‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 280 sur 282 · C LE V EL AND · texte numérisé non relu

C LE V EL AND

élèves ont gardé le souvenir de ses cours, très documentés, mais le plus souvent improvisés dans la forme et parfois agrémentés de métaphores dont l'incohérence réjouissait ses jeunes auditeurs. Nommé professeur titulaire en 1909, le chanoine Clerval se vit obligé, l'année suivante, d'abandonner la Maîtrise de Chartres pour se donner entièrement aux études et à l'enseignement. Il mourut à Paris, après une très courte maladie, le 26 oct. 1918, âgé seulement de cinquante-neuf ans. Conformément à ses dernières volontés, il fut inhumé à Chartres, « en vue de la chère cathédrale ».

Ce sont des recherches d'histoire locale, entreprises par l'abbé Clerval au début de sa carrière d'érudit, qui l'ont amené à traiter, peu après, des sujets d'une plus vaste envergure. Membre de la Société archéologique d'Eure-et-Loir en 1883, il y donnait lecture en 1886 d'un travail sur une bulle inédite de Nicolas IV adressée au chapitre de Chartres; ce travail fut publié dans les Mémoires de la Société. Un peu plus tard, en 1888, ayant étudié à la bibliothèque de la ville le ms. de V Heptalcuchon de Thierry de Chartres, il présentait au Congrès scientifique international des catholiques un mémoire sur L'enseignement des arts libéraux à Chartres et à Paris dans la première moitié du Xii" s., première ébauche de la thèse sur Les écoles de Chartres au Moyen Age (1895), qui devait, quelques années plus tard, le faire connaître au monde savant. A la même époque, il collaborait aux Analecta Bollandiana en y publiant les Translationes sancti Aniani Carnolensis episcopi. Le Calalogus codicum hagiographicorum latinorum bibliothecae publicae civitatis Carnotcnsis, bien qu'il ne porte pas son nom, est probablement de lui; en tout cas, il y a collaboré. Ne pouvant donner ici la longue liste de ses œuvres ou opuscules d'histoire locale, articles, discours publiés pour la plupart dans j le Bulletin de la Société archéologique d'Eure-et-Loir ou La voix de N.-D. de Chartres, nous nous bornerons à mentionner les suivants : Un ms. chartrain du XI" s. (1893), en coUab. avec R. Merlet; L'ancienne Maîtrise de N.-D. de Cliarlres (1899); L'Œuvre des clercs de N.-D. de Chartres (1910). Sa thèse latine sur Josse Clichtoue (De Jodoci Clichtovei vita et operibus, 1894), bien que consacrée à un chanoine de Chartres, est une contribution à l'histoire religieuse du xvi^ s. et prélude aux travaux qui l'occupaient lorsque la mort le surprit. Il venait alors de publier le premier volume des Procès-verbaux de la faculté de théologie de Paris (1917).

On s'est étonné de rencontrer dans certains écrits du chanoine Clerval des passages jugés indignes d'un historien de sa valeur (voir D. A. C. L., m, 1030). La chose s'explique, sans peut-être se justifier, lorsqu'on sait que l'auteur, professeur érudit, était en même temps directeur d'une œuvre vivant en grande partie d'un pèlerinage, ce qui l'a amené à écrire de petits livres de vulgarisation et même à signer des pages dont il n'était pas l'auteur.

Nous ne reviendrons pas ici sur son œuvre maîtresse, Les écoles de Chartres au Moyen Age, ayant eu, en un autre endroit du présent Dictionnaire (Chartres, .Écoles), l'occasion d'en parler. Elle n'est pas sans défauts. On peut y relever quelques bévues assez fortes, dénotant une rédaction rapide, par ex. (p. 447) la traduction des mots dux Bituriccncis par duc de... Béziers (1). Ailleurs (p. 409), l'A. oublie qu'en 1328 la Curie romaine était à Avignon, et non pas à Rome. Certains passages datent déjà, car, depuis cinquante ans, la philosophie du Moyen Age a été l'objet de travaux qui l'ont fait mieux connaître. Il n'en est pas moins vrai que le livre, s'il appelle des corrections, est de ceux qu'il n'y aura pas lieu de refaire, car il a été composé d'après les sources. On ne peut que souscrire

à ces lignes qu'adressait au jeune docteur un de ses examinateurs : « Quand on voudra désormais faire une histoire complète du Moyen Age, il faudra consulter votre ouvrage qui restera comme un monument sérieux. »

Notice biogr. par le chan. François dans les Procès-verbaux de la Soc. archéol. d'Eure-et-Loir, xiv, 16-24. — Autre notice dans La voix de N.-D. de Chartres, 1918, suppl., 287-290.

Y. Delaporte. CLERVAUX (S.-Maurice, depuis 1926, également S.-Maur), Clerf, Gd-Duché de Luxembourg, abbaye de bénédictins de la congrégation de Solesmes. — Ce monastère succéda à celui de S.-Maur de Glanfeuil, restauré par Solesmes en 1890, exilé en 1901 à Baronville, prov. de Namur, transféré à Clervaux le 3 mai 1909.

Depuis 1910, Clervaux est le siège de l'Lînion de prières pour les peuples Scandinaves. Sous l'impulsion du pape Pie XI, en 1933, il fonda à Rome l'abbaye de S. -Jérôme, chargée de l'étude critique et de l'édition du texte de la Vulgate.

Acta Apost. Sedis, i, 1909, p. 482-483; ii, 1910, p. 187- -189. — Annales O. S. B., 1933, 201-04. — L. T. K., ii,

R. Vax Doren.

CLET (Saint), pape. Voir Anaclet, D. H. G. E., Il, 1407-08.

CLET (Saint), vénéré à Tivoli (Tibur), le 25 oct. Jadis un hôpital y était dédié à son nom, et ses reliques y sont encore conservées. Il fut identifié, mais sans preuves, avec le maître de S. -Pierre de Trevi [Spolète], t V. 1050.

A. S., août, VI, 641; cet., xi, 712-13. — Moroni, lx.xvi,

R. Van Doren.

CLEVELAND, diocèse des É.-U. d'Amérique, sulTragant de Cincinnati, érigé le 23 avr. 1847, à la demande du 6« concile provincial de Baltimore (1846) et comprenant actuellement huit comtés dans la partie nord-centrale de l'État d'Ohio. Ce territoire avait été visité dès 1749 par les jésuites Potier et Bonnecamp, venus de Québec, et, en 1751, par leur confrère de la Richardie, venu de Détroit pour évangéliser les Hurons; les jésuites ayant dû quitter la contrée, la mission subit une éclipse, jusqu'à ce que l'évêque de Bardstown, B. Flaget, pût y envoyer des dominicains (1817), dont le P. E. Fenwick, le futur évêque de Cincinnati. Ces religieux se retirèrent graduellement et cédèrent définitivement (1842) la place au clergé séculier. L'immigration massive de catholiques, surtout Allemands, rendit nécessaire une réorganisation diocésaine dans l'Ohio et l'ancien territoire du Nord-Ouest : l'érection du diocèse de Cleveland en fut le résultat. Démembré en 1910, par la fondation du diocèse de Toledo, il vit ses limites encore modifiées en 1922.

Évêques. — 1. L. Amédée Rappe, né à Andrehem (S.-Omer, Fr.) le 2 févr. 1801, arriva à Cincinnati V. 1840, sacré le 10 oct. 1847, résigna en 1870, pour aller vivre comme simple missionnaire dans le Vermont, t à S.-Albans le 8 sept. 1877. — 2. Richard Gilmour, né à Glasgow (Écosse) le 28 sept. 1824, embrassa le catholicisme à dix-neuf ans, prêtre le 30 août 1852, missionnaire dans le sud de l'Ohio et professeur au séminaire de Cincinnati, élu le 17 févr. 1872, t à S.-Augustine (Flor.) le 13 avr. 1891. — 3. Ignace F. Horstmann, né à Philadelphie le 16 déc. 1840, prêtre à Rome, le 10 juin 1865, professeur au séminaire S. -Charles, puis recteur de Ste-Marie à Philadelphie, sacré le 25 févr. 1892, f à Canton (Ohio), le 13 mai 1908. — 4. John P. Farrelly, né à Memphis

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