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CHERTSEY

en 775. Théophile en fit la capitale d'un thème qui porta le même nom. Les Tatares s'emparèrent de la ville en 1427 et les Turcs la détruisirent en 1475; ils employèrent les matériaux à la construction de Sébastopol.

L'évêché fut promu de bonne heure à la dignité d'archevêché, puisqu'il paraît comme tel dans la plus ancienne liste épiscopale que l'on connaisse, celle du Pseudo-Épiphane, où il occupe la 24« place (H. Gelzer, Ungedruckte und ungenûgend verôjfenlliche Texte der Nolitiae episcopatuum, dans Abh. der k. bayer. Akad. der Wiss., cl. I, xxi, sect. m, Munich, 1900, p. 535). Il est le 25« dans celle de 806-15 (G. Parthey, Hieroclis Synecdemus et notitiae graecae episcopatuum, Berlin, 1866, p. 165), le 24^ dans celle de Basile l'Arménien (H. Gelzer, Georgii Cyprii descriptio orbis Romani, Leipzig, 1890, p. 4), le 19^ dans celle de Léon le Sage (H. Gelzer, Ungedruckte..., 551), le 21i^ dans la Noua Tactica (H. Gelzer, Georgii Cyprii..., 60), le 22^ dans la liste de Jean Tzimiscès (H. Gelzer, Ungedruckte..., 570). Enfin Cherson est la 65« métropole sous Andronic II, après avoir occupé la 53« place (H. Gelzer. Ungedruckte..., 599), la 52« sous Andronic III {ibid,, 608). On ne la retrouve pas dans la liste de la fin du xve s., la ville étant alors détruite par les Turcs.

On connaît quelques faits concernant Cherson au xiv» s. Sous le patriarche Jean XIV Calécas (1337-47), le métropolite Jérémie promet de rester dans son éparchie (Miklosich-Miiller, Acta et diplomata graeca Medii Aevi, i, 184). En juill. 1365, Ignace, évêque de Nysse, est transféré à Cherson {ibid., 475). Il ne dut pas occuper longtemps ce siège, puisqu'en oct. 1368 le diocèse est confié au métropolite de Gothie (ibid., 500-01). Thaddée signe le décret proclamant l'innocence du patriarche Macaire et la déposition d'Antoine (août 1390; ibid., ii, 143-47). Vers l'an 1400, le hiéromoine Macaire est nommé à Cherson par le patriarche Matthieu l" (ibid., ii, 541). Les métropolites de Cherson eurent à plusieurs reprises des contestations territoriales avec leurs voisins. En sept. 1382, le synode de Constantinople faisait restituer à la métropole de Sougda la localité dite Elisos et d'autres encore, qui lui appartenaient (ibid., ii, 42-44). Par contre, en août 1385, le patriarche Nil soumettait au métropolite de Cherson l'Église de Cinsanos, bien qu'elle fît partie de l'éparchie de Sougda, et ce décret était approuvé par le synode permanent en mars 1386 (ibid.. Il, 69-70, 71-74); et en août 1390, le synode lui rendait les territoires que lui avaient enlevés des décrets synodaux précédents (ibid., ii, 148-50). En nov. 1384, le synode avait donné au métropolite de Sougda et au hiéromoine Isidore les pouvoirs nécessaires pour arbitrer un dilîérend entre le métropolite de Cherson et son collègue de Gothie (ibid., n, 67-68). Enfin, le 6 nov. 1396, le métropolite de Cherson était convoqué devant le synode de Constantinople pour y répondre d'une permission de mariage en cinquièmes noces qu'il avait accordée (ibid., ii, 270).

Cherson eut des évêques d'assez bonne heure. Cinq d'entre eux, Eugène, Elpidius, Agathodore, Capito et Aedesius, s'étaient succédé, d'après la tradition, avant S. Basile (fin du in« s.), fêté le 7 mars (A. S., mars, i, 640 E; H. Delehaye, Synaxaire de Constantinople, 517). — On trouve ensuite Étienne au concile de 553 (Mansi, ix, 396 A). — S. Éphrem (? s.) fait le récit d'un miracle de S. Clément (P. G., lxvi, 183-90). — Georges prit part au concile in Trullo (692; Mansi, XI, 992 D). Ce Georges est peut-être celui qui fut un des acteurs de la translation des reliques de S. Clément (A. S., mars, ii, 21 AB). — Paul assista au concile qui réhabilita Photius (879; Mansi, xvii-xviii, 373 C). — Théodore signa le décret d'Alexis Comnène sur les images (1092?; P. G., cxxvii, 973 C). — Théo-

phane prit part à la déposition du patriarche Cosmas Atticus (26 févr. 1147; L. Allatius, Z)e consensu, ii, 12). — N. était un des membres du synode tenu par le patriarche Jean Beccos, le 3 mai 1290 (ibid., m, 1, n. 5). — Jérémie, vers 1340 (v. ci-dessus). — Ignace, juill. 1365-? (v. ci-dessus). — Thaddée, août 1390 (v. ci-dessus). — Macaire, vers 1400 (v. ci-dessus). — N., sacré par le patriarche Métrophane (Syropoulos, Hist. concilii Florentini, sect. xii, c. 4).

Depuis que la métropole a disparu, le titre de Cherson ne semble pas avoir été conféré dans l'Église grecque. On en trouve au moins quatre exemples dans l'Église romaine : Richard Anglicus, O. P., 13 juill. 1333-?. — Donald Aloys Mackintosh, 11 juin 1912t 8 oct. 1919, coadjuteur de Glascow. — Jean-Bède Cardinale, O. S. B., 25 juill. 1922-1" déc. 1933, nonce en Argentine. — Albert Levame, 21 déc. 1933, nonce à San Salvador.

Le Quien, i, 1329-32. — MEyàAri ÉAXriviKfi êyKUKAoTraiSeia, XXIV, 576. — Ann. pont., 1916, p. 389. — Miklosich-MuUer, op. et lac. cit.

R. Janin.

CHERTSEY (Saint-Pierre de), Cerotaesei, id est Ceroti insula (Bède); Certeseya, i. e. Cirotis insula (charte de fondation); Cirotesegt, Certeseig, Cerotiz, Ceortesige, Certesia (1092); Certes, abbaye bénédictine située dans l'ancien diocèse de Winchester, aujourd'hui dans celui de Southwark, au comté de Surrey, sur la Tamise, n'atteignit jamais une grande célébrité. Elle fut fondée en 666 par Frithwald, subregulus de Surrey, sous le roi de Mercie Ulfar, et eut pour premier abbé Erconwald, plus tard évêque de Londres (Bède, Hist. eccl., iv, 6). La charte de fondation spécifie les possessions et les limites territoriales de l'abbaye : elle fut confirmée par Ulfar et par ses successeurs Offa en 787, Ethelwulf en 827, Athelstan en 993. Le pape Agathon (678-82) accorda de son côté une bulle de confirmation que rapporta de Rome Erconwald, lors de son élévation au siège métropolitain. L'histoire a conservé peu de chose concernant l'abbaye pendant les premiers siècles de son existence, moins encore sur la manière dont la règle monastique y était observée. Durant la seconde moitié du ix« s., elle eut beaucoup à souffrir des incursions danoises : finalement les envahisseurs massacrèrent l'abbé Beocca, le prêtre Ethor et 90 moines, brûlèrent l'église et les bâtiments claustraux et saccagèrent les terres.

La restauration se fit environ un siècle plus tard, vers 964, lorsque l'ancien abbé d'Abingdon, Ethelwold, fut devenu évêque de Winchester. Avec S. Dunstan, archevêque de Cantorbéry, et S. Oswald, évêque de Worcester, il fut l'un des grands promoteurs de la réforme monastique en Angleterre au x« s. et mérita d'être appelé « le Père des moines ». Sur l'intervention du roi Edgar, les clercs qui occupaient le lieu durent céder la place à une colonie de douze moines envoyés d'Abingdon; Ordbricht, précédemment moine à Glastonbury puis à Abingdon, fut leur abbé. L'un de leurs premiers soins fut de relever les ruines de l'antique abbaye et de réunir en une châsse de bois les reliques des moines massacrés un siècle plus tôt.

Durant le xi* s., l'abbaye jouit de la faveur royale : elle reçut des donations nouvelles d'Édouard le Confesseur, qui furent ratifiées par Guillaume le Conquérant, dont les successeurs ajoutèrent encore aux générosités précédentes. On note toutefois que durant les dernières années de Guillaume le Roux le siège abbatial a été rendu vacant et que les revenus vont à la Couronne.

En 1077, sous l'épiscopat de S. Wulfstan à Worcester, Chertsey faisait partie d'une confraternité qui unissait les abbayes de Worcester, Evesham, Glouces-

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