CELLE (SAINT-HILAIRE DE LA
concile de Poitiers, puisque, d'après le Gallia {n-ll41), il y avait à Poitiers, en 1078, trois églises dédiées à S. Hilaire : la collégiale de S.-Hilaire-le-Grand, les églises de S. -Hilaire de la Celle et S.-Hilaire-d'Entre-Églises; ces deux dernières églises étaient tout à la fois chapelles monacales et paroissiales.
C'était le doyen du chapitre cathédral S. -Pierre de Poitiers qui avait le privilège de pouvoir, seul, instituer le prieur de S. -Hilaire de la Celle. Dès cette fin du xii" s., le prieuré dut avoir conquis une certaine réputation qui ne fit que grandir dès le siècle suivant.
ni. Prieurs connus. — S. .Guillaume Tempier, devenu évêque de Poitiers, sous le nom de Guillaume HI, vers 1084. Une charte de l'abbaye bénédictine féminine Ste-Croix de Poitiers, en 1191, le surnomme le Fort. Aussitôt après sa mort, il fut vénéré comme un saint : les catalogues épiscopaux lui en donnent souvent le titre. — Giroius succéda à S. Guillaume vers 1184; son nom paraîtrait encore dans une charte de 1196. — Seguin (Segnorinus), 1204; en 1223-24, il enquête sur l'abbé Hulric, de Montierneuf. — Philippe, vers 1280. — Guillaume H, vers 1317. — Pierre II Baudry, vers 1343, prêta foi et hommage comiti Augensi. — Guillaume III Berlouin. Les Sammarthani le donnent comme le dernier prieur, de 1365 à 1375, et en cette dernière année, il serait devenu le premier abbé. Le Gallia n'en fait que le dernier prieur, finissant vers 1403 ou 1404. — Jean Goalichen, vers 1400.
IV. L'abbaye, xiV-xviir siècle. — Les Archives départementales de la Vienne conservent de nombreuses pièces concernant cette abbaye. Quelquesunes de ces pièces sont de la seconde moitié du xiii^ s. (1255, 1281, 1295). Le prieuré s'était-il donc changé en abbaye dèslexiii^ s.? Les historiens ne font remonter ce changement qu'au milieu du xiv*^ s., voire même après 1400, date à laquelle Jean Goalichen, prieur de la Celle, rend hommage à Jeanne de Torsay, dame de la Mothe, pour l'hôtel des Armenderies, au village de Mougon, paroisse S.-Georges-de-Vivonne. Le prieur remplit là une fonction qui aurait dû revenir de droit à l'abbé, s'il en existait un. Ajoutons que les archives de la Vienne contiennent de nombreuses pièces (xii"xiv« s.) concernant l'abbaye de la Celle, mais on n'y voit jamais paraître le nom de l'abbé. Cependant, en 1415, se fit une enquête officielle sur les droits de juridiction de l'abbaye. Cette enquête suppose que l'abbaye existait déjà depuis quelques années. En 1431, eut lieu à S. -Hilaire la réunion {Gallia, ii, 1236) en vue de l'érection de l'université de Poitiers (Gallia, n, 1060 et 1236). Enfin, en 1450, les chanoines de S. -Hilaire provoquèrent une procédure entre leur chapitre et les bénédictins de S.-Cyprien, pour établir quelle abbaye aurait la préséance à la procession du lundi de Pâques. Ces faits semblent prouver l'ancienneté de l'abbaye.
Au xvi« s., l'abbaye souffre des malheurs du temps. En 1560, elle ne compte plus que 12 religieux et en 1601, 6 seulement {Revue Mabillon, xxvii, 34 h). En 1582, l'abbé François Pastoureau fit une déclaration en la cour de la sénéchaussée de Poitiers, où il dit qu'il a essayé d'entreprendre les réparations du monastère, mais que c'est là une œuvre si considérable que les revenus de douze années de l'abbaye n'en pourraient couvrir les frais. Dès lors, il se fera rembourser par ses prédécesseurs et tous ceux qui ont touché les revenus du monastère. Quant à la vie religieuse, signalons l'activité de l'abbé Jacques I«' Sauvage, qui instruisit Charlotte-Flandrine de Nassau, entrée vers 1587 au couvent Ste-Croix de Poitiers.
En 1653, S. -Hilaire s'affilia à la Congrégation de France.
Pendant plus d'un siècle (1658-1775), les chanoines
' de S. -Hilaire furent en rapport avec les chanoines de S.-Georges-du-Puy, pour obtenir d'eux des reliques de S. Hilaire : ce qui fut fait. Vers le même temps, 1663-
j 64, les religieux de la Celle demandèrent à l'évêque de Poitiers de permettre l'union des cinq offices claustraux (infirmier, sacristain, chantre, prévôt, aumônier) à la mense conventuelle, ce que l'évêque accorda. La Révolution ferma le cloître, qui fut rouvert pour les Carmélites au xix'' siècle.
V. Abbés connus (d'après la liste du Gallia). — Réginald I", vers 1403. — Jean I" Jourdain, 1408. — Réginald II, 1409. — Guillaume IV, 1414. — Jean II Renaudeau, 1425. — Jean III Briant, 1449. — Hilaire Vallory, 1" abbé comme ndataire, actes de 1467, 1476, à 1480. — Guillaume V Rogier, 1487. — Pierre II Rogier, 1491. — Antoine des Barres, actes de 1494 à 1514. — Guillaume VI de Langeac, 1529. Fut aussi prieur de Ste-Radegonde. Dans le nécrologe de S.- Pierre de Casis, il en est fait ainsi mémoire : « le 30 mai est mort Noble Guillaume de Langhac, abbé de la Celle et seigneur d'Espagniac », par Mme Françoise d'Espagniac, sa nièce. — Claude de Lestrange, 1549.
I — Pierre III des Prez, 1565. — François I" Pastoureau, 1582. — Jacques I" Sauvage, 1587-88, qui instruisit Charlotte de Nassau. — Jacques II des Prez de Montpezat, 1589. Fut évêque de Montauban, et se vantait d'obtenir facilement les titres d'abbé : il eut ceux, en effet, de Lieu-Dieu-en-Jard, de Notre- Dame de l'Étoile, de Monstier-neuf, de Noaillé, de S. -Benoît de Quinçay. Il mourut en 1589. — Guillaume VII de Riquieu, 1597, 1606 (charte Jotrensis monasterii). — François II Daulzy, 1614. — François III Fourré de Dampierre, 1623. — Paul Durcot ou D'Urcot de la Grève, conseiller et aumônier du roi, protonotaire apostolique, abbé aussi de S. -Benoît de Quinçay. C'est sous son abbatial que la cella sancti Hilarii fut unie, en 1652, à la Congrégation de France. — René l^' Sochet de la Charouillère, prieur de Ste- Radegonde de Poitiers, chanoine de S. -Pierre de Poitiers (1665-70). — René II de Mornay, fils de Henri de Morneuil, marquis de INIontchevreuil, cède son abbaye, en 1679, à Jules-César Coutocheau de Gallardon, prieur de S. -Pierre de Louzar, diocèse de Saintes; il en reçoit, en échange, son prieuré et une pension de 900 livres. Il eut soin, cependant, de se réserver un petit corps de logis dans l'abbaye. René II était encore
1 abbé en 1708.
VI. Prieurés dépendant de l'abbaye. — Prieurés-cures : — 1) S. -Hilaire de la Celle, à Poitiers; — 2) Bignoux, Lavoux et Mignaloux, paroisses et communes auj. cant. de S.-Julien-l'Ars, arr. de Poitiers (Vienne); — 3) Senillé, cant. et arr. de Châtellerault
! (Vienne); — 4) Sossais, cant. de Lencloitre, arr. de Châtellerault; — 5) S. -Martin de Quinlieu, comm. de S.-Gervais-les-Trois-Clochers, cant. de Leigné-sur- Usseau, arr. de Châtellerault; — 6) Reinenenil, ou Remeneuil, comm. d'LIsseau, cant. de Leigné; — 7) Lusseray, cant. de Brioux, arr. de Melle (Deux- Sèvres); — 8) S. -Quentin de Chaulnay-en-Anjou (auj. cant. de Château-la- Vallière, arr. de Tours).
Prieurés simples : 1) Cenon, cant. de Vonneuil, arr. de Châtellerault; — 2) La Madeleine de Bournais, par. de Senillé; — 3) N.-D. de Mignaloux.
VII. Domaine de l'abbaye. — Dans la paroisse même de S. -Hilaire de la Celle, des donations lui sont faites dès le xiii« s. et se continuent jusqu'au XYiif s. (cf. archives départementales de la Vienne et Revue Mabillon). Son domaine s'étendait sur presque toutes les paroisses de Poitiers : les archives nous en montrent une quinzaine avec actes du xiii« au xviii'* s. En dehors de Poitiers dans la paroisse de La Celle-horsles-murs de Poitiers, dans les paroisses de Biard, Vonneuil, Cissé, Vouillé, Chiré-en-Montreuil, Neu-
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ville, Cuhon, Migné, Avanton, Ghasseneuil, Jaunay, S.-Georges-les-Baillargeaux, Montamisé, Bignoux, Nouaille, Smarves, Allonne, S.-Benoît-de-Quinçay, Ligugé, Geiiçay, Chauvigny, S.-Cyr, Moussay, Senillé.
— Pour toutes ces paroisses, les archives de la Vienne nous donnent des actes remontant au xiii« siècle.
Archives départementales de la Vienne, série H. Voir analyse dans la Revue Mabillon, nov. 1911, p. 345-53. — Dom Besse, Archives monastiques de la France, x, Abbayes et prieurés de l'ancienne France : m, Provinces d'Auch et Bordeaux, 1910, p. 239. — Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 600, i" 194; 2538, f» 35; 2552, f° 14. — Dom Chamard, Histoire ecclésiastique du Poitou, l, 1874, p. 398-400. — Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, u, 1910, p. 80 et 87. — Congrès archéologique d'Angoulême, 1913, II, 148-50. — Dom Estiennot, Bibliothèque nationale, ms. latin 12755, i" 265-80, 599-606. — Dom Fonteneau, Mémoires ou Recueils de diplômes, chartes et notices... pour servir à l'histoire du Poitou et des provinces voisines; cf. Bibliothèque de Poitiers, xii, 625-738; lx, 35-100. — Gallia christiana, ir, 1720, col. 1336, 1337; 1115, 1141, 1166, 1170, 1181, 1184; Instrumenta, 326-327; 1212, 1223, 1224, 1236, 1241, 1244, 1260, 1268, 1272, 1292, 1306, 1304, 1354.
— Guérin, Recueil de documents sur le Poitou contenus dans les registres de la Grande chancellerie, dans Archives historiques du Poitou, 1,29; m, 16; vi, 56; vu, 125-129, 394- 400; IX, 235; x, 220, 226. — Dom de Montsabert, Étal sommaire des fonds concernant l'histoire monastique, conservés dans la série H des archives départementales de la Vienne, dans Revue Mabillon, n. 27 de nov. 1911.
P. Calendini.
CELLE-EN-BRIE, abbaye, puis prieuré, fondée près de Faremoutier, dans une île du Grand-Morin (.Seine-et-Marne). Sa fondation, dont la date est imprécise, serait l'œuvre d'un pauvre porcher, nommé Blan- i din (v. D. H. G. E., ix, 129-30), qui aurait reçu de son maître Raineric cet îlot où il aurait construit une cella ou chapelle. Les comtes de Dammartin transformèrent en abbaye l'oratoire de Blandin, mais on ne connaît pas la liste des abbés. L'établissement, qui était tombé dans le désordre, passa vers 1082, en vertu des décisions du concile de Meaux qui supprimait les monastères ne pouvant entretenir plus de dix moines, sous la juridiction des abbés de Marmoutier, qui en firent un prieuré et y établirent la réforme. L'église, qui tombait en ruines vers le milieu du xiii^ s., fut rétablie par le prieur Gautier, mort en 1278, mais seul le chœur fut achevé. II y avait également de beaux bâtiments claustraux.
Les bénédictins gardèrent ce prieuré jusqu'en 1633, époque où il fut cédé aux bénédictins anglais venus grâce à la protection du cardinal de Richelieu. En 1701, le titre et les revenus de la mense priorale furent unis au séminaire des Missions étrangères de Paris. Au milieu du xvm« s., le tout était fort mal entretenu et, lors de la Révolution, les bâtiments furent vendus et tout le monde vint y puiser des matériaux de construction, ne laissant que des ruines.
Gallia christiana, viii, 1673-75. — Toussaints du Plessis, Hist. de l'Église de Meaux, i, 114 sq. — Notice par A. Dauvergne, dans Almanach historique de Seine-et-Marne, 1864, p. 113-19. — Cottineau, i, où l'on trouvera d'autres références.
M. Prévost.
CELLEFROUIN (Saint-Pierre de), Cella Friiini, abbaye du dioc. d'Angoulême fondée vers 102.5, dans la vallée de la Sonne, par Arnaud de Vitrabe, évêque de Périgueux (1010-37), et les habitants de la région, entre autres un certain Frouin qui lui donna son nom. Plusieurs donations, toutes situées dans la commune de Cellefrouin, vinrent enrichir le monastère. Les chartes du xi« s. ne nous renseignent malheureusement pas sur le genre de vie adopté par I les canonici ou frulres. Il est peu probable qu'ils aient adopté dès l'origine la vie commune stricte qui n'apparaîtra que plus tardivement dans l'ouest de la France.
Dès le milieu du xi« s., un conflit s'élève entre les chanoines et l'évêque d'Angoulême au sujet de la participation aux synodes diocésains. D'après une tradition dont nous n'avons pu vérifier la valeur, la communauté aurait été réunie, par une décision du concile de Poitiers de 1100, confirmée par une bulle de Pascal II, à l'abbaye bénédictine de Charroux, mais aurait reconquis assez rapidement son indépendance. Des premiers abbés, Adémare I" (1031-48) et Adémare II (1060-1 108), nous ne savons rien. Le troisième, Foucaud, abandonne vers 1114 sa charge pour se joindre aux ermites de La Chancelade, au diocèse de Périgueux. Le quatrième, Fouchier, partisan d'Innocent II, subit les persécutions de Gérard d'Angoulême, se démet de sa charge et gagne la Palestine où il devient évêque de Tyr puis archevêque de Jérusalem. Vers le milieu du xii« s., les religieux construisirent l'église abbatiale et paroissiale qui subsiste encore.
Les ressources insufTisantes semblent avoir nui au développement de la communauté qui eut beaucoup à souffrir des protestants et ne s'était pas encore remise de ces désastres au xviii" s. Depuis le début du xyi» s., elle était gouvernée par des prieurs claustraux remplaçant l'abbé commendataire.
Liste des abbés (d'après Nanglard). — Outre les quatre déjà cités, Pierre I" (1177-81); Pierre II (1182- 1215); Jean I", vers 1231; P..., en 1249; Jean II, en 1257; Étienne l»' (1272-80); Raymond, en 1281; Jean III, en 1336; Pierre III, en 1363; Étienne II, en 1399; Hélie, en 1445; Pierre IV, en 1462-73; Guillaume 1", en 1494-1503; Louis de la Rochefoucauld, premier abbé commendataire (1503-25); Guy de Montalembert (1547-71); Antoine de Croigny en 1572; Gaétan Masnier de Planeau (1611-41); Daniel de la Grange en 1651; Claude Vigier de la Grange (1663- 87); Guillaume II Croizat (1682-1710); Jean-Charles de la Vieuville en 1710; Pierre de Chauvigny (1715- 59); Jean-Baptiste de Meroy (1760-90).
Prieurés et prieurés-cures. — Notre-Dame de Beaulieu, S.-Sulpice de Cloulas, S. -Jean-Baptiste de la Basche (xi<= s.), S. -Pierre de Cheuvronnay, S.-Sulpice de S.-Claud, S.-Martin de Ventouse.
Cartulaire (Paris, B. N. lat. 9235), éd. J.-FI. Chevalier, Ruffec, 1936 et E. Brayer, dans Bull, philologique et historique, 1940-41, p. 86-136. — Gallia christ., u, 1047. — .J. Nanglard, Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, Angoulême, i, 411. — Pour plus de détail, cf. L.-H. Cottineau, I, 648.
Ch. Dereine.
CELLENSES ( Hcclesiae). L'Afrique romaine comptait au moins deux Ecclesiae cellenses, l'une en Proconsulaire, l'autre en Maurétanie sitifienne. Il existait en Byzacène un viens de Cellae Picenlinae, mentionné par l'Itinéraire d'Antonhi, Itinerarium Anlonini (éd. Wesseling, 50 et 59; éd. Parthey et Pinder, 23 et 28), sur la route reliant le municipe des Macomades Minores à la colonie de Tacapae, à 26 milles au sud de la première localité, à 30 au nord de la seconde, et identifié hypothétiquement par Ch. Tissot (Géogr. comparée, ii, Paris, 1888, p. 192-93 et p. 644-45) avec les ruines de Kalib el-Kdim, sur le littoral, à la hauteur de la koubba de Sidi-Mehedeb; mais, contrairement à ce que pensent Morcelli (Africa chr., i, Brixen, 1816, CLXvi) et Mesnage (L'Ajr. chrét., Paris, 1912, p. 72-3), il ne semble pas avoir été le siège d'un évêché : il est plus normal d'attribuer à Vecclesia zellensis, dont l'existence est certaine (cf. ce mot dans D. H. G. E.), le Fortunius ou Furtunius, episcopus eccl. cellensis, du synode antimonothélite de Byzacène en 616 (Har- I douin, Collect. concil., m, 734) et dont l'ethnique se lit zellensis dans le ms. Barberini, xiv, 26, fol. 332, cit. d'après Mesnage (op. cit., 73), qu'à un siège purement problématique.
CELLENSES