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CLÉMENT DF, ROME

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vaut d'une autoiiU' supérieure. Xous n'avons pas ici à déterminer l'étendue de cette autorité. Mais nous avons le devoir de la reconnaître et de l'affirmer.

Toutes les éditions des Pères apostoliques contiennent la lettre de Clément aux Corinthiens et de longues introductions sur son auteur. Il nous suffira de rappeler celles de : Lightfoot, 1886; Funk, 1901; Harnack, 1909; K. Lake, 1917; S. Colombo, 1934. En dehors de là, on peut voir : W. Scherer, Der erste Klemensbrief , 1902. — H. Bruders, Die Verfassung der Kirche, 1904. — A. von Harnack, Einfûhrung in die aile Kirchengescliichte, 1929. — F. Gerke, Die Stellung des ersten Klemensbrie/es innerhalb der Enlwicklurtg der allchristlichen Gemeindeverfassung und des Kirchenrechts, 1931. — E. Caspar, Die dlteste romische Bischofslisten, 1926; Geschiclite des Papsltums, i, 1930. — G. Bardy, Théol. de l'Église, de S. Clément de Borne à S. Irénée, 1943. — L. Duchesne, L. Pont., i, p. lxix-lxxiii, 123-24. — P. Franchi de' Cavalieri, La legenda di S. Clémente papa e marlire, dans Note agiografiche, v, 1915, p. 1-40. — H. Delehaye. Élude sur le légendier romain : les saints de nov. et de déc, Bruxelles, 1936, p. 96-116. — F. Dvornik, Les légendes de Constantin et de Méthode vues de Byzance, Prague, 1933. — E. Massaux, Influence de l'évangile de S. Matthieu sur la littérature chrétienne avant S. Irénée, Louvain, 1950, p. 7-65.

G. Bardy.

9. CLÉMENT 1 1 , pape (24 déc. 1046-9 oct. 1047). Suidger de Mayendorfï, d'origine saxonne, chapelain de Hermann, archevêque de Brème-Hambourg (1032- 35; Adam de Brème, op. infra cit., ii, 66), était probablement chanoine de Halberstadt lorsqu'il fut élevé au siège de Bamberg, érigé vers 1007 par Henri H de Germanie et devenu vacant en 1040 par la mort d'Éberhard son premier titulaire. Suidger était bienveillant de nature et d'un commerce agréable (L. Pont., II, 273); persona grala auprès de Henri HI, il se laissa convaincre, sans grande résistance semble-t-il, d'accepter la tiare lorsque, par les victoires remportées sur les Hongrois et sur les Slaves, le roi eut toute liberté de descendre en Italie dans le dessein de ceindre la couronne impériale.

Depuis la mort de Gerbert (le pape Silvestre H) en 1003, le S. -Siège était retombé sous la tutelle de l'aristocratie romaine et au pouvoir de la maison de Tusculum; malgré le zèle réformateur déployé par l'empereur Henri H, la simonie et le nicolaïsme sévissaient jusque sur la chaire pontificale. Benoît IX, élu en 1032 et tristement célèbre par ses turpitudes — auquel une faction romaine avait suscité un rival en la personne de Jean, évêque de Sabine, devenu Silvestre III — venait d'abdiquer, non sans compensation pécuniaire, en faveur de Jean Gratien, archiprêtre de S. -Jean-Porte-Latine, qui avait pris le nom de Grégoire VI (l"^' mai 1045). Trois concurrents pouvaient prétendre à couronner l'empereur. Seuls les titres de Benoît IX, en dépit de sa conduite et de son abdication, pouvaient être tenus pour incontestables. Décidé à restaurer à son avantage l'influence germanique sur l'Église romaine, Henri III sut mettre à profit les tendances réformatrices de certains prélats de son entourage. Au concile de Sutri, convoqué sur sa demande par Grégoire VI, il fit déposer Silvestre III qui n'avait pas comparu et Grégoire lui-même qui fut convaincu de simonie (20 déc. 1046; Ann. Romani; Ann. Corbeienses; Ann. H ildesheimenses ; Adam de Brème, op. cil., m, 7; Lambert de Hersfeld, année 1047, op. in/ra cil.; Vita Halinardi, c. vu; Clément II à l'Église de Bamberg, dans JafFé, 4149; Bonizon de Sutri, Liber ad amicum, v; Didier du Mont-Gassin, op. injra cit., m, 0-11; Léon d'Ostie, op. infra cit., année 1046). Puis, renouvelant le geste d'Otton I^"' à l'égard de Jean XII en 963, il fit instruire par un concile romain le procès de Benoît IX, qui fut déposé, puis fit aussitôt procéder à l'élection de son candidat, Suidger de Bamberg (24 déc. 1046) — à défaut

d'Adalbert archevêque de Brème-Hambourg qui s'était récusé — et rallia le clergé et le peuple à son choix.

Sous le nom de Clément II, Suidger fut le premier des quatre papes de nationalité germanique imposés coup sur coup par Henri III. Intronisé à S. -Pierre le 25 déc, il procéda sans délai au couronnement de Henri III et de son épouse Agnès de Poitou. Avant la fin de l'année 1046, Clément II concéda à l'empereur, avec le titre de patrice romain qui lui conférait le droit d'intervenir dans l'élection pontificale, un privilège — renouvelé de la Constitutio Romana de 824 et du privilège d'Otton III de 962, élargi par Léon III en 963 — aux termes duquel le sacre et l'intronisation du pape et des évêques dotés de regalia étaient subordonnés à l'investiture impériale {Vila Halinardi, c. vu; Pierre Damien, Liber grcdissimiis, Libelli de lite, 1, 71, P. L., cxLv, 152; Ann. Romani). Cette concession capitale devait servir de fondement aux revendications de Henri IV (Pierre Damien, Disceptatio synodalis, Libelli de lite, i, 80, P. L., cxlv, 71). Le zèle réformateur déployé alors par Henri III a obnubilé aux yeux des contemporains la portée d'un acte aussi grave. Pierre Damien salue l'avènement de Clément II, comme naguère celui de Grégoire VI, de ses exhortations enthousiastes à poursuivre la réforme {Epist., ! II, 19). Il devait signaler à son attention les intrus qui occupaient les sièges d'Osimo et de Fano (ibid., i, 3). Une s'eule voix discordante, celle de Wason de Liège {Anselmi gesta episcoporum Leodiensium, 228-29; De ordinando pontifice, 14), qui émet quelques doutes quant à la légitimité de Clément II, parce que le pouvoir de déposer les papes appartient à Dieu seul et que le roi a pratiquement confisqué l'élection.

Vers le 5 janv. 1047, le nouveau pape présida un concile romain qui fulmina l'anathème contre les simoniaques et enjoignit quarante jours de pénitence à ceux qui auraient été ordonnés, le sachant tel, par un évêque simoniaque — cette décision devait faire jurisprudence sous Léon IX à rencontre du parti intransigeant qui réclamait la destitution des clercs ainsi ordonnés (Pierre Damien, Liber graiissimus, Libelli de lite, I, 70, P. L., CXLV, 150). Ce concile donna prétexte au renouvellement d'une querelle de préséance entre l'archevêque de Milan, Gui de Velate, et l'élu de Ravenne, le chancelier impérial Hunfrid, qui prétendaient tous les deux au premier siège à la droite du pape, ainsi, d'ailleurs, que le patriarche d'Aquilée. Sur présentation de privilèges concédés par ses prédécesseurs et sur le témoignage des évêques de Porto et de Brixen, Clément II se prononça en faveur de Ravenne (Jafi'é, 4141). •

Peu après, le pape accompagna l'empereur dans son expédition vers le sud de l'Italie. Par le Mont-Cassin, où ils séjournaient à la fin de janv., Henri III et Clément II gagnèrent Capoue (3 févr.) et Salerne. Tandis que l'empereur rétablissait Pandolf III à Capoue au détriment de Guaimar V de Salerne et recevait les serments de fidélité des comtes normands d'Apulie et d'Aversa, le pape examinait et confirmait l'élection de Jean, évêque de Pesto, au siège métropolitain de Salerne, lui conférait le pallium et délivrait un privilège consacrant la juridiction métropolitaine de Salerne sur les diocèses de Pesto, de Conza, d'Ainalfi, de Nola, d'Acerenza, de Cosenza et Bisignano (Jafïé, 4143, 18 févr.). Les trois derniers sièges, alors disputés entre le clergé grec et le clergé latin, marquent l'avance extrême, notamment en Calabre dans la vallée du Crati, de la pénétration latine des princes de Salerne. Bénévent ayant fermé ses portes à l'empereur. Clément II fulmina l'excommunication contre les princes lombards Pandolf III et Landolf VI, tandis que Henri III conférait l'investiture de la ville à ses vas-

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