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CELLES-SUR-BELLE

La Cellensis de Proconsulaire paraît devoir s'identifier avec les Chellenses Numidae dont une borne milliaire (C. /. L., viii, 1561-62, n. 16352; Ephemeris, V, Rome-Berlin, 1884, p. 372: cf. R. Gagnât, Exploralions en Tunisie, fasc. ii, Paris, 1884, p. 150, n. 247; Ch. Tissot, op. cit., 583) a révélé l'emplacement à l'Aîn Zuarîn. Un évêque des Cellae de Proconsulaire, Cyprianus, est nommé le quarante-cinquième sur la liste de cette province dans la notice de 484 (Nolitia prov. et civit. Afr., Proconsularis, 45; Victor de Vite, éd. Petschenig, 119; P. L., lviii, 270, 289). C'est à ce siège qu'il faut, semble-t-il, rattacher les deux cellenses, l'un catholique, Honorius, l'autre donatiste, Castus, de la conférence carthaginoise de 411 {Gesta coll. Corth., I, 126, 135, 187; P. L., xi, 1288, 1314, 1330).

Morcelli, op. cit., clxviii, 134. — Notitia dignitalum, éd. Bôcking, ii, Bonn, 1839-53, annot. p. 616, 640 (p. 647-48: Cellensis de Byzacène). — Gams, 465. — L. de Mas-Latrie, Anciens évêcbés de l'Afr., dans Bull, de corr. afr., Alger, 1886, p. 82, 86. — Mgr Toulotte, Géogr. de l'Afr. chrét., Proc, Rennes-Paris, 1892, xxxv, p. 160-64. — P. Mesnage, op. ci*., 172.

C'est à un évêché de jMaurétanie sitifleniie qu'appartient Crescilurus cellensis, le 17^ sur la liste des cvèques de cette province dans la Notice de 484 (Xotitia iam cit., 17; Victor de Vite, éd. J^etschenig, 132; P. L., LVIII, 275, 351), avec la mention diversement interprétée prbt. Cette seconde ecclesia cellensis s'identifie probablement avec les ruines de Kherbet- Zerga, au sud de Sétif dans le Hodna, à l'ouest de Tobna, puisqu'une inscription (C. /. L., vin, p. 747, 11. 8777) découverte en ce lieu par Payeii (Notice sur l'emplacement de plusieurs villes romaines, dans Annuaire de Constantine, 1856-57, p. 174-75), y révèle l'existence d'un castellum cellense, renforcé sous Gordien in, en 204 de l'ère maurétanienne (= 243 P. C), par un murus constitutus. peut-êtr« une enceinte continue (E. Cat, La Maurétanie césarienne, Paris, 1891, p. 221-22). Ce bourg fortifié, sinon l'évêché, correspond aux distances qui permettent de l'identifier avec Cellas, station située par l'Itinéraire d'Antonin (Itiner. Antonini, éd. Wesseling, 30; éd. Parthey et Pinder, 11) sur la route de Sitifi (Sétif) à Auza ou Auzia (Aumale) entre Perdices (El Hamiet?) et Macri (Remada). L'épigraphie (Bull, com., 1902, p. 518) a livré le nom mutilé d'un autre évêque, qui aurait édifié ou restauré la basilique en ruine où a été relevée l'inscription : un... rastus, peut-être ( Ad)rastus, episcopus. Quelques autres vestiges chrétiens ont été signalés : des pierres avec le monogramme du Christ, des fûts, chapiteaux, bases de colonnes byzantines.

Morcelli, op. ci<., clxvii, 134. — Notitia dignitatum, éd. Bôcking, ii, Bonn, 1839-53, annot. p. 630, 653. — Gams, 465. — L. de Mas-Latrie, Anciens évêchés de l'Afr. sept., dans Bull, de corr. afr., Alger, 1886, p. 93; Trésor de chronologie, Paris, 1889, col. 1866,1868, 1871. — St; Gsell, Recherches arch. en Algérie, Paris, 1893, p. 138-39. — Mgr Toulotte, Géogr. de l'Afr. chrét., Maurétanies, Montreuil-sur- Mer, 1894, Sitif., x, p. 196-97. — R. Grange, Monographie de Tobna (Thubunae), dans Rec. de Constantine, 1901, p. 60-64. — Cte Ungerer, Note sur quelques ruines antiques d'Algérie, dans Bull, com., 1904, p. 153. — St. Gsell, Atlas arch., Alger, 1911, f. 26. Bou Taleb, 135. — P. Mesnage, L'Afr. chrét., Paris, 1912, p. 396. — H. Jaubert, Anciens évêchés de la Numidie et de la Sitif., dans Rec. de Const., XLVi, 1912, p. 115, 10.

J. Perron.

1. CELLES (S.-EusicE, Eusitius) (= Selle-surle-Cher), abbaye du dioc. de Bourges (auj. Blois), dans l'arr. de Romorantin (Loir-et-Cher). Saint Eusice (t vers 542) fonda ce monastère qui fut doté par Childebert l"' vers 532 (Grég. de Tours, De glor. confess., c. 73). Entièrement détruit par les Normands en 937, |

sous l'abbé Odulphe, S. -Eusice fut occupé par des clercs en 1020, et passa aux bénédictins de Marmoutier en 1140, puis, encore au xiis s., aux chanoines réguliers. II fut mis en commende en 1488 et reçut des Feuillants en 1612.

Cottineau, 649. — J. de Witte, Notice sur l'église abbatiale de Celles-S.-Eusice, dans Mém. Soc. arch. hist. Orléanais, I, 1850, p. 1-2. — Gall. christ., n, 182 (liste des abbés, p. 183). — Mabillon, Annales, i, 79. — Romieu, Histoire de Selles en Berrg et de ses seigneurs, Romorantin, 1898.

R. Van Doren.

2. CELLES (S.-Hadelin), abbaye de bénédictins, dioc. et prov. de Namur, à 11 km. de Dinanl (Belgique). Hadelin, disciple de S. Remacle, né en ! Aquitaine, avait été formé à la vie monastique à Solignac. Il accompagna Remacle à Stavelot, lorsque ce dernier (vers 660) résigna le siège de Maëstricht. Mais il reçut bientôt l'ordre de construire un oratoire dans la vallée de la Lesse. Grâce aux libéralités de Pépin d'Herstal, maire du palais, Hadelin y établit une communauté de moines. Plus tard, ceux-ci furent remplacés par un chapitre de chanoines. En 1338, ces chanoines se transportèrent à Visé, emportant avec eux les reliques de S. Hadelin.

U. Berlière, Monasticon belge, i, 56. — H. Crépin, Notes d'un touriste, dans Ann. Soc. archéol. Namur, m, 1853, p. 340-54. — Gall. christ., ni, 397. — J. Grenier, Translation de la collégiale de Celles près Dinant à Visé en 133S, dans Anal, pour servir à l'hist. de l'Église en Belg., xiii, 1876, p. 333-39. — Mabillon, Annales, i, 610.

R. Van Doren.

CELLES-SUR-BELLE (Notre-Dame ue), abbaye de chanoines réguliers, du dioc. de Poitiers, arr. de IMelle, Deux-Sèvres. — Cette abbaye débuta, naturellement, comme simple prieuré. Dès 1010, Guillaume, duc d'Aquitaine, avait donné à l'abbaye bénédictine de S.-Maixent, une villa du nom de Celles (Celesium). En 1028, les vicomtes de Thouars, Guillaume et Godefroy, donnèrent, à leur tour, à S.- Maixent, quelques serfs et serviteurs, dans l'église de Celles. Cette dernière existait donc déjà avec des desservants qui n'étaient autres probablement que les premiers religieux du futur prieuré. Le prieuré semble donc avoir été fondé dans la première moitié du xi<î s. Il fut mis sous la dépendance de l'abbaye limousine S. -Pierre de Lesterp (ordre de S. -Augustin), et prit une importance sans cesse grandissante, grâce à son pèlerinage. D'après la chronique de Maillezais, en 1095, coepit locus S. Mariae ad cellam florere miraculis (Gallia, m, 1337). Les évêques de Poitiers comptaient parmi ses bienfaiteurs : Pierre II (1087- 1115) notatur inter singulares benef adores B. M. de Cella; Guillaume II Adhelelnie, d'après le nécrologe de Fontevrault, ecclésiam B. Mariae de Cella erexit in abbatiam, eique varias subjecit ecclesias (13 oct. 1140).

Le prieur de N.-D. de Celles, Jean de Uzon, fut donc élevé à la dignité abbatiale et béni par Guillaume II, en 1140. La nouvelle abbaye augustine demeurait toujours sous la dépendance de l'abbaye bénédictine I de Lesterp. Le désaccord se produisit bientôt entre elles. Lesterp recourut à Rome, d'où le pape Eugène III envoya une bulle à l'abbé Iterius. L'évêque de Poitiers, Gilbert de la Porrée, obtint de Iterius, abbé de Lesterp, qu'il abandonnerait toute autorité sur Celles et ne lui réclamerait plus rien, sinon sexaginta solidos denariorum de monnaie angevine que les chanoines de Celles payaient chaque année à Lesterp. A partir de cette date l'abbaye de Celles se trouve mêlée à la vie de toutes les abbayes de la province poitevine; son nom et celui de son abbé apparaissent dans plus d'une charte, à Celles, 1157 et 1219; à Nouaillé (abbé de Mortemart) en 1187; à S.-Maixent et à S.-Séverin, en I 1256. — Ce qui accrut surtout son influence, ce fut

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