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CHRISTODOULOS

pendant ses funérailles. Elle vécut ensuite une vie de pénitence, remplie de faits extraordinaires. Elle se retira, pendant neuf ans, avec son amie Ivette, au château de Looz (Loon), puis à S.-Trond, où elle mourut. Sa Vie fut rédigée par Thomas de Cantimpré, vers 1232. La valeur historique en a été fort contestée, mais Jacques de Vitry parle aussi de ces phénomènes merveilleux. On a conclu : « Le cas de Christine n'en reste pas moins plus ou moins pathologique... »

Ses reliques, conservées d'abord au couvent de Milieu, se trouvent actuellement à l'église des Rédemptoristes à S.-Trond. Depuis 1857, la sainte est fêtée au propre de Liège, le 24 juillet.

A. Boll., xvu, 64; xvill, 183; xix, 58, 365. — Archives belges, 1899, p. 143-44. — A. S., juill., v, 637-60. — L. T. K., II, 923. — Michael, Gesch. des deutschen Volkes, m, 160. — Miscell. histor. A. De Meyer, l, 546-57. — H. Nimal. Vies de quelques-unes de nos grandes saintes au pays de Liège, 102-43. — Rev. des quest. hist., i.xvi, 491-502. — Vies des saints et des bienheureux, par les bénéd. de Paris, VII, 592-94.

R. Van Doren.

4. CHRISTINE DE RETTERS (Bienheureuse). Religieuse de l'ordre de Prémontré, du couvent de Retters (Rhetirs), près de Francfort (Hesse-Nassau). Née en 1269, elle mourut en 1292, après avoir mené une vie mystique. La désignation « Christine du Christ » est probablement fautive. La Vita originale, qui avait été conservée à l'abbaye d'Ilbenstadt, est perdue. On n'en connaît qu'une traduction flamande du xvii« s. (Van Craejrwinckel, Légende der levens der voornaemste Heyligen ...in de Wiile orde van den H. Norbertus, u, Anvers, 1665, p. 730-59).

A. S., V, 24 juill. — G. Lienhardt, Ephem. hagiol. ord. Praem., Augsbourg, 1764, p. 597-602. — J. V[an] S[pilbeeck]. Une fleur cachée, la Bse Christine du Christ, Namur, 1885. — F. Petit, La spiritualité des Prémontrés aux XII' et XIII' s., Paris, 1947, p. 119-24.

N. Backmund.

5. CHRISTINE DE STOMMELN (Bienheureuse), dite aussi Christine de Cologne, naquit vers 1 242 à Stommeln, village situé entre Cologne et Neuss. Cette religieuse, dont on a fait par erreur une dominicaine, a été souvent confondue avec son homonyme Christine de S.-Trond ou Christine l'Admirable, morte vers 1224 (J5. H. L., 1746-47). Agée seulement de onze ans, Christine eut sa première vision du Christ. Après être demeurée durant un an auprès d'un béguinage à Cologne, elle se fixa à Stommeln, chez le recteur lohannes. En 1267, Christine fit connaissance du dominicain Pierre de Gotland (ou de Dacie). Ce religieux, qui devait demeurer en relation avec elle jusqu'en 1286, nous a décrit avec une abondance de détails parfois choquants les épreuves spirituelles dont la bienheureuse fut l'objet. Lors de la fête de Pâques 1269, Christine, qui avait toujours montré une profonde dévotion à la Passion, reçut les stigmates. Ses grandes épreuves ne devaient prendre fin (1288) que quelques mois avant la mort de Pierre de Gotland (1289), auquel notre béguine survécut une vingtaine d'années. Christine mourut à Stommeln le 6 nov. 1312. Ses restes furent déposés au cimetière, mais les miracles qui s'opéraient par son intercession attirèrent l'attention sur son tombeau. Vers 1315-1320, son corps fut relevé et placé dans l'église de Stommeln. En 1342, il fut transporté à Nideggen, sur la Roer, et vers 1584 à Juliers, où il repose encore de nos jours. Le 12 août 1908, Pie X a approuvé le culte de la Bse Christine; sa fête se célèbre le 6 nov.; celle de la translation de ses reliques, le 22 juin.

La vie de Christine de Stommeln nous est connue par le récit qu'en a tracé Pierre de Gotland (B. H. L., 1740-42) et par la correspondance (63 lettres) que la bienheureuse a échangée avec ce dominicain et certaines personnes de

son entourage. Ces documents, conservés dans le Codex Jaliacensis, ont été étudiés par I. CoUijn : Handskrifter till Petrus de Dacia Vita Chr. Stumbelensis, dans Tidskrifl for Bok-och Biblioteksvdsen, xxxiii, 1936, p. 1-12; Codex Juliacensis, ibid., 213-14; Vita B. Chr. Stumbelensis, Upsala, 1936. La vie de Christine a donné lieu, d'autre part, à un long article d'E. Renan, dans H. L. Fr., xxviii, Paris, 1881, p. 1-26, et à deux monographies : Th. WoUersheim, Das Leben der ekstatischen Jungjrau Chr. von St., Cologne, 1859; A. Steffens, Die selige Chr. von St., Fulda, 1912, dont certaines données seront rectifiées d'après les récentes recherches de J. Gallén, La province de Dacie de l'ordre des Frères Prêcheurs, i, Helsingtors, 1946, p. 225-45. — Sur les épreuves mystiques de Chr., voir H. Tliurston, The case of Blessed Chr. von St., dans The A/on(/i, clvi,' 1928, p. 289-301, 425-37.

M. -H. Laurent.

CHRISTODOULOS, de Patmos (xi» s.). Il naquit dans les environs de Nicée, vers 1020. Quelque vingt ans plus tard, il se rendit au mont Olympe, en Bithynie, et se mit sous la direction d'un moine expérimenté. Au bout de trois ans, celui-ci mourut. Son élève entreprit alors le pèlerinage de Rome, pviis celui de Jérusalem. Après avoir visité les Lieux saints, il se fixa dans un endroit désert près du Jourdain. Une incursion des Turcs le contraignit de partir et il remonta vers le Nord, pour se fixer au mont Latros (ancien Latmos, dans la province de Carie), où existait une véritable confédération de monastères, sous la conduite d'un archimandrite qui avait autorité sur les différents higoumènes ou supérieurs locaux. Les moines lui offrirent cette charge, mais il la refusa et il fallut l'autorité du patriarche de Constantinople pour la lui faire accepter. Une nouvelle invasion turque l'obligea à s'exiler de nouveau. Avec quelques fidèles compagnons, il se dirigea vers la Palestine et s'arrêta à Strobilos, en face de l'île de Cos. Le supérieur du monastère de Cavalouris, Arsène Skinouris, lui céda sa maison avec toutes ses propriétés. Comme l'afflux des gens du monde l'importunait, Christodoulos se rendit dans l'île de Cos, où il trouva la solitude qu'il rêvait, et il construisit un monastère en l'honneur delà Mère de Dieu. Une fois de plus l'intrusion des gens du monde le contraignit à une nouvelle retraite. Il décida ses moines à se rendre dans une île déserte et ils firent choix de Patmos. Pour assurer cette fondation, Christodoulos alla implorer le secours de l'empereur à Constantinople. Alexis Comnène le pria d'aller plutôt rétablir la discipline parmi les moines de Zagora en Thessalie. Dans ce but, le solliciteur écrivit un II Manuel de conversation avec Dieu » qui leur parut trop difficile à suivre. Alexis abandonna son projet et délivra à Christodoulos un chrysobulle qui lui concédait la propriété de l'île de Patmos et des deux îlots voisins d'Acrite et de Lepsia et des immunités très étendues en échange des possessions de Cos et de Strobilos (avr. 1088). Quatre ans plus tard, le monastère n'était pas encore terminé qu'il fallut fuir devant une autre invasion. La communauté émigra dans l'île d'Eubée, où elle put s'établir facilement. Dès que l'invasion eut reflué, Christodoulos songea à regagner Patmos. Il appela son fidèle disciple Sabas, lui confia tous ses livres et l'envoya terminer le monastère et prépai-er le retour. Lui-même finit ses jours en Eubée et son corps ne fut transporté à Patmos qu'une année plus tard. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la date où mourut Christodoulos, les uns la fixant à 1093, d'autres à 1100, d'autres à 1101. L'Église grecque le considère comme un saint et le fête le 16 mars.

Il est certain que ce personnage exerça une certaine influence dans l'Orient byzantin, mais on aurait tort de le considérer comme un réformateur du monachisme, ainsi qu'on l'a fait parfois. C'était un ascète plutôt qu'un théologien et un mystique. Il a laissé une

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