CLAIR CLAIRE D'ASSISE
4. CLAIR (Saint) (10 oct.), est cité comme premier évêque de Nantes (Bretagne). Mais à part sa place dans la liste épiscopale, le lieu du culte, la translation, on ne sait rien de précis à son sujet. Il remonte vraisemblablement au iv« s. Plus tard on le fit disciple de S. Luc, puis de S. Pierre. En 878, devant les invasions normandes, son corps fut transféré à S. -Aubin d'Angers. Il est fêté dans plusieurs diocèses de Bretagne.
A. S., oct., V, 61-66; Auclarium, 33-35. — Cahour, L'apostolat de S. Clair, premier évêque de Nantes. — D.A.C.L., XII, 636-39. — A. de la Borderie, Hist. de Bretagne, i, 1896, p. 192-93. — Duchesne, ii, 363. — V. Leroquais, Les bréviaires mss., V, 62; Les sacranientaires et missels mss., m, 351. — F.-M. Richard, Étude sur la légende liturgique de S. Clair, Nantes. 1886; Toulouse, 1892.
5. CLAIR (Saint), reclus et martyr dans le Vexin (4 nov.), a été rattaché par certains auteurs au ii« s., ou à d'autres époques. Mais il appartient au ixe s., puisqu'il séjourna à Rochester (Angleterre), sous le roi Edmond l'Ancien (855-70). Il mourut martyrisé. D'après sa Vila {H. H. L., 1826), antérieure au xiv« s., mais dénuée de crédit, il se fit moine dans une abbaye du nord-ouest de la France, Maudon ( Malduinus), inconnue par ailleurs, puis se fixa comme ermite près du Costus, un ruisseau également inconnu. Poursuivi par une femme de mauvaise vie, il s'installa près de la rivière Epte, mais fut tué par des émissaires que la créature avait subornés. Le saint, dont le caractère sacerdotal que lui attribue la tradition n'est pas établi, fut honoré dans le Vexin dès le ix*" s. Le centre de son culte, très répandu, se trouvait à S.-Clair-sur-Epte, prieuré de S. -Denis; sa châsse qui y était conservée fut détruite à la Révolution française, mais les reliques furent sauvées.
A. S., nov., Il, 436-51. — Le Gros, Vie de S. Clair, prêtre et martyr, Vernon, 1884. — V. Leroquais, Les sacramentaires et missels mss., m, 351 ; Les bréviaires mss., v, 62. — L'Hommey, Hist. gén. du dioc. de Séez, 1898, p. 352-57. — A. Sabatier. Vie des saints de lieauvais, 1866, p. 236-39. — A. Zimmermann, Kalendarium benedictinum, m, 261.
R. Van Doren.
6. CLAIR (Saint) (8-16 nov.), fut disciple de S. Martin de Tours. Il mena la vie monastique avec le saint évêque, qui l'éleva au sacerdoce. Il mourut vers 400. A trois reprises, Paulin de Noie fait l'éloge de sa vertu. Sulpice-Sévère, qui en parle également dans sa Vila S. Martini, l'avait en grande estime, au point qu'il fit déposer son corps dans son église de Primiliacum (un lieu non déterminé). Toutefois Clair, pendant longtemps, n'a pas joui d'un culte liturgique proprement dit. Son insertion au martyrologe n'est pas antérieure à Baronius. Aujourd'hui, il est fêté à Tours, le 16 novembre.
A. S., nov., II, 784, 786. — Mart. Rom., 504-05. — S. Pontii Meropii Paulini opéra, éd. Hartel, dans C. S. E. L., I, 160, 239, 267, 280-82, 283. — Sulpicii Severi libri, éd. Halm, ibid., 1.32-33, 143, 156. — Tillemont, x, 352.
R. Van Doren.
CLAIRAC (S. -Pierre de), Clariacum, abbaye de bénédictins, dioc. d'Agen (Lot-et-Garonne). Un faux diplôme recule sa fondation jusque sous Pépin le Bref, mais la première attestation certaine date du xi« s. Elle fut ravagée par les albigeois au xiii" s. et entièrement détruite par les calvinistes au xvi«. Après la dispersion des moines, le roi Henri IV céda la moitié des revenus au chapitre du Latran, l'autre moitié restante à huit chanoines et aux bénéficiers, chargés du culte, que l'évêque d'Agen nommait en qualité de grand vicaire du roi. — On vénérait à Clairac un S.Avit, qui y aurait vécu, et dont le culte attirait beaucoup de pèlerins. Il s'agit, sans doute, de l'ermite du Périgord (£). H. G. E., V, 120.3, n. 9).
Liste des abbés. — Constance, 1068. — Augier, 1144.
— Raymond I" ou Pierre. — Bernard, 1180. — Arnaud, 1190. — Pierre, 1214, 1228. — Ponce I" de Pestilhac, 1253, 1254. - Gaillard de la Roque, 1281, 1296. — Raymond II, 1317; devint abbé de Mas-Garnier. — Ainard de Faudoas, 1321, 1330. — Raymond III Morel, 1353, 1365. — Jean I", 1373. — Ponce II de Salignac, 1462-85. — Antoine de Chabannes, commend., 1513. — Jean Mitte de Cuzieu, commend.. 1525. • — Gérard Roussel, commend., év. d'Oléron. — Gaulïroid de Caumont, commend.; épousa Marguerite de Lustrac, 1568. — Henri d'Angoulême, chevalier de S. -Jean de Jérusalem; nomma vicaire général Jacques de la Roche, 1580. — Jean II de Teillac, dernier abbé; résigna en 1604 entre les mains d'Henri IV, moyennant une pension.
Barrère, Hist. du dioc. d'Agen, i, 160-72. — Beaunier- Besse, Abbayes et prieurés, ni, 113. — Cottineau, 794. — A. Durengues, Gérard Roussel, abbé de Clairac, évêque d'Oléron, dans Revue de la Soc. de l'Agenais, xi.iii, 1916, p. 340-62.-- Gall. christ., u, 941. — J. Lacoste, L'abbaye de Clairac au XIV s., dans Revue de la Soc. de l'Agenais, i, 1874, p. 181-84.
— Mabillon, Annales O. S. B., v, 14(13). — Mouillé, \otice sur le diplôme de Pépin le Bref, dans Revue de la Soc. de
! l'Agenais, 1872, p. 162-222.
H. Van Doren.
! 1. CLAIRE D'ASSISE (Sainte) (1193-1253), cofondatrice avec S. François du second ordre franciscain, celui des Pauvres Dames, appelées aussi dans la suite Clarisses; première abbesse de S.-Damien.
I. Sources. — Les sources fondamentales d'une biographie de Ste Claire peuvent être réparties en quatre groupes : 1. les propres écrits de la sainte : sa correspondance, sa règle et son testament; 2. les documents contemporains parmi lesquels les plus importants sont la règle du cardinal Hugolin, le privilège de pauvreté et la lettre de faire-part annonçant la mort de Claire; 3. les biographies : la Leyenda Sanclae Clarae virginis et la Vita di Santa Chiara; 4. les documents relatifs à la canonisation. Tous ces textes ont fait l'objet d'une très bonne analyse critique (M. Fassbinder, Unlersuchungen iiber die Quellen zum Leben der hl. Klara von Assisi, dans Franziskanische Stndien, xxiii, 1936, p. 296-335). Nous nous arrêterons ici uniquement à ceux qui, mieux édités ou découverts seulement depuis la fin du siècle dernier, ont amené les historiens récents à corriger certaines traditions au sujet de l'origine de Ste Claire, de la chronologie de son curriculum vitae, de quelques faits miraculeux rapportés à son actif. Tels sont : a) \a règle de Ste Claire; l'original de la bulle Solet annuere d'InnocentIV (9 août 1253), qui confirme solennellement la règle, a été retrouvé en 1893 dans un coffret d'ébène placé dans le tombeau de la sainte; il est actuellement conservé au monastère de Ste-Claire à Assise; — b) la. lettre de faire-part de la mort de Claire, découverte dans un codex de la bibliothèque privée Landau de Florence et publiée par le P. Z. Lazzeri (// processo de canonizzazione di S. Chiara d' Assisi, append. i, dans Archivum {ranc. hist., xiii, 1920, p. 494-99); elle émane de la chancellerie du cardinal Rainaldo, évêque d'Ostie; c'est une brève biographie de Ste Claire; — c) la Legenda Sanctae Clarae virginis; l'édition de F. Pennacchi (Assise, 1910, in-S", lxx-140 p.), qui dépasse celle des bollandistes (A. S., août, ii, 754-68, avec Commentarius praeviiis du P. Cuper, ibid., 739-54), a remis en question plusieurs données traditionnelles; elle se fonde sur le ms. 33S de la bibl. communale d'Assise, que l'éditeur juge être, sinon l'original, du moins la copie la plus proche du texte primitif; la paternité de cette Légende est encore discutée : Pennacchi et la plupart des historiens versés dans les questions franciscaines continuent à l'attribuer à Thomas de Celano,