‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 278 sur 282 · Chapitre de Notre-Daine-du-Porl. — Après le cha · texte numérisé non relu

Chapitre de Notre-Daine-du-Porl. — Après le cha

I pitre cathédral, le chapitre le plus important était celui de N.-D.-du-Port qui, sans doute, fut établi au x« s. sous l'épiscopat d'Étienne II. Il fut réorganisé par une bulle du pape Eugène IV en 1439, puis en 1520 par l'évêque Thomas Duprat. Il se composait de 14 chanoines dont 4 chanoines sacerdotaux ou hebdomadiers qui, à tour de rôle, assuraient le ser-

j vice de l'église pendant une semaine. Les prébendes étaient attribuées par l'évêque sur présentation du chapitre. Il ne comprenait que deux dignitaires : le doyen et le chantre. Jusqu'au xvi« s., le doyen avait le privilège d'assister aux grandes fêtes, couvert d'une armure et le faucon au poing. Enfin les chanoines étaient assistés de choriers. Le chapitre présentait le curé de la paroisse qui était institué par l'évêque. Chapitre de S. -Pierre. — Il avait été fondé par le

I chapitre cathédral dont il était une filiale. Cette création fut confirmée en 1242 par l'évêque Hugues de la Tour. Les chanoines de S. -Pierre payaient une redevance de 25 1. au chapitre cathédral qui nommait le doyen et recevait son serment de fidélité. Le chapitre comprenait 12 chanoines dirigé par un doyen.

Chapitre de S.-Gertès. — Cette paroisse aurait eu comme origine une église fondée par S. Genès, placée sous le patronage de S. Symphorien. Elle prit en 1090 le nom de son fondateur dont elle conservait le tombeau. On ignore à quelle époque elle commença à être desservie par un chapitre. On sait seulement que ce chapitre se composait de 11 chanoines dirigés par un abbé et qu'il devait témoigner une certaine déférence au chapitre cathédral.

IV. Abbayes. — Abbaye de S.-Allyre. — Elle devait son origine au viens christianorum. Là se trouvaient de nombreux édifices religieux, dont Grégoire de Tours nous a laissé l'énumération. Parmi eux, le plus célèbre

I était l'église de N.-D. -Entre-Saints que l'évêque S.

I Allyre aurait fait construire. Il l'aurait ensuite enrichie d'une relique de S. Clément et il l'aurait choisie pour lieu de sa sépulture. L'église aurait alors pris le nom de S. Allyre, qu'elle portait à l'époque mérovingienne. C'était alors une abbaye bénédictine. Selon une tradition, elle aurait été détruite par les Normands en 916, puis rétablie au cours du s. L'église nouvelle aurait été consacrée par Pascal II en 1106. Cette abbaye donna naissance à une agglomération qui demeura distincte de la ville de Clermont et dont l'abbé avait la seigneurie. Les abbés d'ailleurs surent défendre leur indépendance vis-à-vis de l'évêque et vis-à-vis du roi. Au xiv« s., quand la région fut menacée par les incursions des bandes de routiers, l'abbaye de S.-Allyre s'entoura de murailles et prit l'allure d'une véritable forteresse. La réforme bénédictine de S. Maur y fut introduite à partir de 1636 par une bulle pontificale et par des lettres patentes de Louis XIII. Il n'y avait plus à ce moment que 10 religieux. Les bâtiments de l'abbaye furent à peu près complètement détruits pendant la Révolution. Il ne subsiste que quelques témoins des remparts et la chapelle S.-Vénérand d'époque mérovingienne, le plus ancien monument religieux de Clermont.

Abbaye de Chantoin. — Selon Grégoire de Tours, il y aurait eu primitivement, au lieu dit Cantobene, sur la chaussée de Claudius, le long du ruisseau de la Tiretaine, une crypte où le successeur de S. Austremoine, Urbicus, aurait été enseveli. L'évêque S. Genès, au vii« s., y établit un couvent de religieuses qui, après une période de prospérité, aurait été pillé par les Sarrasins, dit-on, et aurait ensuite décliné. A la fin du XH" s., quand le chapitre cathédral se sécularisa, certains chanoines qui refusèrent de renoncer à la vie commune, dirigés par le pénitencier Aldefred, se retirèrent en 1199 à Chantoin, que l'évêque Robert

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d'Auvergne leur abandonna. La dalle funéraire d'Aldefred est encore conservée dans l'église actuelle. A partir du xv« s., les abus de la commende ruinèrent la communauté et, en 1G33, l'évêque Joachim d'Estaing y installa les carmes déchaux. Incendié en 1699, le couvent fut rebâti peu après et, au xviii« s., on édifia la disgracieuse chapelle qui existe encore. Les carmes déchaux disparurent à la Révolution. Les bâtiments furent occupés au xix« s. par les missionnaires diocésains, puis l'église devint église paroissiale. Les bâtiments conventuels, incorporés aux usines Michelin, disparurent. En 1825, l'enclos des Carmes avait été transformé en cimetière. Dans l'église est conservé un remarquable sarcophage chrétien d'époque galloromaine, un des seuls qui subsistent. -

Abbaye de S.-André. — L'ordre des Prémontrés fut installé en 1149 par Guillaume VII, comte d'Auvergne, qui fonda pour lui l'abbaye de S.-André, dans la plaine qui s'étend entre le bourg de Chamalières et Clermont. L'abbaye fut enrichie par les descendants de son fondateur, les Dauphins d'Auvergne, dont elle devint le lieu de sépulture. Elle dura jusqu'à la Révolution qui la supprima et la détruisit. Aucun vestige n'en subsiste.

V. Couvents. — 1° Couvents d'hommes. — Les Cordeliers. — Les franciscains arrivèrent à Clermont dès le début du xiii<' s. Ils s'installèrent d'abord en dehors de la ville, sur le chemin de Royat, où ils construisirent une petite chapelle, dite de Beaurepaire, qui existe encore. Puis Bernard, seigneur de la Tour, leur céda un emplacement qui lui appartenait, tout à proximité de la ville, sur la pente ouest. Ils y construisirent leur couvent qui, au xiv^ s., fut compris à l'intérieur de la nouvelle enceinte. L'établissement prospéra pendant tout le Moyen Age, grâce à l'appui des évêques, en particulier de Jacques de Comîjorn. L'emplacement est occupé actuellement par la Préfecture.

Les Jacobins. — Leur établissement à Clermont daterait de l'épiscopat de Robert d'Auvergne aux environs de 1218. Il paraît plus probable d'admettre que les dominicains n'arrivèrent pas ici avant 1230. Leur église fut consacrée en 1249. Très prospère et richement doté, le couvent aurait abrité une centaine de frères. On le désignait sous le nom de « couvent des cent frères ,». Puis il vit sa prospérité décroître. Au xvi« s., il ne comptait plus que 8 religieux.

Les Carmes. — Les carmes furent introduits à Clermont en 1288 et installés sur la paroisse S.-Genès, dont le chapitre entra en conflit avec eux. Ils se maintinrent cependant grâce à l'appui des évêques. C'est Jacques de Comborn qui aurait contribué efhcacement à la construction de leur cloître, du réfectoire et du dortoir. En 1736, ils comptaient encore 11 religieux. Leur église est devenue l'église actuelle de S.-Genès-des- Carmes.

Au xvii^ s., à la suite de la réforme catholique, on vit s'établir à Clermont un nombre imposant de nouvelles communautés religieuses. Les évêques Joachim et Louis d'Estaing contribuèrent très fortement à favoriser leur développement.

Les Augustins déchaussés, dont la réforme avait été accomplie en Portugal et en Espagne par le P. Thomas de Jésus et confirmée par le pape Sixte-Quint en 1588, avaient pénétré en France dès 1596. Ils furent établis à Clermont par l'évêque Louis d'Estaing en 1656, avec l'appui de la municipalité, et dotés d'un terrain situé à l'emplacement du square Biaise-Pascal, le long des remparts, au nord de la ville.

Les Capucins furent installés à Clermont en 1610 par les soins de Jacqueline de La Fayette, qui leur fit construire un couvent en dehors de la ville, près de l'actuel Cours Sablon. En 1727, ils comptaient 20 religieux. Ils disparurent à la Révolution et ne revinrent à Clermont qu'en 1856.

Les Minimes. — En dépit de l'opposition du chapitre cathédral et des autres ordres religieux, la municipalité de Clermont obtint leur établissement en 1625. Un terrain, le long de la place de Jaude, leur fut concédé, où ils construisirent leur couvent. Leur église, commencée en 1630, subsiste encore.

L'Oratoire. — Les pères de l'Oratoire vinrent à Clermont en 1617, appelés par l'évêque Joachim d'Estaing. Ils commencèrent à construire leur maison en 1642 sur les pentes est de la ville. Mais ils n'eurent pas la même importance dans la province que les Oratoriens de Riom. Ils ne purent garder la direction du collège qui passa aux mains des jésuites en 1663.

Les Jésuites s'installèrent d'abord à Montferrand; puis, en 1663, ils furent appelés par la municipalité qui leur confia la direction du collège, malgré l'opposition d'une partie de la haute bourgeoisie clermontoise qui était pénétrée fortement par les doctrines jansénistes.

Les Frères de S.-Jean-de-Dieu avaient été introduits en France dès 1601; ils ne pénétrèrent à Clermont qu'en 1696, sous l'épiscopat de Bochart de Saron.

2° Communautés de femmes. — Les Clarisses. — Elles durent leur établissement à Clermont à Aliénor de BafTie, femme de Robert V, comte de Boulogne et d'Auvergne au xni« s. L'évêque Gui de la Tour leur céda en 1280 l'église S. -Jean-Baptiste à proximité de S.-Allyre. Elles étaient dites clarisses « urbanistes • parce qu'elles suivaient la règle de S. François réformée et adoucie par Urbain TV en 1264. Leur abbesse était nommée par le roi. Au xvi« s., leur couvent fut incendié à plusieurs reprises. Au xvni« s., leurs revenus étaient si insuffisants qu'elles furent réunies aux bénédictines de Pontgibaud et disparurent à la Révolution.

Les Bénédictines. — • L'ordre des Bénédictines réformées de Ste-Scholastique de Billom avait été fondé en 1650. La même année, la prieure de Billom créa une nouvelle maison à Clermont, qui, au début du xvin= s., comprenait 32 sœurs, 2 converses et 3 novices.

Les Bernardines. — Venues de Lyon, elles s'installèrent à Clermont en 1647, au lieu dit la Croix Morel. Elles n'eurent jamais un très grand développement et, en 1783, leurs revenus étant insuffisants, on pensa à les supprimer. Elles subsistèrent cependant jusqu'à la Révolution.

Les Bernardines de l'Éclache. — Il existait, depuis le xiii^ s., à l'Éclache, près d'Herment, un couvent de l'ordre de Cîteaux qui, au xvi^ s., était tombé en pleine décadence. Au xvii» s., l'évêque Joachim d'Estaing décida son transfert à Clermont.

Le Bon Pasteur. — ■ En 1666, un chanoine du chapitre cathédral, Claude Laborieux, aidé de quelques personnes pieuses de la ville, résolut de fonder une maison de refuge pour les filles repenties sur le modèle du Refuge qui fonctionnait à Angers depuis 1646. Le projet fut réalisé en 1674. Le refuge fut d'abord confié à des gouvernantes laïques qui reçurent non seulement, des pénitentes, mais aussi des jeunes filles de la ville, à qui elles enseignaient la lecture, l'écriture et la couture. En 1725, le Refuge fut confié aux hospitalières de S. -Joseph de Vienne qui finirent par fonder un véritable pensionnat. Des bourses étaient attribuées aux jeunes filles pauvres; mais il était entendu qu'aucune différence, sous aucun prétexte, ne devait distinguer les boursières des autres pensionnaires. Le Refuge connut un tel succès qu'il fallut bientôt l'agrandir en 1764. Sans renoncer d'ailleurs à sa destination primitive, le Bon Pasteur était devenu un véritable établissement d'enseignement.

Les Hospitalières augustines de Loches. — L'ordre, fondé au début du xvii« s., fut appelé à Clermon en 1642, sur l'initiative de M. de Ribeyre, lieutenan général au présidial de Clermont, pour soigner le

malades de l'Hôtel-Dieu. Clerniont et Kioni seraient d'ailleurs les deux premières villes de France qui firent appel à leurs services. Mais à Clermont on reprocha bientôt aux hospitalières de négliger leur rôle d'infirmières pour se consacrer plus volontiers à l'éducation des jeunes filles, et de vives critiques s'élevèrent contre elles à ce sujet, aux Grands Jours de Clermont en 1665. A la fin du xvii« s., elles avaient construit une maison importante, occupée actuellement par la .Manutention militaire, où elles devaient réserver 9 lits pour les malades.

Les Ursulines firent leur apparition à Clermont en 1616. Un peu auparavant, trois femmes de condition modeste, Anne Laurens, Marguerite Richard et Marie Froissard, avaient résolu de fonder une communauté pour se consacrer à l'enseignement des jeunes filles de la ville. Elles furent encouragées par un chanoine de la cathédrale, Pierre Torrillon, qui mit à leur tête sa nièce, Antoinette Micolon, qui avait fondé à Tulle une communauté d'ursulines; et il mit à leur disposition une maison qu'il possédait dans la paroisse du Port. La fondation fut approuvée par le Conseil de Ville, en 1616, et la petite communauté adopta la règle de Ste L^rsule. Ses débuts furent d'abord difficiles. Mais, à partir de 1623, les Ursulines furent en état d'entreprendre de vastes constructions. Au début du xyiii^ s., leur communauté comptait 80 religieuses et elles étaient mises sous la direction des pères de l'Oratoire. Dès 1637, les ursulines de Clermont avaient installé une autre maison à Montferrand, puis une autre à Aigueperse en 1651. Après la Révolution qui les dispersa, les ursulines revinrent à Clermont en 1807 et s'installèrent dans l'ancienne abbaye de S.-Allyre.

Les Visitandines possédaient déjà un couvent à Montferrand, quand, sur l'initiative de M. de Champflour, conseiller à la Cour des Aides, la ville de Clermont demanda aux visitandines de Montferrand de lui envoyer des religieuses. En 1649, neuf religieuses arrivèrent à Clermont, où M. de Champfiour mit à leur disposition une maison qu'il possédait, rue du Port. En 1651, elles purent acquérir un enclos et faire construire. Au début du xviiie s., la communauté était en pleine prospérité. Dispersées à la Révolution, elles furent réinstallées à Clermont, en 1824, dans l'ancien couvent des Jacobins.

Enfin il faut signaler, parmi les autres communautés qui furent introduites à Clermont au xvii« et au xviii« s. : les Sœurs de la Charité chrétienne, qui, au nombre de deux d'abord, s'installèrent dans la paroisse S.-Genès en 1702. Très populaires, on les désignait sous le nom de Sœurs de S.-Genès. Elles arrivèrent à se maintenir en vêtements laïcs après 1793;

— les Sœurs de Nevers, dont la fondation remontait à 1680, vinrent à Clermont dès 1703. Elles furent rétablies en 1820.

Depuis le Concordat de 1801, Clermont vit apparaître d'autres fondations : les Frères de la Doctrine chrétienne, introduits en 1817; — les Sœurs hospitalières de la miséricorde, dont la maison mère était établie à Billom en 1806 et qui vinrent à Clermont en 1836; — les Sœurs de Ste-Marie-de-l' Assomption en 1836; — les Sœurs de N.-D. du Bon Secours en 1840;

— les Sœurs du Sauveur et de la Ste Vierge en 1846; — les Petites sœurs des pauvres en 1861; — les Sœurs de r Immaculée Conception en 1864.

VL Les Séminaires. — En 1654, l'évêque Louis d'Estaing décida de fonder un séminaire dans son diocèse. L'année suivante, il s'entendit avec le Père Jean- Jacques Olier, qui vint conférer avec lui à Clermont. En 1656, le séminaire fut confié aux sulpiciens et établi officiellement dans l'ancien prieuré de S.- Férréol qui dépendait de l'abbaye de S.-Allyre. Le 15 janv. 1659, il fut uni à la congrégation de S.-Sul-

pice. A sa mort, en 1684, Louis d'Estaing lui laissa la moitié de ses biens et voulut y avoir sa sépulture. Son successeur, l'évêque Gilbert de Veny d'Arbouze, continua son œuvre et enrichit le séminaire d'importantes donations. Le supérieur était choisi par les prêtres qui composaient le séminaire et avec qui il vivait en communauté.

En 1712, les prêtres du grand séminaire voulurent fonder une école préparatoire, dite école de philosophie, qui devint le petit séminaire et qui fut établie à proximité du grand en 1714. L'évêque Massillon y organisa l'enseignement de la philosophie et y créa l'enseignement de la physique. Puis il fut décidé que le petit séminaire aurait des professeurs particuliers, mais il continua à être dirigé par les prêtres de S.- Sulpice.

En 1750, les bâtiments du petit séminaire étant devenus insuffisants, des constructions nouvelles furent entreprises à l'est de la ville. Finalement, les nouveaux bâtiments furent réservés au grand séminaire, dont le petit occupa l'ancienne place. Tous deux furent supprimés à la Révolution. En 1791, il y avait une centaine de séminaristes et huit professeurs.

VIL Le Collège et l'Instruction publique. — Les écoles de Clermont qui, à l'époque gallo-romaine, avaient eu une certaine réputation, s'il faut en croire Sidoine Apollinaire, disparurent dans la tourmente des invasions barbares. Plus tard, dès l'époque mérovingienne, on vit apparaître une école cathédrale dirigée par l'écolâtre du chapitre. Quand, à la fin du xn« s., les chanoines, obstinés à mener la vie commune, se furent retirés au monastère de Chantoin, ils continuèrent à donner l'enseignement.

De son côté, le chapitre cathédral n'avait pas abandonné complètement ses prérogatives en cette matière. Il entretenait à Clermont une école, où les rudiments étaient enseignés. Mais, dès le début du xv« s., la municipalité entreprit de lui faire concurrence. Elle nomma un maître d'école et loua un local pour apprendre la grammaire aux petits enfants de la ville. Ces prétentions contradictoires furent la source de nombreux confiits. En 1467, une sentence rendue par l'official du Puy, Pierre Odin, donna gain de cause au chapitre, qui seul eut le droit de désigner le maître d'école. Quant à l'enseignement de la théologie, il était assuré par les dominicains dans leur couvent; et leurs élèves, grâce aux bourses fournies par la ville, complétaient leur instruction auprès de l'Université de Paris.

Or, aux environs de Clermont, le chapitre de S.- Cerneuf de Billom avait, au cours du Âloyen Age, transformé son école canoniale en une véritable uni-

I versité, qui fonctionna avec un certain succès jusqu'au xv« s. Puis, à ce moment, faute de ressources, elle disparut. Vers 1480, Jean de Doyat, gouverneur de l'Auvergne, pensa doter Clermont d'un véritable enseignement du droit civil, du droit canonique et des humanités. La mort de Louis XI, en 1483, entraîna la

î chute de Jean de Doyat et le projet fut abandonné.

( Il fut repris, au début du xvi^ s., par l'évêque Thomas Duprat qui voulut créer une université à Issoire en 1519. Bien qu'approuvé par le roi et par le pape, ce projet échoua. Puis Guillaume Duprat voulut introduire les jésuites en Auvergne. Il tenta de fonder un collège à Issoire; mais la mauvaise volonté des habitants le força à y renoncer. Il installa alors un collège à Billom en 1555. Ce serait le premier collège français dont les jésuites auraient assumé la direction. En 1580, les bâtiments étaient complètement terminés. Mais les jésuites se trouvèrent bientôt compromis dans la Ligue et en 1595, ils furent expulsés. Le collège de Billom se maintint cependant et, en 1604, les jésuites s'y réinstallèrent.

I A Clermont, pourtant, l'école canoniale fonction-

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liait toujours. En 1576, la municipalité, malgré l'opposition du chapitre cathédral, parvint à son tour à fonder un collège dont les régents furent demandés à l'Université de Paris. Le collège prospéra. En 1614, le chanoine Michel Paschon le dota même d'une chaire de philosophie. Mais, en 1630, à la suite de l'édit d'union qui rattachait à Clermont, le collège de Clermont fut transféré à Montferrand et confié aux jésuites : ils l'installèrent dans les anciens locaux de la Cour des Aides, qui avait été transportée à Clermont.

L'histoire du collège, au cours du xvii= s., est liée à la lutte entre jésuites et jansénistes, qui furent, on le sait, particulièrement actifs à Clermont. L'évêque, Joachim d'Estaing, était adversaire des jésuites. Grâce à ses efforts, à ceux de son chapitre et de la municipalité, l'enseignement continua à être donné au cheflieu du diocèse. On tenta même d'y établir les oratoriens, dont le collège de Riom connaissait un grand succès. Mais l'opposition des jésuites ne permit pas aux oratoriens d'enseigner à Clermont la philosophie et les humanités; et le collège, maintenu, ne pouvait avoir que des classes de grammaire. Pourtant de nombreuses voix s'élevaient pour réclamer le transfert du collège de Montferrand à Clermont, ce qui aurait eu pour conséquence l'établissement des jésuites dans la ville. Sur ce point le chapitre cathédral manifestait une violente opposition, soutenu par les éléments jansénistes parmi lesquels se faisait remarquer Domat, avocat du roi au présidial de Clermont. Finalement, en 1662, un arrêt du Conseil du Roi permit au jésuites de quitter Montferrand et d'installer leur collège à Clermont. Le 22 janv. 1663, en dépit des résistances, l'intendant de la province procéda à l'installation officielle. En 1675, les jésuites entreprirent la construction d'un vaste bâtiment, dont l'emploi de la pierre de Volvic accroît encore l'austérité, mais qui, à l'époque, passa pour un des plus beaux monuments de la ville. Il est occupé actuellement par le lycée Biaise-Pascal.

Sous la direction des jésuites, le collège de Clermont prospéra. En 1741, il comptait un millier d'élèves, presque tous externes. Mais la suppression de la Compagnie de Jésus, en 1762, remit le collège à la charge de la municipalité qui chercha des professeurs parmi les prêtres séculiers de la région. Le nombre des élèves tomba à 500 à peine. Puis la situation s'améliora. En 1767, l'évêque, Mgr de la Garlaye, y créa un enseignement de la théologie.

A la fin du xviii^ s., sur l'initiative de particuliers, de j nouveaux enseignements étaient fondés à Clermont. En 1781, le chirurgien Clédières organisait un cours de physique expérimentale; l'abbé Delarbre ouvrait un cours de botanique en 1782; l'archiviste de l'abbaye de S.-Allyre, Cirand, enseignait les mathématiques. L'enseignement des jeunes filles était entre les mains des ursulines ou des hospitalières du Bon Pasteur.

Puis la Révolution arriva. Les professeurs ecclésiastiques refusèrent pour la plupart de prêter le serment civique et se dispersèrent. En 1793, la Convention établit à Clermont un Institut national qui, après avoir mené une vie précaire, fut remplacé, le 1<" prairial an IV, par une École centrale qui, à son tour, céda la place au lycée créé en 1803.

Enfin, le 10 mai 1806, Napoléon I" fit de Clermont le siège d'une académie qui fut définitivement organisée en 1806. En 1807, le gouvernement avait autorisé la création d'une École préparatoire de médecine et de pharmacie, qui prenait la place du collège de médecine dont les origines remontaient à 1681 et dont les membres, depuis 1746, avaient le droit de donner des cours. En 1810, Napoléon l" établit à Clermont une Faculté des lettres qui disparut en 1815. Le ressort académique cessa lui-même d'exister en 1848.

Il fut rétabli en 1854 et, la même année, par décret du 22 août. Napoléon III créait à Clermont une Faculté des lettres et une Faculté des sciences.

VIII. Conciles tenus a Clermont. — 535 : concilium Arvernense tenu le 8 nov. avec l'autorisation de Théodebert, roi d'Austrasie, et présidé par Honorât, archevêque de Bourges. Il réunit 15 évêques et renouvelle un certain nombre de prescriptions de conciles antérieurs sur la discipline ecclésiastique, le célibat des prêtres, l'élection des évêques. — Entre 585 et 588 : concile provincial présidé par Sulpice, archevêque de Bourges, pour régler un différend qui s'était élevé entre l'évêque de Rodez et celui de Cahors sur la délimitation de leurs diocèses respectifs. — 1077 : concile tenu par le légat pontifical, Hugues de Die. — 1095 : concile tenu par le pape Urbain II, du 18 au 28 nov., où sont renouvelées un certain nombre de prescriptions contre l'investiture laïque, sur le célibat des prêtres, la trêve de Dieu. Le pape y prêche la première croisade. — 1109 : concile tenu par le légat pontifical, Richard, évêque d'Albano, pour punir quelques moines de l'abbaye de S.-Pierre-le-Vif de Sens, coupables d'avoir commis un sacrilège dans l'église de Mauriac qui dépendait de leur abbaye. — 1130, 18 nov. : concile tenu par Innocent II sur le schisme d'Anaclet; on y édicté 13 canons contre les prêtres simoniaques, sur la discipline ecclésiastique et sur la trêve de Dieu. — 1162 : un concile aurait été tenu à cette date par le pape Alexandre III qui y excommunia l'antipape Victor IV et l'empereur Frédéric Barberousse. — 1264 : concile présidé par le cardinal légat, Simon de Ste-Cécile, pour l'octroi d'un subside en faveur de Charles d'Anjou. — 1268 oct. : concile diocésain réuni par l'évêque de Clermont, Gui de la Tour.

— 1296, 5 mars : concile provincial à propos des subsides demandés par Philippe le Bel. — 1319 : concile provincial réuni pour fixer les limites du nouveau diocèse de S.-Flour et régler le confiit entre l'évêque de Clermont et son chapitre. — 1418 : concile tenu au couvent des Jacobins. — 1850 nov. : concile provincial tenu à Clermont sur la discipline ecclésiastique et la condamnation de certaines erreurs modernes.

IX. Liste des évêques. — 1. Stremonius (S. Austremoine), fondateur de l'Église d'Auvergne début du iv« siècle. — 2. Urbicus. — 3. Legonius. — 4. Illidius (S. Allyre), t vers 384. — - 5. Nepotianus. — 6. Artemius. — 7. Venerand. — 8. Rusticus. — 9. Namatius, constructeur de la première cathédrale. — 10. Eparchius. — 11. Sidoine Apollinaire, 469-479. — 12. Abrunculus. — 13. Eufrasius, assiste au concile d'Orléans en 511, t V. 515. — 14. Apollinaire, fils de Sidoine, ne siège que quelques mois. — 15. Quintien, évêque de Rodez, puis d'Auvergne, j v. 525. — 16. Gallus, t le 14 mai 551. — 17. Cautinus, t 571. — 18. Avitus, t V. 592. — 19. Caesarius, signalé en 627. — 20. Gallus II. — 21. Genesius, signalé en 656. — 22. Gyroindus, signalé en 660. — 23. Félix. — ■ 24. Garivaldus.

— 25. Praegectus (S. Priest ou S. Prix), massacré à Volvic le 25 janv. 676. — 26. Avitus II, aurait siégé de 676 à 691. — 27. Bonitus, frère d'Avitus IL — 28. Nordebertus. — 29. Proculus. — 30. Stephanus, siégeait au temps de la prise de Clermont par Pépin le Bref en 761. — 31. Adebertus, signalé en 785. — 32. Stabilis, signalé en 823 et en 860. — 33. Sigon, renversé par le comte d'Auvergne en 862. — 34. Agilmarus, signalé en 875 et 891. — 35. Adalard, signalé en 910. — 36. Arnold, v. 912. — 37. Bernard. — 38. Étienne II, v. 945, t 976. — 39. Begon, entre 980 et 1010. — 40. Étienne III, serait mort en 1013. — 41. Étienne IV, siège entre 1016 et 1025. — 42. Rencon, vers 1028, t en 1052. — 43. Étienne V de Polignac, signalé en 1053. — 44. Guillaume de Chamalières, 1073- 1076. — 45. Durand, 1077, f le 18 nov. 1095. — 46.

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