CEMBALO
— CÉNALIS
s'agit peut-être cependant d'évêques effectifs qui ne prirent pas possession de leur siège ou qui, n'ayant pu acquitter les taxes requises pour l'expédition des bulles de provision, perdirent ainsi leurs droits. Dans ce cas, la Curie romaine procédait à une nouvelle nomination. Cette seconde série présente la succession suivante : Jean de Padoue, O. P. (vers 1403-déposé en 1404); Conrad Schopper, O. P. (22 déc. 1404-13); André Pauli, O. S. B. (17 juill. 1413-?); Odoric de Valentini, O. P. (28 nov. 1418-?); Barthélémy de Caupons, O. F. M. (15 avr. 1448).
Strabon, Rerum geographicarum, XVI, iv. — Lequien, Oriens christiamis, m, 1109-10. — Demidoff, La Crimée, Paris, 1855, p. 103-107. — B. Gams, 432. — C. Eubel, i, 194, 495; ii, 143. — R.-A. Vigua, Codice diplomatico délie Colonie Tauro-Ligure, dans Atti délia Società ligure di storia patria, vu, ii, Gênes, 1881, p. 721-25, 923-42. — W. Heyd, Histoire du commerce du Levant au Moyen Age (traduction Turcy Raymond), ii, Leipzig, 1884, passim. — K. Kretschner, Die italienische Portolane, Berlin, 1909, p. 643. • — G. Golubovich, Biblioleca bio-bibliograflca délia Terra Santa et deW Oriente francescano, u, 72, 266, 267, 548; III, 205; v, 109, 110. — G.-I. Bratianu, Recherches sur le commerce génois dans la mer Noire au XIII' s., Paris, 1929, p. 5. — Oberhummer, Symbolon, dans Real-Encyclopàdie Pauly-Wissowa, iv-a, 1091-92. — R. Lœnertz, La Société des Frères Pérégrinants, Rome, 1937, p. 99, 123-24. — A. Battandier, Ann. pontif., 1916, p. 488.
E. Jean.
CEMERINIANA (Ecclesiaj, dont nous connaissons l'existence par son évêque donatiste de 411, qui déclara, dans la conférence de Carthage (Gesla coll. Carlh., I, 201; P. L., xi, 1338), n'avoir pas de rival, possédait une basilique catholique desservie par un prêtre du nom de Terentius. Les revendications de 1 évêque catholique de Constantine, Fortunatus, à ce sujet dans la même assemblée et le succès du donatisme dans cet évêché suggèrent l'attribution de ce siège à la province de Numidie. Mesnage nous paraît un peu osé dans son identification de cet ethnique avec Numituriana de la Table de Peutinger(K. Miller, Weltkarle des Castorius genannt die Peutinger'sche Tafel, Ravensburg, 1888, segm. m, 3), localité située à 6 milles de Milève, sur la route de cette ville à Cirta (= Constantine).
Morcelli, i, clxix, p. 134-35. — Not. dign., annot., p. 655. — Gams, i, 465. — Ch. Tissot, Géographie comparée, II, Paris, 1888, p. 781. — De Mas-Latrie, Anciens évêchés de l'Afr., dans Bull, de corresp. ajr., Alger, 1886, p. 90; Trésor de chronologie, Paris, 1889, p. 1870. — Mgr Toulotte, Géogr. de l'Air, chrét., Numidie, Rennes-Paris, 1894, XLin, p. 106-7. — P. Mesnage, L'Afr. chrét., Paris, 1912, p. 412. — H. Jaubert, Anciens évêchés de la Numidie, dans Rec. de Constantine, 1912, p. 30, § 41.
J. Ferron.
CEMESCAZACUZ, diocèse d'Arménie dont le titulaire était suffragant du catholicos de Sis. Un évêque de ce siège, Hayrapet, souscrivit au synode de 1307 tenu dans la ville de Sis.
C. Galani, Conciliationis Ecclesiae armenae cum romana... pars prima, Rome, 1690, p. 470. — Lequien, t, 1429 sq. — Mansi, xxv, Venise, 1782, col. 140. — A. Balgy, Historia doctrinae catholicae inter Armenos, Vienne, 1878, p. 311.
Arn. Van Lantschoot.
CENA (Iles Kneis). A 27 km. au sud-ouest de Mahares, entre le ras Yonga et le cap Skirra Kedima, émergent des hauts fonds quatre îlots, dont le plus grand, Jesira Bsila, n'est qu'un vaste marécage au sud duquel s'échelonnent en mer, sur 5 km., trois écueils minuscules. Déjà connus par les navigateurs antiques — le plus grand semblant bien être « l'île déserte » du périple de Scylax — il n'est plus fait mention d'eux jusqu'au vi« s. où le moine Ferrand nous en donne une description précise dans sa Vie de S. Fulgence. Au xni^ s., ils réapparaissent dans les portulans sous le nom de Frissoles.
Le nom de Kneis, quoique présentant une forte analogie avec la racine arabe Knisia (église; pluriel : Kneis), nous semble plutôt dériver directement de Cenis, la ressemblance avec le mot arabe ayant seulement permis la subsistance du toponyme primitif par rappel du monument qui s'y élevait. Il a été signalé un Khnis près de Lepti Minus et un Knaiss à 30 km. à l'ouest de Djemmal; malgré cela il semble bien qu'il ne faille pas hésiter à identifier l'un des îlots des Kneis, celui du centre, comme étant le lieu où s'élevait le monastère dans lequel vint se retirer S. Fulgence et qu'a si bien décrit Ferrand... monasterium lucensi littori proximum Bennefensi autem maxima ex parte conliguiim...
Diverses hypothèses d'identification ont été proposées. Quoique J. Partsch, Tissot, Mgr Toulotte, Diehl, P. J. Mesnage aient été d'accord pour le situer sur une des Kneis, Ch. Saumagne (Rev. Tun., 1930, p. 170, 171), le supposait placé sur une île située au sud du Ras Yonga, tandis que L. Poinssot qui n'avait pu visiter l'îlot central, concluant à l'impossibilité de l'existence d'un monastère sur l'archipel, se rapprochait de l'hypothèse de Saumagne. Une reconnaissance effectuée par J. et P. Cintas en 1938 {Rev. Tun., 1940, p. 243) et des fouilles effectuées par nous-même en 1941 ont mis la question au point {Rev. Tun., 1942, p. 251). Il a existé sur l'îlot central, grand de 62 mètres sur 54, une construction composée de nombreuses pièces et de citernes, dont les différents éléments de décoration découverts — chapiteaux ornés de croix grecques, couvercle de sarcophage, plaques décorées de croix latines et de pampres, claustra en plâtre décorés de plaques de verre et de gypse, tombes à éléments de céramique — prouvent l'existence à cet endroit d'un édifice religieux dont l'identification avec ! le monastère où S. Fulgence se retira au début du vi« s. ne fait plus de doute.
Les actes de la conférence de 411 donnent un Bonifacius,ep(scopusCenens(s,etun compétiteur donatiste, Vindemius. Il semble bien qu'il faille aller chercher ailleurs une ville homonyme de l'île, car à part l'ignorance où nous sommes de l'existence du monastère à cette époque, il ne faut pas oublier le caractère d'imprécision des actes de 411 où il n'est pas tenu compte des provinces.
Morcelli, Africa christicma, i, Brixen, 1816, p. 135. — Ch. Tissot, Géographie comparée, i, 190. ■ — L. de Mas-Latrie, Anciens évêchés de l'Afrique sept., dans Bulletin de corr. afr., 1886, p. 82. — P. Mesnage, L'Afr. chrét., 94. —
j Mgr Toulotte, Géographie de l'Afr. chrét., Byzacène, 78. — Notitia dignitatum, éd. Bôcking, ii, Bonn, 1839-53, p. 623. — Gams, Séries episc, 465. — Ferrand, Vie de S. Fulgence de Ruspe, 1929 (trad. G.-G. Lapeyre). — R. P. G. Lapeyre, S. Fulgence de Ruspe, 1929; Id., Du nouveau sur S. Augustin et S. Fulgence, 203. — Partsch, M. G. H., SS., m. Pars post., p. xxxiv. — Ch. Sau-
! magne, Rev. Tun., 1930, p. 170-71. — L. Poinssot, Macomades-lunci, dans Mémoires Soc. nat. ant. de France, Lxxxi, 1945, p. 5. — J. Servonnet et F. Lafitte, Le golfe de Gabès en 188S, 167. — L.-G. Seurat, Bull. Station Océan. Salammbô, n. 3. — Diehl, L'Afrique byzantine, 427.
Fouilles. — J. et P. Cintas, Rev. Tun., 1940, p. 243 (carte de la région). — G.-L. Feuille, Rev. Tun., 1942, p. 251.
G.-L. Feuille.
CÉNALIS (Robert), évêque de Vence (1522-30); de Riez (1530-32); d'Avranches (1532-t 1561). Né à Paris en 1483, docteur de la Sorbonne en 1513, il devint chanoine de Soissons, trésorier de la Sainte- Chapelle de Paris, confesseur du roi François I", évêque de Vence (22 déc. 1522). Pendant son séjour à Vence, eut lieu la bataille de Pavie où le roi fut fait prisonnier. La reine mère, Louise de Savoie, s'étant rapprochée à Lyon, l'évêque alla la voir pour lui faire ses condoléances. Mais les diocésains le rappelèrent
CÉNALIS — CENEDA
bientôt (1526) à Vence, décimée par des hordes continuelles de soldats ennemis et surtout par une peste horrible. Il lutta courageusement pendant trois ans, puis il fut transféré sur le siège de Riez (20 juin 1530). Il commença par donner de nouveaux statuts à son clergé, mais rencontra bientôt l'opposition de ses chanoines. En 1532, il fut promu à Avranches. Comme à Vence, il y eut à lutter contre une peste qui ravageait toute la région et ne cessa qu'en oct. 1533 pour reprendre en 1551. Il promulgua en 1533 de nouveaux statuts d'une haute sagesse. Les historiens y lirent, au 4"= statut, la liste des ecclésiastiques obligés d'assister aux synodes d'Avranches, et en particulier la liste des abbés et des prieurs. Il s'occupa activement de polémique religieuse. Il mourut à Paris le 27 avr. 1560 ou 1561.
Principaux ouvrages. — De liquidorum leguminumque mensuris seu vera mensurarum ponderumque ratione, 1532, 1535, 1547. — Appendix ad coenam Dominicain, seu catholicorum responsio in Buceri offensionem, 1534. — Axioma cathoUcum pro tuendo sacro coelibatu, 1541, 1545. — Traciatus de uiriusque gladii facuUate usuque légitima, 1546, 1556, 1558 (ouvrage dirigé contre un opuscule anglais qui refusait toute juridiction à l'Église). — Antidotum ad postulaia de Intérim, 1548. — Axioma de divortio matrimonii mosaici per legem evangelicam refuiato, 1549. — Opus quadripartitum de compescenda haereticorum petulantia, 1557. — Adversus quemdam mali ominis, nullius vero (quod sciri possit) nominis Apologastrum, in causa tenebrionum haereticorum qui hodie cristas eregere coeperunt juxta querimonia, 1558. — A ces ouvrages de controverse Cenalis ajouta quelques livres d'histoire, dont un Catalogus episcoporum Abrincensium, et une Historia Galliae. — Traditio Parvae Sycophanticae, petulanlissimaeque impietatis Calvinicaetraductio, 1556. — Cenalis avait comme armes : de sable, à trois cygnes d'argent.
Albanès, Gallia christ, novissima, i, 1899, col. 626-627. — Bouche, Histoire de Provence, i, 285; ii, 261. — Chenu, Archiepiscopi et episcopi Galliae, 90 et 550. — D. T. C, ii, 2100-101. — Fisquet, La France pontificale. Digne et Riez, 388-93. — Gallia christiana, i, 1715, col. 408; m, 1725, col. 1228; IV, 407-9; xi, 1759, col. 497-99. — Papon, Histoire de Provence, i, 1777, p. 240, 434. — Pigeon, Le diocèse d'Avranches, sa topographie, ses origines, ses évêques, Coutances, 1888. - — Tisserand, Histoire de Vence, 1860, p. 114.
P. Calendini.
CENCHRAE (Key/peai, auj. Kechriès), évêché très douteux du Péloponèse, dépendant de Corinthe. Cenchreae était le port oriental de Corinthe, sur le golfe Saronique. Il y eut certainement là une communauté chrétienne dès les temps apostoliques, puisque S. Paul parle de la diaconesse Phœbé qui en était (voir Rom., xvi, 1). Lui-même s'y arrêta en retournant en Asie et s'y fit raser la tête à la suite d'un vœu (Act., XVIII, 18). C'est probablement à cause de ces deux faits que l'on a créé la légende d'après laquelle l'apôtre des gentils aurait établi évêque de Cenchreae son disciple Lucius. C'est ce que prétendent les Constiluliones apostolicae, vu, 45; P. G., i, 1052. Leur témoignage est trop tardif pour mériter quelque créance. II est du reste difficile d'admettre que Cenchreae, simple dépendance de Corinthe, eut un évêché séparé. En tout cas, il ne figure sur aucune liste épiscopale.
Lequien, ii, 177-78. — Boite, Kenchreai, dans Real- Encyclopàdie Pauly-Wissowa, xi"-l, 167-70.
R. Janin.
CENCULIANA ou CUNCULIANA, bourg de Byzacène qui n'a pu être identifié. En 411, il possédait un évêque catholique, Januarius. La Notice marque le poste vacant en 484.
Morcelli, Africa christiana, i, Brixen, 1816, p. 135. — Mesnage, L'Afrique chrétienne, Paris, 1912, p. 190. — Notitia dignitatum, éd. Bôcking, ii, Bonn, 1839-53, p. 623.
— L. de Mas-Latrie, Anciens évêchés de l'Afrique septentrionale, dans Bull, de correspondance afr., Alger, 1886, p. 82. — Mgr Toulotte, Géogr. de l'Afr. chrét., Byz., p. 77.
— Thes. ling. lat., Onomasticon, ii, Leipzig, 1909, s. v.
G.-L. Feuille.
CENDENAS, Cendinus, martyr cité le 16 juin par le martyrologe hiéronymien comme compagnon de Saturnin et localisé à Messine (Misana). Le saint n'appartient pas à cette ville, puisqu'il n'y a jamais été fêté. Il faudrait l'identifier avec KîvSos du bréviaire syriaque (10 mars), Quindeus (Vindeus) du martyrologe hiéronymien, Cindinv, du calendrier de marbre de Naples (20 févr.).
Le martyrologe romain, au 11 juill., dit que Cindeus subit le martyre à Side (aujourd'hui Eski-Adulia, sur le golfe d'Adulie) en Pamphylie sous l'empereur Dioclétien et le préfet Stratonice. Après de nombreux tourments, il fut jeté dans le feu. Il n'en subit aucune atteinte et rendit l'esprit en priant. Cette notice fut empruntée par Baronius, dit-il, à une Passion perdue aujourd'hui et dont nous ignorons la valeur.
A. S., janv., iv, 31 ; juill., m, 186. — H. Delehaye, Saints de Thrace et de Mésie, dans Anal. Bail., xxxi, 259-60. — F. Lanzoni, 614-15. — Mart. Hier., éd. Delehaye, 321, 241. — Mort. Rom., 281-82.
CENDEUS, est honoré comme martyr africain par le martyrologe hiéronymien le 9 mars, et même le 11 mars à titre de saint carthaginois avec, comme compagnons, S. Cyrille et plusieurs autres. Mais nous retrouvons ces deux saints associés dans le bréviaire syriaque, le 10 mars, sans indication de lieu, KûpiXXos Kai KevSô:, le 12 mai, avec la désignation de la ville, Axiopolis, èv 'AÇiouttôâei KûpiAAos kocI ÊTepoi êÇ pâpTupes; dans le martyrologe hiéronymien, avec cette dernière précision, les 25 avr., 9 et 10 mai. Dans ces conditions, l'appartenance de ces saints à l'Orient et non à l'Afrique ne paraît pas douteuse. Il n'est pas impossible que Carthage et l'Afrique aient honoré ces orientaux, surtout à l'époque de la domination byzantine.
A. S., mars, ii, 3 et 51. — Mart. Hier., éd. de Rossi et Duchesne, 30; éd. Delehaye, 134-35.
J. Ferron.
CENDRAS, Sendras, Sandrassium. Cette abbaye de l'ordre de S. -Benoît, au diocèse d'Alais, fut fondée vers le x"' s. Elle porta trois vocables : S. -Loup, S. -Martin, Ste-Marie. Soumise par Urbain V à S. -Victor de Marseille (1366), elle fut incendiée par les Camisards en 1709 et ne put se relever de ce désastre.
Beaunier-Besse, Abbayes et prieurés de l'ancienne France, ïv, 141. — Bull. corn, art chrétien, i, Nîmes, 1870, p. 393- 421. — G. Charvet, L'abbaye de Cendras. Notice historique et archéologique, suivie du catalogue analytique des abbés, Nîmes, 1880. — Cottineau, 651. — Gall. christ., vi, 519-20.
— Devic et Vaissete, Histoire générale de Languedoc, iv, 718-19.
R. Van Doren.
CENEDA, ou Ceneta, orthographe adoptée jusqu'en 1866, — localité d'origine romaine où l'on a retrouvé quelques vestiges de l'antiquité, — dépendit d'abord de l'ancien évêché d'Oderzo, détruit en partie par Rotari, roi lombard, en 641, puis complètement dévasté, en 668, par Grimoald. Les évêques d'Oderzo et une partie de la population auraient émigré à l'île d'Heraclea où l'évêché fut établi. Le territoire d'Oderzo fut ensuite divisé entre le nouveau diocèse de Ceneda et les évêchés de Frioul, de Trévise et de Padoue. On mentionne pour la première fois Ceneda sous Théodose en 420; la localité fut détruite lors des conquêtes byzantines, mais restaurée ensuite comme ville forti-