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C 1 U L) .\ I ) HO I ) H I

22 juill. 1923, prit possession le 9 août et fit son entrée le 12 août. Il organisa l'Action catholique dans son diocèse. Le 8 août 1936, il fut arrêté par les révolutionnaires et exécuté le 22. — 8. Emeterio Echevarria Barrena, 1942; préconisé le 29 déc. 1942 et consacré le 28 mars 1943.

III. La ville. — C. Real possède actuellement environ quinze églises, dont trois paroissiales : Santa Maria dcl Prado (cathédrale), de style gothique décadent; l'abside est du xv^ s., les voûtes du xvi''; la tour, de 1551, a été restaurée en 1835; les chapelles datent de 1580, la sacristie (aujourd'hui chapelle du Sacré-(^œur) de 1643; la partie principale remonte au xiii<^ s., style mi-roman, mi-gothique ; l'église, à une seule nef, est une des plus vastes d'Espagne (50 m. x 17 m.); le maîtreautel et le chœur sont placés dans l'abside; le retable monumental, achevé en 1616, est l'œuvre de Girald de Merle et Jean Asteu; des 6 chapelles primitives, il n'en reste que deux. L'ornementation intérieure et extérieure est très simple. N.-D. del Prado est fêtée le 15 août. — S.-Pierre est la plus monumentale de toutes les églises de C. Real; sa porte principale, à cinq arcades, révèle des éléments byzantins; la porte del Sol (sud) est gothique, celle de VUmbria (nord), de type arabe; la partie la plus remarquable de l'église est la chapelle de l'abbé Ferdinand de Coca, curé de S.- Pierre et chanoine de Sigûenza; elle abrite un retable du xvF s. et le tombeau en albâtre de l'abbé. L'église a trois nefs; la vue de la nef centrale a été détériorée par un retable de l'année 1863, placé au centre. Elle possède une assez intéressante collection de tableaux, de sculptures, d'ornements et d'autres objets d'art, et surtout de belles stalles (xvf s.). — S.-.Jacques est la plus ancienne église de la ville, mais elle a été fort mal restaurée au xvi« s. Son clocher, probablement la primitive tour de Pozuelo de Don Gil, conserve encore quelques vestiges anciens. Elle a trois nefs et trois absides, et possède aussi quelques objets d'art.

Autres églises et couvents : outre le carmel (religieuses), les dominicaines, les franciscaines, les servantes de Marie, les sœurs des pauvres et les sd'urs de la Charité (hôpital) y possèdent un couvent. De même les Pères de la Compagnie et les fils du Cœur de Marie (clarétins). Enfin mentionnons les églises de S.-Jeande-Dieu, S. -Joseph, la Merced et las Remédias.

L. Delgado Merchan, Hist. dociimentada de C. Real, Ciiidad Real, 1907. — A. Salido y Estrada, (Jompendio de la hist. de C. Real y de su patrona la Virgen del Prado, G. Real, 1866. — S. Almenara, Compendio de la hist. <le C. Real. — D. de Jesrts Maria, Hist. de la imagen sacratlsima de N. S. del Prado de ta ciadad de C. Real, Madrid, 1650. — .1. Jora, Ilist. de N. S. del Prado, C. Real, 1880. — Ramirez de Arellano, .il derredor de la Virgen del Prado, patrona de C. Real, C. Real, 1914. — .1. Balcâzar y Saljariegos, La Virgen del Prado a traves de la historia, C. Real, 1940. — Z. G. V'illada, Hist. eccles. de Espana, ii, I», Madrid, 1932, p. 21.3. — M. Torres- R. Prieto, Jnst. econôm., social, y polil.-administr. de la peninsula Hispànica durante los s. r, 17 y 17/, dans R.Menéndez Pidal, Hist. de Espana, m, Espana visig., Madrid, 1940, p. 278. — C. Sânchez Albornoz, Fuentes para el estudio de las divisiones ecles. visigodas, dans Bol. univ. de Santiago de Compostela, 1930 (29-83), 69. ^ V. La Fuente, Hist. eccles. de Espana, vi, Madrid, 1875, ap. 17, p. 387; ap. 22, p. 414. — .\. E. Molina, El concordato de 185 J, Madrid, 1882, p. 14 sq. — A. Ponz, Viage de Espana, xvi, Madrid, 1791, p. 36 sq. — F. Fita, La inquisiciôn de C. Real en 1483-85. Doc. inéd., dans Bol. R. Ac. hist., xx, 1892,, p. 466-81. — R. Santa Maria, La inquisiciôn de C. Heal. Proceso original dcl difunto Juan Gonzalez Escogido (S ag. 1484-15 niarzo 1485), ihid., xxil, 1893, p. 189-204. — .1. M. Quadrado-V. La Fuente, Espaàa... Castilla la Nueva, m, Barcelone, 1886. — Ramirez de AreUano, C. Real artistica, Ciudad Real, 1893. — V. Lampérez, llislor. de la argaitect., II, Madrid, 1909, p. 258. — Enc. l'spasu. -t/i. Subirana. — Ann. pont.

F. PÉREZ

CIUDAD RODRIGO. I. Histoire. II. Diocèse. III. Monastères, couvents et églises.

I. Histoire. — 1° Des origines ù la restauration (xu^ s.). — Ciudad Rodrigo a reçu, à travers les siècles, plusieurs noms : Mirobriga Vettonum, Mirobriga Lyssitana ou Lusitana, .\uguslobriga, Augustobrica, Civitas Augusla, Civitas Augusti, Urbs imperaioris, Civiias Aldea de Pedro Rodrigo, Civitas Ruderici, Cibdat Rodrigo, A lsibd(d et Ciudad Rodrigo. Siège épiscopal (Civitutensis), situé à l'extrémité S.-O. de la prov. de Salamanquc, à 22 km. de la frontière séparant l'Espagne du Portugal, sur la rive droite de l'Agueda.

Son nom — de même (jue tous ceux composés de briga ou brica — est d'origine celte. Il y eut plusieurs Mirobrigas; les anciens géographes en citent au moins cinq : M. Celticorum (S.-O. du Portugal, près de l'océan Atlantique), M. Carpetanorum (Capilla, près de Melellimun, Medellin), Mirobriga ou mieux Augustobriga Pelendonum (dans le convenlus de Clunia), M. Turdulorurn et M. Vettonum.

C. Rodrigo garde encore des vestiges d'une culture mégalithique et de l'âge du Bronze. A l'époque celtique, Mirobriga appartenait à la tribu des Cempsi ou Kempsi, et durant la période des Ibères à celle des Vettoni, d'où son nom de M. Vettonum qu'elle conserva jusqu'au temps d'Auguste. Sous les dominations carthaginoise et romaine, la région des Vettoni devint fréquemment le centre des mouvements d'indépendance. Dans la division juridique et administrative des Romains, M. appartenait à la province de l'Hispania Ulterior Lusitana, ou simplement de la Lusitania, et au convenlus d'Emerita. Le ius latii, accordé par Vespasien à l'Espagne, éleva M. au rang de municipe, si toutefois elle ne l'était pas déjà dès le temps d'Auguste, comme semblent l'indiquer les trois colonnes monumentales érigées à M., probablement en souvenir de la fixation des limites de Mirobriga, Bletisa (Ledesma) et Salmantica (Salamanque). De cette époque datent ses noms d' Augustobrica, Civitas .\ugusta et Civitas imperialis ou imperaioris, etc.

Civitas Augusta a dû soulîrir — peut-être même futelle détruite — lors des multiples guerres des v^-vi' s. : invasion de la Lusitania par les Alains (409); expulsion des Alains par le Wisigoth Valia, envoyé par l'empereur (416); guerres des Wisigoths Théodoric (456), Euric (468) et Léovigilde (576, 585) contre les Suèves. Pendant toute la période wisigothique, Civitas Augusta est remplacée par Caliabria (v. D. H. G. E., xi, 391-92).

A part la problématique et invraisemblable fondation d'un évêché à Augustobriga à l'époque romaine, nous ne connaissons que deux témoignages, bien faibles eux aussi, de l'établissement du christianisme à C. Rodrigo dès cette période : une tradition — générale pour toutes les régions d'Espagne — sur la prédication de l'Évangile dans les premiers siècles; ensuite ces mots, que contiennent quelques martyrologes de France : Agami, in Gallia, sanctae virgines et martyres Fides et Sabina, domo qenleque Hispana ex urbe Civitatense sub Daciano passae...

La tradition parle d'une restauration de C. Rodrigo par le roi Alphonse I" (739-757); mais elle ne peut guère être prouvée. Il est vrai cependant que cette région fut reconquise à plus d'une reprise par Alphonse II (792-842), Ordono (850-866), Alphonse III (866-910), Ramire II (931-950), Ferdinand I" (1037- 1065), etc. Peut-être la ville n'avait-elle jamais été entièrement détruite.

2° Depuis la restauration jusqu'à nos jours. — Quoi qu'il en soit, un long silence entoure l'histoire de C. Rodrigo jusqu'aux premières années du xii« s., c.-à-d. jusqu'au moment de sa reconquête définitive, en 1102, par le comte Rodrigo Gonzalez Giron (d'où son nom de Ciudad Rodrigo). La ville occupait une situation favo-

loin

rable, ce qui excita la méfiance des habitants de Salamanque qui, pour empêcher sou accroissement, l'achetèrent en 1136. Cependant son importance ne date que de la fin de 1160 ou du commencement de 1161. Ferdinand II de Léon (1157-1 188) décida alors d'en faire un point d'appui pour la reconquête; il renonça à la restauration de l'ancienne Caliabria (v. supra, xi, 392- 93) et résolut de faire de la nouvelle ville un siège é])iscopal. Une nouvelle fois, les habitants de Salamanque tentèrent de s'opposer à l'essor de C. Rodrigo. S'alliant à ceux d'Avila, ils se soulevèrent, mais furent vaincus par Ferdinand II à Valmuza (juin 1162). Au début de 1163, le roi de Portugal envahit la région. A leur tour les musulmans assiégèrent C. Rodrigo en sept. 1174, mais ils ne réussirent pas à la prendre. Elle fut encore assiégée par les Portugais en 1179, 1188 et 1199. En 1214, elle reçut la visite de S. François d'Assise, lorsque celui-ci revint du ])èlerinage à C-ompostelle. Elle reçut, au cours des siècles suivants, de nombreux privilèges. D'abord, parce que son cvèque, Michel, avait joué un rôle important dans la reconnaissance de S. Ferdinand III (1217-1252) comme roi de Léon, celui-ci accorda à la ville d'importantes faveurs (Toro, 25 déc. 1230; Burgos, 20 nov. 1232), qui furent complétées par celles de son fds Alphonse X (1252-1284) (Valladolid, 7 oct. 1254; Grenade, 1265; Jerez, 1268). Lors des guerres entre Sancho IV de Léon (1284-1295) et son frère Pierre, seigneur de Ledesma, et ses continuateurs, C. Rodrigo fut encore assiégée plusieurs fois, mais elle resta fidèle à la cause de Sanche IV, qui, à son tour, lui multiplia ses privilèges (4 juin 1286, 5 mai 1287,

12 aoiit 1289). Pendant la minorité de Ferdinand IV (1295-1312), elle fut attaquée par le roi de Portugal, Denis, mais sans succès; quelque temps après, la région de Sabugal fut annexée au Portugal (48 bourgs). Ferdinand IV récompensa la fidélité de C. Rodrigo par deux privilèges (C. Rodrigo, 23 mai 1297; Burgos,

13 mai 1304). Pour récompenser les services rendus par l'évêque Alonso pendant la minorité d'Alphonse .\I (1312-1350), la reine mère et régente, M. de iMolina, et son fils accordèrent à la ville de nouvelles libertés (Valladohd, 1" juin 1314; Monzôn, 1318; C. Rodrigo, 10 et 12 juin 1319 et sept. 1328). Sous les règnes d'Alphonse XI, Pierre I" (1350-1369), Henri II (1369-1379) et Jean l" (1379-1390), les principales familles de la ville luttent entre elles. Pendant les guerres de Henri II, Jean I" et Henri III (1390-1406) contre Alphonse IV de Portugal, le grand maître d'Avis et le duc de Lancaster, C. Rodrigo dut subir, entre autres calamités, un siège (1370) bien plus cruel que ne l'avaient été les attaques antérieures. Le Becerro, commencé en 1389, nous donne une idée assez complète de ce qu'était C. Rodrigo avant ces guerres; sur les ruines accumulées par celles-ci, Henri II restaura les dommages dont luimême avait été la cause. Les règnes de Jean II (1405- 1454) et de Henri IV (1454-1474) inaugurent une période de paix; le premier confirma tous les privilèges de C. Rodrigo en 1442 et le second l'imita à Ai'évalo, le 21 déc. 1454, à Ségovie le 20 nov. 1456, et à Valladolid le 14 août 1465. En 1472 les Portugais attaquent de nouveau C. Rodrigo. Les habitants de celle-ci refusèrent au début de reconnaître la souveraineté d'Isabelle la Catholique, mais la politique pacifique de la reine les gagna à son parti. Pendant les soulèvements des Comunidades, C. Rodrigo se mit du côté des comuneros, ce qui lui valut de nombreuses souffrances. Pendant les guerres de succession contre le Portugal (1580- 1581), elle échappa, au contraire, aux dommages. Cependant elle souffrit encore durant les guerres de Succession en 1700, et, lors de la guerre de l'Indépendance, elle écrivit un des chapitres les plus glorieux de son histoire (1810-12). Aujourd'hui, C. Rodrigo est devenue une petite ville presque sans importance.

II. Diocèse. — 1" Hisluirc. — On ne possède aucune preuve de l'existence d'un évêché à Mirobriga Vettonum à l'époque romaine. L'afïirmation d'Albert Rionge : Civilntenses episcopi inceperunl tempore Romanorum; primiis eorum sedit Mugnanimus, anno Domini CCCXIII, ciii succcsserimt Doinicianus, etc., est dénuée de fondement. C'est donc à tort qu'on parle d'un transfert de l'évêché de C. Rodrigo à Caliabria, après une prétendue destruction de Mirobriga par les Barbares au temps de l'évêque Brenianus. Les origines du dioc. de C. Rodrigo datent seulement de l'érection, à l'époque wisigothique, de l'évêché de Caliabria, qui disparut lors de l'invasion des Maures et dont C. Rodrigo hérita le titre au xii<= s. (v. D. H. G. E., xii, 392- 93). Il ne peut donc être question d'une restauration du siège de C. Rodrigo par le roi Alphonse I*"^; on rejettera de même la légende de l'évêque de C. Rodrigo, Martin, assistant à la bataille de Monsagro, au temps d'Ordono I '- (850-866).

Du point de vue de l'histoire ecclésiastique, on se trouve sur un terrain sûr à partir de la restauration définitive de C. Rodrigo par le roi Ferdinand IL Nous avons signalé l'opposition que suscita cette restauration; elle visa surtout le ijrojet d'érection du siège épiscopal, bien que, en l'occurrence, il ne s'agît que de restaurer l'ancien évêché de Caliabria. Ferdinand II n'écouta pas l'opposition et procéda sans tarder à l'érection du nouveau siège; le 13 févr. 1161, par document signé à Salamanque, il le plaça sous la juridiction du métropolitain et du chapitre de Compostelle; il décréta en outre que tous les clercs du diocèse de C. Rodrigo devraient soumission à l'évêque, désigné et approuvé par l'archevêque de Compostelle; ils seraient exempts de tous les droits royaux et jouiraient des mêmes privilèges que les clercs de Salamanque. Ce Fuero eclesiâstico de C. Rodrigo fut confirmé et amplifié par le même roi, le 20 sept. 1168.

Du 17 juin. 1165, date une dotation de l'évêché de C. Rodrigo. Le premier évêque n'avait probablement pas encore été élu. Le 20 févr. 1168, la construction de la cathédrale a commencé. Preuve : à cette date, le roi assigne une rente annuelle de 100 maravédis à Benoît Sânchez, architecte et directeur des travaux. Dans la suite, Ferdinand II et ses successeurs multiplièrent leurs donations.

Le premier évêque de C. Rodrigo s'appelait Dominique. Le 10 juin. 1168, il signa un privilège : Ego Dominicus eleclus Civitatis Roderici conf.; dans la confirmation du même privilège, du 31 oct. 1 168, on lit : Dominiciis Calabriensis eps. Il avait donc été désigné pour le siège de C. Rodrigo et consacré au titre de Caliabria. A quelle date a-t-il été sacré? Certainement avant le 20 sept. 1168, date à laquelle Ferdinand II donne quelques privilèges à C. Rodrigo et à son évêque Dominique. A partir de cette date et jusqu'à sa mort, Dominique signe toujours Ccdabriensis episcopus. Il mourut entre le 9 juill. 1 172 et le 25 mai 1 175 — après le 9 juill. 1 172, car à cette date il signe le document par lequel Ferdinand II fait don au S. -Siège de Castro Toraf (Zamora); avant le 25 mai 1175 : ce jour le pape Alexandre III confirma le successeur de Dominique, Pierre de Ponte, qui semble avoir été élu bien avant cette date. En efTet, Dominique était probablement mort en déc. 1173. Nous savons que l'évêque de Salamanque, Pierre Suârez de Deza, fut nommé archevêque de Compostelle au printemps 1173; or, la vacance du siège de Salamanque coïncida avec celle du siège de C. Rodrigo-Caliabria. En déc. 1173, en effet, Ferdinand II confirma l'accord intervenu entre les chapitres de Salamanque et de C. Rodrigo touchant la juridiction à exercer sur la région comprise entre le Yeltes et le Huebra. Le métropolitain de Compostelle, chargé par Alexandre III de régler ces difficultés, con-

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ttrma à son tour cet accord le 14 janv. 1174 par lettre adressée à Martin Salmantino decano et à Arnaldo Ecclesiae Civitatis Roderici priori. Le fait que les deux chapitres négocient et signent cet accord laisse supposer que les deux sièges étaient alors vacants.

Le successeur de Dominique fut Pierre de Ponte, chanoine de Compostelle et chancelier de Ferdinand IL La date précise de son élection est diflicile à fixer. Cependant on peut dire qu'il a été élu et consacré avant le 22 août 1174. i)uisque son nom figure sous la donation, faite ce jour, de Torre Aguilar et Riochico au monastère de Ste-.Marie d'Aguiar, par Ferdinand II. Dès le début, il s'intitule Civiiatensis episcopus. Pendant le printemps 1175, sa signature manque dans les documents royaux; en ce moment, il se trouvait à Home où il avait dù se rendre pour obtenir d'Alexandre III l'approbation de son élection et de son sacre. Le pape, en effet, avait protesté parce qu'on avait méconnu son autorité. Il finit cependant par céder et, par sa bulle litteris du 25 mai 1175, il confirma l'érection perpétuelle du nouveau siège, l'élection de Pierre et toutes ses possessions (iaffé, xii, 486). Selon Lôpez Ferreiro (Hisi. comp., IV, 327), Pierre de Ponte assista au III« concile de Latran (1179), avec son métropolitain, Pierre Suarez de Deza.

Sur les limites du dioc. de C. Rodrigo, la bulle d'Alexandre III est peu exiilicite. Nous avons déjà mentionné l'accord conclu entre les chapitres de C. Rodrigo et Salamanque (1173) au sujet de la région de Yeltes et Huebra. D'autres difiicultés surgirent bientôt relativement au diocèse voisin, celui de Coria; elles furent soumises à l'arbitrage des évêques de Salamanque et Plasencia; le territoire disputé fut divisé en deux parties à peu près égales, lesquelles furent attribuées respectivement aux deux diocèses (1191). En 1233, un accord stipula la frontière du côté de la Sierra de Jalama. Quant à ses limites avec le Portugal, elles s'étendaient bien au delà des frontières qui séparent actuellement les deux pays.

Le diocèse de C. Rodrigo resta, ]3ar suite des circonstances de sa fondation, sulïragant de Compostelle. C'est sous ce titre qu'il figure dans une bulle d'Alexandre III adressée à l'Église de Compostelle le 20 mars 1178 (Tumbo B de Compostelle, fol. 234).

Avec la mort de F'erdinand II, C. Rodrigo perdit sou grand protecteur. Cependant les successeurs de ce roi continuèrent de protéger C. Rodrigo et d'étendre leurs libéralités. Nous avons conservé à ce sujet une riche documentation qui nous permet de suivre dans le détail l'extension des biens et des faveurs dont jouissait ce siège à partir du xni"= s. Nous ne nous y arrêterons pas et renvoyons le lecteur, pour cette partie, au Becerro de C. Rodrigo.

Jusqu'à l'épiscopat de Leonardo, l'évêque et son chapitre avaient mené la vie commune. On crut alors le moment veim de séparer la mense de l'évêque de celle du chapitre. Celui-ci comportait à cette époque les dignités de doyen, chantre, écolâtre et trésorier. Le diocèse comprenait les deux archidiaconés de Sabugal et Camaces. Le clergé de la cathédrale avait été doté de nouveaux bénéfices : huit prébendes et six chapellenies.

Sous le règne de F"erdinand IV el Emplazado, le dioc. de C. Rodrigo subit un démembrement assez important : le roi Denis de Portugal vengea sa déroute subie sous les murs de C. Rodrigo en mettant à feu et à sang la région du Coa; il annexa celle-ci à sa couronne et en fortifia les places les plus importantes; cette occupation fut reconnue de iure par Ferdinand IV. Or, parmi les bourgs attribués par ce traité au Portugal, figurait Raigadas, qui appartenait à la cathédrale de C. Rodrigo. Les guerres entre F'erdinand II et Denis finirent par un double mariage et par la concession au Portu-

gal de la région de Sabugal, comprenant un total de 48 paroisses appartenant à C. Rodrigo (1297). Cependant, en 1311, le territoire du diocèse s'accrut par l'annexion de l'Abadengo, qui appartenait jusqu'alors aux Templiers : leurs possessions furent partagées entre le roi et l'ordre de S. -Jean ou de Malte, et la juridiction spirituelle en fut accordée à l'évêque de C. Rodrigo.

Nous avons déjà signalé les conséquences funestes qu'eurent pour C. Rodrigo son opposition à Henri II, ainsi que les guerres entre les rois de Castille et de Portugal, au temps de Jean et de Henri III, et de Jean II et de Henri IV. En 1381, Jean \" reconnut comme pape légitime (élément VII. Le cardinal Gui de Bologne, légat du pape, eut pour mission de rétablir la paix entre Henri II de Castille et F'erdinand de Portugal. Il visita C. Rodrigo en 1373. L'évêque de C. Rodrigo, Jérôme l", réussit en 1389 à faire proclamer une trêve de six ans entre les belligérants. Sous le règne de Jean Ff, le doyen de C. Rodrigo, Juan Pérez de Ayala, acquit de la notoriété par son tempérament guerrier autant que par son ignorance proverbiale.

I^e Becerro (1389) nous fournit des renseignements précis touchant la situation de C. Rodrigo à cette époque. Le périmètre de la ville était alors bien plus étendu qu'il ne l'est actuellement, et sa population aussi. Les possessions de la cathédrale étaient immenses : à l'intérieur de la ville elle comptait plus de 160 maisons et, dans le reste du diocèse, plus de 70 mansiones, outre de nombreuses églises de la ville, qui lui payaient le cens; elle possédait encore environ 300 vignes, des moulins et un grand nombre de bourgs. Son importance économique explique l'autorité, et même la puissance militaire, dont jouissaient les évêques de C. Rodrigo; elle explique aussi la multiplicité des bénéfices et des fondations pieuses, de même que les désordres qui se manifestèrent dans la suite.

Vers 1433, Jean II approuva la division de la ville en quatre quartiers : Ste-Marie (cathédrale), S. -Thomas, S. -Pierre et S.-Benoît. D'autre part, le Becerro nous fait connaître les églises de la ville : S. -André, S.- Matthieu, S. -Jean (Santivanes), S. -Paul, S. -Marc, Ste- Marie-Madeleine, S. -Christophe, S. -Dominique, S.-Pélage, S.-Barthélemy, S.-Benoît, S.-Jean-de-l'Hôpital, S.-Sauveur, Ste-Croix, S.-Vincent, S. -Simon, S.-Nicolas, S.-Étienne, etc. Pour plusieurs d'entre elles, il mentionne leur destruction durant le siège que fit Henri II (1370) : S.-Nicolas el Derribado, Ste-Marie la Caida, S.-Étienne el Derrucado, etc.

De 1350 à 1450, les donations sont presque nulles. Les causes en sont les démembrements opérés par Denis de Portugal et la succession ininterrompue de guerres dont le pays était atlligé. La puissance économique de C. Rodrigo s'était évanouie. Le 22 janv. 1454, Nicolas V, par sa bulle Romana Ecclesia, annexa à la table capitulaire quelques bénéfices qu'Alphonse Alvarez de Turuégano, archidiacre de Calahorra, avait donnés. En l'année 1473, Jean de Ayllon, abbé de l'église de Valladolid, et Jean de Portillo, clerc de Ségovle, firent une donation semblable. Avec ces secours le chapitre put de nouveau subvenir à ses besoins.

Le xvie s. ramène pour C. Rodrigo une période de gloire et de splendeur : les donations se multiplient à nouveau, dès la fin du xv« s. ; les travaux à la cathédrale sont continués avec un luxe extraordinaire. Quatre canonicats de officia sont créés. L'école cathédrale prend de l'extension, grâce surtout au renom du maestro Hernando de Silva; l'accroissement des étudiants obligea Michel de Palacios à fonder un collège qui fut bâti à l'emplacement de l'ancienne église de S.- Barthélemy, près du couvent des augustins; ceux-c" se chargèrent bientôt de la direction de ce collège et e firent une petite université, où l'on enseigna la théolo

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