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CIRCONCELLIONS D'AFRIQUE (LES) — CIRENCESTER

nomique, politique, sociale ou religieuse, ce sont des i agents de propagande tout naturels, disposés à se faire j les instruments actifs de toutes les espèces de revendi- j cations, pour peu qu'on les y excite dans les longues | conversations qui suivent les travaux de la journée autour de la villa dominica, circum cellas; ils reçoivent les confidences des petites gens des campagnes, les colportent un peu partout et finissent par devenir, passagèrement et fortuitement, les champions d'une cause plus sociale que religieuse, le donatisme. De là, les noms qu'ils reçoivent pendant cette période très agitée de l'histoire d'Afrique : circoncelliones, agonisiici, duces sanctorum.

Cette thèse de M. Ch. Saumagne nous paraît en tout i point défendable et semble bien apporter la véritable solution à ce problème tant débattu de la nature des circoncellions. Cependant elle demande encore une légère mise au point. L'auteur voit un peu trop la question à travers les choses de Tunisie. Ces nomades dont il nous parle, il faudrait les replacer dans leur véritable cadre, la Numidie et l'Aurès. Bien des détails de leur histoire, et spécialement certains actes de sauvagerie I qui leur sont imputables, trouveraient alors leur explication toute naturelle.

C'est en souvenir du rôle que cette classe de la société numide aura joué aux iv<^-v« s. que l'on nommera i également circoncellions les moines errants et vagabonds que l'on rencontrera en Afrique et en Espagne au vi« s. (Isidore de Séville, De eccles. off., II, xvi, 7).

Pour plus de détails et pour la bibliographie des sources et des ouvrages les plus récents, voir : F. Martroye, art. Circoncellions, dans D. A. C. L., m, 1692-1710, et les quelques nouveautés citées par Ch. Saumagne, art. cit., p. 351, note 1.

J. Ferron.

CIRENCESTER (Sainte-Marie), abbaye augustinienne. Les chanoines réguliers de S. -Augustin furent introduits à Cirencester à la place de chanoines séculiers, qui desservaient une église dont il n'est pas aisé ! de déterminer l'origine, mais qui existait certainement au xi« s., sous le règne d'Édouard le Confesseur. En 1117, le roi Henri I" fit bâtir une nouvelle église et un monastère : les travaux étaient suffisamment avancés en 1131 pour que les chanoines prissent possession des bâtiments, et Serlon, leur premier abbé, fut béni cette année-là. La charte conférant à la nouvelle fondation les biens de l'ancien doyen de Cirencester, Regenbald, ; grand pluraliste, et quelques autres possessions, est datée de 1133. Une rente viagère était assurée aux chanoines séculiers sur leur prébende.

L'abbaye dépendait au spirituel de l'évêque de Worcester, à qui, en tant qu'Ordinaire, revenaient certaines fonctions liturgiques et le droit de visite. Les procès-verbaux de ces visites canoniques sont à peu près tout ce que nous avons pour juger de l'état de l'observance : on n'en peut donc présenter qu'un tableau fort incomplet, relevant un certain nombre d'abus qui, à des époques diverses, durent être corrigés, gardant le silence sur la régularité et la ferveur qui régnaient à certains moments et, pouvons-nous conjecturer, l'emportaient de loin sur quelques erreurs qui, par leur nature même, avaient attiré l'attention. Celles-ci sont le petit nombre. En 1276, lors d'une visite de l'évêque Gifïard, le prieur, William de Haswell, est accusé de mauvaise vie et surtout de dilapidation; en 1298, le même évèque restitue à l'abbaye une église dont elle était propriétaire, mais qui avait été perdue par le népotisme d'un abbé. A plusieurs reprises, des bruits fâcheux circulent sur le compte des chanoines. En 1325, par ex., quelque temps après une visite au cours de laquelle il n'avait rien trouvé de répréhensible, l'évêque Cobham invite l'abbé à mettre bon ordre à quelques irrégularités : celles-ci sont corrigées sans nouvelle inter-

vention épiscopale. De même, en 1351, l'évêque Thoresby écrit à l'abbé pour lui enjoindre de redresser certains égarements, insistant principalement sur le devoir de résidence des chanoines et sur la reddition des comptes par les officiers. Sans doute l'abbé d'alors, Hereward, qui touchait au terme de sa carrière (1335- 52), avait-il manqué de fermeté. Il s'était par ailleurs acquis bien des titres à la reconnaissance des siens, en éteignant les dettes de son monastère, en construisant une nouvelle nef à l'église, en faisant bâtir des maisons dans les tenures. En 1378, lors d'une visite, l'évêque Wakefield constata que l'abbé Nicolas d'Ampney avait, par défaut d'énergie, laissé s'introduire le relâchement, et prit des mesures sévères contre plusieurs titulaires d'offices, exigeant leur remplacement et leur imposant, avec de salutaires pénitences, une stricte résidence. Six ans plus tard, l'archevêque de Cantorbéry, Courtenay, trouve tout en ordre. Mais en 1389, le chapitre général délègue les abbés de Lanthony Secunda et d'Oseney pour une visite canonique en vue de réformer certaines infractions.

En cas de vacance du siège de Worcester, le prieur cathédral prétendait à la juridiction dans le diocèse. C'est ainsi qu'en 1307 il déclara nulle, sans doute pour vice de forme, l'élection d'Adam de Brockenborough, mais, reconnaissant les vertus et la capacité de l'élu des chanoines, il le nomma lui-même abbé. Les chanoines ne semblent pas avoir beaucoup aimé cette juridiction et plusieurs fois ils cherchèrent à l'éluder. En 1302, lorsque le prièur de Worcester se présente pour procéder à la visite canonique, il est éconduit, parce que le monastère a déjà été visité deux fois en deux ans. En 1346, le refus est plus qualifié : on prétend que l'abbaye ne doit être visitée que par un légat pontifical, par l'archevêque ou par l'évêque diocésain. Peu après, un accord eut lieu et les droits du prieur de Worcester furent strictement définis.

Au temporel, l'abbaye était fortement établie. Durant les cent vingt premières années de son existence, elle acquit pratiquement tous les droits sur la ville : d'abord, sous Henri II, l'abbé et le couvent tinrent à ferme le manoir de Cirencester; en 1190, ils achetèrent de Richard 1"^' la ville et le manoir; en 1203, l'abbé acquit le droit d'exclure le shérif de ses libertés, sauf pour les plaids de la Couronne; en 1222, Henri III autorisa l'abbé à construire une prison. Le commerce de la ville était entièrement sous le contrôle de l'abbé, qui touchait les revenus du marché hebdomadaire. En 1215, l'abbé obtint le droit de tenir une foire de huit jours à la Toussaint; et, en 1253, un autre privilège royal autorisait la tenue d'une seconde foire de huit jours à la fête de S. Thomas Martyr.

On devine que des droits si étendus devaient un jour ou l'autre susciter le mécontentement des citadins. Au début du xiv« s., sous l'abbatiat d'Henri de Hamptonet, l'abbaye fut en difficulté avec la ville. Les habitants portèrent plainte contre ce qu'ils considéraient comme des exactions exorbitantes du monastère. Le tribunal établit que c'était affaire de tenure : convaincus d'avoir porté une plainte injustifiée, ils furent condamnés à payer 100 marks à l'abbé. En 1342-43, les gens de Cirencester accusèrent l'abbé et ses prédécesseurs d'avoir empiété sur les droits du roi et les leurs. L'abbé composa avec le roi pour une somme de f 300, et obtint une charte définissant et confirmant ses franchises. En 1385, les habitants de la ville attaquèrent l'abbaye : l'intervention de Richard II les contraignit à lâcher prise. Mais, en 1400, ayant rendu service à Henri IV en écrasant la rébellion des comtes de Salisbury et de Kent, ils profitèrent de cet avantage pour présenter leurs doléances contre l'abbé et ses prédécesseurs. Le roi différa le jugement : on ne sait quel en fut le résultat. En 1403, les citadins demandèrent

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au roi l'autorisation de former une corporation de marchands, qui leur donnerait les droits exclusifs de commerce dans la ville. Après enquête, et bien que douze chevaliers eussent soutenu les franchises de l'abbé, le roi accorda la charte demandée : l'abbé n'avait plus qu'à s'incliner. Les citadins n'étaient toutefois point dispensés de leurs obligations de service et de cour. En 1409, l'abbé obtint une nouvelle confirmation des chartes concernant les terres, manoirs et libertés de l'abbaye; l'année suivante, confirmation du droit des foires. En 1413, il Tit saisir quelques citadins pour des services qu'on lui devait : des bagarres eurent lieu. Henri IV mourut le 20 mars : le 5 juin, l'abbé obtint une nouvelle ampliation de l'acte de 1225, définissant les services des tenanciers des manoirs. Toute résistance de ceux-ci devenait ainsi inutile. L'abbé poursuivit plusieurs citadins pour services refusés durant treize ans et obtint des dommages importants. En 1414, du consentement de l'abbé, le jeune roi Henri V accorda un pardon général. Quatre ans plus tard, l'abbé demanda que la charte de Henri IV accordant aux citadins leur corporation marchande fût révoquée comme contraire aux droits antérieurs de l'abbaye : la chancellerie royale reconnut le iiien-fondé de la demande et y fit droit.

L'abbaye connut d'autres diincultés économiques que celles qui lui venaient de la ville : en plusieurs occasions, il fallut composer avec la Couronne. Il y eut au moins une transaction en faveur des chanoines : en

1306, le convent obtint le droit de conserver la garde et la propriété du monastère durant la vacance du siège abbatial, moyennant versement d'une somme de £100 par trois mois de vacance. En d'autres circonstances, il fallut payer des amendes pour non-observation des prescriptions royales. Ainsi, en 1313, pour avoir acquis en mortemain, sans autorisation royale, une certaine quantité de terrain, il fallut payer une somme de £ 200 pour le pardon royal; l'année suivante, de semblables délits coûtèrent encore £ 20 et £ 5.

L'histoire de l'abbaye durant le dernier siècle de son existence est fort obscure. En 1534, l'abbé et vingt chanoines souscrivirent l'acte de suprématie royale. Le 19 déc. 1539, ils rendirent leur maison aux commissaires royaux et reçurent des pensions. Le monastère et ses bâtiments furent vendus le 11 mai 1540 à Roger Basinge, esquire, pour être démolis.

Le Valor ecclesiasticus de 1535 indiquait un revenu net de £ 1051, 7s., 1 1/4 d.; celui de 1539 ne marque plus que £972, 0 s., 4 d. Le nombre des chanoines varia : en 1307, lors de l'élection d'Adam de Brockenborough, ils étaient 40; lors d'une visite, en 1428, ils étaient 24. Notons encore que l'abbé obtint le privilège de la mitre en 1416.

Il ne semble pas que les chanoines de Cirencester aient brillé dans le domaine des lettres. On peut tout juste citer le nom d'Alexander Neckam, abbé de 1213 à 1217, qui avait étudié à Paris et enseigné à Dunstable et à S.-Albans; on possède de lui un traité De naturis reriim, sorte de manuel des sciences qui a été publié dans les Rolls Séries, par Th. Wright (Londres, 1863), ainsi qu'un long poème De laudibus divinae sapienliae.

Liste des abbés. — Serlon, 1131. — Andrew, 1147. — • Adam, 1176. — Robert, 1183, mort la même année et remplacé par un autre Robert. — Richard, 1187. — Alexander Neckam, 1213. — Walter, 1217. — Hugh of Bampton, 1230. — Roger of Rodmarton, 1238. — Henry de Munden, 1266. — Henry de Hamptonet, 1281. — Adam Brockenborough (ou Brockenbury),

1307. — Richard of Charlton, 1320, démiss. 1335. — William Hereward, 1335. — Ralph of Estcote, 1352. — William de Marteley, 1358. — William de Lynham, 1361. — Nicholas of Ampney, 1363. — John of Leck-

hampton, 1393. — William Best, 1416. — William Wotton, 1429. — John Taunton, 1440. — William George, 1445. — John Sobbury, 1461. — Thomas Gompton, 1478. — Richard Clive, 1481. — Thomas Aston, 1488, démiss. 1504. — John Hackton (ou Hakeburn), 1504. — John Blake, vers 1522.

On ne possède pas de chronique de Cirencester; un cartulaire se trouve à Thirlstane House, Cheltenham; voir les registres des évêques de Worcester. — • Chapters oj the Aiigustinian caiion.i, éd. H. E. Salter, Oxford, 1922. — Bristol and Glnucestershire archaeological society transactions. — W. Dugdale, Monasticon anglicanum, vi, Londres, 1846, p. 175- 79. — • Rose Graham, dans The Victoria hist. of the county oj Gloucester, ii, Londres, 1907, p. 79-84. — W. St. Clair Baddeley, A history of Cirencester, Cirencester, 1924, passim. A noter, dans ce dernier ouvrage, p. 111-17, extraits d'un fragment de cartulaire de Cirencester, xii» s. (41 notes); p. 165-68, titres des principaux documents des registres A et B de l'abbaye (xii=-xiii" s.); p. 168-70, liste des livres à chaînes de l'abbaye actuellement conservés à la bibliothèque de la cathédrale de Hereford (10 vol.) et à la Bodléienne, à Oxford (également 10 vol.).

H. Dauphin, CiRON (Innocent de), jurisconsulte français (t vers 1650). Voir D. D. Can., m, 745.

CIRTA. Sous l'Empire romain, la ville de Constantine a porté successivement deux noms : du règne d'Auguste à celui de Constantin, la cité s'est appelée Colonia Cirta, puis, sous Constantin, apparaît la dénomination qui s'est maintenue jusqu'à nos jours : Constantine. L'histoire de Constantine chrétienne se confond avec la période qui suit la paix de l'Église, tandis que l'histoire de Colonia Cirta chrétienne est celle du premier développement de l'Église dans le chef-lieu de la « Confédération des quatre colonies ».

Le christianisme à Colonia Cirta ne peut être étudié avec des documents archéologiques qui, tous postérieurs, intéresseront Constantine; il se trouve évoqué dans six textes seulement.

Le premier texte est un des chefs-d'œuvre de l'apologétique, YOdavius de Minucius Félix (éd. P. L., m, 239-376; J. P. Waltzing, Louvain, 1903; Bruges, 1909; Leipzig, 1912). Des deux interlocuteurs du dialogue, l'un, Caecilius Natalis, apparaît dans l'épigraphie de Colonia Cirta (C. /. L., vin, 6996-7094, 7095, 7096, 7097, 7098). La question controversée est de savoir si l'on doit rapprocher le personnage mentionné dans les inscriptions cirtéennes de l'homme mis en scène par Minucius Félix. P. Monceaux a soulevé la difficulté suivante : « Le personnage qui a rempli à Cirta tant de charges municipales, et qui y élève tant de monuments, devait habiter cette ville. Or l'ami de Minucius Félix est fixé à Rome » (P. Monceaux, Hist. litt. de l'Afrique chrét., i, 476). Mais Gsell fait remarquer qu'en qualifiant Fronton de Cirtensis noster (c. ix, 6), le Caecilius Natalis de VOctauius se dévoile (St. Gsell, art. Constantine, dans D. A. C. L., m, 2713-32). Cependant P. de Labriolle conclut, avec peut-être trop de prudence : « Certaines difficultés rendent pourtant l'identification incertaine et il n'y a pas lieu de trop insister » (P. de Labriolle, Hist. de la litt. M. ctirét., p. 150).

Le deuxième texte est un procès-verbal de la séance du concile de Carthage du 1" sept. 256 (éd. Hartel, dans C. S. E. L., m, 441 : sententiae episcoporum numéro LXXXVIf de haerelicis baptizandis). Parmi les évêques, se trouve Crescens de Cirta, seul évêque de cette ville dont l'existence soit connue avec certitude au iii« siècle.

Le troisième texte est la Passion des SS. Jacques et Marien écrite par un de leurs compagnons (Ruinart, Acta primorum martyrum sincera, éd. de 1689, p. 225- 32). Le récit se passe en 259, lors de la persécution de Valérien. Le diacre Jacques et le lecteur Marien sont

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