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RODEZ

oArtonne s iege d'archiprêtré

Limite du diocèse de Clermont

avant 1317

Limite du diocèse de Clermont *" et du diocèse de S^FIour

Fig. 115. — L'ancien diocèse de Clermont.

occupait au xiii« s. la Terre d'Auvergne érigée en duché en 1360 et qui comprenait la majeure partie de la province. L'unité de la région disparaissait donc tandis que l'unité ecclésiastique et religieuse se maintenait en dépit des événements politiques. Bien plus,

les évêques, en vertu d'une ancienne tradition confirmée par le pape Urbain II, se considéraient comme les doyens de la province et dans toutes les cérémonies prenaient le pas sur les autres évêques d'Aquitaine. Selon le même auteur, au xiii^ s., l'évêque

M ONT

Hugues de !a Tour, appuyé par son chapitre, aurait même refusé de reconnaître l'autorité de l'archevêque, sous prétexte que les évèques de Clermont ne relevaient que du pape.

L'étendue du diocèse ne fut i)as modifiée jusqu'au xiv« s. Mais, le 22 févr. 1318, le pape Jean XXII lui enleva 295 paroisses environ, pour former le nouveau diocèse de S.-Flour qui comprit les archiprêtrés de Filesle, de S.-Flour, d'Aurillac, de Brioude et de Langeac. Cependant le diocèse de Clermont, bien qu'amputé d'une partie de la Haute-Auvergne, n'en garda pas moins la prépondérance dans la région.

Quelques années avant la Révolution, une nouvelle atteinte faillit être portée à son étendue. Le 17 avril 1788, Louis XVI ordonna l'érection d'un évêché à .Moulins, ville qui faisait partie du diocèse d'Autun. Cette mesure, qui avait reçu l'assentiment des deux évèques d'Autun et de Clermont, était liée sans doute à l'établissement de l'Assemblée i)rovinciale qui fonctionnait en Bourbonnais depuis 1787. L'évêque désigné était l'abbé des Gallois de la Tour, doyen du chapitre de Moulins. Le nouveau diocèse prenait 80 paroisses à celui de Clermont. Le reste était coiîstitué par des emprunts aux diocèses de Bourges et d'Autun.

Mais la Révolution rendit cette décision sans portée. La Constitution civile du clergé votée par l'Assemblée Constituante le 12 juill. 1790, posait le principe d'un évêché par département. L'évêché de Clermont fut maintenu, mais réduit au département du Puy-de- Dôme. Il faisait partie de l'arr. ecclésiastique du Sud- Est, dont la métropole était Lyon. L'oratorien Jean- I-"rançois Périer, ancien supérieur du collège militaire d'EfTiat, fut élu évêque constitutionnel et sacré à Paris le 27 mars 1791. Il démissionna après la signature du Concordat de 1801 et fut nommé évêque d'Avignon.

Le concordat de 1801, tout en maintenant le principe d'un évêché par département, rétablit 10 archevêchés et rendit Clermont à la métropole de Bourges.

IL Le Chapitre cathédral. — C'est, dit-on, au ix« s. que les prêtres et clercs qui desservaient la cathédrale furent groupés par l'évêque Stabilis en un chapitre pour mener la vie commune; et à l'ombre de la cathédrale s'élevèrent un dortoir, un réfectoire, un cloître et une salle capitulaire. Puis, en 10G6, une réforme intervint. Les chanoines cessèrent de mener la vie commune et se sécularisèrent. La mense capitulaire fut divisée en prébendes. Cependant certains chanoines refusèrent d'accepter la sécularisation et restèrent fidèles à la règle de S. Augustin. Ils allèrent .s'établir, pour y continuer de mener la vie commune, dans l'ancienne abbaye de Chaiitoin que l'évêque leur abandonna.

Sous l'épiscopat de Robert d'Auvergne, une bulle du pape Innocent III fixa le nombre des prébendes canoniales à quarante; mais il n'y eut jamais plus de 36 chanoines. Trente étaient dits libres ou francs, parce qu'ils ne s'engageaient pas à recevoir la prêtrise dans un délai donné et qu'ils n'étaient pas astreints à la résidence. Au chapitre, ils avaient voix délibérative et droit de vote. Six prébendes sacerdotales étaient attribuées à des prêtres qui assuraient par roulement le service continu dans la cathédrale. Ils étaient assistés de nombreux choriers, simples clercs dont la présence rehaussait l'éclat des cérémonies. Les dignitaires du chapitre étaient le prévôt qui présidait les offices et les assemblées capitulaires, l'abbé qui avait dû être autrefois le chef du chapitre, au temps de la vie commune, le doyen, enfin le chantre qui, assisté du sous-chantre, dirigeait les cérémonies. Tous les ans, l'assemblée capitulaire distribuait les charges entre ses membres et désignait les deux juges, les deux bailes chargés de l'administration du temporel, les tré-

soriers, les gardes des reliques, les gardes des sceaux, un maître de l'édifice et un procureur des bâtiments (car le chapitre avait dans ses fonctions l'entretien et la construction de la cathédrale), deux auditeurs des comptes et un cellérier chargé des distributions en nature auxquelles les chanoines avaient droit. Des offices subalternes étaient confiés à des clercs : ainsi les offices du bâtonnier, chargé de la police de l'église, du sacristain, ou à des laïcs, comme les offices des sergents, du portier des portes de l'enceinte, du maître de la monnaie, etc. Mais il ne s'agissait plus guère que d'offices purement honorifiques, que cependant la bourgeoisie clermontoise recherchait volontiers.

Le chapitre cathédral avait été largement doté au cours des âges, soit par les évèques eux-mêmes, soit par les fidèles. Il possédait des biens fonciers en Limagne et dans la montagne, avec toute justice, ce qui faisait de lui un seigneur féodal et, comme l'évêque, il avait de nombreux vassaux. Les cens qu'il tirait de ses terres et les dîmes composaient l'essentiel de ses revenus. Il possédait également une quarantaine de cures disséminées dans le diocèse et dont les revenus étaient affectés à certaines dignités capitulaires. Les chanoines exerçaient également leur autorité sur bon nombre d'églises collégiales, soit que le chapitre ait été fondé par eux, comme c'était le cas pour S. -Pierre de Clermont ou pour le chapitre de Ste-Marie d'Herment, soit que ces chapitres, comme celui de N.-D.-du- Port, aient été réunis à la cathédrale.

Enfin, depuis le xi« s., il partageait avec l'évêque le droit de battre monnaie qui leur avait été concédé par un comte d'Auvergne. La monnaie clermontoise, frappée à l'eiTigie de Notre-Dame, patronne de la Cité, circula en Auvergne jusqu'au début du xiv« s. et disparut peu à peu.

Au Moyen .\ge, selon les peintures qui décorent encore la cathédrale, les chanoines portaient une longue robe rouge et une aumusse de petit gris.

Le chapitre de Clermont recrutait la plupart de ses membres parmi les cadets des familles nobles de la région ou parmi les membres de la bourgeoisie riche de la ville. Il défendait âprement son indépendance vis-à-vis du roi ou de l'évêque. Son importance grandissait à la mort de l'évêque, car alors il prenait en main la direction du diocèse, révoquait les officiers épiscopaux et en nommait d'autres jusqu'au jour où le roi exerçait son droit de régale. Jusqu'au concordat de 1516, les chanoines procédaient seuls à l'élection de l'évêque et, au xv s., on les vit à plusieurs reprises montrer une belle indépendance, en refusant d'élire le candidat royal ou de satisfaire aux exigences royales dans la collation des prébendes.

Mais les rapports de l'évêque et du chapitre furent particulièrement dilficiles au Moyen Age. L'évêque se considérait comme le maître absolu et le seigneur de la ville, où il avait toute justice, disait-il, haute, moyenne et basse, qu'il faisait exercer par le baile de la temporalité, assisté d'un lieutenant, d'un procureur et de sergents.

Le chapitre, de son côté, prétendait être son seul juge et avoir toute justice sur les choriers et ses familiers. Enfin il revendiquait la seigneurie de l'enclos des cinq portes. Sa cour de justice était installée dans la Tour de La Monnaie, siège et symbole de la puissance capitulaire. Des le xii'' s. des conflits sont signales au temps de l'évêque Aimeri, que les chanoines chassèrent de Clermont et qui fut obligé de demander l'appui du roi Louis VI. La paix fut rétablie, mais les chanoines imposèrent à l'évêque un serment dit « serment de l'évêque Aimeri ». que tous les évèques durent prêter à leur première entrée dans la cathédrale. L'évêque s'engageait à ne pas molester, ni battre, ni mutiler les chanoines, les choriers et les familiers, à ne

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pas détruire leurs maisons et à ne pas s'emparer de leurs biens. Les papes durent intervenir à maintes reprises. Par une bulle du 30 mai 1190, le pape Clément III plaça le chapitre sous la sauvegarde apostolique et interdit à quiconque d'excommunier ses membres. Élargissant la sauvegarde pontificale, le chapitre, dès le xm" s., se prétendit exempt de la juridiction épiscopale et les incidents se multiplièrent. En 1363, sous l'épiscopat de Jean de Mello, le pape Urbain V, qui avait été autrefois officiai de Clermont, et à ce titre avait eu maille à partir avec les chanoines, réduisit considérablement leurs privilèges et les soumit étroitement à l'autorité de l'évêque. Mais la bulle d'Urbain V ne ramena pas le calme dans l'Église de Clermont. Le conflit atteignit une rare violence sous l'épiscopat d'Henri de la Tour : les chanoines multipliaient les scènes scandaleuses en refusant d'assister aux offices présidés par l'évêque; le prélat, de son côté, fit un jour donner l'assaut à la Tour de la Monnaie. Les interventions du roi et du Parlement furent sans résultat. Le 20 mai 1443, le pape Eugène IV rétablit enfin le chapitre dans ses prérogatives et le rattacha directement au S. -Siège. Enfin l'évêque Jacques de Comborn, ancien prévôt du chapitre, conclut avec ses anciens collègues l'accord du 21 janvier 1447, qui réglait les limites des droits de l'évêque et du chapitre et qui semble avoir mis fin à cette lutte pénible.

Avec les habitants les occasions de conflit ne manquaient pas non plus. Le chapitre prétendait avoir le monopole de l'enseignement dans la ville, et c'est lui qui nommait le maître d'école. La municipalité manifestait la même prétention et, durant tout le xv<^ s., des procès furent engagés à ce sujet. D'autres conflits s'élevaient à propos de la garde et de l'entretien des remparts, charges auxquelles les chanoines refusaient de participer.

A partir du xvi« s., l'ordre ne paraît plus avoir été sérieusement troublé. L'évêque Jacques d'Amboise, en particulier, veilla au maintien de la discipline ecclésiastique. La réunion de Clermont au domaine des comtes d'Auvergne par Catherine de Médicis fit perdre au chapitre la seigneurie qu'il prétendait avoir sur l'enceinte des cinq portes.

Au xvi« s., on voit le chapitre lutter activement contre la propagande du protestantisme; et le théologal Pierre Fournier se distingua par ses efforts et son opposition aux doctrines nouvelles.

Au xvii« s., diverses mesures furent adoptées pour assurer la régularité du culte. Selon le chanoine Audigier, le chapitre était alors composé de 28 chanoines et de 12 semi-prébendés créés par la division des six prébendes sacerdotales. Les dignitaires étaient toujours le prévôt, l'abbé, le doyen et le chantre. L'Église de Clermont se faisait remarquer par la belle tenue de ses cérémonies et la valeur de sa maîtrise à laquelle S. François de Sales rendait un éclatant hommage. En 1790, les chanoines affirmaient leur « inviolable attachement à cette sainte religion dans laquelle ils voulaient vivre et mourir ». La Constitution civile du clergé supprima le chapitre de Clermont, dont les biens furent vendus à partir de janvier 1791. La plupart des chanoines refusèrent de prêter le serment civique et n'acceptèrent pas de figurer au nombre des 16 vicaires épiscopaux qui devaient aider le nouvel évêque constitutionnel dans l'administration du diocèse.

III. Chapitres. — Les paroisses de N.-D.-du-Port, S. -Pierre et S.-Genès, comme beaucoup d'autres églises d'Auvergne, étaient desservies avant la Révolution par des collèges de prêtres. On estime même que l'importance des grandes églises romanes d'Auvergne est due, dans bien des cas, à l'existence de ces chapitres.

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