‹ Dictionnaire d'horticultureChapitre 56 sur 341 · JACQUES · texte numérisé non relu

JACQUES

JANKAEA.

pinière, le greffoge de la Pivoine arborescente. Ses observationB sont consignées dans les Journaux horticoles ou les annales des Sociétés d'horticulture. U a publié le catalogue «glossolique» des végétaux cultivés à Neuilly, au Baincy, à Monceau, «domaines privés du Roi», et, en collaboration avec François Hérincq, du Muséum, le Manud général des plantes^ arbres et arbustes. Ch. B.

JACQUINIA L. (Myrsinées.) Arbres ou arbrisseaux très voisins des Theophrasta, mais à files, bien plus petites, éparses, opposées ou en faux verticilles, entières, souvent ponctuées. FI. en grappes corymbiformes, axillaires, blanches, jaunes ou pourpres, hermaphrodites; calice infère, quinquépartite, à seg^ments obtus; corolle campanulée rotacée, profondément quinquéfide, à lobes étalés, obtus ; 5 étamines fixées à la base du tube de la corolle, à anthères extrorses ; 8 staminodes en forme d'écaillé, fixés à la gorge de la corolle; ovaire ovoïde, uniloculaire, devenant an fruit coriace renfermant peu de graines.

Environ 20 espèces de l'Amérique tropicale.

On cultive surtout : J. armillaris Jacq., Hist. Stirp. Au. 56; files, en faux verticilles, ovales oblong^es, mucronées, coriaces, glabres; rameaux noueux; fi. en grappes axillaires pédonculées ; calice obtus ; corolle blanche ; et J. anraBtiaea Ait. (J. macrocarpa Cav.), B. M. 1689; Herb. Auat. 3, 192; Cav. le. 483; files, éparses, oblongues, atténuées aux deux bouts, mucronées, piquantes, coriaces, très glabres; fi. rougeorangé, en corymbes axillaires pauciflores.

A citer aussi, mais moins répandus: J. arborea Vahl., files, par 4, ovales oblongues^ obtuses; fi. en grappes terminales sur des pédicelles charnus au sommet; et J. mexicana Begel., Gar- Tt:5FL. 1866, pi. ôOô, f. 1.

Beaux arbrisseaux de serre tempérée, à cultiver comme les Theophrasta. J. G.

Jacquier. Nom français, de VArtocarpus integrifciio.

Jalousie. Nom vulgaire de l'Œillet de poète (Dianthus barbatusK

Jamaica Pepper, Nom anglais du Pimenla offidnalis,

Jamaica Plum, Nom anglais du Spandias lutea.

Jambon des jardiniers. Nom vulgaire de l'Onagre (CBnothera biennis).

Jambosa. Voir Eugenia.

JAMESIA Torr. et Gr. Genre formé d'une espèce d'arbrisseau à fieurs hermaphrodites, 5 mères, étamines 10; ovaire en partie supère et loculaire à 3-5 placentas multiovulés. Fr. capsule logée dans le calice persistant ; graines petites.

J. americaaa Torr. et Gr. — Bot. Mao. t. 6142; Lavall. Arb. Skgr. t. VI. — Amer, septentr. 1857. — Petit arbriss. d'environ l m., à tiges dressées, rameuses, avec écorce s'exfoliant à. peu près comme celle des Deutzia. Files, caduques, ovales ou oblongues, opposées, bordées de dents simples, mucronées-glanduleuses, couvertes d'un duvet blanc sur la face inférieure. FI. juin, blanches, odorantes, rappelant celles da Deuteia gracUiSt en oymules pubescentes. Découvert en 1820 par le D' James, dans l'Etat

de Nebraska. Charmant arbriss. d'ornement, très rustique, convenant pour garnir le premier plan des massifs, surtout dans les endroits un peu ombragés. Sans être difficile sur les terrains, ce sont cependant ceux légers en humus qui lui conviennent le mieux. Mult. comme les Deutzia. P. M.

JAMESONIA Hook. et Grev., Jamesonie. (Fougères, PoU/podiacées ) Plantes vivaces, très voisines des Oymnogramme, k frondes simplement pinnées ; sores non recouverts par une indusie, placés sur les nervures divergentes des pinnul es.

J. imbricata H. et G., Jamesonie imbriquée. — Hautes-Andes, de la Nouv. Grenade au Pérou. — Rhizome tortueux, noir , rampant ; frondes assez hautes, simplemt. pinnées, à pinnules imbriquées, coriaces, arrondies, à bord recourbé, lobule, légèremt. villeuses, à nervure en éventail et à pétiole noir, grêle, résistant. Curieuse Fougère de serre tempérée. E. R.

JAMIN (Jean-Laurent), né le 10 juillet 1793, à Paris, décédé le 18 juillet 1876, à Bourg-la- Reine. Fils de jardinier établi dans l'enclos des Cordeliers, il accompagna son père dans l'entretien de propriétés jusqu'en Anjou, où il travaillait aux pépinières chargées de les alimenter. Soldat, il assista aux batailles de Lutzen, de Bautzen, fut emmené prisonnier en Russie, de là en Pologne, où il put continuer sa profession, enfin revint en 1815, au parc de Brissac. A 26 ans, il se perfectionne à Paris, se marie et s'installe à Gentilly, puis à Paris, en 1830, rue de Buffon, où l'agrandissement du Muséum l'oblige à se retirer à Bourg-la-Reine au milieu de ses pépinières. Là, il crée un établissement modèle, étend la production d'arbres fruitiers formés qu'il avait commencée au château de Brissac, en 1816, imagine etnerfectionne des formes imposées aux arbres fruitiers. En relation avec les principaux pomologues, il épure la nomenclature fruitière et on lui confie, sur divers points, la création de jardins fruitiers et de vergers. Membre assidu et écouté de la Société nationale d'hortic, dont il était fondateur, lauréat de nombreuses récompenses, chevalier de la Légion d'honneur en 1855, médaille d'honneur de la Société pomologique de France (1867), Jamin fut attristé par la mort de son gendre et associé Durand, et plus tard par l'invasion ennemie, qui le força à abandonner ses chères cultures, continuées par son fils Ferdinand, dans les mêmes conditions de travail, de science et d'honorabilité. Ch. B.

Jamrose, Jamerosier. Nom vulgaire de VEugenia Jambos.

JANKAEA Boiss. (Cjrrtandracées.) Genre monotype, comprenant le seul J. Heldreichii Boiss. (Bamondia Heldreichii Janka, Haberlea Heldrei^ chii Boiss.) et très voisin des Bamondia^ dont il diffère par sa corolle courte, campanulée-infundibuliforme, à 4 lobes égaux, le nombre de ses étamines qui est de 4, dont les filets sont plus courts ; il diffère également du genre Haberlea, dont il a le faciès, par ses étamines didynames, la forme de sa corolle et de sa capsule. Le J. Heldreichii croît dans les fentes des rochers de la région alpine sur le mont Olympe,

JANKAEA.

JARDIN

en Thessalie, entre 1500 et 2700 mètres. C^est one plante à feuilles épaisses, rosolantes, velues, ovales-obtuses, entières, marquées de veines blanches ou ferrugineuses ; fleurs violacées, portées par 1-2, sur une hampe courte, glanduleuse-velue. Juin-juillet. Il lui faut le rocher, la position perpendiculaire et le Nord. Multiplication par éclats. H. C.

Janthe bugtdifolia. Voir Gelsia.

JANVIER (Travaux du mois de). — JPùtager. — En pleine terre, conduire les engrais sur les carrés, où ils devront être enterrés; continuer les labours à grosse bêchée lorsqu'il ne gèle pas ; donner de Tair aux Artichauts quand le temps est doux ou pluvieux et les recouvrir au premier signe de froid. Semer sur côtières, à bonne exposition et en petite quantité à la fois, des Pois hfttifs et des Fèves de marais.

Renouveler et entretenir la chaleur des ré-

Fig. 606. — Jacobinia Ohibsbrbghtiana Dcne.

chauds des couches faites en Décembre. En faire de nouvelles et semer des Laitues gottes et crêpes, des Romaines, des Carottes rouges courtes hâtives; des Choux-fleurs; Poireaux; Radis hâtife ; Melons et Concombres h&tifs, en petits pots. Continuer la préparation des meules & Champignons et de la Barbe-de-capucin dans des caves sombres et chaudes.

Par le mauvais temps, procéder à la fabrication des paillassons et à la réparation du matériel ; visiter et nettoyer les graines et les racines, telles que: Carottes, Navets et Betteraves dans la serre à légumes.

Jardin fruitier, pépinière. — Lorsqu'il ne gèle pas, continuer les défoncements et l'ouverture des trous des arbres à remplacer dans les lignes d'espalier ou de contre-espalier, surtout dans les terrains humides ; continuer la taille des Poiriers et Pommiers. Racler l'écorce des

vieux arbres et les chauler. Récolter et préparer les boutures de Vigne, de Groseilliers à grappes et de Cassissiers ; les réunir par petites bottes et les enterrer la tête en bas dans du sable frais à l'exposition du Nord pour le conserver jusqu'en mars-avril, en les abritant avec de la litière sèche pendant les fortes gelées. Quand le temps est au doux, continuer la plantation de toutes espèces d'arbres, mais seulement dans les terrains secs.

Jardin d'agrément^ pépinière, — Pendant ce mois, quand on n'exécute ni changements, ni plantation nouvelle, il y a peu de travaux à exécuter dans le jardin d'agrément. Cependant on peut procéder à la taille des arbrisseaux, dans les massifs, en observant attentivement: de ne tailler que les espèces qui fleurissent en été, telles que Hibiscus, Vttex, Ceanothus, Caryopteris^ etc.; de supprimer les rameaux ayant fleuri sur celles qui s'épanouissent au printemps, telles que: Fhiladdphus.Deutsia^Lonicera^ etc . en réservant les pousses de l'année précédente qui seront autant de jets floraux; et enfin, de laisser absolument intactes celles qui fleurissent au sortir de l'hiver, telles que: Forsythia^ Bibes^ Prunus, etc . qu'on ne devra tailler qu'aussitôt après la floraison. Lorsque la température le permet, on peut aussi: bêcher au trident dans les massifs, terreauter les pelouses, et s'il y a lieu, réparer les allées du Jardin et détruire les gazons usés ou défectueux

Serres et orangerie. — Veiller à ce que la moisissure et la pourriture ne fassent de dég&ts sur les plantes rentrées en serres ou en orangerie. Arroser avec discrétion et donner de l'air & Torangerie toutes les fois qu'on le peut. Forcer en serre des Tulipes, Narcisses, Lilas et Camellias, etc. Procéder à la multiplication par semis des Fougères, Aroîdées, Broméliacées, etc., et par bouturage: de Coleus, AUernanthera, Bégonia^ etc. Ch. Gr.

JARDIN. On appelle Jardin un espace ordinairement clos que l'on emploie à la culture des végétaux. Le but de cette culture peut être utile ou agréable, ou réunir encore ces deux points de vue. Les jardins peuvent donc être d'utilité, d'agrément ou mixtes.

A. Jardins d'utilité.

On classe dans les jardins d'utilité :

1^ Les jardins potagers (voir Jardin potager), 29 Les jardins fruitiers (voir Jardin fruitier), '6^ Les jardins potager s- fruitier s. La combinaison des cultures légumière et fruitière existe dans la plupart des jardins de maisons bourgeoises et de châteaux. On la rencontre aussi dans ceux de grands établissements, tels que collèges, couvents et hospices. Dans le premier cas, on comprend que les cultures ne soient pas toujours d'assez grande importance pour être scindées en parties distinctes; mais dès qu'elles doivent être pratiquées sur une certaine échelle, leur réunion doit être condamnée. Ses inconvénients sont nombreux. Voici les principaux : 1® l'ombre portée par les arbres nuit à la production des légumes ; 2^ les labours répétés et les <façons> nombreuses portent atteinte aux racines des arbres; S» l'enlèvement des

JARDIN

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récoltes an travers des lignes dWbres occasionne fréquemment des mutilations de coursonnes, lambourdes, brindilles, etc. On voit donc que, dans les jardins potagers de quelque importance, les murs seuls peuvent être utilement consacrés à la production fruitière, au moyen d'espaliers ou de «cordons».

40 Les jardins scientifiques^ au premier rang desquels U faut compter les jardins botaniques. Ces jardins sont exclusivement destinés à la culture des végétaux pour Tétude. La principale considération qui doit présider à leur installation est le groupement des espèces par analogies ou affinités (voir le mot Classification),

Les jardins botaniques renferment aussi des serres, orangeries et abris divers, de manière à assurer la conservation de tous les végétaux, à quelque climat quHls appartiennent.

Dans les jardins scientifiques sont compris aussi les arboretum^ sortes de jardins botaniques spéciaux aux arbres d'ornement et forestiers; les jardins d'expériences, particulièrement affectés à l'étude des procédés de culture, à l'application théorique et pratique des engrais, des insecticides; puis enfin les jardins toologiques et d^ acclimatation. Dans ces dernières catégories, la culture n'occupe qu'une place très secondaire et est uniquement subordonnée à des besoins spéciaux.

B. Jardins d'agrément.

Selon leur étendue, les jardins d'agrément peuvent être divisés en jardins d'agrément proprement dits et en pares. La délimitation entre les uns et les autres est assez difficile à établir. En effet, tel jardin qui paraîtra petit dans une région où la propriété est peu divisée, paraîtra grand dans une autre où le morcellement est considérable. Néanmoins on admet ordinairement qu'au delà d'une surface de 10 à 12 hectares le jardin d'agrément devient un parc.

Il y a trois catégories de jardins d'agrément proprements dits, comme de parcs :

1^ Les parcs et jardins symétriques ou géométriques, improprement désignés sous le nom de parcs ou jardins français. Leur tracé est obtenu par la combinaison de lignes droites et de lignes courbes régulières. Il est symétrique dans toutes ses parties. Le plan peut être horizontal ou incliné, ou encore rompu en terrasses, mais il ne comporte pas de vallonnement. Les jardins symétriques d'une certaine étendue sont susceptibles de beaux effets d'ensemble et peuvent présenter de jolies perspectives ; mais, excepté dans certaines grandes demeures princières, où le style de Le Nôtre a été scrupuleusement conservé, il est aujourd'hui peu de parcs symétriques, à moins que les grands fourrés n'y soient divisés par des «tirés» pour la chasse. Dans tous les cas, la disposition symétrique est exclusive de la recherche de tout effet paysager. Dans les grandes propriétés, il existe souvent un jardin symétrique séparé du jardin paysager et exclusivement consacré à la culture des fleurs. Cest là un jardin fleuriste. Cette méthode est très usitée en Angleterre. Un petit jardin ne comprenant que des plates-bandes accom-

pagnées ou non d'une pelouse au tracé symétrique, s'appelle simplement un parterre.

2^ Les parcs et jardins paysagers^ dits aussi, mais improprement, parcs ou jardins anglais. «Leur objet est la combinaison de la nature sauvage avec un art qui en fasse valoir les côtés attractifs, en cache les points défectueux, y ajoute au besoin des beautés de son invention et dissimule habilement sa présence. »i Par extension, on donne le titre de paysager à un procédé de style décoratif, qui consiste à tracer les jardins entièrement avec des courbes presque régulières, mais dont l'effet paysager est à peine caractérisé. On conçoit, du reste, qu'il n'en peut qu'être ainsi dès que l'étendue d'un jardin est restreinte à de petites surfaces : audessous d'un hectare, par exemple.

30 Les parcs et jardins de style composite, formés d'un mélange des deux styles qui caractérisent les précédents. U y a peu de temps encore, ce mélange était plutôt hétéroclite que judicieux; la transition entre le style symétrique, qui doit avoisiner de préférence les habitations, et le style paysager, qui n'est luimême qu'une transition entre les conceptions de l'art et les grandes scènes de la nature, n'était pas toujours subtilement ménagée.

Mais depuis quelques années, le style composite a réalisé des progrès marqués, dont on est redevable à VArt des jardins, que pratiquent les Architectes-Paysagistes, C'est à l'heureuse harmonie entre le caractère des habitations et celui du milieu naturel dans lequel elles se trouvent placées, que l'on reconnaît leurs meilleurs travaux.

G. Jardins mixtes.

Les jardins mixtes sont ceux dans lesquels entrent à la fois les cultures potagère, fruitière et d'agrément. La grande majorité des petits jardins sont ainsi composés.

DE l'utilité générale DES JARDINS.

A. Jardins potagers et fruitiers.

Au point de vue de T alimentation, l'utilité des jardins potagers et fruitiers n'a pas besoin d'être démontrée. Mais la présence, dans le voisinage des grandes agglomérations humaines, d'un grand nombre de cultures de rapport, est d'une importance hygiénique de premier ordre. En effet, pour prospérer, l'industrie rurale doit faire de la culture intensive. Cette culture, ne s'obtenant qu'à force d'engrais, épuiserait rapidement le sol, s'il n'y était porté remède par la restitution des éléments fertilisants que la production végétale lui enlève. Aussi les cultivateurs suburbains recueillent-ils avec soin les gadoues et les vidanges des grandes villes. La transformation, dans le sol, de ces détritus, produit un «humus» riche en azote, en potasse et en acide phosphorique, éléments chimiques indispensables à la production des végétaux.

A Paris, on a, dans des conditions déterminées et sur certains points de la banlieue, pratiqué dans le sol des irrigations à Teau d'égoût.

i Ed. ADdré. L'Art des jatdim. Paris 1879.

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B. Jardins botaniques.

On a dit avec raison que les jardins botaniques sont les «Conservatoires des plantes>. Cette définition seale suffirait à en justifier l'existence. La détermination des genres et des espèces, comme aussi l'attribution de leur rang dans la classification, nécessitent des observations nombreuses et des études approfondies qui pourraient difficilement être entreprises, si les savants n'avaient à leur disposition que des ! matériaux d'études pris dans la nature ou dans les berbiers.

Les études botaniques reçoivent en outre d'autant plus de consécration qu'elles sont faites par des savants de divers pays, sur divers points du globe et en divers milieux, où les mêmes espèces peuvent se présenter sous des aspects différents. Aux jardins botaniques se rattachent les jardins alpins, destinés à la culture des plantes oui ne croissent qu'à de grandes alti- > tudes. L'extension des jardins botaniques est ! rendue de nos jours de plus en plus nécessaire | par suite de la rapidité des découvertes géogra- | phiques, qui sont une source féconde d'observations nouvelles et enrichissent incessamment le règne végétal, comme le règne animal, d'es- i pèces qui étaient restées ignorées jusqu'ici. |

Il résulte d'une communication faite à l'Asso- ' dation américaine pour l'avancement des sciences, que, sur les 200 jardins botaniques qui i existaient il y a 10 ans à la surface du globe, | l'Allemagne en possédait 86, l'Italie 23, la France 22, la Russie 16, l'Autriche 13, l'Angleterre 12, les Etats-Unis 10, etc.

Après celui du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, les jardins botaniques français les plus importants sont ceux de Lyon, de Montpellier, de Bordeaux, de Lille, de Marseille, de Dijon, de Grenoble, et celui delà Marine à Brest. Les jardins coloniaux français du Hamma d'Alger, de la Martinique, de Saigon, de Pondichéry, d'Hanoï, de la Réunion, de Libreville (Gabon) et de Saint-Louis du Sénégal, sont les plus remarquables.

Les jardins royaux de Kew, en Angleterre, jouissent d'une renommée universelle. Leur surface est de 105 hectares. Les serres y sont au nombre de seize, avec un dôme central d'une hauteur de 20 mètres. Le Royaume-Uni compte 12 autres jardins botaniques, parmi lesquels ceux de Regent's Park, à Londres, d'Edimbourg et de Dublin sont les plus renommés. Le jardin royal de Berlin est d'une importance considérable ; sa serre à Palmiers, haute de plus de 27 mètres, est la plus élevée de toutes celles qu'on ait construites jusqu'à présent. Il existe encore en Allemagne d'autres jardins botaniques, parmi lesquels il faut citer ceux de Munich et de Wurzbourg. En Russie, on peut citer celui de St-Pétersbourg ; en Belgique, celui de Bruxelles ; en Suisse, celui de Genève, etc.

Il existe aujourd'hui des jardins coloniaux dans les Indes, l'Archipel malais, l'Australie, le Cap, l'Ile Maurice, la côte occidentale d'Afrique, les Antilles, les Guyanes, etc. Le plus vaste de tous est celui de Bnitenzorg, à Java. Sa surface est de 445 hectares. Il est situé à 1800 mètres

d'altitude. Toutes les plantes des tropiques 8*y multiplient.

Le Japon possède un jardin botanique de création récente, mais déjà d'une richesse exceptionnelle. Enfin les Etats-Unis d'Amérique voient se multiplier chez eux les jardins botaniques. Le plus ancien est celui de Philadelphie. Lei plus beau, celui de Cambridge (Massachusetts). Le plus grand, celui de Saint-Louis (Missouri), qui occupe une surface de 200 hectares. Le plus important scientifiquement est celui de Washington. On cite ensuite ceux de Détroit (Michigan), de San-Francisco, de Berkeley, de Bufi^lo, etc. On installe actuellement celui de New^York, dont la surface sera d'une centaine d'hectares.

G. Jardins orbains; jardins mixtes; petits jardins.

De tout temps, les efforts de l'homme ont été attirés vers l'aménagement d'un petit coin du sol pour en faire son lieu de promenade, de récréation ou de repos. Le sentiment de la nature l'a conduit à l'embellir par l'introduction de beautés végétales. Celui dont la vie est toute d'activité dévorante, en y retrouvant le calme et le repos, peut aussi y rétablir 1 équilibre rompu entre son intelligence surmenée et sa vigueur physique amoindrie. La mère ne saurait trouver de milieu plus favorable pour développer et fortifier la vie de famille. La maison ne demande pas seulement des fleurs au petit jardin, mais aussi des légumes et des fruits. Et si, dans le champ d'action restreint au seul labeur du chef de famille, la récolte n'est pas toujours en rapport avec les fatigfues qu'elle a coûtées, le ménage n'en acquiert pas moins la satisfaction de savourer le produit de travaux qui l'ont momentanément éloigné des bruits de la vie citadine, l'ont distrait des soucis de la lutte pour l'existence, et lui ont fourni une part d'hygiène précieuse pour la santé de tous.

D. Parcs et grands jardins d*agrément.

Le caractère utilitaire des grandes créations diffère selon qu'elles sont privées ou publiques. Les premières ne sont que la réalisation des désirs de leurs possesseurs dans un but de promenade et d'agrément Mais les récréations saines, les préceptes de l'hygiène, ainsi que le bonheur de la vie de famille y sont susceptibles d'un grand développement par suite d'un sage emploi de la fortune. Si le propriétaire est animé de l'amour du beau, s'il sait confier les embel* lissements de sa propriété à un ouvrier pénétré du sentiment et des règles de son art, si, l'un comme l'autre, ils savent placer les préoccupations esthétiques au dessus des questions, le premier, de dépenses, le second, de recettes, l'art des jardins ne peut que progresser entre leurs mains, et ce n'est certes pas là un des moindres caractères d'utilité qu'on peut accorder aux parcs et aux grands jardins paysagers appartenant à la propriété privée.

L'établissement des parcs et des jardins pU" bîies revêt un haut caractère d'hygiène en même temps qu'il est comme l'expression officielle de l'art des jardins. Au point de vue hygiénique.

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«les parcs pablies 8ont les ponmons des «ités populeuses».' Les végétaux absorbent de Tacide carbonique et dégagent de l'oxygène. Leur présence dans les villes ou autour d'elles, par l'action de ce phénomène, en purifie l'air vicié et en rend par conséquent le séjour plus sain.

Enfin, par l'existence des parcs et des jardins publics, les nombreuses familles auxquelles la fortune a refusé la possession ou la jouissance, même temporaire, du moindre coin de terre, peuvent introduire dans leurs délassements la promenade hygiénique et se reposer dans la contemplation de beautés naturelles.

A Paris, le total des parcs et des jardins publics dépasse quatre-vingt-dix. L'aménagement des Champs-Elysées et des bois de Boulogne et de Vincennes est un exemple de la vive impulsion qui fut donnée à l'embellissement et à l'assainissement de Paris pendant les premières années du second empire. Le parc Monceau a subi une rénovation complète ; il est devenu un grand jardin de style décoratif, entretenu de la &çon la plus brillante. De petits jardins de même style ont embelli la plupart des places de Paris ; on leur a donné le nom de squares. Le parc des Buttes-Chaumont est un merveilleux exemple de la façon dont on a pu tirer parti de terrains incultes et informes, éventrés par des carrières. L'établissement du jardin du Trocadéro a nécessité la disparition d'une partie de la colline calcaire de Passy. Enfin le parc de Montsouris, avec lequel on a utilisé les terrains mouvementés et incultes qui s'étendaient des bords de la Bièvre jusqu'au plateau de Xontroage, a été conçu dans le style paysager le plus moderne.

A Lyon, le beau parc de la Tète-d'Or a été conquis sur les terrains malsains des bords du Rhône. Marseille a le Prado. Les parcs de Versailles, de Saint-Cloud, de Trianon, do Fontainebleau, sont les plus beaux spécimens du style symétrique. Les jardins des Tuileries et du Luxembourg sont de plus anciennes créations.

Les jardins publics les plus remarquables, parmi ceux des autres villes de France, sont ceux de Bordeaux, Lille, Rouen, Tours, Angers, Troyes, Montpellier, Caen, Rennes, Toulouse, Nîmes, Avignon, etc

En Angleterre, le jardin de South -Kensington, appartenant à la société royale d'horticulture, est de style symétrique. Les parcs et jardins publics les plus remarquables sont ceux de Birkenhead, de Glasgow. d'Edimbourg ; de Sefton, à Liverpool; Hyde-Park, Richmond-Park. St. James'-Park, Victoria-Park, etc., à Londres ; Phœnix-Park à Dublin ; Cannon-Hill-Park & Birmingham.

En Allemagne, Berlin possède le Thiergarten et le parc de Charlottenburg. IL faut citer aussi le Grosser Garten, à Dresde ; TEnglischer €^arten, à Munich ; Rosenthal et Johanna-Park, à Leipsig ; Flora, à Cologne ; le Palmengarten à Francfort; les Jardins creux à Hambourg, etc.

En Autriche, il faut signaler le Prater et le parc de Schœnbrunn, à Vienne; le Volksgarten et le Kaisergarten, à Prague.

La Russie a le Jardin Alexandre à St-Pétersbourg; le parc Alexandre et le jardin de

Peterhof, à Moscou ; les pares publics de Kiew et de Varsovie.

L'Italie a le parc du Pincio et la Villa Borghèse, à Rome; les jardins Boboli, à Florence; la promenade de l'Acqua-Sola, à Gênes; les parcs publics de Turin, de Livoume, de Caserte, etc.

L'Espagne a le Prado, à Madrid ; l'Alaméda, à Grenade, et la Florida, à Vittoria.

La Hollande a le Bois (Het Bosch), à La Haye, et Nieuw-Park, à Rotterdam. La Belgique a le Bois de la Cambre, à Bruxelles, et les parcs d'Anvers. Le Portugal, la Roumanie, le Danemark, le Grand-Duché de Luxemburg et la Bulgarie, ont chacun leur capitale agrémentée d'un parc public.

Dans l'Amérique du Centre et du Sud, on remarque l'Alaméda, & Mexico, et les parcs publics de Rio-de-Janeiro, de Lima et de Buenos- Ayres.

Les grands parcs publics se multiplient dans l'Amérique du Nord. Ceux de New-York, Brooklyn, Chicago, Montréal, Albany, Boston, San- Francisco, Saint-Louis, Cincinnati, etc., sont les plus remarquables. Aux Etats-Unis, lorsqu'on fonde une ville nouvelle, on prévoit & 1 avance les limites dans lesquelles elle pourra s'étendre et l'on donne en conséquence aux parcs publics, au fur et à mesure qu'on les crée, des dimensions considérables, dont on n'a pas d'exemples dans l'Ancien continent.

Historique de TArt des jardins. ^

Après celle qui fit de l'Empyrée un jardin céleste, la conception la plus idéale des jardins est assurément celle du JParadis terrestre, dans lequel toutes les religions du globe ont placé le berceau de l'humanité. Les Orientaux l'ont placé en Asie-Mineure, entre le Tigre et l'Euphrate, ou encore près de Damas. Les Hindous l'ont placé à Ceylan. Le jardin des Hespérides fut celui de l'âge d'or chez les Grecs. Chez les peuples qui avaient déjà doté le Nouveau Monde, avant qu'on en fit la conquête, d'une civilisation relativement avancée, les Mexicains entre autres, on retrouve la même conception avec les jardins de Tzatzitépec.

Au IV'' siècle avant J.-C, les Chinois possédaient des parcs & l'aspect paysager.

Chez les Egyptiens, les jardins d'Osiris ou d'Ammon furent célèbres. En déchiffrant des hiéroglyphes, Champollion est parvenu à en reconstituer les scènes. Non-seulement les fleurs formaient dos parterres, mais elles ornaient aussi les appartements. Avec les Dattiers, Oliviers, Grenadiers, Myrtes, etc., on a reconnu VHyphœne thebaica et le Ficus Sycomorus. Hérodote a décrit ces jardins, et Strabon, les riches cultures maraîchères de Memphis.

En Assyrie, Niebuhr, M. Guillaume Lejean et d'autres voyageurs ont retrouvé les fondations de ces fameux jardins suspendus de Babylone,

* Nous avons essayé de résumer ici quelques-uns des plus intéressants chapitres de VArl des JardtnB, de M Ed. André; ouvrage qui restera l'un des plus remarquables monuments de renseignement paysagiste et horticole

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dont Diodore de Sicile noas a laissé la description. Us se composaient de terrasses carrées, disposées en un amphithéâtre à pinsieors étages, et soutenues par d*énormes colonnes. On a exagéré la surface de ces jardins : elle a pu être évaluée exactement à un hectare einquantedeux ares.

C'est à la suite de renseignements fournis par Xénophon sur les jardins de Cyrus, que TArt des jardins sHntroduisit chez les Grecs. Mais la fièvre de la vie publique d'une part, et l'extrême densité de la population dans un territoire aussi restreint que TAttique, d'autre part, devaient assurément laisser prendre à l'Architecture le premier pas sur l'Art des jardins ; aussi n'en constate-t-on la véritable expansion dans l'antiquité, qu'avec celle des fastes de Rome.

A Rome, et sauf à l'époque antérieure aux Tarquins, le goût des jardins progressa rapidement. La magnificence des jardins de Lucullus était proverbiale. La villa d'Arpinum, où naquit Cicéron, était une sorte de parc paysager abondant en beautés agrestes. Tacite a décrit les parterres que planta Salluste sur le Quirinal. Horace et Virgile, dans leurs poëmes, ont signalé les plantes qui avaient attiré leur attention, ainsi que les méthodes de culture usitées à leur époque. Les Géargiques sont remplies, à cet égard, des renseignements les plus curieux.

La plantation des arbres en quinconces était en usage à Rome du temps de Pline l'ancien. C'est, croit-on, à Cnéus Matins, ami d'Auguste, qu'il faut attribuer la première idée de donner, par la tonte, des formes artificielles aux arbres. Sous Néron, deux centurions, nommés Severus et Celer, dessinèrent pour l'empereur des jardins que l'on doit considérer comme le point de départ du style paysager moderne. On a pu relever, il y a une trentaine d'années, les emplacements d'un certain nombre de jardins urbains du temps d'Auguste.

Pline le jeune a laissé de ses villas des descriptions tellement précises, que Félibien en 1699 et Castell en 1728 ont pu en publier les plans. L'un de ces plans, celui de la villa de Pline le jeune, en Toscane, est figuré dans Touvrage de M. Ed. André aussi complètement que possible.

Cette villa était divisée en trois parties distinctes :

1^ Les alentours immédiats de l'habitation, qui comprenaient Vhippodrome, entouré de grandes avenues plantées d'arbres ; la gestatio, Ueu de repos ombragé ; le xystus, parterre de fleurs entouré d'allées couvertes.

20 Le labyrinthe, formé d'un bois épais traversé par des allées entrelacées et embrouillées à dessein.

3^ Le bais sacrée vallon parsemé de massife, d'arbres avec une prairie qui traversait une dérivation du Tibre. C'est là que les divinités avaient leurs temples.

Trois catégories de jardiniers se partageaient les soins de la culture: Vhortulanua pour les fleurs, le topiarius pour les bosquets taillés, et Voîitor pour le potager.

Mais les jardins romains renfermaient un grand nombre d'ornements architecturaux : temples, bains, eaux jaillissantes, arcs de triomphe, colonnades, etc., auxquels il faut joindre la pergtda, bosquet symétrique en treillage recouvert de Vignes ou d'autres plantes grimpantes, et qui s'est perpétué jusqu'à nos jours en Italie sous le nom de pergola.

La décadence vint bientôt après l'apogée. La profusion dans les jardins des ornementations luxueuses autant qu'artificielles devait bientôt en éloigner le bon goût. Les horizons enchanteurs de ritalie disparurent bientôt sous l'envahissement d'une architecture et d'une sculpture ab&tardies.

Puis l'Art des jardins resta pendant de longs siècles enseveli sous les ruines causées par l'invasion des Barbares. C'est aux religieux du moyen-âge que l'on est redevable de la conservation des quelques traditions qui, ayant survécu à la tourmente, furent recueillies par les premiers chrétiens et abritées dans les monastères

La civilisation s'était néanmoins réfugiée pour quelque temps à Byzance, mais les jardins de la capitale de l'empire d'Occident procédaient plutôt du génie oriental. A part cette exception et celle qui se manifesta à la faveur de rétablissement passager des Maures en Espagne (X* siècle : fondation des huertas (jardins) de Valence, et de l'Alhambra), il faut compter jusqu'au XVI© siècle avant d'observer le réveil de l'Art des jardins.

Le premier livre qui en traite fut composé par Pierre de Crescence, sénateur de Bologne, vers IHOr». Traduit en 1873 en français par ordre de Charles V, il fut imprimé pour la première fois en 1471.

Vers la fin du XV'^ siècle, Laurent de Médicis, protecteur des arts, créa à Florence de grands jardins dont la composition était évidemment inspirée de celle des villas de l'ancienne Rome. De cette époque datent les villas Médicis, Doria, Borghèse, Colonna, etc. Les jardins Boboli, & Florence, datent de 1440.

Vers 1546, le Sénat de Venise fonda le premier jardin botanique, à Padoue. On était alors en pleine Renaissance. François I*' faisait restaurer Fontainebleau et construire Chambord. L'influence du goût italien, qui luimême s'inspirait des procédés de l'ancienne Rome, guida les dessins des jardins français. En 1565 parut la Maison rustique, traduction et importante amplification du Frœdium rusticum de Ch. Estienne. En 1575, Merlet publia V Abrégé des bons fruits, qui fut suivi, en I5s0, du Jardin délectable, de Bernard de Palissy.

Les jardins du château d'Anet, appartenant au duc d'Aumale, étaient alors les plus réputés de France pour leur beauté. Le fils du jardinier d'Anet. Claude Mollet, devint jardinier du roi Henri IV. Il dessina, en 1595, les jardins de Monceau et de Saint-Germain et le parterre voisin de l'étang de Fontainebleau. Il planta beaucoup d'arbres fruitiers, dont il propagea les meilleures sortes. Enfin, il créa le premier les parterres de broderies. Ses travaux sont consignés dans un Théâtre des plans et

JARDIN

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jardinages^ qaUl pablia en 1614. Us marquent bien révolution des embellissements mièvres de la Renaissance vers les larges conceptions de Le Nôtre En 1612 fut dessiné, par de Camp, le jardin du Luxembourg. Une partie de l'ancien tracé subsiste encore près du palais du Sénat. £n 1639, Boyceau de la Baraudière. intendant des jardins royaux, publia un Traité de jardinage^ dans lequel il consigna les divers préceptes de l'art des jardins en usage à cette époque. Ce document précise la dernière étape des progrès de cet art avant la création du style symétrique, dit style français.

Création du Style symélriqne.

Le Nôtre, fils d'un jardinier des Tuileries, était né en 1613. H abandonna la peinture pour rhorticulture, dont il puisa, croit-on, les premiers enseignements dans les jardins de Richelieu, à Rueil. Il traça, pour Fouqnet, ceux du château de Vaux. C'est après la disgrâce du surintendant des Finances que Louis XIV l'appela pour créer le parc de Versailles.

Le Nôtre rapportait tout à la ligne droite et à la symétrie, mais il recherchait la grandeur et la majesté. Ses principaux jardins sont: Vaux, Trianon. Clagny, Marly, Meudon. Saint- Cloud, Sceaux, Chantilly, Fontainebleau et Versailles, en France; Greenwich et Saint- James, en Angleterre; les villas Pamphili et LudoTisi, en Italie. Il en dessina aussi en Suède, en Allemagne et en Espagne. Parmi ses créations, Versailles est «un chef-d'œuvre qui commande l'attention même de ses détracteurs. On peut, en effet, ne pas en aimer le style et le trouver monotone, même ennuyeux, mais qui oserait refuser au parc de Versailles une largeur de conception en rapport avec les lignes monumentales des bâtiments qu'il accompagne et avec Téclat des costumes et l'élégance de la cour contemporaine ?> ^

Le Nôtre mourut en 1700. Il restera la çersonuifîcation la plus éclatante de l'Art des jardins au siècle de Louis XIV.

A l'étranger, le style symétrique fit sentir son influence à des degrés divers. Il modifia peu les parterres hollandais, chez lesquels les découpures et les entrelacements procèdent beaucoup de sectionnemants de cercles, et, par ce fait, décèlent un genre particulier. En Autriche, les jardins de Schœnbrunn, dessinés par Fischer en 1696, dérivent du style symétrique. Ce style présida encore à la création, en Allemagne, des jardins du palais d'Anspach, en 1713, et de ceux de Schwetzingen, dessinés par l'électeur palatin, Charles-Théodore, vers le milieu du X Ville siècle. En Russie, Le Blond, élève de Le Nôtre, fut appelé par Pierre-le- Grand et créa Peterhof.

Mais c'est surtout en Angleterre que le goût général se décida pour les jardins français, à la suite de la transformation, par Le Nôtre, de Greenwich et de Saint-James. De cette époque datent le grand hémicycle de Hampton-Court, qui resta inachevé, et les parcs de Chatsworth et de Beaconsfield.

* Ed. André, VAH dôê jardins. Paris 1879.

Evelyn a décrit les plus beaux parcs et jardins d'Angleterre conçus en ce genre: ceux de lady Brook, à Hackney, de lord Craven, à Caversham, de lord Essex, à Cashiobury, de lord Pembroke, à Wilton, de sir J. Child, & Wanstead-House, de M Burschnell, à Wells, etc.

Loudon a cité, d'après Bray, les jardins de Kew, d'Althorp, de Beddington, de Marden, d'Albwise, de Howards, et de Swallowfield.

De 1691 date VEasai sur lesjardim d*Epicure, publié par sir W. Temple. Les conceptions de cet auteur empruntaient beaucoup à l'art architectural de la Rome antique. Elles furent réalisées par la comtesse de Bedford, dont les jardins passèrentpour le plus beaux du temps.

Loudon et Wyse, les plus célèbres pépiniéristes d'alors, dessinèrent, dans le style propre de Le Nôtre, les jardins de Wollaton-Hall. puis ils continuèrent ceux de Kensington, qu'avait fait commencer le roi Guillaume. Loudon créa Wanstead (Essex) et Edger(Herefordshire). Wyse créa Blenheim. Bridgeman leur succéda. Il fit disparaître les broderies et les arbres sculptés. Il eut l'occasion d'appliquer de plus larges conceptions, qu'il sut exécuter sobrement, à Kensington, auquel la reine Caroline lui fit ajouter 300 acres.

En 1728, le D»- Blackwell transforma la terre du duc de Cnandos selon les préceptes de Le Blond, dont l'ouvrage, Théorie et Pratique du Jardinage, avait été traduit en anglais.

William Kent, peintre décorateur, avait été envoyé en Italie par Lord Burlington. Il en revint avec le goût formé et quitta, comme Le Nôtre, son premier métier pour se livrer à l'Art des jardins Ses premières créations, Burlington-House et Exton-Park. sont de style symétrique. On était alors en 1730.

Gréationjdn Style paysager.

C'est au moment même où le style symétrique jouissait de la plénitude de sa vogue, que furent tentés, en France, les premiers essais de style paysager, par Charles Rivière Dufresny.

Dufresny, né en 1648, fut, dans sa jeunesse, valet de chambre de Louis XIV. Il s'adonna aux beaux-arts et à la littérature, mais plus particulièrement & l'Art des jardins. Il choisissait de préférence les terrains irréguliers, et lorsqu'il devait tracer un jardin sur un sol plat, il le rendait montueux ; i ce furent là les premiers «vallonnements>. C'est dans ce genre que Dufresny créa le parc de Mignaux près Poissy, les jardins de l'Abbé Pajot, à Vincennes, et ceux du Chemin creux, au faubourg St-Antoine. Il soumit & Louis XIV, sur sa demande, deux plans pour Versailles. Le roi recula seulement devant l'excessive dépense que leur exécution eût entraînée. Dufresny mourut en 1724, c'està-dire six ans avant que Kent ne songeât à adopter le nouveau style.

C'est donc à tort que l'on a attribué à Bridgeman les premiers essais dans ce genre. Mais il est juste de reconnaître que s'il n'en eut pas le mérite, il eut du moins celui de porter les pre-

« Dufresny, Œuvres complèiea. Paris 1747. Notice bioRraphique, p. 13 et suiv.

JABDIN.

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miers coups aux exagérations qu'avaient engendrées le style symétrique.

D'autre part, dès le XVI* siècle, le Tasse, en décrivant les jardins d'Annide,dan8 \9k Jérusalem délivrée (1575), eut assurément une conception de l'imitation de la nature par les jardins. Le chancelier François Bacon, qui mourut en 1626, protestait aussi contre la froideur du style symétrique, et demandait qu'on ajout&t aux jardins d'alors des «endroits négligés comme spécimens de la nature sauvage».

Milton, devenu aveugle en lf>52, composa son immortel poème le Paradis Perdu, qui vit le jour en 1H67. La description qu'il y fait du jardin d'Ëden peut fournir les éléments d'un magnifique jardin paysager.

Les beautés de l'œuvre de Hilton ftirent mises en lumière par Addison en 1694, puis en 1712, époque à laquelle Addison parla plus spécialement des jardins conçus selon l'idéal du poète. Pope reprit le même thème en 1713, dans le Guardian, ainsi que Thomson, de 1726 à 1780, dans son Poème des Saisons.

C'est ainsi que, préparée par sa littérature, l'Angleterre se mit à la tête du mouvement et que Kent adopta résolument la nouvelle méthode, alors qu'en France on s'en tenait généralement à l'ancien style.

Kent fit d'abord Claremont et Esher, puis Stowe, au marquis de Buckingham. Beaucoup d'autres résidences, transformées par lui, ont été décrites par Walpole, Wathely et Mason.

Parmi les landlords qui, à cette époque, s'inspirèrent de Pope et d'Addison et dirigèrent eux-mêmes leurs travaux, il faut citer Shenstone, qui a laissé un remarquable ouvrage publié en 1764 {Unconneded thoughts).

Kent mourut en 1748. Après lui, vinrent Wright et Brown. Le premier dessinait ses plans sans diriger les travaux. Le second, ancien garçon-jardinier, fit de belles créations, mais souvent empreintes d'insuffisance artistique. Les massife toujours ronds, la plantation d'arbres en ceinture, et la pièce d'eau au contour toujours régulier, sont la manière de Bro'wn. Elle eut de nombreux imitateurs, et de sa mort (1783) date une décadence momentanée dans l'art des jardins en Angleterre.

Cependant, en France, le sentiment de la nature commençait à se propager, sous l'impulsion des œuvres de J. J. Rousseau. Son ami, le marquis René de Girardin, transforma, suivant ses indications, sa propriété d'Ermenonville, et publia, en 1777, un ouvrage sur ses travaux {De la composition des Paysages, Genève). Cette publication suivait de près VEssai sur V Architecture, de Saugier (1763), les Observations on modem Oardening, de Wathely (1770), et la Théorie des jardins, de Morel, architecte à Lyon (1776). Ces quatre ouvrages sont les meilleurs traités de l'époque sur l'art des jardins, et le domaine d'Ermenonville resta longtemps le modèle des jardins paysagers.

Quelques parcs bien dessinés datent de l'époque qui suivit : Méréville, & M. de Laborde, dessiné par Hubert-Robert; Bagatelle, planté sous la direction du comte d'Artois; le petit Trianon, Monceau, etc.

En Angleterre, le goût des jardins paysagers se releva avec Repton et sir Uvedal Price. Ce dernier fit une guerre acharnée à Repton, mais c'est à celui-ci que la postérité a donné raison. J. Loudon, qui vint après eux, se rangea du côté de Repton, dont il continua les enseignements.

A partir de 17S9 jusqu'à la publication des Plans raisonnes de jardins, que fit Gabriel Thouin en 1819, l'art des jardins ne fit aucun progrès et l'on ne signala guère que la restauration, sous Joséphine de Beauharnais, de la Malmaison, par Berthoud.

Cette période fut surtout marquée par l'introduction d'une foule d'ornements accessoires : ruines, urnes funéraires, pierres druidiques, temples de Diane, etc. On donna à ce mouvement le nom de style romantique.

Thouin dessina Saint-Ouen, pour M""® de Cayla^

Après lui, et jusqu'à l'avènement de Napoléon m, l'art des jardins resta stationnaire ; le nom seul de Bellangé, qui planta l'Elysée en lb28, mérite d'être retenu.

Mais sous le second Empire, Paris devait être le thé&tre d'une sorte de rénovation de l'art des jardins. Nous avons énuméré autre parti les principales créations naturelles qui ont embelli et en même temps assaini la capitale de la France. Elles sont dues à l'impulsion du préfet d'alors, M. Haussmann. Les premiers travaux, ceux du Bois de Boulogne, furent d'abord dirigés par M. Varé. Lorsque fut créé le service des Promenades et Plantations, la direction passa aux mains de M. Alphand, qui fut secondé par d'habiles lieutenants, tels que M. Barillet-Deschamps.

Le style des créations du second Empire est empreint d'une physionomie propre, qu'on retrouve, par exemple, dans le jardin qui a été établi sur l'emplacement des anciennes pépinières du Luxembourg, et dans les squares qu'on établit encore aujourd'hui. Cette physionomie se dégage de la quasi-régularité des courbes, de l'introduction des plantes tropicales et des plantes à feuillage ornemental trop souvent groupées en corbeilles régulières, et. quelquefois même, de la trop grande profusion de ces corbeilles. Le goût des plantes à feuillage panaché s'est développé aussi à la faveur de ce style, que l'on a justement désigné sous le nom de décoratif; mais ce goût a dégénéré en une imitation de la tapisserie, imitation à laquelle on a donné le nom de Mosalculture, et dont on abuse parfois.

Dans les grandes créations récentes, le développement du style décoratif parait s'être arrêté aux Buttes-Chaumont. H suffit en effet de comparer ce parc à celui qui a été établi à Montsouris, pour se rendre compte de la différence de leurs caractères. Le parc de Montsouris est d'un effet paysager plus grandiose.

Jardin d'hiver. Voir Serres.

JARDIN FRUITIER. Le jardin fruitier réclame une situation favorable, abritée des gelées printanières, des brouillards fréquents, des bourrasques, vents de mer, mistral, et même des cha-

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JARDIN FRUITIER

lears excessives. Une bonne terre est toujours préférable, surtout quand la couche arable repose sur un sous-sol qui n^est pas imperméable. £n dehors de ces conditions, il vaudrait mieux y renoncer et chercher une situation meilleure. Est-il nécessaire d'ajouter que le voisinage de l'habitation est tout à l'avantage du jardin fruitier, alors que la proximité d'un marché, d'une gare d'expédition est obligatoire lorsqu'il s'agit d'une œuvre de spéculation.

La clôture du jardin s'obtient avec un fossé, une haie sèche ou vive. Un mur est plus coûtevLX, mais il offre l'avantage de permettre sur ses deux faces la culture d'arbres fruitiers, qni. palissés au soleil ou à l'ombre, auront une âmctification plus certaine et plus avantageuse. Sous un climat froid, une succession de murs parallèles ou de refend, à l'intérieur, concentre la chaleur, s'oppose aux courants contraires et augmente d'autant la production fruitière. D'ailleurs, en dehors du Jardin, un rideau de grands arbres verts, placé en travers, du côté habituel des vents violents, serait de première ntilité.

Si la clôture extérieure est un ruisseau, une cloison, palissade, grillage, etc., il est toujours facile de construire un mur chaperonné à quelques mètres en dedans, ce qui permettra d'utiliser ses deux façades. La muraille, sur des assises solides, haute de 2 m. 50 à 3 m., sera recouverte d'un crépi gris clair d'autant plus blanc qu'il y aura plus de chaleur & lui procurer. Le treillage qui le garnit se composera de lattes en bois se croisant en formant des parallélogrammes, on de lattes en bois dressées verticalement sur des fils de fer placés horizontalement, ou tout autre système.

Une plate-bande de 1 m. 50 étant laissée au pied du mur, nous le planterons d'après l'exposition solaire :

Façade Est : Pêchers, Abricotiers, Vignes ;

Sud-Est: Pêchers, Vignes;

Sud : Vignes, Pêchers ;

Sud-Ouest: Vignes, Pêchers, Abricotiers ;

Ouest : Poiriers, Pruniers, Cerisiers ;

Nord-Ouest: Poiriers, Pommiers, Cerisiers;

Nord : Pommiers, Poiriers, Groseilliers ;

Nord-Est : Poiriers, Cerisiers, Pruniers, Abricotiers.

Le Figuier se plaît aux angles où la chaleur se concentre. Le Framboisier et le Groseillier préfèrent garnir les plates-bandes et les expositions où le soleil ne pénètre pas.

Le sol du jardin est préparé par un défoncement général ou partiel (les chemins exceptés). Ce labour profond doit entamer surtout le sous-sol, s'il est de bonne composition, croiser les diverses couches de terre végétale, extraire les pierres trop nombreuses et les racines qui pourraient s'y trouver.

Le nivellement est calculé — si possible — de façon que le centre, légèrement creusé, dégage l'humidité surabondante de la ligne frontière bordée par le mur. Dans ce cas, les allées seraient remplies de pierrailles et de scories ou renfermeraient un tube de drainage: une

pente vert le sud n'est pas à dédaigner, sauf dans les pays chauds.

L'amendement du sol consiste à lui procurer les éléments qui lui manquent, pour favoriser la végétation des arbres ^ planter.

Si le jardin doit comprendre des carrés de légumes ou d'autres plantes qui ne réclament pas trop de profondeur, le défoncement serait seulement appliqué aux plates-bandes, aux lignes et aux emplacements des plantations projetées.

Ces travaux préalables doivent être pratiqués assez de temps à l'avance, pour permettre à la terre de recevoir les influences atmosphériques et de prendre son niveau par le tassement.

Les engrais et amendements sont toutes substances à décomposition lente, non fermentescibles et introduites dans le sol, préalablement à la plantation ou à la dernière heure, selon leur action lente ou prompte.

Le voisinage d'un cours d'eau ou un système d'arrosage à l'intérieur a toujours son utilité au jardin. Respectons-le, s'il existe, établissonsle, s'il fait défaut.

Le Jardin fruitier sera divisé par carrés au moyen d'allées qui s'entrecroisent, et le chemin de ceinture, en avant de la ligne de clôture. Le chemin de ronde pourrait être plus large, dans l'intérêt de l'espalier, de même que l'avenue centrale ou toute autre, suivant les besoins de la circulation.

Des plate-bandes bordant les allées et encadrant les carrés seront plantées en arbres fruitiers dirigés sous forme arrondie ou buissonnan te, pyramide, fuseau, vase, ou composant des rideaux par leur branchage aplati, palmette ou candélabre, cordon vertical ou oblique.

En général, le Poirier, greffé sur franc ou sur Cognassier, sera l'essence dominante, surtout dans un sol frais ou profond. Le Pommier, incliné ou abaissé en cordon dit horizontal, planté à 20 cm. en deçà de l'allée, deviendra une bordure vivace et de rapport.

Au cas de terrain sec ou ^ sous-sol stérile, on choisirait le Pommier en vase ou en petite palmette, greffé sur franc ou sur doucin, le Cerisier sur Mahaleb, en buisson, pyramide ou palmette, le Prunier en pyramide ou palmette, sauf leurs variétés trapues, ramifiées et fécondes.

Le Groseillier à grappes ou à maquereau viendra garnir la lacune laissée entre les sujets isolés des plates-bandes.

La Vigne en treille basse convient aux platesbandes voisines des murs d'espalier au soleil.

Quant aux carrés du jardin, s'ils ne sont pas emblavés en plantes légumières, florales ou industrielles, — ce qui ne serait pas le cas d'un jardin fruitier homogène, — nous les aménagerons de diverses manières : l^ Répétition des plates-bandes par des lignes parallèles de sujets soumis aux formes arrondies ou aplaties, pyramide, fuseau, vase, palmette, candélabre, cordon; 29 treilles de Vigne; 3^ vases ou buissons de Cerisiers {Cerise anglaise), de Mirabelliers et de Pommiers greffés sur Paradis ou Doucin; 40 rangs de Groseilliers, carreaux de Framboisiers, planches de Fraisiers. Avec cette 4« combinaison, nous pouvons disséminer quelques demi-tiges de Pêchers, d'Abricotiers, de

JARDIN FRUITIEE.

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