‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 27 sur 282 · C E LT Z É N É — C E M B A L O · texte numérisé non relu

C E LT Z É N É — C E M B A L O

du christianisme dans la région el par le fait même la disparition de plus d'un évèché. Vers 1265, Celtzéné occupe le 57'' rang parmi les 112 métropoles du patriarcat de Constantinople (H. Gelzer, Ungednickle..., 599), le 54" sur 110 sous Andronic III (ibid., 608). . Bien qu'elle ne figure pas sur une liste qui remonte | sans doute à la fin du x\' s., elle est encore Indiquée sur une autre du xvii'% mais comme n'ayant pas de j sufïragant (H. (lelzer, UngeJnicIcle..., 641). lùi réalité, ; elle devait être purement titulaire depuis longtemps déjà.

On rencontre dans les documents une dizaine de titulaires de l'évêché de Celtzéné sous ses dilïérents noms. Le premier est .lean, qui signe en 449 le décret du patriarche de Constantinople Gennade contre les simoniaques, Rhalli et Potli, lùvTaypa twv lepcôv KOtvàvcov, IV, 372. — Georges ou Grégoire (car on trouve les deux noms), évéque de Justinian()|)olis, prend part I au V* concile œcuménique (553) et en signe les actes (Mansi, Sacr. coiic. umpl. coll., ix, 175 C, 192 D, 391 CD). — Théodore Tfis 'louaTiviocvouTToXiTCOV ttôXêcûs riTOi TOÛ KXliiotToç 'EkkAevjîvtis assiste au VI" concile œcuménique (681) depuis la 16'' session (Mansi, xi, 613 D, 628 C). — Georges prend part à celui de 879 qui réhabilite Photius (Mansi, .wii A- XVIII A, 373 D). — On possède un sceau de plomb de Michel, métropolite de Celtzéné, de la fin du x" s. ou du xi« (G. Schlumberger, Sigillographie de l'empire byzantin, 288). — Sisinnius occupait le siège vers 1028 (Mansi, xix, 477 B). — Un métropolite de Celtzéné, dont le nom n'est pas connu, signa le décret du patriarche Jean Xiphillin sur les fiançailles (Mansi, XIX, 1060 C). — Anthime occupait le siège en 1082 (Bulletin de l'Institut arctiéologique russe de Constantinople, II, 36). — Joseph souscrivit la condamnation du patriarche Jean Beccos au synode des Blachernes (1285) (Éclios d'Orient, xxvi, 1927, p. 148). Enfin on trouve au xix»" s. un titulaire de Celtzéné, Joachim, nommé en août 1817, mais à titre purement honorifique, 'EKKÂriaiaCTTiKfi 'AAf|6£ia, vi, 462.

Le titre de Celtzéné n'a jamais été conféré dans l'Église romaine, mais bien celui de Justinianopolis. Celtzéné ne figure pas dans les hstes les plus récentes de la Consistoriale, bien qu'il soit antérieur de plusieurs siècles au schisme byzantin.

Lequien, i, 435-36. — Malkwart, Siidarmenien, 50-53. — E. Honigman, Die Ostgrenze des byzantinischen Reiches von 363 bis 1071, 198-204. — H. Gelzer, U ngedruckle iind ungeniigend verôffenlliche Texte der Notitiae episcopaluum, Abhandl. der bayer. Akademie der Wiss., l. Cl., xxi. Bd, III. Abth., p. 574-75, 580-84. i

R. Janin.

CEMBALO, ancien évèché latin de la Chersonèse Taurique ((Crimée). Cette ville était déjà fort connue des anciens qui la nommaient Symbolon (ZupgôAcov Aipriv). Sa situation exceptionnelle au fond d'une baie bien abritée de la mer Noire en faisait un refuge assuré, même pour les navires de fort tonnage. Strabon laisse entendre que les habitants, des Scythes, se livraient à la piraterie. C'est actuellement Balaclava, petit port de pêche et station balnéaire à quelques kilomètres au sud de Sébastopol. Au Moyen Age, la ville appartenait aux seigneurs grecs de Théodoros ou de Gothie, petits souverains vassaux de l'empire de Trébizonde à son origine, mais devenus indépendants par la suite. Il est probable que les Génois y avaient établi un comptoir dès le début du xiv« s. Vers 1357, ils s'emparèrent de la ville et y établirent un consul. Sur une inscription trouvée à Balaclava on lit en effet le nom de Simone dell'Orto, consul pour l'année 1357. Cembalo constituait |)our les Génois une acquisition de première importance. La rade, déjà naturellement j)rotégée par une ceinture de rochers,

devint pour leurs escadres une admirable base navale que défendit encore une puissante forteresse construite sur les hauteurs qui limitent le port à l'Est et dont les ruines subsistent toujours. Cembalo resta au pouvoir des Génois pendant plus d'un siècle, non sans leur causer beaucoup d'ennuis. En 1453, la population grecque de la cité se souleva contre leur domination, chassa la garnison et fit sa soumission à l'ancien souverain, le seigneur de Théodoros, Alexis. L'année suivante, l'amiral génois Carlo Lomellino, à la tête d'une flotte importante et d'un corps de débarquement de 6 000 hommes, réussit à reprendre la ville et y rétablit l'ordre. Cembalo tomba aux mains des Turcs en 1475.

(iràce au zèle des missionnaires, franciscains et dominicains pour la plupart, Cembalo était un centre catholique florissant bien avant l'occupation génoise. Dès 1320, les Frères Mineurs y possédaient un couvent qui relevait de la custodie de Gazarie, comme les autres monastères de Crimée. Nous n'avons aucun renseignement sur l'érection de l'évêché latin; mais il semble qu'il ne fut pas créé avant la prise de la ville par les Génois. Il faut remonter jusqu'en 1364 pour trouver mention d'un évêque. {^ette année-là, le 20 nov., le pape Urbain V nomma au siège de Cembalo le franciscain Heremus de Parpaiona qui succédait à un évêque défunt, Nicolas. Ce dernier, dont on ignore la date d'élection, fut probablement le premier évêque de Cembalo. En 1386, le siège étant vacant, le |)ape Lirbain VI y pourvut par la nomination d'un certain Joseph de Armenia Majori, très probablement de l'ordre des Frères Mineurs. Il est impossible de savoir si cet évêque succéda immédiatement à Hérémus de Parpaiona ou s'il y en eut d'autres dans l'intervalle. Le franciscain Dominique lui succéda le 9 août 1403. En 1427, le siège est encore dit vacant par la mort d'un évêque Joseph. Martin V y nomma, le 15 déc. de cette année, le dominicain Louis de Sampietro, chassé de l'évêché voisin de Soldaïa. Le 15 avr. 1448, le franciscain Barthélémy Capponi succéda à un évêque nommé Léonard. Il fut lui-même remplacé par un autre frère mineur, Alexandre de Montaguto, élu le l'""' déc. 1463. Avec ce dernier se clôt probablement la liste des évêques effectifs de Cembalo.

A côté des évêques résidentiels, il faut signaler une série d'évêques titulaires dont la succession est à peu près régulière jusqu'au début du xvii'" s. Le plus ancien qui soit connu est un certain Jordan, qui réside en Avignon du 15 nov. 1364 au 15 févr. 1365. Il est transféré au siège de Fortiboli, le 2 mars 1366. Vers 1384, nous trouvons Wennemarus de Stadt, O. F. M., sufïragant à Munster (1410). Tilman Wesseli, bénédictin de l'abbaye de Rheinhardsbrunn (13 juill. 1410- 31), sufïragant à Hildesheim, puis à Breslau. André Benzis, O. S. B. (1419), auxiliaire à Veszprem; Jean Pannewetz, doyen de Brieg (11 avr. 1431-47), suffragant à Breslau; Bernard, chanoine régulier de S.- Augustin (15 mai 1447-56), sulïragant à Breslau; Jean Pelletz ou Gardens, O. F. M. (1"^' mars 1456-?), sufïragant à Breslau; Jean Wilde (12 mars 1495-?), sufïragant à Kamin; Urbain Sagstetter (17 avr. 1553-57), sufïragant à Passau; Érasme Pagendorfer (24 mars 1557-t 15 juill. 1561), sulïragant à Passau; Michel Engelmeier (19 nov. 1561-t 13 juill. 1568), sufïragant à Passau; Christian Kripper (8 nov. 1570-75), sufïragant à Passau; Hector Wegmann (4 juill. 1575t 31 janv. 1589), suffragant à Passau; Christophore Weilhamer (9 oct. 1589-t 22 mai 1596), suffragant à Passau; André Hoffmann (1597), suffragant à Passau.

Pendant la longue vacance qui suivit la mort de l'évêque Joseph de Armenia Majori, le siège de Cembalo fut occupé successivement par plusieurs évêques qui peuvent constituer une seconde série titulaire. Il

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