‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 178 sur 282 · CHOISEUL · texte numérisé non relu

CHOISEUL

- CHONAE

cale, dioc. d'Évreux et de Cambrai. — E. Michel, Biogr. du parlement de Metz, 1853, p. 94. — La Chesnaye-Desbois, Dict. de la noblesse, v, 186.3, col. 66.3. — Abbé Destonibes, Hist. de l'Église de Cambrai, 1890-1891. — A. .Jean, Les évêques et archevêques de France depuis 1682 jusqu'à 1801, 1891. — L. de Lacger, États administratifs des anciens dioc. d'Albi, Castres et Lavaur, suivis d'une bio-bibliogr. des évêques de ces trois diocèses, 1921. — P. Tiersonnier, Acte d'inhumation de Mgr de Choiseul, dans Bull, de la Soc. d'émul. du Bourbonnais, 1923, p. 70-71. — Mém. de la Soc. d'émul. de Cambrai, 1934, p. 90, portr.

T. DE MOREMBERT.

CHOISY-AU-BAC (Abbaye S.-Étienne). Anciennement Choisy-le-Roi, Caiiciacensis (dioc. de Soissons, auj. Beauvais; cant. et arrond. de Compiègne, Oise). Abbaye de bénédictins, qui existait avant 695 et où le roi Childebert III fut enterré. Devenue assez rapidement prieuré de S.-Médard de Soissons, elle fut, vers 1682, donnée aux bénédictins anglais.

Cottineau, 777-78. — Gall. christ., ix, 388, 1. — Rendu, Notice histor. et archéol. sur Ch.-au-Bac, près Compiègne, Compiègne, 1856.

R. Van Doren.

CHOKIER (Érasme de), jurisconsulte belge (1569-1625). Voir D. D. Caii., m, 685.

CHOKIER (Jean de), controversiste et canoniste belge (1571-1656). Voir D. D. Caii., ni, 685.

CHOLET (Jean), cardinal. Né probablement vers 1220, il était en 1267 chanoine de S. -Pierre de Beauvais et servit à plusieurs reprises d'arbitre entre diverses personnalités ou établissements religieux. Des relations d'amitié s'étaient nouées entre lui et Simon de Brie, venu à Beauvais en 1275 pour faire la lumière sur des conflits de juridiction entre l'évêque et la commune et, quand Simon fut devenu pape sous le nom de Martin IV, il transmit à son ami le titre de cardinal de Ste-Cécile et presque aussitôt l'employa à des missions diplomatiques : d'abord comme légat auprès d'Édouard III d'Angleterre, pour tenter d'empêcher la lutte entre Charles d'Anjou, roi des Deux-Siciles, et Pierre d'Aragon, puis en France, avec la mission de confirmer le royaume d'Aragon à Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi, et de prêcher la croisade contre Pierre d'Aragon. Arrivé en France le 17 août 1283, il offrit, de la part du pape, lors d'un concile tenu à Paris, le produit de la dîme sur les biens du clergé pour quatre années. Il aurait dirigé en France les préparatifs de la guerre franco-aragonaise, exhortant les combattants à n'épargner personne, parce qu'il s'agissait d'ennemis de l'Église. On l'a rendu responsable des cruautés commises, ainsi que du saccage et des massacres d'Elne, mais il n'est nullement certain qu'il s'agisse de notre personnage : un légat accompagnait l'armée, mais Henri de Sponde dit que ce légat, en qui on a vu généralement Jean Cholet, était Gervais Giancolet de Clinchamp, cardinal des titres des SS.-Silvestre-et-Martin, dit le cardinal du Mans, qui avait été promu en même temps que Cholet — d'autant que Jean Cholet était le 23 mai 1285 à S.-Germain-des-Prés.

Le 6 janv. 1286, il assistait au sacre de Philippe le Bel et conserva sous Nicolas IV la confiance qu'avait en lui son prédécesseur. C'est à son influence et à son habileté qu'est attribuée la conclusion de la paix de Lyon (1287) mettant fin aux diOérends entre le roi de France et Sanche IV de Castille. On le voit encore très actif pendant cette période, intervenant dans diverses négociations particulières. Il se pourrait qu'il eût envisagé dès 1283 la fondation du collège qui porta son nom; en tout cas, en 1289, Philippe le Bel autorisait l'université de Paris à acquérir 20 livres parisis de rente pour la dotation de la chapelle fondée

par le cardinal Cholet. Le 4 nov. 1288, il était à Vaugirard, où il nommait les arbitres pour régler un différend entre les chanoines de Narbonne et Jacques, roi de Majorque. En 1289, il se retira à Montier-la-Celle, où il rédigea un testament qui montre sa fortune considérable et la magnificence de ses goûts. Il donnait à l'abbaye de S. -Lucien 2 400 livres d'argent et sa bibliothèque. On ignore le lieu et la date exacte de sa mort, survenue, d'après divers auteurs, entre le 4 avr. 1292 et le 4 août 1293. Ses exécuteurs testamentaires fondèrent avec les biens du défunt une maison ou collège, en faveur des étudiants des diocèses de Beauvais et d'Amiens, appelée d'abord maison des pauvres écoliers, puis collège de Cholet, puis des Cholets.

Il a écrit un traité de casuistique, qui est perdu; la relation qu'il a adressée au pape Martin IV de son action à Pai'is en 1284 a été publiée dans les Foedera de Rymer.

H. L. Fr., XX, 113-29. — E. MuUer, Le card. J. Cholet, 1883, extr. des Mém. de la Soc. acad. de l'Oise. — Ch.-V. Langlois, Le règne de Philippe le Hardi, 1883. — L. Leclère, Les rapports de la papauté avec la France sous Philippe III, 1889. — G. Digard, Philippe le Bel et le S.-Siége, 1936. — Devic-Vaissete, Hist. de Languedoc, ix.

M. Prévost.

CHOMA (Xcopa), évêché de la province de Lycie, dépendant de Myre. On croit généralement que cette petite localité a laissé son nom au village de Hôma. On lui connaît plusieurs évêques. Pionnius prit part au Ile concile œcuménique (381) (Mansi, m, 570 E). Eudoxe était à celui d'Éphèse (431) (ibid., iv, 1225 B, 1376 B; VI, 371 C). Il assista également au concile de Chalcédoine (451) (ibid., vu, 437 E) et souscrivit la lettre des évêques de sa province à l'empereur Léon au sujet de la mort de Protérius d'Alexandrie {ibid., vu, 580 A). Nicolas fut l'un des membres du concile de 879 qui réhabilita Photius {ibid., xvn-xviii, 377 A). On ignore quand disparut l'évêché de Chôma; peut-être fut-ce seulement lors des invasions turques aux xni^-xive siècles.

Le titre de Chôma a été conféré au moins deux fois dans l'Église romaine : Guizard, 1318, évêque à Constance. — Pierre Sanctus, O. S. A., 4 mai 1403-

Riige, dans Pauly-Wissowa, m, 2369, n. 3. — Ann. pont., 1916, p. 389.

R. Janin.

CHONAE (Xcôvi), évêché de Phrygie Pacatienne I''", puis archevêché indépendant et enfin métropole. Chonae a remplacé au Moyeu Age l'ancienne ville de Colosses, dont les ruines se trouvent à 4 km. de là et dont les fidèles reçurent une épître de S. Paul (cf. Colosses, infra). On dit communément que le nom de Chonae fut donné assez tard par les Byzantins. Cependant il était déjà employé avant la fin du viii« s., comme en témoigne la suscription de l'évêque Théodose au IP concile de Nicée (787) (Mansi, xii, 998 C). Justinien fortifia la ville au vi« s. Les Turcs seldjoukides s'en emparèrent en 1071, mais Alexis Comnène les en chassa en 1090. C'est de là qu'étaient originaires le chroniqueur Nicétas Acominatos Choniatès et son frère, Michel, métropolite d'Athènes, un des plus ardents défenseurs de l'orthodoxie orientale contre les latins (xiie-xiii« s.). En 1210, les Seljoukides prirent de nouveau la ville après avoir battu près de là Théodore I" Lascaris; ils la rendirent à "Théodore II en 1258, mais elle repassa bientôt entre leurs mains et connut dès lors une décadence de plus en plus accentuée. Ce n'est plus aujourd'hui que le village de Khonas, habité jusqu'en 1924 par des Grecs de langue turque. Au Moyen Age Chonae possédait une grande et belle église dédiée

CHONAE — CHORIN

à l'archange S. Michel et qui passait pour être le théâtre de nombreux miracles.

Chonae apparaît pour la première fois dans les listes épiscopales, au début du x« s., comme 32^ archevêché indépendant (liste dite de Léon le Sage) (H. Gelzer, Ungedruckte und ungenûgend verofjentlichte Texte der Notitiae episcopalmim, dans Abh. der kônigl. bayer. Akad. der Wiss., cl., t. xxi, sect. III, Munich, 1900, p. 551). Elle est le 51^ dans les Néa Tadica (x" s.) (H. Gelzer, Georgii Cyprii Descriptio orbis Romani, Berlin, 1890, p. 59) et dans la liste de Jean Tzimiscès (969-976) (H. Gelzer, loc. cit., 570), la 65« métropole sous Andronic II, après avoir occupé le 53« rang (ibid., 599), la 52« sous Andronic III (ibid., 608). Elle ne figure pas dans la liste de la fin du xv« s., pour la raison qu'elle avait alors disparu. En efïet, en nov. 1370, l'Église de Chonae fut unie à celle de Cottyaeum en faveur de Niphon, métropolite de cette dernière (Miklosich et Millier, Acia et diplomata Graeca Medii Aevi, i, 539). En août 1384, elle fut confiée au métropolite de Laodicée, exarque de la Phrygie Cappatienne (Pacatienne) {ibid., ii, 88); le métropolite de Laodicée en prit effectivement possession en nov. 1394 {ibid., ii, 210).

On ne connaît que deux titulaires grecs de Chonae : Théodose assista au II« concile de Nicée et en souscrivit les actes (Mansi, xii, 998 C, 1106 D); il est dit aussi Dosithée, sans doute par erreur {ibid., xiii, 393 D). — Samuel fut à celui de 879 qui réhabilita Photius {ibid., xvn-xviii, 373 C). Il est dit XcbvTis, qui est sans doute l'équivalent de Xcbvcov.

Le titre de Chonae a été donné au moins une fois dans l'Église romaine : Édouard Uuarte e Silva, 14 mars 1923-17 oct. 1924. Il ne sera plus conféré, comme faisant double emploi avec celui de Colosses.

Outre les ouvrages de Mansi, H. Gelzer, Miklosich et Millier, déjà cités dans le cours de l'article, voir T. E. Evanghélidès, Xûvai, dans MeyàAri éAAr|VlK^) ÊyKUKAoïraiSEia, XXIV, 788.

R. Janin.

CHONOCHORA (Xovôxopa), évêché de la Phénicie Il« ou Libanaise. Cette localité a été identifiée avec le village de Qara, qui n'est probablement que la déformation de la seconde partie du nom. Le Quien a voulu voir dans Chonochora une déformation de Corne Harran (KcbiJir| Xappàv), mais cette hypothèse n'a pas été retenue. On ne connaît qu'un seul évêque de Chonochora, Dadas, qui souscrivit en 458 la lettre des évêques de sa province à l'empereur Léon, au sujet du meurtre de Protérius d'Alexandrie (Mansi, VII, 559 A). Le titre de Chonochora ne semble pas avoir été conféré dans l'Église romaine.

Le Quien, ii, 847-50.

R. Janin.

CHOPPIN (René), juriste français (1537-1606). Voir D. D. Can. m, 685-86.

CHOQUET (François-Hyacinthe), dominicain, théologien et hagiographe français (c. 1580- 1646). Voir D. T. C, u, 2394.

CHORE, Chorus S. Benedicti, Monaster-Ore, ancienne abbaye cistercienne d'Irlande, dans un site agréable de la baronnie d'Imokilly, comté de Cork et dioc. de Cloyne. Elle aurait été fondée par les Fitzgerald ou la famille Barry. Les moines lui vinrent, en 1180, de l'abbaye de Nenagh, nommée aussi Magium, qui elle-même était fille de Mellifont, créée en 1142, par S. Malachie, aidé de S. Bernard. Ce dernier, dans la Vie de sou saint ami, l'archevêque d'Armagh, a tracé un tableau assez triste des mœurs du pays à cette époque. Malheureusement, ces misères revinrent à la surface, semble-t-il, dans les monastères, après

quelques décades, qui avaient vu cependant le succès de nombreuses fondations. La crise des monastères cisterciens d'Irlande, dont les statuts capitulaires ne nous donnent qu'un écho affaibli et voilé (1228), est maintenant bien connue depuis la publication des Acta cistercensia par Cognasso. Le sauvetage, car c'en fut un, est dû au dévouement de l'abbé anglais Étienne de Lexington, appelé dans la suite (1242) au siège de Clairvaux. Réformateur mandaté par le chapitre général, escorté de deux collègues et de quelques moines, Étienne écrivait au moment de visiter Mellifont : Pro legibus paternis et purgatione peccatorum morlem subire parati. La situation prit une tournure plus consolante. De temps à autre, un rappel au devoir partait du chapitre de Cîteaux, tel en 1278 le décret de déposition de l'abbé de Chore, qui faisait peu de cas de son obligation d'être présent au chapitre général. Mais, en somme, la vie régulière put se maintenir dans les monastères cisterciens d'Irlande jusqu'à la grande sécularisation (1535-1538). Il restait alors 21 maisons cisterciennes sur 37 qu'on avait eues jadis. Archdall cite deux noms d'abbés de Chore : Donald et Robert (1309).

M. Arclidall, Monasticiim Hibernicum, Londres, 1786, p. 75. — F. Cognasso, AcIa cisterc. 1226-1232, dans Rom. Quartalschr., Rome, 1912. - - A. Colenran, The suppression oj Ihe monasteries in Ireland by Henry VIII, Londres, 1900. — Cottineau, 1877. — D'Arbois de .Jubainville, Cliarles données en Irlande en faveur de l'ordre de Citeaux, dans Rev. celtique, 1886. — .Janauschek, Orig. cisterc. Vienne, 1877, p. 178. — Manri([iie, Ann. cisterc, Lyon, 1642, ann. 1180, vi, 9, 10. — P. Power, Cisterc abbeys of Munster, dans Journal oj the Cork hist. and archeol. Soc, xxxiv, 1929, p. 22. — Statuta cap. yen. ord. cisterc, éd. Louvain, i-viii, 1933- 1941, passim. — The Cisterc. order in Ireland, dans Archeol. Journal, xxxvmi, 1931, i, History, par A. -H. Thompson, p. 1; II, Architecture, par A.-W. Clapham et H. -G. Leask, p. 20. — N. White, Extents of Irish monastic possessions 1540-1541, jrom mss. in the public Record Office, Londres,

J.-M. Canivez.

CHORÉVÊQUES. Voir D. D. Can., m, 686- 694; D. A. C. L., ni, 1423-52.

CHORIN, Cliorinum, Cliorniense monasterium, Coryn, au début : Stagnant S. Mariae, Mariensee. Ancienne abbaye cistercienne au dioc. de Brandebourg, distante de deux heures de la ville de Neustadt. Les statuts capitulaires de Cîteaux sont précis sur la date de fondation, que Janauschek estimait difficile à fixer. La demande est portée au chapitre général de 1255 (n. 17) et l'on délègue à deux abbés la charge d'aller s'informer sur place des lieux et conditions : Inspectio loci, in quo volant aedificare abbatiam monachorum nobiles viri marchiones Brandeburgenses, de Coena et de Dobraluca abbatibiis committitur. En 1266, l'abbé de Chorin, qui est venu assister au chapitre général, sollicite de lui l'autorisation de transférer son abbaye : Abbas Stagni Sanctae Mariae... (1266, n. 43). En 1274, il obtenait successivement de Grégoire X, puis du concile, deux bulles de protection (Potthast, Reg., n. 20790, 20844). Les nobles fondateurs se montrèrent généreux et leur œuvre prospéra. On sait par ailleurs que les moines firent le bien autour d'eux, notamment à l'égard des pauvres et des malades qu'ils soignaient dans leurs hôpitaux de Bardsin (ou Paarstein) et Griffenberg. Mais, avant qu'un siècle ne se soit écoulé depuis la création de l'abbaye, celle-ci eut à subir les contre-coups des luttes politiques. D'autre part, l'abbé Tobie devint conseiller à In cour en 1454, et l'honneur passa à ses successeurs.

Au début du xvi« s., les abbés des monastères cisterciens du Brandebourg auraient désiré seconder les vues du marquis pour la fondation d'un collège monastique à Francfort, sur le modèle de S. -Bernard de

CHORIN —

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