‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 16 sur 282 · CEDRENUS · texte numérisé non relu

CEDRENUS

au nombre desquels figura Cedd, qui travailla chez le peuple de ce pays avec un grand succès. Finan lui confia ensuite la mission d'extirper le paganisme du royaume des Saxons de l'Est sous le patronage du roi Sigbert. Après un tour apostolique fructueux, Cedd retourna à Lindisfame et fut élevé, à l'instance de Finan, à l'épiscopat, et se vit confier comme évêché toute la province du roi Sigbert. Grâce à son génie apostolique, les Saxons de l'Est embrassèrent la religion chrétienne. Sorti de l'école austère de Lindisfarne, Cedd ne prenait, au dire de Bède, durant toute l'année, en dehors des dimanches, aucune nourriture avant l'heure des vêpres, et son unique repas consistait en un peu de pain, un œuf de poule, et un peu de lait mélangé d'eau. C'était, disait-il, une coutume qu'il tenait de ceux qui lui avaient appris la discipline régulière, c.-à-d. des Scots. Il travailla à bâtir des églises dans son diocèse, à former des candidats pour la prêtrise et à ériger des monastères. Il fonda une abbaye à Ythancester, une autre à Tillaburg, aujourd'hui Tilbury, et encore le monastère de Lestingay, dans lequel il plaça des moines sous le régime d'un abbé choisi parmi les Scots de Lindisfarne. La fondation de ce monastère date de 658. Le roi Sigbert ayant été assassiné en 661, Suidhelm, encore païen, lui succéda. Il fut vite converti par Cedd et peu à peu le christianisme s'affermit dans le royaume.

Cedd assista à la conférence célèbre de Streneshalch (Whitby), en 664, tenue pour régler les différends entre les Scots et les romanisants au sujet de la tonsure et de la célébration de la Pâque. Le roi Oswy, lui-même éduqué en Irlande, disciple spirituel des Scots, et favorable à leur manière de voir, présida. Colnian, abbé et évêque de Lindisfarne, expliqua la tradition scotte, tandis que Wilfrid soutint la tradition romaine. Le roi, la majorité de l'assemblée, l'évèque Cedd, luimême élevé par les Scots à l'épiscopat et qui servit en la circonstance d'interprète à Colman, se rangèrent du côté de Wilfrid. Cette même année Cedd fut la victime d'une peste qui ravagea la région et il mourut le 26 oct. dans le monastère de Lestingay. Sa fête fut fixée plus tard au 7 janvier.

Bède, Hist. eccles., III, ch. xxi-xxiii, éd. C. Plummer, Oxford, 1896, i, p. 170-76; ii, p. 48, 133, 178. — B. H. L., n. 1718. — A. S., janv., i, p. 373-75. — D. N. Biogr., m, 1322-23.

¥. O' Briain.

CEDIAS, localité de la province romaine de Numidie. Elle existe à l'état de municipe sous les règnes simultanés de Dioclétien et de Maximien, ou du moins comme sallus, pagus, civilas. castellum (le fort qu'on y a trouvé ne remonte qu'à l'époque byzantine) ayant reçu le droit de s'administrer lui-même {G. I. L., VIII, 10727 = 17655,10728 = 17656,10729 = 17657, 2212 = 10730 = 17654, 10731 = 17662, 10732 = 17664). Masqueray, Ruines anciennes de Khenchela (Mascula) à Besseriani (Ad maiores), dans Rev. Afr., xxii, 1878, p. 456-57, a réussi à trancher la question de son identification avec l'Henchir Um Kîf, situé à 17 km. au S.-E. de Khenchela, peut-être sur une voie qui venait de Mascula pour se continuer dans la direction de la plaine de Guert (St. Gsell, Atlas arch., f. 28, Ain Beida, 138, p. 8, col. 1, route 4 et f. 39, Chéria, 52). Le nom de Cedias se lit Cezas, Chezas, et même Adhezas, Accedias, Acedius, Quida, KapivSîaç sur certains mss., bel exemple de la manière dont les copistes peuvent déformer un mot. L'ethnique se disait Cediensis.

L'existence du christianisme et d'un évêché en ce lieu est établie à partir de 256 : Secundinus a Cedias, qui devait être martyrisé en 259 à Lambèse avec l'évèque .\gapius, le diacre Jacques et le lecteur Marien (La passio SS. Mariani et lacobi, 3, éd. P. Franchi de'

Cavalieri, dans Sludi e testi, Rome, 1900, p. 58; trad. dans Monceaux, La vraie légende dorée, Paris, 1928, p. 202-19; cf. H. Delehaye, Les origines du culte des martyrs, Bruxelles, 1933, p. 382; voir aussi D.H. G. E., au mot Secundinus), donne son avis le 11* sur la question du baptême des hérétiques dans le concile le plus important qu'ait réuni S. Cyprien, Sententiae episcoporum, 11, éd. Hartel, p. 442; P. L., ui, 1089-90 (cf. aussi S. Augustin, De bapt. contra Donat., vi, 18, éd. Barreau, xxviii, p. 294-95; P. L., xliii, 209).

Oubliant ses glorieuses origines, Cedias devient, dans la suite, un fief du donatisme, puisqu'elle n'est représentée à la conférence de 411 que par l'évèque ! schismatique Fortis (Gesta coll. Carth., i, 163; P. L.. XI, 1323; cf. P. Monceaux, Hist. litt., iv. Paris, 1912, p. 135). L'épigraphie (Gsell, Bull. Com., 1907, p. cLXxxvi, et Atlas arch., 1911, f. 39, Chéria, 43; suppl., p. 25-26) a livré le nom d'un autre pasteur du lieu, Secundus; son appartenance à la secte ne paraît pas douteuse à P. Monceaux, L'épigraphie donatiste, dans Rev. de philol., xxxiii, 1909, p. 129-30, ou même texte dans Hist. litt., t. cit., p. 454, étant donné que les auteurs de la dédicace où le nom se lit s'intitulent orgueilleusement sancti et décernent le qualificatif de pater à leur évêque; l'inscription n'a pas permis de déterminer la date à laquelle siégeait Secundus, bâtisseur d'église, line autre trace de donatisme a été révélée par l'épigraphie : C. /. L., viii, 2223, el Bull. Com., 1887, p. 80, n. 165 : sur un débris d'architecture est gravée l'acclamation Deo laudes au-dessous d'un X et d'un agneau. Les catholiques paraissent cependant avoir toujours été rejjrésentés à Cedias par un groupe plus ou moins important, comme en témoigne l'inscription où ils se qualifient, par réaction contre les donatistes, de Cedienses peccatores, C. /. L.. viii, 2309 = 17759, et P. Monceaux, op. cit., p. 457.

{-omme témoins du christianisme, Cedias peut encore montrer une église à trois nefs, des morceaux d'architecture et de sculpture, des colonnes avec le monogramme du Christ, une pierre ornée d'un calice avec deux cerfs et un oiseau. Des fouilles dans les hypogées que l'on a découverts sous l'église (A. Bigeard, Notice archéologique sur Henchir Ounikif, dans Rec. de Constant., 1907, p. 12) permettraient de juger si l'on est vraiment en présence de catacombes dans le genre de celles qui sont situées à 9 km. N.-O. de là, sur le versant est du Djaafa (Ch. Vars, Inscriptions inédites, dans Rec. de Const., 1898, p. 362-70, et Mgr Leynaud. Les catacombes africaines, Alger, 1937, p. 459-62).

Morcelli, Africa c/ir., i, Brixen, 1816, clxiii, p. 132-33.

— Notitia dignitatum, éd. Bôcking, ir, Bonn, 1839-53, annot., p. 654-55. — Payen, Inscript, inédites de la subdivision de Batna, dans Annuaire de Const., 1858-59, p. 102-03.

— E. Dewulf, Inscript, trouvées dans le cercle d'Aïn-Beîda en 1S66, dans Rec. de Const., 1867, p. 218-19. — Gams, 465. — Masqueray, Bull, de corr. afr., i, 1882-83, p. 326.

— Farges, Bull. d'Hippone, xxii, 1886 (en réalité 1887), p. 116. — J. Hérald, Comptes rendus de l'Acad. d'Hippone, 1889, p. xvni. — Mgr Toulotte, Géogr. de l'Afr. cbrét., Numidie, Rennes-Paris, 1894, xli, p. 103-05. — A. Bigeard, toc. cit., p. 11-19. — H. Jaubert, Notes d'Iiist. et d'arch., Bône, 1911, p. 29. — P. Mesnage, L'Afr. clxrél., Paris, 1912, p. 346-47. — H. Jaubert, Anciens évêchés, dans Bec. de Const., XLVi, 1912, p. 29-30, § 39.

J. Ferron.

CEDMON. Voir Caedmon.

CEDRENUS (Georges), fecopyios ô Ke5pr|v6s,

chroniqueur byzantin, dont la biographie est ignorée et qu'on suppose avoir été moine (première moitié du xii^ s.). Il est l'auteur d'une chronique universelle, Zûvovfiiç iCTTopicôv, de la création du monde à l'avèj nement d'Isaac Comnène (25 août 1057). Cette chroi nique n'est d'ailleurs qu'une compilation de chro-

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