L’Embryon ou plantule se compose d’une
Fig. 336. — EMBRYON. BERBERIS. Graine coupée longitudinalement.
petite pointe conique qui deviendra la racine : radicule; d'un rudiment de tige: tigelle, qui porte des ébauches de feuilles constituant une sorte de petit bourgeon: gemnule. La gemnule lest accompagnée, soit de deux lames plus ou imoins épaisses: cotylédons, attachés vis à vis lune de l’autre sur la tigelle (plantes Dicotylé- Idones, c’est-à-dire à deux cotylédons), soit d’un seul cotylédon (plantes monocotylédones).
| L'Embryon constitue parfois à lui seul l’aimande de la graine ; dans d’autres cas, il est plus jou moins réduit et accompagné d’un albumen, tissu contenant des matières de réserve: amidon, albuminoïdes, graisses, sucres, destinés là alimenter la jeune plante pendant la germination. Lorsque l’albumen n'existe pas, les ma- | ières de réserve sont accumulées dans les cotylédons épaissis: Amande, Haricot, Gland, etc. | La forme de l'embryon, l'absence ou la présence de l’albumen, la situation de l'embryon melativement aux autres parties de la graine, Lonstituent des caractères d’une grande im- Portance au point de vue de la classification des plantes en familles.
EMERILLON. Le petit rapace du genre Fauon (voir ce mot), que l’on désigne sous ce nom ulgaire, est le Falco regulus des naturalistes. E L’'Emérillon ou Faucon rochier, type du genre æsalon, est un oiseau de la taille d’un merle, ux formes élancées, gris, varié de roux. Très ‘ourageux pour sa petile taille, il s'attaque aux Pigeons, aux Perdrix, aux Cailles, aux Merles,
| ux Alouettes. On le dressait autrefois pour la fauconnerie. On le range parmi les oiseaux {ranchement nuisibles. D T°
| ÆEmouchet. Nom vulgaire dela Cresserelle.(Noir 1e mot.)
Emonder. Voir Elaguer.
ILc. Horr. 1858, 172; BELG. norrT. 852; F1. D.| EMONDOIR. Instrument servant à SER. 13, 1311; GarTENFL. 1891, pl. 1340; ori- | à distance, d'assez fortes branches que l’on
EMPHYTUS.
couper,
n’atteindrait que difficilement au moyen des autres instruments d’élagage.
La forme des Emondoirs est très ‘variable.
IL en est en forme d’S, d’autres à simple ou double tranchant, d’autres à crochet.(Fg.337.)
Fig. 337. — KEmondoir.
Tous ces outils se fixent à un manche long et
solide. On les appelle quelquefois Æbranchoirs. L. H.
EMOUSSER. Enlever la mousse. Cette opération à pour but de débarrasser le tronc des arbres des Mousses et des Lichens qui s’y développent et qui peuvent servir d’abri aux insectes ; on se sert à cet effet d’un outil spécial désigné sous le nom d’émoussoir (voir ce mot). L’emoussage se pratique en hiver. Le nettoyage des gazons pour détruire la mousse qui s’y développe porte aussi le nom d'émoussage.
EMOUSSOIR. Lame de forme variable, pourvue d’un mancheet servant à enlever la mousse des arbres. (Voir aussi Racloir.) LE
EMPAILLER. Opération consistant à couvrir de paille certaines plantes, soit pour les garantir du froid, soit pour en obtenir l’étiolage en les soustrayant à l’action de la lumière, comme cela se fait pour le Cardon.
EMPÂTEMENT. Les Arboriculteurs désignent sous ce nom le point d'attache des ramifications sur la tige.
EMPETRUM L., Camarine. |(Empétrées.) Arbustes à rameaux traiïnants, à bois dur, à croissance lente, à feuilles petites et étroites ressemblant assez à la Bruyère. Fleurs régulières ; calice persistant à 8 divisions; pétales 8; étamines 8; ovaire à 3 ou 6 loges uniovulées, inséré sur un disque charnu; style 1; stigmate divisé en rayons. Deux espèces, appartenant aux régions froides et montagneuses du monde entier.
E. nigrum L. — Se rencontre dans les montagnes du monde entier. — Petit arbusterameux, couché, de 10 à 20 cm. de haut, à feuilles étroites, persistantes, d’un vert foncé luisant; fleurs roses, axillaires ; baie noire et luisante, de la erosseur d’une myrtille. — L'E.rubrum Vahl., de l'extrême Sud américain, s’en distingue par ses baies rouges.
Il leur faut la terre de bruyère etle mi-soleil. Semis ou éclats.’ He
EMPHYTUS.Les Emphytes sont des Hyménoptères dugroupe des Tenthrèdes (voir ce mot), dont les femelles percent les bourgeons avec leur ta-
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EMPHYTUS.
rière pour y pondre leurs œufs. Les larves (faus-
ses-chenilles), remarquables parles attitudes singulières qu’elles prennent, relevant leur abdomen en l'air, ete., sont très nuisibles, mais sont attaquées par d’autres Hyménoptères entomophages qui deviennent ainsi les auxiliaires de l’homme. Ces chenilles vertes, noires, brunes, doivent être écrasées ou détruites par les onsecticides (voir ce mot). Les espèces Les plus nuisibles sont: l’Emphyte ceinturé (Æ. cenctus), dont les larves vivent dans la tige des Rosiers: la mouche est noire avec les pattes rousses, l'abdomen ceinturé de blanc. — L’Emphyte didyme (Æ. didymus) s'attaque aussi aux Rosiers. — L'Emphyte à ceinture rousse (Æ. rufocinctus) est dans le même cas: la mouche est petite, noire, les jambes rousses, l'abdomen à anneau rouge. La larve au repos s’enroule en spirale
sur les feuilles et les bourgeons — L’Emphyte du groseillier (Æ. grossulariæ) s'attaque au oroseillier à maquereau. DT
Empotage, Encaissage. Voir Rempotage.
ENCEPHALARTOS Lehm. (Cycadées-Encéphalartées.\ Arbres dioïques de 2-3 m., à tronc cylindrique ou renflé vers le milieu de sa hauteur, recouvert par la base persistante des pétioles. Feuilles nombreuses, étalées, recourbées, pétiolées, linéaires oblongues, pinnées. Pinnules spinescentes, épaisses, coriaces, à nervures parallèles ; les inférieures réduites à des dents spinescentes. Strobiles parfois géminés ou ternés, gros, ovoides-oblongs ou cylindracés. Les mâles à squames munies en dessous de loges pollinifères très nombreuses; les femelles à squames peltées, épaisses, portant 2 ovules.
12 espèces de l’Afrique tropicale et australe.
E. Altensteinii Lehm — Puis. VI,4,5;0Orro, GaRTN. ZT. 1884, 4-5. — Feuilles raides, arquées, dé 1 m. 50 à 2 m.. à folioles lancéolées, d’un vert luisant. — Variété spinosior (E Wromi Hort.). à folioles munies de 4-6 dents épineuses de chaque côté.
E. caffer Lehm. (Fig. 338.) [Syn.: Zamia caffra Thunb.] — Rev. Horr. 1880, fig. 99. — Tige cylindrique atteignant 2-4 m. Feuilles dépassant 1 m 50, à 30 paires de folioles et plus.
E. cycadifolius Lehm. [Syn.: Æ. Friderici- Guilhelmi Lehm., Puc. VI. t. 1-3; Æ. villosus Lehm.; Zamia cycadifolia Jacq., FRaGu. t. 25, 26.| — Tronc garni d’un tomentum cendré, couronné par de belles feuilles de 1-2 m. de longueur, à pétiole et rachis couverts à l'état jeune d’une villosité blanchâtre; 40-50 paires de folioles linéaires, parfois dentées épineuses sur leurs bords et bi-tridentées à leur sommet, (E. Hildebrandi H Chantin., Rev. HonT. 1880, fig. 93, 94, 95.) à
E.borridus Lehm.— Hosvex, Tinscur. VI,8-4.
[Syn. : Zamia horrida Jacq.] — Tige ovoïde ou cylindrique. Feuilles souvent arquées, révolutées à leur extrémité. longues de 50 em. à 1 m., glauques ; 25-80 paires de folioles coriaces, ovales lancéolées, bi-trifurquées, à dents très larges, terminées par une pointe acérée.
E Lehmanni Eckl. — Orro, GarTx. ZEir. 1836, 1. [Syn.: Æ. lanuginosus Lehm.] — Tige ovoïde cylindrique Feuilles dépassant 1 m., munies de 80-40 paires de folioles ordinairement glauques.
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ENDOCARPE.
On cultiveencore: E.pungens Lehm., LIXNAE4, XIX, fig. 4; E. tridentatus Lehm., Miquez, MoxoG. AD t. 6; E. elongatus Lehm., MIQueL,« Cowx. PayT. t. 16; Hoeven, Tiunscur., IV, t. &s E. longifolius Lehm.; etc. |
Culture. Toutes ces plantes, hautement ornementales, se contentent (sauf Æ. cycadifolius. plus délicat) de l’abri d’une bonne orangerie et résistent en pleineterre dans le Midi de l'Europe“ (région de l'Oranger). Dans cette région, elles font l’ornement .des parties accidentées, enro-« chements, talus bien éclairés plutôt secs qu'humides, etc. Dans le nord, la culture en caisse réussit très bien. Terre substantielle; multiplication par bourgeons adventifs.
ENCHOLIRION Martius. Genre de Broméliasu cées brésiliennes, comprenant trois espèces (ES spectabile Mart., Æ. subsecundum Mez, et Æ Glaziovii Mez\, dont aucune n’est introduite dans les cultures. Les plantes que les hortict teurs rapportent au genre Encholirion, sont 4 Vriesea. Leurs noms doivent être rectifiés ans
Encholirion corallinum Hort. (Fig ‘839. Von p. 485.) Synonyme de Vriesea platynema Gaü:
dichaud. | E. roseum Hort. — V. platynema var. 108€ Mez. # |
E. Libonianum Hort. = V. pl. var. Liboni MezW E. Jonghei Libon. = V. Jonghei MyESS a | Endive. Voir Chicorée frisée, Ghicorée sau-W
vage, Chicorée scarole. | Endivie. Nom allemand de la Scarole. Voir,
Chicorée Scarole. ; | Endocarpe. Voir Fruit.
ENDOPHYLLUM.
ENDOPHYLLUM. Genre de Ja famille des
Champignons-Urédinées, dont on ne connait.
que les formes spermogonie et celle à téleutospores disposées comme un æcidium. (Voir ces | mots.) Deux espèces importantes :
| feuilles des Joubarbes.
E. Sedi, sur les Sedum. Dr D.
Fig. 339. — ENCHOLIRION CORALLINUM Hort.
ENFUMER. Produire dans les serres ou sous es châssis de la fumée de tabac ou de la vaeur de nicotine, pour détruire les insectes pa-
asites, tels que pucerons, thrips, cochenilles, | tc.,quienvahissentassez rapidement les plantes tultivées sous verre. Pour produire la fumée le tabac, il suffit de faire brûler sur un réchaud
bèrement humides, jusqu’à ce que la serre soit
ttendue d'eau par moitié; ce système n’a pas Vinconvénient de dessécher l'air des serres et te fatiguer les plantes ; la vapeur se condense tentement en se déposant sur toutes les parties Les végétaux et atteint plus sûrement les inlectes. On emploie à cet effet un appareil com- Losé d’un récipient placé sur un fourneau ad
leaux de fer ou des briques placés ensuite {ans des plateaux dans lesquels est versée de | nicotine par petites quantités. Ces opérations oivent être faites le soir, de préférence par un Emps calme, après avoir couvert les serres (vec des paillassons. On peut quelquefois opérer {2 l'extérieur. en adaptant au récipient un cou- {Prele muni d’un tuyau passé à l'intérieur par
E. Sempervivi, qui attaque et déforme les.
le charbon enflammé, des déchets de tabac lé-
tutièrement remplie de fumée. Il est préférable d'employer la vaporisation de nicotine pure ou.
10e. À défaut d'appareil spécial, on obtient le. hème résultat en faisant rougir au feu des mor-
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ENGRAIS
un carreau du vitrage. On évite ainsi les émanations des gaz produits parle charbon du four- [neau. , AE
| ENGAINANT. Se dit surtout des feuilles dont le pétiole se dilate sur une certaine étendue pour former une gaine ou une sorte de fourreau qui embrasse la tige.
ENGELMANNIA Torr. et Gray. (Composées- Hélianthoidées.) Genre ne renfermant qu'une espèce, du Texas :
| £. pinnatifida Torr. et Gray. Vivace. Tiges | dressées, scabres, ainsi que les flles., hautes de | 70 em. à 1 m.; files alternes, pennatifides; les inf. | longuement pétiolées, les sup. presque sessiles, s’atténuant en bractées presque entières. Capitules terminant les rameaux d’une inflorescence très légère. F1. jaune vif, larges de 3 à 4 em., de | juin à fin septembre. Involucre formé de 2-8séries | debractées à base large et coriace.terminées au sommet par un appendice herbacé étroit; réceptacle plan ; demi-fleurons (1 rangée) femelles, fertiles, à ligule plane; fleurons (disque) hermaphrodites, mais stériles, jaunes. Achaines peu nombreux, plans-comprimés, non ailés. Belle plante pour plates-bandes ; très florifère et tres rustique. Tout terrain en plein soleil. Eclats au
printemps, ou semis. J. G.
| Engelwurz. Nom allemand de l’Angélique.
| ENGOULEVENT. Cetoiseau (Caprimulgus euro- | pœus) qui appartient au groupe des Fissirosires, | peut être considéré comme un Martinet ou une | Hirondelle de nuit, revêtue du plumage mou et de couleur neutre qui caractérise les Rapaces nocturnes. C’est un auxiliaire à protéger, car il détruit beaucoup d'insectes: papillons nocturnes, sphinx, hannetons, bousiers, tout lui est bon, son large bec fendu jusqu’en arrière des yeux lui permettant d’avaler des proies de forte taille. Dès que la nuit est complète, l’Engoulevent commence sa chasse; repu,il se repose et digère pendant une heure ou deux ; mais il se remet en chasse avant le jour, de telle sorte que la quantité d'insectes qu'il dévore en une seule nuit doit être considérable.
ENGRAIS. A propos de la composition chimique des végétaux (voir p. 356), on à montré que les végétaux contenaient d'une fa- | çon constante un certain nombre de principes minéraux; tous n’ont pas la même 1mportance, soit que le végétal en contienne de tres faibles proportions, ou bien que le sol en Soit toujours abondamment pourvu. On donne donc | spécialement le nom de principes fertilisants aux matières qui, étant le plus nécessaire aux récoltes, se trouvent en moins grande abondance dans le sol, et on donne le nom d'engrais aux substances qui fournissent les principes fertilisants. Leur nombre peut se réduire à 4: AZote, Acide phosphorique, Potasse et Chaux.
| L'engrais par excellence, c’est le fumier de ferme, que nous étudierons à part avec les engrais naturels (matières de vidange, tourteaux, engrais verts, composts). Le fumier apporte au sol tous les éléments à la fois; mais il n'est pour ainsi dire que le reflet du sol, il donne à celui-ci en plus forte proportion ce dont il na | pas besoin et en moinde proportion ce dont il
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manque. Si par exemple un sol manque d'acide phosphorique., les fourrages et les pailles, ma- | tières premières du fumier, seront eux-mêmes pauvres en cet élément et le fumier ainsi pro-| duit ne saurait enrichir en acide phosphorique | la terre, qui restera ainsi dans un état d'infériorité persistante.
D'autre part, le fumier pendant sa fabrication subit des pertes importantes; une ferme qui n’est soutenue que par les engrais qu'elle produit, voit forcément sa fertilité décroitre, à la | fois par le fait de ses déperditions et par le fait de l’exportation des principes produite par la vente des denrées.
Enfin l’on a souvent besoin pour les exigences d'une culture intensive, même dans les exploitations à nombreux bétail. de forcer la dose de matières fertilisantes ou de donner celles-ci sous une forme plus rapidement utilisable par les végétaux.
Ces diverses conditions ont conduit l’agriculteur à l'emploi d'engrais artificiels dits engrais chimiques. Ceux-ci, d’après ce que nous venons de dire, sont dès lors considérés comme le complément du sol et comme l’adjuvant du fumier de ferme. Aux avantages primordiaux que nous venons de signaler s'ajoutent les suivants:
Les engrais chimiques sont constitués en général par des composés définis, dont chacun renferme l’un des éléments de la fertilité à l’exclusion des autres; on peut ainsi donner à la terre ce qui précisément lui fait défaut, sans être obligé, comme avec le fumier par exemple, de donner à la fois les autres, ce qui est un gaspillage et surtout un danger.
Les engrais chimiques sont des engrais concentrés qui sous un petit volume renferment une dose élevée de principes fertilisants; 100 kilogr. de sulfate d'ammoniaque contiennent par exemple autant d’azote que 4000 kilogr. de : fumiér ; leur maniement, leur transport, leur manutation sont donc très commodes.
Enfin l’action des engrais chimiques est en.
général très rapide et très sûre; la plupart d’enÿre eux n'’exigent, pour manifester leurs bons effets, qu'une quantité d’eau suffisante; ils n’ont pas besoin, comme le fumier et la plupart des engrais naturels, d’une sorte d’élaboration préalable au sein de la terre, ce qui retarde souvent considérablement leur effet.
Il à fallu du temps pour que ces idées si simples et si précises soient admises couram- | ment par les agriculteurs et pour que l’emploi des engrais se généralisât dans nos campagnes. | Grâce aux travaux des chimistes, grâce aux, expériences des praticiens, de orands progrès | sont aujourd'hui réalisés.
De tous côtés ont s’est mis à ia recherche des matières pouvant servir à la nutrition de nos récoltes; l’ancien continent, épuisé par une culture séculaire, expédie ses bateaux dans les nouveaux continents pour chercher la fertilité sous forme de nitrates, de guanos, etc. ; on fouille la terre, la mer elle-même, pour en extraire l’a- |
cide phosphorique, la potasse, la chaux; des produits autrefois perdus sont aujourd’hui soi- | gneusement recueillis et transformés en un engrais précieux. Le prix des engrais,autrefois très
grand développement dans l’agriculture propt.
ENGRAIS
élevé, s’est dans ces dernières années abaïissé considérablement. Enfin, une législation sévère et une surveillance active ont à peu près affranchi les cultivateurs des vols éhontés dont “ ils ont été si longtemps victimes.
Si l'emploi des engrais chimiques a pris un
dite. il n'en est pas encore de même pour l'horticulture. Là encore, c’est le fumier, c’est l’enorais naturel qui est seul en faveur, et l'usage des engrais artificiels est encore tout à fait exceptionnel. Depuis quelque temps, quelques. essais timides sont tentés dans cétte voie: ilM n’est pas douteux pour nous que d'ici à peu d'années de grands progrès seront réalisés.
Dans Ilcur ouvrage sur les Engrais, M. A Müntz et A. Ch. Girard classent les engrais" chimiques, ou pour employer un terme plus… général, les engrais commerciaux que l’industrie fournit à la culture, en 5 catégories:
19 Engrais azotés comprenant : les nitrates les sels ammoniacaux, les débris animaux, les ouanos.
20 Engrais phosphatés comprenant : les phosphates minéraux. phosphates d'os, guanos, su perphosphates, phosphates précipités, scories de déphosphoration.
30 Engrais potassiques comprenant: les sels potassiques divers extraits de l’eau de mer ow des cendres végétales, des gisements salins.
49 Engrais calcaires comprenant: les chaux marnes, tangues, cendres. plâtre.
50 Engrais divers comprenant : les composés.
magnésiens, sels de soude, sels de fer, etc.
C'est dans cet ordre que nous allons em faire une rapide nomenclature.
I. Engrais azotés. — Les engrais azotés, tant à cause de leur prix élevé que de leur action énergique sur la plupart des récoltes, sont considérés comme les plus importants: IS fournissent l’azote sous trois formes bien dis” tinctes: 19 Azote nitrique; 2° Azote ammonia cal; 80 Azote organique; les 2 premières, dites minérales, sont immédiatement solubles et as* similables, la 3° ne le devient qu'après avoir subi par le fait des microorganismes du so des transformations qui la ramènent à l’état de nitrate ou d’ammoniaque.
Nitrates. L’azote nitrique, produit de l'OxyEM dation des matières organiques par le ferment b | nitrique découvert par MM. Schloesing ein Müntz, existe dans le sol et les nitrières l’état de nitrate de chaux principalement; 1 nitrates naturels se sont accumulés en certains points du globe et par double réaction avec | les eaux salées ont, formé dans le Chili ef | Pérou d'immenses gisements de nitrate de | soude, activement exploités pour les besoins l’agriculture ; en d’autres endroits, Egypte, | Indes, le nitrate du sol se combine à la po-! tasse et vient affleurer à la surface à l’état de nitrate de potasse
Nitrate de soude. Extrait des sels bruts dit | Caliches, ie nitrate dit Salpêtre du Chili eon-4 tient de 15 à 16 p. 100 d'azote; c'est un Sell très hygroscopique qu’on doit conserver à l'abri de l'humidité; quelquefois falsifié avec du sel! | marin; il ne doit & acheter que d’après Sa. “|
ENGRAIS
chesse en azote. Le prix de cet élement qui.
il y a quelques années, s’est élevé à 2 fr. le
kilogr., est aujourd’hui descendu à 1 fr. 30 en-
viron. Pour montrer l'importance de cet engrais, nous dirons seulement que la consom-
mation en France dépasse actuellement 100 000 | tonnes par an; c’est à Dunkerque surtout que | se trouve le centre d'importation et le grand
marché du nitrate.
Nitrate de potasse. Sans entrer dans les détails de sa production, disons seulement que le nitrate de potasse est ordinairement obtenu par double décomposition entre un sel de potasse (cendres) et le nitrate de soude, d’où cette conclusion immédiate que son prix doit être plus élevé que celui de la matière première. abstraction faite, bien entendu, de la valeur de la potasse.
Le nitrate de potasse est en effet un engrais à la fois potassique et azoté, contenant ordinairt. 13 p. 100 d’azote et 44 p. 100 de potasse; il est falsifié souvent par mélange avec le nitrate de soude qui force la dose d’azote, mais diminue celle de potasse.
Le nitrate de potasse n’est pas employé pour la grande culture, à cause de son prix élevé et de l'obligation où se trouve l’agriculteur qui. l'emploie de donner en même temps deux éléments, alors que le plus souvent la potasse n'est pas n’est nécessaire.
Pour les plantes d'ornement, pour les cul- | tures en pots, il est assez recommandé à cause | de sa pureté. ” | Les nitrates sont très solubles et circulent
librement dans le sol sans être fixés par lui, | d’où la nécessité de les soustraire à l’action | des eaux pluviales et de les employer exclusive- | ment comme engrais de printemps; leur ra- | pide solubilisation en rend l’action très ma- | mifeste et permet l’'épandange en couverture.
Sels ammoniacaux. Les sources d'ammoniaque | Sont principalt. les eaux vannes provenant | de la fermentation des matières de vidange et lles eaux d'épuration du gaz d'éclairage. Ces Leaux, riches en ammoniaque, sont distillées en présence de la chaux et l’alcali dégagé est
saturé par un acide pour former par évaporation des sels.
Sulfate d'ammoniaque. C’est presque toujours Vacide sulfurique qu'on emploie pour la saturation et l’on obtient du sulfate d’'ammoniaque, \sel plus ou moins blanc, soluble, contenant, | lorsqu'il est bien préparé et non fraudé, de 120 à 21 p. 100 d'azote.
t Les sulfates d'ammoniaque extraits des eaux \dépuration du gaz, surtout ceux d'origine an- Iglaise, contiennent souvent du sulfocyanure |dammonium, qui à une action néfaste sur les récoltes, même à dose très faible (10 kilogr. lpar hectare). On doit donc s'assurer, en même ltemps que de la richesse en azote, de l’absence Ide sulfocyanure dans le sulfate d’ammon. du commerce. |
| La production de ce sel a pris une impor- (tance considérable, surtout dans ces dernières jannées. La seule Compagnie du gaz à Paris fabrique annuellement près de 10 millions de kilogr. En Angleterre, on extrait aujourd’hui
— ENGRAIS
l’'ammoniaque dégagé par les fumées des usines, et cette fabrication est devenue si importante, que les prix de l’azote ammoniacal se sont abaissés à un taux jusqu'ici inconnu, au grand bénéfice de l’agriculture.
Nous ne parlerons pas des autres sels ammoniacaux, chlorhydrate, nitrate, phosphate, dont l'emploi est tout à fait exceptionnel.
Le sulfate d’ammoniaque introduit dans la terre subit une série de réactions dont la plus importante incontestablement est la transformation en nitrate; cette nitrification, lorsque les conditions de sol, d'humidité, de chaleur sont favorables, est extrêmement rapide; de sorte que d’une façon générale, on peut dire que donner au sol de l’azote ammoniacal. équivaut à lui donner de l'azote nitrique. Aussi les conditions d'emploi des deux sels sontelles les mêmes et le prix de l’un sert en quelque sorte de régulateur au prix de l’autre.
Engrais à Azote organique. Les végétaux produits par la ferme servent en partie à la nourriture du bétail; une partie des éléments qu’ils renferment est restituée sous forme de fumier; l’autre partie se fixe dans l’organisme des animaux pour faire retour au sol après leur mort. Cette simple notion suffit à expliquer le parti qu’on cherche à tirer comme engrais de tous les débris animaux, sang, viandes, peaux, poils. cornes, etc.; s'adressant même aux animaux marins et aux déjections des oiseaux nourris de ces poissons. Mais de tous ces produits, l’azote affecte la forme organique, bien distincte des deux formes précédentes dites minérales par son insolubilité et par son impuissance à servir directement d’aliment aux plantes, sans avoir au préalable subi dans le sol une transformation qui la ramène à l’état d’ammoniaque et surtout de nitrate.
Sang. Le sang à l’état frais contient environ 30/, d'azote; un bœuf de 600 kilogr. fournit environ 20 kilogr.; un mouton 2 kilogr.; les abattoirs de la Villette produisent à eux seuls près de 3.000.000 de kilogr. de sang, soit 90.000 kilogr. d'azote.
Le sang à l’état liquide ne saurait être employé facilement; sa placeen cet étatest dansles composts. Pour en faire un engrais commercial, on dessèche le sang ; après l'avoir coagulé par la chaleur ou par des produits chimiques. puis égoutté, on le dessèche à l'air libré ou dans des étuves, pour le broyer ensuite et finalement le réduire en une poudre fine livrée au commerce sous le nom de sang desséché, qui contient en moyenne 10 à 12 p.100d'azote. Il se présente tantôt sous la forme de petits grains noirs, tantôt en poudre fine. |
Chair et Viande desséchées. La chair des animaux contient à l’état frais environ 3 p. 100 d'azote; dans les ateliers d’équarrissage, on retire du cadavre des animaux abattus la chair en faisant bouillir les quartiers dans de grandes chaudières ; la graisse surnage, au fond tombent les os ; au milieu se trouve la chair cuite qu’on recueille isolément, qu’on dessèche et qu’on broye. On obtient ainsi une matière de couleur grise ou brune, contenant environ 10 p. 1(0 d'azote.
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