V. Les dernières années. — Le souverain déchu
part en Angleterre, où l'attend la plus grande indiffé- ;
rence, sinon l'hostilité. Deux ans plus tard, il laisse '
Holy-Rood et est hébergé au Hradschin, qu'il quitte j pour Goritz, où il meurt le 6 nov. 1836.
Son règne s'est-il soldé par un échec, tant au point ;
de vue religieux qu'au point de vue politique? Les ap- ^
parences l'indiquent; on connaît le caractère antireli- j
gieux de la révolution de 1830. Il faut cependant j
avouer que certains travaux récents d'E. Sevrin et de |
G. de Bertier de Sauvigny incitent à rectifier un i jugement peut-être trop absolu : le chiffre des ordina- ! tions a triplé en sept ans, les fondations de congréga- j tions hospitalières et charitables sont multiples, les i réguliers doublent leurs effectifs et atteignent 30 000 membres; quant à la pratique religieuse à la campagne, dans les petites villes, même de la part des ouvriers, si elle est entachée de conformisme, elle n'en est pas moins générale, semble-t-il. ,
On trouvera une bibliographie complète dans J. Lellon, La crise révolutionnaire, dans Hist. de l'Église de A. Fliche : et V. Martin, xx, Paris, 1949, p. 10 sq., 12-14; 321, note 1 ; ; 394, note 2. — Pour la période antérieure et quelques points i particuliers, voir : Th. Anne, Mémoires, souvenirs el anec- ' dotes sur l'intérieur du palais de Charles X et les événements de 1815 à 1830, Paris. 1831. — Chr. de Parrel, Les papiers de Colonne : les finances des princes en 1790, 91, 92, Cavaillon, 1932. — P.-L.-F. Villeneuve, Ch. X et Louis XIX en exil, \ mém. inéd., Paris, 1889. — Vaudreuil et Artois, Correspon- ' dance int. pendant l'émigration, Paris, 1889. — R. Busquet, B. Roberty, A.-J. Parés, Mém. de L. Richaud sur... l'émi- \ gration, Paris, 1930. — Cérémonial du sacre..., avec le formu- 1 iaire modifié pour le sacre de Ch. X, La Rochelle, 1931. — Stendhal, Souv. d'égolisme, Paris, 1941. — Vitrolles, Mém., I, Paris, 1950.
Autres travaux utiles : Ch. Boissonet, Le sacre de Ch. X, Poligny, s. d. — Vicomte de Reiset, Le mariage du comte d'Artois, Thiers, s. d. — C.-J. Bailleul, La France sous le règne de Ch. X, Paris, 1824. — E. Daudet, Hist. de l'émigration française pendant la Rév. jranç., Paris, 1904-07. — l Dr Cabanes, L'éducation des 3 dern. Bourbons, Paris, 1923. — F. Baldensperger, Le mouvement des idées pendant l'émigration franç., Paris, 1924. — Ch. -H. Pouthas, Guizot pendant la Restauration, Paris, 1924. — E. Vingtrinier, La Contre-Rév., 1789-91, Paris, 1924-25. — P. de Vaissière, A Coblence, Paris, 1924. — J. Lucas-Dubreton, Ch. X, ' Paris, 1927. — N. F. Scander, La France en 1814 et le gouvernement provisoire, Paris, 1934. — E. Beau de Loménie, La carrière politique de Chateaubriand, Paris, 1929. —
H. Robert, Les grands procès de l'hist., Paris, 1932. — E. Lavaquery, Necker, Paris, 1933. — E. Chapuisat, Necker, Paris, 1938. — G. Lefebvre, La révolution aristocratique (cours de Sorbonne), Paris, 1946. — • F. Trochu, L'abbé Ch. Foyer (1771-1842), Lyon-Paris, 1948. — Ch. Girault, Rochecotte et la chouannerie manc, Laval, 1949.
CHARLES D'ABBEVILLÈ, capucin français (xvii<- s.). Voir D. T. C, n, 2272.
CHARLES D'ARENBERG. Voir Aren- BERG (Charles d'), m, 1642.
CHARLES DE L'ASSOMPTION (Char LES DE Brias), carme français, moraliste (1625-86). Voir D. T. C, ii, 2272-73.
CHARLES D'AUTRICHE, évêque de Breslau. Voir Autriche (Charles d'), v, 882.
CHARLES DE BLOIS (Bx). Voir Blois (Bx Charles de), ix, 223-28.
CHARLES LE BON (Bx), comte de Flandre (17 juin 1119-2 mars 1127), fils de S. Canut, roi de Danemarlv (v. D. H. G. E., xi, 814-15), et d'Adèle de
Flandre, troisième fille de Robert le Frison. En 1086, année de l'assassinat de son père, il était encore un tout jeune enfant, filius parvulus. Étant née entre 1065 et 1071, sa mère ne peut s'être mariée qu'entre 1080 et 1083; elle eut trois enfants, dont Charles semble avoir été l'aîné. Celui-ci naquit donc vraisemblablement entre 1082 et 1086. .\rrivé en Flandre avec sa mère en 1087, il aura vécu avec elle, sans doute dans les terres comtales d'Harlebeke, jusqu'aux secondes noces d'Adèle avec Roger, duc de Fouille, célébrées peu après 1090. Depuis cette date il passa son jeune âge à la cour de son grand-père. On connaît peu de choses de son éducation. Charles savait lire (il possédait un psautier et il l'employait) et écrire (H. Nélis a prouvé qu'il souscrivit au moins deux chartes de sa main. Deux chartes de Charles le Bon pour rabbai/e de S.-Bavon, dans les Annales de la Soc. d'émul. de Bruges, lvi, 1906, p. 129-42). Il ne faut cependant pas en conclure, comme on l'a fait, qu'il fut d'abord destiné à une carrière ecclésiastique. On admettra plutôt qu'éduqué à la cour de Robert le Frison, loué par Grégoire VII, Urbain II et Guibert de Nogent pour sa culture littéraire (C. Verlinden, Robert le Frison, Bruxelles, 1935, p. 10, n. 2), Charles aura reçu une instruction littéraire soignée, qui n'était d'ailleurs plus en ce moment chose si rare dans les familles régnantes. Créé chevalier, il passa quelque temps en Terre sainte au service des croisades de secours. Il faudra rattacher cet épisode de sa vie au voyage matrimonial et politique que Bohémond de Tarente, beau-frère de sa mère, a fait en France en 1105-06 et au cours duquel il parvint à convaincre de nombreux chevaliers de prendre la croix. Revenu en Flandre, Charles allait reprendre une existence sans histoire, lorsque, en 1111, à la mort de son oncle Robert II, il devint le principal conseiller du successeur, Baudouin VII, qui n'avait que dix-huit ans. La présence de Charles est fréquemment attestée dans les actes du jeune comte. Pendant les multiples expéditions militaires en Normandie et durant les longs mois de la maladie du comte, c'est Charles qui aura dirigé les affaires. Il est permis de supposer que la réputation de sévérité attribuée à Baudouin VII et qui lui valut le surnom de « à la Hache » est due à l'énergie avec laquelle son conseiller et successeur Charles gouverna le comté.
En 1119, Baudouin succomba des suites d'une blessure mal soignée. Déjouant les intrigues de sa mère Clémence, qui soutenait la candidature de Guillaume de Loo, petit-fils de Robert le Frison et né d'une roturière, le comte alité avait désigné Charles comme son successeur; il avait contraint sa mère à conclure un pacte avec Charles et avait rallié à ses vues les évêques et les grands. Cependant peu après la mort de son fils, Clémence, aigrie, épousa Godefroid de Louvain. duc de Brabant, et suscita contre son neveu une coalition dangereuse. Mais Charles parvint à la disloquer et réussit, dès le commencement de son règne, à faire respecter sa volonté. Comme ses prédécesseurs, il fit appliquer la pax Dei, décrétée dès le commencement du XI" s., par les évêques de la province ecclésiastique de Reims et complétée plusieurs fois dans la suite. Il en fut le premier jureur et le principal garant. Pro poiestate sibi a Deo attributa (Gautier de Térouanne, Vita Karoli, § 16), il se devait de faire observer cette législation d'origine ecclésiastique. A côté d'elle, il imposa des mesures nouvelles pour la sauvegarde de l'ordre public : il obligea au respect des temps de tiêve et de paix, défendit le port des armes dans les villes et aux marchés, engagea les nobles à liquider leurs querelles devant un tribunal plutôt que par les armes. Ces mesures mécontentaient sans doute les éléments turbulents; elles favorisaient d'autre part le commerce
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