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CELLES-SUR-BELLE

— CELLITES

son pèlerinage à N.-D. de Celles, dont l'origine, d'après L. Albarel, remonte au xi« s. et qui connut une grande renommée.

En oct. 1568, l'armée calviniste vint piller et ruiner la ville de Celles, son abbaye et ses églises (N.-D. et S.-Hilaire). En 1569, Coligny vint assiéger Celles que les seigneurs de Barbezières défendirent. C'est sans doute à cause de l'entremise de cette famille que Charles IX lui accorda les revenus de l'abbaye. Les 25 chanoines qui habitaient encore Notre-Dame en 1568 furent obligés de chercher refuge ailleurs, les bâtiments monacaux n'étant plus habitables. L'abbaye ne fut plus sous une direction toujours active et présente, et les' Barbezières en profitèrent pour garder longtemps les revenus. L'église de N.-D., ruinée, ne put être reconstruite qu'en 1669. — L'abbaye vit partir ses religieux en 1791, et tous les bâtiments furent mis en vente. La Vierge vénérée existe encore dans l'église paroissiale S.-Hilaire et elle attire toujours les pèlerins.

Liste des abbés. — Le prieur, Jean l^' d'Uzon, élu en 1137 et béni en 1140 par l'évêque de Poitiers, Guillaume II Adhelelme. — Pierre l", chanoine de Saint- Ruf. Présent, en 1148, au chapitre de S.-Maixent, lorsque Samson demande humblement pardon à l'abbé Pierre Raimond et à ses frères de l'abbaye, pour les injures proférées contre eux par lui. pierre I'^'' est cité encore en 1159, 1167, 1169. — Guillaume I", 1177, 1187. En cette dernière année, assiste à la transaction faite pour le prieuré de Villefollet entre le ministre des Frères hospitaliers de S. -Jean, du Poitou, et Pétronille II, abbesse de la Ste-Trinité de Poitiers : assistaient encore Hé lie I et Malniort, archevêque de Bordeaux, Guillaume Tempier, évêque de Poitiers, Guillelemo Cellae seu de Cellis... Girvio, prior SU Hilarii de Cellae. Une charte de 1187 nomme cum Willelmo, abbale Cellensi, Joscelin de Moriuo-Mari (de Morteniart), abbé de Nouaillé. — Jean II, entre 1192, 1210. — Théo, 1244, 1250, 1256. — Guillaume II, 1258, 1260, 1262, 1263, t 1264?. — Pierre II, 1277, 1286. — Aimeric I, 1287. — Pierre III, 1290 (dom Martène omet ces deux abbés). — Aimeric 11,1308 1313. — Joscelin, 1321..., 1323. — Guillaume III, 1343. — Jean III, 1347. — Pierre IV, 1352. — Jean IV, 1364. — Pierre V, 1383..., 1397. — Hugues Forcin, prieur, élu abbé en 1398. — Guy de Lésignac, 1404; célèbre, en 1456, un chapitre général où sont refondus les statuts de l'ordre. — Louis \" de Lési- | gnac, 1460; en 1477, il décréta des prières pour le salut du roi Louis XI. Il éleva un autel en l'honneur de S. Gabriel et de S. Éloi; sur cet autel, chaque matin une messe était chantée pour la santé du roi et la paix du royaume. L'abbé de Lésignac (ainsi que le prieur d'.\ltaville, de l'ordre de S. -Augustin et du diocèse d'Angoulême) est cité dans des chartes de 1463, 1464. — Mathurin I", 1481. — Pierre, 1484, 1487? Peut-être y eut-il compétition entre lui, Mathurin et Aimeric Gaillard? — Aimeric Gaillard (ou Gallard), 1484? En 1492, assiste à la bénédiction de l'abbé cistercien des Châtelliers. C'est lui qui fit cesser l'anarchie régnant à l'abbaye. — Mathurin II Joubert de la Bastide, dernier abbé régulier, 20 août 1490, 6 août 1498..., 1507, 1516. — Geoffroy I" d'Estissac, évêque de Maillezais, abbé commendataire de Celles de 1516 à 1542. — Arnould d'Estissac, 1547; dévastation de l'abbaye, 1567, etc. — Renaut Thenaut, qui fut plutôt économe, sous le régime civil des deux Barbézières. — Mathieu Coudré (d'après Ga/Zia, 1574-89). — Jean Millet, nommé par Henri III; t vers 1602. — Geoffroy de Barbézières, fils de l'un des défenseurs de Celles, 1602. — Hilaire Thibault (le Gallia dit Tilleau ou Tillault). — François, cardinal de La Rochefoucault, 1623; engagea un procès avec la famille de Bar-

bézières pour en obtenir la restitution des revenus de l'abbaye. — Henri-Louis II de la Rochefoucault, évêque de Lectoure, fournit le procès avec François III de Barbézières. Il n'obtint gain de cause et ne prit possession de son abbaye qu'en 1634, à condition de payer 3 000 livres de pension annuelle à Charles de Barbézières, frère de François, et 36 000 livres pour tout le passé. C'est cet abbé qui fit réunir son abbaye à la Congrégation de France, en 1651. Il mourut en 1654. Il avait une autre abbaye à S.-Jean-d'Angély. — Henri de la Rochefoucault, 1661, f 1708. Sous lui se restaura l'abbaye (église et bâtiments), et, en 1676, il reçut Paul Beurier, abbé de Ste-Geneviève du Mont, qui bénit l'église réédifiée. — Alexandre de Johanne de Saumery, nommé à Noël 1708, prend possession le 25 août 1710 : encore présent en 1744. — Mgr de Bouteville, évêque de Grenoble, encore abbé en 1780. — Mgr de Talleyrand, jusqu'en 1791.

Prieurés, cures dépendant de l'abbaye. — Prieurés : S. -Martin d'Asnières, S.-Maixent de Paisais-le-Chapt, S. -Martin de Périgné, S. -Martin de Quenlieu (dom Besse, m, 273, l'attribue faussement à S.-Hilaire de la Celle).

Cures : S. Hilaire de Celles, S. -Martin d'Augé, Ste- Blandine, S.-Médard de Germond, S. -Germain de Juillé, S.-Maixent de Jussecors, S.-Hilaire de Ligny, S.-Hippolyte de Luché, S. -Martin près Melle, S.-Médard de Fonville, S. -Sauvant, S.-Sulpice de Tillou (liste donnée par Lévrier, p. 14).

Chapelles dépendant de l'abbaye : Ste-Catherine, chapelle régulière, dépendant de l'Aumônerie; de la Fougeraye, chapelle régulière, au château de ce nom, à 8 km. de Celles; Fillopes (chap. rég.); de la Guillotière, au château de ce nom, près Melle; S. -Michel, dans l'église même de N.-D. de Celles; de l'Oie Blanche ou de l'Herminette, ou de la Blanchardière, à Châteauneuf, commune de Vitré; des Pastureaux, à La Groie-l'Abbé, près Celles; des Philippes, ou chapelle de Gonzais, près Celles; S.-Pierre-du-Treuil, qui était la chapelle de la maison de plaisance de l'abbaye.

Domaine, revenus de l'abbaye et ses obligations. — Obligations : Le grand Gauthier (niw s.) nous apprend : Abbatia de Cella Béate Marie débet (episcopo) duas procurationes. — Un livre de recettes de 1326 pour le compte de la cour de Rome nous dit que abbas de Cella solvit XX lib. Turon. (à Rome).

Domaine : La notice de Lévrier sur Celles (p. 25) donne les noms des métairies ou terres appartenant à l'abbaye : à Celles (sans doute), Briette, les Feux, la Revêtison, Pied-de-Coi, Biscière, la Carte, la métairie aux moines, les Vaux, le Genêt; — à Vitré, l'infirmerie, les Ombrails, la Groie-l'Abbé, le Treuil, la Moulinne; — à Viré, à Bonneuil, la Forêt, Chaloue; à Tauché, à Trion. L'abbaye possédait encore un nombre considérable de bois et borderies à Celles.

En 1787, les revenus de l'abbaye atteignaient 14 000 livres.

Archives départementales de la Vienne, série H. — Archives historiques de Saintonge, i, 398. — Bibliothèque de La Rochelle, ms. 286, p. 8; ms. 622, p. 33. — Albarel, Histoire du pèlerinage de Noire-Dame de Celles, dans Semaine religieuse de Poitiers, 1865, p. 84-86. — Gallia cliristiana, li, 1720, col. 620, 622, 1109, 1144, 1170, 1179, 1183, 1201, 1215, 1220, 1337-1340, 1349, 1305-1306, 1376. — Largeault, La Vierge miraculeuse de Celles-sur-Belle, Melle, 1898, in-8°; Id., N.-D. de Celles, son abbaye, son pèlerinage, Parthenay, 1900. — Lévrier, Historique de l'abbaye de Celles, Niort, 1865, 41 p.; Id., Celles-sur-Belle, dans Annuaire des Deux-Sèvres, 1895, p. 812-16.

P. Calendini.

CELLITES ou ALEXIENS, appellation donnée aux membres d'une congrégation religieuse de frères lais ayant pour but de soigner les malades et plus spécialement d'hospitaliser les aliénés. Selon

CELLITES

toute vraisemblance leur nom de Cellites, ou de Cellebroeders (Zellbrûder), — comme les appelait et les appelle encore le public, — dérive de cella (cellule, cabane), parce que, à l'origine, ces pieux laïcs habitaient des maisonnettes ou huttes, construites autour ou dans le proche voisinage des nosocomia et xenodochia médiévaux (hôpitaux, hospices, léproseries, ladreries, etc.). C'est à tort, semble-t-il, qu'on a voulu rattacher leur dénomination au mot cellae, pris dans l'acception particulière, et pour le moins forcée, de « caveaux, tombes où ils enterraient les morts » (R. Hedde, Lollards, dans D. T. C, ix, 913). Autant il est sûr que les frères avaient coutume d'ensevelir les cadavres des pestiférés et d'autres défunts, autant il reste douteux que le mot cella ait signifié au Moyen Age sépulcre, tombeau (comme on peut le voir dans du Gange, Glossarium med. et infim. latinitatis). D'autres ont rattaché la dénomination à cella, dans le sens particulier de prison, parce que les frères soignaient les déments furieux et les malades difTiciles dans des chambrettes séparées. A cela s'oppose que ces pieux laïcs paraissent avoir déjà porté ce nom vers le milieu du xiv« s., avant que l'hospitalisation des aliénés ne soit devenue leur occupation principale. La première hypothèse est de loin la plus naturelle. Elle acquiert un surcroît de probabilité quand on songe que la plupart de nos hôpitaux, aux xn« et xiii"= s., groupaient autour d'eux un assez grand nombre d'ermites, ou plus précisément de reclus et de recluses, qui, tout en rendant service aux pauvres et aux malades, se retiraient, une fois leur besogne finie, dans la solitude de leurs maisonnettes privées (cellae, luguriola) — tant était vive, à cette époque, la poussée vers la vie érémitique et pénitentielle.

L'origine des Cellites n'a pas encore été étudiée ex professa. On la fait généralement remonter au xiv^ s., alors que cette époque coïncide déjà avec la floraison et la grande expansion de l'institut plutôt qu'avec ses débuts, qui sont bien plus anciens. Cet âge d'or, qui commence dès la seconde moitié du xiv^ s., les frères le doivent en grande partie aux désolantes calamités causées par la peste noire. Ils s'établissent alors avec une étonnante rapidité non seulement dans le Brabant et le pays de Liège, — leur terre d'origine, — mais encore dans les villes rhénanes et de la basse Allemagne : Aix-la-Chapelle, Cologne, Neuss, Strasbourg, Brunswick, Hambourg, etc., bientôt aussi dans celles de Hollande : Amsterdam, Bois-le-Duc, Delft, Deventer, Dordrecht, Gouda, Haarlem, Kampen, La Brielle, Leyde, Middelbourg, Rotterdam, Utrecht, etc. Le courage et le dévouement de ces religieux vis-à-vis des pestiférés étant universellement appréciés, le ])euple aussi bien que les magistrats ne cessaient de réclamer leur présence, tant pour desservir leurs maladreries que pour leur en confier de nouvelles. Outre l'assistance des souffrants, les frères prenaient à tâche d'inhumer les cadavres des malheureux succombés à une maladie contagieuse et des pauvres délaissés. Ce qui leur valut (par allusion à l'exemple du personnage biblique Tobie) le nom de Tobites. Jusqu'à cette époque, et encore au xv^s., le soin et l'hospitalisation des aliénés ne semblent pas encore incomber de façon marquante à leur institut.

S'il est sûr que l'origine de leur congrégation se rattache au mouvement des bégards-béguines (v. D. H. G. E., VII, 426-41, 1341-52 : Bégardisme et Béguinages), il n'est pas établi — bien que généralement on l'admette — que cette évolution ait eu lieu au cours du xiv« s. Des indications sérieuses, et d'ailleurs fort suggestives, tendent à faire prévaloir l'opinion, selon laquelle les lointains débuts de leur institut coïncident avec les premières manifestations mêmes du béguinisme, pourvu qu'on fasse abstrac-

tion de la dénomination de Cellites (celle-ci ne commence à être mentionnée qu'à partir de la seconde moitié du xiv« s.). En effet, le soin des malades dans les hôpitaux et léproseries de la fin du xii^ s. rentre parfaitement dans les attributions d'une catégorie spéciale de bégards et de béguines : pieux laïcs, auxquels on donnera plus tard les noms de Pauvres, « Willigen Armen » (Pauvres volontaires), « Matemans » (mot thiois qui signifie ; pauvres), « Schwestrionen » (le mot allemand Schwester pourvu d'un suffixe roman masculin), Lollards (v. cet art.), etc., alors que les femmes seront appelées « Mate\vy^'en Schwestern (Sweyster), Béguttes. Or toutes ces dénominations sont identiques à celles qu'ont réellement portées les Cellites et les sœurs faisant partie de leurs confréries. De plus, on constate que les bégards-béguines attachés aux hôpitaux étaient au début bien souvent logés dans des huttes ou maisonnettes autour des établissements qu'ils desservaient. Leurs petites demeures formaient une double agglomération, l'une habitée exclusivement par les hommes, l'autre strictement réservée aux femmes. Cette même coutume a été en vigueur chez les Cellites, particulièrement dans les contrées rhénanes, où elle n'a pas encore disparu en plein XV* s. De ce point de vue, une bulle de Boniface IX, adressée en 1395 aux prélats de la Rhénanie, du Brabant et des Flandres, ne manque pas de revêtir un intérêt particulier. Le pape y prend les Cellites sous sa protection spéciale. Elle débute : « Sane nuper accepimus quod in vestris... diocesibus atque locis existere consueverunt... nonnuUae personae pauperes, utriusque sexus, divisim, viri scilicet coniunctim in suis, et mulieres eliam coniunctim in domibus suis absque mutua ipsorum conversatione commorantes, quae... in paupertate et continentia... vivunt,... pauperes et miserabiles personas, petentes, ad eorum recipiunt hospitia, et alla exercent... opéra caritatis, infirmos scilicet visitando... custodiendo et fovendo; ac decedentium corpora fidelium... ad sepulturam ecclesiasticam deferendo ». A peu près la même description dans une bulle d'Eugène IV en 1431, qui déclare expressément qu'il s'agit des « dilectos filios de cellis, seu voluntariae paupertatis pauperes communiter nuncupatae », c.-à-d. des Cellites ou « Willigen Armen » (les deux documents, dans Mosheim, De Begliardis et Beguinabus, Append. II, p. 653-55, 668-73). On ne voit donc pas comment ces pieux laïcs seraient distincts des bégards-béguines de la vie hospitalière, qui commencent à surgir dans la partie romane de la Belgique actuelle dès 1175. Les premiers groupes connus se forment autour de l'hôpital de S. -Christophe à Liège sous la direction de Lambert li Beges (v. ce nom), autour de la léproserie du Mont-Cornillon (Liège) et dans le voisinage de la maladrerie dirigée depuis 1180 par la Bse Ivette de Huy.

Tout comme le mouvement béguinal, l'institut des Cellites eut à subir les attaques d'une partie du clergé séculier, qui se plaisait à confondre ces pieux laïcs avec les hérétiques de même nom : Bégards (hétérodoxes), Lollards, Schwestrions. D'ailleurs les frères, contrairement aux décisions du IV^ concile de Latran (1215), n'avaient pas de vœux monastiques, ni de règle approuvée par le Saint-Siège. Ce qui devait faciliter les attaques déclenchées contre eux. C'est une des raisons qui les poussaient à chercher protection dans la règle du tiers-ordre franciscain. D'autres, surtout à partir de 1459 (Pie II), embrassèrent la règle de S. Augustin, exemple bientôt suivi par presque toutes leurs confréries (approbation de Sixte IV en 1472). Ils émettaient dès lors les trois vœux traditionnels, tout en restant des frères lais et se vouant, comme de coutume, à l'apostolat de la charité. Exceptionnellement des prêtres faisaient partie de leur

CELLITES

— CELLOT (LOUIS)

ordre : ils n'étaient admis qu'autant que l'exigeait le service religieux de leur chapelle.

La réforme protestante leur fît perdre la plupart de leurs maisons en pays rhénan et en Hollande, deux provinces où ils étaient particulièrement nombreux. En Belgique au contraire, dès le xvn« s., les frères réussirent à réaliser un grand renouveau, qui se fit ressentir dans d'autres pays. Un des zélateurs fut le frère Jean Tack, provincial de l'ordre et supérieur du couvent de Louvain. Il mourut en 1694, léguant à ses religieux un livre flamand, rédigé par lui et intitulé : Le véritable religieux ou traité abrégé des vertus et de la perfection nécessaires à la vie claustrale. La Révolution française mit fin à ce réveil. Toutefois ils ne furent pas supprimés partout, l'État jugeant leur présence utile à cause des services qu'ils rendaient aux aliénés. Dès 1825, nouveaux et fructueux efforts pour relever l'institut. Cette fois dans les contrées rhénanes avec, comme centre d'activité, le couvent d'Aix-la- Chapelle (Marienberg). Le recteur Brock (1854) se mit à la tête du mouvement et réussit à introduire de nouveaux statuts approuvés par le Saint-Siège (1870), auxquels accédèrent bientôt la plupart des maisons allemandes. Au cours des dernières années, le nombre total des frères ne dépassait plus guère les 600. Ils ont des maisons en Angleterre, en Irlande et aux États- Unis, de même encore un certain nombre en Allemagne. En Belgique, ils comptent 6 couvents, dont Bruxelles, Diest, Louvain et Tirlemont sont anciens, avec en tout une soixantaine de religieux. Leur réapparition au.x Pays-Bas date de 1914 : une fondation (émanée de Belgique) pour enfants tuberculeux à Son (Eindhoven), une autre à Breugel. — Au Moyen Age les frères portaient un habit gris, c.-à-d. de laine grossière non teinte — la livrée des « Pauvres du Christ » — un scapulaire noir et un capuce; de plus, pour sortir et assister aux enterrements, un long manteau gris aux larges plis. De nos jours, ils ont un vêtement noir, relié par une ceinture de cuir.

Un autre nom, fort répandu, pour Cellites e^t celui d'Alexiens. Aux yeux des gens du Moyen Age, S. Alexis (D. H. G. E., ii, 379-81) -- qui fut un Oriental de l'antiquité chrétienne et non pas un Romain, comme on le croyait alors — apparaissait comme le patron, non seulement de la continence et de la pauvreté volontaires, mais encore, et de façon plus explicite, des œuvres de charité. La Vie de S. Alexis rimée et traduite du latin déjà au milieu du xi« s. contribua fortement à rendre populaire la figure de cet ascète. Nous voyons même que Valdo (v. Vaudois), d'après la chronique de Laon {M. G. H., SS., xxvi, 447), se convertit en écoutant déclamer par un troubadour le pieux récit de cette légende. Il n'est donc pas étonnant qu'Alexis ait figuré très tôt comme le patron des institutions vouées aux œuvres de miséricorde.

Quant aux Cellitines (Cellitissae), qui forment la branche féminine de l'ordre, leur origine et leur première histoire se confondent avec celles des frères, avec lesquels, comme il a été dit, elles ont formé en certains lieux des espèces de couvents doubles. On les a désignées sous diverses appellations : « Cellesusteren », « Graeuwsusteren » (Sœurs grises), « Swesteren », également « Brootsusteren », sans doute parce qu'elles recueillaient parfois des aumônes, et notamment du pain, pour leurs établissements de bienfaisance : tels aussi certains bégards (« Brotbegarden ») en Allemagne et ailleurs qui mendiaient « du pain pour l'amour de Dieu » (« Brot durch Gottl »). De nos jours, elles sont mieux connues sous les noms û'Alexiennes et surtout de Sœurs noires. Elles n'étaient pas toujours attachées aux hôpitaux, mais allaient parfois soigner les malades à domicile. Nombreuses en Belgique, où elles subsistent encore aujourd'hui, elles

eurent également des maisons dans presque toutes les villes de Hollande : quelques couvents comme celui de S. -Alexis à Amsterdam ont gardé une certaine notoriété. Elles y observaient des statuts détaillés, auxquels l'évêque d'Utrecht, David de Bourgogne, en 1457, avait accordé sa haute approbation. Dans les contrées rhénanes, elles comptaient avant la dernière guerre mondiale 200 maisons et environ 2 500 sœurs. On y suit la règle de S. -Augustin.

Sources. — Les Vitae de Ste Marie d'Oignies, de Ste Julienne de Cornillon et de la Bse Ivette d'Huy, dans A. S. (éd. Palmé, Paris-Rome, 1863 sq.), juin, v, 542-72 (550 sq., 565 sq. et passim); avril, i, 435-76 (436 sq. et 455); janv.. Il, 145-69 (152 sq., 157 et passim). — A. Fay en, L' » atitigraphum Pétri » et les lettres concernant Lambert le Bègue conservées dans le manuscrit de Glasgow (Compte rendu des séances de la Comm. roy. d'hist., lxvih [sér. V, t. ix]), Bruxelles, 1899, p. 255-356 (330, 342 sq. et 352).

Travaux. — a) Généraux: J.-L. de Mosheim.De Beghardis etBeguinabus commentarius,ediditetlocupletavit G. H. Martini, Leipzig, 1790, p. 8, 69, 156, 352, 400, 405 sq., 430, 457, 461, 583 sq., 587 sq., 652-56, 668-75 et passim. — M. Heimbucher, Die Orden und Kongregationen der kath. Kirche, ii, 1934, p. 233-35. — A. Mens, Oorsprong en betekenis van de Nederlandse begijnenen begardenbeweging, Anvers, 1947, p. 44-45, 244, 383-97. — b) Régionaux et locaux : I. Walvis, Beschrijving der stad Gouda, Leyde, II, 1714, p. 146-50. — R.-C.-H. Rômer, Geschiedkundig overzigt van de kloosters en abdijen in... Holland en Zeeland,

1, Leyde, 1854, p. 647 sq. — W. MoU, Kerkgeschiedenis van Nederland vôôr de Hervorming, .\rnhem, 1867, II' part.,

2, p. 159-64. — l.-H. van Eeghen, Vrouwenkloosters en begijnhof te Amsterdam, Amsterd., 1941, p. 111-14. — E. Van Even, Louvain dans le passé et dans le présent, Louvain, 1895, p. 480-82, 517-19. — P. Masoin, Les aliénés à Louvain dans les siècles passés, extrait de la Revue médicale de Louvain, n. 22, 1937, p. 1-6. — D. Du Bois, Het oude Diest, Diest, 1934, p. 144-48, 178-83. — Plus spécialement pour l'AUemagne, L. T. K., i, 1930, p. 258-59.

A. Mens.

CELLIUS (Antoine), théologien dominicain (xvii-^ s.). Voir D. T. C, ii, 2089.

CELLOT (Louis), jésuite, né et mort à Paris, 1588-20 oct. 1658. Entré au noviciat en 1605, il passa la plus grande partie de sa vie religieuse au collège de La Flèche, soit comme étudiant soit comme régent. Après sa théologie, il succéda aux PP. Petau et Caussin dans la chaire de rhétorique et de 1626 à 1637 il dirigea le pensionnat, puis fut professeur d'Écriture sainte. Recteur du collège de Rouen de 1637 à 1641, il rentra à La Flèche pour y exercer la même fonction. De 1655 à 1658 il fut provincial de la province de Paris. Fidèle aux traditions établies par Petau et Caussin, il se distingua comme poète latin. Ses tragédies furent jouées au collège entre 1618 et 1626, et trois d'entre elles : Chosroes, Sapor et Adrianus, ainsi qu'une tragi-comédie, Reviviscentes, « les Revenants », furent éditées en 1630 dans les Opéra poetica P. L. Cellotii. Les éditeurs des Selectae patrum Societalis Jesu Iragoediae, Anvers, 1634, insérèrent daitis leur choix les œuvres de Cellot. Rotrou n'hésita pas à emprunter le sujet et les personnages de son Chosroes à la tragédie du P. Cellot, et à puiser largement dans V Adrianus pour son Saint- Genest. De l'aveu d'Émile Deschanel {Le romantisme des classiques, 269), il y prit, en élaguant les longues tirades, les principales scènes, les personnages avec leurs noms, les plus beaux vers, les plus beaux traits, en se contentant de les traduire.

D'autres œuvres de nature bien différente apportèrent au P. Cellot une renommée moins paisible. Les difTicultés entre le délégué apostolique Richard Smith, évêque de Chalcédoine, et les réguliers en Angleterre, et les polémiques qui en furent la conséquence avaient eu leur contre-coup en France. LaSorbonneetl'Assem-

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