‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 18 sur 282 · CEFALU · texte numérisé non relu

CEFALU

CELANOVA

1569-78. — Octavien Preconi (ou Premi), 1578-87. — l'Yançois Gonzague. 1587-94. — Nicolas Stizzia, 1594- 95. — Emmanuel Quero Turillo, 1596-1606. — Martin .Mira, 1607-20. — Étienne Muniera, 1621-32. — Octave Braccioforte.' 1633-1638. — Pierre Corsetto, 1638-44.

— Marc-Antoine Gussio, 1644-50. — François Grisolfo, 1650-60. — Jean Roano, 1660-73. — Matthieu Orlancii, 1673-95. — .Joseph Saur, 1696-98. — Matthieu Muscella, 1702-23. — Dominique Valguarnera, 1732-51. — .\gatino Riggio, 1751-55. — Joachim Castelli, 1755-88. ~ François Vanni, 1789-1803. — Dominique Spoto, 1804-09. — Jean Sergio, 1814-27.

— Pierre Tasca, 1827-39. — Visconte Marie Proto, 1844-54. — Ruggiero Blundo, 1854-88. — Gaétan d'Alessandro, 1888-1906. — Anselme Ev. Sansoni, 1907-21. — Jean Pulvicenti, 1922-33. — Émilien Cagnoni, 1934.

V. Amico [trad. G. Dimarzo], Dizionario topografico délia Sicilia, Palerme, 1855, i, 309-12. — CappeUetti, xxi, 540-47. — Carandino, Descriptio ecclesiae Cefalaeditanae, Mantoue, 1592. — I. Carini, Un codice siilla fondazione del duomo di Cefalù, dans Arch. st. siciliano, 1883, viii, 137- 39. — M. Gallina, Chiesa di Cefalù, série cronologica de' suoi vescovi dalla fine del sec. XVII al 1900, dans La Sicilia sacra, 1901, lu, 241-49, 449-54; 1902, iv, 75-78, 264-73, 424-27. — H. Gelzer, Ungedruckte und ungenûgend verôffenllichte Texte der Notitiae episcopatuiim, dans Abh. der k. bayer. Akad. der Wiss., 1901, xxi, 5.50-51, 553. — G. Parthey, Hierocles Synecdenios et notitiae graecae episcopatuum, Berlin, 1866, p. 178. — F. Pirri, Sicilia sacra, .3« éd., Palerme, 1733, ii, 792-840. — A. Salinas, Di alcune iscrizioni cefal. del s. XIII, dans Arch. st. siciliano, 1879, IV, 328-37. — G. Samona, Il duomo di Cefalii, Rome, 1939. — R. Starrabba, I diplomi di fondcczione di chiese episcopali di Sicilia, dans Arch. st. siciliano, 1893, xviii, 131-33.

M. -H. Laurent.

CEIÇA, Ceyza, Sejicia, Sertia, Sazeta, etc., ancienne abbaye située au diocèse de Coïmbre, Portugal, près de l'embouchure du Mondego. A l'origine, simple oratoire dédié à une Vierge miraculeuse; le roi Alphonse I'"'' y crée une abbaye qu'occupent d'abord les moines bénédictins venus de Lorban, et que remplacent en 1195 des cisterciens d'AIcobaça appelés |)ar Sanche I". Dès 1198, l'abbé recevait des délégations pontificales. Dans la suite, le nom des abbés de Ceiça fut rappelé plus d'une fois dans les décrets capitulaires et pas toujours de façon laudative. En 1565 les abbés de Ceiça et de Tamarès sont nommés visiteurs et réformateurs pour les maisons cisterciennes du Portugal; une lettre du chapitre général les faisait accréditer à ce titre auprès du pouvoir civil. L'abbaye disparut au début du liiK^ siècle.

Archives, cf. Erdmann, Papsturkunden in Portugal, Berlin, 1927, p. 85, 130. — Ant. Brandào, Monarchia Lusitana, Lisbonne, 1632, m, p. 201; iv, p. 55. — Cisterc. Chronik, 1910, p. 187 (texte d'une supplique du 20 juill. 1347). — D'Achery, Spicilegium, m, Paris, 1723, p. 558.

— Janauschek, Origines cisterc. Vienne, 1877, p. 199. — Potthast, Reg., 217, 218. — Statttta cap. gen. ord. cisterc, éd. Canivez, Louvain, 1933-41, i-viii, passim.

J.-M. Canivez.

CE ILLIER (Dom Remy), bénédictin de S.- Vanne, théologien et historien français (1688-1763). Voir D. T. C, ii, 2049-51.

CEITINN (Geoffkkv),, Keaiing Sealhrùn, prêtre, poète, historien, et écrivain irlandais. II naquit à Burges, dans le comté de Tipperary, d'une famille d'origine normande (fils d'Étienne), vers 1570. A cause de la persécution qui sévissait alors contre les catholiques, Ceitinn alla étudier sur le continent et conquit, à Bordeaux, le doctorat en théologie. Vers 1610, il regagna l' Irlande où il travailla pendant une quarantaine d'années dans des circonstances dilTiciles, obligé

qu'il fut de se déguiser pour échapper aux persécute» i protestants. Il composa plusieurs œuvres de poésii d'ascétique, de prédication en langue irlandaise don.

le style reste un modèle pour la prose irlandaise. >i

Entre 1628 et 1640, il rédigea un ouvrage historique 64 de toute première importance pour l'histoire primitive

d'Irlande, qui va de l'antiquité au règne de Henri II C

d'Angleterre. Ceitinn s'y révèle comme un compila- lif

teur diligent mais manquant de sens critique. 'Tou- «'

tefois il a utilisé des mss. maintenant perdus, et de ce rei

chef son témoignage est très précieux. Il mourut un pc

peu avant 1650 et fut enterré à Tubrid dans une tii

église qu'il avait lui-même érigée. ui

On possède des travaux de Ceitinn plusieurs édi- sii

fions avec traduction anglaise. Ses poèmes religieux ff

ont été édités par le R. P. J. Mac Erlean, Dânla m

amhrâin is caointe Sheathrûin Ceitinn, Dublin, 1900. 0

Sa Défense de la messe ( Eochair-sgiath an aijrinn) fut 1(

publiée par P. O' Brien, Dublin, 1898; un autre ^

ouvrage ascétique très populaire. Les trois dards de la S

mort, a été édité par R. Atkinson (Tri bior-qhaoithe V

nn bhàis. Dublin, 1890) et plus récemment par O. Ber- p

gin, Dublin, 1931. Son ouvrage sur l'histoire de l'Ir- î

lande a été traduit en anglais par Dermot O' Connor ) (Dublin, 1723) et par John O' Mahony (New- York,

1868). La meilleure édition a été faite par D. Comyn e

et P. Dinneen avec traduction anglaise, Dublin, (

Irish Texts Society, en 4 vol., 1902-14. |

Pour la bibliographie, voir R.-I. Best, Bibliography of Irish philology and of printed and manuscript literature, ' Dublin, I, 202, 248, 255; n, n. 758, 1696, 1702, 2041, 2042, 2116-2118.

F. O' Briain.

CÉLADION, évèque d'Alexandrie au ii^ s. I Eusèbe, H. E., IV, xi, 6, nous apprend que Céladion succéda à Marc sur le siège épiscopal d'Alexandrie; et il ajoute, un peu plus loin, H. E., IV, xix, qu'après un épiscopat de quatorze ans il fut remplacé par Agrippinus. II place l'élection d'Agrippinus la huitième année de Marc-Aurèle, soit en 167-68; l'élection de Céladion serait donc à placer en 153-54. On ne connaît rien de son épiscopat.

G. Bardy.

CELANOVA (S. Salvador), Cella nova, Caelum novum (?), abbaye bénédictine du diocèse d'Orense (Espagne). Ses origines sont bien connues : elle fut fondée par S. Rudesind, évêque de Mondoiiedo, vers 937, dans la localité de Villar, située dans l'une des plus belles régions de la Galice et donnée au fondateur par son frère, Froilân Gutiérrez, par diplôme daté du 12 sept. 936. Ses premiers habitants, avec son premier abbé Franquila, vinrent de S. -Étienne de Rivas de Sil. Dès le commencement, elle fut richement dotée par la famille Gutiérrez et, durant tout le bas Moyen Age, par les rois de Galice, de Léon et de Castille. Elle devint ainsi une des plus importantes abbayes d'Espagne, et son abbé exerçait la juridiction sur plus de 50 monastères, ainsi que sur un grand nombre d'églises et d'hôpitaux, tant en qualité d'abbé de Celanova qu'en celle d'archidiacre d'Orense. Ses domaines étaient considérables et ses serfs si nombreux que la charge d'avoué ou Pertiguero fut, pendant plusieurs siècles, très sollicitée par les principales familles de la région : Arjona, Ulloa, Noboa, Maceda, etc.

Le monastère dépendait d'abord de l'évêquc d'Orense, puis fut placé sous la juridiction directe du S. -Siège. Avec VEncomienda. C. perdit beaucoup de son importance; pour se soustraire à ce fléau, il s'unit le 28 juill. 1506 à la congrégation de Valladolid. Le dernier abbé commeiidataire fut le cardinal Jean de Colonna.

Dans la congrégation de Valladolid, il joua aussi un

CELANOVA

— CELE

rôle important; en 1538, il devint le siège d'un des collèges de la congrégation; d'après le chapitre, il compta, en 1563, 40 moines et ses dépenses annuelles s'élevèrent à 600 000 maravedis; en 1614, il avait 64 moines et en 1785 environ 71.

Une pieuse tradition nous parle de la translation à C. du corps de S. Torquatus, l'un des varones aposlôlicos et premier évèque de Guadix (v. P. David, op. cit., 235); sous Philippe II, les habitants de Guadix reçurent des reliques de ce saint. D'autre part, l'abbaye posséda quelques lettrés de renom. Ses archives mentionnent un Egeredus Magister, un JuUanus Magister, un Argimirus Magister, etc.; une donation de 1087 signale l'abbé Pelayo qui était Abbas doclorum monactiorum; en 1189 le prieur Ordono termina son Expomogeron ou Rational des ofTices divins; ce même Ordono composa la Vie de S. Rudesind. Parmi ses fils les plus renommés à l'époque moderne, il faut citer Alvaro de Sotomayor, Rosendo Mùjica et Ferdinand Sotomayor, tous trois abbés généraux de la Congr. de Valladolid; l'écrivain Benoît Uria, général lui aussi, puis évêque de Ciudad Rodrigo, Maure de Somoza et Pierre Blanco, enfin Antoine de Sotomayor, abbé de Montserrat de Praga et évèque.

Liste des abbés. — Après beaucoup de recherches dans VArchivo de la congr. de Valladolid, dans les Capitulas générales et les Visitas de la même congrégation, qui se trouvent aujourd'hui au monastère de Silos (Burgos), nous avons pu reconstruire la liste presque complète des abbés de C. depuis 1508. La série des abbés antérieurs à cette date est empruntée à la Coronica de Yepes. — Franquila (937-59). — S. Rudesind (959-77). — Manilano (977-1002). — Diego (986, 1006). — Hermenegildo (1006-30). — Aloito I (1030-54). — Arriano I (1054-65). — Pelavo I (1076).

— Gonzalo (1080). — Pelayo II (1086-87) .— Pedro I (1090-1118). — Aloito II (1126-34). — Pelayo III (1140-56). — Arriano II (1156-58). — Pedro II (t 1165). — Pelayo IV (1196). — Gômez (1216). — Pedro III (1226). — Fernân Lôpez (f 1239). — Alonso Arias (1262-82). — Esteban Femândez (1312).

— Munio (1321). — Pedro IV (1328). — Juan Pérez (1342). — Fernân Pérez (t 1362). — Alvaro (f 1391).

— Martin de Orozco (1508). — Rodrigo Campuzano (1524; 1528). — Juan de Peiialver (1532). — Francisco de Valladolid (1538). — Dionisio de Hontiberos (1541 ; 1544). — Alfonso de Valladolid (1548). — Miguel de Guimeranes (1550). — Diego de Lerma (1552). — Andrés de Zamora (1553). — Miguel de Zamora (1556). — Rosendo de San Martin (1561) — Juan Sarmiento (1562; 1588) — Antonio de Chantada (1565; 1568; 1577). — Francisco del Campo (1580; 1583). — Pedro de Castro (1585). — Juan de Arenzana? (1589). — Jerônimo de Gante (1592). — Claudio Tenorio (1595). — Alonso de Santalla (1598). — Francisco Gutiérrez (1601; 1610). — Diego de Estremiaiia (1604). — Pedro de Hoyos (1607; 1617; 1625).

— Alvaro de Sotomayor (1613; 1621). — Pedro Deza (1629). — Gabriel de Puga (1633). — Torcuato Ortiz (1637; 1645). — Leandro Salvador (1641; 1657). — Leandro Noguerol (1649). — Rosendo Mùjica (1653; 1661; 1673; 1681; 1685). — Mauro Velâzquez (1665).

— Jeronimo de Solis (1669). — Mauro de la Parra (1677). — Francisco de Lamadrid (1689). — José de Arriaga (1693; 1709). — Manuel de Pimentel (1697).

— Benito Pazos (1701). — José Sotelo (1705: 1713; 1721). — Antonio Ecuejo (1717). — Juan de Villamarin (1725; 1745). — Pedro Blanco (1729; 1737). — Pablo Monroy (1733). — Benito Gesto (1745). — Antonio Sanz (1749; 1757). — Juan de Puga (1753). — Miguel Francos (1761; 1777). — Fulgencio Bovles (1765). — Benito Uria (1769). — Simôn Robles (1773). — Anselme Bara (avant 1781). — Fernando

Monténégro (1781). — José Lanza (1785). — José Albareda (1789). — Manuel Caballero (1793). — Mauro Campo (1797). — Lorenzo Feijôo (1801; 1814).

— Félix Vitorero (1805; 1827). — Aniceto Pastor (1818). — Vicente Valcarce (1824). — Bonifacio Ruiz (1832).

Archive de la congreg. de Valladolid, i, 237, 303; n, 33; XX, 149; xxil, 222; .xxv, 87, 448; xxvi, 204, 230, 349; XXIX, 51; XXXIII, 297; xxxiv, 258; xxxv, 584, 607; XXXVI, 301. — Capit. gêner, y partie, de la Congr. de Vall.; Visitas gêner, de la Congr. de Vall.; Mémorial... Congr. de S. Benito de Vall., passim. — ■ Madoz, Dicc., vi, 1847, p. 298. — Flôrez, E. S., xvii, 21-26. — Mabillon, Ann., 1749, iii, 424, 584, 634, 646; iv, 136; v, 428. — Id., Acta sanct. O. S. B., 1733, vu, 514-35. — Chevalier, T. B., s. i). — • Cottineau, s. v. — P. David, Études hist. sur la Galice et le Portugal du VI' au XII" s. (Coll. portug. publiée sous le patron, de l'Inst. fr. au Portugal, 7* vol.), Lisbonne et Paris, 1947.

F. PÉREZ

CELE (Jean). Un des premiers promoteurs de la « Dévotion moderne », né à ZwoUe (Pays-Bas) d'une famille notable de cette ville, entre 1340 et 1345. Après de bonnes études dans sa ville natale, et probablement à Deventer, Paris et Prague, il fut fait recteur de l'école paroissiale de Zwolle, qu'il sut développer et rendre prospère; sa renommée y attira jusqu'à mille élèves. C'était aussi un musicien qui fut maître de chœur et organiste. Gérard Groote et lui se rencontrèrent probablement à Munikhuzen, chartreuse dont Eger Calcar était prieur, en 1374-75, et nouèrent dès lors une fervente amitié. Ensemble ils se rendent à Groenendael auprès de Jean Ruysbroeck qui conquiert Cele à son idéal mystique et lui apprend que le thiois peut servir à exprimer les plus hautes doctrines spirituelles. C'est sans doute à son exemple que Cele abandonne le latin dans ses sermons aux clercs et devient ainsi le créateur de la langue dévote et le propagandiste de la « Dévotion moderne », en accord avec Gérard Groote. Il contribua à la fondation, en 1394, à Zwolle, d'une maison de Frères de la Vie commune, mais lui-même n'en fit point partie. Tandis que Gérard Groote disparaît de la scène, frappé de suspense par l'évêque d'Utrecht (1383) et enlevé par la mort (1384), Cele continuait son œuvre de façon plus discrète et peut-être plus efficace, dans la direction de son école et ses instructions dominicales; Zwolle compta bientôt deux maisons de Frères et cinq de Sœurs de la Vie commune. A la suite de conflits entre l'autorité religieuse et le magistrat de Zwolle, Cele dut quitter son école, dont la ville se saisit. C'était en 1 115. Cele mourut peu après, au début de mai 1417, et fut enterré chez les chanoines réguliers de Windesheim, le 9 mai de cette même année.

Il laissait un ms. de ses sermons, au nombre de 46, auxquels d'autres s'ajoutèrent, jusqu'à un total de 59. Quoique anonymes, leur authenticité ne fait point de doute. Ils correspondent exactement à la description qu'en a faite Jean Busch ; on y trouve détaillés, à l'intention de ses élèves, les principes et les méthodes pratiques de la « Dévotion moderne », avec quelques allusions aux doctrines mystiques de Ruysbroeck.

Des lettres que Gérard Groote lui envoya, on retire l'impression que Cele était d'un tempérament hésitant et porté au scrupule.

Les sermons de Cele se trouvent en ms. aux Archives communales de Zwolle, série 11, ms. 1; éd. partielle par Th.-J. De Vries, Duutsche sermoenen door Magister Joan Cele, Zwolle, 1949. — Registrum Zwollense, et Sfadsrekeningen, mêmes archives. — Thomas a Kempis, Clironicon Montis S. Agnetis, éd. Pohl, Opéra, vu, 509 sq. — .J. Busch, Clironicon Windesemense, éd. K. Grube, i, 29; ii, 68-71.

— Id., De reformatione monasteriorum, même éd. — .Jac. de Voecht, Narratio de inchoatione clericorum in Zwollis, éd. Schoengen, Amsterdam, 1908, passim. — Gerardi

CELE

— CELERINA

Magni epistolae, éd. Mulders, Anvers, 1933, lettres 10, 11, 13, 14, 18, 32, 33, 34, 48 et 64, et passim. — Acquoy, Het klooster te Windesheim, Utrecht, 1875-1880, 1. 1, 217, n. 5 et passim. — Schoengen, Die Scbule von Zwolle, Fribourg-en- Br., 1898, p. 27 sq. — R. Post, De moderne Devolie, Amsterdam, 1940. — Th.-J. De Vries, Gildewoelingen en interdUcl, dans VersI. en mededel. van Overrijs. Rechi en Geschiedenis, 1945 et 1946, fasc. 60 et 61 ; 2" série, 36 et 37. — Le même. De stille straat, Zwolle, 1946. — Nieuw Ned. biogr. woordenb., IV, 407-408.

P. Debongnie.

CELE I A, aujourd'hui Cely, antérieurement Cillij, en Yougoslavie (Slovénie), une des cités de l'ancien Norique, fut le siège d'un évêché dont on ignore la date de fondation, mais dont l'existence est attestée au vi« s. par deux de ses titulaires, les seuls qui soient connus et dont le second paraît avoir été le dernier. Le premier des deux, Gaudentius, n'est connu, et depuis peu de temps, que par une inscription découverte dans le voisinage de la ville et qui a été publiée par Rudolf Egger (Eine altchristliche Bischofsinschrift, dans les Milleilungen des Vereines klassischer Philologen in W'ien, iv, 1927). C'est une épitaphe métrique acrostiche, dont les lettres initiales des huit vers qui la composent donnent le nom Oaiidenti. Elle présente de lui un éloge assez banal, qui ne fournit aucun renseignement utile sur sa personne et sa vie, ni même sur l'époque à laquelle celle-ci doit être rapportée. Seule la paléographie permet de l'attribuer au vi^ s. Comme il n'y est fait aucune allusion à un événement de quelque importance qui aurait marqué l'épiscopat de Gaudentius, on peut penser qu'il a dû correspondre à la période du vi° s. antérieure aux troubles qui en ont marqué, pour les cvêchés de l'Illyricuni occidental, le dernier tiers.

A cette ultime période au contraire se place l'épiscopat du second titulaire du siège de Celeia dont le nom soit parvenu jusqu'à nous : Johannès. Son histoire fut assez mouvementée, et le siège antique de Celeia semble avoir disparu avec lui. On lit la signature de Johannès au bas des Actes d'un douteux concile qui se serait tenu à Grado en 579 (Mansi, iv, 923 sq.), sous la présidence du patriarche Hélie d'Aquilée et aurait marqué une reprise des relations avec Rome d'une partie des évêques illyriens i)articipant au schisme d'Aquilée, consécutif à la querelle des Trois Chapitres; mais tous les documents authentiques connus montrent au contraire en cette année Hélie encore en état d'hostilité vis-à-vis de Rome et il devait en être de même des titulaires des sièges qui gravitaient autour du sien. Mais, lors du concile de Marano, en 589 ou 590, Johannès de Celeia appuya le successeur d'Hélie, Sévère, rentré momentanément dans la communion romaine, sous la pression de l'exarque byzantin Smaragde.

Il semble que cette séparation d'avec les schisniatiques ait valu à Jean de Celeia l'hostilité de ses collègues illyriens persévérant dans leur opposition à Rome. Chassé en effet de son siège par l'invasion avare et réfugié à Citta Nova en Istrie, il en fut expulsé par r« évêque d' Istrie c.-à-d. l'évêque du diocèse, à moins que ce n'ait été par le patriarche même d'Aquilée, métropolitain d'istrie, retourné au schisme. On ignore la suite de son histoire. Et l'on ne sait rien d'autre non plus sur la suite immédiate de celle de Celeia tombée sous la domination avare.

Mais on doit signaler qu'on y a retrouvé les restes d'une basilique de 32 m. de long, dont le sol portait un pavement de mosaïque, où quelques lettres dessinaient les noms de divers personnages de l'Église locale, le diacre .Justinianus, le scholaslicus Léo, le clarissime Marcellinus et un Syrien d'origine nommé Abraham. Ces inscriptions semblent dater du V ou du VI'' s. Le monument lui-même paraît avoir été détruit

I par le feu, vraisemblablement lors des invasions avares qui dévastèrent le Norique à la fin du vi^ s. et mirent fm, pour un temps, à la Celeia chrétienne.

Paul Diacre, Histor. Langobardor., m, 26. — Mansl, ix, 155. — C. /. L., m, 14368, 14368', 14368», 14368". — Sur tout ceci, outre l'article cité de R. Egger, cf. J. Zeiller, Les origines chrétiennes dans les provinces danubiennes de l'Empire romain, Paris, 1906.

.J. Zeiller.

CELENDERIS (KeAévSepis), évêché de la province d'Isaurie, dépendant de Séleucie. Les Phéniciens fondèrent en cet endroit un comptoir fortifié, mai.s la légende grecque, rapportée par Apollodore, III, iv, 3. en attribue la création à Sandocos, fîls d'Astynous et petit-fils de Phaéton. La ville fut plus tard colonisée par les Samiens. Elle n'eut jamais une grande impor- I tance et son port servait surtout au cabotage. A l'époque gréco-romaine, elle s'enrichit de monuments d'une certaine élégance, comme on peut en juger par les sarcophages et l'arc de triomphe que l'on voit sur son emplacement à Kelenderi (ou Celendere). I On ne sait à quelle époque Celenderis fut doté d'un ' évêché. Peut-être ne fut-ce qu'au iv» s. On n'en connaît que quatre titulaires : Musonius, qui assista au concile œcuménique de Constantinople en 381 (Mansi, III, 570 A); Julien, qui prit part à celui de Chalcédoine, 451 (Mansi, vi, 569 A, 944 B, 1089 E; vu, 37 CD, 121 A, 144 A); c'est certainement le même personnage qui signa en 458 la lettre des évêques d'Isaurie à l'empereur Léon après le meurtre de Protérius d'Alexandrie, bien que le texte latin, le seul qui nous soit jiarvenu, porte Jules (Mansi, vu, 563 C); Pierre fut un des membres du concile in Trullo (691-692) (Mansi, XI, 1000 A); Eusèbe prit part au second concile de Nicée (787) (Mansi, xii, 999 A, 1110 A; xiii, 149 D. 373 C, 397 B). Un cinquième, dont le nom est resté inconnu, fut sacré par Photius et traduit pour ce fait devant le huitième concile œcuménique comme adversaire d'Ignace (869).

Le titre de Celenderis ne semble encore avoir été conféré que deux fois dans l'Église romaine, en faveur de : Mgr François-Xavier Vogt, St-Esp., élu le 25 juin. 1906, vicaire apostolique de Bagomoyo à la même date, administrateur du vicariat apostolique du Cameroun en avr. 1922, vicaire apostolique du Cameroun (act. Yaoundé) le 1" mai 1923; t 24 févr. 1943; — Mgr René-Désiré-Romain Boisguérin, vie. ap. de Suifu, élu le 10 janv. 1946.

V. Cuinet, La Turquie d'Asie, ii, Paris, 1892, p. 81. — L.-M. Alishan, Le Sissouan, Venise, 1899, p. 384-85. — Boite, Kelenderis, dans Realencyclopàdie (Pauly-Wissowa), XI', 137-138, — Lequien, ii, 1015-1016. — ^nn. pon<., 1916, p. 365.

' R. Janin.

CELER. Voir Cehealis.

CELERINA (Sainte), une des plus anciennes martyres de Carthage, grand'mère du saint lecteur Celerinus (cf. plus loin ce mot). Nous ne possédons ni les Actes ni la date précise de son martyre; tous nos renseignements se limitent à un passage nécessairement très laconique d'une lettre de S. Cyprien. Epist., XXXIX, 3, § 1, éd. G. Budé, i, 99; éd. Hartel, p. 583; P. L., IV, 322-23 (epist. xxxiv) : Avia eius Celer ina iam pridem martyrio coronala est. Item patruus eius et avunculus Laurcntinus et Egnatius in castris et ipsi qiiondam saeciilaribus militantes, sed vert et spiritales Dei milites, dum diabolum Christi confessione prosternant, palmas Domini et coronas inlustri passione meruerunt. Sacripcia pro eis semper, ut nieministis, offerimus, quoliens martijrum passiones et dies anniversaria commemoratione celebramus. Il faut écarter, avec les Bollandistes, A. S., févr., i, 325, la persécution de

CELERINA — CELERINUS

Dèce, puisque c'est au cours de cette dernière que l'évêque rappelle à son clergé et à ses fidèles l'habitude qu'ils ont d'offrir des sacrifices au jour anniversaire des passions de Celerina et des oncles de Celerinus, Laurentinus et Egnatius. Dans l'ensemble les historiens modernes placent, avec Monceaux {Hist. litt., ii, Paris, 1902, p. 70), les trois martyres sous Septime- Sévère. S. Cyprien sépare pourtant très nettement le couronnement de Celerina de celui des deux autres par l'adverbe de temps iam pridem, qui ne porte que sur le premier. Ces trois morts glorieuses ne peuvent, d'autre part, trouver place qu'entre les Scillitains, auxquels Tertullien {Scap., ni) attribue la priorité pour ce genre de combat en Afrique, et la persécution de Scapula (212-13) sous Caracalla : l'Église d'Afrique connaît ensuite une longue période de paix, comme le confirment les défections si nombreuses provoquées par la seule promulgation de l'édit de Dèce (Monceaux, op. cit., I, 47). Nous sommes par suite amenés à mettre la passion de Laurentinus et celle d'Egnatius au moins sous Caracalla. C'est à peine si une dizaine d'années nous sépare de la mise en application de l'édit de Septime-Sévère, durée qui ne paraît pas suffisante pour légitimer l'emploi du terme comparatif iam pridem. Avant l'édit de 202, les chrétiens d'Afrique, depuis le proconsul Saturninus (180), ne sont mis à mort qu'en vertu des rescrits des Antonins; les magistrats donnent nettement l'impression de n'agir que lorsqu'ils ne peuvent vraiment faire autrement, comme on le voit dans l'affaire des Scillitains; lorsque la populace, révoltée contre les disciples du Christ, essaie de faire pression sur les représentants de Rome, ceux-ci font manifestement traîner les choses en longueur, en se contentant d'emprisonner un certain nombre de chrétiens, ces martyres designati de Tertullien. Le cas « Celerina » paraît bien être une répétition de celui des Scillitains, et devoir se placer, selon les exigences du iam pridem, à une date assez rapprochée de cette première exécution africaine. De cette façon se trouve expliquée aussi et surtout l'association de Celerina aux Scillitains comme patrons d'une basilique de Carthage mentionnée par Victor de Vite (Hist. perseculionis, i, 3, éd. Petschenig, p. 5) : Celerinae vel Scillitaiiorum, avec une évidente priorité de Celerina sur les provinciaux de Scilli dans la vénération des Carthaginois, ses concitoyens; l'hypothèse de la désignation de l'église par sa fondatrice n'est pas à écarter (Comm. Martyr. Hieron., dans A. S., nov., éd. Delehaye et Quentin, p. 76; cf. aussi H. Delehaye, Les origines du culte des martyrs, Bruxelles, 1933, p. 379); mais elle paraît peu probable, n'étant d'ailleurs appuyée sur rien. Les deux autres membres de la famille de Celerinus peuvent avoir souffert sous Septime-Sévère; le iam pridem garde encore tout son sens. Il n'est d'ailleurs pas sûr qu'ils appartiennent l'un et l'autre à la même persécution.

Pour le reste de ce qui concerne Celerina, ainsi que pour la bibliographie, voir art. Celerimis.

J. Ferron.

CELERINENSIS (Ecclesia) n'est pas connue autrement que par la souscription d'un Donatus, episcopus plebis Celerinensis, à la conférence de 411 (Gesta coll. Carth., i, 180; P. L.,xi, 1325). L'absence de compétiteur catholique en face de lui depuis le début de son épiscopat favorise la localisation de ce siège en Numidie.

Morcelli, Afr. christ., i, Brixen, 1816, clxv, p. 133. — Notifia dlgnit., éd. Bôcking, ii, Bonn, 1839-53, annot. p. 655. — Gams, 465. — Ch. Tissot, Géogr. compar., ii, Paris, 1888, p. 781. — L. de Mas-Latrie, Anciens évêcixés de VAfr. sept., dans Bull, de corr. afr., Alger, 1886, p. 86; Trésor de chron., Paris, 1889, p. 1868. — Mgr Toulotte, Géogr. de l'Afr. chrét., Numidie, Rennes-Paris, 1894, xui, p.105-06.

— P. Mesnage, L'Afr. clirét., Paris, 1912, p. 295-96. — H. Jaubert, Anciens évêchés de la Numidie, dans Rec. de Constant., xlvi, 1912, p. 30, § 40.

J. Ferron.

1 . CELERINUS, clerc de Carthage,l'un des plus vaillants confesseurs de l'Église d'Afrique et le premier en date de la persécution de Dèce (3 févr. 250). Il avait de qui tenir : son aïeule Celerina (cf. ce mot), ses oncles, paternel et maternel, Laurenti(n)us, E(Y ou I)gnatius, avaient donné leur sang pour le Christ. Quand paraît l'édit en janv. 250, Celerinus, qui donne l'impression d'être plus souvent à Rome qu'à Carthage, se trouve dans la Ville éternelle; arrêté avec plusieurs Romains des deux sexes, il endure une très pénible captivité de dix-neuf jours; les membres étroitement serrés dans des entraves qui devaient laisser sur son corps de glorieuses cicatrices et qui l'obligeaient à rester étendu sur le sol dans une position incommode, il avait subi les tourments de la faim et de la soif; c'est avec une chair émaciée et toute couverte de blessures qu'il comparaît ensuite devant l'empereur lui-même; nous ignorons les détails de l'interrogatoire; mais, au témoignage de S. Cyprien et de Lucianus, l'un des confesseurs de Carthage, Epist., XXII, 1 et Epist., xxxix, 4, éd. Hartel, p. 533 et 583, éd. G. Budé, i, 60 et 99; P. L., iv, 280 (epist. xxi) et 323 (epist. xxxiv), ce fut un triomphe, qui provoqua l'admiration du persécuteur et l'élargissement de l'athlète. Quelque temps après la fête de Pâques, ayant appris que les confesseurs de Carthage se montraient particulièrement larges pour la distribution de billets d'indulgence aux lapsi, il écrit à celui qui dirige le mouvement, Lucianus, pour obtenir, par son intermédiaire, de ceux qui consommeront les premiers leur martyre la rémission de leur faute à deux de ses sœurs dans le Christ, Numeria et Candida, dont la première avait eu la faiblesse de se procurer un certificat de sacrifice et dont l'autre avait réellement sacrifié (S. Cy priant opéra omnia, Epist., xxi, Hartel, 529-32, Budé, i, 56-59; Epist., xxii, iam cit., Hartel, 533-35, Budé, i, 59-61; P. L., iv, 274-79 [epist. xx] et 279-82); l'hospitalité que ces deux Romaines ont donnée aux chrétiens d'Afrique immigrés à Rome est invoquée à l'appui de la demande. Lucianus fait droit à sa requête aux conditions suivantes : retour de la paix de l'Église, examen de la cause devant l'évêque et aveu de la faute par les intéressées et par tous ceux qui sont ou seront dans le même cas. En apprenant la chose, Cyprien, Epist., xxvii, 3, Hartel, 542-44, Budé, i, 66-67; P. L., iv, 285-86 (epist. xxii), blâme l'initiative de Lucianus et met en parallèle la modération, la prudence, l'humilité et la réserve dont témoigne la lettre de Celerinus. Aussi est-il heureux de l'accueillir, lorsqu'il vient lui apporter l'assurance de l'approbation affectueuse de Rome, un moment refusée {Epist., xxxvii, 1, Hartel, 576, Budé, i, 92; P. L., IV, 264-65, epist. xv). Ce voyage doit se placer au commencement de l'année 251 et non à l'automne 250, parce que Cyprien dans sa lettre spécifie bien, en liaison avec les lignes précédentes, toi veslrae laudes quoi dies, quoi mensium curricula tôt incrementa meritorum. que les confesseurs de Rome sont depuis plus d'un an dans les fers, et qu'ils n'ont, par conséquent, rien à envier aux dignitaires du monde, magistrats et consuls, dont la charge durait de janv. à janv.; tout ce qu'il dit ensuite du soleil, de la lune et des saisons est d'ordre mystique et n'a pas d'autre but que de montrer que rien n'a manqué à cette année privilégiée pour être pleine et féconde, comme le prouve la phrase sur laquelle s'achève toute la tirade : Sic apud serves Dei annus evolvitur. L'évêque de Carthage manifeste à Celerinus la satisfaction qu'il éprouve de sa conduite, en l'introduisant dans son clergé et en l'élevant à la

CELERINUS —

CÉLESTIN 1er

dignité de lecteur; les martyrologes historiques parlent de diaconat, pour avoir sans doute interprété ainsi les passages de la missive épiscopale où il est question de lecture de l'Évangile (EpisL, xxxix, iam cit., Hartel, 581-85, Budé, i, 97-100; P. L., iv, 320-24; dom Quentin, Les martyrologes historiques du Moyen Age, Paris, 1908, p. 288, n. 5). Cyprien réservait d'ailleurs Celerinus pour l'honneur de la prêtrise; mais nous ne savons si celui-ci vécut assez pour dépasser le lectorat, qu'il n'avait accepté qu'après une indication surnaturelle sous forme de vision nocturne. Il est très probable que le Celerinus qui se laissa entraîner de bonne foi dans le schisme novatien (Cornelii papne epist. IX ad Fabium Antiochenum, i; P. L., m, 735-36) doive s'identifier avec le nôtre. 11 revint à l'Église, dès qu'il s'aperçut (le l'erreur. En tout cas, après l'exil du pape à Centumcelles (253), les rapports de Celerinus et de Corneille sont assez chauds, puisque Cyprien transmet par son lecteur le courrier qu'il destine à l'exilé (cf. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire eccl. des six premiers siècles, III, Paris, 1695, p. 397, et aussi 395-400). Nous perdons ensuite la trace de l'héroïque confesseur. Tous les martyrologes historiques, à la suite de Florus de Lyon, joignent le nom de Celerinus à celui de sa sainte parente, le 3févr. ; mais il est impossible de savoir sur quoi l'initiateur de cette insertion s'est basé et aussi ce que représente au juste cette date.

Th. Ruinart, Acta martyrum sincera, Vérone, 1731, p. 175. — Propylaeum ad A. S. dec, p. 47 et 48. — A. S., févr., I, 325-32. — Mort. Hier., éd. de Rossi et Duchesne, 17; éd. Delehaye, 76, .531. — P. AUard, Histoire des persécutions pendant la 1" moitié du III' s., Paris, 1886, p. 95.

— P. Monceaux, Hist. littéraire, ii, Paris, 1902, p. 69-74.

— Dom Quentin, op. cit., p. 288, 378, 417, 481. — Ch. Bayard, S. Cyprien, correspondance (coll. Budé, iam cit.), I, Paris, 1925, p. xx-xxii. — H. Delehaye, Les origines du culte des martyrs, Bruxelles, 1933, p. 14 et 379-80. — ■ Baudot et Chaussin, Vies des saints, ii, Paris, 1936, p. 59.

J. Ferron.

2. CELERINUS est cité le 6 mai au martyrologe hiéronymien, comme martyr de Milan. Ce saint doit appartenir à l'Afrique et être identifié avec le saint rappelé le 3 févr. L'éloge que fit de lui S. Cyprien a inspiré la notice du martyrologe romain. Toutefois Cyprien dit que Celerinus était lecteur, et non diacre, comme le suppose le martyrologe.

A. S., mai, ii, 101. — Mart. Hier., éd. Delehaye, 95, 234. — Mart. Rom., 47.

R. Van Doren.

3. CELERINUS (Saint). Deux martyrs africains de ce nom sont inscrits dans la très longue liste que le martyrologe hiéronymien range sous la rubrique in Africa le 7 mai. Ils ne semblent pas appartenir au même groupe. L'un d'entre eux est qualifié d'évêque et confesseur par Canisius. Nous ignorons la date et le lieu de leur martyre.

A. S., mai, ii, 136-37. — Mari. Hier., éd. de Rossi et Duchesne, dans A. S., nov., ii, pars I», p. 56; éd. Delehaye et Quentin, pars II», p. 235-37.

J. Perron.

CÉLESTE. Voir Caelestius et Celestius.

CÉLESTIN. Voir aussi Caelestinus.

1. CÉLESTIN. Ce nom revient au martyrologe hiéronymien les 21 janv., 17 févr. et 8 mai. Mais les personnages cités à ces endroits ne semblent pas appartenir à l'histoire.

A. S., janv., ii, 703; févr., m, 10; mai, ii, 288. — Mart. Hier., éd. Delehaye, 53-,54, 103, 239.

R. Van Doren.

2. CÉLESTIN, martyr, 2 mai. A cette date le martyrologe romain mentionne comme martyrs ro-

mains Saturninus et ses compagnons : Neopolis — dont, au début du xix<= s., on fera le patron de Napoléon — Germain et Célestin, qui après leur supplice furent jetés en prison et y moururent. Cette citation provient de l'hiéronymien, fort corrompu en cet endroit (Neopolis, par ex. , est le nom de la ville de Naples). Il ne dit pas cependant que ces martyrs appartiennent à Rome ou sont morts en prison. Germain et Célestin restent pour nous de simples noms.

A. S., mai, i, p. 184; vu, not. 37. — Mart. Hier., éd. Delehaye, 216-25. — Mart. Rom., 68. — Delehaye, La légende de S. Napoléon, Bruxelles, 1926.

R. Van Dorkn.

3. CÉLESTIN I" (Saint), pape, 10 sept. 422- 28 juin. 432. Selon le Liber ponlificalis, Célestin était d'origine romaine et avait pour père un certain Priscus. Nous ne possédons pas de renseignements sur son enfance ni sur son éducation qui fut exclusivement latine. Peut-être passa-t-il quelque temps à Milan auprès de S. Ambroise (Arnobe le Jeune, Con flirt, cum Serap.). D'assez bonne heure, il entra dans le clergé romain : en 416, S. Innocent I" parle d'une lettre que le diacre Célestin, son fils, lui avait écrite touchant quelques difilcultés soulevées par Decentius, évêque d'Eugubium. En 418, S. Augustin écrit une lettre fort respectueuse au diacre Célestin, qui semble bien être aussi le futur pape.

Lorsqu'en 422 le trône pontifical devint vacant par la mort de S. Boniface, Célestin fut élu sans contestation pour succéder au défunt. Le parti eulalien, qui devait, une dernière fois, faire parler de lui en 423 après la mort d'Honorius, se tint tranquille et le nouvel élu entra pacifiquement en possession de son siège. Tout de suite, il fut évident qu'il gouvernerait avec autorité et sagesse.

Ses premières décisions furent cependant malheureuses en ce qui concerne les affaires d'Afrique. S. Boniface avait accueilli favorablement les plaintes d'Antoine de Fussala et lui avait donné des lettres qui le rétablissaient sur son siège. Il fallut que S. Augustin écrivît à Célestin, tout nouvellement élu, une lettre fort énergique où il rétablissait la vérité et menaçait de donner sa démission (Epist., ccix) pour que l'histoire n'eût pas de suites. Célestin, qui aurait pu être instruit par ce précédent, n'en reçut pas moins avec faveur Apiarius, lorsque celui-ci, excommunié pour la seconde fois, se présenta à lui. Il le réexpédia en Afrique, avec une lettre pour les évêques de ce pays, et le fit accompagner d'un légat, Faustin, déjà trop bien connu outre-mer pour sa raideur maladroite. L'affaire tourna à la confusion de Faustin, car Apiarius finit par avouer ses crimes et le légat dut reprendre le chemin de Rome, emportant avec lui une lettre (Cod. canon, écoles. Afric, 138) dans laquelle le pape était exhorté à ne plus admettre avec tant de facilité les plaignants venus d'Afrique (426). Cf. P. Batiflol, Le catholicisme de S. Augustin, 456-71.

Célestin fut plus heureux dans ses rapports avec les Églises de Gaule. Le 25 juill. 428, il adressa aux évêques de Viennoise et de Narbonnaise une lettre (Jaffé-Wattenbach, 369) qui définit l'action du Siège apostolique dans leur pays : « Nous sommes, dit-il, placé par Dieu dans un poste d'observation et nous avons à prouver la diligence de notre vigilance en coupant court à ce qui doit être interdit et en sanctionnant ce qui doit être observé. » Partant de là, le pape interdit aux évêques de se singulariser par un costume spécial; il blâme ceux d'entre eux qui refuseraient la pénitence aux mourants; il condamne les ordinations épiscopales reçues par des candidats qui n'auraient pas auparavant passé par les degrés inférieurs du clergé; il évoque devant son tribunal le cas d'un certain Daniel, qui, après avoir longtemps causé du

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