S. A I.A RÉV. FRANÇAIS F
de Alcobalia. Venise, l.i93. — A. Manrique, Ann. cislerc, II, J^yon, 1612, Appendix^ p. 3-l.î : Séries nbbniiwi Eccl. Alcobacensis. — Robert Muiîiz, dans sa Biblioieca cisierciense espaiiola, Burgos, 1793, cite les nomtireiix travaux des cisterciens espagnols et portugais.
Sur les Juifs d'PIspagne, cf. Mme Mahn-Lot, Isabelle la Catholique et les Juifs, dans Mercure de France, juill. 1950, p. 491. — Des religieux d'.Mcobaça, docteurs en théologie, ont parfois écrit contre les Juifs, tel François Maeliado, Conlra Judaeos, Contra judaicam perfldiam, maxime contra huius tcmporis Judaeos.
La congrégation de Haute-Allemagne resta pleinement soumise à Cîteaux. Edme de la Croix, abbé général, ayant visité les abbayes d'Allemagne, jeta luimême les bases de la congrégation (14 sept. 1595). Elle comptait vingt abbayes réparties en quatre provinces, soumises chacune à un vicaire général : Souabe et Franconie, Bavière, Alsace, Brisgau et Suisse. Les abbés étaient perpétuels; la congrégation avait à sa tête un président. Ils tenaient leur chapitre provincial tous les deux ou trois ans et organisèrent un noviciat central. Les décisions de leurs réunions capitulaires sont conservées dans diflérents mss. pour les années 1619, 1624, 1626, 1640, 1645, 1654, 1659, 1668, 1670, 1683, 1715; voir : Dijon, ms. 1020, fol. 1-51; Munich, Clm 1319, fol. 34 sq.; Ii32, fol. 1 sq. ; Valic. lat. 10094. Le travail de dom Benoît Staub, signalé par de Visch dans son Auclarium (éd. Bregenz, 1927, p. 14), peut se lire dans le ms. 1591(363^ j de Dijon, p. 1 à 130 : Informatio sive tractatus de origine, causis ac progressa congr. ...in Superiori Germania. Les statuts de 1586 et de 1654 furent imprimés.
Cette congrégation donna des preuves de solide vitalité, particulièrement au temps de la restauration des monastères en pays germaniques (année 1628 et suivantes) (cf. Staiuta, viii, Indices, au mot Germania, p. 216; Idea Chrono-topographica congr. Cist. S. Bernardi per Superiorem Germaniam..., s. 1., 1720, fait mention des monasteria extincta; la congrégation comptait alors 1772 membres).
La congrégation des Feuillants eut pour initiateur Jean de la Barrière qui, d'abbé commendataire du monastère de Feuillant (Fulium), dans le Languedoc, en était devenu prélat régulier. Son zèle pour la réforme le porta à des austérités outrancières. Il avait d'ailleurs un concept de vie religieuse s'écartant de celui de Cîteaux en des points notables, par ex. la prédication au dehors. Ce n'était donc pas une réforme, un retour à un ancien état de choses, mais une création nouvelle. La séparation d'avec l'ordre cistercien fut complète, bien qu'en tête de leurs constitutions ces religieux s'intitulassent toujours cisterciens.
En mai 1630, Urbain VIII scinda la congrégation en deux branches : feuillants de France et feuillants d'Italie, ces derniers appelés aussi Réformés de S.-Bernard. Une branche féminine fut également créée : les feuillantines. La congrégation a donné à l'Église des religieux de haute vertu et de science remarquable, tel le cardinal Jean Bona. Les feuillants disparurent à la fin du xviii« siècle.
Bibliogr. sur le fondateur et son œuvre : art. Barrière, dans D. H. G. E., vi, 924. — Hesse, art. Feuillants, dans D. T. C, V, 226.5; Abbayes et prieurés de l'anc. France, i, Introd., Paris, 1906, p. 171-75, abondante bibliogr. — L. .lanauschelt, Orig. cisterc, p. lxix-lxxi, cite les maisons fondées par les feuillants. — Morotius, Cistercii reflorescenlis seu Congr. Fuliensis chronol. hisloria, Turin, 1690, nomme les personnages remarquables et leurs œuvres. — Ilenriquez, Primlegia..., Anvers, 1630, p. 113-46 : bulles concernant les feuillants (1586-1621).
Janauschek (op. cit., p. xi) n'ose affirmer l'existence d'une congrégation polonaise. Sa réserve est prudente, car on ne connaît nulle mention de statuts constitutifs d'une congrégation érigée sous ce titre. En juin 1580,
un chapitre provincial se tint à Wongrowitz, la plus ancienne abbaye de Pologne. Il était présidé par Edme de la Croix, délégué par l'abbé de Cîteaux, Nicolas I" Boucherai, qui n'avait pas renoncé à faire valoir les droits contestés de dom Edme à la prélature de Châtillon. L'abbé général confiait alors à son protégé une double mission à remplir en Pologne : aplanir les difTicultés occasionnées par les évêques de cette région aux monastères cisterciens et obtenir dans ces communautés un redressement de la régularité, une reprise généreuse des points essentiels de discipline. Cette seconde partie du programme fut réalisée sans trop de peine, semble-t-il. Les membres du chapitre adoptèrent les propositions du président, qui furent consignées dans un écrit intitulé Statuta reformalionis monast. ord. cisterc. : ces statuts de réforme ne codifient que les obligations monastiques, sans dire un mot du groupement des monastères en congrégation. Bédigés par dom Edme de la Croix, ces statuts sont manifestement le premier jet de l'importante constitution de réforme que ce même prélat proposera au chapitre général de 1601, quand lui-même sera devenu abbé de Cîteaux (Statuta, VII, 1601, p. 197-249; une lettre des abbés autrichiens, vers 1630, se réfère aux Edmundianae constitutiones: Arch., Troyes, 3 H 146).
Dans les décrets capitulaires du xvii"' s., les monastères de Pologne se trouvent toujours réunis sous le titre de vicariat ou province. En 1738, les mêmes désignations reparaissent dans une série de réponses à des doutes et demandes provenant de monastères polonais. On y apprend notamment que la commende sévit aussi dans ces abbayes. Pour faire face à ces empiétements, on exige désormais de tout abbé élu le serment de renoncer à son abbaye, s'il était promu à l'épiscopat. Par ailleurs, le chapitre de Cîteaux favorise le désir exprimé de réunir en une compilation les décrets des chapitres généraux qui concernent la discipline régulière. Ce travail fut terminé et parut en 1745, sous l'autorité d'Andoche Pernot, abbé de Cîteaux. Un document de 1766 cite l'abbé de Landa, Constantin Howiecki, avec le titre de vicaire général de la congrégation de Pologne.
L'autorité romaine eut à s'occuper, en juilL 1768, d'un intrigant, Bernard Kolbs, moine du prieuré de Vallombreuse (Statuta, 1768 : 113; Analecta juris pontificii, XIV, Bome, 1875, col. 1006). En juill. 1792, la Congr. des Évêques et Béguliers concédait au nonce apostolique en Pologne le pou voirde satisfaire les moines de Paradiz, qui désiraient être régis par un prieur triennal et non plus par un prélat à vie. Précédemment déjà, les moines de Sulejow et de Wanchoczko avaient obtenu semblable modification de régime (ibid., xvi, 1877, coL 730).
Rome, ms. Vatic. lat. 3236 Bart>erini contient de nombreux documents provenant du procureur général de Cîteaux; ils datent de 1580 et années suiv. ; en première page, on lit les noms d'Hdme de la Croix et des abbés signataires des statuts de réforme de juin 1580. Des lettres originales ou copies ont pour objet les difficultés des monastères avec les Ordinaires. — Cambrai, bibl. munie, ms. 1223, fol. 193 sq. : texte des Statuta reformalionis... 1580; transcription faite à l'abbaye de Brunnbacli, sous l'abbatial de dom Wigand, en 1588. — Les deux codifications des statuts furent imprimées en 1581 et 1745, mais les exemplaires en sont rares.
La congrégation de Calabre et Lucanie fut constituée par décret du chapitre général de 1605, que publia dom Vincent Longuespée, procureur général à Borne. Chose étonnante, ces statuts s'écartent de l'ancienne législation cistercienne en des points notables; cependant la soumission au chapitre de Cîteaux reste intacte. Urbain VIII confirma ces dispositions par bulle du 12 juill. 1633 (Sacrosancti apostolatus). La congré- I gation ne compta d'abord que sept abbayes; elle ac-
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cepta ensuite les débris de la congrégation de Finir, qui, pour ne pas s'éteindrr définitivement, fit retour à Cîteaux.
Le ms. ÎS3 de la bibl. de l'Arsenal, à Paris, p. 757 sq., contient le décret du chapitre général de 1605, que Macusson reproduisit plus tard dans son Traité hist. du chapitre général..., s. 1., 1737, p. 131. — I.a bulle d'Urbain VIII se lit dans le nis. 1021), fol. 1.32 v" de la bibl. de Dijon.
La congrégation araqonaise resta également soumise à Cîteaux. Déférant à la demande de Philippe III d'Espagne, le chapitre général de 1613 (n. 67, 68) rédigea les statuts constitutifs de la nouvelle congrégation, qui groupa les monastères situés en Aragon, Valence, Majorque et Catalogne. Cîteaux avait voulu que l'on continuât ici le régime des abbés perpétuels; on espérait ainsi couper court aux inconvénients des élections fréquentes : ambition, simonie, discorde, etc. (cf. n. 67, /). Paul V confirma les actes du chapitre de Cîteaux par bulle du 19 avr. 1616 {Pastoralis ofjicii; cf. Henriquez, op. cit., p. 448). Des difficultés étant survenues, Grégoire XV dut promulguer une autre bulle, le 20 avr. 1623, pour apaiser les différends (Ex pastoralis ofjicii, dans ms. 7<S-3 de l'Arsenal, p. 772).
Rome, bibl. Victor-Emmanuel, Sessor., mss. 319, 431, contiennent des définitions de leurs chapitres provinciaux. — J. M. Lopez Landa, Abadias cisterc. de la antigiia cnnqreyacion de .Aragon y Navarra, Calatayud, 1949.
Le chapitre général de 1613 (n. 26) organisa aussi la Congrégation romaine ou de l' Italie centrale. Elle groupa les abbayes situées dans le Patrimoine de S. -Pierre et quelques-unes du royaume de Naples; leurs noms sont cités dans le décret constitutionnel. Grégoire XV donna la confirmation le 6 avr. 1623 (Sacrosancti apostolatiis, dans ms. 783 de l'Arsenal, p. 767). Le procureur général de l'ordre résidant à Rome présida un temps cette congrégation.
Rome, bibl. Victor-Emmanuel, .Sessor., ms. 1342, 14.'i9. - Oijon, ms. 1U20, fol. 125 v, 144.
Les monastères d'Irlande furent constitués en congrégation sous le titre des SS.-Malachie-et-Bernard, par bulle d'Urbain VIII en date du 29 juilL 1626 (ms. 1020 de la bibl. de Dijon, fol. 129 v°). On y apprend que la congrégation reste soumise à l'abbé et au chapitre général de Cîteaux, selon les prescriptions de la Charte de charité. Cependant la congrégation tient son chapitre national tous les cinq ans; les abbés s'y réunissent accompagnés d'un délégué de chaque communauté. On y élit un président, qui devient en même temps vicaire général et délégué du chapitre de Cîteaux. Toutefois les monastères abandonnent le missel et le bréviaire cisterciens pour adopter le rite romain. Faisant suite à la bulle, un décret de la Propagande du 13 août 1626 permet aux moines d'Irlande de négocier la récupération de leurs biens, mais ils n'agiront qu'avec grande prudence, afin d'éviter un retour des persécutions ou autres difficultés. Le cardinal Bona, cistercien feuillant, adressa une lettre aux catholiques d'Irlande en date du 11 sept. 1666 (cf. Epistolae selectae..., Bona-Sala, Turin, 175,5, p. 87).
Malachie O'Artry, cist. du xvii' s., Triumphalia sanctae crucis..., éd. Denis Murphy, S. .1., 1892. — Anonyme, The Irish cislercians. Past and présent, Dublin, 1893.
Les monastères de France eurent aussi leur réforme. Commencée d'abord à Châtillon, puis à la Charmoie par Octave Arnolfini et Étienne Maugier, elle gagna bientôt Clairvaux. En 1615, dom Denis Largentier entreprit de faire revivre les vertus des premiers cisterciens. Plusieurs abbayes reprirent les observances austères; l'abbé de Cîteaux permit à ces réformés de se réunir en chapitre et de se donner un vicaire général. Rien, par ailleurs, n'était changé à l'ancienne législa-
tion. En 1618, le chapitre de Cîteaux approuvait ei louait la réforme, tout en redoutant les divisions que pourraient connaître les communautés, en raison de la diversité des observances. Nicolas II Boucherai, abbé général, soutenait la réforme. Il alla même plus loin; dans une réunion des réformés, tenue à Paris en mars 1623, sous la présidence du cardinal de La Rochefoucauld, il leur permit de se constituer en congrégation. Les articles en furent dressés et signés par les dix abbés présents. Mais le chapitre général du mois de mai de cette même année cassa, annula, invalida cet acte, appelé à créer, disait-on, un irrémédiable désastre, un schisme irréparable (Statutu, 1623 : 24).
Néanmoins, ['Étroite obsen>ancc prospéra rapidement. Par malheur, Denis Largentier mourait à Orval, le 25 oct. 1624. Son esi)rit calme, pondéré, sa force de persuasion, qu'il puisait avant tout dans son propre exemple, auraient été bien nécessaires aux chefs de la réforme. Étienne Maugier, abbé de la Charmoie, soutenu par le cardinal de La Rochefoucauld, afficha des prétentions à des droits que les réformés ne possédaient nullement. De là, durant de nombreuses années du xvii« s., des querelles, des procès, des livres, des pamphlets échangés de part et d'autre, au grand détriment de l'édification et de la vérité. Et, en somme, le point précis du litige, l'observance en cause, qui sert de pivot à ces interminables discussions, est l'abstinence.
Plusieurs lettres a]K)stoliques tentèrent de faire cesser ces débats. Enfin la Constitution In suprema, d'Alexandre VII (19 avr. 1666), imposa silence. Dans l'histoire de la législation cistercienne, ce document pontifical marque une date importante ; il est à mettre au même rayon que les bulles Clémentine et Bénédictine. Ne voulant pas imposer indistinctement à tous les sujets de l'ordre des pratiques rigoureuses, Alexandre VII s'en tient à une observance légèrement mitigée. Pour l'abstinence, par ex., les monastères qui l'ont abandonnée n'useront d'aliments gras que trois jours ■par semaine, en dehors de l'avent et du temps de la Septuagésime à Pâques. L'obéissance à l'abbé et au chapitre de Cîteaux demeurait entière. Clément IX confirma, en 1669, la Constitution de son prédécesseur, modifiant cependant quelques points de détail.
A cette époque, l'abbé de Rancé gouvernait le monastère de la Trappe. II i)arut au chapitre général de 1668 et fut au nombre des protestataires contre les documents pontificaux récemment promulgués (Statuta, 1667 : 29, 30). Peu satisfait d'une réforme mitigée, il résolut d'inaugurer chez lui une observance austère, tout en restant soumis aux supérieurs de l'ordre. Son entreprise fut couronnée de succès, encore que certains contours de la vie cistercienne à la Trappe n'aient pas été modelés sur le Clairvaux de S. Bernard. N'importe; la reprise d'une vie austère attira autour du réformateur de nombreuses recrues recherchant l'absolu de l'ascétisme. Elles venaient du siècle et aussi de certains cloîtres. Pour enrayer cette course, plusieurs ordres religieux, craignant de se dépeupler, obtinrent de Rome des décrets interdisant le passage de leurs sujets à l'abbaye de la Trappe (Exponi nobis, 5 août 1686, pour les feuillants; i)urfu/n /. r., 18 mars 1697, pour les mauristes; Sollicitudo pastoralis, 10 oct. 1698, pour les capucins).
Quand la Commission des réguliers fera son enquête en 1766 et entendra les plaidoiries des ordres en faveur de leur conservation, seul l'abbé de la Trappe, Théodore Chambon, plaidera au nom de l'essentiel de la vie religieuse fidèlement conservé chez lui (S. Lemaire, La Commission des réguliers (1766-17^0), Paris, 1926, p. 16, d'après Arch. nat.. G" ■i.'i). Lors de la suppression des religieux en France par la Révolution, dom Augustin de Lestrange, moine de la Trappe, se retira en Suisse avec vingt-quatre de ses confrères. En 1794, en
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vertu d'un bref de Pie la Val-Sainlc fut érigée en abbaye et chef-lieu de la Congrégation des Trappistes, sous l'autorité de dom de Lestrange, élu abbé.
Paris, bibl. Ste-Gcnevicve, nis. 32 JT : recueil d'iictes relatifs à la réforme du card. de La Rochefoucauld; on y lit les articles de 1623, fol. 46; lettres et ordonnances du card.; lettres à lui adressées. — liihl. nat., ms. franç. 15770 : recueil de pièces de 1660 à 1663; ins. franç. 18696 : dossier... 1651 à 166". — Petit imprimé anonyme de 80 p. in-16, intitulé : Response A une lettre snr le xiihject des remoiistranees et raisoits représentées «ij roy par les religieux de Clairevaux, et autres abbai/es qui en dépendent, s. 1. n. d. — Troyes, ms. 1796, fol. 95 s(|. : contient les décisions des chapitres de l'Étroite observance de 1624 à 1687. — Langres, ms. 75(48): Hisl. abrégée île la dernière réforme de l'ordre de C, par dom André-Joseph Boulenger (xv!!!!^ s.). — Beaimier-Besse, op. cit., 1, Introd., p. 164, cite nomljre de mémoires, remonstrances, ordonnances, etc., ayant trait à la réforme. — Gervaise, Hist. gén. de la réforme de l'ordre de C. en France, Avignon, 1746 et 1749, ouvrage peu sûr, qualifié de « triste pamphlet • par Mgr Hautcœur; malheureusement plusieurs auteurs l'ont suivi aveuglément, tels Uaillardin (Hisl. de la Trappe) et l'abbé Dubois (Hist. de l'abbé de Rancé, Paris, 1869). — Léon .Serrant, L'abbé de Rancé et Bossuet, l^:u'is, 1903. — [IL Séjalon |, Ann. de l'abbaye d'Aiguebelle, 11, Valence, 1863, p. 33. — Nomasticon cisterc, éd. 1898, p. 578 : Praecipna décréta circa cnntentiones. — Pour les congrégations de moniales cisterciennes, cl. art. BkrnaruiNES, dans D. H. G. H., viii, 806.
3° Les prieurés. — Ce n'est guère qu'à dater des xiv« et xv» s. que l'ordre de Cîteaux admit des prieurés au nombre de ses monastères. Établissements de moindre importance que les abbayes, ils étaient répartis en deux catégories : les uns étaient sui juris, ayant à leur tête un prieur titulaire ; les autres étaient de simples dépendances d'une abbaye (membra abbatiae) ; ou y trouvait un nombre variable de religieux, sous la direction d'un prieur nommé librement par l'abbé.
Au début du xv« s., quelques monastères de Hollande demandèrent et obtinrent leur affiliation à Cîteaux; ils conservèrent toutefois leur condition juridique de prieurés. D'autres monastères cisterciens furent fondés comme prieurés, tel Waarschoot, i)rès de Gand. Le prieuré de S. -Sauveur, à Anvers, fondé en 1433, devint cependant abbaye en 1652. Différents furent les cas d'abbayes de moniales devenant, pour des raisons diverses, des prieurés d'hommes. En 1452, le chapitre général décrète que l'abbaye de Ste-Walburge, au dioc. de Cologne, sera désormais un prieuré de moines. A cette occasion, l'autorité compétente marque dans ses grandes lignes les pouvoirs des prieurs titulaires : ceux-ci sont inamovibles, dans les mêmes conditions que les abbés ; leur juridiction est égale à celle des prélats. C'est d'après ces lois que furent créés les prieurés de la Joie, des Rosiers, de Belleau, de Montarlot, de Penthemont.
Le prieuré de S. -Lazare, à La Ferté-Milon, fut fondé en 1610; cinq religieux de Longpont y séjournaient pour le service de la inaladrerie. Les moines d'Acey occupèrent un temps le prieuré d'Apreinont (Hte-Saône), laissé libre par les bénédictins. Il devint ensuite une paroisse (de Trévillers, Seqiianiu monaslico, Vesoul, 1950, p. 45). La congrégation d'Espagne se forma d'abord par la sécession de plusieurs abbayes anciennes, puis créa aussi une série de prieurés mineurs (cf. Janauschek, Orig. cisterc, Vienne, 1877, p. lxviii; Henriquez, Fasciculus S S. nrd. cisterc, u, Cologne, 1631, p. 501). La congrégation d'Alcobaça fit de mêine. Les Regesla de Léon X (éd. Hergenrœther, Fribourgen-Br., 1884) citent plusieurs prieurés cisterciens, tels ceux de N.-D. -aux- Vignes, ou S. -Loup, à Orléans (n. 11232-33), et de la Costejean (n. 16931), au dioc. de Montauban; c'étaient deux prieurés de moniales. Sartorius a nommé les prieurés dépendant des abbayes de Sedlec, de Plass, de Kiinigsaal, de Zara, de Gradz {Cis-
lerciuni. Prague, 1700, p. 1087). Kn 1738, dans le duché de Lithuanie, on fondait encore deux j^rieurés pour moines : Clairefontaine et Vallombreuse, rattachés à la province polonaise (Staluta, 1738 : 134, g).
Au nombre des avantages procurés par le régime des prieurés, il faut noter celui d'écarter plus facilement la plaie de la comniende. En raison de leurs revenus plus modestes, ces établissements attiraient moins les regards des collateurs et des bénéficiaires. Cependant, en 1682, Harlay de Champvallon, archevêque de Paris, et le P. de La (Chaise tentèrent de mettre en comniende cinq prieurés de Cîteaux : ce furent les parlementaires qui firent échouer le projet (J. Orcibal, Louis XIV contre Innocent XI, Paris, 1949, p. 55, note).
Le ms. 925 de la bibl. de l'.Xrsenal, à Paris, cite une cinquantaine de prieiu"és cisterciens. Il y a là des erreurs manifestes, du moins au sens où nous entendons ici prieuré, établissement occupé par une communauté menant la vie régulière. Cottineau ((ualifie également de prieurés bon nombre de fermes monastiques de particulière importance, ou des églises à la charge d'abbayes cisterciennes. Même procédé dans le Cartulaire de Bonneconibe, éd. Verlaguet, Rodez, 1918, p. 1-22. — Des mentions de prieurés cisterciens se lisent dans les Registres des papes (École française de Rome) : Benoît XI, n. 415; Nicolas n. 26.54 , 5022; .Jean XXII, n. 26619, 27107, 401.56, 42676, 42713, 42714, 44479, .54266, 57879, 62873; Henoil XII, n. 3973; Reyestum Clementis V... nionacli. O. S. B., n. 1510. — Cf. Statuta cap. gen. ord. cislerc, éd. Louvain, 1933-41, viii, Indice.i, p. 407, /'rfor«/ii.s'.
4° Les conitits intérieurs. — De Rome, dom Durban, procureur général des mauristes, écrivait à dom Luc d'Achery, en juin 1675, ses doléances au sujet des « pauvres réformez de Cisteaux qui ne viendront pas poursuivre à Rome et qui veulent à présent mettre toute leur confiance en Dieu... ». Un arrêt du Conseil d'État du roi (19 avr. 1(575) venait en elTet de débouter de leurs injustes prétentions les religieux de l'Étroite observance. I^a querelle entre les abstinents et la Commune observance les avait donc conduits jusqu'à porter leur cause devant les tribunaux laïcs!
Il en fut de même, hélas, des discussions au sujet des pouvoirs de l'abbé de Cîteaux, que les quatre premiers Pères voulaient restreindre de plus en plus. Dans l'ordre, les abbés, les moines, docteurs théologiens, juristes ou historiens, prirent ]50sition pour ou contre l'abbé général. Les mémoires, les études, les lettres, les observations tombèrent en avalanches serrées durant les xvii^ et xviu« s., et jusqu'à la veille de la Révolution. Que de temps perdu, que de jalousies fomentées et de rivalités entretenues! La Charte de charité — ohl dérision — était devenue une pomme de discorde; chacun prétendait y trouver la justification de ses propres idées. La tactique était semblable chez les pseudo-réformateurs de l'Église, qui renvoyaient volontiers les prélats de leur temps à l'époque des catacombes. En 1775, des curés du dioc. de Troyes discutaient âprcment la juridiction de l'archidiacre et autres supérieurs, « qui, disaient-ils, était inconnue aux quatre premiers siècles » (Arch. nat , G" 62.'), dossier 58, cité par J. Dedieu, op. cit., p. 578).
jNIais, précisément, depuis l'époque de la Charte, comme depuis les débuts de l'Église, le temps a marché; des nécessités nouvelles se sont levées; la multiplication des abbayes a réclamé des rouages nouveaux dans le gouvernement, et puisque le chapitre général, suprême autorité de l'ordre, ne tenait plus ses sessions qu'à des intervalles parfois considérables, il fallait consolider de plus en plus l'autorité légitime détenue par l'abbé général. Or les adversaires travaillaient à sa destruction. A leur insu, ils agissaient donc dans la ligne des révolutionnaires de 93.
.\rch. départ, de la Côte-d'Or, 11 H 11 : débats au sujet de la juridiction entre C. et les quatre premiers Pères (1675-
1771). - Arch. départ, du Nord : Il 6 : oonllil entre l'abbé de Cîteaux et les définiteiirs, 1766, et arrêt rendu en 1770. — Arcli. nat.. Paris, ms. 1501 (L, 747. 2") : • Idée sommaire de l'ordre de C. considéré dans son principe, ses accroissements, sa décadence et les moyens de le rétablir » (xviii' s.); ms. 1502 : petit abrégé d'im mémoire concernant le régime de l'ordre de C. (xviii' s.); ms. 1304 : observations sur l'ancienne et la nouvelle rédaction de la règle de l'ordre de C. (xviii"' s.). — Di.ion, bibl. munie, ms. 1591 (357 V, fol- 94 : précis du régime contre les quatre premiers Pères (xvii« s.). — Port-du-Salut (Mayenne), abbaye cistercienne, ms. S : contient une thèse en laveur des pouvoirs de l'abbé de C. (1738). — Troyes, bibl. munie, ms. 349 : dom Aubertot, prieur de l'Isle-en-Harrois, Traité de l'autorité du chapitre général (xvir s.).
[.J. A. Macusson], Traité hist. du chapitre général de l'ordre de C. par lequel on jait imir quelle est son autorité..., s. 1., 1737; ouvrage condamné par le chap. gén. de 1738, n. .328. — L. Meschet, Privilèges de l'ordre de C..., Paris, 1713; cite dans la II" partie, p. 27.'>-3.).5, des lettres patentes des rois de France et plusieurs « arrests du Conseil d'État du roy ». — [Montanbonl. Éclaircissements des privilèges de l'ordre de C..., Liège, 1714; ouvrage condamné par le chap. gén. de 1738, n. 178. — De nombreux imprimés sont mentionnés dans le Catalogue de l'hist. de France, v, .")06; dans le Catalogue de la bibl. de Troi/es, par Socard, Troyes, 1889, it, .Jurisprudence, p. 328; dans Heaunier-Besse, op. cit., Introd., Paris, 1906, p. 160. — Les statuts des chapitres généraux sont aussi témoins des conflits intérieurs; voir notamment les chapitres des années 1667, 1672, 1683. — Les correspondances échangées à l'occasion des visites canoniques constituent une source intéressante et peu exploitée encore. Citons : au.x Arch. de l'Aube, fonds Clain>au.v, 3 H 174-243; aux Arch. du Nord, 27 H 7 : visites des abbayes cisterciennes par les abbés de Loos (1501-1776); 27 H 15, 16 : visites... par les abbés de Vaucelles (15.5.3-1780). La bibl. de Mons (Belgique) conserve, dans le ms. 438 (ancien 107-184), les Epistolarum centuriae X-XVI de l'alibé de Cambron, .\. Le Waittc (1662-77).
Nous n'avons à signaler la Commission des réguliers, créée en juill. 1766, que pour marquer les ménagements exceptionnels dont fut l'objet l'ordre de Cîteaux. Aucune maison ne fut supprimée. Le président de la Commission, Loménie de Brienne, a noté lui-même que
• cette affaire de Cîteaux sera une des plus difficiles que la Commission ait à traiter, ...en raison de l'importance de l'ordre (répandu dans toutes les régions d'Europe), de l'étendue des objets et de leur liaison avec des principes de politique ». Craignant aussi de voir les abbés des pays étrangers renoncer à leur soumission et à leur présence au chapitre de Cîteaux, on voulait ménager leurs susceptibilités (cf. S. Lemaire, La Commission des réguliers (1766-1780), Paris, 1926, p. 147).
Dans les enquêtes réalisées par la Commission, on peut lire le chiffre de population des abbayes cisterciennes françaises aux environs de l'année 1768. On comptait dans le royaume 228 monastères d'hommes, occupés par 1851 sujets. La moyenne est bien faible : 8 religieux pour une abbaye. En réalité, la répartition était fort inégale. En 1790, Clairvaux comptait 20 p'rofès et Cîteaux une quarantaine. Malgré cette situation appauvrie, la fièvre des constructions nouvelles avait pénétré dans les cloîtres depuis le début du siècle.
• C'était dans toute la France le même mouvement irrésistible, qui renouvelait, modernisait les antiques institutions; S. -Denis, Prémontre, Longpont faisaient peau neuve et se rhabillaient au goût du jour » (L. Gillet. Abbaye de Chaalis, p. xx); de même pour Chaalis, 1736; Foigny, 1736; Grâce-Dieu, 1760; Bonnecombe, 1732; Fontenelles, 1735; Fontmorigny, 1722-38; Preuilly, 1736; Relec, 1774; Vieuville, 1772; Coetmaloen, 1782; Cherlieu, 1773; Royaumont, 1787; Boulancourt, 1721; Cercamp, 1787; Flines, 1755. La reconstruction de Clairvaux était terminée vers 1760, mais celle de Cîteaux fut arrêtée par la Révolution : seule la huitième partie du plan dressé par l'architecte Lenoir était achevée. Le cataclysme était là,
tout proche; mais personne ne le voyait, chacun vivait dans une confiance irrélléchie.
5° La Révolution française. — Elle eut un caractère tout à la fois politique et antireligieux. Comme à toutes les époques troublées, il y eut des martyrs et des suppressions d'établissements ecclésiastiques. Les transformations prirent une marche progressive. Les biens d'Église sont d'abord mis à la disposition de la Nation en nov. 1789. Trois mois après, la Constituante proclame la suppression des vœux monastiques. Inventaires et enquêtes commencent. Quelques moines, fatigués du froc, trouvent l'occasion propice pour se déclarer libres. Les autres — la grande majorité — sont fidèles à leurs engagements sacrés, et plusieurs jusqu'au martyre. « Les trappistes émurent l'enquêteur; il lui parut qu'ils aimaient leur état du fond du cœur; il envia leur tranquillité, leur quiétude; le plus silencieux des ordres d'hommes fut ce jour-là le plus éloquent » (G. Goyati, Hist. relig. de la nation franç., Paris, 1922, p. 502).
L'exode des trappistes à la Val-Sainte, puis leurs incroyables jiérégrinations en Allemagne, en Russie, en Angleterre, furent un sauve-qui-peut, pour emporter intacte leur vie religieuse. En France, la Révolution balaya toutes les abbayes : les unes disparurent dans les flammes après le pillage, les autres furent vendues à l'encan. Clairvaux devint en 1808 une maison centrale de force et de correction. Cîteaux, mis en vente et adjugé le 4 mai 1791, passa par différentes mains et attendit jusqu'en 1898 le retour des moines.
Parmi les martyrs de la Révolution, on remarque d'abord les deux moniales de Ste-Catherine d'Avignon, exécutées à Orange en juill. 1794, deux sœurs de la noble famille de Justamont, Marguerite-Éléonore et Madeleine- Françoise, qui portaient en religion les noms de Sœur Marie de S. -Henri et de Sœur du S. -Cœur de Marie. Elles furent béatifiées par Pie XI le 10 mai 1925 (cf. Acta apost. Sedis, xvii, 234). Nombreuses furent les communautés qui eurent leurs martyrs : Sept-Fons, la Trappe, Freistorf, Barbery, Vaucelles, Brayelle, et même Casamari, non loin de Rome.
P. de La Gorce, Hist. relig. de la Révolution franç., Paris, 1917-23, â vol.; au t. i, p. 31 : chifïre de la population monast. — .J. Leflon, La crise révolutionuaire, dans Hiche- Martin, xx, Paris, 1949. — A. Sicard, L'ancien clergé de France. Les évéques avant la Révolution, 5« éd., Paris, 1912; Le clergé de France pendant la Révolution, Paris, 1927, 3 vol.; L'éducation morale et civique avant et pendant la Révolution, 2' éd., Paris, 1913.
VI. LES XlXf ET XXe SIÈCLES. — Le xix" s. réservait encore aux ordres religieux quelques persécutions, non plus sanglantes, mais « légales », c.-à-d. faites à coups de lois. Une série de suppressions d'établissements religieux fut décrétée en Suisse dans les années 1803-76. Disparurent alors successivement les moniales cisterciennes d'Olsberg (1805), les moines de Wettingen (1841), ceux de Hauterive et de S.-Urban (1848), les moniales de Rathausen, de Felbach et de Tânikon (1848), celles de Gnadental (1871).
En Allemagne, la sécularisation des abbayes marche de pair avec l'avance des armées révolutionnaires françaises. A dater de 1803, on voit tomber successivement Bildhausen, Bredelar, Bronnbach, Burlo, Eberbach, Ebrach, Fiirstenfeld, Fiirstenzell, Gotteszell, Grevenbroich, Hardehausen, Heisterbach, Langheim, Marienfeld, Marienstatt, Raitenhaslach, Reifenstein, Salem, Schôntal, Walderbach, Waldsassen, et autres, sans parler des nombreuses abbayes de moniales (K. Kastner, Die grosse Sàkiilarisation in Deutschland, Paderborn. 1926).
En Italie, Joseph Bonaparte, créé roi de Naples par son frère, supprima les maisons religieuses dès 1807. Devenu roi d'Espagne (1808-13), il abolit les ordres re-
nier. n'mST. F.T UV. OKOGB. F.CCI.KS.
ligieux et s'empara de leurs biens (180il). Les quelques établissements qui survécurent furent supprimés en 1835 (L. Seco, Los benedidinns esparwles en el s. X.Y, Burgos, 1931). Au Portugal, les lois persécutrices de 1834 supprimèrent les maisons religieuses et confisquèrent leurs biens. En Autriche, il ne restait plus que bien peu d'abbayes depuis que Joseph II les avait supprimées en grand nombre. En principe, ces lois ne furent pas abrogées. De l'ancien vicariat de Bohême- Moravie, il ne restait que Hohenfurt et Ossegg.
Après ce tour d'horizon, on se demande : que restaitil au xixi^ s. du nombre si considérable de monastères qu'avait compté l'ordre de Cîteaux, au xiii<= s. surtout? Par bonheur, tous n'avaient pas absolument disparu, et les survivants sentaient monter en eux une sève nouvelle. Fauchés d'une part, ils renaissaient ailleurs ; écrasés par une persécution, ils se redressaient après l'orage.
Dès 1817, Rome voit renaître les deux abbayes de Ste-Croix et de S.-Bernard-aux-Thermes. Même avant cette date, on constatait en France une étonnante multiplication de monastères. En effet, quand Napoléon fut devenu maître de la France, il se montra bienveillant pour les trappistes, (".eux-ci en profitèrent et multiplièrent leurs fondations. Dans les environs de Paris, il y eut la maison de Sénart, celles de Valenton et de Gros-Bois sur la commune d'Hières. L'antique ermitage du Mont-Valérien fut rendu à sa destination première. L'hospice du Mont-Genèvre s'ouvrit pour les pèlerins passant de France en Italie par Briançon et Suse. Ces fondations et plusieurs autres n'eurent toutefois qu'une durée éphémère, car le sourire de l'empereur se changea bientôt en un décret d'expulsion (28 juin. 1811). Mais, avec la campagne de Russie, l'étoile de Napoléon commence à pâlir. En 1814, l'empereur déchu est à l'île d'Elbe; les émigrés rentrent chez eux. La Trappe de Mortagne (Orne) est réoccupée en 1815 et aura dans la suite une filiation de 6 monastères, dont 3 au Canada et 1 à Rome. Westmalle est réoccupé en 1814 et aura une filiation de 10 monastères d'hommes, dont 3 en Hollande et 1 en Grande-Bretagne. Melleraye est réoccupé en 1815-16 et aura une filiation de 15 monastères d'hommes, dont 4 en Irlande, 7 aux États-Unis, 1 au Japon, 1 en Angleterre, 1 en Écosse. Aiguebelle est réoccupé en 1816 et aura une filiation de 17 monastères, dont 2 en Afrique, 1 en Syrie, 6 en Espagne, 1 au Canada, 1 en Yougoslavie. Port-du-Salut est fondé en 1816 par des moines venus de Darfeld. L'abbaye du Gard avait été reprise en 1816, mais la communauté l'abandonna pour aller réoccuper Sept-Fons en 1845. Cette abbaye aura une filiation de 10 monastères d'hommes, dont 1 en Afrique, 2 en Chine et 1 en Palestine. Le Mont-des-Olives est fondé en 1825 et aura une filiation de 4 monastères d'hommes, dont 2 en Allemagne, 1 en Autriche, 1 en Yougoslavie.
Tous ces monastères s'appelleront Trappes, du nom de leur maison mère, appelée désormais la Grande- Trappe. Toute cette descendance provient bien effectivement du groupe des 24 moines sortis de la Trappe en 1791 à la suite de dom Augustin de Lestrange. Il fallait l'audace et l'initiative de cet homme pour opérer le sauvetage tel qu'il l'a réalisé. Ajoutons cependant que les rigueurs insolites qu'il imposa aux siens (cf. Règlements de la Val-Sainle, Fribourg, 1795) et l'omnipotence qu'il prétendit exercer sur tous les établissements de la congrégation faillirent plus d'une fois lui être fatales.
Pendant que les trappistes se multipliaient en France et à l'étranger, d'autres congrégations cisterciennes se reconstituaient. Les moines de S.-Bernard-sur-l'Escaut, n'ayant pu récupérer leur antique monastère, s'étaient établis à Bornem en 1835; en 1844, ils réoccupaient Val-Dieu, au dioc. de Liège. Ces deux abbayes constituèrent un vicariat ou congrégation approuvée
en 1846. Plus considérable fut la congrégation d'Autriche-Hongrie, approuvée en 1859. Elle comprenait les abbayes de Rein, de Heiligenkreuz, de Zwettl ou Clairvaux d'Autriche, de Wilhering, d'Ossegg, de Zircz, de Lilienfeld. de Mogila, de Szczyrzyc, de Hohenfurt, de Stams, de Schlierbach. En 1891 , les deux abbayes de Mehrerau et de Marienstatt constituèrent le vicariat de Suisse-Allemagne. En 1864, une congrégation cistercienne nouvelle vit le jour; elle se qualifiait de moyenne observance. Elle fut approuvée de nouveau en 1892 et comptait les abbayes de Sénanque, de Fontfroide, de Hautecombe, de Lérins, de Pont-Colbert.
Les papes Pie VII et Léon XII avaient eu jadis le désir d'unifier quelques-unes, au moins, des congrégations bénédictines. Le projet ne put aboutir. Dans le même sens, Léon XIII manifesta la volonté d'unir en un ordre distinct tous les monastères issus de la Trappe, qui, jusqu'alors, dépendaient de l'abbé président de l'ordre de Cîteaux. Pratiquement, cette dépendance se réduisait à la demande de confirmation des élections abbatiales. Le chapitre général des trappistes, convoqué par décret pontifical, se réunit à Rome le l"^' oct. 1892. Il comptait 53 membres, dont 33 abbés. Les Pères capitulants réalisèrent l'union voulue par le S. -Siège, en prenant pour base la Règle de S. Benoît, la Charte de charité et les Us de Cîteaux. Ils eurent à élire un supérieur général; ce fut dom Sébastien Wyart, abbé de Sept-Fons, qui devint abbé de Cîteaux après la restauration de l'antique abbaye mère. Désormais, comme jadis, l'abbé de Cîteaux est, par là même, général de l'ordre cistercien de la stricte observance (rescrit de Léon XIII, 3 juin. 1899). Enfin la Constitution Non mediocri, du 30 juill. 1902, consacre à nouveau l'œuvre accomplie; le Souverain pontife déclare une fois de plus que les trappistes sont vraiment cisterciens et jouissent de tous les privilèges accordés par le S. -Siège à l'ordre de Cîteaux.
En 1894, le prieur de Hautecombe, dom Gaillemin, fit éditer à Lérins un Status generalis abbatiarum, prioratuum, monasteriorum in quibus militant filii aut filiae S. Rernardi, ordinis cisterciensis. La récapitulation se présente comme suit :
Monastères d'hommes. — Commune observance : 19 monastères, avec 759 religieux. — Moyenne observance : 5 monastères, avec 149 religieux. — Casamari : 3 monastères, avec 45 religieux. — Stricte observance ou trappistes : 56 monastères, avec 3200 religieux.
Monastères de moniales. — Commune observance : 95 monastères, avec 2413 religieuses. — Moyenne observance : 1 monastère, avec 36 religieuses. — Stricte observance (trappistines et autres) : 32 monastères, avec 1301 religieuses.
Depuis la statistique de 1894, la famille cistercienne s'est développée. La Commune observance, divisée en dix congrégations sous la présidence d'un abbé général! compte actuellement 72 établissements avec 1500 religieux et novices. Une cinquantaine de monastères de moniales compte 1600 religieuses et novices; elles sont plus particulièrement sous la juridiction des évêques.
La Stricte observance (trappistes), gouvernée par l'abbé de Cîteaux, est représentée par 64 monastères d'hommes avec 4800 religieux et 26 monastères de femmes avec 1800 religieuses. Dans cette supputation, il n'est pas tenu compte des postulants et novices, dont le nombre est trop facilement variable. Actuellement, par ex., plusieurs abbayes d'Amérique possèdent des noviciats comportant 50, 80 et même 130 sujets. Aussi les fondations cisterciennes se multiplient-elles en ce pays.
La vie monastique, comme par le passé, se déroule dans l'effacement, la prière et le travail : Ora et labora. Si certains monastères se sont installés au cœur des
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pays de mission, on y travaille à l'évangélisation surtout par l'exemple d'une vie austère soutenue par l'oraison, selon la formule dictée par le Christ : In oralione et jejunio. Lors de la révolution espagnole, quinze religieux de l'abbaye de Via Caeli ont subi le martyre, en déc. 1936. La récente guerre mondiale a compté aussi de nombreuses victimes du même genre, dont le dénombrement sera possible un jour.
J.-M. Canivez.
3. CITE AUX (Monastère de religieuses), Cistercium. Maison située à Bologne, qu'on demande au chapitre général d'incorporer à l'ordre cistercien, en 1266. L'examen des conditions où elle se trouve est confiée aux abbés de Fontevivo (dioc. de Parme) et de Strata (dioc. de Bologne). Le chapitre général réitère cette délégation en 1267 et exige qu'on modifie le nom donné au monastère.
Slatula cap. gen. ord. cislerc, éd. Louvain, iir, 1933, ann. 1266 : 56; 1267 : 32.
J.-M. Canivez.
CITHARIZUM (Kieapijôv, Kieapijcôv, KiSpijcôv), évèché de la province d'Arménie IIP, dépendant de Camachus. Cette petite ville, située aux marches orientales de l'empire romain, joua un certain rôle dans la défense de la frontière contre les Perses. Justinien en fit une puissante forteresse (Procope, De aedif., m, 3). C'est aujourd'hui le village de Keteriz, dont le nom n'est qu'une déformation du vocable antique.
On ne lui connaît qu'un seul évêque, Marcien (Le Quien dit Marien), qui prit part au concile in Trullo (691-92) (Mansi, xi, 1005).
Le titre a été conféré à plusieurs reprises dans l'Église romaine : Jacques ?-t 1430. — Julien Antoni, O. P., 17 juin 1439. — Narcisse-Zéphyrin Lorrain, 1882. — Athanase-Marie-Vicent Soler y Royo, O. F. M. Cap., 22 déc. 1906-t 21 nov. 1930, vie. apost. de Goajira. — Augustin Roy, M. E. P., 4 déc. 1930-t 22 déc. 1937, ancien évêque de Coimbatore. — Pierre Massa, M. E. M., 29 mars 1938-11 avr. 1946, vie. apost. de Nanyang.
Le Quien, i, 453-54. — Smith, Dicl. of Greek aiul Roman Geography, i, 628. — Weissbach, dans Pauly-Wissowa, xi', 530. — Ann. pont., 1916, p. 392. — MEyàAri ÈXAr|viKri êyKu- KAoTTaiScia, xiv, 368.
R. Janin.
CITIDIOPOLIS, soi-disant évêché de Cilicie IF. Dans la liste des signataires du concile in Trullo, on lit le nom de Sisinnius, évêque de Citidiopolis, à la suite de ceux de cette province et juste avant ceux d'Isaurie (Mansi, xi, 997 D). Le Quien (ii, 905-06) a vu dans cette ville celle que Ptolémée appelle Cetidion. En réalité, c'est une faute de copiste pour Claudiopolis, ville d'Isaurie, qui manque précisément dans la liste des évêques de cette province au même concile. C'est pourquoi la Consistoriale a justement écarté Citidiopolis de son catalogue. On ne trouve le nom, du reste, dans aucune liste épiscopale du patriarcat d'Antioche dont elle aurait fait partie.
R. Janin.
CITIUM (KItiov), évêché, puis métropole de l'île de Chypre, dépendant de Constantia. Cette ville fut probablement fondée par les Mycéniens, car on y a découvert des antiquités de leur civilisation remontant au xiv s. av. J.-C. Les Phéniciens y établirent une colonie vers l'an 1000. Son nom primitif, Kéti (Kittim pour les Hébreux), servit à désigner l'île tout entière et même les pays du monde grec. Elle eut des rois indigènes, soumis aux Assyriens, puis aux Perses. Le dernier, Pumithon (361-312), perdit son trône pour avoir fait alliance avec Antigone contre Ptolémée. Celui-ci annexa toute l'île de Chypre à l'Égypte. Une partie de la ville moderne de Larnaca occupe le site de l'ancienne Citium.
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Il esl vraisemblable que l'évêché de Citium fut créé de bonne heure, mais on ne saurait préciser la date de sa fondation. L'ne tradition prétend que Lazare, le ressuscité de Béthanie, fut son premier évêque. Il ne semble pas qu'elle soit antérieure au v^ s., puisque S. Épiphane n'en parle pas quand il traite de ses destinées.
Ce Lazare a peut-être existé, mais seulement au ii« ou iiif s., et on l'aura volontairement identifié avec le frère de Marthe et de Marie pour rehausser le prestige de l'évêché. On ne connaît que trois évêques de Citium pendant la période impériale : Mnémius prit part au concile de Constantinople en 381 (Mansi, m, 570 A). — Tychon fut un des Pères du VF concile œcuménique (680) (Mansi, xi, 585 B, 645 D, 673 B). — Théodore assista au second concile de Nicée (787) (ibid., xii, 995 C, 1099 E; xiii, 388 B). — Pendant la domination franque sur l'île (1 191-1571), l'évêché grec fut supprimé. — Ricaut parle de l'évêque de Citium (1678), dont il ne donne pas le nom (État présent de l'Église grecque, p. 103). — Cosmas occupa le siège avant le 1«' déc. 1695 (Sathas, Bibliotheca graeca Medii Aeui, m, 520). — Macaire, 1773 (A. Papadopoulos-Kerameus, 'lepoao- XutjriTiKiî pigAioeriKT), iv, 364). — Mélétius l", 1852 (Rhalli-Potli,20vTayno( twv îepcov kco'Ôvcov, v, 528). — Cyrille, 7-1909. — Mélétius II Métaxakis, 1910-18. ~ Nicodème Milonas, 1918, exilé par le gouvernement anglais en oct. 1931, pour sa participation à une tentative d'insurrection.
L'éparchie ou diocèse comprend les districts de Larnaca, Limassol, Kilanion et Episcopi. La résidence du métropolite est à Larnaca. Il porte aussi le titre de « président d'Amathonte, de la nouvelle ville de Lémésos (Limassol) et de Curium ». Il y a une centaine de villages, avec 174 i)rêtres, et deux monastères, ceux de S. -Georges et de Stavrovounion, qui n'ont plus que deux ou trois moines.
Le Quien, ii, 1055-58. — Smith, Dict. of Greek and Roman geography, i, 628-29. — Bûrchner, dans Pauly-Wissowa, XI 535-45. — MeyàAri éAXriviK^i ÈyKUKAoTraiSeia, XIV, 468.
R. Janin.
CITRUS (KÎTpoç, KÎTpov), évêché de la Macédoine F«, dépendant de Thessalonique, puis métropole. La bourgade de ce nom est bâtie près des ruines de l'ancienne Pydna, en Piérie, non loin de la côte, au sud-ouest du golfe de Thessalonique. Son nom remplaçait déjà celui de Pydna au i'"' s. Strabon écrit en effet : r\ TTÔÀiç nû5va, f\ vvv Kîrpov KaAeÏTai. Il semble qu'elle fut pourvue d'un évêché à une époque assez tardive. En tout cas, le premier titulaire connu n'apparaît que dans le dernier quart du ix" s. Cet évêché s'est maintenu jusqu'à nos jours, malgré son peu d'importance. Le patriarcat de Constantinople l'a même promu au rang de métropole et a donné à son évêque le double titre d' « hypertimos et d'exarque de la Piérie » (7 oct. 1924) ('OpôoSoÇia, i, 128). La loi grecque sur la suppression de certains sièges épiscopaux l'atteignit en 1933, à la mort de son titulaire, mais il fut rétabli l'année suivante. L'éparchie ou diocèse compte 60 paroisses, 70 prêtres séculiers et 3 monastères, avec 16 moines. La résidence du métropolite est à Ékatérini.
Les évêques connus de Citrus ne sont pas très nombreux : Germain assista au concile de 879 qui réhabilita Photius (Mansi, xvii-xviii, 377 A). — Un anonyme fut le correspondant de Théophylacte de Bulgarie (Theophi/ladi epistulae, P. G., cxxvi, 324-25). — Jean donna une réponse à une consultation de Constantin Cabasilas, métropolite de Dyrrachium (Rhalli-Potli, ZûvTaypaTcôv Upcôv Kavôvcov, v, 403-10). — Néophyte, 1486 (L. Heuzey, La Macédoine, Paris, 1874, p. 468). — Damascène assista en 1565 à la déposition du patriarche .Joasaph II (M. Crusius, Turcograecia, 174; Hij-
CITHUR C ITTA DKIJ. A IM F, \ l'.
~aiitinische Zeilschr., vu, 1898, p. 71-7Ô). — Zosime \". correspondant de Théodose Zygomalas {Tiircnpraecia. 338). — Lucien, janv. 1589 ('EAXriviKÔç OiÀoXoyiKÔç ZûXAoyos, XXVII, suppl., 367). — Zosime II, sept. 1607 (ibid., XXVII, suppl., 382). — Jérémie I", signalé comme ancien évêque eu 1613 (M. Gédéon, TTorpiap- XiKal Éq)r)tJÊpi56S, 1937, p. 175). — Jérémie II, nov. 1617 (A. Papadopoulos-Kérameus, 'lEpoo-oAuiiiTiKTi pigXio- 6r)Kr|, IV, 8, 10, 20, 21). — Maxime, auteur d'une anthologie grecque éditée par Arcudius (Le Quien, ii, 82 B).
— Jean, ? (A. Papadopoulos-Kérameus, op. cit., m, 60; IV, 64, 358). — Joachim, 1671 (ibid., in, 29). — Athanase, déjà entre 1700 et 1715 (M. Gédéon, op. cit., 1938, p. 519; Rei>. de l'Orient latin, i, 1893, p. 315). — Cyprien, 1821 (AsAtIov ttîs ÈôviKfjs ÊTaipeîas, vi, 13). — Meletius l", démissionne en nov. 1846 ('EKKÂriCTiaCTTiKfi 'AAiîeeia, ii, 363, n. 2). — Grégoire, 9 nov. 1846-56 (ibid., 363, n. 2). — Meletius II, 15 oct. 1856; déposé en mars 1876 (ibid., 529, n. 3; 634). — Philarète (B. Calliphron, 'EKKÀriaïaaTiKÔv SeAtiôv, 243). — Joachim, 1882 ("EkkA. 'AA., II, 635). — Nicolas, 1893-16 août 1896 (ibid., xvi, 226). — Parthenius Papaioannou, août 1896; démissionne en févr. 1904 (ibid., xvi, 226; XXIV, 89). — Parthenius Bardacas, févr. 1904t 26 janv. 19.33 ('OpOoSo^îa, viii, 35-36). — Constantin Coïdaicès, mars 1934 (ibid., ix, 36).
L'Église romaine a conféré assez souvent le titre de Citrus : Guillaume, 1385-1405, sufTragant à Paderborn. — Jean de Kolberg, O. P., 19 févr. 1406-t 1428, suffragant à Mayence. — Hermann de Gherdon, O. P., 26 mars 1432-35, suffragant à Paderborn et à Mayence.
— Bertrand, 1465, suffragant à Aire. — Jean de Berneyo, 1467, suffragant à Angers. — André de Arnstad, O. P., 16 juin 1479. — Pierre, 9 févr. 1488, suffragant à Bordeaux. — Mathelin de Leonnais, 1455-90. — Henri Daradon, O. Carm., 3 mars 1490-t 1496, suffragant à Vannes. — Pierre de Guynio, O. Carm., 23 janv. 1497- ?, suffragant à Vannes. — François Rayneri, O. F. M., 22 déc. 1514-?, suffragant à Bordeaux. — Jean Letexerot, O. P., 14 mars 1519, suffragant au Mans. — Martin de Gaczah, 8 août 1544-?, suffragant à Gross-Wardein. — Annibal Mazochi, 24 mars 1538-t 1553, suffragant à Parme. — Barthélémy Gisselin, 28 avr. 1553t 1564, suffragant à Mantoue. — François Facini, 6 oct. 1564-?, suffragant à Mantoue. — Jean-Baptiste Valeri ou Valier, 17 nov. 1574-96, coadjuteur à Bellune. — Abraham Sladkowski, 1622, suffragant à Chelm. — Nicolas Romanow-Swirski, 1644-t avr. 1676, suffragant à Chelm. — Pie-Eugène Neveu, Assompt., 11 mars 1926-t 17 oct. 1946, admin. apost. à Moscou.
Le Quien, ii, 79-82; m, 1095-96. — McyàXTi éXXriviKf) êyKUKÀoiraiSEla, xiv, 472. — Ann. pont., 1916, p. 392.
R. Janin.
CITTA, ou Civitale, San Severo, dioc. de la prov. de Foggia (Italie mérid.), province eccl. de Bénévent. Après la conquête de l'Apulie par les Normands, le pape Étienne IX, en délimitant les pouvoirs métropolitains de Bénévent (1058), nomme Civitate parmi les évêchés qui lui sont subordonnés. De 1439 à 1470, C. fut uni au dioc. de Lucera et avec lui, en 1581, fut transféré à San Severo, auquel, encore à la fin du xvi'^ s., fut joint le siège de Dragonaria. — En 1920, le diocèse comptait 70 000 catholiques, 9 paroisses, 90 prêtres.
Liste des évêques. — Amelgerius, Rogerius, 1062, 1075. — Landulphe, 1092. — Jean, 1144. — Robert, 1 180. — N..., 1255. — Donadeus, 1255. — Pierre, 1303, 1304. — Jean, 1310. — Hugues, 1318, 1324. — Jean (?), 1335. — Christian, transf. à Frigento, 1347. — Matthieu, O. M., év. d'Orgathe (Perse), 1348. — Matthieu, 1360. — -Jacques Joannis, O. P., 1372. — Benoît, nommé par Urbain VI. — Pierre Joannis Bapt., 1388, transf. à Larino. — Jean, O. P., év. de Dagne, 1411. — Jacques de Minutulis, administr., t 1412. — Jacques
' Caraczulus, administr., 1125. - lïtienne. — .Jean, év. de Guardial fiera, 1473. - Antoine, 1477. — Nicolas, 1480. — Gudiel de Cervatos, 1495. — Jacques de Noie, O. P., 1500. - Pancrace Rotondi, 1504. — Robert de Theobaldeschis, 1505. — Gaspard-Ant. de Monte, 1517.
— Luc Gauricus, 1545. — Gérald Rambald, 1550. — François Alciatus, 1561. — Martin Martini, S. J., év. de Lésina, 1581. — Germanicus Malesplna, 1583t 1604. — Octave Vipera, 1604-t 1608. — Fabricius Veralli, 1608-t 1624. — Vincent Caputo, transf. à Andriano, 1625. — François Venturi, rés. 1629, f 1641. — Dominique Ferro, 1629-t 1635. — François-Ant. Sacchetti, 1635, transf. àTroja. — Léonard Severoli, 1650t 1654. — Jean-Bapt. Monti, 1655-t peu après. — Franç. Densa, 1657-t 1670. — Horace Fortunati, 1670, transf. à Nardo, 1678. — Charles-Félix de Matha, 1678t 1701. — Charles-Franç. Giocoli, 1703, transf. à Ca- ])accio, 1717. — Déodat Summantico, O. S. A., 1717t 1735. — Barthélémy MoUo, 1739-t vers 1761. — - Ange-Ant. Pallante, 1766-1767. — Eug.-Benoît Scaramuccia, 1767-t 1775. — Jos.-Antoine Farao, 1775- 94. — Jean-Gaétan del Muscio, 1797, transf. à Siponto, 1804. — Jean-Camille Rossi, 1818, rés. 1826, f 1837. — Bernard Rossi, 1826-t 1829. ~ Jules de Tommasi, 1829-t 1843. — Rocho de Gregorio, 1843. — Antoine La Scala, év. de Gallipoli. 1858-t 1889. — Bernard Gaétan d'Aragona, O. S. B., d'abord coadj., suce, en 1889. Bonaventure Gargiulo, O. M. Cap., 1895t 1905. — Emmanuel Merra, év. de Cortone, 1905t 1911. — Gaétan Pizzi, év. de Lacedonia, 1912-t 1921.
I — Oronce-Lucien Durante, 1922-t 1941. - François Orlando, 1942.
Ann. pont. — Cappellelti, xix, ;}21-.'56. — Eubel, i, 189; II, 129; III, 183; iv, 313. — Gains, 923. — A. Grôner, Die Diôzesen Italiens, 1904, p. 43-45. — H. W. Klewitz, dans Quellen iind Forscli. ans ital. Archiuen und Bibliotli., xiii, 19.32-33, p. 13, 47. — L. T. K., ii, 974; ix, 507-08. l'Slielll, viii, 270, 274.
I R. W'VN DOREN.
I CITTA DELLA PIEVE, Castrum P/e&(s, ville j de la prov. de Pérouse (Italie). Municipe à l'époque roi maine, elle fut àprement disputée pendant les luttes entre guelfes et gibelins. Elle fut incorporée dans l'État pontifical sous Martin \'. Saccagée par les troupes de Charles-Quint, elle appartint ensuite à la légation de Pérouse. Clément VIII, en 1600, la sépara de l'évêché de Chiusi et l'érigea en diocèse dépendant immédiatement du Souverain pontife. — Ce diocèse comporte aujourd'hui 45 000 catholiques, 33 paroisses, 47 prêtres séculiers, 6 réguliers.
Liste des évêques. — Ange Angelotti, f 1602. — Fabrice Paolucci, 1605-t 1625. — Celse Zani, O. M., 1625, résigna 1629. — Sébastien Ricci, 1629-t 1638. — Jean- Bapt. Carcarisio, 1638-t 1643. — Réginald Lucarini, O. P., 1643-t 1671. — Charles-Franç. Muti, 1672t 1710. — Fauste Guidotti, 171 1-t 1731. — Franç. -M. Alberici, 1732, transf. à Foligno, 1735. — Ascanius Argelati, 1735-t 1738. — Gaétan Fraccagnani, 1738t 1747. — Virgile Giannotti, 1747-t 1751. — Hippol.- M. Graziadei, 1751-t 1754. — Ange-M. Venizza, 1754t 1770. — Thomas Manzini, 1775, rés. 1795, t 1799. — Franç. -M. Gazzoli, 1795, transf. à Ameha, 1800. — Phil.-.\nge Becchetti, 1800-t 1814. — Bonav. Carenzi, O. M., év. de Backow, 1814-t 1817. — Pierre-Camille de Caroli, 1818 (f 1818). — Jules Manu, 1818-t 1837.
— Jos.-M. Severa. 1837, transf. à Terni, 1853. Emidius Foschini, 1853-t 1888. — Paolo Gregori, 1889t 1895. — Jean Tacci PorceUi, 1895, archev. tit. de Nicée, 1904. — Dominique Fanucchi, 1907-t 1910. — Joseph Angelucci, 1910.
Ann. pont. — Cappelletti, v, 247-76. — Enc. cattol., m, 1 751 . — Enc. ital.. x, 496-97. — (înms, 684. — Ughelli, i, 1316.
R. Van Doren.
Ç.\'\TA Dl CASTELLC) - CITTANUOVA
CITTA Dl CASTELLO, Tifernum (Tiberiacum ou Tiberinum, pour le distinguer de Tifernum Metaurense, auj. S. Aiigelo in \'ado), évêché sur le Tibre (Italie), en dépendance immédiate du S. -Siège. A l'époque romaine, T. était municipe. l,e christianisme s'y introduisit assez vite, sans qu'on puisse prouver que ce fut sous l'influence de S. Crescentianus, saint local, qui y est fêté le l'^'' juin, mais est identique au martyr romain du 8 août (Mari. Rom., 218-19). Ravagé par les Goths au vi"' s., T. fut restauré par l'évêque S. Floridus, dont parle S. Grégoire {Diul., m, 13; P. L., Lxxvii, 241). Occupé ensuite par les Lombards, il fut api)elé Ciuitus Felicitatis, et enfin Citta di Castello. Ses habitants, dans la lutte entre le sacerdoce et l'empire, restèrent fidèles au pape. De même, après les conflits entre guelfes et gibelins, C. di G. resta définitivement acquise à la souveraineté pontificale. Le territoire était jadis assez étendu, mais, en 1325, Jean XXII en sépara deux paroisses qu'il attribua au dioc. de Cortone; Léon X, en 1515, lui enleva le monastère de Borgo San Sepolcro, érigé en diocèse (Z). H. G. E., ix, 1246), et enfin, en 1(536, L'rbain VIII attribua une autre paroisse au diocèse nouvellement créé d'Urbania.
La cathédrale de S. -Laurent, du xi<= s., garde encore des parties anciennes. Restaurée en 1540, elle reçut comme seconds titulaires S. Floridus et S. Amantius. On y conserve la tête de S. Crescentianus; les autres reliques de ce saint avaient été données, ou enlevées de force, en 1068, pour l'église d'Urbino. Pascal II, au XII* s., avait remplacé le chapitre de cette cathédrale par une communauté de chanoines réguliers de S.-Frédien de Lucques, qui fut sécularisée au xvi« s. Les revenus du diocèse ne furent jamais élevés. Aujourd'hui, il compte 64 000 catholiques, 156 paroisses, 112 prêtres séculiers et 10 réguliers.
Parmi les monastères anciens établis sur le territoire, outre Borgo San Sepolcro, citons S. -Jacques de Castello, ou de Scatorbia (aug. S. Chiara délie Muratte). Il fut fondé en 1 142 par Godolus de Furore et sa femme Sophie, appartint ensuite au monastère de Ste-Marie de Oselle, O. Vallumbr., et, après l'expulsion des moines au xiv<^ s., fut donné en commende. Rappelons encore S. -Jean de Marzana, abbaye bénédictine assez importante, qui, placée en commende, tomba en décadence, et, au XN"» s., à cause des guerres, fut abandonnée par les moines.
Liste des évêques. — Eubodius, 465. — Marius, ?-499 (sans doute év. de Tifernum Melunrense). — Innocent, 501, 502. — S. Floridus, 593. — Luminosus, 649. — S. Albert, mart., 711. — Théodore, 715. — Tacipert, 752.
— Boniface, 761. — Léon, 769. — StabiUs, 826. — Roderic, 853, 861. — Rainald, 873 (?). — Marin, 877. — Pierre (?), 900. — Ingizus, 968, 998. — Pierre, 1012, 1036. — N..., 1044. — Pierre, 1048. — Hermann, 1050, 1059. — Fulcon, 1068-t 1100. — Rodolphe, 1100t 1105. — Jean, 1106-t 1124. — Régnier, 1124-t 1129.
— Guidon, H29-t 1137. — Davizzo, 1137, 1145. — Ubald, 1150, 1151. — Tedelmann, 1152. — Pierre, 1153-t 1178. - (Corjjellus, intrus, 1159). — Régnier, 1178, 1204. — Roland, 1205. — Jean, 1206-t 1226. — Cortensonus, 1227, 1228. — Matthieu Suppolini, 1229t 1234. — Azzo, 1234, 1251. — Pierre Rubeus, 1252. — Nicolas, O. Prém., 1265-t 1279. — Jacques Cavalcante, 1280-t 1301. — Hugolin Gualterotti, 1301. — Hugolin délia Branca, 1320. — Pierre Richard, 1347. — Bx Bucius Johanetti, jésuate, 1358-t 1374. — Nicolas de Marciari, év. de Fermo, 1374, transf. à Orvieto. — Hector de Ursinis, 1379-t 1387. — Bandellus de Bandellis, 1387, transf. à Rimini. — Jean del Pozzo, 1407. — Bernard Bartolomei, 1409. — Sirobald de Ubaldis, 1424. - Radulphe. O. Er. S. A., 1441. — Jean Gianderoni, O. Er. S. A., 1460, transf. à Massa .Maritima. — Barthélémy de Marascha, 1474. — J.-B. Lagni, 1478,
transf. à Rossano. — Nicolas Hippolyti, archev. de Rossano, nommé aussi archev. de Césarée, 1493, transf. à Ariano. — Ventura de Bufîalinis, 1498, transf. à Terni. — Jules de Vitellis, 1499, démiss, de son siège. — Ant. de Monte (Ciocchi), 1503, transf. à Manfredonia.
— Achille de Grassis, 1506, transf. à Bologne. — Balthasar de Grassis, 1515. — Card. Marin Grimani, 1534.
— Alexandre-Etienne Philodorus, O. P., 1539. — Vitellosius de Vitellis, 1554. — Constant Bonellus, 1560t 1572. — Anthime Marchesani, 1572-t 1581. — Louis Bentivoglio, év. de Policastro,t 1602. — Valérien Muti, év. de Bitetto, nonce à Naples, 1602-t 1610. — Luc Semproni, 1610-t 1616. — Evangelista Tornioli, O. Oliv., 1616-t 1630. — César Baccagna, 1632-t 1646. — Franç. Boccapaduli, 1647, rés. 1672. — Jos. de S. M. Sebastiani, O. Carm, év. de Bisignano, 1672-t 1689. — Jos. Musotti, 1690, rés. 1692. — Luc Ant. Eustachi, 1693-t 1715. — Alex. Codebo, 1716-t 1733. — Oct. Gasparini, 1734-t 1749. — J.-B. Lattanzi, 1750, rés. 1782. — Pierre Boscarini, 1782-t 1801. — Paul Bartoli, év. d'Acquapendente, 1801-t 1809. — P'ranç.-Ant. Mondelli. év. de Terracine, 1814-t 1825. — Jean Muzi, 1825-t 1849. — Letterio Turchi, év. de Norcia, 1850t 1863. — Paul Micalefî, 1863, transf. à Pise, 1871. — Jos. Moreschi, 1871-t 1887. — Dominique Fegatelli, 1888, 1891. — Dario Mattei Gentili, 1891, 1895. — Aristide Golfleri, év. de Fabriano et Matelica, 1895t 1909. — Sanchini, élu 1909, mais n'accepta pas le siège. — Charles Liviero, 1910-t 1932. — Maurice- Franç. Crotti, O. F. M. Cap., 1933-t 1934. — Philippe Cipriani, 1934.
.4/1/1. ]>oiU. — Cappelletti, iv, 581. — fine, catlol., m, 17.">2. — Enc. ital., x, 497-498; xxxiii, 832. — liubel, i, 190; II, 130; m, 184; iv. 152. ~ Gams, 683. — Kehr, It. pont., IV, 98. — Lanzoni, 482-483. — G. Magherini-Graziani, Sioria di C, 1890. — G. Muzi, Memorie stor., eccles. e civili di C, 1842-44. — G. Schwartz, Die Besetzimg der liistiimer Iteiclisittdiens, 279. — Ughelli, i, 1316.
R. Van Doken.
CITTA DUCALE, petite ville delà province de Rieti (Naples), fondée au début du xive s., en souvenir de Robert, duc de Calabre, fils de Charles II d'Anjou. Son histoire est marquée de nombreux conflits avec Rieti et de luttes intestines. Elle fut érigée en siège épiscopal par Alexandre VI, en 1502, mais perdit son titre en 1505, sur les instances du cardinal Colonna; à la mort de celui-ci, en 1508, Jules II rétablit le siège épiscopal. En 1818, après vingt-deux ans de vacance, C. D. fut supprimée comme évêché et son territoire fut uni à celui d'Aquila.
Liste des évêques. — Mathieu de Mignano de Ursinis, 1502, transf. à Calvi. — Card. Jean Colonna, administr., 1505. — Jacques Alpharidius de Leonissa, 1508.
— Félix de Maximis, son neveu, 1525. — Pompilius Pirotus, 1573, transf. à Guardialfiera. — Valentin de Valentinis, 1580. — Jean-Franç. Zagordus, 1593, transf. à Belcastro. — Jean-Georges de Padilla, O. P., 1598t 1609. ~ Pierre-Paul Quintavalle, 1609-t 1627. — Nicolas Benigni, 1627-t 1632. — Pomponius Vetulus, 1632-t 1652. — Saluste Cherubini, 1652-t 1658. — Charles Valentini, 1658-t 1681. — Franç. Giangirolami, 1682-t 1685. — Philippe Tani, O. S. B., 1686, rés. 1710, t 1712.— Pierre-Jacques Pichi, 1713-t 1733. — Franç. Rivera, 1733, transf. à Siponto, 1742. — Ange- M. Marculi, O. S. A., 1742, transf. à Bitetto, 1745. — Nicolas-M. Calcagnini, 1745, 1786.
Cappelletti, xxi, 424-27. — D. H. G. E., ui, 1106. — Enc. ital., X, 503-04. — Eubel, in-iv. — Gams, 876. — Ughelli, I. 604-07.
1 . CITTANUOVA, Aemona, ancien diocèse sur la côte occidentale d'Istrie (Italie), à 15 km. de Parenzo. Aemona d'Istrie est souvent confondue avec
CITTAMJO VA
CIIDAI) REAL
Aemona Savina (Ljubljana, Laibach),en Carniole. On a cru, mais sans preuve, que les évêques de Ljubljana, après la destruction de cette ville, se seraient réfugiés à Cittanuova d'Istrie et l'auraient appelée Aemona; rien non plus ne démontre qu'Aemona d'Istrie, détruite par les Slaves ou les Hongrois, aurait été remplacée par Civitas Nova. On ne sait rien de précis concernant les premiers évêques. Maxime d'Aemona, présent au synode d'Aquilée de 381, appartient sans doute à Lj ubljana; de même Florus et Germain. Par contre, il est certain que Patricius (579) est évêque d'Aemona d'Istrie; de même Maurice, mentionné sur une inscription et dans une lettre d'Adrien L"' à Charlemagne. Otton III, en 996, parle du dioc. de Civitas Nova d'Istrie, dans une lettre à Jean, patriarche d'Aquilée, qu'il invite à consacrer l'évêque. Les évêques, qui euxmêmes s'intitulaient habituellement d'Aemona, reçurent souvent le titre de Civitas Nova; d'où provint la confusion avec ceux de Cittanova d'Héraclée (D. H. G. E., IV, 1058).
Poppon, patriarche d'Aquilée, unit à ce diocèse modeste la villa de S. Lorenzo in Daila : dès ce moment les évêques se firent encore appeler comtes de S. -Laurent. Néanmoins, C. resta pauvre. Aussi Innocent III, en 1206, autorisa-t-il le patriarche Wolcher à l'unir au siège de Capodistria; mais cette union ne fut pas réalisée. En 1434, C. fut agrégée à Parenzo par Eugène IV, mais en fut séparée dès 1448 et fut donnée en commende à Dominique, patriarche de Grado. En 1451, elle passa à la mense patriarcale de Venise, dont elle fut disjointe en 1465. Enfin, en 1831, Léon XII supprima le diocèse, qui fut uni à Trieste.
Liste des évêques. — Patricius, 579. — Maurice. — Jean, 961, 991. — Azzon, 1015, 1031. — Jean, 1037. — Candien, 1072. — Nicolas (?). — Alexandre, 1086 (?), 1118 (?). — André, 1119 (appartient à Cittaimova Aemona, et non à Cittanova Heracliana). — Léonard, 1212, 1224. — Cantien, 1228. — Gérard, 1230. — Bonaccursus, 1243, 1260. — Nicolas, 1269. — Égide, 1279. — Simon, 1284. — Gérold de Tessenberg, 1308.
— Cantien, 1318. — Natalis deBonafide, 1331. — Jean Morosoni, O. Er. S. A., 1347. — Guillaume Conti, O. P.,év. de Cisopolis (Sizebolu), 1359. — Jean Grandis de Padoue, O. Er. S. A., 1363. — Marin de Venise, 1366. — ■ Nicolas d'Agrigente, O. M., 1376. — Ambroise de Parme, archev. d'Oristano, 1377, transf. à Concordia, 1382. — Paul de Montefeltre, O. Er. S. A., 1382. — Léonard, patr. d'Alexandrie, administr., 1401. — Thomas Paruta, O. P., 1409, transf. à Pola. — Jacques de Montina, O. M., 1409. — Ant. Corario, év. de Porto, administr., 1420. — Daniel Gario, 1421, transf. à Parenzo. — Philippe Paruta, O. Er. S. A., 1426. — François, 1467. — Marc- Ant. Foscareni, 1495. — Ant. Marcel, archev. de Patras, 1521-t 1526. — Card. François Pisani, administr., 1526, résigna 1535. — Vincent de Benedictis, 1535. — Alexandre de Ursis, 1536, résigna 1539. — Card. François Pisani, administr., 1559, rés. 1561. — Mathieu Priolus, patr. de Venise, 5 sept. 1561, transf. à Vicence. — Gard. François Pisani, 2« fois administr., 1565-t 1570. — Jérôme Vielmi, O. P., év. d'Argos, t 1592. — Antoine Saracenus, 1582-t 1607. — François .Manino, 1607-t 1619. — Eusèbe Caimo, 1620t 1640. — Jacques-Phil. Tomasini, 1641-t 1655. — Georges Darminio, 1655. — Jacques Bruti, 1671-tl679.
— Nicolas Gabrieli, 1684, rés. 1717, t 1718. — Daniel Sansoni, 1718-t 1725. — Victor Mozzocca, O. P., 1725t 1732. — Gaspar de Negri, 1732, transL à Parenzo, 1742. — Marins Bozzatini, 1742-t 1754. — Étienne Leoni, 1754-t 1776. — Jean-Domin. Stratico, 1776, transf. à Lésina, 1784. — Antoine Lucovich, 1784. — Théodore Balbi, 1795-t 1831.
CappelletU, viii, 74ô. • — Eue. cattol., m, 1753. — Eue. liai., X, 504-05. — Eubel, i, 73; ii, 81; m, 108; iv, 70. —
Gams, 77U. — Kehr, //. pont., vu, ii, 226. — G. Schwartz, Die Besetxuuy der Bi.stumer Reichsilnliens, 36. — Ughelli, V, 226.
R. Van Doren.
2. CITTANUOVA, Oderzo, Heracliana, ancien diocèse de la province de Trévise (Italie). La ville d'Oderzo (Opitergium), dans le golfe de Venise, remonte à l'époque romaine. D'après une tradition, l'Évangile y fut prêché par S. Prosdocimus, qui y édifia une église dédiée à S. Jean-Baptiste. La légende ajoute que l'évêque Epodius, dès 421, y aurait aussi consacré S. -Jacques de Rivoalto. Mais le premier évêque attesté de façon certaine est Marcien (579). Il eut comme successeurs SS. Florien et Titien, appelés protecteurs d'Opitergium (632). Peu après, la ville fut saccagée par le roi lombard Rothaire, et l'évêque S. Magnus, avec l'agrément du pape Séverin, transféra le siège à Heracliana. D'après la légende, il aurait fondé huit églises à Venise, dont il devint l'un des patrons. Opitergium, reconstruite, fut à nouveau détruite par le roi Grimoald. Cependant son titre épiscopal fut maintenu jusqu'au XIV siècle.
Heracliana, sise également dans le golfe de Venise, avait été édifiée en l'honneur de l'empereur Heraclius, après la destruction d'Oderzo. Elle était place forte et siège d'un commandant militaire. Jusqu'au milieu du vine s., elle fut chef-lieu du territoire vénitien. Mais, à cause des guerres intestines, les doges l'abandonnèrent pour s'établir à l'île de Malamocco (Melamaucus). Ils détruisirent Heracliana, qui fut pourtant rétablie sous le nom de Civitas Nova, sans qu'elle retrouvât jamais sa première splendeur. Les évêques portèrent le titre de la nouvelle ville, ce qui plus tard amena chez plusieurs auteurs la confusion avec ceux de Civitas Nova d'Istrie ou Aemona (D. H. G. E., iv, 1058). Cet évêché, très misérable, fut supprimé définitivement par Eugène IV en 1440.
Liste des évêques. — Jean, 877. — Ursus, 919 (?). — Pierre, 960. — Pierre, 1071. — Jean, 1106. — Aurius, 1127. — Bonusflhus, 1132. — Guy Marango, 1161. — Dominique Magnus, 1173. — Clément, 1188.
V.Botteon, Un documento prezio.io riguardo aile oritiini del vescovado di Ceneda, Conegliano, 1907. — Cappelletti, x, 710-25. — H. Cessi, Venezia ducale, i. Le origini, Padoue, 1928. — Enc. catlol., ni, 1753. — Enc. ital., xiv, 174. — Eubel, I, 191. — Gams, 784. — Kehr. II. pont., vu, n, 77-78.
— Ughelli, X, 151-67.
R. Van Doren.
CITTINUS, martyr scillitain. Voir Scilli.
ClUDAD REAL, Cluniensis, évêché espagnol.
I. Histoire. — L'identification de Ciudad Real avec le Sisapum Cretanorum des Romains n'est qu'une supposition sans fondement solide. Son histoire ne commence que vers la fin du xii« s. ; elle se trouve alors mêlée à une légende dont les détails sont sûrement gratuits, mais dont le noyau a, peut-être, une certaine historicité. En 1088, l'image de N.-D. de los torneos ou de los reyes aurait été transportée de Tolède en Andalousie pour servir de protection aux armées chrétiennes d'Alphonse VI; elle serait arrivée ainsi à Pozuelo Seco
— la future Ciudad Real; le jour du départ des troupes, elle serait restée à Pozuelo, soit parce que la monture aurait refusé de continuer son chemin (première version), soit parce qu'elle aurait été oubliée par l'aumônier chargé de la porter au roi Alphonse (seconde version). A partir de cette date, elle s'appela N.-D. del Prado. Quoi qu'il en soit de cette légende, il est certain que l'histoire ecclésiastique de Ciudad Real a toujours été en relation avec celle de l'ermitage, de la paroisse et de la cathédrale de N.-D. del Prado.
Il est très probable qu'à la suite de la déroute d'Alarcos (1195), Pozuelo Seco fut détruit; après la victoire de Las Navas (1212), il fut attribué par Al-
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