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CI.ÉONICF

CLÉONICE, Cleoniciis, et STRATONICUS

(24 juin.), sont cités par O. Cajetanus et Ferrarius comme martyrs à Lentini (Leontini), en Sicile. Les noms de ces saints, comme leurs actes, proviennent des actes de S. Alphius qui sont sans valeur (xuprn, II. 676).

A. S., juin., V. 495. — B. H. G.\ 57-62. — O. Cajetanus. Vilae sanctorum siculonim, i, 75. — Mari. Rom., 182.

R. Van Doren.

CLEOPAS (Denys), théologien grec (1816-61). Voir D. T. C, III, 224-2.5.

CLÉO PATRE (Bse), veuve (19 oct.). D'après les actes de S. Vare, martyr d'Égypte du iv« s., elle recueillit le corps du saint et le transféra en Palestine.

A. S., oct., vni, 423-426. — B. H. G., 1862-63. — Martinov, Ann. Eccl. graeco-xlnu., 1 864. p. 252. — Mart. Rom., 462-463.

R. Van Doren.

CLÉOPATRIS (KÀEOTTaTpis), évêché delà province d'Égypte Fs dépendant d'Alexandrie. Le site de la ville est au moderne Sersena, à 10 km. au nord de Menouf, dans la partie méridionale du delta.

On connaît quatre évêques de Cléopatris : Isaac fut un de ceux que sacra Mélèce, l'adversaire de S. Athanase (Athanase, Apologetica contra arianos, P. G., XXV, 37 B). Le patriarche Théophile sacra Ophelius, probablement en 401 (3^ homélie pascale, P. L., xxii, 828). Alexandre prit part au concile d'Éphèse, en 431 (Mansi, iv, 1220 E). Théophile assista au pseudo-concile d'Éphèse en 449 (J. Flemming, Akten der Ephesinischen Synode vom J. 449 syrisch, p. 9, 1. 24).

Le titre de Cléopatris ne semble pas encore avoir été conféré dans l'Église romaine.

Kesse, dans Paiilv-Wissowa, xi-1, 7S9. - Le Quien, ii, 527-28. '

R. Janin. '

CLÉOPATRONIE (Sainte), 8 mars. D'après les actes fabuleux de S. Viventius (13 janv.), elle était fille de Dacien, gouverneur de l'Asie mineure (iv« s.). Possédée du démon pendant dix-huit ans, elle fut délivrée miraculeusement par le saint et se consacra dès lors au service du Christ et des martyrs.

A. S., mars, i, 757-758. — B. H. L., 8725. — Mart. Rom.,

R. Van Doren.

CLERA (KXi^pa), évêché de la province de Phrygie Salutaire, dépendant de Synnade. Il ne figure que sur les listes tardives, comme celle de 1022-25 (G. Parthey, Hieroclis Synecdemus et Noliliae graecae episcopaluum, Berlin, 1866, p. 115, n. 348) et celle qui remonte à Michel Paléologue (ibid., p. 254, n. 313). Il est certain cependant que la ville fut dotée d'un évêché beaucoup plus tôt, puisqu'on trouve au concile de 879 Photius TÔov KAripcùv (Mansi, xvii-xviii, 376 E).

La Consistoriale n'a pas inscrit Clera dans ses listes, sans doute parce que l'évêché était trop tardif. i

R. Janin. i

CLERCK (John), prêtre anglais (t 1552). Voir | n. T. C, III, 225.

CLERCS RÉGULIERS DE LA CON- j GRÉGATION DE S. -PAUL. Voir BarnalîiTES, supra, VI, 854-58.

CLERCS RÉGULIERS MINISTRES DES INFIRMES. Voir Camilmrns. supra, xi, 600-07.

CLERFAY, abbaye au dioc. d'Amiens, arr.

de Péronne, cant. d'Acheux, comm. de Varennes. Il est fort possible que l'emplacement ait servi au culte des Gaulois. Vers 1136. Hugues de Campdavaine,

comte de S.-Pol, y fonda une abbaye; elle dépendait de la congrégation d'Arrouaise établie en 1097 avec la règle des chanoines de S. Augustin; elle en était la douzième maison (v. Arrouaise, iv, 728). Clerfay fut toujours sous la protection des rois de France et ne payait aucune redevance au fisc. Mais Anselme, comte d'Encre, fils du comte de Campdavaine, en confirmant la donation faite par son père, se réserva un quart de la dîme, laissant un autre quart à l'abbé et le reste au monastère de Corbie. Cette dernière clause fut une source de nombreuses dimcultés : les moines de Corbie, profitant de ce que l'église de Clerfay se construisait sur un terrain leur appartenant, prétendirent s'opposer à son achèvement et menacèrent de la détruire. Un bref de Rome du 4 déc. 1172 fait défense aux abbés de Corbie de prendre les armes contre les religieux, d'user de violence pour les chasser; un autre bref en date du 5 sept. 1173 oblige l'abbé de Clerfay à donner satisfaction à celui de Corbie et des experts obligent celuici à abandonner le terrain moyennant une redevance qui malheureusement ne fut pas souvent payée; d'autres dettes s'y ajoutèrent et les deux maisons furent en lutte, spécialement entre '1350 et 1378.

En 1635. l'abbaye était en pleine splendeur, lorsque les Espagnols envahirent la contrée. Une première fois, les C",roates se contentèrent d'emmener les religieux; mais les soldats du comte de Rambures, toujours avides de combat, harcelèrent tant l'ennemi que celui-ci fit sauter les bâtiments et brûla toutes les archives en 1637.

Liste des abbés : Elle est difficile à reconstituer en raison de l'incendie rappelé ci-dessus. — Jean, le premier à qui fut conférée la direction de la maison, est mentionné dans des chartes de 1147 et 1159. — Heinfroy assista au chapitre de 1177. — Robert PoHe a son nom dans une charte de Théobald, évêque d'Amiens, en 1185. — Daniel était présent en 1189 à une sentence arbitrale rendue par Pierre, év. d'Arras, entre l'abbaye d'Arrouaise et le chevalier Jean de Villers. — Gauthier. — Sylvain. — Nicolas. — N. était à la tête de la maison en 1220 et vivait encore en 1250. — Robert fut élu en 1277 définiteur au chapitre de la congrégation d'Arrouaise alors en proie à un schisme. Vers 1254, l'abbaye de Corbie abandonne ses droits à percevoir sur Clerfay pour en augmenter la bibliothèque. — Guillaume, t le 12 mars 1344 ou 1345.

— N. fut en difficulté continuelle avec l'abbaye de Corbie. — Jean II fut nommé en 1457; il ne succéda donc pas immédiatement au précédent. En 1471, Louis XI ayant refusé de ratifier le traité qui donnait à Charles le Téméraire Amiens, S. -Quentin et la prévôté de Vimeu, celui-ci détruisit une première fois le monastère qui fut rétabli quelques années après.

— N., mentionné en 1490. — Antoine F^ Marin, était à la tête de la maison en 1508. — Antoine II Lequien. chanoine d'Amiens, est nommé en 1557. Nouvelle contestation en 1562 et 1563 avec l'abbaye de Corbie pour des redevances. — Becquet est chargé de l'économat en 1590. — Philippe de Viole, t 1605. — L'abbaye est désormais en commende sous le cardinal Duperron, archevêque de Sens, t 1618. — Jean Marissal était chanoine, trésorier de S. -Martin de Picquigny, prieur de N.-D.-sur-le-Mont, curé de Brailly, chapelain de S. -Nicolas d'Ailly et aumônier du comte de S.-Pol, quand il fut appelé à la tête du monastère. — Antoine Lhoste, syndic du clergé du diocèse, devint abbé commendataire en 1633; la maison servait de refuge aux populations voisines contre l'ennemi qui la détruisit en 1637. Les religieux durent se disperser.

— Louis de Bernage, chan. de l'Église de Paris, aumônier de Louis XIII, n'a pas de quoi acquitter les charges; f év. de Grasse en 1675. — Eustache Fiévin, 1661. était clerc et aumônier du roi. — François

CLERFAY —

CLERMONT

Cottin, curé de Marly et aumônier du roi, obtint 1 l'abbaye en commende en 1690. L'abbé d'Arrouaise Hatté entreprit en 1693 de la relever; Cottin opposait que les revenus n'étaient pas suffisants pour entretenir le nombre de religieux déterminé et se contenta d'une pension de 2 000 1., abandonnant les bénéfices à l'abbaye d'Arrouaise. — Louis Fauvel, clerc de la chapelle du roi et chantre de l'église royale de S.- Quentin reçut l'abbaye en 1701 et la garda jusqu'en 1742; en 1729, il n'y avait que trois religieux. — François- Joseph-Gaston de Pratz de Pressy était vicaire général de Boulogne, dont il devint év. en même temps qu'abbé de Clerfay, 1742; il n'y eut bientôt plus de religieux et Mgr de la Motte, év. d'Amiens, envoya deux prêtres pour desservir Forceville et Péalvilliers; il y passa dix jours en 1746. — • Jean-François d'Hesselin, vicaire général de l'archevêque de Sens, est pourvu de l'abbaye en 1745 et y meurt en 1771. — Adrien-Antoine de Lestocq, doyen de la cathédrale d'Amiens, vicaire général du diocèse, se servait des bâtiments comme d'un château et recueillait tous les fruits à seule charge de faire dire une messe basse les dimanches et jours de fête pour les paysans des environs : il n'y avait plus de religieux. A la Révolution, A. -A. de Lestocq fut mis en prison où il mourut; l'abbaye fut vendue comme bien national; une ferme est à la place.

A. de Cardevacque, Le canton d'Acbeux, départ, de la Somme, Amiens, 1883, p. 47-88. — Daire, Histoire du doyenné de Mailly, Bibl. Amiens, ms. 507, p. 18; Histoire des doyennés du dioc. d'Amiens, Abbeville, 1912, ii, p. 259. — Darsy, Bénéfices du dioc. d'Amiens, Amiens, 1869, i, p. 319. — Labourt, La bête Canteraine, légende picarde, Amiens, 1864. — Gallia Christiana, 1751, x, 1329-30.

A. MOLIEN.

CLERICUS, martyr cité au martyrologe hiéronymien les 10 et 11 juill., est une lecture défectueuse de Glicerus (Glycerius), le saint d'Antioche (14 janv.). Ce nom revient encore le 27 août; mais, cette fois, il doit se joindre à celui de Sérapion, clerc martyr.

An. Boll., 1922, p. 65. — Mart. Hier., éd. Delehaye, 40, 366, 367, 471.

CLERIVIONT. — I. LA VILLE. — L Origine ET EXTENSION. — C'cst au i'^'' S. de notre ère que l'agglomération qui devait plus tard porter le nom de Clermont prit naissance. Strabon signale une localité gauloise, Nemossos, que l'on situe généralement à l'emplacement de Clermont. Il y aurait eu là sans doute un lieu sacré.

Mais, à l'époque de la conquête romaine, l'oppidum le plus célèbre du territoire des Arvernes était Gergovie, établi sur un plateau basaltique haut de 703 à 764 m., site défensif qui fit reculer les légions de César. C'était évidemment un refuge particulièrement favorable, aux pentes raides, mais à qui sa position élevée et somme toute malaisément accessible, interdisait de devenir une ville importante aux époques paisibles.

La Gaule conquise, Gergovie s'éteignit lentement, soit que les Romains n'aient pas cru nécessaire de maintenir une localité à laquelle s'attachaient tant de souvenirs glorieux de l'indépendance gauloise, soit plutôt que le plateau, balayé par les vents, ofTrît peu de commodités aux hommes quand la paix romaine eut écarté la guerre du centre de la Gaule. Mais Gergovie resta occupée par une population d'artisans jusque sous le règne de Néron, sémble-t-il, et même les fortifications furent entretenues.

Cependant une nouvelle agglomération naissait un peu plus au Nord, à l'emplacement de Nemossos qui changea son nom en celui d' Auguslonemetum. Le nouveau site offrait de meilleures chances de prospé-

rité. La butte volcanique qui allait former le noyau de la nouvelle ville est haute seulement de 410 m. Elle se dressait au milieu d'une plaine, que des plateaux entouraient à quelque distance, au Nord, au Sud et à l'Ouest, tandis qu'à l'Est elle s'ouvrait largement sur la Limagne. La butte elle-même, dont les abrupts étaient beaucoup plus accentués qu'à présent, pouvait devenir, le cas échéant, un site défensif. Elle fut occupée, semble-t-il, par des édifices publics, peutêtre un forum, la curie municipale, un temple consacré à Apollon. Aujourd'hui elle est dominée par la cathédrale. Tout autour, dans la plaine, s'étalaient les constructions particulières. Dans la partie sud notamment, les fouilles ont mis à jour des substructions d'habitations luxueuses, des mosaïques, des restes de thermes, etc. La ville occupait ainsi une très grande étendue, mais il y avait certainement des espaces libres et de vastes jardins. A la périphérie s'alignaient d'importants cimetières. Un aqueduc conduisait jusqu'à la partie la plus élevée les eaux de la montagne. Récemment on retrouvait aux abords de la cathédrale de longues galeries d'époque gallo-romaine, qui devaient servir à la distribution de l'eau potable dans les dilTérents quartiers.

Rien ou bien peu ne subsiste des monuments de cette époque. Grégoire de Tours nous a décrit le fameux temple Vasso Galate. On sait à présent qu'il se dressait à l'Ouest, hors de la ville. Le souvenir de son nom s'est conservé dans celui de la place de Jaude qui se trouve à proximité de l'endroit où ses fondations ont été récemment retrouvées.

Au iii« s., les invasions barbares transformèrent profondément la ville. Selon une tradition rapportée par Grégoire de Tours, elle aurait été pillée et détruite par les Alamans du roi Chrocus, qui auraient en particulier jeté à bas le temple Vasso Galate. Il dut en être à' Auguslonemetum comme de bien d'autres cités de la Gaule. Il s'agissait de villes ouvertes dont la richesse attirait les Barbares et qui pratiquement n'ofiraient que peu de moyens de défense. La ville ne se releva pas complètement de ses ruines. Mais elle sentit, devant les périls des temps, le besoin de s'entourer de fortifications, sur un périmètre très réduit. C'est au 111'= ou au iv« s. que la butte fut protégée par une enceinte garnie de tours. Cette enceinte, connue au Moyen Age sous le nom d'Enceinte des cinq portes, n'a disparu complètement qu'au début du xix« s. et M. Pierre Fournier a pu en déterminer le tracé général. Elle avait un périmètre d'environ 710 m. et l'espace entouré ne dépassait guère 2 ha. C'était donc là une très petite ville dont la population ne pouvait guère dépasser 750 habitants. Cinq portes y donnaient accès qui au Moyen Age étaient : à l'Ouest la porte de la Monnaie et celle de la Terrasse; au Sud, la porte Dalmas; à l'Est celle du Terrail; au Nord celle de la Poterne.

La partie de la butte ainsi délimitée par l'enceinte fut la Cité. Le mot ciuilas qui s'appliquait à l'époque romaine à la circonscription administrative, devint aux environs du v« s. celui de la ville qui en était le chef-lieu, spécialement quand il s'agissait d'une ville siège d'un évêché. On sait que, dans bien des cas, le nom même du peuple, qui était à l'origine de la civilas, devint le nom même de l'agglomération. Auguslonemetum n'échappa pas à la loi commune. Savaron donne de nombreux exemples tirés de Sidoine Apollinaire, de Grégoire de Tours ou des Vies de saints, où Auguslonemetum est dite Arvcrnia, Arvernis; et c'est peut-être par respect de cette tradition qu'au xv« s. encore, les évêques de Clermont s'intitulaient évêques d'Auvergne.

Mais dès le vu"- s. la butte centrale fortifiée prit le nom de Clermont, dénomination qui lui venait sans

CLER

MONT

doute de la couleur blanche de son sol; et ce nom finit par l'emporter sur les autres pour désigner l'agglomération tout entière. Mais, au xvii« s. encore, les habitants des bas-quartiers parlaient d'aller à Clermont quand il ne s'agissait pour eux que de gravir l'escarpement qui les menait à la cathédrale.

Cependant, dès le haut Moyen Age, les pentes de la butte et la plaine avoisinante s'étaient peuplées. Au Nord-Ouest, très anciennement, vivait une communauté de marchands syriens et juifs dans le quartier de Fontgiève (Fons Judea) et c'est à proximité que les premiers chrétiens s'établirent. Ils y construisirent leurs églises, y concentrèrent leurs cimetières et ce territoire prit le nom de viens chrislianorum pour devenir plus tard le quartier de S.-Allyre.

D'autre part, la ville était devenue depuis l'époque romaine un important carrefour de routes. L'une, vers l'Ouest, escaladait le plateau dans la direction de Limoges; une autre, à l'Est, se dirigeait vers Lyon en passant par Thiers et coupait la grande route qui menait vers le Languedoc; une autre enfin, dite la Chaussée de Claudius, par Riom et Néris allait vers le Berri.

C'est au débouché de cette dernière route que, dès le viii« s. et peut-être avant, se forma au Nord-Est de la ville un quartier commerçant : le Port. Il donna bientôt naissance à une paroisse, N.-D.-du-Port, et prit d'autant plus d'importance que de ce côté la pente était relativement douce et que là aboutissaient de grandes routes. Au cours du Moyen Age, un autre quartier se grefi^a sur le versant ouest pour former la paroisse S. -Pierre. Sur la partie sud du plateau, qu'un léger vallon séparait de la Cité, une autre agglomération forma la paroisse de S.-Genès, si bien que, dès le Moyen Age, la Cité se trouva flanquée de trois côtés par trois protubérances : le Port, S. -Pierre et S.-Genès; et la ville prit alors ce plan en forme de trèfle, qu'elle a gardé jusqu'à l'époque contemporaine. A une date indéterminée, chacun de ces quartiers fut lui-même entouré de murailles, ainsi que le burgus Preposilalis, ainsi nommé parce qu'il dépendait du prévôt du chapitre de la cathédrale et qui s'accola à la lisière sud de la paroisse de S. -Pierre. Son existence est attestée dès le xi« siècle.

C'est probablement vers la fin du xiv^ s., vraisemblablement sous le règne de Charles V, au moment où la guerre anglaise mit l'Auvergne en danger, que Clermont sentit la nécessité de s'entourer d'une unique enceinte qui devait protéger la ville tout entière. Depuis le xin<^ s., deux couvents, celui des Cordeliers et celui des Carmes, s'étaient établis aux abords de la ville, l'un à l'Ouest, l'autre à l'Est. Ces deux couvents furent incorporés à l'intérieur des nouveaux remparts qui englobèrent les trois paroisses, escaladant les rampes et descendant à l'Ouest dans la plaine jusqu'au quartier de Jaude qui resta en dehors. L'Armoriai d'Auvergne dressé au xw" s. par le héraut d'armes Revel, le plan de Fuzier qui date de 1575 nous permettent d'imaginer l'aspect des murailles flanquées de nombreuses tours carrées et percées de dix portes, dont des ponts de bois établis au-dessus des fossés permettaient l'accès. La plus importante était la Porte Champet, ou du Champ Herm, située à l'extrémité est de la rue du Port et par où se faisaient les entrées solennelles.

De ces remparts à peu près rien n'a été conservé. Ils subsistèrent jusqu'au xvm« s.; mais, à ce moment, ils n'étaient plus qu'une gêne et nuisaient gravement au développement de la ville. Sur bien des points ils menaçaient ruine et leur entretien était inutilement dispendieux. Dès le xvn* s., quelques aménagements furent entrepris : comblement d'une partie des fossés, démolition d'une partie de la muraille sur le front

nord dont l'emplacement devint la place d'Espagne, en souvenir des prisonniers espagnols qui avaient été employés à sa construction. En 1724, l'intendant Bidé de la Granville élargit et termina la place de la Poterne.

Au xvin"= s., les intendants de la généralité se préoccupèrent de fournir à la ville des entrées plus faciles et de rattacher Clermont aux grandes routes, en particulier à la route Nord-Sud de Paris au Languedoc, qui passait par Montfcrrand. Dès 1731, Trudaine, devenu intendant de la province d'Auvergne, étudia le problème sans parvenir à le résoudre. Ce fut un de ses successeurs, Ballainvilliers, qui en 1756 proposa à Clermont un plan général d'aménagement dont il put exécuter une partie. Les remparts tombèrent alors sous la pioche des démolisseurs et furent remplacés par de larges avenues. Cependant le problème du rattachement de Clermont à la route de Paris et à la route de Lyon n'avait pu recevoir de solution satisfaisante. Le centre de la ville, avec ses rues tortueuses, aux maisons mal alignées, encombrées par les restes des murailles de l'enceinte gallo-romaine, dont toutes les portes n'avaient pas encore disparu, suscitait les justes critiques des voyageurs étrangers. « Il y a peu de villes en France, disait Legrand d'Aussy en 1787, qui aient des rues aussi gauches, aussi ridicules, aussi bizarrement contournées. Il faut les avoir vues pour s'en former une idée... Je ne crois pas qu'il soit possible à un architecte de former un pareil chaos... »

Cependant, débarrassée de son enceinte incommode, la ville prit à partir du xix« s. une nouvelle extension. Les quartiers qui s'étaient constitués autrefois autour des grandes abbayes de S. -André, de S.- Allyre, de Chantoin se trouvèrent bientôt unis à l'agglomération principale. Vers 1850, l'établissement de la voie ferrée et la construction de la gare entraînèrent la création de nouveaux quartiers à l'Est. Puis, au xx^ s., l'essor de l'industrie, en particulier celle du caoutchouc, fit disparaître les champs, les vignes et les vergers qui s'étalaient entre Clermont et le plateau de Chanturgues, sans épargner les sympathiques maisons de plaisance, le manoir de Chanterane, celui de Bien Assis qui avait appartenu à Florin Périer, le beau-frère de Pascal, et qui durent céder la place aux bâtiments envahissants des usines Michelin. Le terroir, dit d'Entre-Deux-Villes, qui séparait Clermont de Montferrand, fut occupé peu à peu par des casernes ou des usines. A l'Ouest, dans les marais de la Tiretaine, la proximité de Royat attirait peu à peu les maisons d'habitation. L'agglomération clermontoise s'étendait jusqu'au village de Chamalières, puis escaladait les pentes du plateau, pour se relier sans solution de continuité à la ville thermale voisine, Royat.

H. Organisation et Institutions. — A la fin du Moyen Age, les évêques de Clermont se considéraient comme seigneurs de la ville capitale de leur diocèse et parfois ils se donnaient le titre de comtes de Clermont. Mais nous sommes assez mal renseignés sur l'origine de leur pouvoir. Aux premiers siècles du Moyen Age, la ville se trouvait sous la dépendance des comtes d'Auvergne et la présence simultanée des deux autorités, comtale et épiscopale, dut provoquer de nombreux conflits. De son côté, le chapitre cathôdral prétendait que la Cité, délimitée par l'enceinte des cinq portes, était sous sa dépendance exclusive.

Au XI'' s., en 10.34, l'évêque Rencon obtint du comte d'.Auvcrgne la cession ou plutôt la restitution de la partie occidentale de la ville qui correspondait à peu près à la jiaroisse S. -Pierre et que le comte avouait lui-même retenir indûment. Au xii« s., c'est probablement pour la possession de Clermont que l'évêque Aimeri entra en lutte avec le comte d'Auvergne qui s'empara de la ville avec l'aide d'une partie du chapitre cathédral. L'expulsion de l'évêque déclencha

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l'intervention du roi de France Louis VI, qui rétablit Aimeri dans sa ville épiscopale et probablement confirma les droits du chapitre sur l'enceinte des cinq portes. Déjà les comtes, évincés de Clermont, s'étaient, dès le début du siècle, installés à INIontferrand, qui devint la ville des comtes, tandis que Clermont restait la ville de l'évêque.

Au cours du xn« s., des rivalités dans la famille comtale d'Auvergne eurent pour résultat le partage du comté en deux. Il y eut alors deux branches souvent rivales : la descendance de Guillaume VI, dont les successeurs conservèrent le titre de comte d'Auvergne, et celle de Guillaume VII, son neveu, dont les descendants prirent, à la fin du xiii'^ s., le titre de comtedauphin d'Auvergne, du nom du fils de Guillaume VII, Dauphin. A la fin du xii« s., les deux comtes Guy II et Dauphin entrèrent en lutte contre l'évêque Robert d'Auvergne, frère de l'un et cousin de l'autre; ce qui donna au roi Philippe Auguste l'occasion d'intervenir. II finit par soumettre les comtes et en profita pour se rendre maître de la plus grande partie de la province.

Ces événements eurent leur répercussion sur le statut de la ville elle-même. Selon le chanoine Audigier, dès le milieu du xn" s. les comtes s'étaient partagé la ville. Puis, quand la guerre commença entre Guy II et l'évêque Robert, les deux adversaires s'efforcèrent de gagner l'appui des habitants en leur accordant des franchises. En 1198, l'évêque Robert s'engagea par serment à reconnaître certaines libertés à la ville de Clermont et, au même moment, Guy II, par un acte dont il ne subsiste plus qu'une copie d'époque récente, permit aux habitants de constituer une commiinitas seu universitas et d'élire des consuls. C'est donc à cette date que la ville aurait obtenu ses premières garanties. Le mouvement communal, à la même époque, se manifestait à Montferrand qui recevait de son seigneur sa première charte en 1198. Enfin, en juin 1202, le comte Guy II, réconcilié provisoirement avec l'évêque, son frère, lui aurait abandonné ou plutôt laissé en dépôt la partie de la ville qui lui appartenait. Cet acte de 1202 allait avoir au xvi^ s. de graves conséquences.

Il semble, en tout cas, qu'au temporel, la situation de la ville de Clermont était loin d'être claire. A partir de 1202, les évêques se considérèrent comme les uniques souverains de la ville épiscopale; mais les comtes d'Auvergne y possédaient encore un château, situé à l'emplacement de la prison actuelle et nommé à la fin du xiii<^ s. le château de Boulogne. Le chanoine Audigier affirme, d'autre part, que les Dauphins d'Auvergne avaient également des droits de seigneurie sur une partie de la ville.

Du xiw au xvie s., les droits de l'évêque ne paraissent pas avoir été sérieusement troublés. En 1255 cejîendant, Alphonse de Poitiers, qui avait reçu la Terre d'Auvergne en apanage, émit sur la ville elle-même des prétentions qui furent repoussées par la cour du roi et, en 1269, S. Louis confirma la propriété de la ville à l'évêque, sous condition d'hommage au roi.

Au xiii« s., les rapports de l'évêque avec les habitants furent assez difficiles. Les bourgeois réclamaient des libertés politiques. Ils formèrent bientôt une confrérie, dite de l'hôpital S. -Barthélémy, où ils s'assemblaient, et nommèrent huit procureurs pour administrer les afïaires de la ville. Excommuniés par l'évêque, ils en appelèrent à la Cour du roi qui, par un arrêt de nov. 1251, les débouta en partie. Ils durent prêter serment de fidélité à l'évêque, mais ils conservèrent les clefs des portes et le droit de sceau. De nouvelles difficultés se produisirent : dès 1255, les habitants tentèrent de se soustraire à l'autorité de l'évêque en soutenant les prétentions d'Alphonse de Poitiers qu'ils reconnurent comme leur seigneur. Le roi et sa Cour intervinrent à diverses reprises; mais

les accords conclus n'empêchaient ni les troubles ni les émeutes. Les difficultés continuèrent sous Philippe le Hardi et sous Philippe le Bel. Un arrêt, rendu en 1296 en faveur de l'évêque Aymar de Cros, fit perdre aux habitants les quelques libertés qui leur restaient. Tandis que ÏNIontferrand et Riom élisaient librement leurs consuls, Clermont continuait à être administré par l'évêque et ses officiers.

A partir du xiv s., l'évêque est représenté dans la ville par le baile de la temporalité ou gouverneur de Clermont, assisté généralement par un lieutenant. Il est chargé de la justice et, la ville se trouvant sous la garde du roi, les appels de ses sentences sont portés devant les juges royaux, spécialement à partir de 1364 devant le bailli royal de S.-Pierre-le-Moûtier à son siège de Cusset.

C'est seulement pendant la guerre de Cent ans que les habitants obtinrent de coopérer à l'administration de leur ville. Par acte du 17 mai 1379, Charles V leur donna le droit de s'assembler et de nommer des magistrats qui reçurent le nom d'élus. Chaque paroisse : le Port, S. -Pierre et S.-Genès, en élisait un. La Cité, qui se trouvait sous la dépendance directe de l'évêque et du chapitre, n'avait pas de représentation. La population laïque devait d'ailleurs y être très faible. Au début du xv» s., aux élus vinrent s'ajouter neuf conseillers à raison de trois par paroisse. Les habitants se réunissaient en assemblées, dites chapelles, parce qu'elles se tenaient soit dans la chapelle de l'hôpital S. -Barthélémy, soit dans une chapelle de la cathédrale. L'assemblée désignait les élus et les conseillers au début de chaque année et délibérait sur les propositions présentées par eux. Elle ne pouvait siéger qu'en présence du gouverneur ou de son lieutenant, représentant l'évêque. La ville disposait de peu de ressources et les assemblées tenues dans un espace aussi restreint ne rassemblaient forcément qu'un petit nombre d'habitants. A la fin du xv» s., il apparaît bien que seules quelques familles notables participaient au gouvernement de la ville et se partageaient les charges d'élus et de conseillers.

Il en fut ainsi jusqu'au règne de Louis XI. Le roi, assez mal disposé pour la famille de Bourbon, qui possédait le duché d'Auvergne et dont un des membres était évêque de Clermont, et voulant peut-être aussi récompenser la ville pour le loyalisme qu'elle avait tant de fois témoigné vis-à-vis de la royauté pendant les révoltes de la Praguerie et la guerre plus récente du Bien Public, décida en 1480 que les habitant? pourraient nommer, chaque année ou tous les deux ans, trois ou quatre consuls et douze conseillers. La municipalité fut désormais un peu plus indépendante et l'année suivante elle obtint du roi l'exemption de la taille.

Au fond le roi aurait voulu purement et simplement réunir Clermont à la couronne. Le procureur général du roi intenta un procès à l'évêque Charles de Bourbon en s'appuyant sur l'acte de dépôt de 1202 dont nous avons -parlé. Le procès ne fut jugé qu'après la mort de Louis XI sous la régence des Beaujeu. Mais, par arrêt du Parlement en date du 21 juill. 1487, rendu sans doute à l'instigation de la régente Anne de France devenue duchesse de Bourbon, l'évêque eut gain de cause. L'affaire fut reprise au xvi^ s. quand Catherine de Médicis, héritière du comté d'Auvergne, revendiqua la ville de Clermont qui, selon l'acte de 1202, n'était qu'un dépôt entre les mains de l'évêque et dont il avait usurpé la possession. L'évêque était à ce moment Guillaume Duprat, fils du chancelier de France. Il allégua vainement la sentence de 1487, la prescription, éleva quelques doutes sur l'authenticité de l'acte de 1202. Finalement le Parlement attribua en 1557 Clermont à la reine et la ville Se trouva unie au comté d'Auvergne

CLERMONT

Le comté fut légué par Marguerite de Valois, fille de Catherine de Médicis, à Louis XIII et fut réuni, avec la ville elle-même, à la couronne. Enfin, en 1574, le Parlement avait définitivement repoussé les prétentions des comtes de Montpensier qui, dès la fin du xv« s., sous l'épiscopat de Charles II de Bourbon et sous celui de Jacques d'Amboise, avaient revendiqué les droits des Dauphins d'Auvergne, à qui ils avaient succédé, sur une partie de la ville.

Clermont, ainsi détaché du temporel épiscopal, reçut de nombreuses marques de la faveur royale. En oct. 1556, Catherine de Médicis avait transformé le consulat en échevinage, composé de quatre échevins, dont Henri IV fixa plus tard le costume, d'un procureur et de vingt et un conseillers, tous élus par l'assemblée, où les marchands avaient la prépondérance. Le clergé et les nobles n'y eurent de représentants qu'au xviii« s., par les édits de 1764 et de 1765.

Une vieille rivalité opposait la ville de Clermont à ses voisines, Riom et Montferrand. Toutes trois se disputaient la prépondérance et les juridictions. Le 1" janv. 1556, Catherine de Médicis fit reconnaître Clermont comme chef et capitale du pays d'Auvergne. Riom était reconnu comme chef et capitale du duché qui d'ailleurs, depuis la confiscation des biens du connétable de Bourbon, ne correspondait plus à rien. Le bailliage royal, établi à Montferrand en 1425, fut supprimé et Riom conserva le siège de la sénéchaussée; mais en 1582 Henri III établit un siège présidial à Clermont.

Enfin, au xvii« s., la ville de Montferrand, qui était ville royale depuis le règne de Philippe le I3el, fut réunie à Clermont. Dès 1575, Montferrand avait lancé l'idée de son union avec Clermont en un seul corps de ville. Par l'édit de Troyes, rendu en août 1630, Richelieu, à l'instance du maréchal d'EfTiat, prononça la réunion des deux villes et Clermont porta à partir de 1631, date où la réunion fut confirmée, le nom hybride et étrange de Clermont-Ferrand. La cour des Aides, qui fonctionnait à Montferrand depuis 1557, avait été transférée en 1630 à Clermont où l'intendant de la Généralité de Riom vint s'installer, affirmant ainsi la prééminence et la dignité de capitale de l'Auvergne au profit de l'ancienne cité épiscopale.

III. Monuments. • — • l.a cathédrale. — Au vi« s., l'évêque Namace aurait fait construire une première église cathédrale où des reliques des SS. Agricol et Vital auraient été déposées. Grégoire de Tours nous en a donné la description. C'était un édifice somptueux, en forme de croix, et de plan basilical. Ce monument disparut à une date et dans des circonstances indéterminées.

En 946, l'évêque Étienne II consacra un nouvel édifice dont les fondations du chœur ont été retrouvées en 1855 sous le chœur de la cathédrale actuelle. Des fouilles effectuées de 1908 à 1910 ont mis au jour une salle rectangulaire entourée d'un couloir étroit, sur lequel s'ouvrent 4 petites loges, qui ont pu servir de chambres funéraires et abriter des reliques. Louis Bréhier estime que la cathédrale élevée par Étienne II à la fin du x* s. présentait déjà un chœur entouré d'un déambulatoire et de quatre chapelles rayonnantes, selon une disposition qui allait devenir celle de toutes les grandes églises romanes d'Auvergne, en particulier de N.-D.-du-Port.

En 1248, l'évêque Hugues de la Tour entreprit la construction d'une cathédrale plus vaste, dans le style des grandes cathédrales du nord de la France. Le premier maître d'œuvre serait Jean des Champs, à qui on attribue la construction du rond-point du chœur et des chapelles rayonnantes entre 1248 et 1287. Il aurait été remplacé par Pierre des Champs, à qui l'on doit peut-être les travées droites du chœur et

DicT. d'hist. et de géogr. ecclés.

I une partie du transept. Les documents signalent encore le nom de Pierre de Cébazat, vers 1340-1359, ! qui figure également parmi les maîtres d'œuvre de i l'abbatiale de la Chaise-Dieu. On sait seulement que les travaux furent interrompus. La façade et les premières travées de l'église romane d'Étienne II furent conservées jusqu'au milieu du xix^ s. En 1866, Violletle-Duc fut chargé par Napoléon III de terminer le monument. Il ajouta deux travées au Nord et une travée au Midi, et il construisit la façade. Les flèches des tours furent terminées en 1884.

La cathédrale se compose d'une nef de cinq travées. Elle est voûtée d'ogives sur plan barlong et flanquée de doubles collatéraux. Au cours du xiv^ s., des chapelles furent ajoutées entre les contreforts. Le transept est peu débordant. Le chœur est entouré d'un déambulatoire sur lequel s'ouvrent cinq chapelles rayonnantes. Au-dessus des grandes arcades, court un triforium qui abrite une galerie de circulation et que dominent les grandes fenêtres, au remplage de style rayonnant. A l'intérieur comme à l'extérieur, la décoration est sobre et la pierre de Volvic qui a été utilisée pour la construction donne à l'ensemble un aspect assez austère. Il est vrai qu'au xviii« s. la cathédrale a perdu son jubé qui datait du xv^ s. et la Révolution a détruit les sculptures des portails, sans épargner la statue de N.-D. -de-Grâce, qui décorait le trumeau du portail nord, sur la place dite " devant Clermont », et qui était l'objet d'une vénération particulière. Cependant la cathédrale possède encore une remarquable série de vitraux du xiii« et xiv*' s. Sur les murs des chapelles du chœur subsistent quelques peintures murales assez bien conservées.

N.-D.-du-Port. — Une première église consacrée à la Vierge aurait été construite dans la paroisse du Port par S. Avit à la fin du vi» s. Détruite, dit-on, par les Normands vers 864, elle aurait été remplacée par une nouvelle église édifiée par l'évêque S. Sigon à la fin du ix'' s. Celle-ci disparut à une date indéterminée. L'église actuelle aurait été construite dans la deuxième moitié du xii« s. et terminée au début du xin« s.

L'église actuelle comprend un narthex dont les travées correspondent à la nef et aux bas côtés, une nef de cinq travées flanquée de collatéraux surmontés de tribunes, un transept avec deux absidioles et un chœur d'une travée terminé par un hémicycle entouré d'un déambulatoire, sur lequel s'ouvrent quatre chapelles rayonnantes. La nef est voûtée d'un berceau en plein cintre sans doubleaux; les bas côtés sont voûtés d'arêtes. L'équilibre de la nef est assuré par les voûtes en quart de cercle des tribunes. L'éclairage assez réduit est donné par les fenêtres des bas côtés et celles plus petites des tribunes. Le carré du transept est voûté d'une coupole sur trompes, contrebuttée au Nord et au Sud par des voûtes en quart de cercle, à l'Ouest et à l'Est par les voûtes en berceau du chœur et de la nef.

A l'extérieur le narthex est signalé par un massif assez lourd qui recouvre les arcatures primitives de la façade et que couronne depuis 1828 un clocher assez malencontreux. Un toit unique couvre la nef et les bas côtés dont les murs extérieurs sont allégés par la présence de grands arcs de décharge. Le transept est dominé par un massif surmonté par un élégant clocher octogonal qui remplace celui qui avait été détruit en 1793 et qui avait lui-même remplacé le clocher primitif renversé par un tremblement de terre en 1490.

D'aspect assez sévère à l'Ouest, N.-D.-du-Port, comme les églises romanes d'Auvergne du même type, présente au contraire à son chevet un caractère beaucoup plus monumental, avec ses chapelles rayonnantes couronnées de pignons, au-dessus desquelles s'étendent le mur du déambulatoire, puis celui du chœur dominé par l'imposant massif du transept avec

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son clocher, l'ne décoration polychrome de rosaces, de dessins géométriques, en pierres de couleur, rehausse encore la beauté de ce monument remarquable.

Le rôle joué par la sculpture est ici loin d'être négligeable, grâce à l'emploi de l'arkose tirée des carrières de Liniagne. A l'extérieur on remarque quelques chapiteaux historiés et surtout le portail sud dont le linteau en bâtière est orné de scènes de l'Enfance du C.hrist, tandis que le tympan est consacré à la vision du Christ en majesté entouré des symboles des quatre évangélistes. Enfin de très beaux chapiteaux historiés, surtout à l'hémicycle, représentent des scènes de la vie de la Vierge, les combats des Vertus et des Vices ou s'inspirent de modèles antiques.

Sous le choeur s'étend une crypte voûtée d'arêtes, qui a conservé à l'Ouest sa confession divisée en trois loges où s'abritaient les sarcophages des corps saints. On y conserve une Vierge noire miraculeuse. Dans le sacristie est placée une Vierge allaitant du xiv« s.

Chapelle des Jacobins. — Cette chapelle fut élevée après 1219. C'est une église à nef unique, terminée par un chevet plat, et dont il ne subsiste que trois travées voûtées d'ogives. Elle contient deux tombeaux, dont celui du cardinal Hugues Aycelin de Montaigu, dit cardinal de Billom. Elle sert actuellement de chapelle au couvent des Visitandines.

Chapelle des Cordetiers. — Actuellement dépôt des Archives départementales, cette église a été consacrée en 1284. Elle présente une nef unique qui fut probablement voûtée de voûtes sexpartites. Des contreforts épais assurent son équilibre.

Église S.- (renés. — C'était autrefois l'église des Carmes. Commencée en 1329, elle ne fut achevée qu'en 1470. C'est une église de type méridional à nef unique de cinq travées, voûtée d'ogives et flanquée de chapelles ouvertes entre les contreforts. C'est la seule église flamboyante qui subsiste à Clermont.

Église S. -Pierre des Minimes. — Elle a été construite à partir de 1630 sur la place de Jaude et terminée au xixi* s. C'est une construction assez froide, supérieure cependant à la chapelle particulièrement disgracieuse élevée vers 1720 pour les Carmes déchaux à l'emplacement de l'ancienne abbaye de Chantoin.

Monuments civils. — Des hôtels élevés par la bourgeoisie clermontoise aux xv et xvi« s., il ne subsiste guère que des vestiges souvent peu reconnaissables et fortement dénaturés. Cependant on peut signaler deux édifices bien conservés : l'hôtel d'Hugues Savaron, rue des Chaussetiers, avec sa cour intérieure et son élégante tourelle d'escalier au portail sculpté, et l'hôtel Fontfreyde, dit maison des Architectes, où le Musée du Ranquet s'est installé.

Au xvii'î s., un vaste édifice, dont une partie subsiste dans la cour de l'hôtel de ville actuel, fut construit pour y installer la cour des Aides et, en 1675, les jésuites construisirent, pour y mettre leur collège, un bâtiment sévère qui abrite actuellement le lycée Biaise-Pascal.

Pour le xviii<^ s., il suffira de signaler le charmant hôtel construit par la famille de Chazerat et qui devint l'hôtel de l'Intendance, ensuite au xix« s. abrita l'évêché, puis la Faculté des Lettres. Il est occupé actuellement par les services de l'Enregistrement. Il possède une jolie cour ovale ornée de pilastres, sur les jardins une façade élégante, et à l'intérieur des salons dont la décoration date du xvin'' s. ou de l'époque impériale.

Musées. — La ville de Clermont possède plusieurs musées. Le Musée du Ranquet, installé dans la maison des Architectes, conserve une collection de costumes locaux, des souvenirs de Pascal et du général Desaix, un ensemble intéressant d'armes anciennes. Le Musée Hargoin renferme une galerie de peintures où les

artistes locaux ont trouvé place, une série d'objets et de sculptures du Moyen Age, et le résultat des fouilles gallo-romaines faites dans la région, en particulier au Puy-de-Dôme et aux Martres-de-Veyre.

Bibliothèque. — Au xvme s. Massillon, évêque de Clermont, voulut doter la ville d'une bibliothèque. Il engagea donc son chapitre à construire une salle à l'emplacement de la chapelle S. -Nicolas, près de la cathédrale, et légua au chapitre ses propres livres qui constituèrent un premier fonds. La bibliothèque qui était ouverte au public deux fois par semaine dura jusqu'à la Révolution, Au xix<^ s. une bibliothèque fut installée au couvent des Charitains, avec l'ancien fonds du chapitre cathédral et les livres des bibliothèques des établissements religieux supprimés par la Révolution. En 1905, la bibliothèque fut unie à la bibliothèque de l'Université et installée dans un bâtiment spécialement construit à cet effet. Elle comprend une très importante collection de mss. anciens, spécialement une Bible historiée du xii^ s. environ et un livre d'heures du xv" s. enrichi de miniatures, qui appartint à la famille de Montboissier.

II. LE DIOCÈSE. — I. Histoire sommaire. — Selon la tradition rapportée par Grégoire de Tours, le christianisme aurait été prêché pour la première fois à Clermont par S. Austremoine sous le règne de l'empereur Dèce, au milieu du iii« s. On s'accorde aujourd'hui à reculer la mission de S. Austremoine vers le début du iv« s. La première communauté chrétienne se serait constituée en dehors de la ville, au Nord-Ouest, à proximité de la colonie de marchands syriens ou juifs dont le nom de Fontgiève pourrait conserver le souvenir. Dans le vicus christianorum, signalé par Grégoire de Tours, les premiers chrétiens auraient établi les memoriae de leurs martyrs, leurs oratoires, dont le plus important fut l'église de N.-D. -Entre- Saints. L'évangélisation de la contrée aurait été poursuivie en même temps par les missionnaires envoyés par S. Austremoine.

L'édit de Milan en 313, puis les invasions barbares qui accentuèrent la décomposition des institutions impériales accrurent le prestige et l'importance de l'évêque installé dans la ville capitale de la civitas Arvernorum avec laquelle le diocèse s'identifia bientôt. Les civitates voisines, celles des Gabales et des Vellaves, que les Arvernes avaient dû abandonner dès la conquête romaine, donnèrent naissance aux diocèses de Mende et du Puy.

Le diocèse de Clermont, pour le désigner par le nom de son chef-lieu avait, comme l'ancienne civitas qu'il remplaçait, une étendue considérable. Il correspondrait à l'heure actuelle aux départements du Puy-de- Dôme et du Cantal, à la partie sud du département de l'Allier, à l'arrondissement de Brioude dans le département de la Haute-Loire et il empiéterait légèrement sur les départements de la Creuse, de la Corrèze et de la Loire. Jusqu'au début du xiv" s., il était divisé en 7 archidiaconés, ceux de Clermont, Souvigni, Cusset, Billom, Brioude, S.-FIour et Aurillac, et en 15 archiprêtrés : Clermont, Limagne, Souvigni, Cusset, Billom, Livradois, Sauxillanges, Issoire, Merdogne, Ardes, Mauriac, Rochefort, Herment, Menât et Blot. Peutêtre même, à la fin du xiii« s., le nombre des archiprètrés s'était-il augmenté.

Le diocèse de Clermont, qui comprenait environ 800 paroisses, s'étendait donc sur des régions géographiquement très dissemblables, sur la plaine de Limagne comme sur les montagnes, sur la Basse et sur la Haute-Auvergne; et il contribua à faire de l'Auvergne une unité provinciale, d'autant plus que le comté d'Auvergne, dont l'étendue devait à l'origine coïncider avec celle de l'ancienne civitas et du diocèse, s'était

CLERMONT

composé à l'époque féodale de comtés secondaires et de vicomtés. Au xii« s., on sait que l'ancien comté se partagea en deux comtés, dont l'un fut plus tard le Dauphiné d'Auvergne, tandis que le roi de France

l'évêque, fort de l'appui des rois, vit son temporel s'étendre et son importance grandir.

L'évêché de Clermont était rattaché au siège métropolitain de Bourges; mais, selon le chanoine Audigier,

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