‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 222 sur 282 · RODRIGO · texte numérisé non relu

RODRIGO

gie scolastique, les arts et la grammaire. La musique fut également cultivée; la place de maestro de capilla attira même des étrangers, tels Giraldin Bûcher, originaire de Gascogne, et son fils Diego Bujel ( = Bûcher, Buxer, Buxel, Bujel), qui composa un livre d'hymnes. Enfin des danses religieuses et des jeux scéniques furent organisés dans la cathédrale, surtout à l'occasion de la Fête-Dieu et de la fête de Noël (en 1541, on représenta Auto de las Sibilas).

.\ côté de ces œuvres religieuses et culturelles, le chapitre fonda des institutions charitables pour les pauvres et les malades. Le 22 juin 1453, on projette la construction d'un hôpital près de la cathédrale; le 23 juin 1455, on décide de commencer les travaux; cependant, le 14 avr. 1497, ceux-ci ne sont pas encore terminés. Cet hôpital s'appela Hospital de Sta Maria de la Catedral. Le 10 janv. 1479, douze chevaliers fondèrent un autre hôpital, celui de la Pasiôn: le 25 mai 1492, les Rois Catholiques lui attribuèrent la synagogue et d'autres possessions ayant appartenu à des Juifs. D'autre part, le chapitre s'occupa, dès le début du xvi<^ s., des enfants trouvés; les mesures prises à cette époque iront en se développant et aboutiront à la fondation d'un hospice à la fin du xvii*' s. D'autres entreprises eurent pour objet le mariage des jeunes filles pauvres, l'assistance aux malades contagieux à l'hôpital de la Piedad, la distribution d'aumônes aux pauvres en général et aussi aux pauvres honteux.

Lors du soulèvement des Comunidades contre l'empereur Charles V, la forteresse de la cathédrale fut occupée par le comunero Ramirez de Arellano, ce qui obligea le chapitre à se réunir dans l'église du Temple. Pour éviter une nouvelle occupation de la cathédrale, on décida d'abattre la forteresse. En 1592 (19 avr.), sous l'épiscopat de Martin de Salvatierra, on célébra le premier synode diocésain de C. Rodrigo. — Durant la guerre de l'Indépendance du Portugal (1640-1668), la cathédrale de C. Rodrigo perdit toutes ses possessions. Son dénuement fut alors si extrême que la plupart des chanoines et bénéficiaires furent obligés d'abandonner leurs offices et de chercher ailleurs un moyen de vivre. Philippe IV et le pape Innocent X (bulle Poslquam dioina, 1645) imposèrent alors aux églises les plus riches d'Espagne dépendant du patronage royal de céder une partie de leurs revenus aux chapitres de Badajoz et C. Real jusqu'à concurrence d'une somme annuelle de 4 000 ducats pendant vingt ans. Le même pontife, en 1646, accorda à la cathédrale de C. Rodrigo 1 000 ducats à prendre sur les revenus de l'archevêché de Tolède pendant douze ans. Alexandre VII imposa une charge identique à l'évêché de Sigilenza. Grâce à cette aide, le chapitre put se relever et, en 1670, il avait déjà repris son activité normale. On signale qu'en 1723, à la suite de la nouvelle guerre de Succession (1700-1713), beaucoup de prêtres, séculiers et réguliers, furent exilés au Portugal, de nombreux édifices détruits ou endommagés.

En 1692, l'évêque Joseph Gonzalez avait tenté de construire un séminaire; son projet ne fut réalisé qu'en nov. 1769 par l'évêque Cajetan Cuadrillero. L'évêque de Salamanque, qui était alors en même temps administrateur apostolique de C. Rodrigo, N. Martinez Izquierdo, fonda à C. Rodrigo le patronage S. -Joseph, ayant pour but de faciliter les études ecclésiastiques aux étudiants pauvres. Il fonda aussi le collège S.- Cajetan (études moyennes), annexé au séminaire.

En 1770 fut rédigé le Libro del Bastôn, contenant la réponse à un questionnaire du roi Charles III relatif à la vie ecclésiastique, civile et économique de la région. Il révèle qu'à la cathédrale il y avait alors 20 canonicats et 35 autres bénéfices divers; outre la paroisse de la cathédrale, la ville comptait d'autres i)aroisses : S.- Isidore, patron de la ville, S. -Pierre (qui

avait absorbé celle du S. -Esprit ou des SS.-Juste-et- Pastor), S. -André, S. -Christophe, Ste-Marine (annexée à la cathédrale), S.-Blas (établie dans l'église de la Caridad). Autres églises : S. -Jean, S. -Sépulcre, Cerralbo del Marqués ou de N.-D.-du-Temple, S.-Michel-de- Pedrotoro, Ste-Croix et Ste-Hélène, les églises des Enfants de la Doctrine, de l'Hospice, celles des hôpitaux de la Passion, de la Piedad et de Serilla. Couvents : de S. -Dominique, S. -François, S. -Augustin, de la Trinité, de la Caridad, de Ste-Claire, de la Ste-Croix, du S. -Esprit et des P'ranciscaines déchaussées.

Au lendemain de l'occupation de C. Rodrigo par les troupes de Napoléon I" (10 juill. 1810), la plupart des ecclésiastiques, les chanoines surtout, furent mis en prison ou déportés en France; les autres s'enfuirent à S. -Martin de Trejo le 8 juill. 1811, d'où ils envoyèrent au gouvernement et au nonce un mémoire exposant leur situation. Le 19 janv. 1812 la ville fut reprise par les Anglais; les chanoines rentrèrent le 22. Mais ces troubles avaient ruiné le cha])itre. Sa restauration s'accompagna de beaucoup de difficultés; elle fut aggravée par l'imposition d'un évêque indigne (1835) et par les lois sectaires de Mendizâbal (1836), jusqu'au concordat de 1851. En vertu de qe concordat, le dioc. de C. Rodrigo dut être supprimé. En réalité il ne fut jamais supprimé de iure; il le fut de facto par la nomination de l'évêque de Salamanque comme administrateur apostolique de C. Rodrigo le 10 juin 1867. Le 25 nov. 1884, l'ancien diocèse fut érigé en administration apostolique indépendante de l'évêché de Salamanque et, dès le 25 déc. 1884, il reçut son administr. apost. propre, Joseph Thomas Mazarrasa y Riva, auquel furent attribuées toutes les prérogatives épiscopales. Récemment, le dernier administr. apost., Jésus Enciso Viana, a été préconisé évêque de C. Rodrigo (2 févr. 1950) {Acta apost. Sedis, xlii, 1950, p. 196, 275). — Actuellement le dioc. de C. Rodrigo est sufîragant de l'archevêché de Valladoiid.

2" Évêques. — Gil Gonzalez Dàvila signale un Pierre, O. S. B., évêque de C. Rodrigo, qui renonça; il s'agit probablement d'un faux évêque. — Le premier évêque connu est Dominique. — Pierre de Ponte, du 22 août 1174 au 10 nov. 1189; nous possédons 26 chartes signées par lui. — Le 20 sept. 1190, il eut comme successeur Martin : du 20 sept. 1190 au 1" sept. 1210, il a signé 72 actes; cependant deux documents, du 3 et du 5 févr. 1193, portent : Petro Civilatensi episcopo; le 17 juin 1193, réapparaît : Martino Civ. ep.; nous ignorons ce que signifie cette interruption. — Trois actes (11 nov. 1211, avr. et 7 nov. 1213) mentionnent : Ecoles. Civil, vacante. — Lombardo, 17 janv. 1213- 12 mars 1227 (plus de 40 diplômes) ; sous son épiscopat S. F'rançois d'Assise visita C. Rodrigo. — Le 10 avr. 1 227, le siège est vacant. Il est difficile de trouver place pour l'évêque Bernard, qui figure ici dans les listes épiscopales, puisque le 9 juill. 1227 Michel est déjà élu; dans les actes d'Alphonse IX, figurent environ 34 diplômes signés par lui, jusqu'au 20 juill. 1230; il vivait encore le 17 avr. 1244. Un diplôme d'Alphonse IX, daté probablement du 28 avr. 1229, porte Lonbaldiis Civitatensis episcopus; mais le 18 mai de cette même année, réapparaît la signature de Michel. — Le Registre d'Innocent IV mentionne, le 4 nov. 1245 et le 7 avr. 1246, Pierre II; t avant déc. 1253, date à laquelle paraît Léonard II, t 1259 (?). — Dominique Martin, 26 avr. 1264. t vers 1274. — Pierre III, août 1284.

.\ sa mort, un schisme fut provoqué jiar la double élection d'Antoine, trésorier de Salamanque, et de Michel, trésorier de C. Rodrigo. On eut recours au métropolitain et le chapitre de Compostelle, sede vacante, confirma l'élection d'Antoine et ordonna de le consacrer. Mais Velasco Pérez, chef du parti de Michel, se rendit à Rome et y accusa Antoine d'avoir usurpé les

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droits épiscopaux. Honorius IV, le 17 juin 128(i (Reg. d'Hon. /V, ann. 2, ep. lix: Prou, 555), députa l'évêque d'Idanha (Portugal), un chanoine de Salamanque et Égée, chanoine de Viseu, pour instruire le procès d'Antoine. Entre temps, Velasco avait gagné à son parti les cardinaux Jacques et Pierre Colonna, qui seront déposés plus tard par Boniface VIII; ceux-ci obtinrent de Nicolas IV la cassation de l'élection d'Antoine, qui renonça à son évêché. La provision du siège de Rodrigo tomba entre les mains du S. -Siège. Michel mourut dans l'intervalle et ses ])artisans élurent Velasco lui-même; cette élection fut annulée par Boniface VIII, qui confirma celle d'Antoine le 20 août 1297.

Antoine mourut avant le 13 nov. 1301, car à cette date Boniface VIII confirma son successeur Alphonse. Y eut-il un second Alphonse, O. P., comme le ])rétend Gams (65)? Nous l'ignorons, de même que nous ne connaissons pas la date de l'élection de Bernard. Quoi qu'il en soit, ce dernier fut transféré à Salamanque. — Jean I-', conf. le 27 juill. 1324. ~ Jean II, t 1339; la légende rapporte qu'il ressuscita pendant ses obsèques par l'intercession de S. François, et qu'il mourut une seconde fois vingt jours après, en juin 1343. — Alphonse III, 28 juin 1344, vivait encore le 22 mars 1369; t vers 1371. — Ferdinand, 8 mai 1372, 1378.

Le Schisme d'Occident doit avoir causé des difficultés dont on trouve la trace dans les listes épiscopales. D'après Eubel, Alphonse III, confirmé par Clément VI le 28 juin 1344, eut comme successeur Ferdinand de Pedrosa, nommé par t'rbain VI en avr. 1378 et par Clément VII le 15 janv. 1382. Ferdinand fut transf. à Carthagène (iMurcie), le 12 déc. 1383. — Clément VII nomma Gonzalo, diacre et trésorier de Zamora, le 9 mars 1384; l'rbain VI, de son côté, désigna, vers le même temps, Rodrigo; mais, comme le siège était déjà occupé par Gonzalo, il lui donna en commende, le 24 févr. 1391, l'abbaye S.-\'incent de Lisbonne. Après la mort de Rodrigo, Boniface IX nomma comme administr. apost. l'évêque de Lamego, Gonzalo. Au début de 1410, Grégoire XII nomma André Didacus, qui fut confirmé par Alexandre V le 24 févr. 1410, alors qu'il était déjà consacré; il était maître en théologie et pénitencier mineur de la Curie romaine, lorsque Martin V lui permit de recevoir des bénéfices ecclésiastiques; le 4 sept. 1422, il fut nommé évêque titulaire d'Ajaccio et délié des obligations qu'il pouvait avoir vis-à-vis du dioc. de C. Rodrigo. Le diocèse resterait au pouvoir de celui qui le jiossédait. Qui était-ce? On peut supposer que celui dont il s'agit était Gonzalo, nommé par Clément VII le 9 mars 1384, et qui reçut probablement de Martin V un auxiliaire le

19 juill. 1428 : Alphonse Sànchez de Avila, chanoine de Compostelle (Eubel, i, 190, 471). — ■ A Gonzalo succéda Sâncho, évêque d'Orte (lepuis le 22 avr. 1420, transf. à C. Rodrigo le 19 mars 1431, puis à Minervino. — Alphonse Sânchez de Valladolid, abbé de la collégiale de Jerez, 14 janv. 1433. — .\lphonse de Palenzuela, O. F. M., 8 août 1460. A ])artir de son épiscopat, les listes ne montrent plus de divergences.

D'après les archives de C. Rodrigo, l'évêque Ferdinand ne gouverna que jusqu'en 1378 et eut pour successeur Jean III, 1387. — Du successeur de Jean, Jérôme, nous savons qu'il négocia une trêve de six ans entre les rois de Portugal et de Castille, en 1389; t vers 1398. — Gonzalo de Porres de Cibdat, t 1411. — Alphonse Manuel, 141 1-t 1427. — Alphonse V, t 1449. Les listes lui donnent comme successeur un François, O. P., mais l'existence de celui-ci n'est pas prouvée. — Alphonse de Palenzuela fut transféré à Oviedo vers 1469. — Alphonse de Paradinas, trésorier de Séville,

20 oct. 1469; il demanda au roi Henri IV de lui donner en Castille un territoire équivalant à celui qu'on avait enlevé à son diocèse, et annexé à celui de Lamego

(1297); ses prétentions furent repoussées; le pape Sixte IV (21 juin 1481) approuva le démembrement. Paradinas fonda à Rome, où il mourut le 15 oct. 1485, l'hôpital de S. -Jacques des Espagnols. — Pierre Beltrân, 19 oct. 1485, transf. à Tuy. — Diego de Muros, O. Merc, évêque de Tuy et abbé commendataire de Sobrado et des SS.-Juste-et-Martin de Compostelle; l»"' juin 1487. — Jean d'Ortega, ou Hortega, 23 janv. 1493, transf. à Calahorra en 1499. — Diego de Peralta, 6 sept. 1499. — Valérien Ordonez de Villaquiràn, 24 sept. 1501, transf. à Oviedo, 22 déc. 1508. — François de Bovadilla, 23 janv. 1509, transf. à Salamanque, 18 nov. 1510. Fr. François Ruiz, O. F. M.. 18 nov. 1510, transf. à Avila, 14 juill. 1514. — Jean Pardo de Tavera, un des évêques les plus insignes de C. Rodrigo; conf. le 1 4 j uill. 1 5 1 4 ; prit possession en oct. 1 5 1 4 ; était en même temps président de la chancellerie de Valladolid; fonda le couvent de Sta Cruz (v. infra); transf. à Osma, 31 déc. 1523; à Compostelle, 8 juin 1524; président de (;astille, card., 1 7 avr. 1531 ; inquisiteur général, archev. de Tolède, 27 avr. 1534; f 1" août 1545. — Pierre Portocarrero, conf. le 31 déc. 1523; transf. à Grenade, 26 juin 1525. — Gonzalo Maldonado, conf. le 3 juill. 1525; s'acquitta de diverses missions sur ordre de l'empereur Charles V; transf. à Tarragone; t à C. Rodrigo le 29 juin 1530, sans prendre possession de son nouveau siège. — Pierre Fernâiidez Manrique, évêque des Canaries (22 juin 1530), conf. le 14 déc. 1530; transf. à Cordoue, 11 avr. 1537; card., 21 mai 1540; inquisiteur général; y 7 oct. 1540; il s'acquitta aussi de diverses missions pour le pape et l'empereur. — Pierre Pacheco, évêque de Moiidofiedo (6 sept. 1532), conf. le 11 avr. 1537; transf. à Pampelune, 21 mai 1539; à Jaén, 9 janv. 1545; card., 10 mars 1550; év. de Sigiienza, 30 avr. 1554; t 5 mars 1560; son intervention au concile de Trente est bien connue ; il fut vice-roi de Naples et inquisiteur général à Rome. — Antoine Ramirez de Haro, év. d'Orense (l'"' juill. 1537), conf. le 18 août 1539; prit possession le 12 déc. 1539; transf. à Calahorra, 27 juin 1541 ; à Ségovie, 6 août 1543; f 16 sept. 1549. — François de Navarre, prieur de N.-D. de Roncevaux, conf. le 22 mai 1542; transf. à Badajoz, 14 déc. 1545; à Valence, 4 mai 1556; f 14 avr. 1563; il assista au coiic. de Trente en 1545-47, 1551-52. — Jean de Aceves, conf. le 8 janv. 1546; f 31 juill. 1549. — Pierre Ponce de Léon. conf. le 27 juin 1550; prit possession le 30 nov. 1550; transf. à Plasencia le 20 juill. 1559; t 15 janv. 1573; il établit à C. Rodrigo les trinitaires, assista au conc. de Trente en 1552. — Pierre de la Galla (nom probablement erroné). — Diego de Co\ arrubias y Leiva, élu de Santo Domingo, présenté le 20 juill. 1559; conL le 26 janv. 1560; transf. à Ségovie, 25 oct. 1564; à Cuenca, 6 sept. 1577; t 27 sept. 1577; le 19 mai 1562 il arriva au conc. de Trente. — Diego de Simancas, du conseil de l'Inquisition, prés, le 16 sept. 1564; conf. le 15 déc. 1564; transf. à Badajoz, 3 déc. 1568; à Zamora, 13 juin 1578; f 16 oct. 1583. Il fit partie du tribunal qui jugea Carranza et fut vice-roi de Naples; il a écrit plusieurs ouvrages (cf. N. Antonio, Bibl. Hisp. nova, I, 316-17). — Andrés Pérez, du conseil de l'Inquisition, prés, le 29 juill. 1568; conL le 10 déc. 1568; prit possession le 19 mars 1569; f 1583. — Jérôme Tardiel, résigna et se fit moine hiéron. (Gams, 66). — Pierre Vélçz de Guevara, chan. de Salamanque, i)rés. le 8 nov. 1583; conf. le 9 janv. 1584; t 1585. — Bernard de Sandoval y Rojas, chan. de Séville, prés, le 1 1 oct. 1 585 ; conf. le 8 j anv. 1 586 ; transf. à Pampelune, 1 6 mars 1588; à Jaén, 29 avr. 1596; à Tolède, 25 juin 1599; card., inquisiteur général; t 7 déc. 1618. — Pierre Maldonado, chan. d'Avila, prés. le 6 févr. 1588; conf. le 23 mars 1588; t 1591. — Martin de Salvatierra, év. de Segorbe (23 mars 1583; auparavant il avait été év. d'Albarracîn, 23 juill. 1578), prés, le 30 mars 1591,

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conf. le 15 mai ; t 1()04. II réunit le premier cnnrile diocésain, convoqué le 2 avr. 1592 et commencé le 19 avr. — Pierre Ponce de Léon, O. P., j)rés. le 13 juill. 1605; transf. à Zamora, 4 févr. 1610, puis à Badajoz. — Jean de La Croix, mort sans confirm. ("?). — Antoine Idiaquez Manrique, prés. le 1 févr. 1610; transf. à Ségovie, 19 nov. 1612; il eut de nombreux conflits avec les autorités civiles. - - Jérôme Ruiz de Camargo, prés, le 15 juin 1613; transf. à Coria, 22 mai 1622; à (".ordoue, 13 juin 1632; il laisse deux ouvrages : Index librorum prohibitorum... et un comment, des Psaumes (cf. M. M. Aiiibarro y Rives, Diccion. biobibliogr. de aiilores de la provincia de Burgos, .Madrid, 1890, p. 425-28). — François Rivas, t avant de prendre possession. — Augustin Antolinez, O. S. A., prés, le 11 janv. 1623; prit possession le 13 août; renonça à l'archev. de Tarragone; transf. à Compostelle, 4 avr. 1624; t 19 juin 1626. — Martin Fernândez Portocarrero, iirésident de l'Audience et de la chancellerie de Grenade, prés, mai 1624 ; prit possession le 12 oct. 1624; t 1625. — Jean de la Terre y Ayala, év. d'Orense (6 sept. 1621), prés, le 5 oct. 1625; conf. le 7 janv. 1626; t 11 sept. 1628. — François Diego de .\larc6n y Covarrubias, chan. de Guenca, prit possession le 4 juill. 1639; cons. le 18 sei)t. 1639; transf. ;\ Valladolid en 1645, mais son successeur désigné, le général des Franciscains Jean .Merinero, ayant refusé d'accepter cette nomination, .'Marcon resta à Rodrigo; Âlerinero (t 1664) fut nommé év. de Valladolid en 1646, et Alarcôn év. de Salanianque (vers le 12 juin 1646), de Pampelune (10 févr. 1648) et de Cordoue (2 janv. 1658); t 18 mai 1675. — Jean Itérez Delgado, conf. le 3 déc. 1646; prit possession le 3 avr 1647; transf. à Salamanque, 10 févr. 1656; t janv. 1657. — Diego de Tejada y Laguardia, 1656; transf. à Pampelune, 6 févr. 1658; à Burgos, 11 mars 1664; t 13 juill. 1664. — Diego Riquelme y Quirôs, chan. de Cartagena, prés. le 9 juin 1658; prit possession le 28 mai 1659; transf. à Oviedo, 5 avr. 1662; à Plasencia, 1665; 1 18 mai 1668. — Antoine de Castanôn, cha;i. de Tolède, cons. le 29 mai 1662; prit possession le 18 juill.; transf. à Zamora, 16 nov. 1666; f 27 janv. 1668; il introduisit dans sa cathédrale l'ofTice de l'Immaculée Conception. — Michel de Cârdenas, O. C. C, prédicateur du roi, prés, le 16 nov. 1666; conf. le 18 juill. 1667; prit possession le 28 févr. 1668; j 22 févr. 1671. — Alphonse Bernard de los Rios y Guzmân, O. SS. Trin., év. de Santiago de Cuba, prés, le 6 juill. 1671 ; prit possession le l" avr. 1672; transf. à Grenade av. le 20 sept. 1677 (poss., 6 févr. 1778); t 5 sept. 1692. — Jean Andaya Sotomayor, prit possession le 13 avr. 1678; t 13 déc. 1678. — Sébastien Catalân, prés, le 24 mars 1679; i)rit possession le 21 sept. 1679; f av. le 31 déc. 1687. — Joseph Gonzâlez, O. Merc, prés, le 31 déc. 1687; prit possession le 10 août 1688; transf. à Plasencia av. le 20 sept. 1694; il projeta d'ériger un séminaire. — François-Emmanuel de Zilniga Sotomayor y Mendoza, O. S. A., prés, le 2 déc. 1694; conf. av. le 28 avr. 1695; prit possession le 1" juin 1695; t 1713. — Joseph Diaz Santos de San Pedro, prit possession le 5 août 1714; t 1721. — Grégoire Téllez, O. F. M., prés, en nov. 1720; prit possession le 14 avr. 1721 ; ren. lin 1737; t au début de 1741; il construisit le couvent des franciscaines déchaussées et la chapelle de los Dolores à la cathédrale; il fut aussi un promoteur de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. — Clément Comenge, chan. de Saragosse, prés, en déc. 1737; conf. le 3 mars 1738; prit possession le 28 juin 1738; t 12 déc. 1747; il légua une partie de ses biens pour la construction d'une chapelle de N.-D. dcl Pilar. — Pierre Gômez de la Torre, prés, en août 1748; conf. le 2 déc. 1748; prit possession le 22 mars 1749; transf. à Plasencia, mars 1756; il fournit à Flôrez des renseignements pour la composition de la notice consacrée à C. Rodrigo dans

V Espana Scigrada. — .loseph-l-'rançois BignezaI, chan. d'Astorga, conf. le 24 mai 1756; prit possession le 22 juill. 1756; t 2 déc. 1762. Cajetan-.\ntoine Cuadrillero y Mota, prés, en mai 1763; conf. le 18 juill. 1763; prit possession le 15 oct. 1763; transf. à Léon, juin 1777. — Augustin Alvarado y Castillo, archevêque de Santa Fe de Bogotâ (dans les actes, on l'aiipelle 1' « archevèque-évèque »), présenté en septembre 1778; conf. le 14 déc. 1778; prit possession le 18 févr. 1779; t 21 juill. 1781. — Alphonse Molina y Santaella, inquisiteur de Grenade, conf. le 17 févr. 1783; prit possession le ,30 avr. 1783; f 4 déc. 1784. — Benoît-Xavier IWa y Valdés, O. S. B., prés, en août 1785; conf. le 26 sept. 1785; prit possession le 26 nov. 1785; f 21 juin 1810; auteur de plusieurs ouvrages publiés ou inédits. — Pierre-Emmanuel Ramirez de la Piscina, prés, en oct. 1814; conf. le 19 déc. 1814; cons. le 9 avr. 1815; prit possession le 6 mai 1815; f 21 avr. 1835. — Pierre Alcantâra Jiménez, év. tit. de Cinna (Yarasli), nommé par le gouvernement en oct. 1835, mais non confirmé par le S. -Siège, ni reconnu par le chapitre; son activité à C. Rodrigo, comme gouverneur de l'évêché, provoqua de nombreux conflits; f 21 févr. 1843.

ihiêques de Salamanque, administrateurs apostoliques de C. Rodrigo (1S67-1884). — Anastase Rodrigo Yusto, 10 juin 1867; transf. à Burgos, 20 sept. 1867.— loachim Llunch y Garriga, 23 mars 1868; transf. à Barcelone, 1875. — ^ Narcisse Martinez Izquierdo, 1875; transf. à Madrid-AIcalâ, 1884.

Administrateurs apostoliques de C. Rodrigo (1884- 1U50). — Joseph Thomas de Mazarrasa y Riva, prés, le 25 déc. 1884, év. tlt. de Philippopolis et administr. apost. de C. Rodrigo; prit possession le 19 mars 1885; cons. le 19 avr. 1885; t H mars 1907; il se distingua par une activité bienfaisante tant au point de vue spirituel que matériel. — Raimond Barberâ y Boada, préc. év. tit. d'.\nthedon (El-Blakiyeh), administr. apost. de ('.. Rodrigo, 19 déc. 1907-14. — Emmanuel M. Vidal y Bullôn, chan. d'Osma, préc. év. tit. de Birtha; 25 févr. 1915; transf. à Tuy, 27 oct. 1923. —Silvère Velasco Pérez, chan. d'Osma, 18 déc. 1924-28. — Emmanuel Lôpez Arana, chan. de Santander, préc. év. tit. de Curium, 5 févr. 1929-45. — Maxime Yurramendi Alcain, préc. év. tit. de Messene, 25 nov. 1945-t 25 janv. 1949. — Jésus Enciso Viana, chan. de Madrid, préc. év. tit. d'Elusa (El-Khalasa), 10 oct. 1949-2 févr. 1950.

Évêques. — Jésus Enciso Viana, 2 févr. 1950.

III, Monastères, couvs:nts et églises. — 1° Les Prémontrés. — Ils se sont installés à C. Rodrigo peu après la restauration de la ville. Dans l'armée de Ferdinand Il (1165) se trouvait un chanoine de La Vid, Arnold, nommé, quelque temps après, évèque de Coria. La fondation de l'abbaye, avec des chanoines de S.- Léonard d'Alba de Tormes (Salamanque), eut lieu vers 1168, hors les murs de la ville, à l'endroit appelé las Ganteras, sous l'invocation de S. Léonard. Le premier abbé s'appelait Vital. Le 21 avr. 1171, un chevalier, Gonzalo Alguazil, et sa femme Orabona firent don à l'abbé Vital de leurs possessions de Prado de la Torre, situées à une petite distance de la ville, au bord de r.\gueda, pour la construction il'un monastère en l'honneur de Notre-Dame. A cet emplacement existait une tour en briques qui avait servi de clocher pendant plusieurs années; on y vénérait une image de la Sainte Vierge dite de la Caridad. D'où le nom donné à l'abbaye, N.-D. de la Caridad (bulle Ex litteris d'Alexandre III, 25 mai 1175). En 1175, l'abbé Dominique, electus Sanctae Mariae de Cluiritate, successeur de Vital, acheta un terrain connu sous le nom d'Isla de Caridad. En 1181, l'îlienne de la (iuardia fit une importante donation à Ituero de (^àmaces (S. Felices de Gallegos) pour l'édification de l'église; il figure dans l'obituaire comme fundator huius ecclesiae. AlphonselX

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(1188-1230), d'autres personnes influentes et l'év. Michel (1229-44) contribuèrent à doter l'institution.

La bulle Ex litteris soumit à l'évêque de C. Rodrigo le monasterium Sandae Marine Caritatis. Cette prescription provoqua des conflits entre les évêques et les chanoines de la Caridad. L'évêque Jean Tavera annexa à La Charité la paroisse de Robledillo, en 1516; le pape Léon X autorisa cette annexion. En 1549, les Prémontrés contestèrent à l'évêque Pierre Ponce de Léon le droit de visiter les églises sous leur dépendance. Ponce de Léon leur intenta un procès, mais son transfert à Plasencia en 1559 mit temporairement fin au conflit. L'abbé de la Caridad assista au synode diocésain du 19 avr. 1592. En 1593, le conflit entre l'évêque et l'abbaye rebondit à propos de la visite de l'église de S.-Blas et du droit de l'abbé de désigner un de ses moines comme curé de Robledillo : les Prémontrés fermèrent la porte de l'église et l'évêque retira la juridiction non seulement au curé de S.-Blas, mais à tous les religieux de la Caridad ; les chanoines eurent recours au métropolitain, qui menaça l'évêque de l'excommunication et de l'interdit; l'évêque, à son tour, en appela au pape et au Conseil suprême du royaume, qui condamna les Prémontrés. L'évêque visita la paroisse de S.-Blas le 13 mai 1601 ; il désigna de même le curé de Robledillo.

Déjà sous le pontificat de Clément VII (1378-1394) on avait tenté, mais sans succès, de réformer les Prémontrés. Le 11 déc. 1441, l'archevêque de Séville, Gutierre Alvarez de Tolède, abbé commendataire du monastère d'Alba de Termes (Salamanque), dont la Caridad était filiale, expulsa les Prémontrés d'Alba et les remplaça par des ermites de S. -Jérôme. Cette mesure fut confirmée par le pape Eugène IV le 12 mars 1442. La Caridad s'affilia alors à l'abbaye de Retuerta. Sous l'abbatiat de Ferdinand de Villafafie Merino (1566-1569), on projeta de substituer partout aux Prémontrés des ermites de S. -Jérôme. Deux religieux de ce dernier ordre se présentèrent à la Caridad en déc. 1567. Villafafie s'enfuit au Portugal pour ne pas autoriser par sa présence cette substitution. Lorsque, au début de 1568, il retourna dans son monastère, il le trouva déjà occupé par les hiéronymites; il fut emprisonné au palais épiscopal, mais réussit à s'évader et à gagner Rome. Philippe II ordonna à son ambassadeur auprès du S. -Siège d'exiger l'arrestation de Villafafie ainsi que de l'abbé de Medina del Campo qui s'était rendu à Rome dans un même but. Villafafie parvint une nouvelle fois à s'échapjier. Rome cependant révoqua toutes les facultés accordées aux hiéronymites en vue de réformer les Prémontrés. Cette réforme s'effectua, mais par des voies ])lus pacifiques. Villafafie devint abbé général quelques années plus tard.

Un des abbés commendataires de la Caridad a été François del Aguila, doyen de C. Rodrigo (1488t 25 juin. 1507). En 1493", il fonda la confrérie de S.- Blas; on croit aussi qu'il construisit la croisée de l'ancienne église. Le Becerro mentionne une bulle de Jules II (1503-1513) contre certains religieux qui avaient enlevé des biens à l'abbaye et modifié le testament de François del Aguila. Son frère et successeur dans le doyenné reçut une part des revenus de l'abbaye.

Parmi les chanoines de la Caridad les plus connus, on cite Jean Gômez Casasola, t le 8 mai 1643; d'après l'obituaire, il avait été vicaire général, abbé du collège de Salamanque et de Ste-Marie de los Huertos (Ségovie), trois fois déflniteur, prédicateur général perpétuel, etc. ; il fut aussi deux fois abbé de la Caridad (1627- 30; 1636-39). Le 26 juin 1627, il obtint des autorités civiles la faculté de fonder un couvent à l'intérieur de la ville; mais, dans la réalisation de ce projet, il se heurta à l'opposition de l'évêque, du chapitre et de tout le clergé. L'abbé en appela au métropolitain, au

pape, etc. En 1630, il fil même occuper nuitamment, par quelques prémontrés, la maison des Silva, située en ville, ce qui provoqua une émeute du peuple. L'abbé dut rappeler ses religieux à la Caridad. Il écrivit une Histoire de C. Rodrigo, perdue, et une Vie de S. Norbert (C. Rodrigo, 1639).

Autres religieux connus de la Caridad : Jean Pérez Galavis, Galavi ou Galabies, abbé du S. -Esprit d'Avila et général de l'ordre; archevêque de Santo Domingo et primat des Indes, sept. 1729; archev. de Santa Fé de Bogotâ, janv. 1738-t 13 nov. 1740. — Le Vén. Federico Garcia, profès le 23 nov. 1603, fut deux fois vicaire de Robledillo et vécut surtout à Madrid, où il mourut le 5 juin. 1630; l'obituaire l'appelle vir in Iheologia eruditissimùs et in omni virlule celebris; biographie assez étendue par lllana, O. Praem. — L'abbé Hernando de Chaves (1531-48) construisit le cloître ancien, le retable et l'orgue et acheta une maison dans le faubourg de S. -François, pour créer une infirmerie; il obtint du S. -Siège de rendre l'abbatiat triennal, quoique lui et son successeur Ferdinand de Gâta fussent encore perpétuels. Il dut lutter contre un chanoine de la Caridad, François de Ledesma, qui menaça de provoquer un schisme; il condamna l'apostat à un silence perpétuel; cependant ce dernier se repentit et mourut à C. Rodrigo le 29 août 1556. — Diego Gabilân Vela, qui publia en 1631 la traduction du Discurso contra los Judios (le Vincent da Costa Matos.

Lors de l'invasion des Français, au début du xix« s., la Caridad eut à souffrir de l'occupation. Elle fut sup- Ijrimée en 1835. — Une partie de l'église, qui subsiste actuellement, fut construite en 1590, ainsi que le chœur; les statues qui ornent la façade datent de 1670. Le cloître {2^ moitié du xvin« s.) subsiste encore, mais il menace ruine, ainsi que le reste de l'édifice.

Liste (incomplète) des abbés. — Vital, 21 avr. 1171. — Dominique, 1175. — Benoît, t 1182. — Sancho, 1182. Gonzalo, 1454. — François del Aguila, 1488t 25 juill. 1507. — Alonso de Herrera, f 1531. — Hernando de Chaves, 1531-t 1548. — Ferdinand de G9ta, 1548. — Ferdinand de Villafafie, 1566-69.— Jean Gômez Casasola, 1627-30, 1636-39. — Jean Hermano,

Becerro et Chronique, aux arch. capit. de C. Rodrigo. — J. E. Noriega, O. Praem., Disserlatio apologelica marianocandida, Salamanque, 1723, p. 121-24. — \, Sânchez Cabanas, IJi.it. eclesiàsiica de C. Rodrigo, bibl. de l'Acad. d'hist., ms. 100, fol. ô6 r<'-57 v». — Nicolas .Vntonio, Dibl. Hisp. nova, I, Madrid, 1783, p. 284. — A. Ponz, Viage de Espana, XII, Madrid, 1783, p. 3.34. — F. Fita, Los Premon.itratenses en C. Rodrigo. Datos inéditos, dans Bol. R. Acad. fnst., i.xii, 1913, p. 468-80. — L. Serrano, O. S. B., Correspondencia diplomciticit..., iv, Madrid, 1914, p. XL. — M. Hernândez Vegas, C. Rodrigo. La caledral y la ciudad, Salamanque, 1935, passim. — .1. Gonziilez, Rege.tta de Fernando II, Madrid, 1942, p. 516. — Becerro de la Caridad, aux arch. épisc. de C. Rodrigo. — .V l'Arch. hist. nac, on possède huit parchemins de 1465-1632 et douze liasses de documents divers (cf. Inventario de prncedencins, p. 72).

2° Les Bénédictins. — Pierre le Vénérable (De miracutis, P. L., cLxxxix, 907-908) affirme que le roi Ferdinand I" (1037-1065) construisit deux monastères pour les Clunisiens. André Duchesne, dans ses annotations à ce passage (ibid.), identifie un de ces monastères avec celui de Ste-Agathe de C. Rodrigo, mais le diplôme qu'il reproduit ne prouve pas cette attribution, puisqu'il est de Ferdinand II, non de Ferdinand P^ Le 28 mars 1169, le roi Ferdinand II donne à l'abbaye de Cluny in Civilate Roderici ecclesiam sanctae Agathae cum aldea sancti Felicis (Sahelices el Cliico)... Quelque temps après, il avise la commune de C. Rodrigo du don qu'il avait fait à Cluny en la personne du moine Atto, le premier prieur de Ste-Agathe. Le nouveau prieuré devait payer à Cluny huit mnra-

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bilinos. Ces deux docuiuents de Ferdinand II supjjosent que l'église de Stc-Agathc existait déjà antérieurement.

La bulle Ex lilteris d'Alexandre II (25 mai 1175) plaça le monastère de Ste-Agathe sous la juridiction de l'évêque de C. Rodrigo. Cette disposition causa quelques difTîcultés plus tard, surtout après l'annexion du prieuré à S. -Vincent de Salamanque (1460). Ferdinand II (30 déc. 1185) exempta le prieuré de Ste- Agathe de toute taxe, privilège qui fut confirmé par S. Ferdinand III le 20 juin 1232 (Valladolid), par Ferdinand IV le 16 mars 1304 et par Ali)honse XI le 28 mai 1326.

Les renseignements que nous possédons sur ce prieuré proviennent principalement des actes des chapitres et des visites de Cluny qui en parlent souvent. Ces documents, qui datent de 1259 à 1460, montrent les difflcultés multiples qui se rencontraient au prieuré. Ils font souvent allusion à des prieurs indignes : tel celui de 1259, diffamalus de iiiconlinentia et administratione in spirilualibus et temporal ibus, et qui, avec ses prédécesseurs, avait aliéné la plupart des biens du monastère; tel encore ce /rater minor qui avait usurpé le prieuré sans être moine; tels enfin ces prieurs de 1345 et 1349 qui ont été absents du monastère. Deux autres circonstances contribuèrent à cette déchéance, j Le petit nombre des moines : le chapitre de 1336 parle I du prieur et d'un clerc qui, tout en n'étant pas moine, célébrait cependant à Ste-Agathe trois jours par semaine; en 1345, le prieur et le seul moine mentionné n'habitent pas le monastère; en 1377, seul le prieur est signalé. La Bibliotheca Cluniacensis parle du prieur et de deux moines; mais nous ignorons à quelle époque cette note se rapporte, de même que nous ne savons pas justifier la détention du monastère par des séculiers, contre laquelle protestent les chapitres de 1291 et 1293. Les chapitres dénoncent souvent la mauvaise administration spirituelle et matérielle de la maison; en 1349, les édifices se trouvaient dans un état de délabrement tel que les visiteurs furent obligés de loger en ville et que la célébration des offices était devenue impossible; en 1392, la maison n'avait qu'un calice plumbeus, une chasuble et une aube modici valoris, et le prieur dut vendre un missel pour couvrir les frais d'un enterrement (v. encore années 1259, 1312, 1336, 1337, 1345, 1349, 1392, 1460). Par contre, quelques rares prieurs sont loués pour leur zèle : par ex., en 1336, diligens et attentas et, eii 1377, qui bene régit in temporalibus. Le prieur de C. Rodrigo fut visiteur de l'ordre pour l'Espagne en 1305, 1322, 1326, 1340 et 1422. Le monastère fut ruiné deux fois : en 1337, par le roi Alphonse IV et Bravo de Portugal et au cours des guerres du roi de Castille et de Léon contre le roi de Portugal et le duc de Lancaster (1381-1386). Cela explique aussi l'état de déchéance auquel il était parvenu. Ste-Agathe se trouve mentionnée pour la dernière fois dans les actes des chapitres de 1460; mais, à cette date, elle était déjà annexée au prieuré de S. -Vincent de Salamanque (depuis 1450). L'église tomba en ruine en

1620, mais elle fut reconstruite l'année suivante. Liste (incomplète) des prieurs. — Atto, 1169. — Garcia, 1180. — Pierre Fernândez, 1304. — Jean Rochevol, 1317. — Guide, 1326 et l'usurpateur Rodrigo Rodriguez, 1291.

Pierre le Vénérable, De miraculis, I, xxviii (P. CLXxxix, 9()7-(l8). — A. de Vepes, Coronica, vu, Valladolid,

1621, p. .S:?9-41 ; ap. escrit., xxxvi, p. 26-28. — A. Si^nchez Cabanas, Ilisf. ecl. de G. Rodrigo, bibl. de l'Acad. rl'hist., ms. D. 100, fol. .Ï3-.5.1 sq. — A. Bernard-.\. Bruel, Hecueil des chartes de l'abhaije de Cluny, v, Paris, 1894, p. 541. — U. Robert, Êtal des monastères espagnols de l'ordre de Cluny aux XIIl'-XV s. d'après les actes des uisites et chapitres généraux, dans Bol. H. Acad. hisl., xx, 1892, p. 321-431. — F. Fita, Los cluniacenses en C. Rodrigo, ibid., i.xii, 1913,

p. 3r)3-()(>. - M. Hernàndrz Ve^as, C. Rodrigo. .., i, 18. 36, etc. — J. (ionzâlez, Rcgcsia de Ferimnilo II, Madrid, 1942, p. .'j30, 407, 503. — Arcli. du séminaire de Salamanque, 11. 2. Arch. de Silos, ms. 7, fol. 98.

3" Autres couvents. — 1. Franciscains. — S.-François : Tous les chroniqueurs de l'ordre des xv^'-xv!!!!" s. rapportent la tradition suivant laquelle S. FYançois aurait visité C. Rodrigo à son retour de Compostelle. D'après ce récit S. F"rançois serait arrivé à C. Rodrigo en 1214; il aurait habité une chapelle dédiée à S. Gildas, située près de la ville, et y serait resté environ un mois, s'occupant de la prédication. Il aurait creusé un puits dont les eaux seraient devenues miraculeuses. Six ans plus tard, il aurait envoyé deux frères mineurs pour fonder un couvent à l'endroit où il avait vécu. Quoi qu'il en soit de cette tradition, ce couvent appartenait à la province de S. -Michel; d'après le Livre « del Bastôn » (1770), il était le chef de la province et comptait 60 religieux, plus 6 frères convers. Au cours des guerres des deux derniers siècles, il subit de nombreux malheurs. Il a été illustré par des religieux fervents, dont les noms et gestes sont décrits dans les chroniques. — Ste-Claire : Le Registre d'Innocent IV (ann. 1, ep. Dcxiv; Berger, 615; Potthast, 11336) contient une lettre Abbatissae et conventui monialium inclusarum monasterii Sancti Spiritus, ordinis sancti Damiani, Civitatensis dioecesis, du 17 avr. 1244. Cette lettre confirme l'exemption si)irituelle et temporelle des moniales, dont le couvent avait été fondé vers 1228-1230, sous le titre de Sancti Spiritus; après la canonisation de Ste Claire, il reçut le nom de la sainte. Primitivement, on appela les moniales Seiïoras pobres de San Damiân. Le couvent subsiste encore. — S.-Isidorc : ce couvent, communément connu sous le nom de Franciscas descatzas, fut fondé en 1605 par D. Catalina Enriquez Pacheco (Sœur (>atherine de la Mère de Dieu), près de l'église S. -Isidore; en 1608, Paul V autorisa les moniales à utiliser l'église S. -Isidore. En 1706, elles durent se réfugier à Ste-Claire et, à partir de 1739, elles occupèrent un nouveau couvent, bâti par l'év. Grégoire Téllez, O. F. M. En 1869, leur couvent fut acquis par le gouvernement et converti en prison. — Espiritu Santo, dont les moniales sont communément appelées las Isabeles. Ce couvent de tertiaires daterait du vivant de S. François, ce qui paraît invraisemblable, puisque les tertiaires n'existent qu'au milieu du xiv^ s. La première notice que nous en possédons date de 1420 (22 août); peut-être se trouve-t-il mentionné dans un document de 1389, conservé au couvent de Ste-Claire; une bulle du pape Martin V, du 22 mai 1426 (Eubel, Bull, franc, vu, 655), le concerne. Primitivement, il était situé à la frontière des diocèses de C. Rodrigo et de Coria, à savoir à Valdârrago; il portait le titre de Sti Spiritus; sous l'épiscopat de Diego de Simancas (1565-1568), les tertiaires s'installèrent à C. Rodrigo (30 juin 1566). Le couvent fut détruit en 1706 par les Portugais; les tertiaires se réfugièrent alors dans la Casa de los nifios de la Doctrina, puis occupèrent l'ancien palais des Caraveos. Au début du xix'' s., ce dernier fut également détruit.

F. Gonzaga, O. F. M., De origine seraphicae retigionis Iranciscanae eiusque progressibus, Proi>. S. Michaelis, Conv. L Rome, 1587. — Wadding, ^4;i(i(i/e.<i Minorum, Lyon-Rome, 162.î-.>4, ad ann. 1214, n. xix-xxi. — .f. de la Trinitad, O. F. M., Chronica de la prov. de S. Miguel, Séville, 1651, 1. I, c. xx, p. 129. — J. de Sta Cruz, O. F. M., Chronica de la sanla prou, de S. Miguel, i, Ma<lrid, 1671, p. 104, 107. — D. Cornejo, O. F. M., Chronica Seraphica, i, Madrid, 1766, p. 205 et .5.")4-,)C. — .\. .Sânchez Cabanas, Hist. ecl. de C. Rodrigo, bibl. de l'Acad. d'hist., ms. D. 100, fol. 16 v°-17 r». — R. Marcos Sânchez, S. Francisco y C. Hodrigo. — V. Santos Blanco, El arlillero mislerioso o glorias y senlencias de C. Rodrigo, Vitigudino, 1888. — M. Hernândez Vegas, C. Rodrigo. I.n raledral y la ciudad, Salamanque,

C II I) A n HODl^ [GO C [ l'S

lOS."). passini. — A. Lopez, La prou. île Espiinn fie los frailes meimres, .S.-.Jacr(ues-de-r.oni|)oslclle, lOI.'i, p. 158; Viajc de S. Franeisco a Expana, dans Arrh. ihcro-americano, t-iii, éd. spéciale, Madrid, I'.)14, p. 1:5, 60-63. — S. Eijân, O. F. M., Franriscanisnw ibero-aniericaiw en la historia, la literafura y el arle, Barcelone-Madrid, 1927, p. 42.

— Sabatier, Vie de S. François, c. x. - Arch. hist. nac. : -S. -François, 1 liasse; Ste-Clairc, 2 liasses; S. -Isidore, 2 liasses; Espiritii Santo, 1 liasse.

2. Augustins. — Les historiens de C. Rodrigo, Nogales Delicado et Sânchez Cabaiias assurent que Ferdinand II donna aux ciianoines réguliers de S. -Augustin le Valle de Curie de los angeles, aujourd'hui S. Agustin el Viejo. Mais la tradition populaire assigne à ce couvent une autre origine, toute légendaire, qui le rattache à des visions qu'aurait eues en 1484 D. François de Chaves. L'histoire retiendra que les Augustins demeurèrent à Corte de los angeles depuis une date actuellement non encore précisée jusqu'au 23 avr. 1530, jour où ils occupèrent dans la ville un nouveau couvent, construit par les Garci-Lôpez de Chaves sur l'emplacement de leur ancien palais. L'église, bâtie entre 1566 et 1581, est le dernier monument gothique élevé à C. Rodrigo. En 1592, un collège fondé par le chan. Palacios fut annexé au couvent; jusqu'en 1 770. on lui donna i le titre d'université.

M. Hernândez Vegas, (,'. Rodrif/o , 27, 2!ll ; ir, 7.'i,

333, etc. 1

3. D'autres ordres ou congrégations furent ou sont en outre représentés à C. Rodrigo. (Couvents de S.-Dominique, de La Trinité, de Sle-Croix (augustiniennes), Commendadoras de Santiago, carmélites, etc.

4° La cathédrale. — La première cathédrale fut établie dans l'église Ste-Marie (faubourg S. -François, Villa); le chapitre qui y fut attaché portera plus tard le nom de chapitre de la Villa. L'église, en style roman de l'école de Sahagùn, changera de nom ( = S. -André) après la consécration de la nouvelle cathédrale, dédiée, elle aussi, à Ste Marie. Celle-ci a été vraisemblablement commencée vers 1165-1166; son avant-corps date de 1 170-1230. Caractéristiques : plan de croix latine, trois nefs (la centrale plus élevée), transept très court, trois j absides circulaires (la centrale transformée au xvi« s.), i narthex; primitivement, trois tours dont les vestiges | sont encore visibles; actuellement, une tour néoclas- | sique. Comme sa construction a duré fort longtemps, | elle porte des traces de plusieurs styles. On remarquera I surtout ses 300 chapiteaux (romans), son chœur (go- j thique) à l'intérieur, et le cloître gothique.

Sources. - - .\rch. capit. de C. Rodrigo : actes capitiilaires; Chronique de la Caridad. — ,\rch. capit. de Léon, n. 1034. — Arch. capit. de Salaman((ue, n. 3-1-3, e-S-oS et 16-2-2; (làjon de las Concordias; Cart. ,îol. 2. — Composlelle, Tiinibo A, fol. 48 v<>; Tiiniho B, fol. 186 v". .\rch. liisl. nac, Tiimbo menor de Léon, fol. 161 ; Cart. d'Avila, pari. II.

— Bibl. de l'Acad. d'hist. : Col. Salazar, y : 1103; Col. Abella, 12; Col. Velàzquez, S. - Bibl. nac. (Madrid), nis. 884, fol. 9.") v». — Bullarinni de l'ordre de Santiago, p. !), 79. — Chron. de Cardena. — Chron. il'Avila. — Anonyme de Madrid, éd. Iluici, p. 7-8. — Luc de Tuy, iv, 106-07. — G. de Rada, xx, 121-23; xxi. — Registres des papes : Innocent IV, Honorius IV, Boniface VIll, .Jean XXII (v. Enbel).

Travaux. — R. Menéndez Pidal, Hist. de Espana, i, Madrid, 1947, p. .")37, 843; n, 1935, passim; m, 1940, p. 279, 318, note 69. — .\. lîallesteros, Ilist. de Espafïa y su inflnencia en la hisl. universal, i, Barcelone, 1818, passim. — .1. Dottin, Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique, Paris, 1906, p. 321. .V. Schulten, Xumanlia. Die Erqebnisse der Ausgrabunqen, i. Die Kéltiberer tind ihrc Krieqe mit Rom. Mimicli, 1914, p. 104, 106, 193, etc. - .1. Cabré Aguilo, El idolo lie C. Rodrigo, dans Memorias de la Soc. esp. de antrop., etnogr. y prehisl., ix, 1930, p. 160-63. — Marchetti, Ilispania, dans Dizionario epigraf. di antichità romana de Ettore De Ruggiero, m, 1915-19, p. 910. — J. Alemany, Im geogr. de la penlnsnla ibérica scgùn los tc.rtos de

los pscritores griegos. dans Bol. R. Acad. hist., 1910-12. - F. Fita, La diôresis y juero erlesiàslico de C. Rodrigo en 13 enero 1161, ibid., i.xi, 1912, )). 137-18; Coria compostelana y lemplaria, ibid., 348; El papa Alejandro III y la diôcesis de C. Rodrigo (1173-1175), ibid., i.xii, 1913, p. 142-57; Caliahria romana, ibid., 173-82; Calinbria y C. Rodrigo, ibid., 264-70; Don Domingo obispo de Caliabria (1172), ibid., 270-75; Los Cluniacenses en C. Rodrigo, ibid., 353-66; El fiiero antiguo de C. Rodrigo (A. Sânchez Cabaiias), ibid., 389-93; El triforio augustal de C. Rodrigo, ibid., 393-94; Los Preniostratenses en C. Rodrigo, ibid., 468-80. — .1. Gômez Centuriôn, « Hist. Ciiiitalense « par D. Antonio Sânchez Cabanas, ibid., 545-54. — E. Escobar Prieto, Antigiiedad y limites del obispado de Coria. Nueuo estudio, ibid., lxi, 1912, p. 324, 342, 345. — Lôpez Ferreiro, Hist. comp., iv, 273, 287, 327; ap. XXX, p. 78; xxxix, p. 99. — ,J. Gonzalez, Regesta de Fernando II, Madrid, 1943, p. 40-46, 71, etc.; ap. 30, p. 283; Aljonso IX, Madrid, 1944, 2 vol., passim; doc. n. 7, 14, 31, etc.; Repoblaciôn de la « Extremadura » leonesa, dans Hi.'ipania, ni, 1943, p. 225-33. — D. Mansilla, Iglesia castel lano-leonesa en tiempo del rey S. Fernando, Madrid, 1945, p. 101, 121-22. — A. Millares Carlo, La cancilleria real de Castilla y Leôn hasta fines del reinado de Fernando III, Madrid, 1936, p. 264. — R. Escalona, Hist. del monasterio de Sahagùn, 118. — Barbosa, Cat. das Rainhas de Portugal, Lisbonne, 1727, p. 114-15. — A. Manrique, Annales, n, 416. — E. Flôrez, Reinas Catolicas, i, Madrid, 1790, p. 320; Espana sagrada, xiv, ap. ii. — .\. Ponz, Viage île F^spana, XII, Madrid, 1783, p. 327-34. — C. Sânchez Albornoz, Euenles para el estudio de las divisiones eclesiàsticas visigoilas, dans Bol. IJnii). de Santiago de Compostela, 1930, p. 43.

- .1. M. (Juadrado, Espaùa..., Salamanca, Avila y Seyovia, Barcelone, 1884, p. 216-42. — A. de Morales, Hist. gênerai de Espana, Madrid, 1791, i, 72, 454; ii, 171, 629; iv, 279, 31.3, 529; V, 424; Mil, 118, 516. — J. .\. de Estrada, PoWaci<5/i gênerai de Espana, i, Madrid, 1748, p. 191. — F. Méndez, Soticias sobre la vida, escritos y viajes del Rmo P. Mtro Fr. Enrique Flôrez, 2" éd., Madrid, 1860, p. 178. — A. Sânchez Cabaiias, Hist. Civitatense : bibl. de r.\cad. d'hist., ms. D. 100 : Segunda [y lercera] parte de la...; Bibl. nac. (Madrid), ms. 7112 : [Segunda parte de la...]; B. R. Palacio, Sala 2', esl. F ; [Primera, segunda y lercera parte de la...]; Compendio de la..., Madrid, 1861. — D. Nogales Delicado, Hisl. de la muy noble y leal ciudail de C. Rodrigo, Ciudad Real, 1882. — Llaguno y .\inirola, Informe histôrico sobre la catedral de C. Rodrigo. — M. Pérez, C. Rodrigo y sus hombres. — M. Hernândez Vegas, C. Rodrigo. La catedral y la ciudad, Salamanque, 1935, 2 vol. — Madoz, Dicc. geogr. — T. Muiioz Romero, Dicc. bibl.-hist. de Espana, Madrid, 1858, p. 102. — • Enc. Espasa, s. v.

F. PÉREZ

ClUIVITUBURBO. Voir Thuburbo (Maius).

Cl US (Kioç), évèché de la province de Bithyiiie I"', dépendant de Nicomédie, puis archevêché indépendant. Cette petite ville, située sur le golfe du même nom, dans la partie sud-orientale de la Propontide (Marmara), était une colonie .grecque. La légende prétend qu'elle fut fondée par l'argonaute Polyphème. En réalité, elle fut d'abord habitée par des Mysiens, puis par des Cariens, que chassèrent des colons venus de Milet sous la conduite de Cios, dont elle prit le nom. Son histoire est celle des autres villes de la région qui subirent divers régimes avant de faire partie de l'Empire romain. Le roi de Bithynie Prusias l'appela de son nom Prusiade. Après le passage des guerriers de la croisade, le sultan seldjouk Suleyman 1" la prit, la brûla, massacra ou emmena en captivité la plus grande partie de ses habitants pour avoir donné asile aux éclopés de l'expédition. Elle fut rebâtie avec l'aide de l'empereur Alexis I" Comnène et vécut assez tranquille jusqu'au moment où le sultan ottoman Orchan la prit en 1336. En 1921-22, elle fut le théâtre de combats entre les troupes grecques et les troupes turques. Cios (Ghemlek pour les Turcs) fut jusqu'à l'échange des populations, en 1923, un centre grec assez important, qui ne comptait pas moins de sept églises ou chapelles. C'est là que résidait depuis plusieurs siècles le métropolite de Nicée.

CIUS — C

IVIDELLA

Cios fut dotée d'un évêché au moins dès le s. On ne sait ni quand, ni par qui il fut élevé au rang d'archevêché indé|)endant, mais il est certain que ce fut au plus tard au vii^ s., puisque la liste du Pseudo-Épiphane l'indique comme tel (le 21'^) (H. Gelzer, Ungedruckte und unqeniigcnd veroffenllichle Texte der « Nolitiae epixcopaluum », dans Abh. der kônigl. bayer. Akad. der Wiss., Cl., t. xxi, sect. m, Munich, 1900, p. 585). Sans doute, au concile de 536 tenu sous le patriarche Nénas, son titulaire Hedistus est bien signalé comme métropolite (Alansi. viii, 938 B, 950 D), mais c'est là un remaniement postérieur du texte primitif. En elTet, outre que Cios n'a jamais été métropole, Hedistus signe simplement « évêque » (Mansi, viii, 971 B, 1143 D). Cios est le 13« archevêché dans la Nea Tactica (H. Gelzer, Georgii Cyprii descriplio orbis romani, Berlin, 1890, p. 60), le 14<' dans la liste dite de Jean Tzimiscès (H. Gelzer, Ungednickte..., loc. cit., 569), le 7» sous Michel Paléologue et Andronic III (ibid., 592, 612). La conquête turque lui enleva beaucoup de son importance et l'archevêché n'avait plus de titulaire à la fm du xrv« s. Vers 1393, le hiéromoine Athanase reçut en effet du patriarche Antoine IV la mission de l'administrer (Mikiosich et Muller, Ada et diplomata graeca M. A., ii, 203). Le 26 juin 1394, Georges Apelméné, qui avait été nommé sacellaire de cette Église en nov. 1381, en devint exarque (ibid., u, 36, 221).

On ne connaît qu'un nombre restreint d'évêques ou d'archevêques de Cius : Cyrille prit part au I" concile de Nicée (325) (H. Gelzer, Patrum nicaenorum nomina, Leipzig, 1898, p. 69, n. 191). — ■ Adamantins fut un des membres du pseudo-concile de Philippopoli, dissident du concile de Sardique (354) (Mansi, m, 139 C). — Théophobius assista au concile d'Éphèse (431) (ibid., IV, 1229 C). — Hedistus prit part au concile de 536 réuni par le patriarche Ménas (ibid., viii, 938 B, 950 D, 971 B, 1143 D). — Théognius fut au vi^ concile œcuménique (680) (ibid., xi, 212 A, 645 C, 673 D). — D'après Le Quien, l'évêque Jean de Bithynie, qui souscrit les actes du concile in Trulto (Mansi, xi, 992 D), serait un évêque de Cius (Oriens christ., i, 634 A-B). — Léon fut un des membres du n« concile de Nicée (787) (Mansi, xii, 994 E, 1095 D ; xiii, 141 A, 385 A). — A la date du 29 mars, le synaxaire place la fête de S. Eustathe, évêque de Cius, victime de la persécution iconoclaste, mais rien dans sa légende ne permet de préciser à quelle époque il vécut (H. Delehaye, Synaxarium Constantin., 569-72, en note). — • Jean prit part au vin^ concile œcuménique (Mansi, xvi, 192 A). — Épiphane assista au concile de 879 qui réhabilita Photius (ibid., xvii-xviii, 373 B). — Constantin prit part au synode de 997 tenu par le patriarche Sisinnius (Rhalli- Potli, SûirrayiJia twv lepcôv Kavovcov, v, 19). — Jean 11 signa une décision du patriarche Alexis, en janv. 1029 (ibid., V, 32). — Georges prit part à la déposition du patriarche Cosmas Atticus, le 26 févr. 1147 (ibid., 310). — Michel, 24 mars 1171 (A. Papadopoulos, 'AvaAeKTÔ UpoaoAuiJLiTiKfis CTraxuoAoyiàç, iv, 109). — Jean HI signa une décision du patriarche Georges Xiphilin (1191-1198) (Rhalli-Potli, op. cit., v, 101). — Constantios, oct. 1213 (Vizanliiski Vremennik, iv, 166). — David, mars 1256 (Mikiosich et Muller, op. cit., i, 119).

Le titre de Cius a été conféré assez tardivement dans l'Église romaine : Henri Carfagnini, O. F. M., ancien évêque de Harbour-Grace, 24 mars 1898-t 1905. — Gaétan d'Alessandro, ancien évêque de Cefalù, 8 mai 1906-t janv. 1911. — Jean-Joseph Keane, ancien évêque de Dubuque, 28 avr. 1908-t 22 juin 1918. — Jacques-Romain Billsborow, O. S. B., 14 déc. 1920t 19 juin 1931. — François-Xavier-Marie-Julcs Gieure, ancien évêque de Bayonne, 31 janv. 1934-t 22 avr. 1938. — Guillaume Godfrey, 21 nov. 1938, délégué apostolique en Grande-Bretagne.

DiCT. d'hist. et de géogr. ecclés.

Smith, Dict. of Greek and Roman geographg, i, 629. — MeyàÀT) éXXr|viKfi èyKUKAoTraiSEÎa, xiv, 445. — ■ Ruge, dans Pauly-Wissovva, xi ', 486-88. — Le (juien, i, 631-36. — Ann. pont., 1916, p. 389.

R. Janin.

CIVATE, Clivateme, monastère des SS.-Pierre-et- Paul et S.-Calocère, sur le lac de Ghivira, dioc. de Milan, prov. de Côme (Lombardie). La chronique d'Angera (Angleria, Inglexium) et de ses comtes, nommée Chronica Danielis (éd. A. Cinquini, dans Miscell. slor. c cuit, eccl., iv, 165, 376), qui ne mérite aucune créance, rapporte que Didier, roi des Lombards, fonda ce monastère sur le mont Cornizzolo (Mons Pedalis), y déposa des reliques des SS. Pierre et Paul et établit Durus comme premier abbé. Néanmoins cette abbaye est ancienne. Elle fut appelée d'abord S. -Pierre, ensuite S.-Calocère, lorsque le corps de ce saint y fut transféré de la ville d'Albenga. Au ix<^ s., il est fait mention de Léodegaire, abbé de Clivatense (M. G. H., Libr. confr. Fabar., éd. Piper, 1884, p. 384). Clivatense appartint d'abord aux bénédictins qui, en 1162, reçurent de Frédéric l" un privilège de protection. Il était en ruine au xiv" s. En 1484, il fut donné en commende au card. Ascanio Sforza. Le card. Nicolas Sfondrato (plus tard le pape Grégoire XIV) le confia en 1556 aux olivétains de S. -Victor de Milan, qui y séjournèrent jusqu'en 1798. — L'église du x« s., dédiée à S. Pierre, fut élevée sur une basilique du viii«. Elle possède un autel remarquable du xn" s., avec un ciborium orné de sculptures et de peintures.

V. Barelli, S. Pietro ai Monti di Ciuate, dans Riv. arcli. prov. Como, 1881. — Cottineau, i, 791-92. — G. Dozio, L'antica chiesa di S. Pietro sopra C, 1844. — Enc. ital., x, 509. — A. Giussani, L'abbazia dei SS. Pielro e Calncero in C, dans Riv. arch. prov. Como, 1921, p. 83-149; L'abbazia di S. Pietro al monte .topra C, 2« éd., Côme, 1912. — Kehr, //. pont., vi-1, 1,59-66. — Lancellotti, Ilist. Oliv., 339. — F. Savio, S. Calocero e i monasteri di Albenga e di C, dans Riv. s<or. ftenej., IX, 1914, p. 44-59, 103-08 ;Ld9ende des S5. Faustin et .Jovite, dans A. Boit., xv, 1896, p. 25. — P. Toesca, Storia dell'arte ital., i, 1927, p. 369, 413, 768, 949. — Ughelli, IV, 173, 47. — K. Voigt, Die kônigt. Eigenkloster im Langobardenreictie. Gotha, 1909, p. 14.

R. Van Doren.

CIVIDALE, Civitas Fori Julii, Civitas Austriae, abbaye de bénédictines. En 768, Didier et Adelchis, rois des Lombards, fondèrent in Satto un monastère dédié à Notre-Dame, en y établissant comme première abbesse leur mère Piltrude. Transféré bientôt à l'intérieur de la ville de Cividale, le monastère reçut de nombreux privilèges de la part des souverains, notamment de Louis le Pieux et de Bérenger. Il fut donné, avec l'église S. -Jean, au patriarche d'Aquilée, Maxence (ix« s.). Il fut supprimé en 1806.

Cappelletti, vni, 80. — Cottineau, i, 792. — Kehr, //. pont., vii-1, 65. — M. Leiclit, Sull epoca alla quale atlribuire il tempietlo di S. Maria in Valle in C, 1861. — Mabillon, Annales O. S. B., n, 737. — G. Valentinis, L'anticliissimo monastero di S. Maria in Valle in C, Udine, 1895.

R. Van Doren.

CIVIDALE (CONCILE DE), 796. Voir D. H. G. E., III, 1121.

CIVIDELLA, Anderta, Ardinghesca, abbaye de bénédictins, sous le vocable du S. -Sauveur et de S.- Laurent, au dioc. de Grosseto (Toscane). Elle fut fondée, dit-on, au s., par Ardingus, de la famille des Ardenghesca, et établie sous la dépendance directe du S. -Siège. D'après la première charte conservée, le comte Régnier céda au monastère le château de Cividella, cession confirmée en faveur de l'abbé Lambert par le comte Bernard et son épouse Stéphanie. D'après Mittarelli, en 1204, le monastère passa aux camaldules; mais, à la fin du xiii" s., il n'y restait plus qu'un moine. II fut supprimé par Eugène IV, en 1440, et sou-

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