‹ Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiquesChapitre 32 sur 282 · CÉOS · texte numérisé non relu

CÉOS

CEOLFRID, saint anglais, abbé des monastères de Wearmouth et Jarrow (t 716). 11 naquit en 642, trouva sa formation ascétique dans le monastère de Gilling, et puis, invité par Wilfrid, il passa à Ripon où il devint prêtre en 669. En 674 le fondateur de l'abbaye de Wearmouth, Benedict Biscop, l'invita pour l'assister dans la fondation et le gouvernement de ce monastère célèbre. Plus tard, Ceolfrid fut promu au gouvernement des deux monastères de Wearmouth et de Jarrow où il avait comme disciple le Vén. Bède qui composa une Vie de Ceolfrid et en fit l'éloge dans son Histoire ecclésiastique. C'était sur l'ordre de Ceolfrid que Bède fut sacré prêtre. Promoteur zélé de l'unification des pratiques ascétiques et des rites liturgiques, Ceolfrid réussit à convertir plusieurs Irlandais, entre autres Adamnan, abbé d'Iona, à accepter la pâque et la tonsure romaines. A son instance, Nectan, roi des Pietés de l'Écosse, entreprit une réforme des rites dans son royaume et enjoignit à son clergé de se conformer aux dispositions conseillées par Ceolfrid. Après avoir bien établi une tradition monastique et ecclésiastique qui influença pendant longtemps l'Église d'Angleterre, Ceolfrid résigna son autorité abbatiale et partit pour Rome en 716. Au cours de son voyage, il mourut à Langres le 25 sept, de la même année. Ses reliques furent transférées en Angleterre, probablement à Wearmouth.

Bède, Viia sanctissimi Ceolfridi, éd. C. Plummer, Venerabilis Baedae Opéra historica, i, Oxford, 1896, p. 388-404; ti, 369-79. — B. H. L., n. 1726. — D. C. Biogr., i, 439-41.

F. O' Briain.

CEOLWULF, saint roi, et puis moine, en Angleterre (t 764). Il succéda à son frère, Osric, comme roi de Northumbrie en 729 et il favorisa beaucoup l'organisation de l'Église dans son royaume et le choix de bons prélats pour les jeunes diocèses placés sous son autorité. C'était à lui — gloriosissimo régi Ceoliiulfo — que le Vén. Bède dédia son Histoire ecclésiastique. Malheureusement son règne fut court. Une insurrection lui ôta la couronne, et il fut tonsuré de force et emprisonné dans un monastère en 731. Mis en liberté, il renonça spontanément à son royaume et devint moine à Lindisfarne en 737 où il mourut en 764. Il devint l'objet d'un culte et ses reliques furent transférées à Norham et plus tard son crâne fut l'objet de vénération à Durham.

Bède, Historia ecclesiastica gentis Anylorum, éd. C. Plummer, n, Oxford, 1896, p. 336-40, 350, 379, etc. — A. S., janv., 1, 1081. — D. C. Biogr., i, 442-44.

F. O' Briain.

CÉOS (Kéoç), petit évêché des Cyclades, dépendant d'Athènes, promu archevêché ])uis métropole éphémère. L'île de Céos se trouve au sud-est du cap Sounion (Attique); elle mesure 103 km- et compte 3 733 habitants (1928). Dans l'antiquité, elle porta aussi le nom d'Hydrousa ('Y5poOaa), qui ne s'est pas maintenu. Elle possédait quatre villes assez importantes qui ont laissé des ruines, dignes d'intérêt. Dès l'époque romaine, le nom prit la forme de Kéa (latin Cea), puis Keîa et Kia. Les Vénitiens, qui s'emparèrent de l'île en 1207, la nommèrent Tzia, appellation dont les Grecs firent Nxjia puis Tjiâ, forme encore employée de nos jours, bien que le nom ancien de KÉoç ait été olficiellement rétabli. L'île resta possession vénitienne de 1207 à 1537, date à laquelle le fameux amiral turc Haïreddin Barberousse la conquit. Elle fut unie au duché de Naxos en 1541, puis annexée à la Turquie en 1566; enfin elle fut incorporée au royaume de Grèce en 1833. Au début de 711, le pape Constantin, appelé par l'empereur Justinien II, s'y arrêta quelque temps et y rencontra le patrice Théophile, chargé de le conduire à Constantinople. Michel Acominatos, métropolite d'Athènes, s'y réfugia après la

prise de sa ville épiscopale par les latins (1205); il y vécut jusqu'à sa mort (1220).

Il est difficile de dire à quelle époque la petite île de Céos fut pourvue d'un évêché. On ne trouve pas trace de celui-ci dans les listes officielles du patriarcat de Constantinople pendant l'empire byzantin. Il paraît pour la première fois dans la liste du moine sicilien Nil Doxapatris (deuxième moitié du xii"^ s.) (G. Parthey, Hieroclis Synecdemus et Notitiae graecae episcopatuum, Berlin, 1886, p. 300, n. 276) parmi les onze suffragants de la métropole d'Athènes. Encore n'est-il pas sûr que ce ne soit pas une interpolation postérieure, le texte de Nil ayant subi de multiples modifications. Le titre est f\ KÉcos Kal Geppicov. Thermia est une petite île voisine de Kéos, appelée Cythnos (Kûôvos)

1 dans l'antiquité (c'est aussi le nom officiel de nos jours). Elle mesure 82 km'- et compte 2 860 habitants (1928).

L'évêché grec, si tant est qu'il existât alors, disparut pendant l'occupation latine. Il fut rétabli après la conquête de l'île par les Turcs et fut même uni à celui de Syra en 1594. Le patriarche Cyrille Lucaris l'érigea en archevêché en 1623. Il devint métropole en 1819 et se vit attribuer alors l'île de Sériphos. La loi du 21 nov. 1833 sur l'organisation de l'Église de Grèce le remit au rang des évêchés; le 15 déc. 1843, il fut compris dans celui des Cyclades nouvellement créé; enfin la loi de 1852 l'unit à celui d'Andros, lui-môme supprimé lors de la réforme de 1900.

On ignore à quelle date les Vénitiens établirent un évêque à Céos. La liste des titulaires connus ne présente qu'une douzaine de noms du xiv« au xvi'' s. : Puricivallis (7-1376); Simon de Arezzo; François Andréa, O. F. M. (6juill. 1422-35); François Berberii (1435-t 1445); François, O. F. M. (9 juin 1445- 30 avr. 1453); Gometius (24 mai 1498-?); Jean Zotto (6 févr. 1520-?); Denys Zanettini, O. F. M. (8 févr. 1529-11 déc. 1538); Constantin Justiniani, O. P. (27 août 1540-t début 1545); Jean de Gaona, O. S. A. (19 févr. 1546-?); Jacques de Roccha (après 1550). Depuis la seconde moitié du xvi« s., aucun prélat ne semble avoir été nommé au siège de Céos, qui était devenu purement titulaire à la suite de la conquête turque. Le titre est de nouveau conféré : Jacques-Thomas O'Dood, élu le 22 mai 1948, auxiliaire à San Francisco.

La liste des évêques grecs connus ne commence qu'à la fin du xvi« s. Il est donc assez vraisemblable que l'évêché de rite byzantin succéda tout simplement

I au latin et qu'il n'existait pas avant le xiii^ s. Cette liste ne renferme que quatorze noms : Syméon (?-t 15 janv. 1594); Nectaire (déjà en 1622-8 juin 1630); Daniel (8 juiU. 1630-t avant déc. 1646); Nil (5 déc. 1646-démissionne le 15 sept. 1650, en faveur du suivant); Germain, neveu de Nil (juill. 1651déposé le 14 août 1651). Pendant le premier épiscopat de Germain, le patriarche de Constantinople Joannice II, déposé pour la quatrième fois en juill. 1656, reçoit l'évêché de Céos comme revenu et y meurt à la fin de 1659 ou au début de 1660; on ignore comment les deux prélats s'accordèrent; Grégoire (14 août

! 1661-?); Germain, rétabli (mars 1675-?); Macairc (1721); Barthélémy Deangelis (vers 1730); Ananie Bradyglossos (vers 1740); Moïse (21 févr. 1748-?); Néophyte (vers 1760); Grégoire Migadas (?-t pendu par les Turcs en mai 1792); Sophrone (1792-96); Nicodème Roussos (1796-1842).

Bilrchner, Keos, dans Real-Encyclopddie Pauly-Wisso- \va, xi-1, 182-89. — D.-P. Paschalès, Kios, dans MeyàXri ÉXÂr|viKf) éyKUKAoTraiSsia, xix, 173-75. — • Jean N. Psyllas, 'iCTTopla Tfjç vi^aou Kéa;, 1921, p. 180-83. — Lequien, Oriens cliristianus, m, 868-70. — Gams, i, 449. — A. Battandier, Annuaire pontifical, 1916, p. 384.

H. Janin.

CEPARANA —

CÉPHALLÉNIE

CEPARANA (S.-Venance), de Separano, abbaye de bénédictins sise au confluent du Magra et du Vara, près de Bollano, aux frontières de la Ligurie, diocèse de Luni-Sarzana. Les archives étant perdues, on ignore la date de la fondation du monastère, et quand il passa sous l'autorité immédiate du S. -Siège. Il semble avoir été dévasté, quand, en 1447, il fut cédé par Eugène IV à l'abbaye des olivétains de S.- Venereo de Tyro. Il fut placé sous commende avant la fm du xv<^ siècle.

Cottineau, 652. — Kehr, //. pont., vi, ii, 384. — Semeria, Secoli crist., ii, 154. — B. Tondi, Olivet. dilucid., 80.

R. Van Doren.

CEPARI (Vergiho), jésuite, né vers 1564 à Punicale près de Pérouse, mort à Rome le 14 mars 1631. Avant son entrée au noviciat le 21 mai 1582, il avait étudié le droit. Au Collège romain, il eut S. Louis de Gonzague comme condisciple et comme ami et assista à sa mort. Successivement prédicateur dans les principales villes d'Italie, professeur d'hébreu au Collège romain, de théologie aux universités de Parme et de Padoue, recteur du collège de Florence et du Collège romain, il se signala avant tout comme hagiographe. Postulateur des causes de S. Ignace, de S. François de Borgia, de Ste Marie-Madeleine de Pazzi, de S. Louis de Gonzague, de S. Stanislas Kostka, des Bx Rodolphe Aquaviva et John Ogilvie et du vénérable Père Joseph Anchieta, de S. Robert Bellarmin, il consigna les connaissances acquises par une si multiple expérience en un directoire des canonisations en dix livres resté manuscrit et dont trois seulement sont conservés. Benoît XIV le mentionne et en fait grand cas. Ce sont ses biographies de S. Louis de Gonzague et de S. Jean Berchmans qui lui ont valu sa renommée. Sa connaissance intime de leurs vertus et sa propre expérience spirituelle en font un témoin de première valeur. Un juge aussi compétent que le P. H. Delehaye, BoUandiste, n'a pas craint d'écrire — et l'observation vaut aussi pour la Vie de S. Louis — que la Vie de S. Jean Berchmans « est une des meilleures Vies de saints, que l'on éprouve quelque satisfaction à rencontrer, dans un genre cultivé par trop de talents insuffisamment mûris, un modèle aussi soigné, un travail aussi habilement et aussi soigneusement composé. » (Vie de saint Jean Berchmans, collection Les saints, 8).

La 1"^ édition de la Vie de S. Louis de Gonzague, dont l'auteur avait déjà réuni des notes du vivant même du jeune saint, parut en 1606 sous le titre : Vila del Bealo Luigi Gonzaga délia Coinpagnia di Gesu. Dédiée au marquis François de Gonzague, frère du bienheureux, elle contient une lettre dédicatoire du marquis au pape Paul V. Une édition revue, corrigée et complétée par l'auteur, parut en 1630. Rééditée un grand nombre de fois, elle fut traduite dans les diverses langues de l'Europe. Grâce aux appendices qui y furent ajoutés, l'édition du P. Boero, S. J., de 1862 est la plus complète. Cepari écrivit aussi une Vie de S. François de Borgia, l"'^ édit., 1624 in-8, 236 p. Une réédition en fut faite encore en 1884, 2 vol. in-16», 190 et 216 p. La Vita di Giovanni Berchmans, Fiammingo, religioso délia Compagnia di Gesu, parue en 1627, fut traduite en néerlandais par le P. Surius dès 1629, en français par le P. Jean (Cachet, S. J., et en latin par le P.HermanHugo,S. J., en 1630. Sous le nom de Marie-Madeleine Anguillara, la supérieure des Oblates de Ste-Françoise, fut publiée une Vie de Ste Françoise Romaine qui repose sur les notes de Cepari mais qui fut complétée et ordonnée par le P. Jacques Fuligati (Papebroch, A. S., mars, II, 176-211 en donne une traduction latine). Confesseur et directeur de Ste Marie-Madeleine de Pazzi et postulateur de sa cause, Cepari avait composé à

l'occasion de la béatification une Vie de la sainte sur la demande des religieuses du couvent de la Très- Sainte- Incarnation de Rome, fondation du couvent N.-D.-des-SS. -Anges de Florence, quand il apprit l'édition donnée par Racconisi de la Vie par Puccini. Sur le désir du cardinal Barberini, l'impression fut arrêtée et l'ouvrage poussé jusqu'au ch. lviii demeura en la possession du couvent romain. En 1669 à l'occasion de la canonisation, elle fut publiée et complétée par le P. Fozi, S. J. (cf. A. S., mars, vi, 178 et 249; elle fut traduite par Papebroch et insérée presque entièrement).

Le traité ascétique Essercizio délia presenza di Dio,

1621, dédié au cardinal Bellarmin, était hautement apprécié par celui-ci, qui en faisait sa lecture préférée à la fm de sa vie. Cepari donna dans les Regole communi délie Vergine di Gesu nel collegio di Castiglione,

1622, une règle à la congrégation fondée par les saintes nièces de S. Louis de Gonzague (cf. A. S., juin, IV, actes de S. Louis à la fin du volume, n. 34 et 99). Une autre congrégation religieuse tiendrait, elle aussi, sa règle du P. Cepari.

Sommervogel, ii, 957. — Southwell, Scriptores Sociefatis Jesu, 783. — Patrignani, Menologio, 14 marzo, 101. — De Guilhermy, Ménologe de la Compagnie de Jésus. Assistance d'Italie, i, 324 n. — Cordara, Historia Societatis Jesu, VI, 1. XVI, n. 11, p. 445. — A. S., juin, iv, 876 B, 891 F, 1090 sq.; mai, vi, 177-249.

A. De Bil.

CEPHAE CASTELLUM, Cephas, Hasan- Keph, Hassan-Kef, Hesen-Kipha, Hisn-Kepha, Hi?n- Petros (?), ville de Mésopotamie située sur le Tigre dans le Tûr 'Abdin, au sud-est de Maypherqat. Son évêque apparaît mentionné pour la première fois dans la Vie du reclus Jacques l'Égyptien. Plus tard, les jacobites à leur tour y établirent un siège épiscopal.

Évêques : Benjamin (sous Julien l'Apostat), Noé (451), Athanase (1015; si Hisn-Petros = Hisn-Kepha). On peut y ajouter l'évêque Denys (vers 1100), si Hesna, dans la Chronique de Michel le Syrien, est à identifier avec notre localité. Un autre évêque de Hesna, Gabriel, participa au synode d'Amid (1616).

J.-S. Assemani, Bibliotheca orienlalis, i, Rome, 1719-28, p. 547; III, 1, 600; m, 2, 736. — Lequien, ii, 1005 sq., 1487 sq. — W. Wright, Catalogue of Sgriac Mss. in the British Muséum, Londres, 1870-72, p. 95, 850, 1136. — J.-B. Abbeloos-T.-J. Lamy, Gregorii Bar Hebraei Chronicon ecclesiasticum, i, Louvain, 1871, col. 429, note 1. — J.-B. Chabot, Les évêques jacobites du VIII' au XIII' s., dans Bévue de l'Orient chrétien, vi, Paris, 1901, p. 198; Chronique de Michel le Syrien, m, Paris, 1905-10, p. 499. — E. Honigmann, Studien zur Notifia Antiochena, dans Byz. Zeitschrijt, xxv, Leipzig, 1925, p. 75, 83. — J. Markwart, Sudarmenia und die Tigrisquellen, Vienne, 1930, p. 603 sq. (index). — E. Schwartz, Concilium universale Chalcedonense, vi, Berlin, 1938, p. 49, 92. — R. Devreesse, Le patriarcat d'Antioche depuis la paix de l'Église jusqu'à la conquête arabe, Paris, 1945, p. 299, 300, 302, 306, 309.

Arn. Van Lantschoot.

CÉPHALLÉNIE (KE9aAÂr|via, auj. Céphalonie), évêché des îles Ioniennes, dépendant de Corinthe, puis métroi)ole. L'île de Céphalonie fut habitée dès l'époque néolithique et participa à la civilisation mycénienne, comme le prouvent les nombreuses découvertes que l'on y a faites. Chez Homère, le nom de Céphaloniens n'est jamais donné aux seuls habitants de l'île; il s'applique à tous les sujets d'Ulysse qui peuplaient aussi les îles voisines, Zante, Ithaque, etc. C'est Strabon le premier qui l'emploie uniquement pour les gens de l'île. Céphalonie fut alliée à Athènes pendant la guerre du Péloponèse et en subit le contrecoup. Elle fit ensuite partie de la confédération étolienne; elle résista victorieusement à Philippe V de Macédoine (218 av. J.-C.) et tomba au pouvoir des Romains en 192. Elle devint la propriété personnelle

CÉPHALLÉNIE

du consul Gaius Antoine, oncle de Marc Antoine; il y vécut six ans en exil (59-53). Plus tard, elle fut donnée aux Athéniens. Sous les Byzantins, Céphalonie fut le centre du thème des îles Ioniennes jusqu'en 1185. Elle subit les attaques infructueuses de Robert Guiscard à la fin du xi« s. Guillaume II s'empara de l'île en 1185 et y établit un gouverneur. Après la prise de Constantinople par les latins (1204), elle devint le fief de Mathieu Orsini, sous la suzeraineté de Venise. Les Orsini la conservèrent jusqu'en 1357, date à laquelle elle passa définitivement au pouvoir des Tocco. Cette nouvelle situation dura jusqu'en 1479. Les Turcs s'emparèrent alors de l'île; mais les Vénitiens les en chassèrent en 1503. Les nouveaux maîtres s'occupèrent sérieusement du développement économique du pays qui devint rapidement brillant malgré les incursions répétées des Turcs. Céphalonie fut cédée à la France par le traité de Campo-Formio (1797), puis elle fit partie de la République ionienne (1800-07) pour redevenir française pendant deux ans. Les Anglais s'en emparèrent en 1809 et la gardèrent sous leur protectorat, ainsi que les autres îles ioniennes, jusqu'en 1 863 . Elles furent alors rattachées au royaume de Grèce.

Le christianisme pénétra probablement de bonne heure à Céphalonie, à cause de la position de l'île sur les voies maritimes qui relient l'Orient à l'Occident. Au dire de Clément d'Alexandrie le fait se serait passé vers la fin du i" s. On ignore complètement à quelle date elle eut un évêché. Le premier titulaire dont parlent les documents n'est que de 787. Le diocèse comprenait probablement les deux îles de Céphalonie et d'Ithaque. Quand les Vénitiens furent maîtres du pays, l'évêché grec disparut et fit place à un évêché latin qui en eut tous les droits. Il y eut cependant des titulaires byzantins, puisqu'en 1362 l'évêque de Céphalonie était transféré à Naupacte par le patriarche Calliste (Miklosich et Muller, Acta et diplomala graeca medii aevi, i, 413-15). Toutefois l'évêché grec fut rétabli vers le milieu du xv'' s. par Léonard Tocco (1448-79), mais avec juridiction sur Zante et Ithaque. Cyrille Lucaris l'érigea en archevêché le 6 juill. 1628. Ce fut la cause de démêlés assez violents entre les clergés des deux îles de Céphalonie et de Zante, surtout au sujet de l'élection de l'archevêque. Pour y mettre fin, le provéditeur Pisani publia, en 1716, un décret qui réglait minutieusement cette question. En sept. 1799, Céphalonie devint métropole, ainsi que Zante. Quant à Ithaque, elle fut pourvue d'un évêché soumis à Céphalonie. Celle-ci, comme les autres îles Ioniennes, resta sous la juridiction du patriarcat de Constantinople jusqu'en juill. 1886. Elles furent alors rattachées à l'Église de Grèce.

Céphalonie et Ithaque forment aujourd'hui une métropole grecque orthodoxe qui compte 66 000 fidèles (1928), avec 110 églises et 108 prêtres séculiers. On y trouve cinq monastères d'hommes avec une cinquantaine de moines et trois monastères de femmes avec 60 moniales. L'évêché publie une revue religieuse, 'Ayios repàaitios. Le métropolite réside à Argostoli, capitale de l'île.

La liste des évêques grecs n'est un peu complète qu'à partir du xvi« s. On n'en trouve que deux à l'époque byzantine. Au concile de Nicée (787), le prêtre Georges remplaça le titulaire de Céphalonie dont le nom est inconnu (Mansi, xiii, 145 B, 369 C, 392 B). Antoine prit part à celui de 879 qui réhabilita Photius (Mansi, xvii A-xviii A,. 376 B). Un évêque, dont le nom est inconnu, fut transféré à Naupacte en sept. 1362 (Miklosich et Muller, op. cil., i, 413-15). — Philothée Loberdos, 1567-80. — Anthime Antipas, vers 1605. •— Parthénius I", 1622? — Pachôme Doxaras, 1624. — Nicodème Métaxas, mai 1628-t 1646. — Jérémie, 1646-t 1651. — Paisios Choidas, 1664-t 1672.

— Timothée Typaldos, 1684-t 1718. — Sophrone, 1721. — Séraphim, 1725. — Abramius Méhssène, 1756. — Sophrone Coutoubalès, déposé en 1762. — ■ Joannice, l'784. — • Parthénius II Macrès, sacré en mars 1824-t juUl. 1842. — Constantin Typaldos, élu en nov. 1842, refusé par le sénat ionien. — Spyridon Contomichalès, déc. 1842-t juill. 1873. — Spyridon Combothécras, nov. 1874-démission en mai 1876. — Germain Calligas, oct. 1883, nommé archevêque d'Athènes le 5 juin 1889. — Gérasime Dorigas ou Dorizas, 5 févr. 1893-t 24 janv. 1901. — Damascène Polydorou, 9 juill. 1901-t 1934. — Germain, sacré le 14 juin 1934.

L'évêché latin fut sans doute créé au début de 1207 en même temps qu'était nommé le premier titulaire. Le 11 mars 1222, Innocent III l'unit à celui de Zante. En 1625, cette union fut déclarée perpétuelle. Au moment de l'annexion des îles Ioniennes au royaume de Grèce (1862), le diocèse de Céphalonie et Zante fut soumis comme suffragant à l'archevêché de Corfou. Quatre ans plus tôt, l'administration en avait été confiée à l'archevêque de Corfou. De 1872 à 1885 il y eut encore un évêque; mais depuis lors a été rétablie la situation créée en 1859. Le nombre des fidèles a d'ailleurs rapidement diminué. Les persécutions que les orthodoxes leur ont fait subir après l'annexion à la Grèce en décidèrent un bon nombre à s'expatrier. L'exode a continué depuis lors. A la fin du xix« s. le nombre des catholiques était tombé à 450, dont 300 pour l'île de Zante et 150 pour celle de Céphalonie. Ils ont 7 églises et chapelles, avec 2 prêtres séculiers et 3 capucins. Zante possède une maison épiscopale, mais il n'y en a point à Céphalonie.

La succession épiscopale est assez régulière depuis le milieu du xiv» s., avec une interruption de cinquante ans à la fin du xv, causée sans doute par l'occupation turque (1479-1503). La liste des évêques connus renferme plus de quarante noms. Benoît, élu le 13 mars 1207-?. — G..., vers 1245. — Palmerius de Gallucio, ?-10 nov. 1252. — Rainier Nerucius, ?-t avant 1350?

— Emmanuel, O. S. B., 14 juin 1350-?. — Daniel, ?-t 1370. -- Perceval d'Aléria, 6 mars 1370-1375. — Ange de Cotronio, O. S. A., 22 juin 1375-t 1383?. — PrincivaUi, 1385. — Biaise, O. S. A., ?-1396. — Pierre Jean, 12 janv. 1396-t 1400. — Grégoire Nardi, 29 nov. 1400-1427. — Antoine de Morellis, 17 oct. 1427-30? — Dominique de Pupio, 23 mars 1430t 1436. — Jean, 25 févr. 1437-t 1442. — Jean Jacobi, O. S. A., 27 févr. 1443-57? — Jean de Archadia, 31 janv. 1458-62. — Jean-Antoine Scardameti, O. F. M., 23 oct. 1462-?. — Marc, ?-1521. — Ferdinand de Médicis, 9 août 1521-55. — Jean-François Commendone, 25 oct. 1555-? — ■ Jean-Pierre Delflno, chan. de S. Aug., 27 mars 1560-?. — Paul del Grasso, 14 juill. 1574-î 1589. — Dominique Carh, O. F. M. Conv.,

26 juill. 1589-t 1596. — Raphaël Inviziati, 24 janv. 1597-1611. — Marc Pasqualigo, 10 oct. 1611-t 1624.

— Michel de Varofis, O. F. M. Conv., 27 janv. 1625- 1 1634. — Constantin Rossi, 24 juin 1634-15 août 1640.

— Jean Rossi, 3 déc. 1640-54. — François Gozzadini, 22 mars 1654-66. — Hyacinthe-Marie Conigli, O. P.,

6 mai 1675-mai 1695. — JunelU, O. S. B., 19 août 1695- 98. — Jean-Vincent Filippi, 1698-10 mai 1718. — Jean-Chrysostome Calvi, O. P., 10 mai 1718-

7 sept. 1729. — Joseph Caccia, O. F. M., 28 nov. 1729-

8 janv. 1731. — César Bonaiuti, 8 janv. 1731-27 févr. 1736. — Balthasar Remondini, 27 févr. 1736-t 5 oct. 1777. — Bernard Nochini, O. F. M., 12 sept. 1778t 27 janv. 1785. — François Mercati, 2 oct. 1785-?. — Pacifique Deani, 1815. — Louis Scacoz, O. F. M., 8 août 1815-1830. — Louis Lastaria, 4 nov. 1831-59. — Jean Evangelo Boni, O. F. M. Cap., 27 juill. 1872-

27 mars 1885.

CÉPHALLÉNIE

— CÉRASONTE

Lequien, ii, 234-35; m, 889-92. — B. Gams, i, 399; ii, 89. — C. Eubel, i, 188; ii, 139; m, 178; iv, 145. — Smith. Dictionary of Greek and Roman Geographg, i, 587-88. — BUrchner, Kephallenia, dans Real-Encyclopàdie Pauly- Wlssowa, xi-1, 193-215. — KEçaXArivia, dans MryàAri éA^rlviK^i éyKUKAoTTaiStla, xiv, 300-8.

R. Janin.

CÉRAMEUS (Nicolas), A'erameiis, médecin et théologien grec (f 1672 ou 1670). Voir D. T. C, ii, 2136-37.

CÉRAMUS (Képapos), évêché de la province de Carie, dépendant d'Aphrodisias ou Stauropolis. La ville de Céramus était un petit port de cabotage situé sur la rive nord du golfe Céramique et tirait son nom de la terre à potier (Képaiioç) très abondante dans la région. Colonie dorienne, elle parvint à une grande prospérité, si l'on en juge par les monuments remarquables qui en restent : arc de triomphe, temples, sarcophages, mur d'enceinte avec tours et en partie conservé, acropole défendue par un triple rempart. Elle fut d'abord soumise à Stratoniceia, puis devint autonome et fut une des principales villes de la Confédération Chrysaoricienne {Bull, de corresp. hellénique, IX, 468). Elle battait monnaie sous l'empire romain. C'est aujourd'hui la bourgade de Gérémé, nom qui n'est que la déformation turque du grec KÉpaiiOS-

Céramus eut sans doute un évêché à partir du iv« s. On ne connaît que quatre titulaires qui s'échelonnent du w au ix" s. Spudasius assista au concile d'Éphèse (431) (Mansi, iv, 1125 C, 1157 C, 1216 A, 1365 D; VI, col. 873 A). Maurianus était administrateur du diocèse lors du second concile de Nicée (787) (Mansi, XII, col. 998 C). A ce même concile assistait Nicétas, évêque nommé, ÙTTOi|ir|9ios de Céramus (Mansi, xiii, 393 C). Syméon prit part au concile de 879 qui réhabilita Photius (Mansi, xvii A-xviii A, 376 E). L'évêché de Céramus disparut probablement lors de l'invasion turque (fin du xu« s.).

Le titre de Céramus a été conféré une dizaine de fois dans l'Église romaine : Jean Davoust, M. E. P., 1771- 80, coadjuteur puis vicaire apostolique du Tonkin occidental. — Louis Bernucci, O. F. M. Cap., 1822. — Emmanuel Viccuna, 22 déc. 1828-2 juill. 1832, coadjuteur à Santiago du Chili. — André Carruthers, 13 sept. 1832-t 24 mai 1852, vicaire apostolique du district oriental d'Écosse. — Jacques Jeancard, 18 mars 1858-t 6 juill. 1875, auxiliaire à Marseille. — • Salvador Casanas y Pagès, 28 févr. 1878-22 sept. 1879, administrateur d'Urgel. — Patrick Manogue, 11 juill. 1880-24 févr. 1884, coadj. à Sacramento (U. S. A.). — Étienne Reville, O. S. A., 27 janv. 1885-21 cet. 1901, coadjuteur à Sandhurst. — Georges Carie, 6 déc. 1906-8 juin 1918, auxiliaire à Makarska. — Joseph Skwireckas, 10 mars 1919-5 avr. 1926, sufïragant à Samogitie. — Jean Hildebrand, 27 avr. 1926t 28 sept. 1931, auxiliaire à Paderborn. — Antoine Valente da Fonseca, 23 oct. 1931-31 mai 1933, auxiliaire à Vila Real. — Camille-Valentin Stappers, 0. F. M., élu le 26 févr. 1934, premier vicaire apostolique de Lulua et Katanga.

Lequien, i, 917-18. — Smith, Dictionary of Greek and Roman Geography, i, 589. — BUrchner, Keramos, dans Real-Encyclopàdie Pauly-Wissowa, xi-1, 589. — • A. Battandler, Ann. pont., 1916, p. 384.

R. Janin.

CERAMUSSA, évêché numide, mentionné seulement dans les procès-verbaux de la conférence de 411 (Ge$t. coll. Carth., i, 65, 133 et 134; P. L., xi, 1235, 1275 et 1311). L'Ecclesia Ceramussensis, dont le nom se trouve déformé en ceramunensis dans le compte rendu (i, 133), n'avait alors qu'un évêque, Severianus, un catholique. De la discussion qui s'éleva entre lui et l'évêque donatiste de Milève (= Mila), le primat

(senex) Adeodatus, au sujet de la juridiction sur le territoire de Ceramussa, il résulte qu'il n'y avait plus de donatistes, s'il y en avait jamais eu, dans cette Église, bien que le parti schismatique, en la rattachant au diocèse de Milève, la revendiquât comme y ayant des partisans. Nous estimons avec le P. Mesnage (L'Afrique chrét., Paris, 1912, p. 298 et St. Gsell, Atlas arch., Alger, 1911, f. 1, cap Bougaroun, 5) que la grande distance qui sépare de l'antique Milève le village actuel de Gueramoussa, situé près de la mer au N. W. de Collo (= Chullu), s'oppose à la séduisante identification établie par Mgr Toulotte (Géogr. de l'Afr. chrét., Numidie, Rennes-Paris, 1894) entre cette localité et notre évêché.

Morcelli, i, clxxv, 137. — Not. dign., annot., p. 644. — Gams, 465. — Ch. Tissot, Géogr. comparée, ii, Paris, 1888, p. 778. — L. de Mas-Latrie, dans Bull, de corresp. air., 1886, p. 90; Trésor de chronologie, Paris, 1889, p. 1870. — H. Jaubert, Anciens évéchés de la Numidie, dans Rec. de Constantine, xlvi, 1912, p. 31-32, § 45.

J. Ferron.

CÉRASA (Képaaa), ou C erasae (Képaaai), évêché de la province de Lydie, dépendant de Sardes. Cérasa était une petite ville située entre Bagae et Mésotmolos. On l'a identifiée successivement avec plusieurs villages turcs, comme Sirgie, Eliesler, Beyseyr, mais sans parvenir à une certitude.

Cérasa eut sans doute un évêché à partir du iv« s. Toutefois on ne rencontre de titulaire qu'au v*'. Ménécratès assista au concile de Chalcédoine, 451 (Mansi, VI, 573 D, 948 B, 980 E, 996 D, 1070 A, 1089 A; vu, 124 A, 152 D, 440 E). — Jean prit part au cinquième concile œcuménique, 553 (Mansi, ix, 177 B, 193 D, 394 A). — Michel fut un des Pères du second concile de Nicée, 787 (Mansi, xiii, 144 D, 369 B, 389 A). — Agathon prit part au concile de 879 qui réhabilita Photius (Mansi, xvii A-xviii A, 376 C).

Le titre de Cérasa ne figure dans les listes de la Consistoriale que depuis 1923 et n'a encore été conféré qu'une fois. — André-Réginald Jacq, O. P., élu le 8 juill. 1948, coadjuteur du vicaire apostolique de Langson et Caobang (Tonkin).

Lequien, i, 893-94. — Smith, Dictionary of Greek and Roman Geography, i, 590. — BUrchner, Kerasa, dans Real- Encyclopàdie Pauly-Wissowa, xi-1, 264.

R. Janin.

CÉRASONTE (KepacjoOs), évêché de la province du Pont Polémoniaque, d'abord suffragant de Néocésarée, puis métropole indépendante. La ville se trouvait à 60 km. à l'ouest de Trébizonde, sur le bord de la mer. Pendant longtemps on avait cru sans contestation que c'était là qu'avaient abouti les Dix Mille au cours de leur fameuse retraite (Xénophon, Anabase, V, m, § 1-4,); des auteurs modernes par contre ont prétendu, à la fin du xix" s., qu'il fallait distinguer deux Cérasontes, l'une à l'ouest de Trébizonde et l'autre à l'est. C'est à celle-ci que ferait allusion Xénophon. Pour soutenir cette opinion, ils se basaient sur les distances indiquées par V Anabase (cf. B. Mystakidès, EOÇeivos FFôvtos, dans NeoAôyou égSotiafa èiTieEcbpTiaiç, I, 1892, p. 697-98, et Périclès Triantaphyllidès, TTovTiKd, 174). Cette opinion a été abandonnée depuis lors comme une pure hypothèse que rien ne semble justifier.

La ville de Cérasonte était une colonie de Sinope et remontait sans doute au vii« s. av. J.-C. Elle se trouvait dans la vallée, à une faible distance de la petite ville actuelle de Giresun, qui retient encore, à peine déformé, le nom ancien. Giresun est bâtie sur l'emplacement de Pharnakia (CDapvocKÎa), fondée par Pharnakès. Cette appellation ne supplanta pas celle de Cérasonte, qui finit par être seule employée, surtout à cause des cerisiers (KépoCTOi) très nombreux dans la

CÉRASONTE

— CERBON

15fi

région et juslement renommés dans le monde romain depuis que Lucullus les avait fait connaître en Italie. La ville n'eut jamais une grande importance, bien qu'elle ait laissé des ruines qui ofTrent quelque intérêt : les restes des anciens remparts, d'un amphithéâtre, d'une forteresse et de plusieurs églises byzantines. Elle fit partie de l'empire de Trébizonde et tomba avec lui entre les mains de Mahomet II. En 1915, la ville de Giresun comptait 20 000 habitants, dont 12 000 Grecs, 6 000 Turcs et 2 000 Arméniens. Elle n'en a plus que 5 000 à peine, presque tous musulmans. Les Grecs ont dû quitter le pays en 1922 et les Arméniens ont été massacrés ou dispersés lors des persécutions qu'ils ont subies de 1916 à 1922.

L'évêché de Cérasonte date très probablement du iv« s. Sous Alexis Comnène il fut détaché de l'éparchie de Néocésarée et érigé en métropole indépendante, la 67« sur 122 (G. Parthey, HierocUs Synecdemus et Notitiae graecae episcopatuum, 98). Elle était la 77« sur 112 sous Andronic II (H. Gelzer, Ungedruckte und ungenùgend verOffentliche Texte der Notitiae episcopatuum, Abhandl. der k. bayer. Akademie der Wiss., I. Cl., XXI. Bd, III. Abt., Munich, 1900, p. 599); la 64^ sur 110 sous Andronic III (H. Gelzer, op. cit., 608); la 39'' sur 82 à la fin du xv'' s. (H. Gelzer, op. cit., 629) ; la 39" sur 78 en 1645 ('OpôoSoÇfa, m, 1928, 239). Elle se maintint jusque dans la seconde moitié du xvii« s. et fut incorporée à celle de Trébizonde quand les habitants, fuyant devant les persécutions des Turcs, se retirèrent dans les villages reculés et devinrent incapables de nourrir leur pasteur. On ne la retrouve plus dans le Syntagmation de Chrysanthe de Jérusalem édité en 1715.

On connaît une quinzaine de titulaires grecs de Cérasonte. Grégoire assista au concile d'Éphèse, 431 (Mansi, iv, 1145 D, 1173 B, 1364 D; vi, 871 C). — Gratianus, dit aussi Gratidianus, participa à celui de Chalcédoine, 451 (Mansi, vi, 572 C, 945 A, 980 A, 1084 A; VII, 24 CD, 122 B, 148 B); il signa la lettre des évêques de sa province à l'empereur Léon à la suite du meurtre de Protérius d'Alexandrie, 458 (Mansi, VII, 605 D). — Théophylacte prit part au sixième concile œcuménique à partir de la 16^ session, 681 (Mansi, xi, 616 B, 629 A, 651 B, 680 A). — Narsès fut un des Pères du concile in Trullo, 691-92 (Mansi, XI, 1000 C). — Jean prit part au second concile de Nicée, 787 (Mansi, xiii, 145 D, 369 D, 392 D). — Agathon fut à celui de 879 qui réhabilita Photius (Mansi, xvii A-xviii A, 376 D). — Michel fut transféré d'Ancyre à Cérasonte sous Michel Cérulaire (Nicéphore Calliste, Eccl. hist., xiv, 39). — Après lui, nous trouvons Nicétas, 1082, Pierre, 1144, 1147, Cyrille, 1360, Achilleius, 1393, CaUiste, oct. 1483, Théophane, juin 1572, Euthyme, 1590, Parthénios, avr. 1596, et Néophyte, 1613'

Dans l'Église romaine le titre de Cérasonte n'a encore été conféré qu'une seule fois : à Mgr Louis Anneau, C. M. M., élu le 9 mai 1910, vicaire apostolique du Shiré.

Lequien, i, 513-16. — Ruge, Kerasus, dans Real-Encyclopàdie Pauly-Wissowa, xi-1, 264-65. — Smith, Dictionarg of Greek and Roman Geography, i, 590. — V. Cuinet, Turquie d'Asie, I, 64-68. — A. Battandier, Ann. pont., 1916, p. 385.

R. Janin.

CÉRAT (Saint), Ciratus, évêque de Grenoble, est cité en 6« lieu sur la liste épiscopale. Il fut présent au concile d'Orange en 441. Avec Salonius et Veranus, autres évêques de Gaule, il écrivit en 450 une lettre au pape S. Léon. Il est encore question de lui dans l'épître synodique d'Eusèbe de Milan, également à S. Léon. On a émis diverses conjectures à son sujet; mais, comme le disait déjà Papebroch, elles sont sans fondement. Pie X confirma le culte du saint en 1903.

A. S., juin, I, 697-98. — Auvergne, Dissertation sur le culte de S. Cérat, év. de Grenoble, dans Reu. des Alpes, 1858.

— B. H. L., 260, 1331-32. — Duchesne, i», 231. — Gall. christiana, ii, 603. — Mansi, vi, 441. — Mort. Hier., éd. Delehaye, 307. — P. L., liv, 887-89, 946.

R. Van Doren.

CERAUNIA. Voir Cerynia.

CERAUNIUS (Saint), Céranou Ceranne, succéda à Simplice sur le siège de Paris. Warnahaire de Langres, dans sa biographie des trois saints jumeaux, le compare à Eusèbe de Césarée pour le soin avec lequel il recueillit les actes des martyrs, ce qui le fit passer plus tard, non sans exagération, pour « un des plus illustres collecteurs » de ces actes. Céran assistait 1 en 614 au V« concile de Paris, mais il ne vivait plus quand se tint celui de 625. Il fut enterré près du corps de Ste Geneviève. Au xiii« s. ses reliques furent déposées dans une châsse. — Inscrit dans plusieurs martyrologes à partir du xii^ s. au 27 ou 28 sept., Céran était au bréviaire de Paris du xiii« s. Sa translation se célébrait à Ste-Geneviève le 16 nov. Sa fête est également au nouveau propre de Paris.

A. S., sept., VIII, 454-57. — Baudot, Dict. d'hagiographie, 155. — Duchesne, ii, 92. — Gcdlia christiana, vu, 23, 699.

— Hist. litt. France, m, 526-27. — V. Leroquais, Les bréviaires mss. des biblioth. publ. de France, ii, Paris, 1933, p. 341, 466; m, 445, 446; iv, 28.

R. Van Doren.

CERBALI. Il y avait en Proconsulaire une Ecclesia Cer6a/i7a/ia, qui n'est connue que par le concile carthaginois de 525 (Hardouin, Coll. concil., ii, 1082). L'episcopus plebis Cerbalitanae s'appelait alors Constantius.

Morcelli, i, clxxvi, 137-38. — Not. dign., annot., p. 655 (le met dans les provinces incertaines). — Gams, i, 465,

— Ch. Tissot, Géogr. comparée, n, Paris, 1888, p. 781 (Cerbalitana, comme la Not. dign., et le met également dans prov. incert.). — De Mas-Latrie, dans Bull, de corresp. afr., 1886, p. 86; Trésor de chronologie, Paris, 1889, p. 1878. — Mgr Toulotte, Géogr. de l'Afr. clirét.. Proconsulaire, Rennes-Paris, 1892, xxxvi, p. 162. — P. Mesnage, L'Afr. chrét., Paris, 1912, p. 190.

J. Perron.

1. CERBON (Saint), martyr à Mugello (Toscane), 24 oct. 250 (•?). Une Passio SS. Crescii, Omnionis et Empti, Cerbonii et Pamphilae {B. H. L., 1987), identique à celle de S. Miniatus, prétend que ces saints sont venus d'Allemagne et subirent le martyre à Mugello. Le chroniqueur Giovanni Villani (t 1348) parle de leur culte à Florence et de leur supplice sous Dèce. En réalité, Cerbonius, qui doit être séparé du groupe, est l'évêque de Populonia, vénéré dans toute la Toscane. Les trois premiers noms proviendraient de la mauvaise lecture d'une inscription funéraire : cresc empti onis.

A. S., oct., X, 583-614. — Lanzoni, 576.

R. Van Doren.

2. CERBON (Saint), évêque de Massa maritima (Populonia). S. Grégoire parle de la sainteté de Cerbonius (Dial., m, 11). A l'invasion des Lombards, C. se retira à l'île d'Elbe, où il mourut vers 575, le 10 oct. Son corps fut transféré à Populonia.

Sa biographie (D. H. L., 1728-1729) est due à un auteur anonj'me, qui s'inspira des Dialogues de S. Grégoire et de la Vita de S. Regulus (/}. H. L., 7102), elle-même remplie de traits légendaires. Cerbonius, dit-elle, fut un des compagnons de Regulus, « archechevêque et père de l'Afrique ». Ensemble, ils avaient quitté leur patrie à cause de la persécution arienne. Devenu évêque de Populonia, Cerbonius fut condamné par Totila à être dévoré par un ours. Mais il s'enfuit à l'île d'Elbe. Son voyage d'Afrique en Italie, la longue durée de son épiscopat, sa condamnation à mort par

157 CERBON — C

Totila ae sont que des fables. De même ses rapports avec Regulus, dont, après la Vifa, parle le martyrologe romain.

A. S., oct., V, 87-102; Auct., 36. — P. Kehr, Ilalia pont., III, 271. — Lanzoni, 555-58. — Mort. Rom., 445-46, 374.

— Ughelli, III, 705.

R. Van Doren.

3. CERBON (Saint), cité au 10 oct. par le martyrologe romain comme évêque de Vérone, n'est pas distinct de S. Cerbon, évêque de Massa maritima, qui fut vénéré à l'église de S.-Proculus de Vérone. A une époque récente, il fut inscrit sur la liste épiscopale de cette ville. Mais les auteurs hésitaient sur la date de son épiscopat; ils allaient du -v au vin» s. Biancolini, pour tourner la difficulté, classa les évêques par ordre alphabétique.

A. S., cet., V, 85-87; Auct., 36. — J.-B. Biancolini, Notizie stor. délie chiese di Verona, Vérone, 1749, p. 167. — Lanzoni, 929. — Mort. Rom., 446. — UgheUi, v, 678.

R. Van Doren.

CE RCA M P, Carus campus, Cerf camp, Cervicampus, ancienne abbaye de moines cisterciens située sur la commune de Frévent (Pas-de-Calais), près de la Canche, dans l'actuel diocèse d'Arras (jadis d'Amiens). Hugues de Camp d'Avesne, comte de Saint-Pol, en est le fondateur; il aurait accompli cette œuvre en réparation de ses crimes, selon les conditions mises par Innocent II à son absolution. Les moines venus de Pontigny entrent à Cercamp en nov. 1141. Dès 1170, Alexandre III doit intervenir pour faire restituer à l'abbaye des propriétés ravies par les voisins (Jaïïé, Reg., 11800 : lettre à Henri de France, cisterc, archev. de Reims). L'abbé de Cercamp est alors Hesselin, qui avait été chargé de remettre au roi d'Angleterre, Henri II, la première lettre d'avertissement de la part de Thomas Becket.

Située aux confins des diocèses d'Amiens et de Thérouanne, Cercamp était parfois objet de litige entre les deux évêques, chacun prétendant y exercer sa juridiction. Grégoire IX, en mai 1232, retint personnellement l'affaire. Trente ans plus tard, l'église abbatiale, commencée en 1150, était consacrée de concert par les deux évêques. Plus tard, les guerres vinrent ruiner la prospérité de l'abbaye. En 1442, ce n'est plus qu'un monaslerium ruinosum et inops (suppl. à Eugène IV), et il faudra attendre l'énergique abbé Pierre de Bachimont (1512-1550) pour voir Cercamp se relever. La commende n'arriva ici qu'en 1659, mais dans des conditions très spéciales : dom Louis Lelièvre gouvernait en paix quand fut imposé subitement par le roi de France un abbé commendataire qui n'était autre que le cardinal Mazarin. Contre pareil compétiteur, les protestations et les efforts de l'abbé régulier furent inutiles. Nonobstant le régime destructeur des com- I mendataires, l'abbaye se maintint durant le xvme s. avec un chiffre de religieux évoluant de 12 à 15.

Série des abbés d'après Cardevacque qui rectifie le Gallia et que complètent les statuts capitulaires de Cîteaux : 1. Jourdain, 1141. — 2. Hugues I", 1142-54.

— 3. Urbain I", 1154-66. — 4. Hesselin, 1166-72. — 5. Alban, 1172. — 6. Pierre I", 1173-79. — 7. Artaud, 1179-88. — 8. Hugues II, 1189-1203. — 9. Urbain II, 1203. — 10. Robert I", 1204-09. — 11. Alard ou Arnold, 1209-23. — 12. Adam, 1223. — 13. Robert II, 1224-40. — 14. Vaast, 1240. — 15. Jean I", 1240-61.

— 16. Willard, 1261-80. — 17. Gérard, 1280-87. — 18. Martin, 1287-89. — 19. Jean II, 1289-1303. — 20. Nicolas, 1303. — 21. Jean III, 1303-12. — 22. Jean IV, 1313-18. — 23. Guillaume, 1318-19. — 24. Enguerrand I", 1319-35. — 25. Jean V, 1335-39. — 26. Robert III, 1339-50. — 27. Alban, al. Thomas, 1350-59. — 28. Jean VI, 1359-69. — 29. Jean VII, 1369-72. — 30. Jean VIII, 1372-1416. — 31. Ro-

ERCANCEAUX ■ 158

j bert IV, al. Pierre, 1416-46. — 32. Jean IX de Valières, 1446-55. — 33. Enguerrand Bernlcourt, 1455- 82. — 34. Jean-Laurent Lefranc, 1482-1503. — 35. Louis Vignon, 1503-12. — 36. Pierre de Bachimont, 1512-50. — 37. Jean Rouget, 1550-69. — 38. PhiUppe de Saulty, 1570-75. — 39. Germain Pecqueur, 1575-78. — 40. Eustache de Bayard de Gantau, 1578-1613. —41. Philippe Delahaye, 1613-18. — 42. François Monchiet, 1618-26. — 43. Jacques Lemaire, 1626-50. — 44. Antoine Géry, 1650-58. — 45. Louis Lelièvre, 1658-59. — 46. Cardinal Mazarin, commendataire, 1659-61. — 47. Jules-Paul de Lyonne, t 1721. — 48. Cardinal Dubois, 1721-23. — 49. Louis de Bourbon, 1723-38. — 50. Théodore de Potocky, primat de Pologne, 1738. — 51. Claude-Roger- François de Montboissier-Beaufort de Canillac, 1739- 61. — 52. Cardinal Colonna-Sciarra, 1761-65. - 53. Cardinal Charles-Antoine de Laroche-Aymon, 1765-77. — 54. Alexandre-Angélique de Talleyrand- Périgord.

Archives départ, du Pas-de-Calais, série H, 25, reg. (80 liasses), chartes et privil. (16 de ces pièces originales ont été éditées par le J. Ramackers dans Papsturkunden..., Artois, Gœttingue, 1940, 11, 77 sq.). Terriers et cueilloirs; obituaire signalé par Molinier, n. 247. Deux cartulaires (xin«-xviii« s.) qui ne sont guère que des débris (cf. Stein, n. 812, 813). Le dépôt départ, du Nord conserve un certain nombre de pièces (cf. Inventaire par Bruchet, Lille, 1928, série H). Quelques documents chez M. le marquis de Beaufort, à Bruxelles. Paris, Bibl. nat.. Coll. Moreau, ms. 563 (XVI» et xvii" s.), 566 : le vray discours du faict de l'abb. de Cerc. (xvi« s.). — Cardevacque, Hist. de l'abb. de Cercamp, Amiens, 1878. ■ — Douai, Bibl. munie, ms. S20, fol. 150. — Gall. christ., x, 1336. — Janauschek, Origines cisterc. Vienne, 1877, p. 66. — Macquart, L'abb. de Cercamp (thèse Éc. des chartes, 1913). — Manrique, Annales cisterc, Lyon, 1642, ann. 1137 sq.- — Martène, Thésaurus, m, 1221, Hist. Pontiniac; 1264, De monast. quae ex Pontiniac. prodierunt. — Potthast, Reg., 1534, 8929, 13157, 13506. — Statuia cap. gen. ord. cisterc, édit. Louvain, 1933-41, i-viii, passim. — Autres réf. dans Cottineau, 653.

J.-M. Canivez.

CERCANCEAUX, Sacra cella, Sarcocellum, Cercancella, ancienne abbaye cistercienne située sur la commune de Souppes, dans le dép. de Seine-et-Marne, non loin de Château-Landon, diocèse de Meaux, jadis de Sens. Les premières donations furent faites par Henri Clément, sire du Mez; le roi Philippe Auguste les confirma et les augmenta. L'abbaye de la Cour- Dieu, au diocèse d'Orléans, envoya les moines fondateurs avec Odon qui fut le premier abbé; c'était en 1181. Vingt ans après, sur les ordres d'Innocent III, l'abbé de Cercanceaux et plusieurs autres abbés cisterciens, accompagnés du personnel jugé nécessaire, partaient pour la croisade dirigée contre les Albigeois. Les statuts capitulaires de Cîteaux parlent assez fréquemment de Cercanceaux; ils en signalent surtout la pauvreté et, de ce chef, lui accordent dispense des contributions générales. En 1514, le commendataire fait son apparition; son premier soin est d'expulser l'un des moines, Laurent Degrijs, nullement déméritant d'ailleurs. En 1768, on note la présence de quatre religieux seulement, et l'abbaye sera bientôt supprimée.

Série des abbés d'après le Gallia qui l'avoue fort incomplète : 1. Odon. — 2. Hugues, 1191. — 3. Geffroy. — 4. Guillaume I", 1218, 1223. — 5. Bertrand, 1236. — 6. Guérin, 1245. — 7. Guillaume II, 1249. — 8. N., 1323. — 9. Laurent, 1362. — 10. Guillaume III. — 11. N., 1427. — 12. Jean, 1493. — 13. Guillaume IV Rolland, commendataire, 1514. — 14. Antoine Herouet, 1550, év. de Die. — 15. Cardinal de Bourbon. — 16. Charles de Mansel. — 17. Pierre Chevron. — 18. François le Charron, 1615. — 19. Félix Vialart de Herse, év. de Châlon, 1640. — 20. Bonaventure

CERCANCEAUX

— CERCYRE

Rousseau de Bazoches, 1670, 1680. — 21. Claude de Vipard de Silly. — 22. Antoine de Bourbone, 1726. — 23. Marc -Antoine-Geoffroy CoefYy. — 24. N. de la Chabrerie, 1737.

Archives : au dépôt départ, de Seine-et-Marne, série H, n. 102, dont toutes les pièces sont du xviii" s. et ne concernent que le temporel de l'abbaye. — M. Aubert, L'archit. cist. en France, Paris, 1943; remarque quelques particularités architecturales. — L. DeUsle, Catal. actes de Philippe Auguste, Paris, 1856, n. 274 (suspect), 514. — Gall. christ., XII, 240. — Janauschek, Origines cisterc. Vienne, 1877, p. 180. — Manrique, Annales cisterc, Lyon, 1642, ann. 1181, IX, 1. — Morin, Hist. ... Gastinois..., Paris, 1630, p. 386-89. — Statula cap. gen. ord. cisterc, édit. Louvain, 1933-41, i-viii, passim. — Autres référ. dans Cottineau, 654.

J.-M. Canivez.

CERCEAU (Jean-Antoine du), jésuite, né à Paris le 12 nov. 1670, f à Véret près de Tours le 4 juin. 1730. Entré au noviciat le 17 janv. 1688, il enseigna aux collèges de Rouen et de La Flèche. En 1702 il fut nommé professeur de rhétorique en ce dernier collège. Nommé précepteur du prince de Conti, il avait accompagné son élève au château du duc d'Aiguillon à Véret. Dans le parc, le jeune prince, qui maniait maladroitement un fusil de chasse qu'il venait de recevoir de ses parents, tua accidentellement son précepteur. On dissimula d'abord l'accident et dans la lettre envoyée aux maisons de la province, le P. du Cerceau passe pour avoir succombé à un coup de sang. • L'œuvre du P. du Cerceau, tout en étant variée, est avant tout d'ordre littéraire : poésies françaises et latines, articles de critique, etc. Ses tragédies et comédies de collège : L'enfant prodigue; Le faux duc de Bourgogne ou Grégoire ou Les incommodités de la grandeur; L'école des frères, Ésope au collège et Les cousins furent assez célèbres et ont été jouées parfois encore au xix« s. Ses autres poésies forment un assemblage varié de cantates, d'épîtres, d'idylles, d'épigrammes et de contes en vers. On y trouve nombre de pièces de circonstance et de société. Parmi ses poésies latines, outre le Filius prodigus, l'original de la pièce française, un assez long poème Papiliones, Santolinus vindicatus et la courte poésie Omnia vaniias praeter amare Deum affirment sa maîtrise du vers latin, son goût affiné quoique non exempt de recherche. Dans ses poésies françaises, du Cerceau imite le langage et le style de Marot. Ses œuvres de critique, pour la plupart publiées dans le Mercure et les Mémoires de Trévoux, comprennent entre autres une introduction à une édition de Villon, et Réflexions sur la poésie française, etc., 1742, in-12, 458 p. Ce sont des articles réunis en volume après la mort de l'auteur. Du Cerceau prononça l'oraison funèbre des parents de Louis XV à Bourges en 1712 et une Oratio de Christo in cruce patiente, à La Flèche en 1703. On a de lui deux œuvres historiques : une Histoire de la dernière révolution de Perse, 2 vol., 1728, réimprimée en 1741 sous le titre de Histoire de Thamas Kouli-Kan, sophi de Perse, et, en 1742, Histoire des révolutions de Perse depuis le commencement de ce siècle jusqu'à la fin du règne de l'usurpateur Aszraff. L'auteur s'est servi des notes du P. Thaddée Krusinski, S. J. L'édition de 1741 fut traduite en anglais. La seconde œuvre historique : La conjuration de Nicolas Gabrini. dit de Rienzi, tyran de Rome en 1347, fut publiée après la mort de l'auteur et dut être complétée par le P. Brumoy en 1733 (cf. Mém. de Trévoux, 1733, p. 1877-87). Traduite en anglais en 1836, elle eut plusieurs rééditions au xix'' s. Du Cerceau intervint par quelques petits écrits dans la controverse janséniste autour de la Constitution Unigenitus et, antérieurement, en 1696, à propos de l'épitaphe d'Antoine Arnauld par Santeuil; en 1698 : Lettre d'Eudoxe à M. l'abbé ***, une réplique, non une réfutation, à la lettre de l'abbé *** à Eudoxe du

P. Daniel. L'éloge funèbre de Du Cerceau qui parut au Mercure (sept. 1730, p. 1962-67) est du P. Brumoy. En 1828, Péricaud aîné et Breghot du Lup donnèrent une édition des œuvres littéraires de Du Cerceau :

Théâtre et poésies, 2 vol.

Sommervogel, ii, 967-81; ix, 32; xi, 1642, 1-8. — Péricaud, etc.. Œuvres du P. du Cerceau (notice bio- et bibliographique).

A. De Bil.

CERCIA (Raphaël), théologien de la Compagnie de Jésus, professeur au Collège romain (1814-86). Voir D. T. C, ii, 2137-38.

CERCINA (Ues Kerkena). Au N.-E. de la petite Syrte, deux grandes îles, précédées au nord et à l'est par une dizaine d'îlots, forment l'archipel des Kerkena. La plus importante, Charki, mesure 30 km. de long, tandis que Gharbi, la plus petite, n'en a que 14 dans sa plus grande largeur. Elles étaient dans l'antiquité reliées par un pont de près d'un km. dont Pline nous a gardé le souvenir. Les voyageurs anciens ne manquent pas de les signaler (Scylax, Hérodote, Strabon, Agathomeros) et on les trouve successivement dans l'histoire sous les noms de Cyraumis, Karkinis, Cercina, ces derniers étant réservés à la grande île et Cercinitis à la plus petite. Diodore de Sicile nous la montre colonisée par les Carthaginois et payant tribut à la fin de la 2« guerre punique. Après le rôle épisodique qu'elle joua dans la campagne de César comme base de ravitaillement, Cercina paraît s'être tenue en dehors des événements qui bouleverseront la Byzacène à laquelle elle sera rattachée à partir du iii» s. par Dioclétien.

Le fait le plus saillant et le plus connu de son histoire est la fondation en 532 par S. Fulgence d'un monastère sur un îlot... in quodam brevi scopulo cui nomen est Chilmi. Celui-ci n'a pas été identifié, mais il existe au N.-E. de l'île Chergui une série de petits îlots où sont signalées des ruines romaines, dont un en particulier, Er Roumadia, pourrait correspondre au brevis scopulus par ses dimensions. Quelques ruines ont été signalées en d'autres points : à El Marsa des columbaria en ruines, à El Ksar une nécropole (type Thense), enfin des catacombes au lieudit « Kraten ». Celles-ci sont creusées dans le tuf et n'ont pas été explorées. Rien ne prouve que nous ne soyons pas en présence de souterrains-refuges si nombreux dans toute la Byzacène.

L'évêché de Cercina se trouvait dans l'île la plus orientale. Aucune trace n'en a été retrouvée. Un évêque nous est connu; il est cité dans la liste de 484 : c'est Athenius Circinatanus, qui fut envoyé en exil par Hunéric.

Morcelli, i, Brixen, 1816, p. 142. — Notitia dignitatum, éd. Bôcking, ii, Bonn, 1839-53, p. 623. — L. de Mas-Latrie, Anciens évêchés de l'Afrique septentrionale, dans Bull, corr. afr., 1886, p. 82; Trésor de chronologie, Paris, 1889, p. 1866. — Tissot, Géogr. comparée de la prov. rom. d'Afr., 184 et 734, 788. — Mgr Toulotte, Géogr. de l'Afr. chrétienne, p. 83. — Thes. ling. lai., Onomasticon, ii, 1909, s. v. — P. Mesnage, L'Afrique chrétienne, Paris, 1912, p. 95. — St-Gsell, Atlas archéol., i, 345, n. 4, 455. — Bertholon, Rev. tunisienne, 1899, p. 54. — J. Despois, Z-es îles Kerkennah. La Tunisie orientale, Sahel et basse steppe, 546 sq. — Mgr Leynaud, Catacombes africaines, 346. — V. Guérin, Voyage en Tunisie, i, 170-75. — J. Servonnet et F. Laffltte, Le golfe de Gabès en 1888.

G.-L. Feuille.

CERCYRE (Sainte), martyre à Corcyre (Corfou), est fêtée au 29 avr. par les ménées grecques. D'après celles-ci, C. était fille de CerciUnus, roi de Chypre. Elle devint chrétienne en voyant le courage des sept voleurs convertis eux-mêmes par Jason et Sosipater, dont parlent les Actes des Apôtres (xvii, 59). Elle subit

CERCYRE

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