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CIMIEZ

Onomasticon, u, au mot Cilibiensis. — P. Mosnage, L'Afr. chrét., Paris, 1912, p. 93.

J. Ferron.

CILLIUM, ou CAlium, cite de Byzacène, située sur celle des deux voies Sufetula-Théveste qui passait par Menegere (Henchir-Bou-Taba), à 25 milles du point de départ et 50 de celui d'arrivée {Itinerarium Anionini, éd. Wesseling, 54; éd. Parthey et Pinder, 24; cf. A. Winkler, Les voies romaines de Sufetula à Théveste, dans Rev. tunis., 1899, p. 161-63; Lespinasse- Langeac, Exploration archéol. dans ta région sud-est de Sbeitla, dans Bull, du Comité, 1893, p. i 70-81). Après avoir peut-être dépendu de Théveste à titre de viens, pagus ou castellum, elle fut élevée au rang de muflicipe {Bull, du Comité, 1901, p. 117-18); à une date qu'il n'a pas encore été possible de déterminer, mais dont M. L. Poinssot (ibid., 1934-35, p. 177-82) a réussi à établir les limites extrêmes, entre le début du règne de l'empereur Macrin et la fm de celui de Probus, le Mnnicipium Citlitanum devint la Colonia Flavia Ciltium (C. 1. L., vm, 210, 2568, 18055); ses habitants étaient inscrits dans la tribu Papiria, et non dans la Quirina, comme le demanderait son gentilice; des Cillitani figurent au milieu du ii« s. parmi les soldats de la Legio III Augusia (R. Gagnât, Armée romaine d'Afrique, 2« éd., Paris, 1912, p. 292-93, 297).

La cité occupait l'emplacement de l'actuelle Kasserine, « située sur le versant septentrional d'une colline qui domine la rive droite de l'oued Dherb et que défendent, à l'Ouest et à l'Est, deux profonds ravins »; l'agglomération arabe a tiré son nom des deux fortins (?) byzantins, dont les ruines sont encore visibles sur des promontoires escarpés dominant la rivière. Les noms de deux familles importantes de la ville, les Flavii et les Petronii, nous ont été conservés par les mausolées élevés sur leurs tombeaux.

Nous savons peu de chose de l'histoire de l'antique Gillium. Elle eut à souffrir, en 311, de la vengeance exercée par Maxence sur les villes d'Afrique (S. Aurelius Victor, De Caesaribus, xl, 19); c'est ce dont semble témoigner l'inscription de l'arc triomphal de Q. Manlius Félix (C. /. L., viii, 33). En 544, le général byzantin Solomon fut trahi par son armée dans la plaine de Gillium et périt au cours de la retraite (voir les sources dans Gh. Diehl, Afrique byzantine, Paris, 1896, p. 343).

Le christianisme ne trahit sa présence à Gillium qu'à partir de 41 1. Deux évêques y siègent alors l'un en face de l'autre, un catholique nommé Tertiolus (Gesta coll. Carth., I, 128; P. L., xi, 1294; Mansi, iv, 104 A et 138 B), et un donatiste, comme l'indique son nom de Donat (Gesta coll. Carth., i, 128, 133, 187; P. L., xi, 1294, 1304, 1328), dont les prétentions s'étendaient également au territoire de Vegesela (v. ce mot). En 484, l'Ordinaire du lieu s'appelle Fortunatianus; il vient le 64« sur la liste de la Byzacène (Notilia africana, Byzacena, 64 ; Victor de Vite, éd. Petschenig, 126; P. L., Lviii, 272, 326); il connut probablement le sort de la majorité des évêques venus à Garthage sur la convocation d'Hunéric. Après l'invasion arabe, il existe encore en Byzacène un évèché désigné par la liste épiscopale d'Oxford (P. Mesnage, Le christianisme en Afrique, déclin et extension, Alger-Paris, 1915, p. 181) sous le nom de KîXecos; c'est peut-être celui de Gillium ; il subsistait encore à la fin du ix« s., d'après la liste de Léon le Sage (ibid., p. 188).

Une église a été exhumée sur l'emplacement de la ville antique; elle date de l'époque byzantine, probablement de Justinien; les tympans circulaires des portes sont décorés de sculptures qui représentent des paons en train de boire dans un calice. — On a retrouvé également un cimetière entre la colline et la rive gauche de la rivière.

C'est aux vi^-vn" s. que remontent les vestiges chré-

[ tiens qui ont attiré l'attention sur le pays de Kasse- I rine, il y a soixante-dix ans : des carreaux de terre cuite découverts à 4 km. au nord de l'antique cité (Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France, 1884, p. 170-73, avec 2 fig.; Bull, di arch. crist., 1884-85, p. 53-54, pl. m; Bull, du Comité, 1885, p. 327, pl. viii; Rev. arch., 1888, I, p. 303-22, fig. 13, 16, 29, 31 et 35; Cal. du Musée Alaoui, Paris, 1897, p. 208, 1. 2; p. 209, 1. 7, 10, 11; p. 212, 1. 37; û. A. C. L., ii, 1910, col. 2178-89). Ils sont actuellement dispersés et distribués entre le musée du Bardo, celui de Garthage, celui de Gonstantine, le Louvre et plusieurs collections particulières de Tunisie ou de France. On y voit représentés des scènes de l'A. T., comme le sacrifice d'Abraham, peut-être le rejet de Jonas par le monstre marin; des rosaces encadrées par la légende : SCT MARIA AJUBA NOS; un cerf entre quatre rosettes; un lion devant un palmier; deux paons alïrontés en train de boire dans un calice.

I C. /. L., VIII, 33-40, 925, 1178-80, 2084-87, 2353-54. — ; Morcelli, i, CLXXXi, p. 139-40. — Nol. dign., ii, annot., i p. 623, 625, 648. — Guérin, Voyage arch., i, Paris, 1862, . p. 310-27. — Gams, 465. — R. Gagnât, Explorations arch. • en Tunisie, m, Paris, 1886, p. 58-63 (dans Arch. des miss., XII, 160-65). — L. de Mas-Latrie, Anciens évêchés de l'Ajr. sept., dans Bull, de rorr. afr., Alger, 1886, p. 82. — H. Sala- ; din. Rapport sur les miss, en Tuni.iie, dans Arch. des miss., i xiir, IIP série, 1887, p. 155-65. — F. Bucheler, Anthologia [ latina, p. 11, fol. 2, Leipzig, 1887, 1552. — Gagnât et Saladiii. Tour du monde, lu, p. 219 sq. — Gh. Tissot, Géogr. comparée, ii, Paris, 1888, p. 636-42. — Mgr Toulotte, Géogr. 1 de l'Afr. chrél., Byzacène, Montreuil-sur-Mer, 1894, xxxvi, p. 80-83. — Dessau, dans Pauly-VVissowa, m, 2545, au j mot Cillium. — Ch. Diehl, Afrique byzantine, Paris, 1896, ' p. 293-94, 343, 415-16, 421, 426; et dans Nouv. arch. des l miss., IV, p. 410 sq. — Toutain, Cités romaines de Tunisie, Paris, 1896, p. 61-62, 105, 191, 316-19, 364. — Enquête sur les installations hydrauliques rom., i, Paris, 1901, p. 331. — Dr Carton, Chronique d'arch. nord-afr., dans Rev. tunis., 1903, p. 143-44. — Bertholon, Hellénisme des inscriptions populaires et de l'onomastique afr., ibid., 1905, p. 444. - — Merlin, dans Bull, de Sousse, 1908, p. 50, n. 3; p. 51, n. 6; p. 57, n. 19; p. 58, n. 21; p. 128, n. 41; et dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de Frojice, 1908, p. 150-52, ng. — L. Salle, Cillium (Colonia Cillitana, Kasrin), dans Bull, de Sousse, 1909, p. 44-48. — Thes. ling. lat., Onomasticon, u, au mot Cillium. — P. Mesnage, L'Afr. chrét., Paris, 1912, p. 91-92. — Ed. Fresfield, Cellae trichorae, 1913, p. 114, 121. — P. Gauckler, Basiliques chrét. de Tunisie, Paris, 1913, pl. xxvii. — Cagnat-Merlin-Châtelain, Inscr. lat. d'Afr., Paris, 1923, p. 36, n. 112, 113. — Atlas arch., II" série, 3« livr., Paris, 1926, fol. XLVii, n. 92. — H. Leclercq, dans D. A. C. L., viii, 1927, col. 686, au mot Kasrin. — Bull, du comité, 1891, p. 202, 203; 1894, p. 263-64, 327, 328, 330-34; 189.5, p. 323-25; 1900, p. cxxv; 1901, p. cxliii; 1908, p. ccvi; 1912, p. ccxi-ccxii; 1915, p. clxxv-clxxvi ; 1 1916, p. CL-CLi, ccxi; 1917, p. ccxxiv; 1928-29, p. 89-90, 1 395; 1930-31, p. 259-60; 1932-33, p. 247-48; 1934-35, p. 378; j 1936-37, p. 55-57; 1938-40, p. 399-400; févr. 1945 (extrait

des procès- verbaux), p. xviii-xix; juin 1946, p. xxii. I J. Ferron.

Cl M A (Pierre de). Frère mineur, il fut nommé ' évêque d'Elne le 28 avr. 1371, mais tarda à recevoir la consécration épiscopale suivant une faveur pontificale ; accordée le 24 août. Il dota de statuts son Église en j 1373 et assista par procureur au concile de Narbonne en 1374. De nouveaux statuts diocésains furent rédii gés en 1375. En vertu d'un compromis passé en 1376, ; les consuls de Perpignan payèrent 5755 florins d'or pour compenser les torts occasionnés au prédécesseur j de Pierre de Gima. Le 7 août 1377, Grégoire XI le trans- ; féra à Majorque, où il mourut le 25 avr. 1390.

Eubel, Bull, franc, vi, Rome, 1902, n. 1118 et 1488. — Puiggari, Catal. biogr. des évêques d'Elne, Perpignan, 1842, p. 63-64.

G. MOLLAT.

j CIMIEZ. Située sur une hauteur qui domine la I rive droite du Paillon, Cimiez fait partie de nos jours

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