyoannakès, 20 janv. 1870-20 sept. 1882 (ibid., xvi, 424). — Denys, déc. 1882-11 mars 1896. — Agathange, 11 mars 1896, transféré en sept. 1900. L'évêché fut alors supprimé.
Évêques résidentiels latins : Marin, 7 oct. 1252-?. — Paganus, 19 avr. 1257-?. — Léonard, vers 1290t avant févr. 1306. — Boniface Donoraticus, O. P.,
17 févr. 1306-1328. — Jean, administrateur, 4 juill. 1328-?. — François, ?-t avant oct. 1359. — Jean de Canali, O. F. M., 21 oct. 1359-t avant juill. 1374. — André Lorenzo, O. F. M., 14 juill. 1394-t avant sept. 1398. — François Pavoni, 26 sept. 1398-8 févr. 1406. — Jacques, 1^' mars 1406-?. — Nicolas Catanigo, 3 mars 1410-t avant mai 1428. — François Premarino, 17 mai 1428-1465. — Marc de Nona, 15 févr. 1465- 1483. — Nicolas de Monte, 14 févr. 1483-1521. — j François Dandolo, 2 oct. 1521-1526. L'évêché fut j uni à celui d'Ario (Agrion) le 17 oct. 1527, union confirmée le 18 févr. 1537. — Marc Adantino, O. F. M. Obs., 20 févr. 1538-?. — Tite, 1549. — Jean-François Verdura, 7 juin 1549-t 1572. — Jules Floretti, O.F.M., 5 sept. 1572-t 1587. — Jean-Baptiste Bernini, O.F.M. Conv., 7 aoiît 1587-?. — Dominique Mudaccio, 10 oct. 1605-?. — Pierre, dernier évêque résidentiel, 1605?-
Évêques titulaires latins : Jean de Rossi, 24 mars 1634-24 oct. 1657, coadjuteur à Céphalonie. — Victor- Antoine de Glutz, 29 mai 1802-?, auxiliaire à Bàle. — Baron Casimir Haefïlin, 1810-18 avr. 1818, ministre de Bavière à Rome. — Jean-Théodore Laurent, 25 févr. 1842-t 20 févr. 1884, vicaire apostolique de Luxembourg. — Holowinski, 1850-?, suffragant de Mohilew à S.-Pétersbourg. — Marc Chatagnon, M. E. P., 25 janv. 1887-t 26 nov. 1920, vicaire apostolique du Su-Tchuen méridional. — Raphaël Balanza Navarro, 13 août 1923-2 mars 1928, auxiliaire à Tolède. — Antoine Cardona Riera, 10 mars 1928, coadjuteur à Majorque.
Le Quien, i, 269-72. — • Smith, Dictionary o/ Greek and Roman Geography, i, 607. — Burchner, dans Pauly-Wissowa, III, 2251-52. — MEyàXri èXXriviKf) êyKUKAo-rraiSela, xxiv, 575. — Eubel, i, 192; ii, 142; m, 181. — Ann. pont., 1916, p. 389. — Germain de Sardes, 'E-rriaKOTriKol KaTàÂoyoi Tfjs 'EKKAr|CTla5 Kpi^Tr|ç, dans 'EKKAriaiotCTTiKbs «Pàpos, xxxv, 1936, p. 97-101.
R. Janin.
2. CHERSONNÈSE (Xepa6vTiaos), évêché de la province d'EUROPE, dépendant d'Héraclée. Cette bourgade, qui n'eut jamais aucune importance, se trouvait au commencement de la presqu'île de Gallipoli, aux environs d'Hexamili. L'évêché ne fut peutêtre établi qu'au iv^ ou au v« s. On ne lui connaît qu'un seul titulaire, Pierre, qui assista au Brigandage d'Éphèse (449; J. Fleming, Akten der ephesinischen
I Synode vom Jahre 449 syrisch, 1917, p. 9, 1. 18). On j ignore à quelle époque disparut ce siège qui figure : cependant sur les listes épiscopales jusqu'au milieu du x« s., puisqu'on le retrouve dans la Nova Tactica de Constantin Porphyrogénète (H. Gelzer, Georgii Cyprii descriptio orbis Romani, Leipzig, 1890, p. 63), mais qui disparaît dans les suivantes. On n'a même pas d'exemple que l'Église grecque de Constantinople l'ait conféré comme titulaire. Il en est de même dans l'Église romaine.
Le Quien, i, 1127-28. — • Smith, Dictionary of Greek and Homan Geography, i, 608. — Burchner, dans Pauly-Wissowa, m, 2251-52. — ME/dAr) éXXriviK^i éyKUKAoTraiSeia, i XXIV, 575.
3. CHERSONNÈSE (XepCTOvvi^aoç, Xepacbv pour les Bj'zantins), évêché de la province de ZÉ- CHIE, puis archevêché indépendant et enfin métropole. Cette ville, fondée par une colonie dorienne, occupait l'emplacement de Khorsun, près de Sébastopol en Crimée, et n'a aucun rapport avec le moderne Kherson d'Ukraine. Elle passa entre les mains de plusieurs peuples et fut au Moyen Age le centre d'un petit État qui gravitait dans l'orbite de l'Empire byzantin. Justinien II y fut relégué par Léonce en 695 et le césar Nicéphore par son frère Léon IV Khazare.
CHERSONNÈSE