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comprend : rornementation de la Santa Casa et le palais pontifical de Lorette (par Andréa Sansovino et ses élèves); la fontaine dénommée Pozzo di San Patricio à Orvieto (par Sangallo); le tombeau de Pietro de Médicis au Mont-Cassin. Il fit aussi moderniser des fortifications, construire une citadelle à Florence (1531), et développer les installations portuaires, surtout dans les ports de l'Adriatique.
Clément VII favorisa particulièrement l'orfèvrerie par de nombreuses commandes. Ses orfèvres principaux furent : Caradosso, Valerio Belli (entailles), Giovanni Bernardi da Castel Bolognese (médailleur), et surtout Benvenuto Cellini. Celui-ci lui ayant montré un modèle représentant VEcce homo avec les portraits du pape et de l'empereur, Clément VII le nomma maître de frappe de l'atelier monétaire de Bonie (1529) (E. Pion, Benvenuto Cellini, Paris, 1883, 194 sq.). Clément VII fit encore confectionner un trirègne par Gaspare Galli, des horloges par Cherubino da Reggio et divers joyaux par Tobia da Camerino (Dorez, 161-G2, 169). De l'avis de Vasari, la numismatique pontificale atteignit alors son apogée : jamais monnaies pontificales ne furent frappées plus parfaitement. II y aurait eu cent vingt types dilTérents de pièces de monnaie, sans compter les projets dont certains furent très originaux (E. Mûntz, L'oreftceria a Roma durante il regno di Clémente VII (1523-34), dans Archiv. stor. dell'arte, i, 1888-1, p. 15). Muntz (ibid., i, 1888-1, p. 14-23; 1888-2, p. 35-42, 68-74, 132-34) donne la liste la plus complète des orfèvres ayant travaillé pour Clément VII, la liste de ses dépenses pour des objets d'orfèvrerie : en tout 7 730 ducats pour des travaux proprement dits (p. 39-42), et la liste des roses d'or et des épées d'honneur décernées par lui (p. 16). Les principales médailles de Clément VII sont mentionnées dans Artaud de IVIontor, Hist. des Souverains pontifes romains, iv, Paris, 1851, p. 115-18.
Moins porté aux sciences qu'aux beaux-arts. Clément VII leur témoigna néanmoins son intérêt. La réforme du calendrier et le système de Copernic retinrent son attention (Hipler, dans Historisch - politische Blatter, lxiii, 1869-1, p. 497). Pour enrichir la Vaticane de livres et de manuscrits, il chargea, en 1526, le clerc liégeois .Jean Heytmers et le dominicain Willem Carnifex (De Vleeschauwer?) d'une mission de prospection dans les pays nordiques (Pastor, 738-40), et leur adjoignit en 1532 le franciscain malinois Pierre Eras {ibid., 763-64). S'il décréta en 1531 la fermeture de la Sapienza pour pouvoir disposer de ses revenus, c'est que ce centre scientifique ne fonctionnait plus depuis le Sacco.
IX. Mort, portrait, jugement. — A part un sérieux accroc durant l'hiver 1528-29, la santé de Clément VII laissa peu à désirer. En juin 1534, son état empira soudainement (cancer à l'estomac?), mais son tempérament d'acier lutta encore durant quatre mois contre la mort. Les pirates de Chereddin Barberousse et la canaille romaine profitèrent copieusement de ce demi-interrègne : le littoral romain fut le théâtre de razzias et plus de trois cents personnes auraient été assassinées à Rome même au cours de ces quatre mois, (sur cette dernière maladie, cf. Tezza, dans Atti dclV Istituto Vencto, sér., vu, 902; Fantini, Lettera dei successi di Roma per l'infermità di Clémente VII, Rome, 1534). Clément VII mourut le 25 sept. 1534, âgé seulement de cinquante-six ans.
Par son testament du 30 juill., Clément VII partagea ses biens entre ses deux neveux adoptifs, Alessandro et Ippolito : Florence au premier, le reste au second (Pastor, 541). Deux jours avant sa mort, il écrivit encore à l'empereur pour les lui recommander (Raynaldi, 1534, n. 67). La vie licencieuse d' Ippolito lui causa maints soucis durant sa dernière maladie : pour lui
procurer un dérivatif, il le nomma légat dans les Marches (5 sept. 1534).
Il déclara peu auparavant que, selon lui, le cardinal Farnèse était le plus digne de lui succéder (P. Jovio, Historiarum sui temporis, l. 32, éd. Bâle, ii, 1567, p. 529). Son oraison funèbre fut prononcée par L. Grana (publ. dans Anecdot. littér., iv, 255 sq.). Ses restes, provisoirement ensevelis à S. -Pierre, reçurent leur sépulture définitive dans le mausolée construit par Baccio Pintelli à Sta Maria sopra Minerva (Ciacconius, III, 473).
Sur l'iconographie de Clément VII, cf. Pastor, iv-2, 172, n. 4. Les meilleures descriptions sont celles des ambassadeurs vénitiens Foscari (1526), Contarini (1530) et Soriano (1531) (cf. Albèri, sér. II, m).
Tempérament moins riche que son cousin Léon X, Clément VII le dépassa de loin par son sérieux, la simplicité de ses goûts, son sens de la justice et du devoir, son esprit de travail. Sans être austère, il ne s'accorda comme distractions que quelques séances musicales et la conversation de gens d'esprit. Comme tout vrai Médicis, il aima les lettres et les arts, mais modérément, car il était de nature prosaïque. Son sens de l'économie, que d'aucuns ont confondu avec de l'avarice, ne l'empêcha pas d'être très aumônier (détails dans Pastor, 174, n. 5), mais lui fit préférer de payer des dettes de son cousin plutôt que de les augmenter par de nouvelles prodigalités. Ses mœurs semblent aussi avoir été irréprochables; Foscari déclare : « Il est très continent; on ne lui connaît aucune espèce de luxure » (Albèri, sér. II, m, 127). Ce témoignage, confirmé par Vettori, Guichardin, Campeggio et Eck, n'exclut pas nécessairement toute frasque de jeunesse. Mais il n'est nullement prouvé qu'Alessandro de Médicis, né en 1510 d'une esclave mauresque, soit son bâtard plutôt qu'un fils illégitime de son cousin Lorenzo.
Somme toute, comme cardinal, Giulio de Médicis fut excellent. Mais les fruits de son pontificat ne répondirent pas aux prornesses des fleurs. Cela s'explique par d'autres traits de son caractère, peu visibles au début, mais qui se déveloi)pèreiit avec l'âge, sous l'efîet des responsabilités et sous le coup des revers subis. Clément VII était froid, timoré et secret; « l'homme le plus mystérieux du monde, qui connaît plus de chiffres que quiconque », écrivit de lui Loaysa à son pénitent Charles-Quint. Il manquait d'initiative et plus encore de décision; cette crainte de devoir se décider paralysait son action; elle le portait à ruminer ses résolutions, à se contenter de demi-mesures et d'interventions tardives, à freiner, voire à défaire de la main gauche ce qu'il tentait d'édifier de la droite. Il perdit le plus clair de son temps et toute sa réputation en combinazioni mesquines, à la recherche de moyens lui permettant de naviguer entre deux eaux et de miser sur tous les tableaux possibles. Au moins les apparences de la loyauté firent trop souvent les frais de sa politique à double visage.
Incontestablement, Clément VII qui avait été un fort bon cardinal se montra comme pajie inférieur à sa tâche. Disons tout de suite que cette tâche était quasi surhumaine. Elle aurait exigé un chef d'un coup d'œil, d'une vigueur et d'une trempe exceptionnels. Elle ne rencontra qu'un politicien étroit et calculateur, un homme faible, plus riche en velléités qu'en volonté, un pape qui, pour son malheur et pour celui de l'Église, ne fut avant tout qu'un Médicis.
Sauf devant le danger turc. Clément VII s'avéra incapable d'envisager les événements sous un angle européen : sa politique se borna à un jeu de bascule, visant à assurer l'équilibre des forces dans la péninsule et, dans ce but, à empêcher que « sa tête et sa queue » ne fussent tenues par les mêmes mains. Tel était l'alpha et l'oméga de son credo politique. Il espé-
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rait, grâce à une attitude ondoyante, pouvoir garder la neutralité entre les belligérants, sauvegarder la liberté de l'Italie, endiguer la menace du Croissant et tenir tête aux progrès de l'hérésie. Mais il lui manquait l'esprit de décision nécessaire à la réalisation de cet idéal. Au lieu de s'efforcer de conduire les événements et les forces en présence, il se laissa conduire par eux, et il y mit un tel retard que ses décisions survinrent presque toujours à contretemps. Aussi récolta-t-il une abondante moisson de déboires.
Peu d'époques furent aussi fécondes en cataclysmes pour l'Église que les onze années de son pontificat. Le jugement de l'histoire s'en est fatalement ressenti : « le plus fatal de tous les papes » (L. von Ranke, Die Rômischen Pàpsie in den let:ten nier Jahrhiinderlen, i, 77); pas à la hauteur de la tâche qui lui était échue (Ehses, Concilium, p. cxi; Seppelt, 441); sou pontificat : « une faillite religieuse » (Imbart de la Tour, op. cit., m, 578); sa mort prématurée : « la plus grande chance qui pouvait arriver à l'Église catholique et à la papauté » (Friedensburg, 53); les revers subis : un signe providentiel pour rappeler à la papauté son rôle véritable (Pastor, 547).
Devant un tel accord de la justice immanente des choses et du verdict des hommes de science, ce serait une gageure que d'entreprendre la réhabilitation d'un pape tel que Clément VII. Pourtant une histoire loyale et sincère ne peut pas faire chorus avec les détracteurs systématiques qui, dès le lendemain de sa mort jusqu'à nos jours, n'ont cessé de lapider la mémoire du pontife.
On a beaucoup reproché à Clément VII sa politique à la petite semaine, oscillant perpétuellement entre un équilibrisme instable et une propension craintive à voler au secours de la victoire. On ne s'est pas assez demandé si les forces dont il disposait en fait sur l'échiquier politique italien lui eussent permis d'en mener une autre.
On lui a reproché de n'avoir rien tenté pour la défense de la foi et la réforme de l'Église. Telle quelle l'accusation est excessive. Mais il faut reconnaître et déplorer que ces questions n'ont occupé qu'une place secondaire dans son activité et sans doute aussi dans ses préoccupations. Quant à sa terreur d'un concile, elle est facilement compréhensible : pour aborder une nouvelle assemblée de Constance ou de Bâle, il ne se sentait pas l'étoile nécessaire.
Clément VII a fait montre de nombreuses faiblesses. Mais il serait injuste de lui attribuer l'entière responsabilité des malheurs qui atteignirent l'Église et l'Europe de son temps; injuste de faire de lui le bouc émissaire de toutes les fautes accumulées in capite et in membris depuis plusieurs générations. Giulio de Médlcis a récolté la tempête. Ce n'est pas lui qui l'avait semée. Il se borna, à force de demi-mesures, à en faciliter le déchaînement et à en accroître les ruines. C'est plus qu'il n'en faut pour faire regretter qu'il ait été pape à un moment décisif de l'histoire.
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Roger Mols.