GAVA
resta que deux mois. Pour les autres écrits, v. Sommervogel.
L'affaire du P. Caussin a été travestie par les polémiques protestante et portugaise du xviii« s., au point d'^attribuer sa disgrâce au P. Piccolomini qui aurait châtié de la sorte le refus du P. Caussin de divulguer les confessions du roi Louis XIIL
De Rochemonteix, Nicolas Caussin et le cardinal de Richelieu, 1911 (avec blbliogr. jusqu'à cette date). — • Fouqueray, S. J., Hist. de la Compagnie en France, v, p. 80- 106. — B. Duhr, S. J., Jesuiten-Fabeln, éd. de 1899, p. 635 sq. — Sommervogel, ii, 902-927.
A. De Bil.
1. CAVA, S. Maria Magdalena alla Cava, ancienne abbaye cistercienne sur la rive gauche du Pô, non loin de Crémone, en Lombardie. En 1229, le chapitre général de Cîteaux déléguait les abbés de Columba et de Fontevivo pour aller prendre connaissance de la situation de l'abbaye de Cava qui était offerte; des chanoines réguliers l'avaient précédemment occupée. Le résultat de l'enquête fut satisfaisant et l'abbaye de Cerredo envoya une colonie de ses moines; la vie régulière commençait en 1231. Cava entra dans la congrégation de S. -Bernard d'Italie créée momentanément par les bulles d'Alexandre VI en 1497 et définitivement en 1511 par Jules II. En 1565, l'abbaye, assez pauvre, était taxée par le chapitre général pour la somme de trois écus. Cava disparut avec tant d'autres institutions au début du xix« siècle.
Cottineau, 635. — Janauschek, Origines cisterc. Vienne, 1877, p. 233. — Lubin, Abbatiarum liai, brevis notifia, Rome, 1693, p. 95. — Statuta cap. gen. ord. Cisterc, éd. Canivez, Louvain, 1933-41, i-viii, passim.
2. CAVA (SS. Trinita di), abbaye nullius de bénédictins, dans la province de Salerne (Italie méridionale). En 1011, un ermite, Alfler, se retirait avec deux compagnons dans une grotte voisine de Salerne, à Cava. Proche parent des princes lombards de Salerne, Alfler avait été envoyé auparavant en ambassade en F'rance. Tombé malade en route, il s'était arrêté à l'abbaye de S. -Michel de la Chiuse (prov. de Cuneo, en Piémont) et y avait demandé l'habit monastique. S. Odilon de Cluny s'y trouvait alors; il emmena le novice à Cluny. Après quelques années, Alfler fut rappelé en Italie par le prince de Salerne, dans le dessein de réformer les monastères de sa principauté. A cette époque, l'Italie méridionale, hellénisée depuis les victoires de Bélisaire, était encore grecque en grande partie et semée d'ermitages et de laures, où s'abritaient d'innombrables moines orientaux, basiliens pour la plupart, que les hérésies et les troubles d'Orient chassaient vers des terres plus hospitalières. La principauté de Salerne cependant était demeurée latine et possédait quelques modestes maisons bénédictines, assez peu prospères. Les efforts d'Alfier pour les réformer demeurèrent infructueux, à cause des difficultés que lui opposèrent les avoués de ces monastères. Alfler, renonçant à son mandat, se fit ermite. Des disciples lui arrivèrent. Il construisit un monastère sous la grotte qu'il habitait et le dédia à la Ste Trinité. Il mourut en 1050. (Sur les origines de Cava, et ses quatre i)remicrs abbés, v. surtout les Vilae quatuor priorum abbatum Cavensium, auctorc Hugone abbate Venusino, dans Rerum Italicarum medii aevi scriptores, t. vi, pars V», Bologne, 1941.)
Sous son successeur, Léon (1050-1079), les donations, nombreuses déjà sous Alfler, se multiplièrent. Cava reçut une quantité de petits monastères abandonnés, les restaura, les repeupla. Tous ceux qui se trouvaient dans le Cilento entrèrent dans son patrimoine et passèrent sous sa juridiction.
Sur ces entrefaites, les Normands avaient conquis le sud de l'Italie et s'étaient emparés des principautés de Capoue et de Salerne. Ils allaient coopérer activement à la fortune de Cava, en favorisant à la fois les évêques et les moines latins. Une sage politique leur commandait de s'attacher les abbayes par des liens très étroits et durables, d'user des monastères comme de précieux auxiliaires pour affermir leur autorité dans cette région encore mal soumise. Mais quelle observance doimer au monachisme latin, naguère inexistant et qui promettait une si grande prospérité? En Normandie, on le sait, les abbayes s'étaient refusées à se soumettre à Cluny, tout en vivant d'un esprit assez semblable. En Italie également, les elTorts des abbés clunisiens n'avaient pas réussi à y établir l'empire de l'abbaye bourguignonne. La solution vint tout naturellement des circonstances. Alfler avait reçu sa formation monastique à Cluny; le successeur de Léon, Pierre Pappacarbone (1079-1123), avait lui aussi vécu à Cluny : il fit de Cava une réplique de Cluny, en y introduisant les Consuetudines Cluniacenses selon la rédaction du moine Bernard. Mais il les adapta aux temps et aux lieux et n'établit aucun lien entre son monastère et celui de Bourgogne. Grégoire VII prit Cava sous sa « protectio » et lui reconnut la juridiction exclusive sur toutes les maisons (12) du Cilento. On peut voir dans cet acte pontifical la charte de fondation de la congrégation de Cava (Kehr, It. pont., viii, 316). L'ordo Cavensis, ainsi créé, s'organisa sur le modèle de l'ordo Cluniacensis, tout en n'admettant pas les chapitres généraux. L'autorité du chef suprême lui suffisait. La politique des princes normands servit à souhait le nouvel ordre. Princes, seigneurs, évêques (latins) donnèrent à Cava, sans compter, des églises et des monastères de leurs possessions ou de leurs diocèses, qu'ils fussent latins ou grecs. Le nombre de ces derniers qui furent soumis à Cava est considérable. Ils étaient concentrés surtout en Calabre (L. Mattei Cerasoli, La badia di Cava e i monasteri greci délia Calabria superiore, dans Archivio slorico per la Calabria et la Lucania, vin, 1938, p. 167- 182, 265-285; ix, 1939, p. 279-318). Durant son long abbatiat, P. Pappacarbone reçut 40 abbayes, 35 prieurés et plus de 60 églises. Il donna l'habit monastique, dit-on, à plus de 3 000 religieux.
Parallèlement à cet accroissement spirituel, le pou- : voir féodal de l'abbé de Cava s'affirmait et grandisj sait (Rivisla storica benedettina, 1908, p. 201; M. Mar- I tini, Feudalità e monachismo cavense in Puglia, Mar- : tina Franca, 1915; [Senatore G.], // lerritorio giurisj dizionale délia badia di Cava, Salerne, 1894). L'inj fluence économique de la congrégation se développait, i et l'ordre prenait flgure, en Italie méridionale, d'agent I commercial et maritime important (A. Cafaro, Dell' \ altiuità commerciale... di Cava, dans Rivisla storica benedettina, 1921, p. 65-87, 181-204; 1922, p. 41-62; j J. La Bolina, La marina dell' ordine monastico di S. Benedetto, dans Rassegna nazionale, xxxvii, 1915, ! p. 123-28; GuiWaume, Le navi cavensi net Mediterraneo, j Cava, 1876).
! En 1092, le pape Urbain II consacra l'église abbatiale et accorda à l'abbé la juridiction ordinaire (épiscopale) sur le monastère et ses dépendances, ainsi que d'amples privilèges, tels que le droit d'administrer la conflrmation.
! Ces faveurs des papes et des princes, la sainteté des premiers abbés (douze d'entre eux furent canonisés ou béatifiés) expliquent la rapidité extrême des accroissements de l'ordre, au i^' s. de son existence. L'épiscopat également s'y est montré favorable. Les moines de Cava, en efiet, construisaient et desservaient de nombreuses églises dans les campagnes,
[ subvenant ainsi aux nécessités de l'apostolat rural.