‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 146 sur 282 · CHIC H · texte numérisé non relu

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se fit remarquer particulièrement dans l'établissement et la dotation convenable des paroisses rurales. Il mena à bon terme l'achèvement et l'embellissement de sa cathédrale qu'il consacra lui-même en 1199. Ralph Neville (1224-44) réunit à sa charge d'évêque diocésain celle de chancelier du royaume. Il s'occupa peu de son diocèse pendant ses vingt ans d'épiscopat, et il n'est pas étonnant que son successeur ait trouvé celuici dans un état déplorable (v. W. H. Blaauw, Lellers to Ralph Neville, dans Sussex arch. coll., ui, 1850, p. 35- 76).

S. Richard (1245-53) fut le titulaire le plus illustre et le mieux connu du siège de Chichester. Né à Droitwich, près de Worcester (1197?), il fit de brillantes études à Oxford et devint chancelier de l'université. Frappé par ses vertus autant que par son intelligence, S. Edmond, archevêque de Gantorbéry, le choisit pour chancelier de son diocèse. Richard partagea l'exil de son maître en France et l'accompagna en ami fidèle jusqu'à sa mort, survenue à Pontigny (16 nov. 1240). Il se retira ensuite chez les dominicains d'Orléans, où il poursuivit ses études et se fît ordonner prêtre (1243). On a prétendu qu'il avait l'intention d'entrer dans l'ordre des Frères Prêcheurs. Quoi qu'il en soit, il rentra en Angleterre aussitôt après son ordination et se fixa à Deal, où il possédait une prébende. A peine installé, le successeur de S. Edmond, Boniface de Savoie, lui confia de nouveau la charge de chancelier du diocèse. A la mort de Ralph Neville, évêque de Chichester (1244), les chanoines élurent le favori du roi, Robert de Passelewe, ecclésiastique mondain et peu recommandable. D'accord avec ses suffragants réunis en synode, Boniface annula l'élection et nomma son chancelier Richard. Fort mécontent, le roi refusa de céder au nouvel évêque les biens du diocèse. L'élu se rendit à Lyon auprès du pape Innocent IV, qui le sacra évêque (5 mars 1245) et le confirma dans son office. De retour à Chichester, il entreprit une visite pastorale de tout son diocèse. Obligé par la conduite du roi de vivre d'aumônes, il mendiait son pain de paroisse en paroisse et profitait de cet état de dépendance vis-à-vis de son clergé pour étudier de plus près les difïérents problèmes qui se présentaient à lui. Pendant les deux premières années de son épiscopat — le roi ne lui céda ses droits qu'en 1246, sous menace d'excommunication — il se rendit compte des abus et des désordres de toutes sortes qui s'étaient glissés dans la vie des prêtres et des fidèles. A une prédication assidue, il joignit la leçon plus efficace de ses exemples. Avec l'aide de son chapitre, il rédigea des statuts destinés à porter remède sans délai aux manquements les plus flagrants aux règles ecclésiastiques, notamment le concubinage, la non-résidence, l'ignorance et la pluralité des bénéfices parmi les membres du clergé, l'avarice, l'usure et le manque d'instruction parmi les fidèles (cf. Wilkins, Concilia, i, 688-93). Pour l'entretien de la cathédrale, il institua le « denier de S.- Richard », une obole à verser par chaque paroissien du diocèse, à Pâques ou à la Pentecôte. Il aimait beaucoup l'ordre des Frères Prêcheurs et les invita à se fixer dans le diocèse. Vers la fin de sa vie, il entreprit de prêcher la croisade, d'abord à Londres (1252), puis dans son propre diocèse et enfin dans celui de Gantorbéry (1253). Arrivé à Douvres pendant cette dernière prédication, il y tomba malade et expira (3 avr. 1253). Selon son désir, il fut enterré dans sa cathédrale, près de la chapelle qu'il avait construite en l'honneur de son maître, S. Edmond — canonisé en 1246 — et il fut lui-même l'objet de la vénération des fidèles. Sa canonisation par Urbain IV eut lieu à Viterbe en 1262, et la translation solennelle de ses reliques en 1276, en présence de Robert Kilwardby, archevêque de Gantorbéry, et du roi Édouard I'''. Le pèlerinage à son

tombeau devint un des plus célèbres du pays jusqu'à la Réforme anglicane. La Vie et les miracles de S. Richard furent écrits peu après sa mort par son ami intime, le dominicain Ralph Bocking (A. S., avr., i, 282-316; voir aussi une Vie plus courte faite d'après le procès de canonisation, ibid., 278-81). Pour ses ordonnances adressées au chapitre cathédral, voir Stalules... (cité infra, bibliographie). Signalons enfin que le cartulaire de la cathédrale, appelé Liber Y, date de son époque (1250 environ); il a été édité récemment (v. bibliogr.). Son testament nous est parvenu (cf. \V. H. Blaauw, The will of Richard of Chichester, 1253, dans Sussex arch. coll., i, 1848, p. 164-92).

Passant sur les successeurs immédiats de S. Richard, Jean Climping (1254-62) et Étienne Berksted (1262-87), nous arrivons à Gilbert de Saint-Leofard, qui lui ressemblait davantage. Pendant tout son épiscopat (1288-1305), il ne s'intéressa qu'aux besoins de son troupeau et à l'amélioration de son clergé. Un synode diocésain (1289) promulgua une série de constitutions à cet effet. L'état du diocèse à cette époque nous est connu grâce à une évaluation de tous les biens ecclésiastiques ordonnée par le pape Nicolas IV en 1291, en vue de la taxation de l'Église en Angleterre. Ces statistiques intéressantes nous révèlent que le diocèse possédait 236 églises, de valeur très différente; que le montant des bénéfices atteignait le chiffre de £ 4708, 16 s., 8 d. ; que les biens temporels du diocèse représentaient la somme considérable de £ 6948, 19 s., 9 '^ d. ; qu'un bon nombre de riches bénéfices avaient été donnés à des ecclésiastiques étrangers; qu'en plus des églises paroissiales il y avait un grand nombre de petites chapelles, les unes dépendant de maisons religieuses, les autres appartenant aux manoirs, qui parfois servaient d'églises succursales dans les paroisses plus étendues.

Les documents signalent la présence de reclus ou recluses en dix-sept endroits différents dans le diocèse, au Moyen Age. Les premiers étaient fixés à Harting et à Stedham (1180). La chapelle de S.-Gyriac, à Chichester, avait sa recluse dès 1247, et le testament de S. Richard (f 1253) nous en fait connaître cinq autres : celles de Pagham, Haughton, Stopham, Hardham et Westoute. Plus tard, nous en trouvons un à la cathédrale (1402) et un autre attaché à l'église des dominicains à Arundel (1402) (cf. R. M. Clay, Hermits and anchorites of England, Londres, 1914, p. 248-51).

Les deux successeurs de Gilbert de Saint-Leofard (t 1305), Jean Langton (1305-37) et Robert Stratford (1337-62), se firent un renom plutôt comme chanceliers du royaume que dans leurs fonctions épiscopales. Pendant l'épiscopat du second, la peste noire (ihe black death) ravagea le diocèse, décimant le clergé paroissial, réduisant le nombre des moines dans tous les monastères et, parfois, supprimant radicalement des villages entiers. Ce fléau, terrible en lui-même, préparait des troubles plus graves encore dans toutes les classes de la société. Un clergé paroissial trop réduit ne suffisait plus au ministère des âmes et, pour combler les vides, on ordonnait des sujets peu dignes ou nullement préparés au ministère. Le niveau intellectuel, moral et social du clergé baissa notablement dans la seconde moitié du xiv« s. Laissés à eux-mêmes et insuffisamment instruits, les fidèles devenaient une proie facile pour les propagateurs de fausses doctrines et les agitateurs de toute sorte. En la personne de William Rede (1369-85), le diocèse de Chichester trouva un pasteur surtout savant et érudit, gardant toujours des attaches avec Merton Collège, d'Oxford, dont il avait jadis été felloiv et dont il fonda la célèbre bibliothèque, et se faisant remarquer par ses ouvrages sur les mathématiques, l'astronomie et l'histoire.

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