‹ Dictionnaire d'horticultureChapitre 152 sur 341 · NOTRE · texte numérisé non relu

NOTRE

NOYER

Chagny, à Chantilly, à Saint-Cloud, à Mendon, à Sceaux et chez des particuliers et auprès des villes qui l'appelaient ou réclamaient ses conseils.

Le parterre du Tibre et les canaux du Parc de Fontainebleau, la terrasse de Saint-Germain, la belle promenade d'Amiens sont encore son œuvre.

En 1778, il parcourt l'Italie et fait voir au pape les plans de Versailles. Il y eut entre eux une accolade historique, comme d'ailleurs Le Nôtre en échangeait avec Louis XIV.

A 80 ans, l'immortel jardinier prend sa retraite. Le roi lui offre des armoiries. «J'en ai déjà, répond Le Nôtre : trois limaçons couronnés d'une feuille de Chou.>

Robuste de constitution, franc, ouvert, tenace dans ses volontés. Le Nôtre fut une des gloires de l'art des jardins. Ch. B.

NOUÉ. Un fruit est noué lorsque, la tieur étant passée, l'ovaire commence à grossir.

NOVEMBRE {Travaux du mois de). — Potager. — Novembre est le mois pendant lequel on peut encore, soit protéger, soit hiverner bon nombre de légumes. Labourer et butter les Artichauts, butter le Céleri sur place, enjauger les Choux pommés en les inclinant vers l'exposition du Nord. Arracher : Carottes, Betteraves, Navets, Radis noirs ; relever : Chicorées, Scaroles, Cardons, Céleris, Salsifis, pour les conduire dans la serre à légumes où on met les premiers en tas et les seconds en jauge près à près.

A la fin du mois, semer en pleine terre, k bonne exposition, des Pois Michaux; et sur couches, sous châssis,des Laitues crêpes, gottes et Palatine, des Romaines et Choux-fleurs durs. Continuer sur couche tiède les semis de Radis hâtifs et de Laitue à couper. Commencer le forçage des Asperges, en pleine terre et sur couche.

Par les fortes gelées, couvrir de paille ou de litière sèche : Artichauts, Choux pommés mis en jauge; Céleri, Chicorée et Scarole restés en place.

Jardin fruitie$% pépinière. — Dans la première quinzaine de ce mois, abriter les Figuiers, soit en les enveloppant simplement de paille, soit mieux encore en les couchant et les recouvrant de terre légère, selon la méthode d'Argenteuil. Dans les terrains légers ou de consistance moyenne, procéder à. la transplantation et au remplacement des arbres fruitiers, exellente époque pour cette opération. Commencer la taille des arbres à fruits à. pépins, sauf cependant celle des rameaux de prolongement, qu'il est préférable de ne pratiquer qu'en Février-Mars. Lorsqu'il gèle, procéder au transport des engrais et aux défoncements du sol.

Dans la pépinière fruitière, activer les déplantations et les livraisons, mettre le plus grand nombre possible de sujets en jauge pour les fournitures du printemps, et débarrasser ainsi tous les carrés en vidange.

Jardin d'agrément, pépinière. — Pendant ce mois, les travaux de propreté constituent la majeure partie de l'occupation dans le jardin d'agrément. Ramasser les feuilles tombées; enlever successivement toutes les plantes dont

les fleurs sont passées. Refaire, dans le voisinage de la maison d'habitation, quelques massifs avec des Chrysanthèmes élevés ad hoc. Planter le plus grand nombre d'arbres et arbrisseaux d'ornement à feuilles caduques.

Pour la pépinière d'ornement, mêmes observations que pour la pépinière fruitière.

Serres et Orangerie, — Mouiller les plantes avec discernement ; veiller à ce que la température des serres soit au point convenable; renouveler l'air le plus souvent possible, et entretenir les plantes dans le plus grand état de propreté ; tels sont les principaux travaux à. exécuter durant ce mois. Ch. Gr.

Fig. 620. — Noix.

NOYER; angl. : Waînut] ail.: WaUnussbaum. {Juglans regia.) (Fig. 620.)

Le Noyer est peu difficile au sol ; les terres calcaires, sableuses, siliceuses, argilo-calcaires, mais sèches, lui conviennent sons notre climat tempéré.

Cet arbre se plaît encore dans les sables frais, les terrains pierreux, profonds, substantiels, si le climat est vif et sain.

L'arbre redoute les situations exposées aux gelées printanières qui détruisent ses bourgeons ; il lui faut le grand air et l'espace.

On rencontre le Noyer dans les champs, les vignes, les chemins de ferme, les plaines et les coteaux.

Les plantations de Noyers en massifs ne donnent pas d'aussi bons résultats que les sujets isolés, disséminés ou groupés seulement en lignes simples ou en avenues.

A la suite des grands hivers, beaucoup de Noyers ont disparu ; mais souvent il suffit de receper le branchage et, alors de nouveaux bourgeons se développent sur le tronc.

Par le serais de son fruit, le Noyer élevé franc de pied ne reproduit pas exactement son type ; de là, cette multiplicité de formes indéterminées par la végétation ou la nature du fruit

On est cependant parvenu à le greffer, et alors à fixer les meilleures variétés. Voici les plus estimées:

Noix ordinaire. — Espèce type que l'on peut choisir au moment do la récolte; bon fruit de consommation et de commerce.

A coque tendre; Noix à mésange. — Fruit

NOYEE

NOYER

moyen, allongé; le brou se détache facilement. Bon froit de dessert.

A gros fruit, — Plusieurs sortes à fruit rond ou oblong ; il faut préférer les coquilles minces et les noix pleines. Fruit de fantaisie à manger frais.

De la Saint-Jean, — Fruit moyen, à coque dure ; son mérite principal réside dans la végétation tardive de Farbre.

A ces variétés répandues dans nos diverses provinces, nous ajouterons quelques noms Je types méritants propagés dans le Sud-Est, où le Noyer occupe de grandes surfaces.

Chdberte. — Fruit moyen, faiblement allongé , recherché pour la fabrication de rhuile vierge et de rhuile chauffée.

Arbre fertile, végétation tardive.

Franquette, — Fruit assez gros, oblong, un peu pointu , plein ; à.

dessert; arbre rustique.

Mayette, — Beau fruit de dessert; coque demi -dure et pleine. Arbre à. bourgeonnement tardif.

Parisienne — Bon fruit de table, assez gros et oblong; coque fine, demi-dure, pleine.

Le Périgord, riche en Noyers, cultive les N. Lottarel, de Montignac^ anguleux , tardifs couturé, etc.

LeNoyer se multiplie par semis.

Les noix,stratifiées en hiver, seront semées au printemps ; le jeune plant, élevé en pépinière, y restera jusqu'à ce qu'il soit assez fort pour être planté en demeure.

Les variétés que l'on désire reproduire seront greffées en pied ou sur tiges de jeunes su- j jets, par les procédés de greffe en couronne, ; greffe de biais dans l'aubier, greffe en flûte. Il | faut éviter d'enter une espèce précoce en végétation sur une autre plus tardive ; le cas contraire aurait moins d'inconvénient.

Le greffage du jeune plant, sous verre, pratiqué en mars, est en usage chez quelques pépiniéristes.

Nous avons réussi le greffage en bifurcation de notre Noyer à. fruit comestible (Jugîans rcgia) sur tige de Noyer noir (Jugîans nigrà), espèce américaine plus vigoureuse que l'autre,

Fig. 621. — Cumulus.

plus spéciale à Tindustrie, moins utile à la consommation, mais ayant parfaitement «upporté les trente degrés de froid du grand Mver.

La distance du Noyer en ligne est de* dix mètres environ.

Le Noyer ne supporte aucune taille. On le plante sans Pécimer. Si cependant une branche gourmande ou mal placée se développait, il faudrait la réprimer par une taille longue.

La noix annonce sa maturité par l'ouverture naturelle du péricarpe on brou et par la chute du fruit.

La récolte se fait à coups de gaule sur les branches ; il suffit de monter dans l'arbre, en

évitant de meurtrir les brindilles,de secouer les branches ou bien de frapper sur les bouquets de noix avec la gaule.

Souvent,dansnos campagnes, on attend que le fruit s'écale et tombe naturellement; on le ramasse ensuite, par un temps sans pluie.

Les fruits sont transportés dans un hangar et on les sépare de leur enveloppe; puis on les étend au grenier, on les retourne de temps en temps pour les aérer et pour qu'on puisse les mettre en tas plus tard.

L'emballage des noix se fait dans un sac, dans une caisse, un mannequin ou un tonneau; il euffit que le récipient soit comme le fruit, assez sec et bien sain.

On utilise la noix dans la consommation directe, dans la fabrication de l'huile et de diverses préparations ménagères: pâtisserie, cuisine, etc. La noix confite, fruit entier, est un dessert de choix. La jeune noix confite a, pour les palais blasés, un charme de plus. La noix fraîche, à manger verte ou en cerneau, est recherchée par les populations urbaines, et vendue facilement au marché ou k domicile. En Auvergne, certains établissements consacrés à la fabrication des conserves de fruits préparent la noix blanche, sucrée en bocal. L'engraissement de la grosse volaille, et particulièrement des dindons, avec des noix, est un procédé connu des éleveurs.

Fig. 622. — Cirrus.

NOYER

Page 1