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Board of Commissioners for Foreign Studenls. Aux nouveaux venus, l'accès de l'intérieur de l'Empire n'était point facilité, comme aux catholiques, par les petits noyaux de fidèles. Il leur fallut donc se contenter d'occuper les approches de la Chine, en s'appliquant à des travaux littéraires (traduction de la Bible à Serampore, sous la direction de Marshman, 1806-1811; activité de Robert Morrison comme interprète à Canton et Macao, depuis sept. 1807; collège anglo-chinois à Malacca, 1814; mission des Bouriates chez les Mongols depuis 1817; premiers Américains à Canton, en févr. 1830...).

Dans l'Europe catholique, se préparaient pourtant des renforts : Louis XVIII aidait au rétablissement des -Missions étrangères de Paris et des lazaristes; la Congr. de la Propagande, restaurée à Rome en 1814, reprenait ses activités; l'Œuvre de la propagation de la foi, fondée à Lyon en 1822 par Pauline Jaricot, réunissait des ressources financières. L'Autriche, la Bavière, la Rhénanie, la Belgique, le nord de l'Italie entraient à leur tour dans cette compétition de dévouement, sans parler de l'Espagne et du Portugal qui continuaient à aider leurs anciennes chrétientés. L'heure de la Chine n'allait pas tarder à venir. Dès 1838-1839 Rome y créait trois nouvelles divisions ecclésiastiques.

.J. de Moidrey, Conlesseiirs de la joi en Chine ( 1784-1862 ), Shanghai, 1935, donne 234 notices. Le P. J. de la Servière, Hist. de la mission du Kiangnan (1840-1899), Shanghaï, 1914, 2 vol., résume les principaux événements.

2» L'avènement du protectorat des missions clirétiennes. — La guerre dite de l'opium (1839-42) eut pour conséquence la conclusion d'un traité sino-anglais. Il n'y était point question de religion, ni non plus dans les traités suivants de la Chine avec les États-Unis et la France. Le négociateur français, Lagrené, était pourtant soucieux du sort des chrétiens et de leurs pasteurs, n profita de ses bonnes relations avec le négociateur mandchou Ki-ing pour faire comprendre aux autorités de Pékin qu'elles devaient d'elles-mêmes régler ce problème, si elles voulaient se faire admettre dans le concert international des grandes puissances. De là deux édits de Tao-koang (déc. 1841 et févr. 1846) qui reprenaient en les élargissant un peu les concessions faites par K'ang-hi en 1692. Malheureusement Ki-ing fut disgracié et Tao-koang mourut. Sous Hsien-fong (1851-61), les sévices reprirent contre les chrétiens : Chapdelaine, des Missions étrangères de Paris, fut condamné à mort par les tribunaux (févr. 1856). Au même moment sévissait la persécution en Annam et au Tonkin; l'empereur Napoléon III, sur la suggestion de l'abbé Hue, fit intervenir ses forces militaires pour obtenir réparation et protection par les traités de 1858 et les conventions de 1860 : premier acte du protectorat français pour les catholiques. Sur cet exemple, les protestants anglo-saxons obtinrent eux aussi des clauses privilégiées. Ainsi fut consommée, au moins momentanément, la rupture avec la tactique employée par l'ancienne mission de Chine, depuis le P. Ricci : on se rapprochait plus ou moins de la méthode, préconisée par le P. Sanchez, de recours au bras séculier. Toutefois, ni les protestants, ni les catholiques ne paraissent en avoir éprouvé du scrupule. D'ailleurs les missionnaires n'avaient nullement attendu la conclusion de ces accords pour rentrer en Chine à leurs risques et périls. En 1841, les trois premiers jésuites français étaient arrivés à Shanghaï pour y reprendre l'œuvre de leurs devanciers. Des tractations furent même engagées pour leur assurer leur ancienne place scientifique à Pékin, mais les temps de Choen-tche et de K'ang-hi étaient passés; depuis 1826, les Européens ne paraissaient plus au Tribunal d'astronomie. La Compagnie de Jésus s'installa aussi près du tombeau de Paul Siu

Koang-k'i (Zikawei) et, avec un ensemble d'œuvres directement apostoliques très variées, y fonda un observatoire et une bibliothèque. Les lazaristes renforçaient leurs rangs (de 1846 à 1859, 52 nouveaux prêtres) et les dominicains espagnols du Foukien reconstruisaient en nombre leurs chapelles; mais c'était surtout la Société des Missions étrangères de Paris qui assumait des charges de plus en plus lourdes (Mandchourie, Koangsi, Koangtong, Hainan). Les congrégations féminines faisaient elles aussi leur apparition (1846, sœurs de S.-Paul de Cluny; 1847, filles de la Charité). Presque tous ces nouveaux venus étaient des Français; en 1858 arrivèrent à Hongkong les premiers représentants du séminaire des Missions étrangères de Milan, ils furent suivis par bien d'autres.

D'autre part de nombreuses sociétés protestantes accouraient. A la différence des catholiques, elles étaient obligées de se cantonner dans les villes ou « ports à traité ». Leur attention se portait particulièrement sur le colportage et la diffusion de la littérature chrétienne; l'une de leurs grandes tâches fut la traduction intégrale de la Ste Écriture. Elles eurent aussi plus de loisirs pour l'étude scientifique de la sinologie. Enfin elles préparèrent activement, dans leurs écoles de tous degrés, ainsi que dans leurs hôpitaux bien équipés, les étapes de la modernisation approchante de la Chine.

C'est encore à Latourettc, A History of Christian missions in Cliina, New- York, 1929, que nous renverrions pour un exposé synthétique de cette période et des suivantes. L'Hist. des relations de la Chine avec les puissances occidentales, Paris, 1901-1902, 3 vol., écrite par H. Cordier sur documents, aurait besoin d'être corrigée poiu- le problème du protectorat des missions. La troisième partie de Sagesse chinoise et philosophie chrétienne, par H. Bernard, Tientsin, 1935, p. 182-268, esquisse l'évolution intellectuelle de la Chine.

3° Avant l'explosion des Boxers (1860-1900). — L'heure était venue où l'Occident imposait de force à l'Extrême-Orient ce que l'Église catholique, en la personne de Ricci et de ses successeurs, avait offert d'une manière pacifique et persuasive. Presque au même moment que la Chine, le Japon, hermétiquement fermé depuis 1639, avait dû s'ouvrir à la pression occidentale (commodore Perry à Yokohama, en 1853) : une puissante classe dirigeante guidée par l'empereur Mei-ji comprit la leçon et s'engagea résolument dans la voie de la modernisation.

Il n'en fut point de même pour la dynastie mandchoue des Ts'ing en Chine. En même temps que les armées franco-anglaises occupaient Pékin (1860), une aide étrangère était donnée à Tseng Kouo-fan pour triompher de la redoutable insurrection des T'aiping dans la vallée du Yang-tse. Tseng Kouo-fan, instruit par l'expérience, voulut reprendre la tentative de modernisation inaugurée au début du xvii« s. par Paul Siu Koang-k'i; il ne fut guère écouté par les siens. Ce fut surtout par l'intermédiaire des écoles des missions qu'une infiltration lente des idées nouvelles se produisit. L'Occident s'assura presque entièrement le monopole des réalisations techniques (chemins de fer, compagnies de navigation, télégraphe, gabelle, service des douanes).

Durant cette période de transition encore incertaine, les missions catholiques s'attachèrent principalement à développer leurs établissements de campagne. Ceuxci, sous le régime du protectorat (convention Berthemy en 1865 pour l'achat des propriétés en Chine), constituèrent souvent des centres privilégiés d'ordre et de sécurité. On ne peut nier que la progression marquée du nombre des chrétiens s'explique partiellement par l'aide qu'ils recevaient, par ex. dans leurs procès ou à l'occasion de famines, mais il y eut encore bien d'au-

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1res motifs : la multiplication d'œuvres proprement 1 religieuses, avec une petite armée de catéchistes et de l vierges, sous la direction de missionnaires étrangers. ; Après les sœurs de Charité venues en 1842, d'autres congrégations de religieuses avaient suivi : canossiennes italiennes en 1860, auxiliatrices des âmes du purgatoire en 1868, carmélites en 1869, franciscaines missionnaires de Marie et dominicaines en 1886. Il en avait été de même pour les hommes : Pères belges dits de Scheut (1868), Pères allemands du Verbe divin de Steyl (1882), trappistes (1883), frères maristes (1891), salésiens (1894). La Congr. de la Propagande avait sanctionné cette multiplication par la création de cinq régions ecclésiastiques en 1879. La formation de prêtres chinois s'intensifiait aussi dans les séminaires : en 1885, pour 35 vicaires apostoliques, 273 prêtres chinois et 453 étrangers, avec 560 000 fidèles.

Si restreints qu'étaient encore ces résultats, ils heurtaient trop souvent les préjugés des lettrés conservateurs ou de la foule ignorante pour ne pas provoquer parfois de graves incidents (massacre de Tientsin en 1870). Sous la pression accrue de l'Occident les idées réformatrices progressaient; mais les « Cent Jours » de l'empereur Koang-su en 1898 furent suivis de la répression énergique de la terrible impératrice Tseu-hi. Les chrétiens furent englobés dans la vague de xénophobie qui s'ensuivit; durant l'insurrection des Boxers (1900), il y eut beaucoup de martyrs.

Hosca Ballon Morse, The Internalional Relations of llie Chinese Empire, Londres, 1910-1918, .3 vol., continue et amplifie, du point de vue anglais, l'ouvrage parallèle d'H. Cordier. Entre autres publications sur les martyrs, v. Flanchet, Documents sur les martyrs de Pékin pendant la persécution des Boxeurs, Pékin, 1922, 2 vol.

4° La chute de l'ancien régime (1900-11, 1917). — Sept nations (parmi lesquelles le Japon) avaient coopéré pour réprimer l'insurrection des Boxers. A partir

de ce moment, les jours de la dynastie étaient comptés. Le mouvement irrésistible de modernisation trouvait ses chefs parmi les étudiants revenus de l'étranger ou dans les écoles d'enseignement secondaire ou supérieur, surtout protestantes (la première université catholique, de l'Aurore à Sanghaï, s'ouvrit en 1903; la suivante, les Hautes-Études [Tsingkong] de Tientsin, seulement en 1922; et Fu Jen de Pékin en 1924). Incontestablement, les missions catholiques commençaient à connaître une certaine popularité, en même temps qu'elles jouissaient d'une liberté presque entière; elles en profitèrent pour parachever leur organisation (réseau de chrétientés, écoles de prières ou catéchuménats, séminaires pour la formation du clergé, dispensaires et hôpitaux...). En onze ans, le nombre des fidèles fut doublé (passant de 750 540 à 1 431 258 en 1912); on en trouvait maintenant dans presque toutes les sous-préfectures, sauf en certaines régions montagneuses ou de l'extrême Nord-Ouest.

A cette progression marquée ne se mêla-t-il pas certains inconvénients? Les plus sensibles paraissent bien être venus du régime de protectorat instauré depuis 1860. La situation privilégiée de la France était jalousée par d'autres puissances européennes (Allemagne, Italie), tandis que les dirigeants les plus éclairés de la Chine se prenaient à désirer l'établissement de relations directes avec le S. -Siège : le projet du cardinal de Tournon, contrecarré par K'ang-hi, commençait à prendre corps. Il n'était pas rare d'entendre regretter le temps où le christianisme leur avait été proposé sous le seul prestige de la science et de la culture.

En 1905, une première modification s'introduisait dans le programme des examens officiels. On peut à peine dire que la monarchie des Mandchoux fut ensuite renversée (10 oct. 1911); elle tomba simplement, et fut remplacée par la République. Celle-ci se fit parce que l'Empire se disloquait. Durant quelque temps

Tableau des

Divisions

Archevêchés

Évêchés

(Macao)

Vicariats

Préfectures

2 (Kansu, Formose)

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encore, on put croire que l'ancien état de choses se continuerait sous de nouveaux maîtres. La « révolution littéraire » de 1917, par la substitution à la langue écrite de la langue parlée comme moyen de transmission des idées, ruina définitivement le monopole du passé, en tournant les esprits vers l'avenir. Les courants d'idées les plus disparates firent désormais irruption, par delà un conservatisme figé.

En des sens très divers, sinon opposés, L. Kervyn, Méthode de l'apostolat moderne en Chine, Hongkong, 1911, et les publications concernant le P. Lebbe (cf. P. Dehergne, op. cit., 505-506) aident à comprendre l'évoliilion de l'apostolat catholique en ces années de transition.

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