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REAL

phoDse à un gentilhomme, Don Gil, d'où, à partir de cette date, son appellation de Pozuelo de Don Gil. Le 20 févr. 1255, le roi Alphonse X, par document signé à Burgos, érigea Pozuelo de Don Gil en capitale de la région d'Alarcos. En vue de hâter la restauration de la région, il concéda toutes sortes de facilités à ceux qui voudraient y habiter. En 1262, il visita Pozuelo, détermina l'emplacement de la ville future qui devrait s'appeler Villa Real et multiplia ses privilèges {Chron. (t'Alph. X, c. xi). Le fait d'être érigée en ville sui jurix, alors qu'elle se trouvait sur le territoire appartenant à l'ordre de Calatrava, lui valut dans la suite de nombreux conflits, souvent sanglants, avec les ordres militaires ; les Rois Catholiques y mirent un ternie en revendiquant pour eux le gouvernement de ces ordres. Le roi Jean II, obligé par la loyauté de Villa Real, l'éleva en 1420 à la dignité de cité, d'où son nom actuel de Ciudad Real; il confirma et augmenta en outre ses privilèges (Chron. de Jean II, c. xliii).

Les Juifs avaient formé un des principaux éléments de repeuplement de C. Real; mais ils s'attirèrent bientôt la haine de la population chrétienne par leurs exactions; ils durent y subir, à la fin du xiv« s., de sanglantes répressions, et encore au xv« s. ils y furent persécutés en même temps que les conversas. En 1483, le grand inquisiteur, Thomas de Torquemada, fixa à C. Real le S. -Office, mais deux années plus tard celui-ci fut transféré à Tolède. Le 30 oct. 1494, les Rois Catholiques créèrent à C. Real la deuxième chancellerie du royaume, qui fut à son tour transférée à Grenade en 1505. C. Real perdit alors sa haute position. En 1814, elle devint capitale de la province de son nom.

II. Diocèse. — Dans la région de C. Real, existait à l'époque wisigothique l'évèché d'Oretum, dont l'évêque signa les actes de plusieurs conciles tenus à Tolède; Oretum s'appelait aussi Oreta Granatula. Aux environs de l'actuelle Granatula de Calatrava (prov. et dioc. de C. Real), près du sanctuaire de N.-D. de Azuqueca. existent encore les ruines d'une ancienne ville, Oreta Granatula sans doute. Mais aucun lien de continuité n'existe entre le dioc. d'Oretum et celui de C. Rodrigo (v. Orf.to).

.\vant le concordat de 1851, le territoire actuel de C. Real appartenait respectivement au dioc. de Tolède (119 localités), à la juridiction exempte d'Uclés (4 loc.) et au dioc. de Cordoue (2 loc); seulement, des 119 localités rattachées à Tolède, il n'y en avait que 30 qui lui appartenaient exclusivement; 59 dépendaient de l'ordre de Calatrava, 23 de celui de S. -Jacques et 7 de celui de S. -Jean, pour tout ce qui regardait la provision des paroisses et leur gouvernement spirituel; ce dernier était exercé par des vicaires résidant à C. Real, Infantes et Alcâzar de San Juan, respectivement pour chacun de ces ordres, qui occupaient les territoires dits Champs de Calatrava, Montiel et S.-Jean.

Le concordat de 1851 (art. 5) stipule l'érection d'un diocèse suffragant à C. Real; en outre, pour obvier aux graves inconvénients résultant pour l'administration ecclésiastique de l'existence des territoires susdits rattachés aux ordres de S. -Jacques, Calatrava, Alcântara et Montesa, il fixa (art. 9), dans la nouvelle démarcation ecclésiastique, un certain nombre de villes, formant le coto redondo, où le grand maître — le roi — exercerait la juridiction ecclésiastique. Ce territoire s'appellerait <■ Prieuré des ordres militaires » et le prieur serait investi du caractère épiscopal. Mais le décret du gouvernement de la République, daté du 9 mars 1873, supprimant les ordres militaires, empêcha l'exécution de cet article du concordat. A son tour, le pape Pie IX (bulle Quo gravius, 14 juill. 1873) supprima la juridiction exempte des ordres militaires et annexa leurs territoires aux diocèses limitrophes. Avec la restauration de la monarchie, les ordres militaires furent

rétablis et Pie IX (bulle Ad apostolicam, 18 nov. 1875) restaura le Prieuré des ordres militaires et lui assigna tout le territoire de la province civile de C. Real; il rexemjjta de toute juridiction ordinaire, déclara son territoire vere et proprie nultius dioecesis, et le plaça immédiatement sous la dépendance du Siège apostolique. Le roi, grand maître, et ses successeurs auraient le droit de désigner le prieur et de le présenter au pape en vue de lui faire conférer la dignité épiscopale sous le titre d'évêque titulaire de Dora, perpétuellement annexé au Prieuré. L'évêque-prieur aurait dans son diocèse les mêmes facultés d'ordre et de juridiction que les évêques ordinaires; des stipulations analogues intervinrent en ce qui concerne la dotation du clergé. Il fut en outre prévu que le vicaire général devrait être gratus au grand maître et que, sede vacante, il assumerait, ipso iiire, les fonctions de vicaire capitulaire. Le clergé capitulaire se composerait de 4 dignités, 4 canonicats de officia et 8 canonicats de qratia; les bénéfices seraient au nombre de 12. La provision des dignités, canonicats et bénéfices, etiam curati, appartenait exclusivement au grand maître; cependant, un concours préalable était prévu pour la collation des canonicats de officio et des paroisses ; mais, dans ce dernier cas, l'évêque-prieur aurait le droit de présenter la terna. La curie priorale pourrait juger des causes ecclésiastiques, comme les autres curies: comme seconde instance, elle recourrait au tribunal des ordres militaires; toutefois elle aurait le droit de faire appel au tribunal de la Rote. Les évêquesprieurs, immédiatement avant ou après la prise de possession, devraient s'enrôler dans l'un des ordres militaires et tous les membres du chapitre pourraient porter la croix d'un des ordres sur leurs habits de chœur et sur leurs vêtements ordinaires aussi longtemps qu'ils appartiendraient au dioc. de C. Real. Cette bulle fut exécutée par le cardinal Moreno, archevêque de Tolède.

Liste des évêques-prieurs. — 1. Victoriano Guisasola Rodriguez, 1876-82; évêquc de Téruel, élu premier év.prieur le 29 sept. 1876. Le 26 mai 1877, il érigea son chapitre. Nommé év. d'Orihuela en 1882 et en 1886 archev. de Compostelle; t 1888. — 2. Antonio M. Cascajares y Azara, 1882-84; élu second év. -prieur en mai ou juin 1882, év. de Calahorra en déc. 1883, archev. de Valladofid en 1891, card. en 1895 et ensuite archev. de Saragosse. — 3. José M. Rancés y Villanueva, 1886-98; préconisé év.-prieur le 7 juin 1886, prit possession le 16 nov. Il fonda le collège S.-Joseph, commença la construction de l'asile, autorisa l'installation à C. Real des Fils du Sacré-Cœur de Marie, inaugura le séminaire le 1" oct. 1887, célébra un synode diocésain (29- 31 mai 1892) où furent promulguées les constitutions diocésaines. Transf. à Cadix en nov. 1898. — 4. Casimiro Pifïera y Naredo, 1898-1904; désigné év. tit. d'Anchiale et administr. apost. de Barbastro le 24 mai 1896, fut nommé év.-prieur le 28 nov. 1898 et prit possession le 19 mars 1899. II favorisa l'établissement des Pères de la Compagnie, des Servantes de Marie et d'autres communautés et restaura l'église cathédrale; t à C. Real le 28 août 1904. — 5. Remigio Gandâsegui y Garrochâtegui, 1905-14 ; préconisé év.-prieur le 27 mars 1905 et consacré à Saragosse le 16 juill., prit possession en août et fit son entrée à C. Real le 3 sept. Il créa des œuvres sociales. Le 26 mars 1914, il fut élu év. de Ségovie et en mai 1920 archev. de Valladolid, où il mourut le 16 mai 1937. — 6. Javier Irastorza y Loinaz, 1914-22; év.-prieur le 11 juill. 1914 et consacré à San Sebastien le 22 nov., prit possession le 7 janv. 1915 et fit son entrée le 31 jany. Comme son prédécesseur, il se préoccupa surtout des questions sociales, créa VInstit. popiilar de la Concepciôn et fonda des cours de sociologie au séminaire; transf. à Orihuela le 27 juin 1922. — 7. Narciso Estenaga y Echevarria, 1922-t 1936; préconisé le 14 déc. 1922 et consacré à Madrid le

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