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CLÉMENT-MARIE HOFBAUER

(Saint) (fêté le 15 mars). Pour situer cette vie mouvementée, il faut la remettre dans son cadre historique : l'Autriche joséphiste, l'Allemagne rationaliste dans la seconde moitié du xviii« s., les guerres de la Révolution et de l'Empire. Jean Hofbauer est né à Tasswitz, en Moravie, le 26 déc. 1750, neuvième enfant sur quatorze, d'un père tchèque, qui avait, en s'établissant à Tasswitz, traduit son patronyme de Dvorak en celui de Hofbauer, et d'une mère allemande. Orphelin de bonne heure, il dut refouler ses aspirations au sacerdoce pour i)rendre un métier. En 1771, il passa en Italie pour se faire ermite à Tivoli, et reçut alors le nom de Clément. Revenu peu après en Autriche, il commença ses premières études, tenta de reprendre la vie érémitique, fut contraint d'accepter à Vienne un emploi de garçon boulanger. La rencontre fortuite de généreuses bienfaitrices lui permit, en 1780, de se remettre auxétudes à l'université de Vienne, mais les tendances de l'enseignement et les exigences du gouvernement le décidèrent en 1784 à passer à Rome avec son ami Thaddée Hiibl. C'est là qu'il apprit à connaître la congrégation des Rédemptoristes. Après un court noviciat il émit ses vœux, le l^"' mars l'785, et fut ordonné prêtre le 29 du même mois. Les maisons romaines de l'institut étaient séparées des maisons napolitaines et se trouvaient sous l'autorité du P. de Paola (1737-1814). Celui-ci, contrairement aux principes admis par S. Alphonse, avait fait accepter par le chapitre de 1785 l'en seignement et la direction d'écoles. C'est avec ce programme qu'il envoya Hofbauer et Hiibl au delà des Alpes pour y étendre la congrégation, jusque-là purement italienne. Telle fut la mission principale confiée à S. Clément, avec le titre de vicaire général pour les régions transalpines, qu'il s'efforça d'accomplir au milieu de difficultés sans cesse renaissantes et souven invincibles.

A Vienne (1785-86), impossible de fonder. A Varsovie (1787), il est chargé de l'église S.-Bennon, sanc tuaire national des Allemands, et des écoles annexes recrute et forme des religieux, parmi lesquels Joseph Amand Passerai, un Français, qui poursuivra so œuvre après sa mort (1772-1858). Des tentatives d fondation en Courlande, en Suisse et en Allemagne d Sud s'amorcent péniblement et le plus souvent échouent, tandis qu'au contraire S.-Bennon devient 1 foyer d'une activité intense : non seulement les école se développent, mais surtout l'église assemble de foules sans cesse renouvelées pour une « mission per pétuelle » qui durera jusqu'à la suppression. Celle-c eut lieu en 1808, sous l'occupation française, à l'initia tive de Davoust et par ordre de Napoléon. Les rédemp. toristes, en qui on crut reconnaître des jésuites camou fiés, furent d'abord enfermés, le 17 juin, à la forteress de Custrin, puis expulsés. Hofbauer se retira à Vienne où il prit le poste modeste de chapelain de l'église de Italiens, puis d'aumônier des ursulines (1813-20).

Tandis qu'il dirigeait à S.-Bennon des œuvres mul tiples, Hofbauer n'avait cessé de chercher où fonde

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de nouvelles maisons de sa congrégation. Il avait gagné les faveurs de Wessemberg, vicaire général de Constance, de qui les tendances étaient pourtant tout opposées; il était parvenu à établir ses religieux à Jestetten (1803), d'où ils passèrent à Triberg (1805-07), à Babenhausen (1805-06). Expulsés d'ici et de là, soit par Wessenberg, qui s'était aperçu des vraies tendances romaines de Hofbauer et de ses religieux, soit par le ministre bavarois Montgelas, les rédemptoristes avaient cherché refuge à Coire (1807), à Viège (1808fO), et finalement avaient été forcés de se disperser.

La dernière période de cette vie, confinée dans un ministère obscur, ne fut pas la moins féconde. S. Clément devint l'animateur du mouvement de renaissance catholique à Vienne et en Autriche; on le vit en relations avec Frédéric Schleger et sa sœur Dorothée, avec .lonas et Philippe Veit, avec Frédéric von Klinkomstroem et sa sœur Louise, avec Adam Miiller qu'il encouragea dans son projet de fonder une école vraiment catholique (ce projet ne prendra corps que plus tard, en 1818, avec von Klinkowstroem). C'est lui qui acheva la conversion retentissante de Frédéric Zacharie Werner, qui devint prêtre et bientôt remua par ses prédications enflammées la société viennoise. Ce mouvement gagna l'université de Menne. Madlener, Franz Springer, Antoine (iiinther furent les premiers d'un groupe de jeunes gens qu'il réunissait fréquemment et formait à une foi intégralement catholique comme aux pratiques d'une piété fervente, en réaction contre la sécheresse joséphiste. Il y en eut jusqu'à cinquante, dont bon nombre aspiraient à entrer dans la congrégation dès qu'elle pourrait s'établir. Poètes, artistes, nobles, étudiants, tous reconnaissaient en lui leur maître et leur directeur. A défaut d'une culture littéraire ou savante, sa foi vigoureuse, un sens catholique hors pair, une sagesse surnaturelle éminente les subjugaient. S. Clément se tenait aussi en contact fréquent avec les nonces, qui appréciaient ses avis, avec des hommes politiques, et c'est ainsi qu'il put sans doute exercer une influence discrète, lors du Congrès de Vienne, pour contrebattre les visées schismatiques de Wessenberg.

Il ne laissait point de s'occuper secrètement de ses projets de fondation. En 1815, une mission fut fondée en Valachie, avec postes à Bucarest et Ciople. En 1818, le P. Passerat réussit à réunir ses confrères à la Valsainte, en Suisse. L'empereur François II se montra mieux disposé ((ue ses prédécesseurs; il se prêta à des démarches pour la reconnaissance ofTicielle de l'institut des Rédemptoristes dans son empire. Elle fut accordée le 15 mars 1820 et, selon le désir exprimé par le saint, l'église de Maria-Stiegen, au centre de Vienne, et la maison annexe furent attribuées à la congrégation. Ce jour-là même, S. Clément-Marie mourait. Il avait prédit cette coïncidence. Le 2 août de cette année encore, le P. Passerat, nommé successeur de S. Clément comme vicaire général de la congrégation, fondait en Alsace la maison de Bischenberg. Il s'ensuivit un développement rapide et considérable de la congrégation.

Le procès de canonisation commença en 1859; en 1862. le corps du saint fut transféré dans l'église de Maria-Stiegen. Béatifié par Léon XIII en 1888, S. Clément-.Marie fut canonisé par Pie X, le 20 mai 1909.

M. Haringer, C. SS. R., Leben des Diener Gottes P. Cl. Holbauer, Ratisbonne, 1880. — J. Hofer, C. SS. R., Der hl. Kl. M. Hofbauer, Fribourg, 1921 et rééd.; trad. néerl. par .J. De Sont, C. SS. R., Rotterdam, 192.3; franç., par R. Kremer, C. SS. R., Louvain, l!t.3.'î; angl., par J. B. Haas, C. SS. R., New-York-Clncinnati, 1926. J. Maurer, Der selige P. Kl. M. Hofbauer verhinderl das Schisma der deutschen Kalholiken ouf dem Wiener Congresse, dans Theol.prakl. Quarlalschr., XLi, Linz, 1888, p. 348 sq. — Monumenta hofbauer iana, Cracovie, 1915; Torun, 1919 sq.; cf. M. de Meulcmeester, Bibliogr. générale des écrivains rédemplo-

t ristes, il, Louvain, 1935, p. 196 sq.; m, Louvain, 1939, p. 320 sq. — K. R. Ganger, Der hl. Hofbauer, Tràger der I Ge genre formation im XIX. Jahrh., Hambourg, 1939.

P. Debongnie.

5. CLÉMENT (Saint), premier évèque de Sardes, est commémoré par les liturgies orientales avec Apelle de Smyrne (D. H. G. E., m, 928) et Lucius, disciples du Seigneur, le 22 avr. et le 10 sept. A cette date, ils sont rappelés également par le martyrologe romain qui, au 22 avr., ne cite qu'Apelle et Lucius. On a identifié ce Clément avec le personnage dont parle l'épître aux Philippiens (iv, 3).

A. S., avr., in, 4; sept., m, 480-81. — Mari. Rom., 150, 390. — Synax. Eccl. Const., 31, 33, 621, 785, 788.

R. Van Uoren.

6. CLÉMENT, en bulgare Kliment, nommé saint, apôtre des Bulgares, évêque de Vélitsa (t 27 juill. 916), un des sedmociselniki (oî éTrTapi6(ioî), c.-à-d. un des premiers saints et civilisateurs slaves, dont quelquesuns, après la mort de S. Méthode (885) et après leur expulsion de Moravie, étaient venus en Bulgarie où, avec l'aide du duc Boris, puis avec celle de l'empereur (tsar) Siméon, ils avaient fondé l'Église slave des Bulgares. Les rares données historiques, d'ailleurs peu sûres, sont relatées en deux légendes grecques, dont la plus étendue est attribuée au métropolite Théophylacte d'Ochrida (t 1107) et a été éditée par F. .Miklosich {Vita S. démentis. Vienne, 1847; P. G., cxxvi); la légende la moins étendue date du xiii" s. et a été publiée, entre autres, par V. Grigorovié (S.-Pétersbourg, 1853) et par J. Safarik (dans Les Mémoires de la littérature glagolitique, Prague, 1853, introd. en tchèque).

Clément, Slave originaire des Balkans, s'était associé à la mission moravienne des SS. Cyrille et Méthode et, après l'expulsion de Moravie (886), était venu, par Belgrade, en Bulgarie. Le duc Boris, ayant accueilli les exilés avec faveur, envoya Clément, avec Gorazd, le plus notable disciple de Méthode, en Macédoine. Le motif de cette mission n'est pas clair : peut-être Boris a-t-il agi sous l'influence de la hiérarchie grecque. Le territoire de l'activité de Clément, auquel appartenait Ochrida, Devol et Glavenitsa, portait le nom de Kutmièevitsa. C'est ici qu'il déploya son action de missionnaire et d'éducateur de la jeunesse qui se rassemblait autour de lui en grand nombre. Ensuite, peut-être à l'assemblée bulgare de 893-94, où Siméon fut proclamé duc. Clément fut institué évêque de Vélitsa, localité située à l'extrême ouest de l'Ftat bulgare (les territoires de Kièevo et Debar en Macédoine, avec Ochrida). Il joua un rôle civilisateur : il fut un des écrivains qui, au temps de Siméon, créèrent en Bulgarie la première école de littérature slave. Il a écrit quelques sermons, composé des Vies des prophètes et des saints, traduit une partie du Triode, etc. La langue de ses écrits ressemble beaucouj) à celle de la traduction paléoslave de l'Évangile, d'où on conclut que la langue cyrillo-méthodienne a été l'idiome de la Macédoine. On a beaucoup discuté la question de son écriture. Il est acquis que les disciples de Méthode ont apporté en Bulgarie des livres glagolitiques; et quoique peu de temps après la Macédoine (dioc. de Clément) ait reçu l'autre écriture slave, la cyrillique (l'onciale grecque remaniée), l'écriture glagolitique s'y est conservée sans interruption jusqu'au xn«s., ce que prouvent plusieurs livres mss. (codices) conservés. Ces codices, probablement, sont dus aux moines du monastère de S.-Pantéleimon, fondé à Ochrida par S. Clément. Aujourd'hui jirévaut l'opinion que l'écriture cyrillique a pris naissance à Preslav, résidence du tsar Siméon, par l'initiative du tsar luimême, et ce serait pour cette raison (lu'elle s'est affermie d'abord dans la Bulgarie orientale. D'aucuns, toutefois, pensent que Clément a été l'auteur de la cyrillique; ils appuient leur opinion sur la phrase de la

CLÉMENT

courte légende clémentine : iCTOçlaaTO 5è Kai yapox- Tfjpas ÉTépouç, qui cependant manque dans la légende plus longue. D'autres au contraire (comme Iljinski) sont d'avis que Clément a été éloigné de la résidence du tsar parce qu'il ne voulait pas renoncer à l'héritage cyrillo-méthodien et accepter l'écriture cyrillique.

V. Jagic, Entstehungsgeschichte der Kirclienslavischen Sprache, Berlin, 1913, p. 109-23. — A. Teodorov-Balan, Sv. Kliment Ohridski, Sofia, 1919. — Snegarov, S. Clément d'Ochrid, apôtre bulgare, Sofia, 1927 (en bulgare). — V. N. Zlatarov, Hist. de l'État bulgare, Sofia, 1927 (en bulgare). — G. Iljinski, Où, quand, par qui et pour quel but l'écriture glagolitique a été remplacée par l'écriture cyrillique , dans Byzantino-slavica, m, 79-88 (en russe). — J. Dobrowsky, Cyrille et Méthode, apôtres slaves, commenté par Dr. Jos. Vajs, Prague, 1948 (en tchèque).

\'. Stefanic.

7. CLÉMENT (Saint), premier évêque de Metz (iii<^ s.; honoré le 23 nov.). Si l'histoire du premier évêque de Metz est aujourd'hui encore très controversée, aucun érudit ne prétend plus qu'il fut l'un des disciples de S. Pierre. Cette tradition existait déjà au viii« s., puisque Paul Diacre, dans le Liber de episcopis Mettensibus, la reprend à son compte : S. Clément, envoyé par Pierre pour évangéliser les Gaules, parvint jusqu'à Metz où il s'établit dans les souterrains de l'amphithéâtre et construisit un oratoire dédié à son maître. L'Kglise de Metz serait donc d'origine apostolique et l'abbé Chaussier, dans un livre qui porte ce titre, admet cette « tradition ancienne et constante », s'efTorçant de réfuter des adversaires de la taille de dom Calmet ou dom Cajot. Sans doute .Metz, ville fort importante, méritait de recevoir, dès le i^'' s., des prédicateurs qui amèneraient à la foi du Christ les peuplades barbares sacrifiant aux faux dieux; mais les documents archéologiques — mieux que les mss. du viii'' s. — prouvent que S. Clément vécut au iii"^ s. Après Paul Diacre, d'autres auteurs ont fait de S. Clément un fils si)irituel de S. Pierre; toutefois ils ont enjolivé leurs récits de légendes charmantes, sans rapport avec la vérité. Résumons-les ici très brièvement. Clément, issu de la gens Flavia, revêtu des dignités sénatoriale et consulaire, converti et baptisé ])ar S. Pierre, puis sacré évêque par lui, fut envoyé en Gaule Belgique avec les diacres Céleste et Félix qui devaient lui succéder sur le siège épiscopal. 11 s'arrête d'abord à Gorze, où il bâtit une église en l'honneur de S. Pierre. Là il vit en ermite, jusqu'au jour où un cerf pourchassé dévoile sa retraite à ses poursuivants qui sont émerveillés de sa science et l'invitent à venir prêcher la doctrine du Christ dans la ville des Médiomatriciens. C'est alors que le peuple lui demande de délivrer Metz d'un serpent qui la ravage : le graouilly. Clément se rend à l'amphithéâtre, apostrophe le monstre qui vient docilement à ses pieds, l'attache avec son étole et l'entraîne dans la Seille avec une troupe de serpents moins gros, mais aussi néfastes. L'apôtre bâtit ensuite deux églises : S. -Pierre et S. -Etienne, la future cathédrale. Il continue ses prédications et a la joie d'amener à la foi nouvelle le roi Orius et la reine, après avoir ressuscité leur fille défunte. Clément bâtit ensuite une troisième église en l'honneur de Jean-Baptiste, puis il a la révélation de ses successeurs dont il voit les noms écrits, selon leurs mérites, en lettres d'or, d'argent ou de plomb.

Du x« au ,\nr s., cinq Vies de S. Clément s'emparent de cette légende et Meurisse. dans son Hist. des ci'csques de Metz (1634), ne la répudiera pas tout à fait. « Les actions de S. Clément, dit-il, comme des traits inévitables transpercèrent les cœurs des citoyens de la ville de Metz de sorte qu'ils se rendirent vaincus aux pieds du crucifix... Ils couraient impétueusement hors de la ville; les malades et les boiteux se traînaient comme ils pouvaient ; les ])ères et les mères se chargeaient de

leurs petits enfants et se pressaient même en pleine campagne pour s'approcher du lieu où S. Clément avait fait ériger le baptistère sacré, afin de pouvoir être arrosés de ces eaux de grâce et de salut. Si bien qu'on peut croire que le nombre de ceux que S. Clément baptisa pour une fois en la ville de Metz n'était pas moindre que celui que son maître S. Pierre baptisa le jour de la Pentecôte en Jérusalem. »

Pour Meurisse, Clément fit bâtir trois églises en ville et trois hors de la ville; il fit jaillir également une fontaine près de sa grotte puis, après vingt-trois années d'épiscopat, il rendit l'âme, le 23 nov. de l'an 71.

En face de ces partisans de l'apostolicité de l'Église de Metz, il y a les adversaires — et ce sont presque tous des bénédictins. Dom Calmet place l'arrivée de Clément au début du m" s. ; le P. Benoît Picart, au commencement du iv«. Dom Cajot, dans ses Antiquités de Metz, est le premier qui ait délimité le problème et qui combatte avec force les théories de Paul Diacre. Il se fonde même sur Grégoire de Tours qui déclare que les plus anciennes Églises de France ne remontent guère au delà du iii'' s., mais il ne doute pas que Clément n'ait été le premier évêque de Metz et qu'il ne fût envoyé de Rome.

Quant aux fameux serpents, il trouve étrange qu'une Il ville si peuplée fût on repaire de dragons ». Après avoir expliqué pourquoi il ne pouvait adopter les théories du premier biographe de Clément, dom Cajot retrace sa vie et le fait entrer dans Metz vers l'an 260, avec ses disciples Céleste et Félix. Le miracle du serpent <■ représente l'erreur vaincue et le démon obligé de respecter dans S. Clément le pouvoir suprême de celui dont il était le ministre «.

Il est facile maintenant de conclure. Paul Diacre, étranger à la Moselle, a recueilli une tradition orale qui, en passant de bouche en bouche, durant cinq siècles, subit des transformations inévitables. Il est certain que Clément vint de Rome, qu'il évangélisa Metz dont il fut le premier évêque, et qu'il installa un oratoire dans l'amphithéâtre, une fois que celui-ci fut désaffecté. Construit vers l'an 120, il fut utilisé pour les jeux et l'on sait que les chrétiens n'osaient pénétrer dans les édifices publics, les bains, le forum. Si Clément s'y installa une demeure, mieux y construisit un oratoire, il fallait qu'il fût désaffecté. Il est même possible que le pieux apôtre y découvrit des serpents auxquels il dut donner la chasse. En 1902, au cours de fouilles faites à l'emplacement de l'amphithéâtre, on découvrit les restes d'un édifice religieux qui fut sûrement la chapelle primitive. D'après toutes les données certaines, l'amphithéâtre fut détruit aux environs de l'an 300. Clément vivait donc bien à cette époque. Quant à son séjour à Gorze, il relève aussi de la fable et nous ne nous étendrons pas sur lui, renvoyant aux auteurs qui ont étudié cette pieuse légende.

Clément mourut un 23 nov. d'une année non fixée et, très tôt, son culte se répandit dans les contrées lorraines. Au xn<^ siècle, sa fête était chômée au pays messin et donnait lieu à une trêve dans les combats. Lors des grandes calamités, on l'invoquait. En 1090,révêque Heriman transporta ses reliques en l'église S. -Félix qui prit le nom du glorieux pasteur; à la Révolution, elles furent dispersées. Plusieurs paroisses l'ont adopté comme patron et une célèbre abbaye bénédictine, aujourd'hui collège des jésuites, porte son vocable.

Paul Diacre, Liber de episcopis Mettensibus, dans M. G. IL, SS., II. — Meurisse, Hist. des evesques de Metz, 1634, p. 1-16.

— Dom Cajot, Les antiquités de Metz, 1760, p. 175 sq. — Hist. de Metz par les bénédictins, i, 1769, p. 106. — F,. Begin, Metz depuis dix-huit s., i, 1843-44, p. 152-55. — F. Chaussier, De l'origine apostolique de l'Église de Metz, 1847. — Prost, Études sur l'hist. de Metz. Légendes, 1865, p. 187-270.

— F. Chaussier, L'abbaye de Gorze, 1894. — E. Pauliis,

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